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 ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣

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MessageSujet: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Dim 29 Juil - 21:08



« Pardonnez nous nos pêchés »
Joseph Earnshaw & Alfred Manred


Il n'était que vingt heures trente ce soir là, et pourtant, j'étais déjà épuisé. La veille, je n'avais pas fermé l'œil de la nuit. Ma conscience m'avait torturé sans relâche, m'obligeant à fouiller dans ma mémoire, dans mes souvenirs passés, et à m'en vouloir pour les erreurs que j'avais commise, sans pouvoir ne fusse qu'une seconde, trouver la paix et le repos. Pourtant, j'avais tout ce qu'il fallait pour m'endormir sans problème, et laisser mon subconscient m'entraîner vers des rêves magnifiques. J'avais enfin l'impression de m'être rapprochés de Georgiana, d'avoir éloigné ses doutes sur ma personne. J'étais encore plus amoureux d'elle, et j'étais heureux de l'être.
Mais la veille, ce fameux soir où j'avais discuté si tard avec Georgiana, ce fameux soir où elle m'avait offert une étreinte et un timide baiser sur la joue, une révélation m'était apparue. Devant Georgiana, j'étais incapable de réagir avec autant de confiance que je le faisais habituellement en compagnie d'autres femmes. Avec Georgiana, j'étais tout simplement un autre homme. Il n'était plus question de vanter mon titre, non, je lui demandais même de m'appeler par mon prénom. Mes gestes devenaient timides, hésitants. Je n'osais pas l'embrasser, de peur de tout gâcher, de peur qu'elle prenne cela comme un manque de respect. Je luttais contre ma si forte envie de le faire, alors que je m'étais toujours autorisé toutes réactions naturelles envers les femmes. Georgiana me rendait meilleur, mais aussi plus faible.

Dès lors, je me posais la question...En était il autant pour Helen ? Celle qui fut ma femme pendant dix-huit ans, avait elle ressenti toutes ses choses de manière aussi fortes envers moi ? J'avais certes toujours pensé qu'Helen m'aimait...Mais je ne savais pas ce que cela impliquait à l'époque. Si Helen avait ressenti cela à mon égard, si c'était là la raison de son éternelle timidité, si c'était là la raison pour laquelle elle me pardonnait tout, ne me reprochait rien, et n'osait jamais me contredire, alors j'avais été un monstre d'agir ainsi avec elle.
Dans tout les cas, je venais de le réaliser, je m'étais conduit en parfait salaud avec Helen. Oh certes, tout n'était pas noir entre nous. Je l'avais apprécié énormément, nous avions passé des moments inoubliables tout les deux, nous avions été heureux...Mais je lui avais tant de fois manqué de respect, je l'avais tant de fois ignorée...Je l'avais tant de fois trompée...
Et le remord me poursuivait maintenant comme une ombre, partout où j'allais. J'imaginais Georgiana agir envers moi comme je l'avais fait avec Helen, et je ressentais ces souffrances qu'elle avait peut-être bien ressentie.
C'était insupportable, il fallait que je me libère de ce poids...Mais comment ?
Je n'étais pas du genre à me confier sur mes défauts et à reconnaître mes erreurs en présence de mes amis...A part peut-être face à Georgiana, devant qui je devenais l'homme le plus honnête de la terre. Mais ce n'était surement pas à elle que j'allais parler d'Helen...
Je soupirais, me laissant tomber sur mon lit, à la recherche d'une réponse à mes questions. Et mon regard se posa par hasard sur le crucifix accroché au dessus de mon lit.
Etait ce là la réponse à mon problème de conscience douloureuse ? La religion ?
Je n'avais jamais été très pratiquant...J'étais plutôt croyants par tradition que par foi. La plupart des britanniques étaient anglicans, mes parents l'étaient, je l'étais donc moi aussi. Certes j'avais réfléchi sur la question de la religion bien des fois, j'étais un homme cultivé. Mais même si je n'avais jamais été convaincu de l'existence d'un être supérieur, j'avais préféré ne pas m'éloigner de la religion, considérant cela comme un joker dans les moments qui pourraient m'être difficile, et bien, comme une bonne couverture...Car les gens trouvent quelqu'un plus...normal...lorsqu'il est croyant que lorsqu'il ne l'est pas. Quand vous n'êtes pas croyants, on vous demande pourquoi...Quand vous l'êtes, on trouve ça logique.
Et puis forcément, en voyant Helen priermatin et soir, je ne m'étais même plus posé la question. Cela semblait l'aider réellement, et je trouvais cela bien, même si je ne voyais pas en quoi c'était d'une grande aide d'implorer quelqu'un qui ne répondait jamais.
Peut-être était il temps que je me repose ses questions...Ironique, vu que maintenant j'étais mort et que la grande base de toute religion est l'existence d'une vie après la mort.
Je resserrais le nœud de ma cravate, et sortit de ma chambre, après avoir rapidement glissé les clés de celle ci dans ma poche. Il fallait que je soulage ma conscience, peu importe comment.
Je savais qu'il y avait un prêtre à bord, et qu'il était lui aussi décédé. J'ignorais si il était anglican, protestant ou catholique, mais de toute façon, les prêtres prennent toute les confessions non ?
Je me rendis au Grand Salon et m'approchais d'un des serveurs, au hasard. J'avais choisi un jeune homme souriant qui, je ne saurais dire pourquoi, avait l'air croyant.

-Monsieur, excusez moi...Est ce bien juste qu'il y a un prêtre à bord ?

- Oui, il y a le Père Manred.

- J'aimerais lui parler, pourriez vous me donner son numéro de cabine s'il vous plait ?

Il me répondit, m'indiquant de plus où cette cabine se trouvait. Je le remerciais, et me rendis au pont D, là où se trouvait les cabines des deuxièmes classes.
J'étais maintenant devant la porte de la cabine du Père Manred. Je me demandais pourquoi j'étais venu jusqu'ici, déranger un homme que je ne connaissais pas, au sujet de mes petits problèmes personnels. Je me sentais mal à l'aise à l'idée de me confier ainsi, mais j'en avais besoin...D'une main hésitante, je frappai à la porte, me disant que maintenant que j'étais là, mieux valait aller jusqu'au bout de mon idée.
La porte s'ouvrit, un homme à l'air assez gentil se trouvait devant moi.

- Bonsoir...Mmh...Vous êtes bien le Père Manred ?


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Dernière édition par Joseph P. Earnshaw le Lun 30 Juil - 19:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Lun 30 Juil - 19:08


    En ce début de soirée, Alfred s'était enfermé dans sa cabine, loin de l'agitation qui animait toujours le paquebot fantôme. Non pas qu'il ne prisait pas la fréquentation de ses compagnons d'infortune, mais il était plus solitaire que mondain, et les cabines était bien l'un des rares endroits du Titanic où l'on pouvait chercher quelque paix perdue. Depuis près d'une heure, il s'était installé sur sa couchette, le dos adossé à la paroi pour lire tranquillement. Il lisait la Bible, encore. Non pas qu'il n'ait pas d'autres livres intéressants à portée de main. Non pas qu'après quinze ans d'exercice il ne connaisse pas l'ouvrage presque mot pour mot. Mais il s'obstinait encore à chercher si au milieu des pages, entre les lignes, quelque chose évoquait des passagers fantômes à bord d'un navire naufragé. En vain, bien évidemment, mais il ne pouvait s'empêcher d'espérer que soudain un paragraphe nouveau s'écrive au milieu de ceux qu'il connaissait.

