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  « Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi ! » [Sacha]

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MessageSujet: « Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi ! » [Sacha]   Lun 21 Avr - 17:44


« Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi !  »
Charles Baudelaire

«  Restez immobile Monsieur Forestier! »

J’étais étendu sur le petit lit de l’infirmerie, caché derrière le rideau que l’infirmière avait gentiment tiré afin que personne d’autre qu’elle ne puisse voir le spectacle que je lui offrais. Les cicatrices de mes cuisses étaient ouvertes et il s’écoulait de mes plaies un liquide verdâtre nauséabond. Le masque posé sur le nez de l’infirmière n’empêchait pas cette dernière de ressentir des hauts le cœur et elle devait parfois détourner la tête de sur moi pour ne pas se laisser aller à son dégout. Lorsque j’avais remarqué l’état de mes cicatrices, j’avais, bien entendu, tenté de me soigner moi-même tel que je l’avais toujours fait, mais bien vite, je me rendis à l’évidence que j’avais besoin d’aide. C’était la première fois que mes plaies s’infectaient et l’odeur qu’elles dégageaient ne pourrait être cachée derrière mon pantalon de la même manière que je les avais toujours dissimulées. Depuis quelques jours, je faisais des rêves horribles et même si je n’avais pas recommencé à me tailler la chair, je m’éveillais en me grattant les cuisses jusqu’au sang. Mes cicatrices brûlaient et piquaient, mais seulement lorsque je dormais. J’avais changé les draps de mon lit plusieurs fois au cours des nuits précédentes.

Dans mes rêves, elle était présente; ma mère. Si dans un premier temps, ceux-ci se révélaient érotiques, ils se changeaient inévitablement en cauchemars et ces lorsque j’entendais cette voix dans mon esprit, celle qui semblait ne pas dormir et qui me disait de m’éveiller, que mes rêves étaient malsains, que je m’éveillais, les cuisses en sang. La seule explication à tout cela était que le démon qui m’avait habité de ma tendre enfance jusqu’à la mort d’Angélique, mon épouse, était revenu. Dans la mort, il avait retrouvé le chemin de mon âme et était déterminé à me faire souffrir à nouveau. Toutefois, ma mère n’était pas présente sur le Titanic, ni sur l’Île…enfin, je le crois, mais le démon avait pris un nouveau visage.

Sacha était une jeune femme aux traits fins et aux airs innocents, mais elle était la raison de mon tourment. La première fois que j’avais fait sa connaissance, c’était lors de notre réveil suite au naufrage du Titanic. Dans la confusion, les passagers de notre palier étaient sortis de leurs cabines, demandant à leurs voisins de chambre s’ils avaient fait le même rêve qu’eux et si, en conclusion à cela, nous étions morts…Nos regard s’étaient croisé et dans l’incompréhension, je l’avais reconnu; cette lueur étrange dans son regard. Je ne savais pas à ce moment de quoi il s’agissait, mais maintenant je le savais. Nous avions échangé à quelques reprises ensemble; Sacha était devenu l’une de mes patientes et j’étais son psychiatre. Enfin, dans la mort, tous les passagers pouvaient s’improviser psychologue pour aider son prochain, mais la relation que j’entretenais avec Sacha était semblable à celle que j’avais connue lors de mon vivant. Nous ne nous parlions jamais de ce qui avait été partagé lors de nos séances en dehors de ma cabine et nous comportions tel que les bonnes mœurs de notre époque nous le recommandaient. Si dans un premier temps, la jeune femme ne faisait que me fasciner, je mis soudainement à fantasmer sur celle-ci. Dans mes fantasmes, elle reproduisait des situations que j’avais autrefois connu avec ma mère et lorsqu’elle s’évaporait de mon esprit, le fantasme terminé, je ressentais la même détresse intérieure que j’avais également ressentit avec ma mère. Sacha était le mal, je le savais maintenant. Mes cicatrices s’étaient ouvertes et infectées que depuis que nous nous rencontrions plus fréquemment pour poursuivre notre thérapie.

« Voilà, c’est tout ce que je peux faire pour le moment… »

L’infirmière s’éloigna de moi et sorti du rideau, le laissant tiré. Étendu sur le lit, je tirai la mince couverture sur mes cuisses afin de les cacher à ma propre vue. Je me dégoutais. Lorsque j’avais montré mon problème à l’infirmière, cette dernière s’était inquiétée de l’infection et surtout, de la teinte noir que prenaient mes cicatrices. Même chez les fantômes de chairs que nous étions, la gangrène était terrifiante. Elle m’avait fortement recommandé de rester à l’infirmerie pendant quelques temps afin qu’elle puisse tenter tout ce qui était dans son pouvoir pour sauver mes jambes…car oui…l’amputation avait été abordé et je ne voulais rien entendre de cela.

