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 Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!

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RPG
MessageSujet: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mer 12 Mar - 20:31


   
Vespasia, Eugenie Vawld

   

   

   
VOTRE PERSONNAGE
   

   " Science sans conscience n'est que ruine de l'âme "

   AGE DE MORT ♦ 27 ans
  DATE DE NAISSANCE ♦ 4 juillet 1885
  ORIGINE ♦ Anglaises, de Londres précisément
  SITUATION FAMILIALE ♦ Veuve de lord Augustus Vawld
  GROUPES ♦ Deuxième classe
   


   DERRIÈRE LA SCÈNE
   PSEUDO ♦ Blue Eyes
   AGE ♦ un peu plus de 25.
   OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♦ via PRD et il est assez connu ^^
   TON AVATAR ♦ Lou de Laâge
   VOULEZ-VOUS ÊTRE PARRAINÉ? ♦ Je pense que ça ira, je ne suis pas trop habituée à ces systèmes de parrainage ^^
   AUTRE CHOSE A DIRE? ♦ Nope, pas pour le moment! Sinon que j'espère que la fin de la fiche conviendra...j'ai essayé de tenir compte des récap' de la saison 1, mais comme c'était des events, c'est pas si évident à retranscrire ^^
   CRÉDITS ♦ Tumblr et moi


   
   

   
   


   


   
Questions pour un Fantôme

   


   ♦ Que pensez-vous de cette île mystérieuse?

Cette île n’est que la continuité du voyage. Où la porte le destin ? Vespasia n’en n’a nulle idée, mais dans cette vie éternelle, elle ne pouvait trouver plus de questions que celles qu’elle trouve sur le paquebot. Elle n’a encore osé descendre – peur inconsciente, elle le sait – et cherche à comprendre comment l’esprit humain peut imaginer tant de décors. Est-ce un jeu de son imagination ? Comment alors inventer des personnes qu’elle n’avait rencontré de son vivant ? La situation dépasse la science qu’elle connaît, et cette île est une nouvelle phase de cette expérience. Elle sait qu’elle ne pourrait mourir, mais l’on parle pourtant de certaines disparitions, et heureuse de cet éternel voyage, elle ne souhaite pas encore risquer cette jolie mort.

   ♦ Que pensez vous des Revenants? Sont-ils des êtres comme vous où sont-ils malfaisants?

Que penser d’êtres qui reviennent sur le Titanic...de son vivant, Vespasia ne croyait aux fantômes, et pour elle, leurs apparitions n’étaient que des effets naturels à des efforts de l’imagination, du magnétisme et tout autre source physique et bien réelle. Bien que croyante, fantômes et esprits n’ont vraiment jamais su trouver grâce à ses yeux. De sa mort, elle a su se forcer à accepter ces étrangetés, non sans qu’elles soient une véritable révolution dans cet esprit scientifique! Des survivants revenant sur le Titanic? Elle n’est plus à une étrangeté près, et si destin a décidé qu’elle hanterait ce navire, pourquoi ne l’aurait-il pas fait ainsi pour d’autres? Malfaisants? Elle en doute. Pour Vespasia, ce sont de pauvres âmes, qui pour certaines avaient connu des années de bonheur, et avaient du revenir dans ce lieu où la plus terrible catastrophe avait pris les âmes de leurs proches. Elle n’ose pas encore leur demander comment le monde avait évolué, si on se souvenait d’elle, de longues années plus tard.


   ♦ Que pensez-vous du Capitaine? Est-il une menace pour vous ou une personne fascinante?

Le Capitaine, c’est la représentation du destin qui joue avec elle depuis son enfance. Elle ne le craint pas, elle s’amuse même plutôt de ses tours, qu’ils soient sournois ou amusants. Ne faut-il pas s’occuper, sur ce paquebot qui vogue éternellement? A quoi bon le craindre, puisqu’on ne peut mourir? Fascination? Pas à ce point, Vespasia est trop logique pour s’abaisser à cela. Menace? Pas non plus, sauf s’il en venait à rendre cette existence bien sombre, alors qu’elle profite enfin de ces années de mort. Le Capitaine est un étrange compagnon, celui qui s’immisce dans votre quotidien lorsque vous ne vous y attendez pas.

