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 Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux

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MessageSujet: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 21:52



Aurore Leïla Fitzwalter



VOTRE PERSONNAGE


"You are so brave and quiet I forget you are suffering. "
AGE DE MORT ♦️ 24ans sur le Titanic. Elle mourut seulement à 25ans.
DATE DE NAISSANCE ♦️ 15 Juin 1888
ORIGINE ♦️ Turque et anglaise.
SITUATION FAMILIALE ♦️ Orpheline, mais elle a 2frères et 1sœur et elle est fiancée.
GROUPES ♦️ Les Revenants


DERRIÈRE LA SCÈNE
PSEUDO ♦️ Mayelle. Eh oui, encore moi Rolling Eyes
AGE ♦️ 18ans (enfin !   )
OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♦️ Par une Licorne !
TON AVATAR ♦️ Emilie de Ravin
VOULEZ-VOUS ÊTRE PARRAINÉ? ♦️ ça devrait aller   
AUTRE CHOSE A DIRE? ♦️ Vive la schizophrénie !!!   
CRÉDITS ♦️ Tumblr et Bazzart








Questions pour un Fantôme



♦️ Que pensez-vous de cette île mystérieuse? Cette île ? Je ne suis ici que depuis peu mais je dois avouer qu'elle ne m'inspire pas confiance. De toute manière, tout me semble surnaturel ici. C'est comme si un sort nous avait été jeté à tous. Magie ou malédiction ? Je ne saurai le dire, mais tout ce que je sais, c'est que cette île ne présage rien de bon. Je ne m'y suis pas souvent risquée depuis mon arrivée et de nombreux récits m'en ont dissuadée. J'ai peut-être mis fin à mes jours de mon propre chef, mais maintenant, je tiens plus que jamais à la ... vie ?

♦️ Comment avez-vous réagis en voyant que vous étiez de retour sur le Titanic, alors que celui-ci est au fond de l'océan? Au début, j'ai réellement cru que je m'éveillais d'un mauvais rêve. J'étais persuadée que le naufrage, la mort, les cris, les pleures et mes mois en Amérique n'étaient ni plus ni moins qu'un cauchemar. Malheureusement, je ne mis pas longtemps avant de comprendre que j'étais sur la mauvaise voie. Nous étions tous morts, véritablement morts et en tant que revenante, je me trouve étrangement crainte. Mais au moins, je me dis que nous serons enfin réunis ici. Ce n'est pas le Paradis, mais nous pouvons le construire nous-même avec les lambeaux de notre existence.

♦️ Que pensez-vous du Capitaine? Est-il une menace pour vous ou une personne fascinante? Mon avis sur le Capitaine est à peu près le même que celui que j'ai pour l'île. Je ne veux pas me faire de mauvaises idées et juger trop vites, mais il suffit d'entendre tout ce qui se raconte sur lui. C'est assez... troublant. Néanmoins, j'attends de pouvoir me faire une réelle opinion de lui avant de pouvoir porter un jugement. Mais je doute que les gens aient pu mentir à son propos...

♦️ Si tu avez la possibilité de quitter le Titanic ou l'île pour réellement mourir, le feriez-vous? Pourquoi? Absolument pas. Il est pour moi mon seul moyen de parvenir à tenir la promesse de ma mère. Je n'ai pu l'accomplir de mon vivant, alors je compte bien me rattraper sur le Titanic, mais pour cela, il faudrait que je retrouve ma famille.... Avec elle, je suis sûre que je pourrai faire face à tout comme j'ai pu le faire par le passé. Elle est mon pilier, ma béquille, mon phare et ma vie. Je ne risque pas de les quitter.

 




Chapitre 1 : Enfance




Le soleil n’avait pas encore rencontré la nuit.

