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 I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa

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MessageSujet: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 13:30



Annalisa Juliet Wise



VOTRE PERSONNAGE


" La différence entre les promesses et les souvenirs, c'est que l'on brise les promesses, et que les souvenirs nous brise. "

AGE DE MORT ♦️ 69 ans dès suite d'un cancer du foie, elle revient sous les traits de ses 29 ans
DATE DE NAISSANCE ♦️ 26 avril 1884
ORIGINE ♦️ Anglaise
SITUATION FAMILIALE ♦️ Mariée et mère de trois enfants
GROUPES ♦️ Les Revenants, deuxième classe à l'époque


DERRIÈRE LA SCÈNE
PSEUDO ♦️ summer flicker
AGE ♦️ 18 printemps
OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♦️ DC de Nora ! 
TON AVATAR ♦️ Natalie Portman
VOULEZ-VOUS ÊTRE PARRAINÉ? ♦️ Ca devrait aller merci ♥️
AUTRE CHOSE A DIRE? ♦️   
CRÉDITS ♦️ paperwings (avatar)








Questions pour un Fantôme



♦️ Que pensez-vous de cette île mystérieuse ?

Je la trouve... intrigante, mystérieuse. Mais pour moi, elle ne relève pas d'une quelconque forme de délivrance comme ce peut être le cas pour les autres. Je suis ce que l'on appelle ici une revenante, j'ai déjà presque tout vu, tout vécu. J'ai eu une vie. Alors île ou pas île, cela m'importe peu, je ne me sens pas prisonnière du Titanic. Néanmoins, je dois bien avouer que ce petit bout de terre au beau milieu de l'océan attise ma curiosité, car à en croire ma sœur Elisabeth, c'est la première fois qu'ils ont la possibilité de toucher la terre ferme depuis le naufrage.

♦️ Comment avez-vous réagis en voyant que vous étiez de retour sur le Titanic, alors que celui-ci est au fond de l'océan?

Je n'y ai pas cru tout de suite, pensant que c'était encore l'un de mes nombreux rêves qui hantaient ma vie depuis la tragédie. Et puis j'ai bien du me rendre à l'évidence. Pour la première fois depuis très longtemps, j'étais heureuse. Le Titanic et les quelques jours que j'avais passé ici furent sans aucun doute les plus beaux de ma vie, entourée de ma sœur, de mon fiancé, et de l'enfant que je portais en moi, accompagnée de l'espoir d'une nouvelle vie en Amérique. Voyant que j'étais bel et bien de retour sur le paquebot, et que cela duré, que ce n'était pas éphémère, j'ai éclaté en sanglots. Des pleurs de joie. Joie de revoir ceux qui m'étaient si chers, et que je n'ai jamais oublié. J'avais enfin la possibilité de vivre avec eux, de les toucher, de rire et pleurer avec eux, de les embrasser. J'étais morte, oui, mais je me sentais revivre. Comme si toute l'existence que j'avais mené après le 14 avril 1912 n'avait été que la surface d'une autre vie. Celle que j'allais enfin avoir ici.

♦️ Que pensez-vous du Capitaine? Est-il une menace pour vous ou une personne fascinante?

Le Capitaine... un des grands mystères du Titanic d'après ma sœur et mon fiancé. J'ai vaguement eu vent de sa réputation, mais rien qui ne me permette d'affirmer avec certitude qu'il représente pour moi une menace ou que je ressente de la fascination pour lui. Cependant, je dois bien avouer qu'il n'a pas l'air blanc comme neige. Beaucoup d'événements étranges et meurtriers se sont produits ici, et le Capitaine semble y avoir sa part de responsabilité. Je suis ici depuis peu, et j'attends de voir avant de me prononcer. Pourtant, nul doute que je ne le porterai pas dans mon cœur, au fur et à mesure que j'entends des choses sur lui...

♦️ Si tu avez la possibilité de quitter le Titanic ou l'île pour réellement mourir, le feriez-vous? Pourquoi?