   ♦ Si tu avez la possibilité de quitter le Titanic ou l'île pour réellement mourir, le feriez-vous? Pourquoi?

Vespasia ne le cache pas: elle a cherché à quitter le Titanic. Certes, plus par curiosité que par volonté réelle de partir définitivement, mais les faits sont là: elle en est revenue. Une balle a traversé sa tempe, et elle n’a eu qu’une douloureuse migraine. Partisane de la force de l’expérience, Vespasia a donc compris, après celle-ci, qu’elle ne pourrait échapper à ce navire; elle a accepté cette mort avec tant de pragmatisme et de relativisme qu’elle serait navrée de devoir la quitter...car après, où partirait son esprit? L’enverrait-on dans un autre endroit? Devrait-elle hanter les murs de sa maisons? Reverrait-elle Augustus? Si son deuil avait été fait de long temps, seule cette pensée pourrait la réconforter si quitter le paquebot devenait une nécessité.
La mort, Vespasia l’a côtoyé depuis son plus jeune âge, à quoi bon la fuir?)


     



   

   
Ton Histoire

   

Il n’y avait à Londres d’esprit plus cartésien que celui de Lady Vespasia Vawld.
Depuis sa prime enfance, la cadette de la petite fratrie Forbes avait présenté de nombreux signes d’une insatiable curiosité, mêlée à un caractère des plus logiques, et pourtant teinté de ces élans artistiques qui la caractérisaient.

Vespasia Forbes avait grandit dans ces familles de Londres, pas assez riches pour ces quartiers huppés, mais trop pour fréquenter les bas fonds au bord des docks. Les Forbes, honnête foyer, étaient pourtant perçus comme ces familles d’originaux, dont la profession méritait peu de considération et les regards qui coulaient vers eux lorsqu’ils traversaient le Strand n’avaient rien de ces amabilités polies. La raison en était fort simple et fort scientifique, car Magnus Forbes, après des études de médecine accomplies, avait été débauché de l’hôpital de Londres pour servir la cause policière en tant que médecin légiste, provoquant l’ire de toute une partie de la population paroissiale (“Ouvrir un corps! Que le Seigneur l’en garde!” ).
Mrs Helena Forbes, quant à elle, avait décrété que pour nourrir ses deux fils et sa fille, un emploi lui était nécessaire et elle avait trouvé l’étrange poste d’assistante du thanatopracteur de la ville. Aussi, dès l’enfance, Vespasia, les pieds baLlants sur une haute chaise, observait sa mère embaumer des corps glacés.

L’univers morbide dans lequel grandirent les trois gamins Forbes ne les empêcha pas de s’intéresser à la vie, et bien plus vivants que les voisins de leur âge, ils s’amusèrent bien vite à narguer les règles de bienséances de la ville. Vespasia montrait déjà de grands signes d’intérêt pour chaque cause et effet, non sans griffonner dans son petit carnet, les genoux dans la terre, la conséquence que quelques jours faisaient sur un crottin de cheval. Ses parents ne freinèrent jamais cet engouement, enseignant même à leur fille ses premiers mots de science et forgeant son intellect à ne jamais mettre une raison sur des émotions, mais sur des faits concrets.
Après l’avoir collé dans l’école du quartier pour remplir cette petite tête, on décida d’assouvrir ses désirs artistiques en comblant ses heures perdues à apprendre l’art pictural. Elle, que l’on avait vu les tresses défaites, ses cheveux blonds maculés de boue, les doigts plein d’encre, décida enfin à calmer un trop plein d’énergie en consacrant ses nuits à l’art. Gouache, huile, fusain, aquarelle et crayons… l’enfant curieuse se mua en une adolescente artiste, ne trouvant son repos que dans ces lignes et ces traits diffus. Connaître chaque compsante des couleurs, en créer de nouvelles, mélanger les huiles et les pigments furent une passion qui la prit pour ne jamais la quitter.
On la trouvait parfois, d’épaisses loupes devant ses yeux, promener ses prunelles pour déceler chaque mystère d’une toile, lire entre chaque coup de pinceau l’âme d’un artiste. Lorsqu’elle disparaissait, il suffisait d’attendre la fermeture du British Museum pour voir revenir la jeune fille, sa tresse blonde sautillant sur ses épaules.