Dans la chaleur douillette de votre petit logis, tu sens ce sentiment doux et rassurant qui t’enveloppe. Tes frères sont avec toi et leur présence t’apaise, d’autant qu’ils ne cessent de faire des pitreries pour te faire rire. Tu tentes néanmoins d’étouffer tes gloussements en enfonçant ta tête dans ton oreiller pour que tes parents ne vous entendent pas. C’est la nuit et vous êtes tous censés dormir à point fermé. Mais tes frères ne sont nullement épuisés par cette rude journée à travailler dans les champs et à transporter des fagots sur leurs dos fragiles. Bien au contraire, malgré leurs jeunes âges, cela les endurcit et leur enseigne l’éprouvante vie de fermier que vivent tes parents et qui sera bientôt la leur.
L’aîné, c’est Malik. Il n’a que huit ans, mais il se comporte déjà comme un homme. Chaque jour, il s’emploie à porter des charges plus lourdes sur son dos afin de délester son frère et sa sœur. Vos parents lui ont appris que la famille était quelque chose très important et qu’il fallait sans cesse veiller les uns sur les autres. Malik prend son rôle très à cœur et cherche toujours à vous protéger du moindre danger. Mais il reste toujours cet enfant enjoué et intrépide qui fait des grimaces avec son jeune frère pour te faire rire.
Tu as fait un mauvais rêve. Tu sens encore tes joues humides de larmes, mais un sourire ourle tes lèvres maintenant que tes frères veulent te réconforter.
Même Tristan se prête au jeu. Il n’a que six ans mais il sait quand tu es triste ou non, quand il faut rire ou pleurer avec toi, quand il faut te réconforter ou te laisser seule. Son regard vif émerveille. Son intelligence impressionne et tes parents songent que plus tard, il pourrait aller à la ville pour apprendre avec les autres enfants. Tu as seulement cinq ans, mais tu es fière de lui. Tu lis l’amour dans le regard de tes parents et cela suffit à te ravir pour que tu ne rêves plus que du bonheur de ton deuxième frère.
Mais soudain, tu ne peux plus te retenir et tes frères font trop de bruits. Tu essayes de les contraindre au silence en mettant un doigt devant ta bouche, cependant, c’est déjà trop tard. Des bruits de pas se font entendre dans le couloir. Immédiatement, Malik et Tristan se précipitent vers le lit et s’enfouissent sous les draps. Tu sens la chaleur de leurs corps près de toi et tu n’as plus peur. Tu les entends qui retiennent des gloussements et tu as soudain envie de rire avec eux, mais voilà que la porte de la chambre s’ouvre. La lueur que dispense la bougie que tient ta mère se répand dans la chambre et confère une lumière tamisée. Tu perçois l’ombre de ta mère sur le mur en face de la porte et tu la sens s’approcher. Puis tout à coup, Tristan éclate de rire et vos rires se joignent au sien. Vous êtes démasqués et votre mère vous morigène avec peu de conviction, trop amusée et attendrie pour cela. Elle vient alors s’asseoir sur ce grand lit où chaque nuit, vous dormez tous les trois.Ensembles.
Elle pose son bougeoir sur la table de chevet et actionne la boîte à musique avec la clef dont les notes s’envolent dans le vent. Elle commence à vous border en fredonnant un air de votre pays sur la mélodie de la boîte. Un air turc. Tu la regardes avec ses longs cheveux noirs de geai, ses yeux en amande, ses prunelles noires mais tendres et tu la trouves belle. Sa journée dans les champs l’a éprouvée. Tu le vois aux cernes qui bordent la lisière de ses yeux, à ses gestes lents et à son regard qui brille moins que d’ordinaire. Mais tu sais aussi que ce qui l’épuise le plus, c’est ce petit être qui se niche dans l’arrondie de son ventre. Chaque jour, tu aimes à poser ta main dessus pour sentir si le bébé bouge mais ta mère te rappelle sans cesse qu’il est encore trop tôt. Pourtant, tu ne peux t’empêcher d’effectuer quotidiennement ce geste avec espoir, comme une vieille rengaine. Si tu ne le fais pas, tu sais que tu te sentiras mal pour le reste de la journée.
Finalement, c’est Tristan qui rompt le tendre silence qui s’est installé dans la chambre.
« Raconte-nous une histoire ! »
« Oh oui ! S’il te plaît ! » renchéris-tu, impatiente de te laisser bercer vers le sommeil grâce à la douce voix de ta mère.
Elle sourit et regarde tendrement vos trois regards avides pointés sur elle. Elle caresse tour à tour vos visages avant de débuter son histoire sous vos yeux emplis d’admiration.
« Il était une fois, un prince qui vivait dans un très lointain pays où il faisait toujours gris. Le prince était un homme beau et fort qui rêvait d’aventures et de grands voyages. Alors lorsqu’il fut en âge de voler de ses propres ailes, il s’engagea dans une longue odyssée. Il traversa de très nombreuses contrées, découvrit diverses cultures, combattit les mers déchaînées et vécut de ce que le jour lui offrait. Quand un beau jour, alors qu’il se trouvait dans un royaume ardent et exotique, il rencontra une paysanne. Dès qu’il la vit, il en tomba éperdument amoureux. Son cœur ne soupirait plus que pour elle et il aimait à l’appeler son « joyaux de l’est ». Il s’employa longtemps à lui faire la cour afin de gagner son cœur et finalement, elle se laissa submerger par cet amour que lui inspirait le prince. Il la demanda en mariage et elle accepta. Elle était prête à la suivre jusque dans son royaume. Tout cela avait l’air d’un beau conte de fées, mais les épreuves ne faisaient que commencer. »
Le récit vous passionne et vous vous surprenez à ouvrir de grands yeux presque effrayés, désireux de connaître la suite de l’histoire. Cela amuse votre mère qui poursuit sur le même ton.
« En effet, le prince avait prévenu ses parents par missive qu’il souhaitait leur présenter l’élue de son cœur et qu’il reviendrait très prochainement au royaume pour la leur présenter. Mais il reçut rapidement une lettre de réponse qui l’enjoignait à retourner auprès de ses parents, et ce, seul afin qu’ils parlent. Pressé au départ, le prince dut dire au revoir à sa belle fiancée mais il lui fit la promesse de retourner la chercher très bientôt. De retour dans son royaume, il retrouva le roi et la reine qui étaient très en colère. Il refusait cette union très désavantageuse avec une étrangère. Ils voulurent le forcer à rompre ses fiançailles. Mais le prince, amoureux, ne céda pas et leur teint tête. Il choisissait sa paysanne, malgré toutes les protestations de ses parents. Impuissants face au choix de leur fils unique, ils n’eurent d’autre recours que de le menacer de le déshériter et de le bannir de leur royaume, refusant d’avoir encore affaire à lui. Mais encore une fois, son amour était plus fort et il choisit la paysanne. Le roi et la reine mirent alors leur sentence à exécution et le prince s’enfuit de ses contrées natales pour retrouver sa fiancée. Cette dernière l’attendait toujours dans son petit village. Il lui apprit alors la nouvelle. Plus de titre, plus de fortune, plus de nom. Il craignait que sa promise de le rejette mais ce n’était point sa fortune qui intéressait la paysanne. Ils décidèrent alors de se marier dans le village de sa promise et d’y vivre pour toujours, vivant de leur amour et du travail des champs. Ils vécurent alors heureux et eurent beaucoup d’enfants.»
Un silence admiratif plane dans la chambre. Cette histoire te plaît mais tu sais que ce n’est pas un conte. Tristan comprend aussitôt de quoi il en retourne.
«Mais ce n’est pas un conte ça ! C’est ton histoire avec papa !»
« Oui. Il a raison » acquiesça Malik aux paroles de ton frère. « Et puis, papa n’était pas un prince en Angleterre. C’était un Duc. »
« Vous avez raison. Mais avouez que c’est un beau conte. Souvenez-vous toujours que ce n’est nullement la fortune qui compte, mais ce que vous avez dans le cœur. » sourit ta mère avec bienveillance. « Allez, maintenant, il vous faut dormir. Demain sera encore une rude journée de travail.»
Tu admires toujours la manière dont ta mère parvient à vous inculquer ses leçons et la beauté de son enseignement. Tu la regardes refermer la boîte à musique et puis partir, des étoiles dans tes claires prunelles. Tu te loves un peu plus contre Malik qui te prend dans ses bras afin d’éloigner tes mauvais rêves. Ta mère referme la porte et le sommeil t’emporte.
Il t’emporte vers les étoiles.

L’enfance a des saveurs, la tienne a comme un goût de cendre.