Définitivement non. C'est comme si l'on répondait enfin à mes prières, celles de retrouver l'amour de ma vie et ma sœur. Je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu ma vie, je l'ai subi. D'une certaine manière, j'ai toujours vécu dans la nostalgie et le passé. Mes rêves m'ont été arraché lorsque j'ai appris que les deux personnes les plus importantes pour moi ne s'en était pas sortis. Je me suis raccrochée à mon enfant, mais le choc de perdre ces deux piliers fut tellement violent que mon bébé me fut lui aussi arraché. A partir de ce moment là, je n'ai été que l'ombre de moi même. Je me suis créée une bulle, un masque. Un masque qui ne me quittait que lorsque j'étais seule. Je faisais bonne figure, je ne laissais rien paraître, mais à l'intérieur de moi, mon âme périssait. J'étais comme une fleur fanait. Alors mourir à nouveau, être privée encore une fois d'Elisabeth et de Julian... non. Rien que d'y penser, mon cœur, déjà meurtrie par de longues années de souffrances, se brise un peu plus.

 



Dernière édition par Annalisa Wise le Lun 24 Fév - 16:51, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 13:30


Where were you when
everything was falling apart ?


Le ciel était bleu, les feuilles des arbres d’un vert flamboyant, et toutes les fleurs écloses, parsemant le jardin d’une multitude de petits points colorés, et dégageant la merveilleuse odeur du printemps. Le vent était frais mais d’une incroyable douceur, et l’herbe fraîchement mouillée par la rosée matinale. Un temps comme il en était rare au Royaume-Uni, dans la compagne anglaise non loin de Londres. Au beau milieu du parc se dressait, comme un roi au-dessus de son peuple, une imposante bâtisse de pierre. Un manoir scandaleusement grand et beau, abritant l’une des plus riches et influentes familles d’Angleterre. De part et d’autre du château, des chemins gravillonnés l’entourait, et des bancs de pierres et de bois venaient s’y ajouter. Il y avait même une fontaine, juste au centre, exactement en face de la porte d’entrée, dont l’eau qui tombait en cascade venait s’ajouter aux chants des oiseaux et aux rires cristallins de deux petites filles brunes qui couraient dans les jardins, qui s’amusaient à faire fuir les oiseaux et à se rouler dans l’herbe. Le cadre était magnifique, et le tableau criant de beauté et d’amour.