    Alfred se frotta les yeux, et se pinça l'arête du nez avec un soupir. Être mort ne suffit même pas à vous dispenser de la fatigue oculaire... Il s'étira vaguement sans trop bouger, avant de se remettre à lire, presque machinalement. Il sortirait peut-être plus tard se dégourdir les jambes sur le pont, mais pour l'instant il avait l'éternité pour lire et relire les mêmes passages jusqu'à ce que soit les mots se mélangent devant ses yeux, soit qu'ils s'assemblent pour former un sens tout-à-fait inédit. Il avait toujours trouvé réponses et réconfort dans la religion et plus précisément dans ce petit livre-là... Et aujourd'hui, même lui restait silencieux et laisser Alfred cogiter seul à ses questions . Cela n'annulait en rien la fois de l'homme, mais il aurait souhaité un petit signe, plutôt que de se sentir oublié à la fois des vivants et de Dieu...

    Si Dieu ne daigna pas le moins du monde lui faire un signe, un vivant lui vint frapper à sa porte quelques minutes plus tard. Alfred releva la tête, un peu surpris et cligna vivement des yeux pour regagner la vie à bord plutôt que ses doutes et ses réflexions. Cela lui ferait du bien de quitter un peu ses livres pour parler un être humain, quel qu'il soit. Il referma son livre, le rangea rapidement avec les autres et vint ouvrir la porte à son invité surprise, avec un peu de curiosité. Sur le seuil se tenait un homme, un peu plus âgé que lui, et sans doute de première classe au vu de son costume et de ses manières. Alfred ne se souvenait pas l'avoir déjà croisé et encore moins de lui avoir déjà parler, mais il sourit doucement, d'une manière accueillante. Quelque soit la raison pour laquelle on avait frappé à sa porte – y compris car l'on s'était tout simplement trompé de cabine - il n'avait aucune raison de ne pas se montrer avenant. Surtout que l'inconnu semblait plutôt hésitant et mal à l'aise, comme s'il se demandait bien comment il avait pu arriver devant cette porte et s'il avait bien fait d'y frapper...

    « Bonsoir...Mmh...Vous êtes bien le Père Manred ? » demanda l'homme, non sans hésitation. L'appellation de « Père Manred » fit comprendre à Alfred qu'on avait dû donner le numéro de sa cabine à l'homme qui cherchait à parler à un religieux. Le seul religieux du bord, lui. Il était peut-être mort-vivant à bord d'un bateau fantôme, mais rien ne l'empêcherait de faire son travail, ou plutôt son sacerdoce et quelque chose à laquelle il ne se vouait que par plaisir : écouter les gens se confier à lui et faire de son mieux pour les guider était la seule chose qu'il savait à peu près bien faire au monde, et il n'avait jamais su refuser d'écouter quelqu'un. Alfred acquiesça, sans cesser de sourire.

    «- Oui c'est bien moi. »

    Il ouvrit la porte un peu plus largement et s'écarta pour laisser rentrer l'homme si celui-ci le souhaitait, présentant d'un large geste de la main sa maigre demeure pour l'éternité. Il l'observa un court instant, sans animosité, avec simplement de la sympathie calme et un peu de curiosité dans les prunelles.

    - Entrez... Qu'est-ce qu'il vous amène à chercher un prêtre ? Et... je me trompe où nous ne nous sommes encore jamais croisé ? »
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Sam 4 Aoû - 16:17



« Pardonnez nous nos pêchés »
Joseph Earnshaw & Alfred Manred



J'entrais, toujours un peu mal à l'aise. J'étais nerveux, je n'avais jamais été me confesser auparavant.
Mais l'homme qui m'avait invité à entrer avait l'air bienveillant, très gentil...Il avait l'air d'un croyant, ce qui était logique. Même si au fond de moi je savais que j'avais vraiment besoin de parler à cet homme, et que je devais le faire maintenant, j'hésitais à entrer, réticent à l'idée de le déranger en dehors de son travail...Mais alors, pourquoi étais je venu ? Il serait encore plus idiot de repartir ainsi...
J'entrais donc, ne m'éloignant cependant pas de la porte.

- Non, nous ne nous connaissons pas...Je suis Lord Joseph Earnshaw, mon père. Et je...Disons que...Je n'arrive pas à trouver la paix, mon esprit me torture lourdement, et...Je me disais que peut-être, en parler à quelqu'un, m'aiderait à me sentir mieux...Alors je suis venu vous demander à quel heures vous seriez disponible pour recevoir ma confession... Si vous acceptez de la recevoir évidemment.

( Je suis désolé, c'est très court, mais le travail me bouffe mon inspiration x) )


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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Sam 18 Aoû - 15:49

    Alfred tentait de garder l'air ouvert et accueillant, même s'il était quelque peu intrigué par l'homme qui osait à peine entrer dans sa cabine : l'individu était nerveux, est n'était pas du tout sûr d'être à sa place. Pour un peu, il aurait eu l'air d'une bête traquée, hésitant à pénétrer dans le piège préparé à son attention...ou plus exactement une pauvre cabine de seconde classe à bord d'un paquebot fantôme. Il était venu de son plein gré, mais se tenait prêt à repartir au plus vite. Il n'était quand même pas si effrayant que ça, non ? L'homme s'était décidé à entrer dans la pièce, mais avoir l'air de ne pas y toucher : juste un pas en avant, prêt à partir. Du coup, Alfred restait lui aussi debout sans oser trop bouger, un peu mal à l'aise.

    Lorsque l'individu prit la parole et se présenta, Alfred se sentit légèrement soulagé : « - Non, nous ne nous connaissons pas...Je suis Lord Joseph Earnshaw, mon père. Et je...Disons que...Je n'arrive pas à trouver la paix, mon esprit me torture lourdement, et...Je me disais que peut-être, en parler à quelqu'un, m'aiderait à me sentir mieux...Alors je suis venu vous demander à quel heures vous seriez disponible pour recevoir ma confession... Si vous acceptez de la recevoir évidemment. » Ce n'était que cela : tant que l'on s'adressait à ses compétences de prêtre, Alfred était infiniment plus à l'aise. Il avait déjà beaucoup entendu, beaucoup écouté, et faisait de son mieux pour aider. Conseiller, ou même simplement écouté, c'était déjà aider son prochain, et faire son travail au mieux, aux yeux d'Alfred. Il sourit le plus doucement possible :

    «- Je suis ravi de faire votre connaissance. Soyez sans inquiétude, je suis inoffensif et ne divulgue jamais rien de ce que l'on me rapporte. »

    Une façon comme une autre de lui dire « n'ayez pas peur », et d'essayer de le mettre à l'aise. Des individus cherchant à trouver la paix, torturés par leur esprit... Cela arrivait bien trop souvent, à croire que l'âme humaine cherche forcément à se blesser elle-même... Et Alfred n'était pas le dernier à se retrouver dans ce genre de situation et à éprouver cette douleur... D'après son expérience sacerdotale, parler à quelqu'un ne pouvait que faire du bien et permettre de trouver la paix, ou au moins de parvenir à un ordre dans ses pensées et dans ses sentiments.

    « -Je suis disponible à n'importe quel moment, je suis là pour écouter, et pour vous aider si je le peux. Vous pouvez venir me voir à n'importe quel moment, si vous en ressentez le besoin. Même à l'instant, si vous le désirez...et si vous vous en sentez prêt, évidemment.»