J’étais donc seul, étendu sur le petit lit de l’infirmerie, repensant à tout ce qui s’était passé au cours des dernières semaines, des derniers mois…seul, je repensais à Esther, à Nayah, à Sacha. Que m’arriverait-il si je devais perdre mes jambes? Elle en serait responsable! Sacha…La porte de l’infirmerie s’ouvrit et je resserrai la mince couverture sur mes cuisses comme si cela allait réussir à dissimuler l’odeur de mon corps en décomposition mélangé à l’odeur d’alcool désinfectant.
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MessageSujet: Re: « Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi ! » [Sacha]   Ven 2 Mai - 1:32


    Je ne sais pas pourquoi je pensais à cela, mais depuis que j'étais revenue sur le navire, j'avais changé. Si je devais faire un bilan sur ma personne, je pourrais bien vous dire que j'approche de plus en plus de la lumière, que les ténèbres s'éloignent petit à petit de ma personne, mais je n'ai encore pas de pleines certitudes. A mon retour ici, j'étais Sacha la grande dépressive, qui ne voulait pas sortir de sa cabine, qui passait son temps à pleurer; qui ne voulait voir personne parce qu'elle avait honte de ce qu'elle représentait une mère qui s'était échappé d'un mariage difficile laissant sa fille derrière elle. Oui, j'avais tellement honte de me regarder en face à ce moment là et pour cause, je devais mourir sur ce navire, me jeter par dessus bord. Mais le naufrage a eu lieu, me donnant une seconde chance de vivre une vie à son bord. Est ce que j'en vais seulement envie ? Non, pas vraiment, au contraire, j'aurais voulu mourir de façon définitive pour ne pas affronter ce mal qui me rongeait de l'intérieur. J'ai été ainsi pendant de nombreux mois. Le summum fut cette salle des désirs qui m'a montré ce que je ne désirais pas, enfin, peut être bien que si au fond, tout au fond de moi. Mon mari avait refait sa vie, avec une nouvelle femme, j'avais été simplement rayé de la carte mais cette vision m'avait pour ainsi dire complètement ravagée. J'ai encore pleurée pendant de nombreuses semaines, de très longues semaines d'isolement puis j'ai décidé de me reprendre en main, je le devais, car sinon cette éternité serait bien longue. J'ai eu du mal à m'ouvrir aux autres, mais finalement, j'ai réussi à le faire, petit à petit. Aujourd'hui, je ne suis pas aussi souriante que je le devrais mais je ne pleure presque plus. Il m'arrive de faire des rechutes régulières, mais cela ne dure guère plus qu'une ou deux journées, tout au plus. Est ce que j'allais pouvoir rayonner à nouveau ? Je ne le savais pas, mais le soir de Noël, j'avais cru voir mon mari et ma fille main dans la main partir de la fête. Avais-je trop bu ? N'étais-ce pas qu'une illusion ? Je n'en savais rien, mais j'étais persuadée qu'ils étaient quelques parts sur l'île, à profiter de la vie là-bas sauf que les fois où j'y suis allé, à part ce soir là, je ne les ai jamais revu pour le moment. Cela s'était produit il y a presque 4 mois, pourtant, à chaque fois que je me rendais sur cette île mon cœur se serrait et j'espérais pouvoir les revoir sauf que peut être ce n'était qu'un doux rêve que j'avais vécu ce soir là. Je n'en avais pas parlé à Louis. Louis était une des raisons de mon rétablissement. Il était psy, et j'avais pu lui confier des choses sans craintes. Pourtant, je savais que notre relation n'était pas simplement celle d'un patient avec son médecin, non, c'était plus que cela. Je ne voulais pas l'avouer, mais à force de le côtoyer, je l'aimais vraiment beaucoup, je tenais à lui. Alors quand j'ai eu vent qu'il était en ce moment à l'infirmerie et qu'il était mal en point, j'ai voulu en savoir plus. Est ce que c'était une bonne idée ? Je ne savais pas trop, mais j'allais le faire quand même. Je me dirigeais donc sur le pont des embarcations en direction de l'infirmerie. Je demandais où je pouvais trouver Louis et on me l'indiqua facilement. Une odeur bizarre se dégageait dans la pièce et il était là.

    " Oh Louis, mais que vous arrive-t-il ? "

    Je lui demandais cela avec une grande compassion, sans savoir le fin mot de l'histoire, notamment celui qui me disait que j'étais en grande partie responsable de ce mal qui le rongeait.
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