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 Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler

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MessageSujet: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:13



Franz Hermann Dreinberg



VOTRE PERSONNAGE


" L'espionnage serait peut-être tolérable s'il pouvait être exercé par d'honnêtes gens. " -Montesquieu
AGE DE MORT ♦️ 31 ans
DATE DE NAISSANCE ♦️ 18 février 1881
ORIGINE ♦️ Allemand
SITUATION FAMILIALE ♦️ Célibataire endurci
GROUPES ♦️ Troisième classe


DERRIÈRE LA SCÈNE
PSEUDO ♦️ Marie
AGE ♦️ 18 ans
OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♦️ Voici enfin venue l'heure du débarquement de votre Gui adoré from MR Razz
TON AVATAR ♦️ Richard Amitage
CRÉDITS ♦️ Gif : five-against-one ; avatar : nepy ; icon : heather










Questions pour un Fantôme



♦️ Que pensez-vous du Titanic? Un simple moyen de transport. Ce bateau n'aurait dû être que le moyen le plus discret de rejoindre New-York, là où les affaires sérieuses auraient véritablement débuté. En tant qu'agent en mission, Franz n'était en rien touché par les fastes du navire, ni même attiré par les réceptions et autres bals réservés aux classes plus huppées. Seulement voilà, le sort a décidé de le coincer là, et ce pour une durée indéterminée, si bien que l'Allemand a rapidement pris le parti de connaître à fond son nouvel environnement, comme on le lui a toujours enseigné, et ce pour en tirer, le cas échéant, le meilleur profit selon la situation dans laquelle il sera. À présent, il connaît pratiquement chaque couloir du Titanic, ainsi que les endroits clefs de ce gigantesque palace flottant : la salle des machines, la pièce des radios, jusqu'à la coursive menant à la passerelle, bien qu'il n'ait pas eu encore le loisir d'y accéder. Il s'agit de son nouveau terrain de jeu, dont la maîtrise est un atout évident.

♦️ Comment avez-vous réagi en voyant que vous étiez mort, mais toujours sur le Titanic? Dreinberg est qu'un d'extrêmement terre-à-terre. À vrai dire, cette histoire de demi-mort gardant son esprit prisonnier d'une illusion perpétuelle tandis que son corps demeurerait au fond des abysse, piégé dans la coque de métal de l'épave, le laisse très largement sceptique. Quand bien même ces suppositions seraient-elles véridiques, il se sent encore bel et bien vif, si bien qu'à ses yeux, sa mission continue : tôt ou tard, il trouvera un moyen de s'échapper de là, et regagnera la terre ferme pour prendre contact avec ses supérieurs et redéfinir les modalités de leur plan pour le moment ajourné. En tant que taupe, il reste opérationnel, ne renonçant en rien à ce qui a constitué sa vie, comme si son décès n'était qu'un prolongement de celle-ci.

♦️ Aimez-vous fréquenter les autres classes du bateau ou préférez-vous rester avec votre groupe? Pourquoi? D'un naturel discret et peu sociable, Franz n'est jamais allé vers les autres de manière sincère -toujours plus ou moins par intérêt-, et ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Son métier l'a fait aussi méfiant que peu loquace, ce qui ne l'empêche pas, au contraire, de savoir se fondre à merveille dans tous les milieux, en bon caméléon qu'il est. N'étant réellement proche de personne à bord, sauf de son frère, l'espion joue de ses talents d'observation afin de capter les petiots secrets des autres passagers, informations au premier abord bien banales, mais pouvant se révéler utiles le cas échéant. Il veille aussi à rester distant avec autrui pour mieux protéger sa couverture : allez savoir, peut-être y a-t-il parmi les autres des agents du contre-espionnage ?