Ce jour-là, tu t’en souviens comme si c’était hier car il est ton ultime jour de bonheur. Trois ans ont passé et vos parents vous avez laissé une journée où vous pouvez vous amuser, loin de la vie des champs. C’était des instants que vous chérissiez et dès que l’aube pointait le bout de son nez, vous couriez au-dehors, profitant de ce vent de liberté. Et toi, tu aimais à savourer l’air que tu respirais en Turquie, sentir la terre de tes ancêtres sous tes pieds, l’herbe frôler tes chevilles et le vent s’engouffrer dans ton épaisse crinière brune. Ces sensations-là, tu ne les aurais cédées pour rien au monde car ils composent l’être que tu es et l’être que tu seras plus tard.
Tu ris tandis que tes frères te courent après. Tu les défis qu’ils ne pourront te rattraper mais Malik est de trois ans ton aîné. T’ayant laissé au préalable de l’avance, il brise maintenant cette distance en quelques enjambées. Il t’emprisonne dans ses bras et tu ne peux retenir un cri qui se transforme en éclat de rire, se mélangeant à celui de ton frère. Vous vous étalez dans le blé d’or et alors, il commence à te faire des chatouilles. Tu lui demandes grâce plusieurs fois, mais il ne suspend pas son supplice pour autant.
Ce furent les paroles de Tristan qui vous tirèrent de votre jeu.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Tu relèves la tête et les prunelles inquiètes de ton frère tarissent ton rire. L’allégresse a laissé place à la frayeur qui monte en toi lorsqu’il pointe le village du doigt. Malik se redresse promptement et tout à coup, c’est comme s’il avait vu un fantôme. Tes sourcils se froncent et tu suis son mouvement, mais ce que tu voies te pétrifie. Une vision d’horreur.
Celle des Enfers.
En contrebas de la colline, ton village est en train d’être mis à sac. Une fumée noire s’élève des habitations, nourries par les flammes qui dévorent tout sur leur passage. Les hurlements font écho dans la vallée et vous reviennent avec une clarté terrifiante. Les habitants courent dans tous les sens, poursuivis, puis abattus.
Ton cœur s’emballe et tu cesses de réfléchir.
«Papa ! Maman ! Grand-mère ! » t’entends-tu hurler alors que tu descends à toutes jambes les pics abrupts de la colline.
Tes frères crient ton nom, t’exhortent à revenir mais ces avertissements n’eurent aucune emprise sur toi. Ton seul but est désormais de retrouver le reste de ta famille. Ce sont tes parents, ta petite sœur et ta grand-mère qui sont là-bas. Tu ne peux les laisser à leur sort.
Plus rien ne peut ralentir ta course et tu te retrouves bien vite au village. Le feu. Le sang. Les cris. Les larmes. Tu ne prends même pas garde aux gens qui courent autour de toi, aux hurlements d’horreur et à l’enfer qui t’entoure. Ce sont tes amis qui se font tuer, des connaissances, des personnes chez qui tu allais vendre la farine ou acheter le pain. Mais ton esprit n’est focalisé que sur un objectif : la maison.
Tu y parviens enfin et tu n’as pas peur d’y pénétrer malgré le feu qui la dévore. Tu appelles tes parents, t’égosilles mais aucune réponse ne te vient. Le mugissement des flammes étouffe ta voix. Quand soudain, tu entends des pleures à l’étage. Aussitôt, tu t’y précipites, grimpant les marches quatre à quatre.
«Yasmine !»
Tu hurles le nom de ta sœur afin de la rassurer, de la prévenir que tu es là et que tu vas la sauver. L’incendie n’est qu’une nuée de langues ardentes qui menacent de te happer à chaque instant. Tes cheveux et le duvet sur tes bras roussissent, ta robe se noircie. Arrivée en haut, tu parcoures le couloir, trébuches, puis te relèves. Lorsque tu ouvres la porte de ta chambre, celle-ci manque de s’écrouler. Yasmine se trouve à l’autre bout de la pièce pleurant et gémissant dans son berceau.
« Ne t’en fais pas ! J’arrive !»
Un mur de flammes vous sépare toutes les deux. Plusieurs fois, tu fais mine de le traverser, hésitant jusqu’à ce que tu trouves le courage suffisant pour sauter. Enfin, tu arrives de l’autre côté. Les flammes t’ont à peine effleurée.
Tu es tout à coup soumise à une vision effroyable et tu dois retenir un haut-le-cœur. Au pied du lit se trouve le corps inanimé de ta grand-mère, léché par les flammes. Observant ses yeux exorbités, tu as tôt fait de comprendre que tu ne peux plus rien pour elle. Rassemblant tes maigres forces, tu soulèves Yasmine dans tes bras. Tu jettes des regards affolés autour de toi, cherchant une issue tandis que l’incendie progresse et se resserre autour de toi. Tu loves un peu plus ta sœur contre toi pour te donner du courage, froissant entre tes doigts ses fins cheveux. Tu te décides enfin à sauter, mais au même moment, un morceaux flamboyant se détache de la poutre et vous brûle le bras à toutes les deux. Vous gémissez, soumises à une grande douleur, mais tu continues de courir pour sauver vos vies. Malheureusement, tu dois faire face à un nouvel obstacle. L’escalier a été avalé par les flammes et tu ne sais plus comment t’échapper. C’est à ce moment-là que Malik apparaît en bas. Il te demande de lui lancer Yasmine et ensuite, tu devras sauter. Il te réceptionnera alors. Tu l’écoutes attentivement et tu laisses précautionneusement tomber ta sœur que ton aîné récupère habilement. Tu t’apprêtes à bondir quand une image s’imprime dans ton esprit. Un flash.
« La boîte à musique ! »
«Aurore ! Non ! Nous n’avons pas le temps ! C’est trop dangereux !»
Malik hurle mais tu ne l’écoutes pas. Tu es déjà repartie à toutes jambes dans ta chambre dévorée par l’incendie. Tu dois plaquer ta manche contre ton nez et ta bouche pour te protéger de la fumée. Tu repères finalement la boîte sur la commode et tu t’empresses de l’enfouir dans ta poche, sans oublier la clef. Puis tu repars vers l’escalier où ton frère t’attend. Son expression se détend lorsqu’il te voie revenir saine et sauve. Tu sautes et il te rattrape rapidement. Il soulève ensuite Yasmine dans un bras et de son autre, te prend par la main. Il vous fait sortir de la maison qui ne tarde pas s’écrouler. Vous restez quelques secondes à regarder l’habitation de votre enfance partir en lambeaux mais vous devez faire front au chaos dehors.
« Il nous faut aller à la ferme ! Ils doivent être là-bas ! » t’apprend Malik en te tirant à sa suite, mais tu le freines.
« Où est Tristan ?»
Le regard inquiet de ton aîné englobe les environs mais il est incapable de le localiser. C’est toi qui le trouve. Il est étalé par terre et durant un instant, tu crois qu’il est mort. Tu te précipites à ses côtés et tu vois le mauvais coup qu’il a reçu à la tête. Toutefois, ta manifestation eut pour don de le faire émerger. Aussitôt, tu passes son bras par-dessus ton épaule et tu suis Malik qui vous incite à vous presser. Vous évitez les affrontements, les envahisseurs. Ensembles, vous finissez par gagner les champs où le combat fait rage. Tu te sens soudain soulevée du sol avec ton frère et tu cries. Cela alerte aussi Malik, mais il subit le même sort. Vous vous débattez avant de comprendre que ce sont des gens du village qui vous entraînent avec eux. Ils vous emmenèrent jusqu’à la grange où des hommes et des femmes se réfugient aussi. Vous êtes déposés à terre et aussitôt, vous vous mettez en quête de trouver vos parents.
Malik ne tarde pas à repérer votre père, qui arme à la main, attend l’ennemi de pied ferme. Vous voulez le rejoindre, mais votre mère apparaît tout à coup. Elle vous prend tous les quatre dans ses bras et tu ne peux empêcher les larmes de dévaler tes joues. Tu confies alors le terrible destin qu’a subi ta grand-mère et cette nouvelle afflige tes frères et ta mère.
« Il faut que vous partiez ! Que vous vous cachiez ! » vous ordonne votre mère, mais vous ne parvenez à vous détacher d’elle.
Elle vous conduit donc derrière une imposante meule à moudre le foin. Les hommes ont maintenant fermé les portes de la grange et ils se préparent à l’assaut. Vous entendez bientôt des grondements sourds qui s’élèvent. La porte tremble à chaque nouvelle attaque de la part des assaillants. La barricade ne tiendra pas longtemps. Vos regards terrifiés se lèvent alors vers votre mère.
« Les enfants, écoutez-moi bien. Je veux que vous reteniez bien que ce que je vais vous dire.» s’empressa-t-elle de vous dire en captant  vos attentions malgré les coups qui résonnent dans la grange. « N'oubliez jamais qu’ensembles, vous êtes plus forts que tout. Tant que vous resterez ensembles, rien ne pourra jamais vous arriver. Je vous le promets. Vous êtes une famille et dorénavant vous devrez prendre soin les uns des autres coûte que coûte.»
Votre mère jette un regard désespéré derrière son épaule que lui rend votre père. Ils paraissent désemparés.
« Promettez-moi que vous ne vous séparerez jamais !» vous somme votre mère en revenant soudain vers vous.
Vous ne pouvez qu’acquiescer à ses paroles. Ses mots se gravent en toi et ne disparaitront jamais de ta mémoire. La peur grandit en toi et tu sens que la tension est palpable. Tout à coup, la porte cède et la panique t’envahie. Vos regards convergent vers votre père qui se lance dans la mêlée après vous avoir jeté un dernier regard. Ce regard, tu t’en souviendras toute ta vie. Tout comme la dernière vision de ton père. Malik plaque ses mains sur tes yeux. Tu te débats et lorsque tu parviens à te défaire de son emprise, tu vois le corps son vie de ton père gisant sur la paille. Ton sang se glace dans tes veines mais ta mère vous emmène déjà plus loin.
« Allez-vous en ! »
Elle vous a mené jusqu’à un recoin de la grange où se trouve un petit passage. Les planches de bois sont suffisamment écartées pour que vous puissiez sortir d’ici. Tristan passe en premier et Malik lui confie Yasmine qui s’est remise à pleurer. Tu es prête à franchir le passage quand tu te retournes vers ta mère, le regard rempli d’espoir.
« Tu viens avec nous n’est-ce pas ? »
Ses prunelles t’observent, désemparées. Tu ne comprends pas ce que signifie une telle réaction mais visiblement, ce n’est pas le cas de ton frère. Le regard brillant de ta mère coule vers lui.
« Malik. Quitte le pays, trouve un moyen d’aller en Angleterre, cherche la famille de votre père et demande-leur de l’aide. Sauve-les. Je compte sur toi.»
A tes côtés, tu sens ton frère fébrile et tu commences doucement à comprendre. Ton esprit se révolte alors contre cette idée et ta mère est forcée de partir pour que tu ne t’accroches pas à elle. Tu veux la rejoindre, mais Malik te saisit fermement et te force à prendre le passage. Tu hurles, te débats, tempêtes mais rien à faire. Vous êtes dehors et vous vous mettez à courir en direction des collines. Ton aîné est contraint de te prendre par la main pour que tu les suives, mais ton regard est tourné vers la grange d’où des hurlements se font entendre. A travers le brouillard de tes larmes, tu ne supportes plus cette vision et tu détournes les yeux.
Tu ne te focalises plus que sur tes pas, la main de Malik dans la tienne, ton souffle court. Tu ne sais plus combien de temps a duré votre course, mais vous vous arrêtez soudain. Vous êtes arrivés en haut de la colline où vous êtes pour l’instant en sécurité.
Lentement, vous détournez la tête vers la vallée et vous pleurez ensembles. Vous n’avez plus que la vision d’un village dévasté, de champs partis en fumée et d’un paysage fait de cendre.
Les cendres de votre enfance.








