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 Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph

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MessageSujet: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Ven 24 Aoû - 10:01

« Souviens toi de ce temps... »
Elia J. Bradbury & Joseph P. Earnshaw




Domaine des Earnshaw, Automne 1909


La vie d'une domestique se résume généralement par des tâches quotidiennes qu'il faut exercer avec le plus grand soin et la plus grande précaution. Chaque employé de maison en possède une en particulier qu'il lui faut faire tout au long de son service au sein de la famille l'ayant choisi pour remplir ce rôle. Oh, bien sûr, il y avait des postes plus hauts et plus prestigieux que d'autres que vous pouvez atteindre du jour au lendemain, par démission de l'un ou manque de personnel pour de multiples raison telles que l'arriver d'invités ou l'agrandissement de la famille. Tout comme dans une entreprise quelconque, il fallait être assidu et ne pas décevoir son supérieur hiérarchique, le plus haut étant le maître de maison, celui que les domestiques devaient servir à n'importe quel instant de la journée. C'était un travail comme un autre qui pouvait devenir aussi épuisant de sympathique à exercer ; tout dépend du domaine dans lequel vous tombiez : soit on faisait passer cette fonction comme un sous-métier réservé aux classes les plus pauvres de la société, soit on le considérait comme banal.

La demoiselle Bradbury avait atterri dans son monde dans le but de gagner assez d'argent pour financer sa passion. Toutefois, elle ne prenait pas sa nouvelle activité comme un fardeau. En effet, tandis que certaines femmes cuisinaient, ou s'occupaient uniquement du ménage de la gigantesque demeure des Earnshaw, Elia avait l'exclusivité de s'occuper de Madame, tout comme un autre jeune homme était également présent afin de s'occuper de son époux. À son arrivée, elle n'était pourtant destinée qu'au rôle de simple femme de ménage, dépoussièrent les meubles, faisant les lits et lavant les sols. Sa rencontre avec Lady Earnshaw fut un nouveau départ dans son quotidien : alors que la jeune venait de surprendre une dispute avec son mari en venant l'habiller pour le dîner du soir, elle lui demanda de rester un peu avec elle pour la calmer. Aussi étrange que cela puisse paraître pour une relation servante/maîtresse, elle lui raconta tout ce qu'elle avait sur le coeur, se confiant à elle et ce encore au jour d'aujourd'hui. En quelques discutions, elle réussit à lui donner une image négative de Joseph, bien que ce dernier n'ait jamais été aussi odieux avec elle-même. Quoi qu'il en soit, la confiance que la Dame lui apporta lui permit d'apprécier ce qu'elle faisant, ce sentant alors utile à quelque chose.

En cette journée d'automne où le vent soufflait dans les feuilles tombant au sol, Elia se trouvait attablée dans la cuisine, lisant un livre que lui avait passé la veille au soir la maîtresse de ces lieux. Que dis-je, elle le dévorait ! D'un nombre de page assez conséquent, il était déjà bien entamé, prévoyant la fin de la lecture au jour suivant, si aucun travail supplémentaire ne venait empêcher sa lecture. Les cuisinières préparaient déjà le repas du soir pour le couple, ainsi que celui des domestiques. Certes, le deuxième serait sans doute un peu moins copieux que le premier, mais il restait tout aussi délicieux et apprécié après une dure journée de travail. Elle était tellement absorbée par les lignes noires remplissant les pages blancs du manuel, que la blondinette n'entendit pas sa collègue poser le plateau où reposaient le service à thé sur la table. Ce ne fut que lorsqu'elle lui rappela l'heure qu'elle daigna fermer son trésor et se lever, afin d'établir son devoir. La traditionnelle robe noire au tablier remit correctement, elle prit le plateau et monta à l'étage pour l'apporter à Earnshaw dans son bureau. Les couloirs de la demeure étaient relativement calme, comparé au matin ou tous s'affairaient à ce que tout soit parfait. Pour l'heure, il fallait préparer la salle à manger et ranger un peu les pièces.

Arrivée devant la pièce et prête à frapper à la porte, miss Bradbury stoppa son geste, une dispute se faisant encore entendre derrière l'objet en bois. Encore, car ce n'était pas la première qu'elle entendait, et ce ne sera certainement pas la dernière. Elle ne put cependant écouter de quoi il en retournait, la Lady ouvrant la porte, le visage visiblement rouge. Cette dernière adressa un faible sourire à la domestique, comme pour la rassurer que tout allait bien, avant de disparaître dans une autre pièce. Elle resta quelques secondes à regarder dans cette direction, le regard. Allait-il un jour faire preuve de sympathie envers son épouse ? Cela semblait ne pas être pour demain, mais passons.
Prenant une grande inspiration, Elia entra dans la pièce tel un fantôme, se dirigeant tout droit vers le bureau afin d'y poser le plateau en toute discrétion. Après cette dispute, le maître de maison ne serait sans doute pas de bonne humeur, mieux valait ne pas s'attarder.


Dernière édition par Elia J. Bradbury le Lun 15 Juil - 14:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Sam 1 Sep - 21:07

C'était un soir d'automne, Joseph venait de prendre sa douche, après être rentré d'une longue balade équestre en compagnie de l'un de ses amis. Joseph Earnshaw n'était pas un homme à plaindre. Il vivait dans un immense domaine, était l'unique héritier d'une fortune colossale, et obtenait toujours ce qu'il voulait. On ne pouvait pas en dire autant de son épouse Helen Benson-Hensler, devenue Lady Earnshaw il y a plusieurs années, qui n'avait pas épousé le meilleur des maris...Cependant, elle l'aimait, et ce qui la faisait souffrir était justement le manque d'attention dont son époux faisait preuve envers elle.
Du haut du balcon de sa luxueuse chambre, Helen avait vu son mari rentrer. Immédiatement, elle était allée à son bureau, et avait ouvert la porte avec la clé qu'elle avait discrètement volée ce matin là.
Helen n'était pas du genre à envahir la vie privée de son mari, mais aujourd'hui elle n'en pouvait plus d'être ainsi ignorée. Elle savait qu'il ne viendrait pas la voir en rentrant, mais qu'il irait s'enfermer là. Elle savait qu'après, il ferait semblant d'être en parfaite entente avec elle devant les domestiques qui leur serviraient le dîner. Ce serait seulement au soir, quand il viendrait se coucher à ses côtés, qu'il lui accorderait de l'attention, si l'envie lui prenait. Mais Helen avait besoin de parler à son mari. Tant pis si ça ne servirait à rien, tant pis si ça l'énerverait. Elle désirait juste lui dire ce qu'elle avait sur le cœur.

Après avoir pris sa douche, Joseph avait ouvert la petite armoire où était rangée les clés de toutes les pièces et où il avait laissée la précieuse clé de son bureau ce matin là, afin que les domestiques puissent y aller faire pour faire e ménage .
A son étonnement, la clé n'y était pas. Il avait alors remonté les escaliers, se demandant si les domestiques avaient pris du retard sur le programme de la journée et étaient seulement en train de nettoyer la pièce. Arrivé au deuxième étage, il avait longé le couloir jusqu'à se trouver face à la dernière porte, et avait tenté de l'ouvrir. La porte s'était ouverte sans problème, et lui avait dévoilé la présence de sa femme, Helen, assise sur un fauteuil au coin de la pièce, tortillant nerveusement une mèche de ses cheveux blond.
Helen avait le regard triste, et un très perceptible besoin de s'entretenir son mari. Mais Joseph n'était pas un homme qui se laissait facilement attendrir, pas en ce temps là, et il s'était tout de suite emporté, à la fois surpris et énervé de trouver sa femme dans son bureau. Elle n'était pas du genre à hausser le ton sur son mari, et donc comme à son habitude, était restée calme, s'excusant même de l'avoir contrarié, lui jurant qu'elle n'avait touché à rien, et qu'elle s'était introduite dans la pièce uniquement parce qu'elle avait la certitude qu'il y viendrait. Le ton de sa voix était faible quand elle lui donna enfin la raison de son envie intenable de lui parler.