Brutalement, la vision de cette campagne et de ces deux sœurs s’éclipsa lorsqu’Annalisa se réveilla en sursaut au son d’un cri et de pleurs d’enfant. Couchée dans le canapé du salon, elle mit du temps à rassembler ses souvenirs et à reconstituer sa soirée. Un verre de cristal brisé à ses pieds, et le cadavre d’une bouteille de whisky vide sur la table, il ne lui en fallut pas plus pour qu’elle comprenne. D’une démarche peu assurée, Annalisa tituba jusqu’à la petite commode de marbre la plus proche, s’y accrochant comme à une bouée de sauvetage. Ce n’était pas la première fois qu’elle était dans cet état, et encore moins la dernière. L’alcool était devenu son refuge, une partie si ce n’est la plus grande, du masque qu’elle s’était forgée au fil des années. Toujours, elle tenta de protéger ses enfants de cette facette d’elle peu élogieuse. Elle avait honte de se mettre dans de pareils états, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Le champagne, le vin, le whisky… ils faisaient partis de son quotidien, au même titre que les livres pour certains, les rires ou les pleurs. C’était sa façon de se sentir forte et d’éviter de sombrer. Annalisa avait trouvé en eux ses plus fidèles compagnons, mais peu de personnes le savaient. Son mari, oui bien sûr, bien qu’il se soit toujours voilé la face, refusant de voir la réalité. Ses enfants un peu aussi, malheureusement, qui ont toujours connu leur mère avec un verre d’alcool à la main, et puis les domestiques, aux premières loges pour découvrir leur maîtresse dans d’affreux états. Aimee était sa plus fidèle confidente, et celle qui s’occupait d’elle pratiquement à chaque fois. Combien de fois l’avait-elle ramassé sur le sol de la salle de bain, alors qu’elle venait de s’y écrouler, ou bien au pied de son lit, incapable d’y remonter toute seule ? Aimee ne la jugeait pas. Elle voyait bien que c’était une femme blessée, et que rien n’y personne ne pourrait la soulager si ce n’est la mort. Même ses enfants n’arrivaient pas toujours à la faire sortir de cette spirale infernale dans laquelle elle s’était engouffrée après le naufrage du Titanic, en 1912. Encore une fois, Annalisa s’écroula par terre au pied du petit meuble. Elle arriva à se relever, et entama une longue marche vers l’immense escalier de la demeure qui, au fil des années, lui semblait de plus en plus grand, et les marches de plus en plus hautes. Aimee arriva derrière elle, lui ordonnant doucement de la laisser s’occuper des enfants, et elle la fit coucher dans la chambre d’amis du bas, sachant pertinemment qu’il lui était impossible de coucher sa maîtresse dans son propre lit à l’étage. Jack, le petit dernier âgé de quatre ans, continuait de pleurer toutes les larmes de son corps lorsqu’Aimee arriva enfin près de lui une fois Annalisa couché. Elle le berça du mieux qu’elle put alors qu’il ne cessait de réclamer sa mère entre deux sanglots. En effet, en dépit de ce que l’on pouvait croire, Annalisa était une bonne mère qui s’occupait extrêmement bien de ses enfants. Aimante, à l’écoute et disponible, elle était tout le contraire de ses parents qui l’élevèrent elle et sa sœur Elisabeth de la façon la plus dure et stricte qui soit. Sa mère se terrait dans ses appartements, désireuse de n’avoir pour seul compagnie qu’elle-même, et son père était un homme très prit, souvent absent et peu démonstratif. Annalisa s’était donc toujours jurée d’être une meilleure mère que ne le fut la sienne, et sa fibre maternelle se développa très tôt lorsqu’elle dut s’occuper de sa petite sœur Elisabeth au décès de leur mère. Certes cette dernière ne fut pas très présente en tant que figure maternelle dans leur vie, mais elle demeurait celle qui les avait mis au monde. Annalisa avait dix-huit ans, Elisabeth quatre ans de moins. Elle n’était encore qu’une petite fille qui ne connaissait pas grand-chose de la vie, et Anna sût qu’il était de son devoir de la prendre sous son aile, et de canaliser la fougue passionnée de sa cadette. Alors oui, quoique l’on puisse penser en la voyant de la sorte, Annalisa était une bonne mère. Elle avait deux facettes, comme une pièce. Lorsque le soir vient, que la nuit laisse tomber son voile obscure sur New York, Annalisa se retrouve seule face à ses démons. La nostalgie qui la guette toute la journée l’éclipse un peu plus le soir, le passé l’emporte, et le vin devient son unique consolation. Mais la journée, alors que New York est baigné d’une douce lumière, elle devient une toute autre personne : elle incarne la belle Madame Wise, un verre de Chardonnay à la main, organisatrice de somptueuses soirées. Elle est l’élégance même, la classe à l’anglaise chez les américains, et personne ne se doute de rien. Personne n’a conscience du mal qui s’abat sur elle le soir et de la tristesse qui l’habite chaque jour. Tous les jours constituent pour elle une grande mascarade, tous les jours elle porte un masque. Au fil des années, Annalisa a sût apprivoiser son penchant pour l’alcool, la journée elle ne boit que quelques verres, tenant trop à ses enfants pour se livrer en spectacle devant toute la crème new-yorkaise. Le soir est une autre histoire, mais ils ne sont pas tous synonymes d’ivresse pour elle. Certains sont plus durs que d’autres, car parfois il se peut qu’elle ne touche pas à une goutte d’alcool.