    L'homme avait l'air d'être venu pour faire un premier pas vers la paix, mais sans oser aller plus loin, et restait prêt à faire comme si de rien n'était, à fuir. Alfred ne souhaitais pas le brusquer en lui faisant envisager une confession immédiate – personne ne s'allège l'esprit et le coeur en étant forcé à faire ou à dire quelque chose -, même si cela ne pouvait faire que du bien... il fallait juste se lancer. Alfred ajouta rapidement, rassurant :

    « - Cela ne peut que vous apaiser... »
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Mer 22 Aoû - 16:12



« Pardonnez nous nos pêchés »
Joseph Earnshaw & Alfred Manred




Les paroles du prêtre me rendirent un peu plus confiant. En fait, elles m'obligèrent à reprendre confiance. Je n'avais pas envie de paraître peureux, ou mal à l'aise. J'avais ma fierté, une grande fierté même, et je ne m'étais à vrai dire par rendu compte, que je me laissais aller ainsi à parler si timidement. Ce n'était clairement pas dans mes habitudes.
J'entrais donc finalement dans la pièce.
- Merci, dis je, pour remercier mon accueillant interlocuteur de me permettre d'entrer.

L'homme m'expliqua ensuite qu'il était disponible n'importe quand pour m'écouter, et pour m'aider. Et même à l'instant, si je le désirais et si j'étais prêt à me confier. J'étais assez étonné par sa disponibilité. Certes, c'était son métier mais...Rien ne le tenait plus à se comportait de cette manière. Il pouvait très bien fixer des horaires, pour pouvoir profiter lui aussi de sa vie à bord, si l'on peut parler de vie dans ce cas ci, ou même refuser d'exercer encore sa profession.
Cela ne peut que vous apaiser...  ajouta t-il ensuite, d'un air rassurant.

Apaiser ma conscience, c'était tout ce que je voulais en cet instant. Elle pesait trop lourd. Je savais que si je retournais dans ma chambre sans m'être confié à ce prêtre, je le regretterais. Car mon esprit me torturerait encore et peut-être bien plus. Bien sûr, je n'avais pas la certitude que parler à quelqu'un m'aiderait à me sentir mieux, mais si je n'essayais pas, cela n'arrangerait pas non plus les choses.

- Et bien...A vrai dire, je pense être prêt, dis je adressant un sourire plus confiant à mon interlocuteur.

J'avais toujours su tromper les gens sur mes états d'âme. Ce que je faisais d'ailleurs en ce moment même. Car même si je le cachais avec brio, je n'étais pas beaucoup plus à l'aise qu'en entrant, et ce sourire n'était qu'une façade. Certes, le Père Manred avait l'air d'un homme de bien et de confiance, et j'étais persuadé qu'il l'était. Mais je n'avais jamais fait étalage de mes erreurs à personne. En fait, je n'avais pas moi même pris conscience de mes erreurs durant ma vie. Maintenant que j'étais mort, il était peut-être un peu tard pour le faire...Ou peut-être était il plus que temps de le faire ? Je n'en savais rien. Cela n'empêche que malgré l'extrême gentillesse du prêtre, je n'étais pas tout à fait rassuré à l'idée de divulguer mes pêchés, de divulguer le plus profond de ma nature et de mon âme, à un parfait inconnu. J'avais dit être prêt, mais je ne pouvais pas savoir si je l'étais. Tout ce que je savais c'était que j'en avais besoin. Besoin d'apaiser ma conscience. Besoin d'oublier toutes ces souvenirs d'Helen qui me hantait ainsi, du jour au lendemain, sans raison.
Après avoir prononcé ces paroles, je me tu, ne sachant que dire d'autres, ne sachant pas non plus si la parole était à moi. Y avait il une phrase à prononcer pour démarrer une confession ? Y avait il un rituel à suivre ? N'ayant pas vraiment connaissance du déroulement de ce genre d'évènements, je choisis de laisser la parole au Père Manred, histoire de savoir si je pouvais commencer. J'étais peut-être quelqu'un de très cultivé, j'avais peut-être lu les œuvres des plus grand théologiens de l'histoire, je restais ignorant en matière de foi, contrairement à Helen. Elle trouvait une grande aide en la religion, elle qui n'avait pourtant rien à se reprocher...A moins qu'elle parlait de moi lorsqu'elle se confessait. Dans ce cas, oui, il y aurait eu beaucoup à dire...


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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Dim 2 Sep - 22:15

    Lord Joseph entra pour de bon dans la pièce, au grand soulagement d'Alfred. A le voir ainsi hésitant et craintif, il avait l'impression d'être un bourreau ! Il ne savait pas si l'homme avait vraiment repris du poil de la bête et s'était décidé à se confier et à lui faire confiance, ou s'il s'agissait d'une façade pour garder courage...mais peut importait, son rôle était de l'aider. Dans la vie comme dans la mort, Alfred n'avait pas changé sur ce point : il exécutait un sacerdoce qui exigeait toute sa dévotion et tout son temps. Ce n'était pas comme s'il avait autre chose à faire de toute façon...

    Alfred répondit au sourire de Joseph et hocha la tête à sa réponse : « Et bien...A vrai dire, je pense être prêt. » Eh bien allons-y ! Il s'assit sur le rebord de son lit, désignant l'unique chaise de la cabine à son invité. Autant s'installer confortablement, surtout si l'âme et la conscience de Joseph lui pesaient aussi lourd qu'il le disait. Alfred ne pouvait pas s'empêcher de le regarder, de l'observer pour essayer de l'analyser. Il ne voulait pas avoir l'air trop inquisiteur, et mettre l'homme mal à l'aise, mais il était plutôt doué pour cerner les gens. C'était sa vocation, après tout. La liberation et le soulagement venait de la confession, des mots qui étaient exprimés à voix haute, certes, mais savoir cerner et analyser les expressions des individus aidait à poser les questions, à les pousser à se confier et à aller dans la bonne voie. On ne peut pas discerner les émotions, ni sauver l'âme, d'un mur.

    Un mélange d'assurance et d'indécision, voilà ce qu'était Joseph. Car assuré, l'homme l'était sans aucun doute, sans doute en raison de sa classe sociale et de son mode de vie. De son intelligence aussi, probablement. Mais il n'était pas tout à fait à l'aise avec l'idée de confession... Personne ne l'était vraiment, de toute manière. Même ceux avec une conscience extrêmement lourde renâclaient au début, montrer ses erreurs et ses états d'âme, c'était se montrer en position de faiblesse... En outre, vu les hésitations de Joseph à lui demander de le recevoir en confession, ce devait être un fait nouveau pour lui.

    A nouveau, Alfred sourit calmement et reprit la parole avant que le silence ne s'éternise et devienne pesant :

    « - En entrant, vous m'avez dit que votre esprit vous torturait ? Y a-t-il, selon vous, une raison précise à cela ? Un acte qui vous taraude ? Une relation qui vous trouble ? Ou cela tient-il plutôt à.... » Alfred eut un pauvre petit sourire. «  Notre condition ici-bas, sur le Titanic ? Une vie ordinaire est déjà bien source de cas de conscience, alors à présent... »
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Sam 8 Sep - 14:22



« Pardonnez nous nos pêchés »
Joseph Earnshaw & Alfred Manred


D'un signe de la main, le prêtre m'indiqua un siège, et je m'assis, le remerciant d'un léger sourire.
Il avait probablement compris que je n'étais pas un habitué des églises et prit la parole.

 - En entrant, vous m'avez dit que votre esprit vous torturait ? Y a-t-il, selon vous, une raison précise à cela ? Un acte qui vous taraude ? Une relation qui vous trouble ? Ou cela tient-il plutôt à....notre condition ici-bas, sur le Titanic ? Une vie ordinaire est déjà bien source de cas de conscience, alors à présent...