Une telle enfance pourrait faire de Vespasia Forbes une pâle héroïne, mais elle croisa ces femmes subversives que l’on nommait suffragettes. Il était dit que Miss Forbes devait avoir un formidable destin. Nous étions en 1908, Vespasia atteignait avec bonheur ses 21 ans et songeait au prochain discours qu’elle ferait devant la plus prestigieuse des académies d’art, si un jour son talent venait à être reconnu.


Des bourdonnements de cris tintèrent à ses oreilles alors qu’elle approchait d’Oxford Street. Depuis trois jours, elle avait tant cherché à expliquer la technique du Titien qu’elle en avait oublié la manifestation dont on l’avait abreuvée sur Trafalgar Square. Fouillant dans sa poche, elle retrouva ce petit papier chiffonné, annonçant la date de l’émeute prévisible. Vespasia se mordit la lèvre; la cause méritait qu’on s’y attarde, que l’on oublie un instant trois coups de pinceaux sur une toile! Pressant le pas, elle enfonça la main au fond de son sac pour retrouver sa petite cocarde qu’elle pinça à sa boutonnière et au fur et à mesure qu’elle courait le long de la rue, la population se densifiait et les cris augmentaient.

-DROIT DE VOTE POUR LES FEMMES, cria-t-elle en sautillant lorsqu’elle rejoignit le tumulte de robe et de pancartes!!!
Bientôt poussée par la police, par la foule, par des hommes railleurs, échevelée et rouge d’avoir crié, Vespasia se retrouva contre les vitrines d’un des ces grands magasins, dont les fenêtres closes montraient leur profond attachement à leur cause.
L’uniforme qui la plaqua ne l’empêcha pas de se débattre farouchement.
-Tiens-toi tranquille, pesta le policier en lui collant une matraque sous le nez! Il héla son collègue qui rappliqua, alors que la poigne du premier avait eu raison de la maigre force de Vespasia.
-Elle a des papiers? Sinon colle-la avec les autres.
-Mais c’est pas une des meneuses, chef!
-Tu veux coller au trou la femme de lord Monroe? Moi non. Alors embarque celle-là. Des vitrines ont été cassées, elle ou une autre il faut bien des exemples...
Vespasia avait légèrement pâli lorsque les mots lui parvinrent entre deux grognements. Au trou? En prison?

-Je...je n’ai rien fait...j’ai juste crié!
-Eh bien ça sera ta parole contre la notre, petite maline, fit le chef en se penchant vers elle.
-C’est complètement injuste!
-La ferme, allez….

Le policier attrapa son bras, la poussant devant elle alors que la cohue se calmait et que les esprits se refroidissaient. Nul n’avait osé faire feu contre cette poignée de femmes, mais la menace des matraques avait apaisé d’elle-même la situation et plus loin, le cortège s’éloignait sans elle.
-Attendez!
Une voix masculine stoppa net le policier.
-Lord Vawld? Cette femme vous a importuné, vous voulez témoigner?
-Loin de là, fit l’homme qui se découvrit pour saluer la jeune femme incrédule.
-Je me porte garant de cette jeune femme...je vous assure, elle est arrivée après que les vitrine soient brisées…
-Vous les soutenez, fit le chef en levant un sourcil?
-Est-ce illégal? Relâchez-là, brigadier. S’il vous plaît.
La main du policier se détendit autour du bras de Vespasia et les deux hommes s’éloignèrenet en gromellant, espérant retrouver une autre victime au loin.

-Je ne sais pas comment vous remercier! Il ne fallait pas faire ça, vraiment, commença la jeune fille en s’époussetant!
-Je voulais éviter de les voir abîmer une si jolie voix, répondit lord Vawld dans un rire.
-Ah...mais il faut bien que le roi nous entende, après tout. A qui dois-je cet héroïque sauvetage? Comme toute jeune fille accomplie, je me dois de donner à mon père toute information utile afin qu’il vous renvoie un carton de remerciement.
La raillerie polie teinta la voix de Vespasia alors qu’elle le saluait obséquieuesement, se pliant à des règles dont elle s’était toujours moquée.
-Augustus Vawld, et épargnez à votre père quelques remerciements, miss….?
-Vespasia Forbes.
-Forbes… laissez-moi vous raccompagner, je vous prie. Cette époque en est aux moeurs débridées, mais je tiens au moins à ramener une jeune fille saine et sauve chez son père!
Jane Austen en sera enchantée.