Lorsqu’elle avait dix-neuf ans, sa vie prit un nouveau tournant, entre la perte d’une mère et une nouvelle rencontre qu’elle n’oublierait jamais. Main dans la main, Annalisa se souvient de ce moment comme si c’était hier. Ils marchaient tranquillement dans les rues de Londres, traversant le marché comme s’ils n’y avaient qu’eux. Le temps leur semblait comme suspendu, et elle aurait voulu que cette journée dure éternellement. Difficile de croire que la mère de la jeune Annalisa était morte depuis seulement un an, tandis que sa fille rayonnait littéralement de bonheur accroché au bras d’un charmant jeune homme, riant aux éclats au point que sa mâchoire s’en détache. Et elle se sentait coupable… de se sentir aussi bien. C’était la première fois qu’elle était aussi heureuse, et le décès de sa mère, bien que sa perte fût douloureuse, ne fit pas le poids face à cet amour adolescent naissant. Il ne s’agissait pas d’une simple amourette. Ni pour elle, ni pour lui. Longtemps la jeune fille se sentit coupable de ne pas pleurer jour et nuit à chaudes larmes, et d’afficher involontairement son bonheur aux yeux de son père. Et peu à peu, celui-ci n’arrivait même plus à regarder sa fille dans les yeux, et lorsqu’elle lui présenta celui qui faisait tant battre son cœur, la déchéance fut lourde. Elle aurait du se douter qu’il ne l’apprécierait pas, car Julian était tout sauf le fils d’une riche famille d’aristocrate. Il faisait parti du commun des mortels, ses parents étaient tous les deux instituteurs, mais ce n’était pas assez pour le père Cavendish. Il ne voulut rien savoir de lui, refusa de lui serrer la main quand Anna lui présenta, et lui interdit même de le revoir. Au fond, en plus que ce jeune homme ne soit pas du même milieu qu’eux, il reprochait à sa fille d’avoir tourné la page si vite après la mort de sa mère, et de s’être laisser berner par ce « pauvre garçon qui te lâchera dans deux mois ». Mais il avait tort. Annalisa et Julian ne se sont pas quittés d’une semelle après leur première rencontre. Son père ne s’est jamais excusé de l’avoir jugé trop vite, il ne l’a jamais accepté, préférant toujours l’éviter quand Anna l’invitait chez eux. Pourtant, ce n’est pas son comportement froid et distant qui les empêcha de s’aimer un peu plus chaque jour, parfois même juste en se regardant. Il représentait tout pour elle, elle ne se voyait absolument plus faire sa vie sans lui, et son père comprit bien vite que la petite fille modèle qu’elle fût autrefois n’était plus. Elle qui était censée être celle qui ne devait poser aucuns problèmes, qui devait rester dans les rails, épouser le fils Cleveland et assurer une belle descendance… Les parents Cavendish s’étaient préparés à la rébellion d’une de leurs filles, mais ils s’attendaient à avoir ce type de soucis avec leur cadette, Elisabeth. Jamais ils n’auraient cru qu’Annalisa, la douce et discrète Annalisa, s’y mettrait aussi. Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore, et Julian et Annalisa l’incarnait parfaitement…

Avec le recul, Annalisa regrettait amèrement que son père n’ait pas appris à mieux le connaître, à dépasser ses préjugés, et à mettre un peu de côté sa fierté d’homme. Toute cette partie de sa vie lui semblait d’un autre monde. Si loin et en même temps si proche. Quand Annalisa a embarqué sur le Titanic en 1912, elle avait vingt-neuf ans et ne fut jamais aussi épanouie qu’à cette époque. Sa sœur Elisabeth était aussi du voyage, envoyée par leur père chez leur tante en Amérique, désireux de fermer ce chapitre de sa vie, et d’en écrire un nouveau avec sa nouvelle femme. Bien entendu, il ne le dit pas de la sorte, mais les filles n’étaient pas idiotes, ayant bien compris que plus rien ne les retenait ici, pas même leur géniteur. Annalisa décida alors elle aussi de traverser l’Atlantique avec son fiancé, refusant de laisser sa sœur seule pendant ce voyage et cette nouvelle vie qui l’attendait de l’autre côté. Elles ne lâchèrent pas une seule larme lors des adieux avec leur père. Adieux qui furent d’ailleurs bien courts… Les premiers jours de la traversée étaient dignes d’un conte de fées. Elisabeth voyageait en première classe, Annalisa et Julian en deuxième. Enceinte de cinq mois, Anna trépignait d’impatience de voir le visage de son bébé, de le serrer dans ses bras, de l’entendre dire ses premiers mots, de lui apprendre à marcher… C’était son premier enfant, et elle l’aimait déjà d’un amour inconditionnel. Tous deux persuadés qu’il s’agissait d’une fille, ils avaient prévu de l’appeler Louise. « Elle sera douceur, beauté et intelligence, comme sa mère. » Sans le savoir, Annalisa était entrain de vivre tout ce dont elle avait toujours rêvée, mais sans jamais avoir osé penser qu’un jour cela lui arriverait. Depuis toute petite, elle s’était faite à l’idée qu’elle épouserait Peter Cleveland alors même qu’ils n’avaient que deux ans. Elle aurait beaucoup d’enfants, serait femme au foyer, même si ce sont les domestiques qui se chargeront de l’éducation de ses enfants. Elle passerait ses journées à boire du thé en compagnie de ses amies, et organiserait une multitude de soirées à la gloire de leur richesse. Le dessein était déjà tout tracé, et Anna n’avait plus qu’à enfiler la robe et les chaussures qui l’y mèneraient. Elle ne s’y opposa pas, ignorant bien ce qu’elle pourrait faire de sa vie si ce n’est contenter ses parents, jusqu’au jour où elle croisa son regard, et qu’elle goûta, enfin, aux plaisirs du véritable amour et à la liberté. Pour la première fois, Annalisa pris conscience de son futur avec une autre perspective. Un angle différent bien plus clair et plus joyeux que celui de ses parents. Le sien.