Dernière édition par Aurore L.Fitzwalter le Jeu 9 Jan - 2:29, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 21:52


Chapitre 2 : L’Orphelinat




C’est dans les instants les plus sombres, qu’il est beau de croire en la lumière.

« La Duchesse n’est qu’une sale menteuse ! » hurle Malik.
Fou de rage,  il frappe du pied dans un meuble qui manque de s’écrouler. Tu serres ta sœur un peu plus contre toi afin qu’elle ne soit pas effrayée tandis que votre frère passe sa fureur sur tout ce qui lui passe sous la main. Tristan, lui, a simplement l’air affligé. Tu ne l’as jamais vu aussi abattu, ce qui te noue les entrailles. Quant à toi, tu te sens trahie et tu ne sais plus ce qu’il va se passer pour vous. Tu as peur.
« Calme-toi. Au moins, nous sommes toujours ensembles et loin des ravages de la guerre. » tentes-tu de l’apaiser.
Vous avez mis un an à parvenir jusqu’à Londres en Angleterre et ce long voyage vous a épuisé. Après avoir quitté le village, vous avez marché longtemps jusqu’à trouver un camp de réfugiés. Ces gens ont pris soin de vous. Ils vous ont nourris, soignés, et offerts un toit provisoire. A jamais, vous leur êtes redevables de ce qu’ils ont fait pour vous.
Le pays entier est ravagé par la guerre, assailli par les grecques. Vous n’êtes pas les seuls à avoir été attaqués et les rescapés arrivant chaque jour au camp sont nombreux. Vous devez fuir la Turquie au plus vite et suivre les instructions de votre mère. Pourtant, vous attendez durant de longues semaines son retour avec espoir. Puis un jour, vous devez vous résoudre à cette réalité qui vous meurtri le cœur : vous êtes orphelins.
C’est Malik qui prend la décision de fuir et d’embarquer avec les personnes qui quittent le pays afin d’échapper à la guerre. Le voyage est rude, difficile pour des enfants et vous êtes soulagés quand des mères vous prêtent assistance pour s’occuper de votre sœur. Elle n’a que deux ans et vous craigniez qu’elle ne survive pas au périple. Mais Malik n’a qu’un objectif : l’Angleterre.
Finalement, après des mois éprouvants, vous parvenez sur les terres de votre père. Vous scandez votre nom aux autorités et ils ont tôt fait de retrouver la famille Fitzwalter qui pourra vérifier la véracité de vos propos. Vous êtes confiants lorsque l’on vous annonce que vous allez être reçus par la Duchesse, son époux étant mort depuis de nombreuses années. Vous êtes menés dans leur imposante demeure et tu ne peux t’empêcher d’être impressionnée par la beauté des lieux. Tu t’imagines alors vivre dans ce cadre digne d’un conte de fée. Mais la réalité est tout autre. C’est une vieille femme sèche et austère qui vous reçoit. Son regard ne t’inspire pas confiance et te met mal-à-l’aise lorsqu’il se braque sur toi. Malik raconte vos terribles mésaventures car votre père vous a appris l’anglais et qu’il le manipule correctement. La Duchesse reste silencieuse tout le long, mais dès qu’il achève son récit, ce fut d’une voix glaciale qu’elle prétend ne pas vous connaître. Ton frère s’anime et donne des détails que seuls vous et elle, pourrait connaître de votre père. Votre mère vous a raconté tant de fois l’histoire…
Elle campe néanmoins sur ses positions et dément vos propos, mais au fond de toi, tu sais qu’elle vous a reconnu. Tu comprends qu’elle n’a jamais pardonné à son fils d’avoir choisi la paysanne à sa famille. Malik proteste avec force, menace la Duchesse et vous êtes jetés dehors. Ton frère est furieux. La police vous envoie alors tous les quatre à l’orphelinat.
Vous avez perdu votre dernier espoir et votre nom.