- J'ai reçu une lettre d'Alice...Elle m'a apprit que vous avez eu un comportement déplacé à son égard...Et elle dit qu'elle ressentait le besoin de m'en informer, car il lui était trop difficile de garder cela tel un secret...Elle ne voulait pas vous nuire en m'écrivant cette lettre mais...elle ajoute qu'elle a du respect pour moi et cela empêchait son silence. Je pense plutôt qu'elle a de la pitié pour moi...C'est tout ce que j'inspire à toutes les femmes...

Joseph n'aimait pas avoir tort, ni avoir à se justifier. Et encore moins, apprendre le fait qu'il venait d'être ainsi dénoncé par une femme qu'il avait tenté de séduire, et que celle ci prétendait éprouver du respect pour sa femme, Helen, alors qu'en le dénonçant de la sorte, elle prouvait qu'elle n'en avait pas pour lui. Cela le touchait dans son orgueil, et dans sa grande fierté. Il ne répondit rien alors, et se contenta de lever les yeux au ciel en soupirait d'un air exaspéré.
Il se dirigea alors vers la porte, avec la ferme intention de mettre fin à la conversation, à peine commencée, par son départ.

- Attendez, je vous en prie ! J'aimerais juste comprendre..., demanda Helen, de cette voix suppliante qui témoignait de la détresse. Je croyais que vous m'aimiez quand même un peu..., ajouta t-elle avant d'éclater en sanglot.

- Helen, je n'ai jamais dit que je ne vous aimais pas, répliqua Joseph.

- Mais c'est le cas ! Comment pourrait il en être autrement alors que vous allez sans cesse voir d'autres femmes ?! J'aimerais savoir enfin ce qu'il ne va pas chez moi...J'aimerais comprendre pourquoi vous me faites ça, de sorte à ce que je puisse changer ce qu'il ne vous plait pas...Mais vous ne me dîtes jamais rien ! Je vous aime, et je souffres de vous voir faire comme si de rien n'était en public, pour m'ignorer ensuite.répondit Helen, en larmes, la voix par moment secouée de sanglot.

-Vous vous imaginez des choses qui sont absolument fausses !

- Non ! Je ne m'imagine rien du tout ! Je sais ce dont je vous parle, je ne me permettrais pas de vous accuser sans preuve, je le sais, et vous savez que je le sais. Ca a toujours été le cas. J'aimerais seulement que vous l'admettiez enfin...Parce qu'au fond je le sais...Vous vous vengez de moi parce que je ne suis pas enceinte ! Et j'en suis tellement désolée si vous saviez....

- Je vous ai déjà dit que cela n'avait rien avoir ! Allez vous arrêter de dire de telles absurdité !

- Mais pourquoi alors ?! Alice était une amie à moi ! Vous le saviez...Elle ne me regardera plus jamais de la même façon aujourd'hui...

- CA SUFFIT MAINTENANT, HELEN !, cria Joseph d'un ton autoritaire. De quel droit me parlez vous ainsi ?!

- Pardonnez moi, je ne voulais pas crier...,s'excusa Helen, des larmes coulant toujours le long de ses joues rougie par l'émotion.

Pendant plusieurs secondes, le calme sembla être revenu. Joseph s'était tourné vers la fenêtre, et observait pensivement l'étendue de son terrain. Il était fautif certes, mais ses infidélités faisaient partie de sa vie, de son caractère. Pour lui, Helen ne devait simplement pas s'en préoccuper, et l'accepter. Après tout, il était son mari et n'avait pas de compte à lui rendre.

- Il ne sait rien passé entre moi et Lady Alice Owen, elle a du mal interpréter mes paroles. C'est compris ?

- Joseph..., dit Helen en soupirant, tentant de reprendre ses esprits malgré tout. Elle a écrit que vous aviez tenté de l'embrasser...Je sais qu'elle ne me mentirait pas, j'ai confiance en elle...Et puis, même si il ne sait rien passé avec elle, même si vous n'avez pas tenté de la séduire, vous voyez d'autres femmes et...


- CA SUFFIT, J'AI DIT ! Taisez vous ! Cria Joseph alors que son poing s'abattait violemment sur sa table de bureau, ce qui fit sursauter Helen.

Joseph n'était pas violent avec sa femme, il ne l'avait jamais été. Mais lorsqu'il avait réellement besoin d'exprimer sa colère, il lui arrivait de frapper, voir de détruire complétement des objets. Et quand il le faisait, Helen savait qu'il était temps qu'elle se taise. Car de toute évidence, elle n'obtiendrait plus rien de cette conversation...

- Cette conversation est terminée. Je vous rejoindrais à table, ajouta t-il, d'une voix plus contrôlée.

Helen tenta de se retenir de ne pas se remettre à pleurer, et hocha faiblement la tête. Elle essuya les larmes qui ruisselaient le long de ses joues, et passa faiblement sa main sur ses yeux et sortit de la pièce. A peine avait t-elle quitté la pièce qu'Elia, la jeune domestique que Joseph avait engagée sur la demande d'un ami, entra, apportant le thé.
Joseph allumant un cigare, détourna son regard de la fenêtre et regarda la jeune femme. Il savait qu'elle était devenue amie avec sa femme, et n'appréciait pas vraiment cela. Admettons qu'Helen se confie à Elia à propos des infidelités qu'il commettait...Elia pourrait très bien le répeter à son ami, et cela tacherait son image. Surtout qu'elle venait probablement d'entendre le dispute...

Cependant, même si cette amitié entre Elia et sa femme ne lui plaisait pas, Joseph l'acceptait et n'en disait rien. Certes, il n'était pas toujours tendre avec Helen, mais cela ne signifiait pas qu'il ne l'appréciait pas et qu'il cherchait à lui faire du mal, loin de là. Cela n'empêchait que Joseph aurait aimé savoir comment Helen parlait de lui à ses amies. Et Elia en était une justement...

- Elia ? L'appela t-il avant qu'elle sorte de la pièce. Dites moi, vous êtes assez proche d'Helen, j'imagine qui lui arrive de vous parler de moi ? Que dit-elle à mon sujet...? Voyez vous, mon épouse imagine certains scnénarios complétement faux à mon sujet et j'aimerais comprendre ce qui peut l'amener à penser de telles choses...

Joseph Earnshaw avait toujours eu un grand talent, qui l'avait en partie beaucoup aidé à séduire les femmes. Il savait parler comme il le fallait. Il savait prendre ce ton décontracté et calme qui le faisait passer pour un véritable gentleman et non pour un homme infidéle. Il savait trouver les mots appropriés au bon moment. Il savait se faire passer pour n'importe qui grâce à ses paroles. Joseph Earnshaw était un bon comédien, un bon menteur, et un bon séducteur, grâce à sa maîtrise des belles paroles, de l'expression, et des discours parfaits.
Le ton qu'il avait employé n'avait qu'un seul but ; savoir ce qu'Helen racontait sur lui, en se faisant passer pour le mari fidèle et attentionné qu'il n'était pas. Cela pourrait marcher, tout dépendait du nombre de choses qu'Helen avait raconté à Elia...