Malheureusement, ce qu’elle croyait durer toute sa vie, jusqu’à son dernier souffle, s’arrêta net la nuit du 14 avril 1912, qui marqua le début d’un affreux déchirement.
La nuit était sombre, le ciel étoilé, et les cris et pleurs des passagers mirent fin à ce silence et à ce calme. C’était le début de l’enfer. Pour tout le monde. Très vite, Annalisa se retrouva les pieds dans l’eau, la mine apeurée. Julian ne mit pas longtemps à comprendre ce qui se passait et attrapa les gilets de sauvetage dans l’armoire de la chambre. Il équipa Annalisa, et enfila le second gilet orange. « Julian… que se passe-t-il ? Pourquoi la cabine est inondée ?! » La porte de leur cabine s’ouvrit brutalement, et un membre d’équipage affolé se présenta à l’encadrement de la porte. « Mettez vos gi… c’est fait très bien. Prenez le strict minimum et dépêchez-vous de monter sur le pont extérieur. Prenez un canot de sauvetage dès que vous le pouvez et… priez pour nous. » Annalisa se souviendra toujours de cet homme, de ces mots et de l’expression de son visage. « Viens dépêche-toi. » Julian attrapa une de leurs petites valises dans laquelle il mit tout le nécessaire pour sa femme enceinte, puis il lui attrapa la main et l’emmena sur le pont extérieur. Très vite, Elisabeth les rejoignit. Les canots de sauvetage commençaient à se remplir de plus en plus, et les deux filles Cavendish réussirent à monter dans l’un d’eux. « J’a…j’ai oublié le médaillon de maman ! Il faut que je le récupère ! » Elisabeth embrassa sa sœur aînée sur le front, lui promettant de revenir très vite, et sortit du canot. C’est la dernière fois qu’Annalisa vit sa sœur. Le canot commençait à descendre lorsqu’Anna se rendit compte que Julian n’était pas à ses côtés. Elle leva les yeux, et l’aperçut, immobile le regard vers elle. « Je prendrais le prochain Anna ! » et, d’une voix tremblante, il ajouta… « Je t’aime. » Anna éclata en sanglots, lui criant en retour qu’elle l’aimait aussi, mais peu certaine qu’il l’entendit. Pendant des heures ils restèrent sur ces canots, dans le froid glacial, témoins impuissants du naufrage du Titanic qui s’enfonçait toujours un peu plus dans l’eau, finissant par disparaître complètement. Annalisa ne cessa de prier, alors qu’elle n’avait toujours aucunes nouvelles de Julian et de sa sœur. Sur le Carpathia, la jeune femme s’est mit à leur recherche, en vain. Gardant toujours espoir, elle continua de chercher sur le sol américain, parmi les listes des survivants. Elle interrogea tout le monde, deux fois, trois fois, agitant sans cesse une photo de Julian et d’Elisabeth. Mais elle dut se rendre à l’évidence : ils ne s’en étaient pas sortis. Recueillis par sa tante Mathilda, Annalisa demeurait inconsolable, et un nouveau malheur s’abattit sur elle lorsqu’elle apprit qu’elle venait de perdre son enfant. La seule chose qui la faisait encore tenir, qui la rattachait à Julian. Son monde s’écroula un peu plus autour d’elle, le sol se déroba sous ses pieds, elle resta cloitrée dans sa chambre pendant de longues semaines, et découvrit l’alcool et ses bienfaits.