Les actes que je regrettais étaient nombreux. Il devait y en avoir tellement, que tous me les remémorer était impossible. Comment avais je pu faire subir cela à ma femme, sans éprouver le moindre remords des années durant ?
Une relation qui me troublait ? Et puis, il y avait Georgiana, qui me troublait. Mais pouvait on parler de relation entre nous deux ? Je l'aimais, je l'aimais comme je n'avais jamais aimé personne, mais j'ignorais si mon amour était réciproque. C'était d'ailleurs depuis la nuit dernière, où elle semblait s'être un peu plus rapprochée de moi, que j'éprouvais du remord concernant mes erreurs passées. Georgiana faisait de moi un homme meilleur, ce n'était pas la première fois que je le remarquais. Depuis ma mort, j'avais changé, et c'était uniquement grâce à elle.
Alors quand à ma condition, je l'acceptais assez bien. Car après tout, si je n'étais pas mort, je n'aurais pas rencontré Georgiana...
Après avoir pris une grande inspiration, pour me donner le courage de dévoiler l'horreur de mes erreurs passées, je décidais qu'il était temps de parler. D'un côté, je doutais du fait que je me sentirais mieux après m'être confié, car après tout, ce dont j'avais besoin, n'était pas de m'excuser auprès de Dieu, mais auprès d'Helen, et ce n'était malheureusement plus possible. Mais peut-être que le simple fait d'en parler à quelqu'un me ferait du bien.

- Et bien...,commençais je après avoir pris une grande inspiration, pour me donner le courage de dévoiler mes erreurs passées. Disons que, j'ai des regrets... Je me suis soudainement rendu compte, que je m'étais comporter de façon méprisable avec ma femme durant dix huit ans, alors qu'elle m'était si dévouée, qu'elle était toujours présente pour moi. J'ai compris que comportement lui a causé beaucoup de souffrances, ce qu'elle ne méritait absolument pas...Je regrette énormément ce que je lui ai fait, j'aimerais tant lui dire que je suis désolé...Lui faire les excuses qu'elle a tant attendu, et que je ne lui aie jamais donnée...Mais bien sur, cela n'est plus possible aujourd'hui. Et donc...ma conscience me torture, et je ne sais que faire pour y remédier... Terminais-je.

J'avais expliqué la situation de manière assez brève, sans trop de détails, certes mais j'ignorais la manière de procéder alors j'avais préféré ne pas m'étaler de trop si cela n'était pas nécessaire.

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( Je suis pas très fiére de ma rep, mais premier week end de rentrée et je suis déjà overbookée x) J'éspère que ça t'ira quand même (yn) )
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Mar 9 Oct - 21:41

    Alfred observait l'homme en espérant avoir poser les bonnes questions pour l'inciter à se confier. Joseph sembla se plonger dans ses pensées un instant avant d'inspirer profondément et de se lancer. « Disons que, j'ai des regrets... Je me suis soudainement rendu compte, que je m'étais comporter de façon méprisable avec ma femme durant dix huit ans, alors qu'elle m'était si dévouée, qu'elle était toujours présente pour moi. J'ai compris que comportement lui a causé beaucoup de souffrances, ce qu'elle ne méritait absolument pas...Je regrette énormément ce que je lui ai fait, j'aimerais tant lui dire que je suis désolé...Lui faire les excuses qu'elle a tant attendu, et que je ne lui aie jamais donnée...Mais bien sur, cela n'est plus possible aujourd'hui. Et donc...ma conscience me torture, et je ne sais que faire pour y remédier... » Alfred le regardait avec une attention presque douloureuse, écoutant attentivement chacun des mots prononcés.

    Lorsque Joseph eut finit et se tut, il ferma brièvement les paupières, les paroles de Joseph tournoyant dans son esprit. Rien de bien facile. Il avait maltraité sa femme, avait mal considéré sa valeur. Cela pinçait le coeur d'Alfred, de penser que l'on pouvait être marié à une femme qui vous aimait sans déplacer des montagnes pour la rendre heureuse et s'en trouver digne. Mais il ignora ce sentiment du mieux qu'il put : il était prêtre, pas juge. Même si cette conduite n'était pas plus glorieuse et acceptable d'un point de vue moral et religieux. Le prêtre rouvrit les yeux pour porter son regard sur l'homme. Il semblait véritablement désolé et tourmenté parce qu'il avait fait, et ressenti en conséquence.

    Il n'y avait pas besoin de demander ce qu'il était advenu de son épouse. Ce n'était pas bien difficile à deviner; si elle n'avait pas connu un destin tragique avant l'embarquement du lord à bord du paquebot, elle avait dû mourir, pour de bon, lors du naufrage. Ou bien, en cas de très grande chance elle n'avait pas embarqué avec lui, ou avait été sauvée et avait survécu. Le résultat était le même : Joseph et elle étaient séparés, sans doute pour l'éternité. Alfred avait beau se raccrocher de toutes ses forces à sa foi en l'au-delà, une partie de lui n'était plus aussi convaincue qu'avant, et cela devait être encore plus certain aux yeux de son interlocuteur. Alfred inspira à son tour et reprit la parole, parlant lentement, presque pensivement :

    « -Votre femme, vous aimait-elle malgré ce que vous lui avez fait subir ? Pensez-vous qu'elle vous aurait pardonné si vous aviez eu la possibilité de lui faire vos excuses en temps et en heures ? »

    Alfred cligna des yeux et posa un regard un peu plus sévère sur Joseph, bien que dénué de jugement négatif.

    «- Il n'y a nul moyen de revenir en arrière, ni de vous dire que cela est du passé et qu'il ne faut pas vous en vouloir, que ce n'est pas grave, car cela l'est, car un mari se doit d'aimer et de protéger sa femme... mais si vous vous en voulez véritablement... »

    Le regard d'Alfred quitta brièvement Joseph pour faire le tour de la pièce avant de se reposer sur lui, une ombre de sourire sur son visage, un sourire qui se voulait réconfortant;

    « Et je crois que c'est le cas, même si je n'ai pas l'honneur de vous connaître plus avant, et que mon avis ne compte pas dans cette affaire. Ne pourriez-vous pas vivre de la manière dont elle aurait souhaité vous voir vivre ? Pour vous rendre digne d'elle et de son pardon ? Si, du moins, vous estimez que vous auriez réussit à l'obtenir d'elle si vous en aviez eu l'occasion...»
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Dim 14 Oct - 21:38



« Pardonnez nous nos pêchés »
Joseph Earnshaw & Alfred Manred




- Votre femme, vous aimait-elle malgré ce que vous lui avez fait subir ? Pensez-vous qu'elle vous aurait pardonné si vous aviez eu la possibilité de lui faire vos excuses en temps et en heures ?

C'était justement cela le problème si l'on y réfléchissait. Helen avait souffert de mes infidélités parce qu'elle éprouvait de réels sentiments pour moi. Des sentiments que je ne pouvais pas comprendre à l'époque, mais que je ressentais aujourd'hui. Helen m'aurait tout pardonné. Elle était l'épouse parfaite, elle était toujours là pour moi. Tellement que c'était devenu normal à mes yeux, et que je n'y faisais plus attention.
Une partie de moi avait changé depuis le naufrage. J'étais devenu quelqu'un d'autre. Et peut-être que si j'avais toujours été comme aujourd'hui, je l'aurais aimée comme elle m'aimait.
J'aurais aimé l'aimer. C'est idiot à dire c'est vrai, mais j'aurais aimé lui rendre tout ce qu'elle m'a offert. J'étais aveuglé par d'autres choses à l'époque, et je ne pouvais voir la femme exceptionnelle qu'elle était.