♦️ Si tu avez la possibilité de quitter cet endroit pour réellement mourir, le feriez-vous? Pourquoi? Ce qui est sûr, c'est qu'il se battra. Il n'a jamais été quelqu'un baissant les bras, ou acceptant quelque chose qu'il n'a pas choisi. Mourir pour son pays a toujours été une donnée avec laquelle il a très bien vécu, et qu'il accepte pleinement comme étant un des risques de son métier : s'il a la possibilité de tenter de rejoindre le monde des vivants, il le fera, même s'il risque de définitivement disparaître dans le néant. Pour lui, si l'on peut mourir tout à fait, on peut donc logiquement faire machine arrière et revenir sur Terre. En tout cas, quoi qu'il arrive, Franz demeurera profondément combattif, prêt à saisir la moindre occasion de quitter ce maudit navire.

 




Ton Histoire



"Celui qui vivra par le fer périra par le fer". Cette citation, Franz l'eut en tête depuis tout gamin, sans jamais véritablement pouvoir se souvenir où il avait bien pu la lire ou l'entendre. Comment le gosse de deux ouvriers employés dans une imprimerie de Potsdam aurait-il pu découvrir cela par hasard, alors que ses parents trimaient jusqu'à tard dans la nuit afin de subvenir à leurs besoins et qu'à l'école, le but du pasteur jouant le rôle d'instituteur n'étaient que de faire de leurs élèves de bons futurs ouvriers ? Il avait appris à lire, à écrire et à compter, oui. Sa culture aurait dû s'arrêter là, bien qu'aux puces, dans ces marchés à ciel ouvert couverts de suie et de crasse, certains ouvrages en piètre état viennent parfois se perdre dans les piles de draps défraichis et les bibelots couverts de poussière. Quoi qu'il en soit, ces quelques mots avaient dès le début véritablement marqué son esprit, lui instiguant l'envie d'aller voir plus loin que les hautes cheminées d'usine recrachant leurs fumées noirâtres au dessus des tristes quartiers ouvriers de la ville. Cependant, son horizon demeurait hermétiquement fermé, puisqu'il était de coutume que le fils reprenne le poste du père. Il serait donc prolétaire. Voilà ce que sa condition avait décidé. Telles étaient les cartes avec lesquelles il allait devoir commencer à jouer.

Dans son malheur, Franz était plutôt bien tombé. Ses parents, gens honnêtes et travailleurs, quoi qu'ayant depuis longtemps abandonné tout espoir d'améliorer un peu leur position sociale, et peu présents à cause de leurs horaires, veillèrent toujours à ce que lui et son frère Lukas, de trois ans son cadet, ne manquent de rien. Ils firent véritablement de leur mieux, est si leur manque de volonté à obtenir autre chose que leur maigre pain quotidien constitua toujours un point sur lequel leur aîné les déprécia un peu, leur application à faire au mieux pour leurs enfants demeurait une solide leçon de vie pour leur progéniture. Ils n'avaient ni la radio ni les moyens de s'acheter des journaux ; pourtant, au jour le jour, le petit garçon apprenait de ce qu'il voyait, de ce qu'il comprenait, esprit vif pour son âge, étonnamment calme et réfléchi. Les journées des deux frères étaient longues, une fois que le pasteur avait fini ses maigres leçons. La Bible et toutes ces bondieuseries ne l'intéressaient pas, n'apportaient pas suffisamment de réponses. Parce qu'il devait bien y avoir un monde au delà des entrepôts, non ? Autre que le Paradis et l'Enfer dévoilés à demi-mots par l'homme d'Eglise, s'entend. Oui, une belle et grande ville, la capitale, si proche, avec d'élégantes maisons, des rues propres, le siège du Gouvernement. Franz et Lukas étaient bien sûr trop jeunes pour tenter l'aventure seuls, bien que la proximité de la métropole les laissent songeurs. Dès l'enfance, ils rêvèrent de voyager, de repousser les limites de leurs existences confinées. Mais puisqu'ils avaient beaucoup de temps et peu de moyens, ils passaient leur temps libre toujours tous les deux, hors du domicile familial, à courir les ruelles, à poursuivre les chiens errants ou rendre différents services aux gens du quartier. De ces temps de liberté totale, ils apprirent à se débrouiller avec rien, à ne compter que sur eux-mêmes. Les deux Dreinberg devinrent très proches, plus amis que parents, confidents et appuis. Autour de chez eux, plusieurs bandes d'enfants coexistaient plus ou moins pacifiquement, petites communautés dans la communauté, mais aucune d'entre elles n'attira assez les deux gamins pour qu'ils y adhèrent. Leur indépendance leur plaisait, eux qui agissaient de concert sans que quiconque ne leur en donne l'ordre. En fait, ils se comprenaient si bien qu'un simple regard leur suffisait pour se transmettre un message. Ce ne fut qu'à l'adolescence que le monde extérieur commença à gagner un peu plus de valeur à leur yeux.