Le manque est une blessure. La perte est une déchirure.


« Non ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Vous ne pouvez pas l’emmener ! »
Tu hurles à t’en briser la voix et tu t’époumones à leur faire comprendre qu’ils ne peuvent t’arracher ta sœur mais ils restent sourds à tes protestations. Tu te mets à pleurer. Des larmes de colère, de tristesse et de désespoir. Tu ne peux tout simplement pas supporter que votre famille soit disloquée de la sorte après toutes les épreuves que vous avez subies. En entendant tes cris de détresse, Yasmine se met à pleurer et ça te fend le cœur. Tu voudrais la prendre contre toi, la consoler et lui fredonner les chansons que ta mère t’a apprises. Mais ces hommes t’en empêchent.
Vous n’êtes à l’orphelinat que depuis quelques mois mais ta sœur a déjà trouvé une famille adoptive. Tu ne veux pas qu’elle te soit arrachée, qu’elle perde ses origines et qu’elle vous oublie car vous n’êtes pas du voyage. Vous êtes trop vieux. Tu te jettes soudain sur eux, mais tu es rapidement repoussée. Tu souhaites retenter un assaut, mais Tristan t’emprisonne dans ses bras. Il sait que la lutte est vaine et il ne veut pas que tu te battes pour une cause perdue d’avance. Tu t’étonnes de son inaction face à ce qu’il se passe et tu cherches à te défaire de son emprise. Ta résistance se fait plus vive quand les hommes partent au loin, emportant ta sœur avec eux.
« Attendez ! Je vous en prie ! »
Tu ne sais pourquoi, mais ils décident de s’arrêter et se retournent vers toi. Tristan semble être aussi interloqué et tu profites de son état de surprise pour t’enfuir de ses bras. Tu t’élances vers ta sœur et fouilles dans ta poche. Tu en tires bientôt un pendentif auquel est accrochée une petite clef en or. Tu en ornes le cou de Yasmine et par un simple baiser sur le front, tu lui fais tes adieux.
« Permettez-lui de le garder. C’est tout ce que je vous demande... ».
Tes prunelles emplies de larmes et ta voix étranglée de sanglots semblent finir par attendrir les deux hommes qui t’accordent cette faveur. Enfin, ils partent et tu les regardes s’éloigner sans rien dire. Tu sens tes entrailles se tordre. Ta gorge se serre et ton cœur se déchire à chaque pas qui te sépare un peu plus de Yasmine. Ils finissent par disparaître et tu ne peux plus retenir tes pleures. Tu t’écroules à genoux sur le sol du couloir sous les regards médusés des autres pensionnaires de l’orphelinat. Malik est resté silencieux tout le long de la scène et il s’approche de toi avant de te prendre doucement dans ses bras. Tu te laisses aller contre sa poitrine et tu t’accroches de toutes tes forces à lui.
« Ne t’en fais pas mon âme. » te murmure-t-il à l’oreille en caressant ta chevelure. « Je te promets que nous serons de nouveau réunis un jour. »
Ton cœur souffre et se fend.

Le temps use la souffrance.


Les années ont passé. Vous n’avez plus aucune nouvelle de votre sœur et vous ne savez même pas qui l’a recueillie. La seule chose que le pensionnat s’est accordé à vous révéler est qu’elle se trouve dans une famille aimante et aisée. Tu as très mal vécu cette séparation mais elle t’a préparé à la seconde. Tu viens tout juste d’avoir treize, tandis que Malik et Tristan en ont respectivement seize et quatorze ans.
Il y a peu de temps que ton aîné a quitté l’orphelinat afin d’entrer dans le monde du travail. Il cumule les petits boulots et il est sans cesse à la recherche de nouveaux revenus. Tout ce qu’il souhaite, c’est vous faire sortir du pensionnat, toi et Tristan avant que vous ne soyez encore séparés. Chaque soir, tu te surprends à prier le Seigneur pour que personne ne t’enlève tes frères et que tu retrouves ta bien-aimé Yasmine. Tu penses à elle sans cesse et tu espères qu’elle est heureuse dans sa famille. Tu as conservé précieusement la boîte à musique que tu emportes partout avec toi. Elle est scellée et seule la clef que tu as mise autour du cou de ta sœur peut l’ouvrir. Tu juges que la mélodie ne pourra se faire entendre que lorsque vous serez réunis tous les quatre.
Malik vient souvent vous voir afin de vous donner des nouvelles régulièrement. Il s’est même mis sur la piste de ta sœur et cette initiative te donne espoir. Tu aimerais pouvoir faire de même, mais les murs de l’orphelinat t’en empêchent. Tu es condamnée à rester cloîtrée ici en attendant que ton aîné te libère, ainsi que ton second frère. Plus que jamais, vous êtes soudés mais tu te surprends à penser que tu te sens mieux en compagnie de Malik.
Vous vous jugez désormais trop vieux et vous pensez être hors d’attente. Alors c’est un réel choc lorsque Tristan est adopté malgré ses quatorze ans. Quand tu apprends la nouvelle, tu n’oses y croire et tu martèles la poitrine de ton frère pour qu’il t’annonce que ce n’est qu’une mauvaise plaisanterie de sa part. Vous êtes si proches du but, alors pourquoi maintenant ?
La réaction de Tristan calme ta fureur désespérée. Son calme se transforme en sanglots qu’il tente d’étouffer en s’accrochant à toi. Tu lui caresses alors les cheveux, comme une mère le ferait avec son enfant et tu lui chantes l’air de la boîte à musique afin qu’il comprenne que vous n’êtes pas séparés pour toujours. Au fond de toi, tu continues à faire confiance à Malik. Il parviendra à vous réunir comme avant.
Une fois encore, vous n’avez pas le droit d’apprendre dans quelle famille il va être recueilli. La mort dans l’âme, tu le vois partir quelques jours plus tard et tu ne parviens plus à avoir une seule nouvelle de lui.
C’est à toi d’apprendre cette perte à Malik. Il a dû se rendre sur un chantier à Southampton et il y est resté plusieurs semaines. A son retour, tu redoutes sa réaction. Ta voix est basse mais cela ne calme pourtant pas la fureur qui monte en Malik. Il exulte de rage et dévaste tout sur son passage en jurant contre le ciel. Puis sa colère chavire soudain sur la Duchesse. Tout est de sa faute. Si elle vous avait accepté autrefois, vous ne seriez pas déchirés aujourd’hui. Tu te ranges de son avis et un goût amer flotte dans ta bouche. Celui de la rancune.
Mais cette rancune prend des accents de vengeance chez Malik. Il veut faire payer à la Duchesse la souffrance qu’elle vous fait subir. Tu comprends bien vite que sa haine ne pourra se satisfaire que de la mort de votre grand-mère. Tu te révoltes contre cette idée et tu tentes de faire entendre raison à ton frère mais il ne t’écoute pas. Il semble comme en transe et tu te surprends à avoir peur de lui pour la première de ta vie. Ce sentiment te dérange et tu cherches à le réprimer mais tu ne peux t’empêcher de reculer. Finalement, il se tourne vers toi. Il s’approche, puis prenant ta tête entre ses mains, il colle son front au tien.
« J’ai besoin que tu me fasses confiance Aurore. Je ne cherche à qu’à réunir notre famille et à la protéger comme me l’a demandé maman. Je travaille à notre bonheur et j’ai besoin de savoir si tu es avoir moi. L’es-tu ? »
« Oui, pour toujours… »
Ton murmure est à peine audible mais tu sais que tu ne peux rien lui refuser. Ton cœur se serre et au fond de toi, tu ne retiens qu’une seule chose.
Tu as pris une mauvaise décision.