Ainsi passa une année, où Annalisa n’était rien d’autre qu’une épave, au même titre que le Titanic. Puis, sa tante Mathilda l’aida à la sortir un peu de sa torpeur, et à trente ans, Anna se maria. Elle vivait sans réellement vivre, avec l’impression de n’être qu’une façade. Prenant les choses comme elle venait, elle se retrouva la bague au doigt, et nouvelle femme du riche homme d’affaire Matthew Wise. Ce dernier se rendit vite compte qu’elle ne semblait pas pleinement heureuse à ses côtés, mais il l’avait toujours connu ainsi, même lorsque Mathilda le la lui présenta. Il était fou amoureux d’elle, elle était la femme de sa vie, et préférait faire comme si de rien n’était. C’était un homme gentil, doux, souvent absent, mais fidèle. Annalisa se sentait un peu coupable de ne pas lui rendre le même amour qu’il lui portait, mais elle apprit avec le temps à l’aimer, un peu. Elle ne ressentait aucune haine envers lui, elle le respectait profondément, et le remerciait chaque jour de lui avoir donné trois beaux cadeaux qui lui permit de sortir la tête de l’eau : leurs enfants. A trente-et-un an, elle donna naissance à une fille qu’elle appela Louise. Matthew était au courant de ce qu’Anna avait vécu, de la perte d’Elisabeth, de son fiancé, et de son enfant. Il respectait son passé, et ne s’opposa pas à sa volonté d’appeler sa fille de la même manière que devait l’être son premier enfant. Deux ans après, une seconde fille naquit : Elizabeth, en hommage à sa sœur défunte. Enfin, à trente-cinq ans, Annalisa accoucha d’un petit garçon, Jack, son portrait craché d’après Aimee. Grâce à eux, elle reprit goût à la vie, mais ne cessa pour autant de vivre d’une certaine façon dans le passé. Peu de personnes s’avaient réellement ce qu’elle avait vécut. Qu’elle avait survécu au naufrage du Titanic ? Ca oui, les gens étaient au courant. Mais pas concernant les trois pertes qu’elle avait subit. Elle était devenue Madame Annalisa Wise, belle et cultivée épouse du chanceux Matthew Wise, heureuse mère de trois adorables enfants, et bienveillante maîtresse d’une somptueuse maison. Très nostalgique et triste, elle ne regrette pas pour autant sa vie d’après, rien que pour ses enfants qu’elle chérit de tout son cœur.

L’anglaise mourut à l’âge de soixante-neuf ans dès suite d’un cancer du foie. L’alcool aura finalement gagné, privant ses enfants de leur mère. Elle se souvient de leurs derniers regards, de leurs derniers sourires, du dernier baiser de son mari, et de son dernier souffle. L’espace d’une seule petite seconde, elle se sentit apaisée et libérée. Jusqu’à ce qu’elle ouvre de nouveau les yeux, accoudée à la balustrade du Titanic, le regard  perdu vers l’horizon bleu qui s’étendait à perte de vue face à elle. Et de nouveau, elle se sentit libérée et apaisée, car elle était de retour sur le Titanic, à l’époque où elle était la femme la plus heureuse du monde. Une nouvelle vie s’offrait à elle, ou plutôt son ancienne vie, celle qu’elle n’eut jamais le temps d’expérimenter, celle qui lui a été volé. Elle baissa les yeux, et se remémora les paroles de sa tante Mathilda, alors qu’un large sourire se dessina sur son visage, comme si elle avait toujours su, qu’un jour, cela arriverait. « Tu sais Anna, dans la vie, tout est une question de temps… »
 




Dernière édition par Annalisa Wise le Lun 24 Fév - 16:48, édité 1 fois
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ADMIN SADIQUEThe body of a woman, but the heart of a lion.
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PROFIL♌ Double Compte : Esther Delmas, Mary-Ann Fleming & Scarlett Hamilton
♌ Prénom ou Pseudo : Mari-Jane
♌ Signaux de Détresse : 8567
♌ Points : 20
♌ Jour d'embarquement : 16/07/2011
♌ Age du Personnage : 23 ans
♌ Profession : Couturière & Danseuse à ses heures perdues
♌ Crédits : Mari-Jane
♌ Photo :
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Journal d'un fantôme
♌ Numéro de Cabine : E10
♌ Situation Amoureuse : Amoureuse de Joseph Earnshaw
♌ Présentation:
MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 13:33

Re-Bienvenue Nora   

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GEORGIANA O'HARA ϟ « La mort n'est que le commencement. » Le coeur brisé, d'une jeune femme de troisième classe.  