Vespasia songea avec amusement à l’effet que produirait la maison Forbes sur lord Vawld et hochant la tête, grimpa dans le cab.


Toute jeune fille ayant grandi à Londres se doit de connaître Jack l’Eventreur, mais nous n’étions-là ni à Whitechapel ni lors d’une brumeuse nuit et Vespasia avait suivit cet étrange sauveur. Mais à présent, si nous devons poursuivre notre récit, il nous faut alors préciser que Vespasia Forbes portait désormais le nom de lady Vespasia Vawld.
Il y avait dans le destin d’étranges tournants, et le plus important fut sans doute celui que prit Augustus Vawld, cadet de ces anciennes noblesse anglaises, pour épouser une femme d’une condition bien moindre, dont les métiers de ses parents étaient indubitablement mis au ban de la bienséance. Mais Augustus Vawld n’avait cessé, depuis son enfance, d’outrepasser les limites de son carcan familial.

Big Ben sonnait 1911 lorsque les feux d’artifice illuminèrent le ciel. Les cris de fête se mêlèrent aux tintements des verres entrechoqués alors que les bras s’enlaçaient pour saluer la nouvelle année, plein de promesses.
-Mrs Vawld, allez-vous vous décider à nous dévoiler votre projet? Voilà de longs mois que nous ne vous voyons plus au National...votre présence nous manque presque!
-Monsieur, un peu de patience, répondit la jeune femme, la surprise sera plus agréable, n’est-ce pas? Rubens et Velasquez m’ont donné beaucoup de difficultés, voilà tout ce que je peux vous dire.
-Avez-vous dévoilé leurs secrets? Dites!
-Ils n’en seraient plus si je déliais ma langue! Mais mon époux m’attend depuis trop longtemps près du cocher, je vous quitte, adieu!

Les enquêtes artistiques de Vespasia Vawld faisait le tour des petits cercles artistiques de Londres et la jeune femme avait enfin eu ce plaisir de voir son talent reconnu: le nom d’Augustus lui avait ouvert des portes auparavant closes, mais la profession avait su l’accueillir avec brio et aujourd’hui, liée aux plus grands musée de Londres, elle passait de nombreuses heures à restaurer ces oeuvres marquées par les siècles, et à comprendre chacun des traits qui traçait ces merveilles. Que manquait-il à cette vie? Certainement un autre coup de pouce du destin pour faire de Vespasia une héroïne.
Contre toute attente en cette nuit de la Saint Sylvestre, il se manifesta par un fracas, des hennissements apeurés et des cris de femme. Alors que la foule courait vers l’entrée de la salle, des valets se précipitaient à l’entrée, cherchant des yeux la personne concernée par les hurlements qui s’étaient tus. Mais le destin avait soufflé à Vespasia qu’il se jouait d’elle, car sans répondre aux demandes des valets, elle descendit précipitamment les marches qui menaient à la rue, où devait l’attendre Augustus.
La foule dense l’empêchait de voir ce que son coeur redoutait de distinguer, mais silencieusement, alors qu’on tentait de l’arrêter, elle se fraya un chemin entre les voitures tombées au sol, les débris de roues et de verres, pour apercevoir la silhouette familière immobile au sol, entourée d’hommes à la mine pâle.
-Le cheval s’est emballé, il a tenté de l’arrêter…
-Il n’y a plus rien de la voiture…
-Et l’autre cheval?
-Voyons! Un homme est mort, un peu de tenue!


L’unique pensée qui traversa l’esprit cartésien et si attaché à la terre de Vespasia, fut que le noir n’était pas la couleur qui lui siéyait le mieux au teint.