( Désolé pour le temps de réponse et pour sa qualité médiocre :/ Première fois que j'écris sur Joseph dans le passé, et comme il a beaucoup changé j'ai eu un peu de mal à trouver l'inspi et a me mettre à sa place, donc j'ai restranscrit la dispute , pour avoir plus facile x) Donc voilà ma réponse n'est vraiment pas super et je m'en excuse, surtout que je savais pas ce que Joseph pourrait dire à Elia et que j'ai réfléchi un jour entier si il devait l'appeller Elia ou Miss Bradbury XD Enfin bref, désolé :s )
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Dim 30 Sep - 17:48

[HJ : à moi de m'excuser pour le retard :/ Mais ne t'en fais pas, ta réponse est parfaite ;D]]



Depuis qu'elle était arrivée dans le domaine des Earnshaw, Elia s'était douté de la nature peu amicale de la relation qui liée Helen à son époux. À chaque nouvelle dispute, les domestiques se passaient le mot au point d'en devenir un sujet de conversation durant les temps de pause ou les dîners. Dans les dires, nuls critiques faites envers monsieur, qui s'était toujours comporté aimablement envers eux. C'était somme toute ce fait qui les troublait : lui qui paraissait si amical, comment pouvait-il faire souffrir sa femme, même inconsciemment ? Sa réputation de coureur de jupon n'était plus à faire, l'assumer aurait été tellement plus sage que de lui cacher une vérité blessante... Très vite, la demoiselle avait été mise dans le bain de cette atmosphère peu joyeuse régnant dans la demeure. Bien que ne souhaitant pas y prendre part, sa situation envers l'épouse du duc l'avait amené à en savoir plus sur ce qu'elle ressentait et sur ces réelles inquiétudes. Ses peurs, ses pleurs, les disputes du couple à propos des infidélités de son mari... Elle savait tout sans vraiment le vouloir. Toutefois, les commérages circulant si vite de bouche à oreilles, elle s'était promis de ne divulguer les ressentis de la dame des lieux à nul autres personnes. Cette dernière se sentait déjà tellement mal que la moindre remarque la briserait davantage qu'elle ne l'était, que cela provienne de son époux ou des personnes entretenant la maison et les gens l'occupant. La jeune femme s'avérait être de confiance, et en cela elle était certainement l'une de ses amies les plus précieuses. Quoi qu'il en soit, leur distance de rang faisait jouer les convenances : miss Bradbury la vouvoyait, restait respectueuse envers elle et ne lui dictait jamais ce qu'elle devait faire. Cet état de fait ne l'empêchait jamais de lui prodiguer quelques conseils lorsque le moment se présentait, même si en affaire de concubinage elle ne sache que peu de choses, étant elle-même une éternelle célibataire.

Elia s'apprêtait à quitter la pièce sans un mot (et sans doute retrouver sa maîtresse, dont le sourire ressemblait très fortement à une invitation à venir discuter), mais Joseph la retint. À la fois modestement et timidement, elle se retourna, les mains relier devant elle. À vrai dire, elle s'attendait un peu à cette question venant du Lord. L'amitié étant née entre Helen et la jeune femme n'avait échappée à personne ici bas et encore moins à l'homme se trouvant en face d'elle. Celui-ci devait très certainement se douter de la nature de leurs discutions, cette question serait venue un jour où l'autre. Pour vous dire la vérité, voilà des semaines que la demoiselle s'y préparait, cherchant les mots appropriés pour ne pas causer de tord à son amie lui ayant accordé toute sa confiance. Si elle venait à la briser, il y avait fort à parier qu'il adviendrait le même sort de leur relation, ce qu'elle ne souhaitait absolument pas. Mentir n'avait, cependant, jamais été son terrain de jeu favoris, d'où la délicatesse de la réponse à fournir à son employeur.

Elle s'avança légèrement, afin de pouvoir lui faire face, gardant les yeux légèrement inclinés vers le sol, tout en le gardant en visuel. Après tout, elle n'avait rien à se reprocher. En venant dans cette pièce, Elia avait fait son devoir ce qu'on lui avait demandé, rien de plus. Mais la partie « écouter derrière la porte » aurait pu être épargnée.


-En effet, monsieur, il arrive à votre épouse de parler de vous.

Sa voix n'était ni tremblante, ni intimidé. Au contraire, elle dénotait une incroyable confiance ne soi. Comme dit un peu plus haut, la miss s'y était préparée...

-Elle me fait part de ses sentiments envers votre personne, notamment ses peurs et ses inquiétudes. Cela me semble être quelque chose de normal pour une femme... Euhm... Pour une épouse, je veux dire.

« Pour une femme dans son état actuel » aurait été un terme beaucoup plus approprié sur cette question. Une femme souffrant de l'attitude de son mari et du manque d'affection qu'il lui témoignait. Pourtant, il ne lui avait pas semblé bon de faire part de ce fait qui pourrait passer comme une sorte de critique contourné envers Joseph. Sa domestique ne voulait pas paraître insolente ni mal polie, bien que ce soit la pure vérité.

Toujours aussi droite, Elia daigna lever la tête et posa son regard directement sur le cigare se consommant. Elle n'appréciait guère l'odeur qui s'en dégageait, ainsi que la fumée, laissant une senteur désagréable sur les vêtements. Si ne faisait pas si froid dehors, elle n'aurait pas rechigné à demander la permission d'ouvrir la fenêtre la plus proche pour évacuer tout cela. Il lui faudrait pourtant faire avec aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Lun 8 Oct - 22:00

Elia était une jolie jeune femme. Elle avait le même type de beauté que celui dont été dotée Helen. Était blonde aux yeux bleus et avait la peau pâle ce qui lui donnait l'air aussi fragile que de la porcelaine...Helen était une belle femme, à s'en demander pourquoi son mari ressentait l'envie d'aller voir ailleurs.
Elia aussi, était jolie, mais Joseph ne lui avait jamais glissé le moindre sous-entendu, n'avait jamais tenté de la séduire. Le simple que le fait qu'elle connaisse l'un de ses amis, et puisse tâcher sa réputation , suffisait à empêcher toute pensée peu catholique de sa part.
Elia s'approcha de son employeur, le regardant dans les yeux et lui répondit, d'un ton confiant :

- En effet, monsieur, il arrive à votre épouse de parler de vous. Elle me fait part de ses sentiments envers votre personne, notamment ses peurs et ses inquiétudes. Cela me semble être quelque chose de normal pour une femme... Euhm... Pour une épouse, je veux dire.

La réponse d'Elia n'étonnait pas Joseph, mais ne lui faisait pas non plus plaisir. « Les peurs et les inquiétudes de sa femme envers lui. » Inutile de réfléchir pour y trouver la une connotation négative. La jeune domestique essayait bien sur de minimaliser les choses, disant que cela lui semblait normal pour une épouse. Mais Joseph savait qu'elle ne le pensait pas, surtout si Helen en avait trop dit à son sujet.
Prétendant d'abord un certain étonnement de manière très naturelle, il garda un air pleinement détendu, et prit ensuite un sourire parfait pour correspondre à une telle situation.
Dans ce sourire, on pouvait d''une part lire reconnaissance envers la réponse honnête d'Elia, et d'autre part, une part de mélancolie, comme si il était désolé d'apprendre qu'Helen ressentait parfois de la crainte envers son mari. Joseph détourna le regard, et tira sur son cigare, après avoir adressé ce bref sourire à la domestique préférée de son épouse.
Détourner le regard, voilà ce qu'aurait fait un homme sentimental et sensible, pour cacher toutes marques de soudaine mélancolie, visible à la fois dans le reflet de l'âme et dans l'expression du visage, comme par exemple, son sourire.
Joseph savait comment simuler les sentiments qu'il voulait faire croire à Elia qu'il ressentait à ce moment-même, l'état d'esprit, dans lequel il se trouvait. Un jeu d'acteur qui avait pour but de le faire passer pour un homme meilleur qui ne l'était... Un homme honnête.