On ne peut pas demeurer isolé indéfiniment. Ils avaient grandi, bien grandi depuis l'époque des courses folles, des heures passées à contempler le ciel, la silhouette de Berlin au loin. Franz avait embelli, il fallait l'avouer, et ses larges épaules, ainsi que le bleu glace de ses yeux souligné par le noir de suie de ses cheveux ne laissaient pas indifférentes certaines demoiselles des environs. Son cadet et lui devenaient chaque jour un peu plus la fierté de leurs parents : deux beaux garçons bien faits et ne posant pas problème, ça n'était pas si courant que ça. Ignorant les rougeurs de ces dames, le plus âgé assura officiellement que son but premier était de travailler au plus vite afin de subvenir aux besoin de sa famille ; Lukas, devinant ce qu'il en était réellement officieusement, cala son opinion et son attitude sur celles de son frère. Car sous le couvert de ce loyal engagement se cachait autre chose. Un plan de fuite. Ou du moins de départ. Il n'en avait jamais été autrement, et bien qu'ils aimassent leurs parents, l'heure était venue pour eux de commencer sérieusement à se défaire des barrières les environnant. Durant plusieurs mois, dès que Franz eut dix-huit ans, ils rejoignit son père et sa mère à l'imprimerie, où sa force physique fut développée, les travaux difficiles ne le rebutant pas. Lukas le rejoignit également, s'occupant de tâches plus annexes, notamment auprès du contremaitre. Silencieusement, dans l'ombre, leur plan prenait forme : leurs deux salaires se voyaient économisés scrupuleusement, Franz subtilisait certaines pages imprimées afin de combler les lacunes que son frère et lui possédaient ; quant à Lukas, il apprenait les ficelles des méthodes d'organisation auprès d'un employé de bureau bien heureux d'avoir auprès de lui une petite main pour gérer la paperasse. Un an et demi plus tard, les deux Dreinberg tombaient enfin les masques : ils avaient de quoi se payer le voyage jusqu'à Berlin, ainsi qu'un petit appartement. Sans un regret, ils démissionnèrent, firent leurs bagages et s'en allèrent, en à peine deux jours. On tenta de les retenir. Au lieu de céder, ils s'engagèrent dans l'armée.