Mais une héroïne ne termine pas sa vie ainsi. Une héroïne rebondit fièrement et dans le cas de celle-ci, ce rebondissement était dans ce voyage qu’avait souhaité lui offrir Augustus pour l’année 1912. En quelque sorte, les billets de la White Star Line qu’il avait acheté pour le voyage inaugural du Titanic un an plus tard était comme un cadeau posthume.
Il pensait certainement, et en toute sincérité, que ce voyage aux Etats-Unis aurait permis à Vespasia de découvrir le Metropolitan Museum of Art de New-York. Elle ne pu jamais l’en blâmer.


-Bettina, que fais-tu?
-Je fuis, madame! Je ne veux pas mourir ici!
-Mais...tu as pris mon gilet?!
-Je n’ai pas eu le temps de revenir à ma cabine….moi j’veux vivre!

Vespasia, les yeux écarquillés sous la surprise, prit le temps d’observer sa bonne pousser des enfants et des femmes pour prendre place dans les premiers canots qui appareillaient. La jeune femme se retourna, poussée par les passagers apeurés, prise dans un tourbillon de cris et de pleurs. Le bateau eu un nouveau soubresaut que suivirent des hurlements de terreur. Bousculée, poussée sur le côté, Vespasia sentait son coeur battre lentement face à cette mort inéluctable qui s’ouvrait devant elle. Elle détestait l’eau. Contrairement à ses frères elle n’avait jamais voulu apprendre à nager. Elle craignait plus que tout ce sentiment d’étouffement et si elle avait accepté cette croisière, c’est qu’elle savait que sur cette ville flottante, cet insubmersible la gardait de tout danger possible. Mais cette nuit-là, la mort venait à elle, et plaquée contre une paroi, face à tous ces passagers courants, elle voyait son corps, aussi roide que les cadavres de sa mère, que ceux dont lui parlait son père. A dire vrai, la mort la terrifiait bien moins que la mer sombre et profonde. Elle l’avait côtoyé de si près depuis son enfance, elle l’avait rencontré lorsqu’elle avait pris Augustus et aujourd’hui, elle venait à elle, comme si son tour sur l’immense échiquier de la vie était venu. Il ne fallait pas se battre contre ces éléments. Il ne fallait pas pleurer, pas être défaitiste, c’était porter son esprit à la ruine.

Lentement, elle se glissa parmi les voyageurs qui couraient sur le pont, et reprenant conscience, elle attrapa un enfant abandonné qui pleurait, joua des coudes pour passer jusqu’au pont, le tendant au matelot qui remplissait les canots.
-Montez, madame, lui cria-t-il ! Il reste une place !
-Eh bien prenez deux enfants en plus ! J’ai vécu suffisamment, je vous assure !
-Madame, montez ! Dépêchez-vous !
Vespasia prit le bras d’une femme de troisième classe à la pâleur mortelle et la poussa devant elle, forçant le matelot à la faire monter.
-Voilà. Il ne reste plus de place, maintenant !

Elle se dégagea de la foule, alors que le bateau trembla de nouveau dans un craquement. Un grincement résonna dans la nuit d’encre et soudainement, le Titanic pencha, plongeant brusquement son nez dans l’eau glacée.
Des hurlements, des passagers terrorisés, des hommes ou des femmes glissaient vers le bas du navire, alors que Vespasia s’accrochait à une rampe d’escalier.
S’appuyant toujours, elle se glissa jusque dans les couloirs abandonnés du navire. Il fallait rejoindre sa cabine ; si elle acceptait de mourir, ça ne serait pas en tombant inexorablement dans ce tombeau d’eau glacée.
Elle parvient difficilement à sa cabine, alors qu’une nouvelle secousse faisait de nouveau pencher le navire. S’allongeant comme elle le put sur le lit, elle attendit, elle résista à la chute du paquebot dans l’immensité de l’océan.
Une unique pensée traversa son esprit à l’instant où l’eau s’engouffrait dans ses poumons : se souviendrait-on d’elle, plus tard ?


Mais une héroïne ne serait pas ce qu’elle est, si son destin était de disparaître aussi tragiquement.