- Pouvez vous m'en dire un peu plus ? demanda t-il d'un ton poli. Je ne comprend pas vraiment les raisons qui font qu'elle ressente crainte et inquiétude à mon égard et j'aimerais pouvoir arranger cela.... Vous savez...C'est ma femme, je tiens à ce qu'elle soit heureuse, poursuivit-il. Je vous en prie, asseyez vous..., ajouta t-il, lui désignant un fauteuil. Oh bien sur, je ne voudrais pas vous donner l'impression de vous mettre dans une situation délicate !, se reprit-il presque aussitôt. Mais voyez vous, ce n'est aucunement pour réprimander ma femme que je tiens à savoir ce qu'elle pense de moi, c'est uniquement pour pouvoir la comprendre, soyez en rassurée...

Là encore, tout était parfaitement calculé. Le ton faussement détendu qui semblait cacher de l'inquiétude et une véritable envie d'arranger les choses... Tout comme cet air compréhensif, qui portait à croire que Joseph accepterait tout à fait que sa domestique refuse de lui en dire plus, et que le fait qu'elle puisse se sentir mal à l'aise face à ses questions l'incommodait beaucoup...
Non ! Il était tolérant mais...pas à ce point. Il était le Maître de maison et ses employés devaient obéir à ses ordres. Elia devait bien l'avoir compris, il serait peu correct de refuser de répondre aux questions de Joseph. Alors oui, il aurait très bien pû lui ordonner de le faire mais...Le Lord savait que parfois, on obtenait bien plus facilement les choses en les demandant gentiment qu'en les exigeant...


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HJ : Merci Smile De même, j'aime beaucoup ta réponse ** Et ne t'en fais pas pour le retard, avec les cours je suis de nouveau très occupée moi aussi. D'où la longueur peu satisfaisante de cette réponse d'ailleurs --' J'éspère qu'elle t'ira quand même Smile
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Dim 4 Nov - 11:32

La suite de leur conversation n'avait pas été ardue à deviner. Évidemment, Jospeh ne se serait jamais contenté de la réponse simple et synthétique de la jeune femme, l'amenant à se poser autant, si ce n'est plus, de question qu'avant. Il faut dire que les adjectifs qu'elle venait d'employer n'étaient guère très positifs envers sa personne et dénoté une once de dégoût venant de son épouse. Elia ne ressentait peut-être pas la même amertume, mais ne le portait pas vraiment dans son coeur. Ce qu'elle entendait à son propos avait de quoi vous hérisser les poils. Oh, elle pourrait en avoir assez de son comportement et quitter la demeure des Earnshaw pour une autre famille plus... Normale. Cependant, elle avait réussi à obtenir cette place grâce au mari d'Emma. Tout laisser tomber alors qu'il s'était montré si généreux serait un manque de respect envers lui. De plus, elle ne se voyait pas abandonner la duchesse sur un coup de tête, uniquement à cause du comportement de Monsieur l'insupportant. Cette dernière devait encore avoir une épaule sur laquelle se tenir lorsque rien n'allait correctement. La domestique souhaitait rester cette épaule, et pour cette raison elle ne comptait pas partir aussi longtemps que l'on aurait besoin d'elle en ces lieux. Et pour tout vous dire, elle se sentait particulièrement bien ici, contrairement à son sentiment chez son amie, l'exploitant un peu trop à son goût. Au moins, en changement de maîtres, elle se voyait gagner un peu plus de temps libre pour ses cours de théâtre et plus de tranquillité, malgré qu'il y ait toutefois plus de travail à faire.

Miss Bradbury était une jeune femme facile à duper, son employeur l'avait sans doute remarqué. Il suffisait d'un tour de passe-passe, un mensonge bien mené pour lui faire croire ce que l'on voulait. De ce fait, cet air désolé et ce sourire presque inquiet lui semblait si sincère que son air neutre laissa quelques instants place à de la confusion. Il était l'origine de tous ces maux et pourtant, il semblait incroyablement sincère dans son envie d'arranger les choses et en faire en sorte que son épouse se porte pour le meilleur du monde... Voilà l'exemple montrant qu'Elia avait beaucoup de travail à faire : elle savait reconnaître les bons comédiens, mais sur scène. Si elle avait l'esprit assez ouvert, sans doute aurait-elle remarqué qu'elle parlait à l'un d'eux, celui auquel on aurait dû remettre la palme d'or pour aussi bien cacher ses véritables intentions, le but de cet échange verbal. Quoi qu'il en soit, son esprit se trouvait tailladé en deux : en premier, il y avait la détermination de garder les pensées d'Helen pour elle-même, comme il en d'usage dans un tel type de relation, et risquer de le mettre de mauvaise humeur. En deuxième, il y avait l'envie de lui faire confiance dans ses intentions de vouloir arranger les choses dans leur couple. Mais si cela n'était pas le cas ? Si, au contraire, il la faisait encore plus souffrir en lui reprochant de trop en dire à une simple domestique ? Ou, et c'est là la pire des hypothèses, s'il s'en prenait à ladite domestique pour s'immiscer un peu trop dans ses affaires ? Entre la peste et le choléra, il fallait pourtant choisir.

Tripotant légèrement son tablier, tâché de poussières et de lessive permettant de déterminer ses activités de la journée, la jeune femme s'assit sur le fauteuil que lui indiqua Joseph, posant ensuite délicatement ses mains sur les plis de sa robe noire. Sa voix se trouvait être, certes moins confiante qu'il y a quelques minutes, mais restait tout de même déterminée.


-Je ne souhaites pas vous manquer de respect, monsieur, mais je doute que Madame soit heureuse d'apprendre que vous connaissez la teneur de nos conversations.

La finalité de tout cela ? Elle en voudrait fortement à Elia, au point de la rejeter, sans doute. Elle redeviendrais alors une domestique lambda ne faisant qu'exécuter ce qu'on lui demandait de faire, sans plus d'attache au domaine. Une situation assez dérangeante en soit, car la miss ne pourrait plus regarder la Dame de maison en face sans ressentir une profonde honte. Il restait toutefois une solution pour parer à cette suite désagréable. Après une grande inspiration, elle reprit :

-J'ai une grande estime envers votre épouse et je n'aimerais pas qu'elle sache que vous êtes en connaissance de ses « secrets ». Je pense que j'aurai l'esprit tranquille si vous m'assurez qu'elle n'en saura rien.

Rien ni de cette conversation, ni des paroles débitées par la blondinette. Si réellement Earnshaw voulait du bien pour sa femme, il ne ferait pas en sorte qu'elle se sente trahis par son amie.