Devenir militaires peut paraître être un choix de carrière étonnant, quand on pense qu'au sein de la manufacture, les deux jeunes hommes auraient éventuellement pu briguer une ou deux promotions avant de ne plus être en âge de servir à grand chose pour leur patron. Cependant, il s'agissait selon eux de la meilleure option afin de s'élever grâce à la seule chose qu'ils possédaient, à savoir leurs talents. Même sans diplôme, l'armée vous ouvrait ses rangs, et si vous saviez y faire, vous pouviez vos galons bien plus rapidement. Franz se révéla lors du recrutement se débrouiller plutôt bien au corps à corps, tandis que son cadet parvint, après seulement voir vu faire le sergent instructeur à trois reprises, savoir démonter et remonter un pistolet plus vite que tous les autres nouveaux venus de la promotion. Certes, contrairement à certains fils de petits bourgeois qui avaient pu avoir un précepteur ou aller à l'école, les deux enfants d'ouvriers manquaient plutôt cruellement de connaissances théoriques. Mais leur bonne volonté et leur potentiel attirèrent l'attention de leur formateur, qui misa sur eux, et n'eut pas tort : deux ans après, Franz passait capitaine, et Lukas lieutenant après avoir, lors d'une réception, repéré un agitateur transportant une mallette suspecte. Les hauts dignitaires, appréciant leur sérieux, avaient comme de bien entendu fait jouer leurs relations pour que les deux soldats soient récompensés de leur zèle... Nous étions début 1903, l'avenir souriait aux deux frères, toujours aussi soudés, et bientôt conquis par l'idée d'appartenir à l'armée. Autant ils ne s'étaient jamais senti réellement proches des gens de leurs quartiers populaires, noirs de charbon, parfois dépenaillés ; autant être perdus au milieu d'une marée d'uniformes les comblait. Ils avaient la sensation de faire partie d'un tout. De défendre quelque chose d'autrement plus grand que leur simple partie crasseuse de Potsdam, aux allures d'impasse. À cette époque, grâce à son grade, Franz se résolut à rattraper tout son retard en matière d'apprentissage : il se mit à dévorer près de trois livres par semaine, dès que son service prenait fin, à visiter des musées, se promener en ville, aller à des concerts. Avec Lukas, lui aussi friand de nouvelles découvertes, ils perdirent bientôt toute caractéristique permettant de deviner d'où ils venaient ; ils étaient à présent des citadins, sûrs d'eux, ayant pratiquement coupé les ponts avec leur famille. Savoir que leurs garçons allaient bien et réussissaient devait certainement suffire à leurs parents, de toute façon.

Les cinq années suivantes se déroulèrent sans anicroche : à plusieurs reprises cités pour gravir de nouveaux échelons de la hiérarchie, les Dreinberg n'obtinrent pourtant pas de nouvelle promotion avant 1908. Cela ne brisa en rien leurs convictions toute neuves ni leurs efforts les posant comme des officiers respectés et patriotes. Bien intégrés dans les hautes sphères, régulièrement invités à des galas pompeux où, bien que sollicités, ils demeuraient de leur côté, sans véritablement se mêler aux invités. Ils n'avaient jamais vraiment perdu cet esprit de communautarisme résumé à leur petite équipe, et ne se préoccupaient que de poursuivre leur ouvrage, sans se soucier des récompenses ni des regards admiratifs. Ni l'un ni l'autre ne se marièrent également, préférant leur carrière à une vie de famille. Un choix inconsciemment judicieux, puisque dans peu de temps, la Première Guerre mondiale éclaterait... Dans si longtemps, vraient ? Et si les puissances européennes, sentant la scène internationale devenir de plus houleuse, avaient opté pour préparer en secret cette terrible éventualité ? Et si l'assassinat de Sarajevo n'avait pas été une surprise à la taille de ce que les livres d'histoire voudraient bien le faire croire, désastre en en entraînant un autre bien plus sanglant, sous le coup des jeux d'alliances ? Un beau jour, Franz fut appelé au bureau de son colonel. Le gradé s'attendait à recevoir un nouvel ordre de mission, et sans surprise ni émotion aucune, il en reçut effectivement une, sa première classée top secrète. On lui proposait d'intégrer le premier escadron d'espions que comptait l'Allemagne, et de subir un entraînement de haute volée afin de percer à jour les réelles intentions des autres pays. Il s'agissait d'un programme d'envergure, certainement débuté également ailleurs, et sur lequel l'état major comptait beaucoup, afin de ne pas se laisser distancer par la France ou la Grande-Bretagne en matière de renseignement. Bien sûr, le secret le plus total serait de mise : on inventerait une mutation vers une ambassade quelconque afin d'expliquer son départ de son régiment, et sa vie en serait complètement changée. Le capitaine y vit l'occasion d'enfin vivre ce à quoi il aspirait depuis toujours -les voyages, l'aventure, le service de sa partie-, sans pour autant se surestimer : il lui faudrait beaucoup de travail, rompre définitivement tout lien avec quiconque, et être encore plus que jamais prêt à mourir, à disparaître du jour au lendemain sans laisser de traces. Le projet ne l'effraya en rien, au contraire. C'était comme si le soldat avait toujours tendu vers ce but final, cette apogée aussi dangereuse qu'exaltante. Une seule condition fut posée par Franz, avant qu'il n'accepte ce contrat et disparaisse de la vie civile pour de bon : que son cadet intègre aussi le projet. Deux jours plus tard, Lukas donnait son aval et entrait à son tour dans l'aventure ; son aîné n'en avait pas moins attendu de lui, et une fois encore, ils s'étaient trouvés sur la même longueur d'ondes.