Elle avait rouvert les yeux, comme si tout cela n’avait été qu’un songe. Allongée dans sa cabine, encore en chemise de nuit, sur ce large lit sur lequel elle avait fermé les yeux. Le navire ne penchait plus, le temps semblait calme et dehors, plus aucun cri ne résonnait.
Il fallut de nombreuses minutes pour que Vespasia comprenne que la mort ressemblait à cela : un éternel voyage. Augustus devait-il errer dans un cab, quant à lui ? L’idée semblait trop absurde, mais en y songeant, peut-être Dieu en avait-il décidé ainsi. Peut-être avait-elle été assez sage toute sa vie pour qu’il lui offre cet éternel voyage sur le plus beau paquebot du monde.
Ce ne fut qu’après quelques réflexions que l’idée de quitter la mort la traversa. Elle détestait la mer, à quoi bon errer ici ? Mieux ne valait-il pas tenter de partir autre part ? On lui avait toujours interdit le suicide, mais lorsqu’elle tint ce petit pistolet à un coup dans sa main, l’idée lui sembla moins stupide.
Si elle était morte, que risquait-elle ? Elle avait posé le canon sur sa tempe, avait contemplé une ultime fois son visage dans le miroir et appuyé sur la détente.

-Mrs Vawld ! Mrs Valwd, répondez ! Êtes-vous là? Mrs Vawld ?

Les coups frappés à la porte la tirèrent violemment de son inconscience. Allongée à terre, le pistolet tombé à ses côtés, elle ressentit une vive douleur à la tempe, telle une violente migraine. Mais elle était encore là. Même au pied de son lit, il s’agissait bien de sa cabine du Titanic, et elle reconnaissait la voix de l’homme qui tambourinait à la porte. Combien de temps était-elle restée inconsciente?
Elle se leva lentement, fit glisser d’un coup de pied l’arme sous sa chaise et tourna le verrou de la cabine.
-Tout va bien, monsieur, pas de panique, fit-elle d’une voix enjouée. Pourquoi s'énerver ainsi sur la porte?
-Il se passe des choses étranges, Mrs Vawld... expliqua l'homme d'une voix pâle. Nous sommes revenus là, de nombreux passagers, des membres d'équipage! Nous ne savons pas ce qu'il se passe, nous ne savions pas si vous étiez là. Et nous avons entendu des coups de feu hier...Nous n'osions pas renter... Le pauvre homme semblait désemparé, mais Vespasia ne sembla pas s'en formaliser plus que ça. A l'inverse, elle trouvait normal de voir qu'elle n'était pas la seul à vivre cet étonnant retour.
-Ce….oh ! Ah oui….elle balaya l’air d’une main badine en riant. Figurez-vous que j’ai tenté de me suicider…De mettre fin à ma mort…et je suis encore là. Vous aussi, donc? C’est très étrange, n’est-ce pas ? Il faudrait que je le note dans mon carnet…celui que je tenais lorsque j’étais en vie était rempli de choses intéressantes, mais maintenant que je suis morte, je peux me vanter de toucher à des théories que nul n’a tenu jusqu’alors ! Excusez-moi, j’ai une atroce migraine, je vais me reposer.
Elle referma la porte sur le nez de l’homme, prise dans ses nouvelles théories sur la mort. Elle se rappelait d’avoir décelé ces codes dans une œuvre du maître de Vinci…laquelle était-ce ?


Vivre ainsi? Au gré du vent et de ces vagues? Pourquoi qualifier d’héroïque cette mort qui paraissait si douce? Il ne pouvait en être ainsi lorsqu’on se nommait Vespasia Forbes et que depuis votre plus tendre enfance, vous jouiiez avec la Faucheuse. Un jeu. Une roue qui tournait sans discontinuer.
Elle lui avait offert une nouvelle partie, que Vespasa n’avait pu refuser, tant elle aimait ces petits défis. Que pouvait-il lui arriver? Disparaître comme ce désespéré qui avait fait gronder les parois du Titanic? Ce soir-là, elle avait compris que la mort n’était plus un état, mais que la Faucheuse tirait des ficelles insoupçonnables. La peur l’avait saisie, elle avait du se l’avouer et derrière sa fierté, elle savait que ce petit jeu pouvait prendre un tout autre tournant.