Dernière édition par Elia J. Bradbury le Lun 24 Déc - 12:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Dim 11 Nov - 22:11

L'hésitation d'Elia a l'idée d'en dire plus n'étonnait en rien Joseph. Il avait déjà pu observé à plusieurs reprises la sorte de « solidarité féminine » qui s'installait entre Helen et ses amies. Les femmes sont plus fidèles en amitié que les hommes, c'est bien connu.
Cette stupide lettre de dénonciation envoyée par Alice Owen à Helen le prouvait encore. Il regrettait d'avoir tenté de séduire cette femme, cette amie d'Helen. Il ne savait même pas pourquoi il avait fait cela. Helen était pourtant bien plus belle qu'Alice.
L'esprit du Lord était tourmenté, comme celui d'un adolescent en quête d'identité. Il ne savait jamais ce qu'il voulait, ce qu'il cherchait ni pourquoi il agissait comme il agissait...Il le faisait, c'était tout.
Il n'aurait pas aimé avoir une femme comme Alice, au caractère trop « fort » à son gout, mais il s'ennuyait du caractère plus réservé de sa femme...Il trouvait Helen magnifique, mais ne pouvait s'empêcher de charmer d'autres femmes...
Pourquoi ? Il n'en savait rien. Parce qu'il en avait envie ? Il ne savait même pas si il en avait vraiment envie. C'était comme un jeu. Essayer de séduire d'autres femmes, ça rendait la vie plus mouvementée. On se sent plus libre de faire ce que l'on veut, même si on ne sait pas ce que l'on veut. On se sent plus libre ou on se prouve qu'on est plus libre...
Quoiqu'il en soit, il regrettait d'avoir fait des avances à Lady Owen. Parce qu'il était maintenant blessé dans sa fierté, d'abord. Mais aussi parce que, avec le recul, il réalisait qu'il ne trouvait rien à cette femme. Helen était plus douce, plus gentille et plus belle...Il préférait de loin l'avoir elle pour épouse. A croire qu'il la trouvait encore plus jolie lorsqu'elle pleurait, puisqu'il ne pouvait s'empêcher de lui causer du tort...?

Elia s'assit à la place indiquée par le maître de maison.
- Je ne souhaites pas vous manquer de respect, monsieur, mais je doute que Madame soit heureuse d'apprendre que vous connaissez la teneur de nos conversations, dit elle d'une voix moins confiante qu'auparavant, mais tout de même déterminée.

Joseph se doutait bien qu'Elia ne répondrait pas à ses questions avec joie. Elle avait l'air de tenir à l'amitié qu'elle partageait avec Helen, et ne voulait probablement pas prendre le risque d'abîmer cette relation. D'autant plus que l'affection d'Helen à son égard lui avait valu un poste supérieur à celui des autres domestiques...

Le riche homme tourna la tête vers Elia, après avoir tiré sur son cigare une nouvelle fois. Il n'était pas difficile de comprendre où elle voulait en venir : soit elle ne voulait absolument rien lui dire, soit elle voulait être certaine qu'il ne dise rien à Helen.

-J'ai une grande estime envers votre épouse et je n'aimerais pas qu'elle sache que vous êtes en connaissance de ses « secrets ». Je pense que j'aurai l'esprit tranquille si vous m'assurez qu'elle n'en saura rien, reprit Elia, après avoir prit une grande inspiration

Joseph n'avait pas dans l'intention de discuter de cela avec Helen. Son but premier était de savoir précisément ce qu'elle confiait à Elia, afin de mesurer les dégâts causés sur sa réputation, mais aussi, en jouant la comédie comme il le faisait si bien, d'atténuer ses dégâts, et de donner une image plus positive de lui même. Car Elia n'était pas une domestique parmi tant d'autres. Il l'avait engagée pour rendre service à une connaissance importante, avec qui elle était directement en contact. Ce qui signifiait qu'une fois qu'elle aurait quitté le domaine, elle pourrait tout raconter à cet personne et abîmer ainsi la belle réputation du Lord.
Pourtant, Helen Earnshaw ne disait jamais de mal de son mari et n'avait aucunement l'intention de noircir sa réputation. Elle ne faisait pas non plus partie de ceux qui racontait leurs petits problèmes aux premiers venus, ayant besoin de leur pitié pour se sentir compris...Mais si Helen avait réellement trouvé une personne de confiance en Elia, il se pouvait bien qu'elle lui ai fait part de la situation. Qu'elle lui ai fait part de ses inquiétudes concernant son mariage, qu'elle lui ai demandé ce qui n'allait pas chez elle et qui poussait Joseph à l'ignorer... Car Helen pensait être le nœud du problème. Ou peut-être, était ce plus facile pour elle de penser qu'elle l'était. Car elle pouvait ainsi tenter de trouver une solution, plutôt que d'accepter le fait que son mari soit infidèle et qu'il ne cesserait de l'être que lorsqu'il l'aurait décidé. En tout cas, si elle avait discuté avec Elia de son couple, il était presque certain qu'elle n'aie pas critiqué Joseph, mais qu'elle se soit blâmée elle même. Et voir une femme aussi douce et gentille qu'Helen se blâmer pour les infidélités de son mari, ça ne pouvait que faire passer celui ci pour un homme méprisable, même si ça n'était pas le but poursuivi.


Prenant un air bienveillant, Joseph s'assit en face d'Elia. La seule chose qui pouvait lui permettre d'obtenir ce qu'il voulait, était une promesse, la plus sincère et la plus convaincante possible.
- Je sais combien il est difficile d'accorder sa confiance à quelqu'un de nos jours, et je ne vous en voudrais pas si vous refusez de me l'accorder... Je peux cependant vous le promettre ; si tel est votre souhait, Helen ne saura absolutement rien de cette conversation, si conversation il y a. Je sais combien elle tient à votre amitié et je ne voudrais en aucun cas qu'elle se sente blessée par rapport à cela. Mais ma volonté d'arranger les choses entre elle et moi est grande, et si j'y parviens , ce que j'espère vraiment, je pense qu'elle ne pourra que vous remercier de l'aide que vous m'aurez apporter. Et moi aussi d'ailleurs, je ne pourrais que vous remercier.

Cette promesse ne serait pas difficile à tenir puisqu'il ne comptait pas en parler à Helen. Il ne la trahirait pas, car il ne voulait pas qu'Elia le décrive comme un homme malhonnête et sans scrupule auprès de son collègue en affaire. Oh bien sur, il n'avait aucun mal à briser une promesse, mais dans ce cas ci, ce n'était pas nécessaire de le faire. Ce serait même à son désavantage.

Au fond, ses paroles n'étaient pas entièrement des mensonges, car il était en train d'arranger les choses. Mais pas celles qu'Elia croyait.
Elia était arrivée au mauvais moment, et avait été probablement témoin de leurs disputes. Elle était de plus en plus proche d'Helen, ce qui poussait Joseph à croire, qu'elle se confiait à elle sur la situation de leur couple...
Et Joseph avait retourné la situation, de sorte à rehausser son image, à se faire passer pour un homme meilleur, et plus attentionné envers son épouse. Mais en plus, il en profitait pour découvrir ce qu'il cherchait à savoir depuis un moment ; que disait exactement Helen à Elia ? Tout était bien improvisé, tout était bien joué. Elia avait en effet devant elle, un très bon comédien.
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Jeu 27 Déc - 15:24