Au fond, elle avait été tout aussi victime que moi de notre mariage. Elle n'avait pas demandé à m'épouser. Elle y avait été tout autant contrainte. Et pourtant, elle ne l'avait pas pris de la même façon. Je pense que sa rencontre avec moi, elle l'avait appréhendée. Mais il est vrai que...en y repensant, le courant était bien passé entre nous.
« Helen est une jeune femme d'une grande bonté », m'avait-on dit. «  Et d'une grande beauté. » Ces affirmations étaient vraies comme je l'avais constaté. Si elles ne l'avaient pas été, je ne l'aurais pas épousé. J'avais réfléchi après l'avoir rencontré, et ignorant tout du véritable amour, j'en avais conclu que oui, elle ferait une bonne épouse pour moi. Égoïstement, je n'avais songé qu'à ce qu'elle m'apporterait et aucune pensée pour elle ne m'avaient traversé l'esprit. Je ne m'étais pas demandé si moi, je serais un bon mari pour elle.
Les premières années de notre mariage s'était bien passée,c'est vrai. Elle m'aimait, et je pense que je l'aimais aussi, à ma manière...C'est d'ailleurs avec nostalgie que j'y repensais. Mais à un certain moment, mon désir de liberté avait pris le dessus. Je l'avais trompée, une fois. Puis deux. Et au fil du temps, j'estimais que c'était normal, et qu'elle ne devait pas s'en mêler. Je la revoyais encore me demander ce qui n'allait pas chez elle. Et aujourd'hui, je ressentais toute la culpabilité que j'avais si longtemps ignorée. J'aimerais lui dire, aujourd'hui , qu'elle était parfaite, et que c'était moi, le problème.

J'avais l'impression que mon interlocuteur méprisait un peu mes actes. C'était compréhensible mais, je pense que je ne m'y attendais pas. J'étais venu pour chercher de quoi apaiser ma conscience. Au fond de moi, peut-être que j'attendais que l'on me dise que j'étais excusé, que l'on me comprenait, et que ce que j'avais fait n'était pas grave...

- Je pense qu'elle m'aimait, oui, elle me le disait souvent...répondis je. Et je pense aussi qu'elle m'aurait pardonné. En fait je n'aurais même pas eu à m'excuser, elle me pardonnait déjà...terminais-je osant un léger sourire aimable.

Si elle ne m'avait pas aimé, elle n'aurait pas souffert de mes infidélités, pensais je. C'était là ce qui la faisait souffrir, l'amour qu'elle avait pour moi. Cet amour que je n'avais pas vraiment mérité.

- Il n'y a nul moyen de revenir en arrière, ni de vous dire que cela est du passé et qu'il ne faut pas vous en vouloir, que ce n'est pas grave, car cela l'est, car un mari se doit d'aimer et de protéger sa femme... mais si vous vous en voulez véritablement... 

Je me sentais de moins en moins en confiance. Le regard que le prêtre posait sur moi était sévère, dur, et j'avais l'impression d'être regardé comme quelqu'un de véritablement méprisable, ce que je pensais pas être. J'avais fait des erreurs, d'accord. Mais était-ce si grave que cela ? Toute la culpabilité que je ressentais était elle justifiée ? Je m'attendais pourtant à ce que l'on me dise tout le contraire.
Le prêtre avait dit qu'un mari se devait d'aimer et de protéger sa femme. J'aimais Helen, pas comme j'aimais Georgiana, mais je l'avais aimé quand même. Et je l'avais toujours protégée. Peut-être aurais je du expliquer plus amplement la situation...Peut-être n'avait il pas compris qu'il ne s'agissait que d'infidélités ? Je n'avais jamais été violent avec ma femme, je n'aurais pu le faire.
Je m'étais si peu senti mal jugé dans ma vie, que je me sentais maintenant obligé de justifier et de minimaliser les conséquences de mes actes. Personne n'osait jamais juger un homme riche et noble. Le regard de la religion semblait plus sévère que je ne l'avais cru, et ne tenait pas compte de mon rang. J'allais l'interrompre mais il poursuivit, après avoir brièvement scruté la pièce, posant un regard un peu plus rassurant sur moi :

- Et je crois que c'est le cas, même si je n'ai pas l'honneur de vous connaître plus avant, et que mon avis ne compte pas dans cette affaire. Ne pourriez-vous pas vivre de la manière dont elle aurait souhaité vous voir vivre ? Pour vous rendre digne d'elle et de son pardon ? Si, du moins, vous estimez que vous auriez réussit à l'obtenir d'elle si vous en aviez eu l'occasion...

Comment Helen aurait elle voulu me voir vivre ? La seule chose qu'elle m'avait reproché était ma tendance à lui être infidèle, et à ne pas toujours lui offrir l'attention dont elle avait besoin. Mais j'avais changé aujourd'hui. Dans le cas contraire, je n'aurais même pas compris que j'avais eu tort sur ces points là. Aujourd'hui, je n'aurais de toute évidence plus été capable, si elle était toujours à mes côtés, d'agir envers elle comme je l'avais fait autrefois. J'avais déjà changé, alors, que pouvais je faire, pour pouvoir me débarrasser de ce sentiment atroce qui envahissait mes pensées ?

- Oh nous nous sommes peut-être mal compris, je...Le comportement méprisable dont je vous parlais, c'est que...j'ai trompé ma femme à plusieurs reprises. C'était là, la seule chose qu'elle me reprochait vraiment. Je ne dis pas que je suis parfait en dehors de cela mais, c'est ce que je regrette principalement aujourd'hui, car c'est ce qui l'a fait souffrir. Je ne l'ai jamais violenté, je n'aurais jamais pu. Je l'ai toujours protégée et je tenais à elle, malgré mes infidélités...


Je soupirais scrutant la pièce à mon tour, comme à la recherche d'une solution. Tout cela ne m'aidait pas. Parler de mes erreurs ne faisaient que réaliser un peu plus le poid de leur ampleur. Etais je condamné à m'en vouloir pour l'éternité ? Devais je payer le prix fort de mes actes ?

- J'ai changé, mon père. Mais comme vous l'avez dit, il est trop tard pour retourner en arrière. Alors que puis je faire pour cesser de m'en vouloir ? C'est peut-être égoïste je le sais, mais si c'est la croix que je dois porter, si assumer la responsabilité de mes actes me demande d'accepter ce sentiment épouvantable, je veux m'en défaire. Je n'en suis pas capable; voyez vous... , je soupirais, un peu désespéré face au peu de solutions que m'apportait finalement la religion. Mais...Si vous n'avez pas de solutions à me proposer et bien...Je ne peux que vous remercier de m'avoir accordé de votre temps, et je tâcherais de trouver une solution par moi-même ou j'essaierais de faire abstraction de ce sentiment...Je doute que cela soit possible mais après tout j'en suis le seul responsable...Tout ce que je peux espérer, c'est qu'Helen soit heureuse. Elle le mérite amplement...terminais je, avec sincérité, d'un air quelque peu résigné.



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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Dim 4 Nov - 23:02

    Joseph semblait quelque peu troublé et pensif, mais on le serait à moins. Alfred le regardait avec une sorte d'inquiétude, qu'il avait toujours lors d'une confession. Peur de mal faire, mais aussi peur que son interlocuteur souffre, que parler empire la situation à la place de soulager. Aussi, Alfred écoutait attentivement les paroles prononcées, cherchant désespérément le moyen d'apporter du soutien à Joseph, même s'il ne saisissait sans doute pas tout à fait de quoi il retournait, ni pouvait modifier ce que ressentait un individu pour lui simplifier la tâche. «  Je pense qu'elle m'aimait, oui, elle me le disait souvent... Et je pense aussi qu'elle m'aurait pardonné. En fait je n'aurais même pas eu à m'excuser, elle me pardonnait déjà... » Joseph eut un sourire timide, qu'Alfred lui rendit sans même réfléchir. Le fait que son épouse lui aurait déjà pardonné était à la fois une bonne chose et une mauvaise chose. Une bonne chose dans l'absolu, car celle-ci était morte sans haïr son époux, et car Joseph ne pouvait que se réjouir d'être ainsi pardonné par amour. Une mauvaise chose, car si l'homme était conscient de ce pardon et continuait de s'en vouloir, le chemin vers une conscience tranquille allait être long et compliqué.