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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 15:09

Merci Georgiana   
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 15:20

Re-Bienvenue avec ce magnifique avatar   
J'ai hâte de découvrir ton nouveau personnage  
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 15:44

NATALIE I love you   
Bienvenue !!   
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 16:06

Merci vous deux   
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 17:44

Héhé  <1 Ma sister   
Rebienvenue ici, hâte de lire ton histoire   
Je vais essayer de voir ma propre chronologie mais bon ce sera des détails   
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 17:56

Re-Bienvenue Very Happy
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 19:25

Re bienvenuuuuuuuue ma Nora d'amour hâte de lire ta fiche !!!
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 21:06

Re-Bienvenue ! Je sens que ce sera un superbe personnage ! Very Happy
En tout cas, bon courage pour ta fiche !! I love you
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Dim 23 Fév - 21:07

Merciiiiiiii      
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Mer 26 Fév - 1:24


   

   
Félicitation!

   
   
Bon :DComme tu peux le voir, c'est OK pour moi.  Je n'ai pas grand chose à dire, y'a quelques petites fautes mais trois fois rien, j'adore Annalisa son côté alcoolique, son côté double vie. Ta fiche est très bien, pas parfaite mais presque franchement, on voit que tu t'es appliquée, t'es même allée lire le RP sur ma mort j'ai été surprise mais conquise. Alors, je vais juste rajouter quelques trucs qui ne figurent pas dans ta fiche mais c'est entièrement de ma faute n'est-ce-pas Elisabeth était malade, atteinte de la tuberculose et pour toute la relation familiale/parents et tout je te conseille d'aller lire la fiche de Kaya, l'ancienne Hélène qui avait particulièrement bien traduit tout ça (ICI). Pour la mort de la mère, c'était à 17 ans mais on peut laisser 18 ans, je m'en fiche comme j'ai dis xD Moi je vais compléter ma fiche je pense histoire de mettre au clair toutes les informations officiellement :mdr:Et puis voilà je crois que j'ai tout dis ** On se fera un RP à mon retour, et voilà amuses toi bien avec Annalisa ♥️ Je suis de toute contente d'avoir ma soeur, enfin   Désolée de t'avoir fait attendre   

   Et voilà, tu es validée et pour toi une longue aventure commence, pour commencer à faire la fête parmi nous, il va falloir travailler un peu et faire votre fiche de lien (ICI), comme ça tu auras le grand bonheur de te faire harceler par les membres du forum Pour RP aussi, rien ne vaut une fiche de RP, cela sera beaucoup plus simple pour les membres de venir t'en réclamer (ICI). Par (LA), tu peux aussi faire une demande de rang et de cabine, bah oui être SDF, c'est pas toujours drôle  
   Si tu veux, tu peux créer un ou des scénarii, pour faire une famille, des amis, un compagnon ou une compagne, ça se passe par (LA)!

   Pour bien commencer à RP, notre (EVENT) est pour toi  I love you Même si c'est le second tour, rien n'est vraiment commencé donc tu peux facilement t'intégrer  

   Après tout pour bien commencer sur le forum, tu peux tout aussi bien passer par le flood et les jeux, c'est la meilleure porte à prendre pour une meilleure intégration  (ICI)

   Et voilà, maintenant tu sais tout sur tout et ton aventure à bord peut parfaitement commencer  Very Happy

   

   
   
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Mer 26 Fév - 11:40

Je suis super contente qu'Annalisa te plaise, vu qu'elle est assez différente de ton Hélène de base ! Je suis allée lire la fiche de l'autre Hélène, elle est très bien écrite, et j'ai bien cerné l'enfance des 2 sœurs notamment Smile
Merci beaucoup en tout cas, hâte de RP avec toi   
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   Mer 26 Fév - 22:45

Faut se servir de la fiche de Kaya comme base, car c'est vraiment ça ♥️ Dans tous les cas, c'est le passé donc bon c'est pour ça que je t'embête pas là dessus xD Je suis contente de te voir en Portman ! Et au plaisir de RP à mon retour with you encore et encore  
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MessageSujet: Re: I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa   

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I know that it's a lie from the black in your eyes ♠ Annalisa

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