Elia ne pouvait pas être désignée comme une merveilleuse conseillère en affaire de couple, n'ayant jamais partagé sa vie en compagnie d'un homme. Tout ce qu'elle savait d'une relation entre deux êtres de sexe différent, elle l'avait lu dans des livres. De l'amour impossible jusqu'au mariage forcé, en passant pas l'amour simple et sincère, les romans regorgeaient de ces histoires à faire fondre n'importe quelle jeune femme fleur bleue, ou simplement en recherche de l'âme soeur. Malheureusement, la fiction n'avait rien à voir avec la réalité, souvent bien plus que complexe que les pages d'un roman. De ce fait, se positionner quant à savoir ce qui était le mieux pour la relation de Lord et Lady Earnshaw la dépassait quelque peu. Bien sûr, elle voulait que tout s'arrange entre eux, car rien n'est plus beau qu'un dénouement heureux. Toutefois, bien qu'en étant le plus positif du monde, les ressentiments de Helen à propos de son mari, ainsi que d'elle-même, étaient tellement déplorables qu'un possible retour à la normal avait de très minimes chances de se produire. Juger qui que ce soit n'était cependant pas dans ses attributions de servantes, aussi se contera-t-elle d'apporter simplement ce qu'elle savait, sans plus de préjugés vis-à-vis de son employeur. Bien que la demoiselle avait été chaudement recommandée par le cher mari d'Emma, rien n'empêchait Joseph de la renvoyer de ses fonctions par manque de respect envers sa propre personne, ce qu'elle ne souhaitait pas. Elia avait besoin de ce travail pour aller au bout de son rêve, et elle n'était pas vraiment prêtre à partir dans une autre demeure (qu'elle ne trouvera certainement pas), alors que la maîtresse de maison avait besoin d'elle. Oui, sa place en ces lieux était très importante à ses yeux, bien qu'un jour ou l'autre il lui faudra partir pour devenir celle qu''elle voulait depuis toujours devenir.

Tandis que le Lord empesta à nouveau la pièce en soufflant la fumée de son cigare, la domestique fit craquer inconsciemment les doigts de sa main droite. Il venait de lui promettre qu'il ne dirait pas un mot à son épouse sur l'existence de cette conversation, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être légèrement angoissée. Les autres domestiques se demanderaient certainement pourquoi leur camarade avait été aussi longue pour revenir, devant tout bonnement déposer du thé dans le bureau de monsieur. Et Helen, qui attendait peut-être sa venue ! La parole d'une simple employée ne valait sans doute pas grand-chose, aussi serviable et honnête soit-elle, mais Joseph mettrait directement fin aux commérages, si ces derniers venaient à se répandre un peu trop dans la maisonnée. Elle se rassurait en pensant faire une bonne action. Quoi qu'il en soit, plus rien ne pouvait la bloquer dans ces révélations, à présent.


-Madame à l'impression de ne pas être l'épouse qu'il faut. Selon elle, le fait que vous alliez vers d'autres femmes est uniquement à cause d'elle et de son incapacité à vous combler.

« Selon elle », oui, car miss Bradbury n'était pas de cet avis. Elle qui était si douce et si gentille ne pouvait que combler un homme, ou alors celui-ci et un véritable aveugle ne voyant pas la chance qu'il avait d'avoir cette femme pour compagne. Peut-être que Joseph le voyait, mais dans tout le cas pas assez pour prendre soin d'elle comme elle le méritait. Irait-elle jusqu'à penser que sa maîtresse ne devrait pas passer sa vie en compagnie d'un tel homme ? Mr. Earnshaw avait toujours été quelqu'un de bon, dire qu'il devait souffrir était beaucoup trop fort. Tout ce qu'il fallait, c'est qu'il ouvre les yeux et se rende compte une bonne fois pour toute à quel point Helen l'aimait et voulait recevoir elle aussi cet élan d'affection. En était-il seulement capable ?

-Il lui arrive qu'elle me dise que ce mariage était une erreur, que vous n'auriez jamais dû être ensemble. Madame pense que, sans elle, vous auriez sans doute été plus heureux...

Dit comme cela, on aurait pu croire que la Dame était une véritable dépressive. Par moment, Elia se demandait si ce n'était pas le cas, notamment après l'avoir vu en larme dans sa chambre, à la suite d'une dispute. Comment pouvait-on être ainsi insensible à ces yeux vous regardant avec détresse, ne demandant qu'en finir avec cette misère sentimentale ? Ce n'était pas pour rien que les femmes étaient jugées plus fragiles que les hommes, lorsque l'on voyait avec quel coeur froid la majorité leur adressait la parole.

-Toutefois, elle ne comprend pas pourquoi vous lui cacher tant de choses, alors que vous pouvez avoir son entière confiance. Quelque part elle se sent... Trahis.

La miss refusait de regarder le Lord dans les yeux, fixant ses mains se tortillant, attendant sa réaction.
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Lun 11 Fév - 20:43

Elia se décida, l'air un peu nerveuse et hésitante, à répondre à la question que Joseph lui avait posée.

-Madame à l'impression de ne pas être l'épouse qu'il faut. Selon elle, le fait que vous alliez vers d'autres femmes est uniquement à cause d'elle et de son incapacité à vous combler, commença t-elle.

Joseph du contenir un geste violent. « Alors, elle déballait tout ? C'était çà l'image qu'elle donnait à ses amies de son mari ?! N'avait-elle donc aucune fierté ? Était-elle obligée de se confier sur tout ce qu'elle ressentait ? »
L'envie de laisser son poing s'abattre sur la table à nouveau, comme il l'avait fait avant qu'Elia n'arrive, se fit profondément sentir.
Mais il se retint. Il regarda brièvement Elia, avant de tirer à nouveau sur son cigare. Il ne fallait pas qu'il donne l'impression d'avoir le regard fuyant, mais regarder sa domestique droit dans les yeux alors qu'elle lui faisait de telles confessions, risquerait de le trahir. Le regard est le reflet de l'âme, dit on. Il ne baisserait pas non plus les yeux, pas un homme aussi fier que lui. Alors il posa simplement son regard sur un tableau en face de lui, et l'observa fixement, d'un air pensif.
Devait il répondre, ou la laisser continuer ? Il préféra se taire, car toute personne ayant besoin de se justifier donne l'impression d'avoir quelque chose à se reprocher. Et puis, comment pouvait il se justifier ? Elle avait bien sali son image, en allant raconter cela ! Si encore il avait les moyens de se justifier, la question se serait peut-être posée. Mais ce n'était pas le cas. Il ne se justifiait jamais sur ce sujet, parce qu'il savait qu'il était préférable qu'il se taise. Tout ce qu'il pourrait dire pouvait être contredit. Il n'avait pas de « bonnes excuses » pour être infidèle comme il l'était, et il ne savait pas même pourquoi il l'était, pourquoi il ne pouvait se contenter de son épouse, aussi dévouée soit elle, et qu'il ressentait le besoin d'aller voir ailleurs. Il se disait simplement que c'était ainsi, qu'il avait le droit de le faire, et qu'Helen devait l'accepter sans le crier sur les toits. Après tout, il était un bon mari, Helen avait tout ce qu'elle voulait, et mise à part le fait qu'il lui arrivait de séduire d'autres femmes, il était aimable envers elle. Alors , avait elle vraiment des raisons de se plaindre ?

-Il lui arrive qu'elle me dise que ce mariage était une erreur, que vous n'auriez jamais dû être ensemble. Madame pense que, sans elle, vous auriez sans doute été plus heureux...