    Alfred éprouvait une peur terrible de mal faire, de ne pas réussir à aider son prochain et de, sans faire exprès, les laisser tomber. Peur, mais surtout compassion, lorsqu'il voyait la souffrance dans le regard de l'autre, il sentait lui-même son coeur se serrait. Il devait faire quelque chose, il devait aider. Ici, la situation était quelque peu particulière, puisqu'une partie d'Alfred ne parvenait pas à s'engouffrer dans ce processus de compassion. Il se détestait pour cela, il savait qu'il devait se mettre à la place de ses « patients » sans les juger, mais il détestait tellement que l'on blesse quelqu'un qui nous aimait...
    « -Oh nous nous sommes peut-être mal compris, je...Le comportement méprisable dont je vous parlais, c'est que...j'ai trompé ma femme à plusieurs reprises. C'était là, la seule chose qu'elle me reprochait vraiment. Je ne dis pas que je suis parfait en dehors de cela mais, c'est ce que je regrette principalement aujourd'hui, car c'est ce qui l'a fait souffrir. Je ne l'ai jamais violenté, je n'aurais jamais pu. Je l'ai toujours protégée et je tenais à elle, malgré mes infidélités... » Quand on disait qu'il avait tout fait échouer … Parfois Alfred avait envie de prendre sa Bible et de se taper la tête avec jusqu'à ce tout cela finisse par rentrer et qu'il fasse son travail correctement. Arrêter de juger les gens. Écouter les gens. Leur pardonner et les aider à trouver la paix avec eux-mêmes, était-ce donc si difficile ?

    « - Je suis désolé, si je me suis mal exprimé ou vous ait mal compris.. Je ne suis qu'un pauvre prêtre imparfait... Je ne veux pas dire que je croyais que vous la violentiez ou quoi que ce soit, je ne croyais justement rien de précis...Le fait que j'ai jamais eu de femme et me contente de les sacraliser, n'aide pas vraiment dans ce genre de situation... »

    Alfred eut un bref sourire désolé, qui exprimait sa contrition, mais qui se voulait chaleureux. S'il n'échouait pas là encore.
    « -J'ai changé, mon père. Mais comme vous l'avez dit, il est trop tard pour retourner en arrière. Alors que puis je faire pour cesser de m'en vouloir ? C'est peut-être égoïste je le sais, mais si c'est la croix que je dois porter, si assumer la responsabilité de mes actes me demande d'accepter ce sentiment épouvantable, je veux m'en défaire. Je n'en suis pas capable; voyez vous... » « Mais...Si vous n'avez pas de solutions à me proposer et bien...Je ne peux que vous remercier de m'avoir accordé de votre temps, et je tâcherais de trouver une solution par moi-même ou j'essaierais de faire abstraction de ce sentiment...Je doute que cela soit possible mais après tout j'en suis le seul responsable...Tout ce que je peux espérer, c'est qu'Helen soit heureuse. Elle le mérite amplement... »

    Alfred soupira de concert, il était véritablement désolé de ne pas pouvoir aider cet homme. Il ne savait pas vraiment quoi faire. Joseph ne semblait pas vraiment croyant, ou du moins pas assez pour que la foi suffise à lui apporter le repos. Et s'il n'attendait ni pardon humain, ni pardon divin, alors il était le seul capable à faire la paix avec lui-même : c'était bien là le plus ardu. Alfred ne pouvait qu'espérer que cela arrive le plus tôt possible, par égard pour cet homme qu'il venait juste de rencontrer.

    « -Vous avez changé, vous n'êtes plus le même homme. Vous ne devez pas en vouloir à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'existe plus, pas si cela vous empêche d'aller de l'avant et de faire le bien. Je suis désolé de ne pas pouvoir vous venir en aide... On vous a déjà pardonné, c'est simplement... à vous de le réaliser et de vous pardonner vous-mêmes. Vouloir être pardonné, c'est déjà mériter le pardon. Je suis vraiment désolé...»

    Et il était, désolé d'être impuissant, désolé s'il avait empiré la situation et dérogé à son devoir. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était prier pour Joseph, mais il ne le dit pas à voix haute, cela n'était pas ce dont l'homme avait besoin, du moins lui semblait-il.

    « Quant à votre femme... Vous ne m'avez pas dit si elle avait survécu ou non... » Le ton se fit hésitant, tandis que le prêtre sentait qu'il s'engageait sur une pente glissante. «  Telle que vous me la présentez, je ne peux que penser qu'elle est à présent heureuse, ou du moins en paix, si cela peut vous consoler et vous rassurer en quoi que ce soit. Après tout, ce sont plutôt nous les damnés, ici-bas...Et si elle a continué à vivre... Sans doute espère-t-elle que vous avez trouvé le repos, et que vous êtes heureux là où vous êtes. Essayez de lui accorder cette paix. »

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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Dim 18 Nov - 23:35



« Pardonnez nous nos pêchés »
Joseph Earnshaw & Alfred Manred




 - Je suis désolé, si je me suis mal exprimé ou vous ait mal compris.. Je ne suis qu'un pauvre prêtre imparfait... Je ne veux pas dire que je croyais que vous la violentiez ou quoi que ce soit, je ne croyais justement rien de précis...Le fait que j'ai jamais eu de femme et me contente de les sacraliser, n'aide pas vraiment dans ce genre de situation...répondit le prêtre, d'un air désolé, à la précision que je m'étais senti obligé de faire.

Jusqu'à lors, j'ignorais si il était de confession catholique, anglicane ou protestante. Mais le fait qu'il ne soit pas marié me poussait à croire qu'il était donc catholique. Et si il y avait bien une chose que je ne comprenais pas dans cette religion, c'était cette interdiction aux hommes d'église de se marier. L'église était une institution d'hommes, alors pourquoi ceux qui avaient décidé de consacrer leur vie à Dieu ne pourrait il pas bénéficier des mêmes droits que les autres hommes, que les laïcs ? Pour les catholiques, cela devait probablement couler de source, mais en tant qu'anglican, je ne percevais aucune logique là-dedans.
Je compris alors combien il pouvait être difficile pour cet homme de m'accorder le pardon divin, de m'absoudre de mes fautes...J'avais eu droit à une épouse charmante et attentionnée, qui n'avait d'amour que pour moi, et je m'étais malgré tout accordé le droit d'en fréquenter d'autres, alors que lui, n'avait même pas le droit à une seule femme, à une seule union.
Peut-être souffrait-il de cette interdiction ? J'avais cru entendre une sorte de mélancolie dans sa voix alors qu'il avait dit « ne jamais avoir eu de femme ». Bien sur, certains hommes d'église de religion catholique n'hésitent pas à désobéir à leur vœux, mais l'homme que j'avais en face de moi, bien que je ne le connaisse pas vraiment, me paraissait bien trop honnête pour ce faire.

-J'ai changé, mon père, avais je ensuite dit, après avoir pris une grande inspiration. Mais comme vous l'avez dit, il est trop tard pour retourner en arrière. Alors que puis je faire pour cesser de m'en vouloir ? C'est peut-être égoïste je le sais, mais si c'est la croix que je dois porter, si assumer la responsabilité de mes actes me demande d'accepter ce sentiment épouvantable, je veux m'en défaire. Je n'en suis pas capable; voyez vous...Mais...Si vous n'avez pas de solutions à me proposer et bien...Je ne peux que vous remercier de m'avoir accordé de votre temps, et je tâcherais de trouver une solution par moi-même ou j'essaierais de faire abstraction de ce sentiment...Je doute que cela soit possible mais après tout j'en suis le seul responsable...Tout ce que je peux espérer, c'est qu'Helen soit heureuse. Elle le mérite amplement... 