Ce ne fut qu’un battement d’ailes au ciel de ton éternité, qu’un battement de cœur amoureux qui bat dans les poitrines conquises.


Un an s’est écoulé et le personnel te juge assez grande pour sortir de l’orphelinat seule une fois pour semaine afin de rendre visite à ton frère. Il est tout ce qu’il te reste et ils voient combien tu es malheureuse sans Tristan. Il t’accorde donc cet instant de répit. Et justement, tu viens juste de le voir. Son logis est modeste, mais suffisant pour qu’il ne meure pas de froid. Vous avez longuement parlé et vous vous êtes mutuellement consolée vis-à-vis de la perte de Tristan. Il te parle aussi de ses recherches concernant Yasmine. Il avait eu une piste, malheureusement, il l’a perdue et il se retrouve à son point de départ. Tu es déçue, néanmoins, ton frère te rassure en disant que vous finirez par être tous réunis un jour. Sa détermination ne s’émousse pas et gonfle ton cœur d’espoir.
Tu es donc sur le chemin du retour, rêvant du jour où vous vous retrouverez tous les quatre comme auparavant, quand deux hommes t’interceptent dans une ruelle. La malveillance que tu lis dans leurs yeux tord tes entrailles d’angoisse et tu sers ton châle un peu plus contre toi. Un coup d’œil t’apprend rapidement que tu es seule face à eux, sans aucune issue pour t’en sortir alors qu’ils t’encerclent. La peur fait bourdonner tes oreilles et tu n’entends pas la moitié de ce qu’ils te disent, mais le regard avide qu’ils te portent ne te plaît pas. Tu n’as que quatorze ans, mais manifestement, cela n’a pas l’air de leur déplaire. Tu sens peu à peu tes jambes flageolantes lorsque l’un d’eux tente de t’enlever ton foulard. Tu te mets à hurler mais l’autre plaque sa main sur ta bouche, étouffant toute révolte de ta part.
Toutefois, tu n’as pas à te défendre plus car déjà celui qui t’a ôté ton châle vient d’être plaqué contre un mur et frappé en plein visage. Celui qui te tient a à peine le temps de réagir que la main de ton sauveur assomme son adversaire en faisant percuter son crâne contre le mur de pierre. Il retourne ensuite vers le premier qui gémit de son nez ensanglanté et lui assène un coup dans le ventre qui le fait tomber à genoux. Tes yeux s’écarquillent, médusée tandis que l’homme récupère ton châle des mains de l’agresseur en jurant contre eux. Il te le remet rapidement sur tes épaules, puis te prenant par la main, il te fait rapidement quitter la ruelle. Tu le suis sans dire mot, trop impressionnée pour cela. Lorsqu’il juge que vous vous êtes suffisamment éloignés, il se tourne vers toi. Il doit avoir une trentaine d’années et son regard t’interpelle, il a quelque chose qui t’accroche. Tout d’abord, il te reproche de te promener seule le soir dans un quartier aussi mal fréquenté et quand tu arrives finalement à articuler que tu rentrais à l’orphelinat, il propose te raccompagner. Tu ne parviens à lui répondre que par bribes de mots et des légers mouvements de tête. Tu ne sais pourquoi, tu ne parviens pars formuler une parole sensée. Enfin, il te laisse devant la grille de l’orphelinat et te préconise de faire attention la prochaine fois. Tu hoches vivement la tête, sans même penser à le remercier pour ce qu’il a fait pour toi. Tu le regardes s’éloigner au loin dans l’obscurité où sa silhouette se fond. Et soudain, tu repenses à son visage.
Ta poitrine s’embrase.





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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 21:52



Chapitre 3 : La Duchesse



[size=18]La famille a quelque chose de sacré, d’indestructible.

Quatre années ont encore passé et tu es désormais au service de la Duchesse. Le jour de tes seize ans, Malik est venu te chercher à l’orphelinat et vous êtes partis ensembles. Il t’a trouvé une place de servante dans la grande maison des Fitzwalter tandis qu’il a été employé en tant qu’assistant jardinier. Tu es contente de changer de décor et de travailler dans un aussi beau cadre. Et puis, tu apprécies que Malik ne soit plus le seul à subsister à vos besoins. Seulement, tu sais éperdument bien que cette décision n’a pas été prise au hasard.
Pourtant, depuis un an où tu es servante, Malik ne te parle pas de plan de vengeance ou de tuer la Duchesse. Il semble que sa colère se soit tarie. Tu profites donc de cette nouvelle existence mais tu n’oublies pas pour autant Yasmine et Tristan. Chaque jour, tu as une pensée pour eux et tu contemples souvent le ciel en te demandant où ils peuvent être ou ce qu’ils font. Tu calcules que ta sœur doit avoir dix ans maintenant et ton frère dix-huit. Comme tu aimerais savoir à quoi ils ressemblent aujourd’hui.
Tu es devenue une belle jeune femme. Tu es gentille, docile, discrète et la Duchesse t’apprécie beaucoup. Il semble qu’elle ait une affection toute particulière pour toi sans que tu ne puisses te l’expliquer. Tu t’autorises parfois certaines pensées attendries à son égard, mais tu te rappelles soudain que c’est de sa faute si tu as perdu Yasmine et Tristan. Tu n’es toutefois pas malheureuse de travailler pour elle.
En effet, tu as rencontré quelqu’un là-bas. Il est majordome et il te plaît énormément. Tu sens que c’est réciproque. Cela fait quelques temps qu’il tourne autour de toi et qu’il te fait du charme. Néanmoins, tu n’avais rien saisi de ses inclinations jusqu’à ce que des servantes qui travaillent avec toi finissent par te le faire remarquer. Tu es très surprise de susciter ainsi l’intérêt d’un homme et dès lors, tu te mets à le considérer. Il n’a que de belles paroles pour toi et tu te plais à badiner avec lui d’une façon que tu trouves charmante. Même les personnes autour de vous trouvent cela amusant à observer.
Cependant, dans l’ombre, il y a une personne qui ne voie pas ce rapprochement d’un œil favorable. Tu aurais souhaité t’en rendre compte plus tôt afin d’épargner des instants certainement très douloureux à ton pauvre prétendant. Un matin, il apparait, couvert de bleus, de contusions et de plaies. Tu cherches à savoir ce qu’il lui est arrivé mais il refuse de dire mots et il ne t’accorde plus une parole. Il semble même avoir peur de croiser ton regard. Tu ne comprends pas tout de suite ce rejet, puis tu songes à Malik et à l’attitude satisfaite qu’il arbore depuis que le majordome ne veut plus te voir. Il semble évident qu’il y est pour quelque chose mais tu n’oses rien dire. Tu crains ses colères et ses emportements que tu juges souvent imprévisibles. Il est plus que protecteur avec toi. Il est possessif et tu retiens la leçon désormais.
Tu appartiens à ta famille.