Les mois suivant furent intenses, à tous les points de vue. Sous les yeux de généraux critiques suivant ses moindres progrès, Franz ne pensait plus qu'en tant qu'espion, tant son environnement tournait la moindre pensée vers cela : des journées entières d'épreuves physiques, des nuits passées quel que soit le temps en pleine nature, des quantités astronomiques de chose à retenir. Cet homme qui autrefois avait sans vraiment en tirer grande vanité déjà remarqué que lui et Lukas comptait parmi les gamins les plus futés de son quartier repoussa toujours plus loin les limites de sa mémoire, devenant une vraie bibliothèque vivante, entre codes, catalogues d'armes, techniques de combat, et autres informations aptes à le tirer de n'importe quel situation. Déjà peu loquace et expressif, l'Allemand se métamorphosa peu à peu en parfaite machine rodée à toutes les tâches allouables à une taupe, peu à peu définitivement embrigadée, coupée de plus en plus du reste de l'humanité, de sentiments dommageables comme la compassion ou les remords. En quelques occasions, il put retrouver Lukas, dont l'entraînement similaire se déroulait également de manière personnelle, de manière à ce que les deux espions soient aguerris à ne compter que sur eux-mêmes. Néanmoins, lors de ces rencontres, ils retrouvaient naturellement leur entente, et il parut rapidement qu'en équipe, ils seraient meilleurs que seuls, si ce prodige s'avérait possible. Durant cette période, l'agent fut gagné d'un certain engouement pour l'escrime, sport équivalent à son seul loisir avec l'apprentissage assidu des langues, qui firent de lui un bilingue allemand-anglais avec une infime once d'accent. Vers la fin de ce stage intensif passé à la vitesse de l'éclair selon Dreinberg, il eut le privilège de pouvoir choisir son arme de service ; il opta pour un Luger P08, pratique et encore rare, ce qui lui confiait une petite touche de préciosité. Pas le temps pourtant de se perdre en poses hollywoodiennes ou autres légèretés fantasques : le devoir l'appelait dès le lendemain, aux aurores, dans le même bureau où il avait accepté de devenir plus qu'un simple uniforme.

Assis près de Lukas, le capitaine reçut de nouveaux papiers, ainsi que leur tout premier ordre de mission : il serait Edward North, professeur particulier d'allemand employé par une riche famille berlinoise qu'il accompagnerait à bord du Titanic pour gagner New-York. Bien entendu, cette famille n'existait pas, prétexte pour monter à bord du navire légendaire faisant vibrer les foules pour auquel Franz s'était jusque là très peu intéressé. Incognito, lui et son frère, aussi doté d'une toute nouvelle identité, traverseraient l'Atlantique afin de mieux tâcher de mesurer à quel point les Etats-Unis seraient prêts à soutenir l'Angleterre si guerre il y avait. Ils acceptèrent sans sourciller, heureux d'effectuer la traversée ensemble, de pouvoir enfin jouer de concert à ce jeu si palpitant qu'était l'espionnage. Au printemps 1912, les deux allemands embarquèrent à Cherbourg, en troisième classe, dans le même dortoir. Cette traversée ne devait être qu'une formalité, et déjà, ils se voyaient sur le sol américain, traquant les secrets du Capitole. Le voyage fut leur premier et dernier, cependant.