Elle avait décidé de se rendre dans la salle des Désirs sans réelle conviction. Qu’y cherchait-elle? Que désirait-elle, sans oser se le dire à haute voix? L’une de ses plus grande crainte était celle d’être oubliée, reléguée au fond de vieux albums, son visage à jamais gravé entre des lignes d’encres d’un vieux journal. On oublierai lord et lady Vawld, on ne verrait plus leurs noms inscrits dans le marbre des mécènes de Londres, ou la patte de Vespasia sur un Veronese. Ses parents, ses frères feraient-il perdurer leurs noms?

La question avait si égoïste que l’on avait décidé de punir son orgueil. Si violemment, si fortement qu’elle savait que cette vision n’était qu’un cauchemar irréaliste, mais le destin venait là de prendre un tout autre visage, révélant à Vespasia que la douceur d’un voyage éternel pouvait délivrer de nombreuses facettes. Etait-ce un mauvais tour du Capitaine? Si tel était le cas, nul n’avait décidé de sa vie, et nul ne déciderait de sa mort! Si l’expérience d’un désir lui avait fait prendre conscience de sa condition, elle préférait ne pas voir ce qui pouvait advenir, ni entendre les murmures des autres passagers. La cécité valait parfois bien mieux que toute la raison possible pour vivre en plénitude! A quoi bon se perdre dans le malheur? N’avait-elle pas l’éternité pour craindre un mauvais tour? On pouvait mettre ce qui restait de son âme à l’épreuve, mais jamais on ne saurait rendre fou son esprit!

La vie avait semblé insuffisante à Lady Vawld pour accomplir et découvrir jusqu’à satiété de sa curiosité. Elle trouva dans la mort une certaine frustration – en premier lieu celle d’être bloquée sur un navire – mais beaucoup de plaisir à prendre conscience de l’éternité de sa nouvelle existence. Le temps n’avait plus d’emprise sur ce qu’elle devait accomplir, même si les défis s’imposaient à elle pour pimenter cette mort.
Elle s’était prise à ce jeu, poussée par son optimisme sans faille, peut-être l’une des rares à trouver la mort heureuse sur ce navire. Sans doute, se disait-elle, était-ce là le destin de la fille d’un médecin légiste et d’un embaumeur.
     



   
   


Dernière édition par Vespasia Vawld le Dim 16 Mar - 1:31, édité 5 fois
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ADMIN SADIQUEThe body of a woman, but the heart of a lion.
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PROFIL♌ Double Compte : Esther Delmas, Mary-Ann Fleming & Scarlett Hamilton
♌ Prénom ou Pseudo : Mari-Jane
♌ Signaux de Détresse : 8567
♌ Points : 20
♌ Jour d'embarquement : 16/07/2011
♌ Age du Personnage : 23 ans
♌ Profession : Couturière & Danseuse à ses heures perdues
♌ Crédits : Mari-Jane
♌ Photo :
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Journal d'un fantôme
♌ Numéro de Cabine : E10
♌ Situation Amoureuse : Amoureuse de Joseph Earnshaw
♌ Présentation:
MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mer 12 Mar - 21:08

Bienvenue sur GOTA ♥️ J'adore ton avatar   
Si tu as des questions surtout n'hésites pas   
Bon courage pour la suite de ta fiche   

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GEORGIANA O'HARA ϟ « La mort n'est que le commencement. » Le coeur brisé, d'une jeune femme de troisième classe.  

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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mer 12 Mar - 21:15

Han, Lou de Lâage  Quel bon choix !

Bienvenue parmi nous, et bon courage pour ta fiche  
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mer 12 Mar - 21:27

Bienvenue sur le bateau !      
Bon couraaage pour la rédac de ta fiiiche  I love you
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mer 12 Mar - 21:51

Bienvenue à toi Very Happy
Je ne connais pas ton avatar mais la jeune femme est très mignonne Very Happy
SI tu as besoin d'aide, n'hésite pas surtout ^^
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mer 12 Mar - 23:07

Bienvenuuuuuuue parmi nous et bon courage pour ta fiche !!!
Quel magnifique avatar j'adore !!!
Hâte de lire ta fiche Smile
En attendant, si tu as des questions n'hésite pas I love you
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mer 12 Mar - 23:20

bienvenue ♥️ j'aime bien ton titre! ^.^
Bon courage pour ta fiche Wink
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Jeu 13 Mar - 17:28

Bienvenue Vespacia !!!   