On n'échappe pas à sa conscience, elle vous poursuivra jusque dans l'au-delà !


« Attendez, ne partez pas tout de suite. »
Tu t’arrêtes sur le pas de la porte. Ta main est déjà sur la poignée car tu es pressée de t’enfuir de cette chambre mais l’appel de la Duchesse t’en empêche. Tu te retournes lentement vers elle, mal-assurée.
« La Duchesse désire-t-elle autre chose ? »
Ton cœur bat la chamade et tu sens qu’il pourrait exploser dans ta poitrine d’un instant à l’autre. Comme chaque soir, tu viens de monter dans la chambre de la Duchesse afin de lui donner son verre de lait quotidien et ses médicaments pour la nuit. D’ordinaire, tu déposes le plateau sur sa table de chevet, elle a une parole gentille pour toi et tu t’en vas. Mais là, elle te retient. Elle n’aurait pu choisir pire moment.
Les pulsions de vengeance de Malik ne sont jamais éteintes et tu t’en es rendue compte tout à l’heure. Alors que tu comptais monter le plateau, il t’a arrêté dans un couloir et a glissé une fiole dans ta poche. Il t’a chuchoté que c’était du poison et qu’il fallait que tu en verses le contenu dans le verre de la Duchesse. Tu n’as pas pu t’empêcher de refuser en premier lieu. Tu ne veux devenir une meurtrière mais il t’a rappelé la promesse à laquelle tu es enchaînée. Tu es prise au piège et tu ne peux que lui obéir. Ce fuy d’une main tremblante que tu as versé le poison dans le lait de la Duchesse.
« J’aimerais vous parler un instant. » fit l’aristocrate d’une voix douce.
Après plus d’un an de service auprès de la Duchesse, tu ne peux t’empêcher de l’apprécier. Des fois, tu la regardes et tu te demandes si c’est vraiment elle qui vous a jeté à la rue huit ans plus tôt. Elle semble si vulnérable, si inoffensive. C’est pour cela que tu souhaitais t’empresser de t’enfuir. Tu ne voulais supporter d’observer plus longtemps ce verre de lait, dont tu savais qu’il était là pour accomplir un terrible office. Tu voudrais le prendre et le jeter par la fenêtre, mais la voix de ta mère résonne dans ta tête et puis celle de Malik. Tu leur as fait une promesse.
Silencieuse, tu t’approches de la Duchesse et comme elle tend désespéramment la main vers toi, tu la prends dans la tienne. Elle est froide et tu sens que sa fin est proche. Elle est déjà vieille et malade, alors pourquoi précipiter son trépas ? Pourquoi Malik tient-il à ce qu’elle meure de son propre fait ?
Les pâles prunelles de la vieille femme sont braquées sur toi. Tu aimerais échanger ce regard intense mais tu ne peux t’empêcher d’avoir les yeux rivés sur le verre empoisonné.
« Vous savez, vous ressemblez étrangement à une petite fille que j’ai connu autrefois. » murmura-t-elle d’une voix éteinte.
Ton attention est immédiatement happée par les paroles de ta grand-mère. Tu ne peux retenir cette expression d’entière surprise qui s’échoue sur ton visage. Comme si elle s’y attendait, cette vive réaction ne semble pas étonner la femme qui poursuit, serrant plus fort ses doigts noueux entre les tiens.
« Elle avait des yeux aussi limpides et pures que l’océan. Sa chevelure avait la couleur chaude et rassurante de l’écorce d'un mois de juillet. Ces lèvres n’étaient qu’un magnifique bouton de rose posé sur un visage d’ange. Et aujourd’hui, quand je vous regarde, il me semble la revoir. Elle ressemblait tant à son père… si innocente. »
Tu ne peux retenir les larmes muettes qui dévalent sur tes joues. Ton cœur n’est plus qu’un tambour furieux battant au creux de ta poitrine. Tu as du mal à respirer et tes lèvres tremblent.
« Je suis vieille et malade. Et maintenant, je me rends compte qu’à cause de ma souffrance et de ma rancœur… j’ai commis la pire erreur de ma vie. ».
La pression sur ta main se raffermit et tu étrangles un sanglot, ébranlée par cette révélation qui bouleverse toutes tes croyances. C’est d’une voix rendue rauque par l’émotion que tu prends la parole pour la première fois depuis qu’elle t’a raconté son histoire.
« Et les enfants… vous savez ce qu’ils sont devenus ? Pourquoi ne pas les avoir cherchés alors ? ».
Cette question te brûle les lèvres et tu sens que tu pourrais parvenir à lui pardonner. Mais la réponse que tu espères n’est pas celle qu’elle te donne.
« Je n’ai jamais cherché à le savoir et puis je ne me suis rendue compte de mon erreur que trop tard. Je leur en voulais tellement… je ne supportais d’avoir perdu mon fils et j’étais convaincue que tout était de leur faute. » sa voix vibrante s’éteint dans un sanglot qui te déchire le cœur. Ta main se plaque contre ta bouche pour étouffer les pleures qui t’étreignent. A cet instant, ton cœur s’arrête dans ta poitrine. Un frisson glacé te parcourt dans tout le corps. Ta gorge se serre et tu sens le dégoût qui t’habite progressivement. Ainsi donc, votre malheur ne tient qu'à cela ? Ta rancœur refait tout à coup surface. Tu souhaites qu’elle paye pour ce qu’elle vient de dire et toute cette douleur illégitime qu’elle vous a infligé.
Tes prunelles se glacent et ta main se dérobe à la sienne. Elle ne cherche pas à la reprendre toutefois. Cette haine froide qui monte en toi te pousse à vouloir être cruelle.
« Vous devez vous reposer madame. » dis-tu d’une voix blanche en prenant la direction de la porte. Tu sors dans le couloir et ta démarche est droite. Puis aussi soudainement que la colère t’a envahie, tu la sens s’envoler. Et là, tu n’es plus assaillie que par la terreur. Tu es horrifiée de ce que tu es en train de faire, horrifiée par toi-même. Tu rebrousses chemin à toute allure et tu ouvres la chambre de la Duchesse à la volée afin de l’empêcher de boire le poison. Tu t’apprêtes à lui dire, mais tu te figes soudain. Le verre est déjà dans sa main noueuse. Vide.
Elle te considère durant quelques secondes tandis que tes yeux s’écarquillent d’horreur. Finalement, tu balbuties quelques mots, inventes un mensonge et tu refermes la porte derrière toi.
Tu prends la fuite. Tu te mets à courir à en perdre haleine. Tu longes les couloirs, dévalent les escaliers et tu finis par sortir du manoir. Tu étouffes mais l’air frais de la nuit ne t’est d’aucun secours. Finalement, tu tombes à genoux et tu vomis dans un buisson. La culpabilité est trop intense. Elle va mourir à cause d’un poison que tu as déposé dans son verre, d’un bref moment de rancune et tu n’as rien pu faire. Tu te dégoûtes et l’envie te prend de vouloir mettre fin à tes jours. Tu voudrais effacer à jamais tous tes actes et ce que tu viens de faire mais ta volonté s’effondre dans les larmes. Tu ne peux t’y résoudre.
Tu es lâche.