À 23h40 ce soir là, dénigrant le dîner à l'étage et la fête qui le suivrait, les deux espions avaient profité du calme de leur cabine, vide de tout occupant, pour revoir une dernière fois leur stratégie. Leurs malles, fermées à clef pour que nul passager un peu trop curieux n'y vienne fouiner, contenaient divers documents officiels encryptés et maquillés de manière à les rendre banals, leurs armes, ainsi que les adresses et noms de contact potentiellement utiles dans la région de Washington. Ils ressentirent puissamment le choc de l'impact, projetés à terre, entendant déjà les cris de terreur dans les étages supérieurs. Aucun d'eux ne paniqua : ils avaient été entraînés, peut-être pas à ça, catastrophe dont ils ignoraient encore une bonne partie de la nature, mais du moins à gérer les situations de crise sans perdre leur calme. Pourtant, comme s'en rendit vite compte Dreinberg, la situation s'avérait bien pire que ce contre quoi ils auraient pu se battre : sous l'impact, leur porte fermée s'était bloquée, les privant de toute issue. Son frère et lui étaient prisonniers, et sous le panneau de métal, l'eau glacée commençait à pénétrer dans leur refuge, pernicieuse. Etrangement, quoi que n'ayant jamais été défaitiste, l'Allemand sut que leur duo possédait infiniment peu de chances de s'en sortir. Même aucune. Son instinct ne l'ayant jamais trahi jusque là, l'espion posa les yeux sur son cadet qui avait la vie devant lui. Au moins pourrait-il passer ses derniers instants avec lui. Il fallut plus d'une heure et demi pour que leurs fronts finissent par toucher le plafond, et la peur finalement les submerger aussi sûrement que le niveau toujours montant de l'eau. Refusant de lâcher Lukas, qui s'agrippait de toutes ses forces à lui malgré le froid, Franz chercha jusqu'au dernier instant une solution, une manière de sauver la seule personne dont il s'était jamais senti proche, mais en vain. Son parent perdit connaissance à cause de la températures trop basse ; lui parvint à demeurer lucide pour mieux se noyer en même temps que son cadet.

De violents spasmes. Une pression écrasante, des veines sur le point d'exploser. Un noir d'encre, des abymes dévorantes. L'impression d'être projeté toujours plus bas, comprimé au point de menacer d'exploser. Et ce froid polaire, lancinant, carnassier. Aucune pensée autre que d'abominables sensations. Aucune image à laquelle se raccrocher, tant les ténèbres l'entouraient.
Et puis le réveil.
Franz rouvrit les yeux, et le plafond d'acier de leur dortoir lui apparut, d'abord flou, puis de plus en plus net au fur et à mesure que ses yeux effectuaient la mise au point. Rodé à un point inimaginable, son cerveau commença à faire le point, aussi bien sur les maigres informations que lui procuraient ses sens que sur les divers signaux envoyés par son corps endolori. Lukas. Son premier réflexe fut pour son frère, tandis que de lointains souvenirs de noyade réapparaissaient en lui : tant bien que mal, il tendit la main vers la couchette au dessus de lui. Il y trouva les doigts de son équipier, qui lui rendirent la pression qu'il y appliqua. Rassuré, l'espion replongea dans le sommeil.
Il lui fallut un jour de plus pour complètement récupérer ; à son réveil, Lukas, avec le calme méthodique le caractérisant, lui fit un topo de ce qui était advenu : l'iceberg, le bateau filant vers une destination inconnue, les suicidés atterrissant à l'infirmerie comme par magie, les théories des passagers concernant leur état. Jamais Berlin n'avait intégré de programme d'entraînement pour ce genre de cas ; Franz décida donc d'improviser. Le Titanic devait bien aller quelque part, et tant que durerait son périple, leur équipe garderait le même plan qu'à son départ de France, à quelques petits détails près : dès que possible, et à chaque fois qu'ils en auraient l'occasion, ils se rendraient à tour de rôle au poste de radio afin de tenter de contacter l'Allemagne ; en attendant, ils conclurent d'un commun accord de conserver leurs fausses identités et de continuer à faire profil bas, jouant les espions aux seins des passagers plutôt que des citoyens américains. Au mieux cela constituerait un entraînement de plus pour leur vraie mission, au pire... Cela les tiendrait en éveil et armés de renseignements utiles jusqu'à ce qu'ils trouvent un moyen de se tirer de là. Toutes ces spéculations abracadabrantes sur leur mort ne devaient pas les déconcentrer de leur objectif final, en aucun cas.