Bonne chance pour ta fiche. Amuses-toi bien parmi-nous.   

J'aime bien la profession. Tu travailles là-dedans ou c'est juste une coïncidence ?

J'étudie en technique de muséologie et souvent des œuvres dans les musées qui ont été restaurées dans des temps plus anciens sont en mauvais état à cause des problèmes des anciennes restaurations justement. En autre, ils pensaient bien faire en renforçant les tableaux avec du bois, mais ... Mdrrrr La preuve que la profession a évolué  maintenant. Enfin, je ne suis pas restauratrice juste technicienne.  tongue
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Jeu 13 Mar - 17:54

Bienvenue sur GOTA & Bon courage pour ta fiche   
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Jeu 13 Mar - 20:01

UNE RESTAURATRICE D'OEUVRE D'ART ?! O.o
<3 je t'aime déjà! Bienvenue
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Ven 14 Mar - 0:40

Merci à tout pour vos accueils!!   

En effet, Lou de Laâge est très peu vue, mais j'ai un peu craqué pour elle, et je suis contente, car j'ai trouvé des avatars très sympa...j'ai cru un moment devoir changer car je trouvais très peu de sources et ne graphe pas beaucoup ^^

Dimitri: Alors non, c'est pas du tout mon métier, restauratrice, mais j'aurais bien adoré *-*
Et c'est pas de sa faute, d'accord, elle n'y peut rien si ses collègues ont tout crassé le travail Razz Mais en effet, je trouvais intéressant de la faire travailler dans ce domaine, surtout à cette époque Smile


Allez, je file poursuivre ma fiche!!
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Sam 15 Mar - 13:43

Lou de Laâge est trop mimi  Bienvenue sur GOTA   
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Dim 16 Mar - 0:31

Je viens de lire ta fiche donc Very Happy
Elle est très bien, sauf le passage où Vespa tente de se suicider. Si elle se tire une balle dans la tête, elle va "mourir" pour le restant de la journée. Disons, qu'elle se réveillera le lendemain dans son lit, cela ne se passe pas comme tu le décris.
Pour le reste ça me convient parfaitement Wink
Une fois que tu auras changé cette petite partie, je te validerais avec plaisir.
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Dim 16 Mar - 1:41

Ah en effet, je n'avais pas tout bien compris ^^ Merci pour la remarque, voilà qui est corrigé!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Dim 16 Mar - 3:07


   

   
Félicitation!

   
   

   Et voilà, tu es validé et pour toi une longue aventure commence, pour commencer à faire la fête parmi nous, il va falloir travailler un peu et faire votre fiche de lien (ICI), comme ça tu auras le grand bonheur de te faire harceler par les membres du forum Pour RP aussi, rien ne vaut une fiche de RP, cela sera beaucoup plus simple pour les membres de venir t'en réclamer (ICI). Par (LA), tu peux aussi faire une demande de rang et de cabine, bah oui être SDF, c'est pas toujours drôle  
   Si tu veux, tu peux créer un ou des scénarii, pour faire une famille, des amis, un compagnon ou une compagne, ça se passe par (LA)!

   Pour bien commencer à RP, notre (EVENT) est pour toi  I love you Même si c'est le second tour, rien n'est vraiment commencé donc tu peux facilement t'intégrer  

   Après tout pour bien commencer sur le forum, tu peux tout aussi bien passer par le flood et les jeux, c'est la meilleure porte à prendre pour une meilleure intégration  (ICI)

   Et voilà, maintenant tu sais tout sur tout et ton aventure à bord peut parfaitement commencer  

   

   
   
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Dim 16 Mar - 23:50

Bienvenue & bravo pour ta validation Very Happy
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Lun 17 Mar - 3:09

Félicitation pour ta validation !!!

J'aime beaucoup aussi. T'inquiètes, Dimitri aurait fait bien pire au tableau de la Joconde par exemple.  Razz 
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   Mar 18 Mar - 11:27

Merci à tous!! Je file faire les fiches qui vont bien et me lancer à l'aventure   
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MessageSujet: Re: Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!   

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Lady Vespasia ~J'ai toute la mort devant moi!

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