Alfred soupira, visiblement désolé de ne pas pouvoir m'aider plus que cela.

-Vous avez changé, vous n'êtes plus le même homme. Vous ne devez pas en vouloir à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'existe plus, pas si cela vous empêche d'aller de l'avant et de faire le bien. Je suis désolé de ne pas pouvoir vous venir en aide... On vous a déjà pardonné, c'est simplement... à vous de le réaliser et de vous pardonner vous-mêmes. Vouloir être pardonné, c'est déjà mériter le pardon. Je suis vraiment désolé...

J'ignorais si il pensait réellement ce qu'il disait, ou si il tentait uniquement de me rassurer car il ne voyait aucune échappatoire à mon problème... Car si j'étais déjà pardonné, alors pourquoi me sentais je si mal ? Je voulais croire à ce qu'il me disait, mais une part de moi-même refusait de le faire. Une part de moi-même avait toujours refusé de croire pour de vrai, d'avoir la foi. J'étais trop cartésien pour cela, trop « réaliste »...
J'avais en quelque sorte l'impression de redescendre sur terre, et je réalisais que j'avais peut-être été bien naïf de croire que la religion arrangerait mon problème, et je me demandais comment se fait-il que j'aie pu penser que la religion m'apporterait une aide ?. La religion apaisait bien des consciences, et ce depuis la nuit des temps, mais il semblait qu'elle ne puisse pas faire grand chose dans mon cas...

- Ne vous excusez pas, je suis le seul responsable de mes actes...Vous m'aidez déjà bien plus que vous ne le pensez, ajoutais-je, offrant un léger sourire à mon interlocuteur. J'avais dit cela par politesse bien entendu, mais j'étais très reconnaissant envers cet homme de m'accorder de son temps pour m'écouter, pour tenter de m'aider, alors qu'il ne me connaissait même pas. Je doutais qu'il soit possible que je me sente mieux en sortant de cette chambre, après avoir eu cette discussion, j'avais l'impression, à vrai dire, que la religion ne pouvait rien faire pour moi... Mais ce n'était pas de la faute de cet homme. Et étrangement, je me sentais déjà un peu plus serein que lorsque j'avais frappé à sa porte. Peut-être que le fait de lui avoir parlé m'avait apaisé, peut-être était-ce dû au fait d'avoir vu que quelqu'un était sensible à mon problème, que quelqu'un voulait m'aider...?

Quant à votre femme... Vous ne m'avez pas dit si elle avait survécu ou non...., dit il ensuite, d'un ton un peu plus hésitant. Telle que vous me la présentez, je ne peux que penser qu'elle est à présent heureuse, ou du moins en paix, si cela peut vous consoler et vous rassurer en quoi que ce soit. Après tout, ce sont plutôt nous les damnés, ici-bas...Et si elle a continué à vivre... Sans doute espère-t-elle que vous avez trouvé le repos, et que vous êtes heureux là où vous êtes. Essayez de lui accorder cette paix.

Et à nouveau je me souvenais de la dernière fois que je l'avais vue. Je la revoyais encore, des larmes ruisselant sur ses joues, refusant de monter dans le canot de sauvetage sans moi. Elle m'aimait assez, malgré toute mes trahisons, pour préférer risquer sa vie, risquer de mourir avec moi, plutôt que de sauver sa peau, et de m'abandonner sur ce cauchemardesque paquebot.
- Elle a survécu, bien heureusement, dis je.
Et à nouveau je me souvenais de la dernière fois que je l'avais vue. Je la revoyais encore, des larmes ruisselant sur ses joues, refusant de monter dans le canot de sauvetage sans moi. Elle m'aimait assez, malgré toute mes infidélités, pour préférer risquer sa vie, risquer de mourir avec moi, plutôt que de sauver sa peau, et de m'abandonner sur ce cauchemardesque paquebot.
La seule chose qui pouvait me consoler dans tout cela, était de me dire que peut-être, elle ne serait pas montée, si je ne lui avait pas répondu que je l'aimais moi aussi, et si je n'avais pas insisté à nouveau pour qu'elle monte dans ce canot, la suppliant de me faire confiance. Il faut dire que j'étais persuadé de m'en sortir, j'avais donc du être convaincant.

- Je ne peux qu'espérer qu'elle soit heureuse aujourd'hui. Mais elle est si sensible qu'elle serait bien capable de s'en vouloir pour ne pas m'avoir suivi dans la mort...J'espère vraiment qu'elle a passé ce stade, qu'elle a commencé une nouvelle vie, et même qu'elle aie rencontré quelqu'un qui sait mériter son amour et la combler de bonheur...

Je m'étonnais moi-même de penser cela, mais j'étais sincère. Autrefois, la simple idée qu'Helen puisse, ne fusse qu'avoir des sentiments pour un autre homme que moi, m'aurait plongé dans la plus grande des colères. Ca n'était jamais arrivé, Helen m'étant aussi dévouée qu'on ne pouvait l'être. Mais aujourd'hui, je voyais les choses de manière différente. J'avais été son mari, et je reconnaissais que je n'avais pas été à la hauteur. Je ne pouvais donc qu'espérer qu'un homme meilleur que moi lui apporte le bonheur qu'elle méritait.

La religion ne semblait pas pouvoir m'apporter cette aide inespéré, mon esprit méthodique ne pouvait que dire "Amen" à cela. Je ne regrettais pas d'être venu cependant, car je me sentais un peu plus serein, même si je restais persuadé que Dieu n'y était pour rien.
Je plongea ma main dans la poche de ma veste et en sorti un portefeuille en cuir. Je l'ouvris et en sortit plusieurs billets, sans les compter.
- Je sais que l'argent n'a plus beaucoup de valeur dans ce bas-monde, mais je vous prie d'accepter, en guise de ma reconnaissance pour le temps que vous avez perdu à m'écouter, et pour l'aide précieuse que vous m'avez apportée..., dis je. Sincèrement, je vous remercie beaucoup..., ajoutais-je, lui adressant un léger sourire sincère.

Je posais l'argent sur la petite table basse qui nous séparait, pour être certain qu'il n'aie d'autres choix que d'accepter ma modeste offrande. Je me levais donc, mais avant de me diriger vers la sortie, j'eus une hésitation. Je désirais demander une dernière chose au prêtre, mais étais un peu embarrassé à l'idée de le faire... Je préférais donc accompagner ma demande d'une nouvelle poignée d'argent. Je ressortis alors le portefeuille que je venais de ranger, et me mit à chercher d'autres billets.
- Oh et...pourrais je vous demander un dernier service ? Pourriez vous prier,ne fusse qu'une fois, pour qu'Helen trouve le bonheur qu'elle mérite ?dis je alors que je sortais les billets un par un, au fur et à mesure que je les trouvais. Je n'aimais pas demander cela. J'avais l'impression que ce n'était pas correct, que ça ne se faisait pas...Mais je n'avais pas d'autres choix. Je doutais que je puisse aider Helen en priant, moi qui n'avais presque jamais prié de ma vie. Je doutais aussi du fait qu'une simple prière, même venant de cet honorable prêtre, puisse l'aider...Mais je devais quand même essayer. Et il me semblait qu'une prière aurait plus de chance d'être entendue si elle venait d'un homme d'église qui en plus, me paraissait être un homme bien, que si elle venait de moi, Joseph Earnshaw, l'unique responsable de tout cela...