La vie reprit à bord du bâtiment, et les Dreinberg, ayant à présent leur dortoir pratiquement pour eux seuls suite aux disparitions effectives de la majeure partie de leurs camarades de chambre, demeurent plus que jamais aux aguets, prêts à passer à l'action. Sauf qu'il ne se passe pas grand chose à bord du Titanic, à part ces bals sans intérêt, ces conversations superficielles leur permettant si aisément de cerner leurs camardes d'infortune, de dénicher leurs secrets... Vous les croiserez sans doute dans les couloirs ou au fumoir, tissant leur réseau de relations, donnant le change. Après tout, c'est ce qu'on leur a appris. À passer pour de simples voyageurs de troisième classe sans histoires. Le Luger de Franz, quant à lui, demeure au fond de sa malle chargé quoi qu'il arrive. "Celui qui vivra par le fer périra par le fer" : goûtant plus que jamais l'ironie de cette maxime, l'Allemand n'abandonnera pas, à aucun prix.

 






Dernière édition par Franz H. Dreinberg le Mer 26 Juin - 13:17, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:15

Herzlich Willkommen James bond Razz
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:16

Bienvenue ici ^^
Ta fiche est terminée déjà, non ?
En tout cas, j'espère que tu t'amuseras bien par ici !
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:17

Danke très chère Razz

Oui Sasha, elle est finie ^^ Merci beaucoup !
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♌ Prénom ou Pseudo : Mari-Jane
♌ Signaux de Détresse : 8567
♌ Points : 20
♌ Jour d'embarquement : 16/07/2011
♌ Age du Personnage : 23 ans
♌ Profession : Couturière & Danseuse à ses heures perdues
♌ Crédits : Mari-Jane
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Journal d'un fantôme
♌ Numéro de Cabine : E10
♌ Situation Amoureuse : Amoureuse de Joseph Earnshaw
♌ Présentation:
MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:21

GUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
Je fais un petit tour un peu partout sur les fofo et je m'occupe tout de suite de ta fiche <1

_________________


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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:30

ANYA

(je vais devoir réapprendre tous les pseudos, ça va être du sport xp)
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:39

Bienvenue, quel plaisir de te revoir ici *-*
Un troisième classe en plus
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:42

Oh punaise mais quel personnage, tu as vraiment le don
En tout cas bienvenue sur le Titanic, je te valide toute de suite

_________________


GEORGIANA O'HARA ϟ « La mort n'est que le commencement. » Le coeur brisé, d'une jeune femme de troisième classe.  

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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:45

Merci Svan, je suis super contente d'être là !


Et merci beaucoup Georgiana, ça me touche énormément Very Happy
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 14:59

Félicitation pour ta validation. & Bienvenue sur GOTA. Very Happy
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 15:13

Merci James Very Happy
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 15:19

Hey mais bienvenue à bord du Titanic et au plaisir de te croiser sur le pont !
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 15:53

Oh!! Gui!!!!!!!!!!!!!!!!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 17:49

Maggie <3


Merci Grace !
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Ven 20 Avr - 18:41

Willkommen Herr Dreinberg Wink Ich hoffe, dass Sie... -
Bref, amuses-toi bien avec ce personnage très intéressant.
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Sam 21 Avr - 11:05

Danke !

Pour le bienvenue et le compliment ^^
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Sam 21 Avr - 11:43

Bienvenue ^^
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   Sam 21 Avr - 11:54

Merci Mina =D
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MessageSujet: Re: Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler   

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Franz Dreinberg ϟ Der schwarze Adler

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