Joseph regarda Elia. Il ne voulait pas qu'Helen pense cela, il ne voulait pas qu'elle se sente coupable. Il soupira. Tout serait plus simple si...Si elle acceptait tout ça ? Elle le faisait déjà, en grande partie.
Il était un peu contrarié du fait qu'Helen s'était autant confiée à Elia. Selon lui, elle avait dépassé quelques limites car certaines choses devaient restées privées dans un couple. Mais , même si il lui en voulait pour cela, il ne pouvait rester insensible en entendant Elia lui dire qu'Helen pensait que leur mariage était une erreur, et qu'il aurait été plus heureux sans elle. Lui-même, se disait cela parfois. Combien de fois, n'avait il pas regretté de s'être marié ? Combien de fois n'avait il pas souhaité être libre comme l'air à nouveau ? Mais il n'allait jamais jusqu'au bout de ses pensées. Divorcer ne lui viendrait même pas à l'esprit. Joseph aimait les femmes, mais il aimait aussi sa femme. Il ne s'en rendait pas toujours compte, parce qu'il était habitué à sa présence, à son comportement irréprochable, mais elle était parfaite pour lui. Il ne se rendait pas compte qu'il avait besoin d'elle car il n'en avait jamais été trop longtemps séparé. C'était lui le problème, c'était lui l'homme instable, qui reprochait un jour à sa femme d'être trop réservée et timide, et qui critiquait le lendemain, une femme trop extravertie et extravagante à son gout. C'était lui qui ne savait pas ce qu'il voulait. Peut-être parce qu'il avait eu ce qu'il voulait, celle qu'il voulait, avant même de souhaiter l'obtenir. Ce raisonnement, Joseph ne l'avait pas encore fait, malheureusement pour son couple. Et il s'avérait, dommage, que quand il prendrait enfin conscience de tout cela, il serait trop tard.

-Toutefois, elle ne comprend pas pourquoi vous lui cacher tant de choses, alors que vous pouvez avoir son entière confiance, poursuivit Elia. Quelque part elle se sent... Trahis.

Il porta à nouveau son cigare à sa bouche, pensif. Lui non plus, ne comprenait pas pourquoi. Il savait qu'il pouvait lui faire confiance, mais il avait besoin de ressentir une certaine liberté. Liberté par rapport à leur mariage, à certaines contraintes que le mariage imposait.Et puis il n'aimait pas se dévoiler entièrement à quelqu'un, dire tout ce qu'il pensait, se confier sans limites. Il n'en était pas capable. Il se sentait mieux en gardant certaines choses pour lui, c'était plus rassurant. Il y avait aussi sa fierté qui l'empêchait de se confier à sa femme, de reconnaître ses erreurs, d'accepter d'avoir tort. Il tenait à son image, à sa réputation, et détestait qu'on la salisse. Elle, elle se sentait trahie parce qu'elle trouvait qu'il lui cachait trop de choses, mais lui ne voulait pas trahir son image...

Elia fixait ses mains et n'osait pas regarder Joseph dans les yeux. Comme elle ne prenait plus la parole, il en déduit qu'elle n'avait plus rien à lui dire. La réaction de Joseph se fit cependant quelque peu attendre, car il préféra réfléchir un instant, avant d'agir. Réfléchir à ce qu'il devait dire. Il se voyait mal répondre cas par cas au problèmes évoqués par Elia. Se justifier n'était pas une bonne idée, ça lui donnerait l'air coupable. Jouer l'homme profondément surpris et remplis de remords face à ce qu'il venait d'entendre serait exagéré, et lui enlèverait toute crédibilité. Il valait mieux donc rester sois même, et ne pas s'étaler sur le sujet.

- Je vous remercie, dit il, le regard sincère. Pour votre confiance, et pour votre aide. C'est difficile d'arranger les choses quand on ne connait pas la pensée sincère de l'autre...Maintenant, j'y vois un peu plus clair. Il lui sourit, d'un air reconnaissant.

Il se leva et s'approcha de la porte, comme si il avait dans l'intention de l'ouvrir, et de permettre à Elia de rejoindre Helen. A à peine un mètre de la porte, pourtant, il s'arrêta et se retourna vers Elia.

- Pensez vous que je devrais aller lui parler maintenant ? Ou qu'au contraire, il est préférable de la laisser seule un moment ? , demanda t il. Il donnait l'impression de porter un grand intérêt à l'avis d'Elia, à la réponse qu'elle lui donnerait.

Demander conseil à sa domestique renforcerait davantage l'image qu'il souhaitait renvoyer de sa personne, ce qui était évidemment le but recherché. Mais cette demande n'était pas que comédie et mensonge, elle était fondée. Après ce qu'il avait entendu, il comptait parler à Helen. Pas pour lui dévoiler qu'il avait eu une conversation avec Elia, non. Il ne voyait aucun intérêt à briser la promesse de silence qu'il avait faite à son interlocutrice. Il ne comptait donc pas la réprimander à propos des confidences trop « privées » qu'elle avait faite à la domestique.
Ce n'était pas de sa faute. Elle avait eu besoin de se confier. Bon, elle en avait un peu trop dit à son gout et ça ne lui plaisait pas, mais il ne pouvait lui en vouloir de trop. Elle cherchait du réconfort, elle avait besoin d'être rassurée, et c'était à lui, son mari, de le faire. Voilà pourquoi il irait lui parler. Elle aurait moins besoin de se confier aux autres, ainsi. Mais il n'en ressentait pas non plus le besoin urgent. Alors demander conseil à Elia, oui, ce n'était qu'une ruse pour rehausser son image à ses yeux. Mais il suivrait son conseil, parce que de toute façon, aller parler à Helen maintenant ou plus tard, quelle importance avait ce pour lui ? Et puis, il n'était pas du genre très prolixe. « Parler à Helen », cela signifiait lui dire de ne pas s'inquiéter, essayer de calmer son chagrin en quelques phrases, toujours un peu distant et froid, et puis ressortir de la pièce, trouvant une excuse pour ne pas prolonger la discussion trop loin.
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Mer 20 Mar - 11:25

Plus la conversation durait, et plus la domestique sentait un besoin urgent de sortir de la pièce. Non pas que la présence du noble la gênait, mais elle se sentait comme oppressée. Sa nervosité, ainsi que la fumée se répandant petit à petit dans la pièce y jouaient pour beaucoup. Depuis qu'elle était arrivée dans ce domaine, la jeune femme n'avait jamais vraiment approché les pièces en rapport avec Monsieur, laissant ce travail aux valets. En fait, si elle se trouvait ici en ce moment, c'est uniquement parce que ses collègues étaient occupés ailleurs, ou avait simplement leur journée de congé. Aussi loin qu'elle s'en souvenait, elle devait en avoir pris une ou deux, privilégiant son travail. Elle n'avait jamais vraiment gaspillé son argent, hormis pour des vêtements. Il lui était nécessaire de faire des économies pour pouvoir continuer ses cours de théâtre et un jour partir en Amérique, là où il semblait tellement plus facile d'atteindre ses rêves. Mais tous ces projets étaient encore bien lointain, et il lui faudrait rester ici un bon moment avant de pouvoir partir. Qu'importe le temps que cela prendra, elle patientera ! Tout ceci pour dire qu'Elia ne s'était pas habitué à la fumée que semblait apprécier Joseph. Certes, le quartier d'où elle venait ne manquait pas de ce genre d'odeur, mais cela faisait un certain temps maintenant qu'elle avait quitté cet environnement, ainsi que ses parents. Lorsqu'elle avait laissé le couple Bradbury, leur entreprise fonctionnait à merveille, ce qui semblait toujours le cas aux vues de leurs nombreuses lettres.

La jeune femme toussota légèrement, le point devant sa bouche. Elle pourrait lui demander s'il était possible d'ouvrir la fenêtre, mais elle n'osa pas. Après tout, il était chez lui, et le fait qu'une de ses domestiques n'apprécie pas le fait qu'il fume ne le regardait aucunement. De plus, bien qu'il paraisse bien plus calme qu'il y a quelques minutes avec son épouse, Elia savait pertinemment qu'il ne supporterait une quelconque réflexion. Alors elle se taisait, ne voulant pas réveiller en lui sa colère. Elle n'avait jamais eu affaire à son mauvais caractère, et elle espérait bien ne jamais avoir à y faire face.