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PS : Désolé pour le temps de réponse, avec les cours je suis à la bourre en ce moment :/ En plus ma réponse n'ést pas super :/ Mais j’espère qu'elle conviendra quand même...(yn)
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   Mar 15 Jan - 1:24

    Alfred attendait la réaction de son vis-à-vis, le coeur peut-être un peu trop battant; il espérait avoir bien fait, avoir servit à quelque chose, malgré ses nombreuses maladresse, qu'il souhaitait que son « paroissien », ou « patient », lui pardonne. Le pardon était une chose bien difficile à obtenir, et l'homme en face de lui en était la preuve vivante.

    « J'ai changé, mon père, avais je ensuite dit, après avoir pris une grande inspiration. Mais comme vous l'avez dit, il est trop tard pour retourner en arrière. Alors que puis je faire pour cesser de m'en vouloir ? C'est peut-être égoïste je le sais, mais si c'est la croix que je dois porter, si assumer la responsabilité de mes actes me demande d'accepter ce sentiment épouvantable, je veux m'en défaire. Je n'en suis pas capable; voyez vous...Mais...Si vous n'avez pas de solutions à me proposer et bien...Je ne peux que vous remercier de m'avoir accordé de votre temps, et je tâcherais de trouver une solution par moi-même ou j'essaierais de faire abstraction de ce sentiment...Je doute que cela soit possible mais après tout j'en suis le seul responsable...Tout ce que je peux espérer, c'est qu'Helen soit heureuse. Elle le mérite amplement... » Alfred acquiesça aux propos de l'homme, presque tristement. Il s'en doutait, et il ne pouvait rien faire de plus. Au moins, cette entrevue n'avait pas été totalement négative... A moins que le lord ne mime son assurance et ses remerciements que pour être poli et terminer sur une note positive : tout à fait probable. Mais c'était la bonne volonté mise dans leur échange, qui comptait, non ? Et de la bonne volonté, il y en avait certes de part et d'autres ! Il était désolé que cette bonne volonté ne suffise pas à elle seule, mais si le réconfort de Dieu ne trouvait pas d'écho dans le coeur de Joseph, que pouvait-il bien faire, lui, sinon répéter les mêmes paroles vaines et creuses ?
    Contre l'absence de foi, il ne pouvait pas lutter. Les arguments quant à l'existence ou à l'absence de Dieu n'étaient d'aucune utilité, si le coeur n'y était pas. Il n'allait tout de même pas le torturer ou le brûler vif pour l'apaiser !

    « - Ne vous excusez pas, je suis le seul responsable de mes actes...Vous m'aidez déjà bien plus que vous ne le pensez » Alfred esquissa un sourire amusé, pas tout à fait certain de le croire. Peut-être qu'il l'aidait un peu, oui, parler et écouter étaient déjà un pas en avant, le plus souvent. Il avait passé assez de temps, derrière la grille d'un confessionnal, à tendre l'oreille aux pêchés de ses paroissiens pour savoir que vider son sac était une étape essentielle. Mais Joseph comme lui étaient conscient que c'était loin d'être suffisant. Le prêtre hocha la tête et assura simplement :

    « - Si vous en avez besoin, n'hésitez pas à revenir...pour quoi que ce soit. Parler, même sans l'oreille de Dieu peut parfois aider. »

    « - Elle a survécu, bien heureusement » ajouta Joseph, tirant un sourire sincère et heureux à Alfred : voilà enfin une bonne nouvelle dans le monde d'horreurs dans lequel ils vivaient depuis tant de mois. Certaines personnes avaient eu plus de chance qu'eux, et cela redonnait un peu d'espoir à Alfred : il y avait du bon, il y avait un dieu, et ce n'était pas parce qu'eux semblaient perdus que le monde s'était arrêté. Heureusement, car si l'on comptait sur le passager du paquebot... Se rappeler de son épouse semblait faire remonter à la surface les souvenirs de l'homme, qui reprit :« - Je ne peux qu'espérer qu'elle soit heureuse aujourd'hui. Mais elle est si sensible qu'elle serait bien capable de s'en vouloir pour ne pas m'avoir suivi dans la mort...J'espère vraiment qu'elle a passé ce stade, qu'elle a commencé une nouvelle vie, et même qu'elle aie rencontré quelqu'un qui sait mériter son amour et la combler de bonheur... » Alfred répondit, à la fois plein de confiance envers les sentiments de l'homme, et surtout d'une bonne dose d'optimisme presque malicieux :

    « - C'est déjà un bon point, vers le pardon... Je connais de nombreux individus qui seraient bien trop heureux d'entraîner un être cher dans le malheur. »

    C'était vrai. Il avait beau croire en la bonté et les merveilles de la nature humaine, il avait le plus souvent l'impression de dévaler un long escalier d'angoisses, de crimes et de pêchés. Vouloir rendre quelqu'un heureux, même sans être directement concerné, n'était-ce pas la véritable preuve de l'affection qu'on portait à la personne ? Peut-être Joseph pourrait-il un jour se pardonner, en pensant que sa femme lui pardonnait et qu'elle était heureuse, qu'elle souhaitait en paix. C'était tout ce qu'Alfred pouvait espérer.

    Le prêtre se redressa, s'apprêtant à se lever et à raccompagner l'homme à la porte. Comme s'il pouvait manquer la porte de la cabine, tiens, il était loin de posséder une suite. Ils n'avaient plus à dire, il valait mieux conclure là l'entretien, et espérer que Joseph aille mieux, avec ou sans l'aide de Dieu. Alfred fut donc surpris lorsqu'il sortit soudainement, de l'argent de son porte-feuille et posa quelques billets sur la table basse, sans laisser le temps à Alfred d'ouvrir la bouche. Pourtant, l'étonnement ( et la protestation ) durent se lire sur son visage, car le lord ajouta: « Je sais que l'argent n'a plus beaucoup de valeur dans ce bas-monde, mais je vous prie d'accepter, en guise de ma reconnaissance pour le temps que vous avez perdu à m'écouter, et pour l'aide précieuse que vous m'avez apportée... Sincèrement, je vous remercie beaucoup... »

    Alfred secoua la tête et s'apprêtait à renâcler quant à l'argent qu'on lui posait devant lui, mais Joseph rajoutait plusieurs billets, en même temps qu'il lui demandait, avec presque une sorte d'hésitation. « - Oh et...pourrais je vous demander un dernier service ? Pourriez vous prier,ne fusse qu'une fois, pour qu'Helen trouve le bonheur qu'elle mérite ? » Cette fois, Alfred se leva pour de bon, attrapa l'argent et bondit sur le chemin de l'homme, avec une vivacité qui ne lui était pas tout à fait habituelle. Il se jetterait sur son chemin s'il le fallait, mais il ne le laisserait pas partir ainsi, et lui rendrait largement. Peut-être aurait-il un jour besoin de cet argent, peut-être pouvait-il encore lui trouver une utilité sur ce navire ou les classes sociales perduraient, mais il était résolu : on ne pouvait à la fois servir Dieu et le dieu argent. Alfred planta son regard déterminé dans celui de son visiteur ;

    « -Gardez tout, pour l'amour de Dieu. Je n'ai plus ni paroisse, ni miséreux à soutenir financièrement, je n'en ai pas besoin. Quant à votre femme, je prierai évidemment pour elle, tout comme je prierais pour vous, que vous le souhaitiez ou non. Vous entendre dire que j'ai pu vous aider en quoi que ce soit, me suffit et est le seul remerciement, le seul paiement qu'il me faut. Si venir ici vous a aidé, alors je suis riche d'avoir été utile. Je vous en prie. Apaisez votre conscience, je prierai de toutes mes forces, et nous serons quittes.
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MessageSujet: Re: ♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣   

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♣ Pardonnez nous nos pêchés ♣ Joseph & Alfred ♣

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