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 Junior & Meredith ♠ Une masse comme une autre qui vit dans un mirage

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RPG
MessageSujet: Junior & Meredith ♠ Une masse comme une autre qui vit dans un mirage   Lun 24 Sep - 23:18


When you walked out that door, a piece of me died



Un roman à la main, Junior déambulait lentement sur le ponton ciré des secondes et troisièmes classes. Il aimait bien varier un peu les plaisirs, les personnes rencontrées, raison pour laquelle il n'était pas du côté plus luxueux du navire. Très absorbé, il ne regardait pas vraiment où il allait.

- Une bonne influence ça n'existe pas monsieur Gray. Toute influense est immorale - immorale du point de vue scientifique.
- Pourquoi?
- Parce qu'influencer quelqu'un, c'est lui donner son âme. La personne ne pense pas par elle-même et ne s'enflamme pas de ses passions propres. Ses vertus ne sont pas les siennes et ses péchés, s'il existe quelque chose comme des péchés, sont d'emprunts. Elle devient un écho de la musique d'un autre, l'acteur d'un rôle qui n'a pas été écrit pour elle. Le but de la vie est la réalisation personnelle. Accomplir parfaitement sa nature - c'est ce pourquoi chacun de nous est sur terre. De nos jours, les gens ont peur d'eux-mêmes. Ils ont oubliés le premier de tous les devoirs : celui que chacun a envers lui-même. Ils sont, bien entendu, charitables. Ils nourrissent les affamés et vêtent les mendiants. Mais leur âme crie famine, elle est nue. Le courage a déserté notre espèce. Peut-être n'en avons-nous jamais vraiment eu. La crainte de la société, fondement de la morale, la crainte de Dieu, secret de la religion, voilà les choses qui nous gouvernent. Et pourtant


Un homme bouscula Junior au moment le plus important du discours. Poli, il releva cependant la tête pour présenter de plates excuses au gentleman qu'il avait heurté. Ce dernier lui répondit qu'il n'y avait aucun mal et ils se souhaitèrent une bonne journée. Un léger sourire aux lèvres, James poursuivi sa lecture.

- Et pourtant, poursuivit Lord Henry de sa voix grave et mélodieuse, avec ce geste gracieux de la main qui n'appartenait qu'à celui qu'il avait déjà du temps où il était à Eton, je crois que si un seul homme vivait sa vie pleinement, donnait forme à chacune de ses émotions, exprimait chacune de ses pensées, réalisait chacun de ses rêves - je crois que le monde trouverait alors une telle impulsion renouvelée d'allégresse que nous en oublierions tous les maux du Moyen Age et que nous reviendrions à l'idéal hellénique - à quelque chose de plus subtil, de plus riche si possible que l'idéal hellénique. Mais le plus courageux d'entre nous a peur de lui-même. La mutilation du sauvage se perpétue tragiquement dans l'esprit de l'abnégation qui nous gâche la vie. Nous sommes punis de nos dénégations : chacune des pulsions de l'âme et du corps que nous essayons d'étouffer nous travaille et nous empoisonne. Le corps pèche une fois et il n'y a plus de péché pour qui lui car l'action est un mode de purification. Il ne reste rien ensuite, hormis le souvenir d'un plaisir ou le luxe d'un regret. La seule manière de se défaire de la tentation, c'est d'y succomber. Résistez-y, votre âme tombera malade à force de désirer ce que des lois monstrueuses ont rendu monstrueux et illicite. Quelqu'un a dit que ce qui se produisait d'important dans le monde se produisait dans notre tête. De même, c'est dans notre tête et dans notre tête seulement que se commettent les grands péchés. Vous-même, Monsieur Gray, oui, vous êtes la rose rouge de la jeunesse et la rose blanche de l'enfance, vous avez eu des passions dont vous avez eu peur, des pensées qui vous ont terrorisé, des rêveries et des rêves dont le seul souvenir pourrait vous faire rougir de honte...

Qu'il aimait ce roman. Passionnément. Juste après l'oeuvre de Emily Brontë, venait cette splendide ode à la vie, à la liberté. Que de délices littéraires, des peintures d'une Angleterre différentes, de moeurs libertins, de pensées audacieuses. Il aurait aimé vivre à cette époque. Vraiment, il aurait aimé connaitre un Lord Henry. Le portrait de Dorian Gray lui faisait toujours cet effet lorsqu'il en relisait un passage. Oscar Wilde était son dieu, sa référence en matière de littérature britannique. Il allait se replonger dans l'oeuvre lorsqu'un mouvement au coin de son regard attira ce dernier.

Surpris, il posa ses yeux sombres sur une silhouette délicate qu'il connaissait déjà pour avoir discuté un peu avec elle. Un sourire ravi se peignit sur ses lèvres et il referma doucement son ouvrage avant de le glisser sous son bras. Avec cette galanterie toute française qui le caractérisait, il s'approcha de la jeune femme. « Bonjour, Meredith. J'ose espérer que je ne vous dérange pas ... »
Délicatement, il s'empara de la main de la jeune femme pour y déposer un baisemain conventionnel. Puis il lui rendit sa liberté et s'accouda près d'elle au bastingage en veillant à ne pas perdre son précieux livre. Il y tenait, l'ouvrage était relié en cuir et faisait partie d'une collection hors de prix.

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