Aussitôt qu'il se leva, la demoiselle en fit de même, se mettant dos au bureau et droite comme un piquer à côté de la chaise sur laquelle elle s'était assise. Remettant rapidement en place les traits de sa robe, elle se devait d'avoir une allure parfaite, comme on lui avait toujours enseigné. Toutefois, bien qu'elle reprit son air sérieux, le fait que Jospeh lui demande quand il devrait rejoindre sa femme la perturba. Cette dernière devait sans nul doute s'attendre à voir débarquer dans sa chambre son amie, et non son époux, surtout après la dispute qui avait eu lieu. Sans compter que miss Bradbury ne rechignerait pas à savoir quelle en avait été la cause. Dans autre sens, elle serait peut-être agréablement surprise de le voir débarquer et de vouloir arranger les choses. Cela paraissait tout de même étrange, de le voir d'une minute à l'autre se montrer extrêmement doux et avenant envers sa campagne. De ce fait, sa réponse fut sans hésitation :


-Je pense que vous devriez la laisser seule quelques instants, qui plus est après votre dispute.

Et ainsi elle pourra aller la voir avant lui, si du moins elle n'a rien à faire auparavant.
Telle une idiote, Elia venait d'avouer sans vergogne qu'elle avait écouté partiellement leur discussion avant d'entrer dans la pièce. Le pire, c'est qu'elle ne s'en était même pas rendu compte ! Ce n'était pas le sujet important du moment, de plus que Joseph devait s'en douter. Mais peu importe.

Au fond de la pièce, l'horloge continuait à avancer, dans un son de « Tic » et de « Tac ». Est-ce qu'Helen lui en voudrait de mettre autant de temps à la rejoindre ? Il lui suffirait de trouver une raison valable expliquant son absence pour qu'elle comprenne, bien que le mensonge ne soit pas dans les habitudes de la domestique. Toutefois, il s'avérait parfois utile pour sortir de situations embarrassante, notamment celle dans laquelle elle se trouvait en cet instant même. Par tous les saints, que le duc tienne sa promesse, ou elle ne s'en remettrait pas !


-Voulez-vous que je lui apporte quelque en attendant ?

Sous-entendu : « avez-vous encore besoin de moi » ?
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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Jeu 4 Avr - 11:46

Elia s'était levée immédiatement après Joseph. On voyait bien qu'elle avait très envie de quitter la pièce, et qu'elle se sentait mal à l'aise et un peu nerveuse en la présence du Lord depuis le début de leur conversation. Elle répondit d'ailleurs rapidement et sans hésitation à la question posée par Joseph.

- -Je pense que vous devriez la laisser seule quelques instants, qui plus est après votre dispute.

- Bien, répondit il simplement.
La réponse de la jeune femme ne l'étonnait absolument pas. Il était logique qu'elle réponde cela puisqu'elle planifiait probablement de rejoindre Helen dès qu'elle aurait quitté la pièce. Et s'il y allait avant, ce serait lui couper l'herbe sous le pied. Joseph ne fut pas non plus surpris de l'entendre citer leur dispute. Il était persuadé qu'elle avait tout entendu, sans quoi il ne l'aurait pas invité à discuter avec lui, et cette comédie n'aurait pas eu lieu.
Elia lui demanda ensuite s'il désirait qu'elle apporte quoi que ce soit à Helen.

- Non, ça ira. Dites lui simplement d'être à l'heure pour dîner, répondit-il. Je vous remercie de votre sincérité et votre confiance, ajouta-t-il en lui adressant un sourire aimable. Il s'approcha de la porte. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, Helen désire peut être vous voir. Vous pouvez donc disposer, termina t-il, ouvrant la porte de la pièce pour la laisser sortir.

Il n'y avait en effet pas lieu de retenir Elia plus longtemps. Il n'avait rien d'autres à lui dire. Il trouvait qu'il s'en était plutôt bien tiré. Il était surement monté dans l'estime de la domestique attitrée de sa femme en donnant une image d'un mari attentionné et aimant, et en prime, il avait appris les sujets exactes de leurs discussions. A ce sujet, il était déçu d'apprendre qu'Helen se confiait à ce point sur leur vie privée, il avait espéré qu'elle en dise bien moins que cela. Mais il avait fait ce qu'il pouvait pour sauver ce qui pouvait encore sauver de sa réputation. Son talent de menteur l'y avait bien aidé. Il ne lui restait plus qu'à discuter avec Helen, ce qu'il ferait à l'heure du dîner. Il la rassurerait un peu et la réconforterait. Puis, le sujet serait clos, et on en reparlerait plus.

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MessageSujet: Re: Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph   Lun 15 Juil - 14:41

Et c'est ainsi que ce termina cette entrevue. Aux yeux de la jeune femme, elle avait paru interminable, presque insupportable tellement la tension avait été palpable chez elle. À chaque nouvelle question de son employeur, elle avait dû réfléchir rapidement à la manière de tourner ses phrases, afin de ne pas trop en dire sur les conversions qu'elle avait avec Helen, ainsi que de ne pas l'énerver. Cela avait été un véritable exercice cérébrale qu'Elle avait plus ou moins réussit, car le ton ne s'était pas élevé. De plus, le Lord était passé pour un véritable enfant de coeur aux yeux d'Elia, du moins en ce qui concerne ses intentions à l'encontre de son épouse. Depuis son arrivée chez les Earnshaw, elle n'avait vu que le mauvais côté de leur relation, sans se préoccuper du reste. Désormais, elle en connaissait une deuxième, et espérait sincèrement ne pas se tromper. Que les disputes cessent dans ce couple étai sa principale priorité, car l'ambiance au sein de la demeure n'en serait que meilleure encore, que ce soit entre les deux époux ou même entre les différents employés. Voyez-vous, chacun avait sa propre opinion en ce qui concerne le pourquoi du comment d'une telle mésentente, ce qui amenait des conversations bien animées lors des repas et après le travail. Alors oui, si la demoiselle avait pu jouer un rôle rien que minime à l'amélioration de la vie ici, elle n'en serait que plus heureuse, et même fière.

-Bien, monsieur.

Poliment, la jeune femme hocha la tête pour montrer sa compréhension et s'approcha de la porte humblement, ses doigts entrelacés devant elle. À vrai dire, elle était ravie de pouvoir voir sa maîtresse avant lui. Elle pourra ainsi la calmer et la prévenir que son mari souhaite lui parler de ce qui s'était passé. Helen se préparera, et n'aurait donc pas de mauvaise surprise. Toutefois, la domestique ne lui parlera pas de l'entrevue qui venait de se dérouler. Non seulement parce qu'elle ne voulait pas passer pour quelqu'un en qui elle ne pouvait plus avoir confiance, mais également parce qu'elle avait peur de se faire blâmer. Sa relation si étroite avec la Lady était bien trop importante pour elle, pour qu'elle risque de la perdre.

Arrivée devant Joseph, miss Bradbury fit une légère révérence et lui adressa un mince sourire pour le remercier. Toute aussi silencieuse, elle quitta la pièce pour se diriger directement vers la chambre d'Helen, disparaissant ainsi dans les couloirs de la grande demeure.
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Souviens toi de ce temps... ♣ Joseph

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