La culpabilité ronge l’esprit et meurtrie l’âme.


Comme tous les autres membres du personnel, tu es en rang serré dans le hall d’entrée. Vous formez ensembles une sorte de haie d’honneur quand les infirmiers passent devant vous avec le brancard qui porte le cadavre de la Duchesse. Les demoiselles éclatent en sanglots ou retiennent un gémissement en songeant que sous le drap, il y a un corps sans vie. La Duchesse n’ayant pas d’héritiers reconnus, le domaine va être aux mains de l’état ainsi que son argent. De ce fait, vous avez tous perdu votre emploi. Mais toi, les larmes muettes qui coulent sur tes joues ne sont que le reflet de ton amertume et de ta culpabilité. Le médecin a conclu à une mort naturelle car la vieille femme était très malade, mais tu connais la vérité. Un court instant, tu as envie de retenir l’ambulance et de leur avouer ton forfait. Tu veux purger ton âme de ce meurtre que tu n’as pu éviter malgré que tu sois revenue sur tes pas. Tu n’en as pas dormi de la nuit et des cernes bordent la lisière de tes yeux humides, attendant l’annonce de sa mort. Tu es prête à te vendre, mais au moment tu fais mine de quitter le rang que vous formez, Malik prend ta main dans la sienne, l’empoignant avec force. Sa seule manifestation suffit à t’immobiliser sur place et à revenir sur ta décision. Tu ne peux te permettre d’être pendue pour expier ton meurtre alors que tu as fait une promesse à ta mère. Le regard de Malik te le rappelle sans cesse. Tu regardes l’ambulance s’éloigner au loin dans l’allée, emportant ton cadavre et tu espères pouvoir oublier cette histoire très vite. Sèchement, tu arraches ta main à celle de ton frère. Pour la première fois, son contact te dégoûte et ta poitrine est feu ardent de rancune que tu entretiens contre lui car c’est de sa faute si tu as commis un tel acte. Tu lui jettes un regard méprisant avant de quitter le hall pour aller faire ta valise.






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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 21:53


Chapitre 4 : Mariage.




La raison n’est pas ce qui règle l’amour.

Les jours passent, les semaines, puis les mois et tu ne parviens toujours pas à pardonner à ton frère. Tu aimerais faire table rase du passé et te dire que la Duchesse avait mérité ce qu’il lui était arrivé, mais tu ne peux t’empêcher de lui tenir rancœur t’avoir accompli la tâche la plus dure. Tu vois ces multiples tentatives pour obtenir ton pardon, mais tu y restes aveugle. Depuis quelques temps, il travaille bien plus et il met plus d’ouvrage à retrouver la trace de Yasmine et Tristan. Il sait qu’il ne doit plus commettre aucun faux pas désormais. Tu n’as pas besoin de parler pour qu’il remarque les fois où tu es hermétique à tout lien avec, ce qui arrive malheureusement de plus en plus souvent. Vous n’avez pas non plus le même train de vie qu’autrefois, lorsque vous étiez encore au service de la Duchesse. Vous aviez un toit confortable, le couvert et un salaire décent. Vous n’aviez pas à vous plaindre, mais par les désirs de vengeance de ton frère, vous vous retrouvez dans ce une pièce misérable et vous ne mangez pas toujours à votre faim. Mais plus que tout, tu rejettes sur Malik ta culpabilité d’avoir tué le Duchesse et de ne rien avoir empêché alors que tu en avais le pouvoir. Tu te sens être un monstre d’être une assassine et de tenir rancune à ton frère après la promesse que vous aviez faite à votre mère.
Rapidement, tu fais le choix nécessaire de travailler. Tu cumules quelques petits boulots jusqu’à enfin parvenir à trouver une place de serveuse dans un café londonien très chic. Visiblement, la Duchesse n’avait pas tari d’éloge à ton sujet de son vivant et quelques établissements qu’elle fréquentait ont entendu parler de toi. Tu es une employée modèle et grâce à toi, vous parvenez à vivre décemment avec ton frère. Tu reprends peu à peu goût à la vie et tu parviens difficilement à te changer les idées en te noyant pleinement dans le travail. Tu gravis si vite les échelons, qu’après seulement quelques mois, tu te retrouves à t’occuper personnellement des plus gros clients.
Et justement, un jour que tu dois prendre un charge un client régulier et réputé du café, tu reconnais l’homme qui t’a sauvé de tes deux agresseurs lorsque tu avais quatorze ans. Ton cœur s’emballe en le voyant. Tu dois avoir tellement changé depuis que vous vous êtes rencontrés et tu songes qu’il doit t’avoir oubliée. Mais lorsque tu arrives prêt de lui, il a une expression surprise avant qu’un sourire n’ourle ses lèvres. Il t’a reconnue et tu ne sais pourquoi, mais cela a le don de faire bondir ton cœur de joie. Immédiatement, tu te sens plus légère, délestée du poids de tes soucis. Il paraît particulièrement content de te revoir et il s’intéresse à toi, ce que tu es devenue, qui tu es. Tu es intimidée, mais tu parviens enfin à le remercier pour ce qu’il a fait pour toi. De nombreuses fois, tu l’avais cherché dans les rues en espérant tomber sur lui pour lui prouver ta gratitude. Aujourd’hui, tu remercies le ciel de pouvoir le faire. Tu en apprends aussi plus sur lui. C’est un homme immensément riche et le fait qu’il travaille dans le monde du spectacle te fascine. C’est un univers qui t’es inconnu, d’autant que tu n’en avais jamais entendu parler dans ton village de Turquie.
Depuis plusieurs semaines, il revient presque tous les jours afin que vous puissiez parler. Vous ne vous lassez pas de vous raconter vos existences, toutefois, tu te gardes bien de parler du meurtre de la Duchesse et du lien de parenté que tu avais avec lui. Lui te parle de son frère, des représentations, de la carrière de tous ces artistes qu’il rencontre. Bientôt, le cadre de ton travail ne vous suffit plus pour vous parler et il t’invite en-dehors de tes heures au café. Il t’emmène dans d’autres cafés, au restaurant, au théâtre, à l’opéra et te fais rencontrer des vedettes. Tu es tout bonnement émerveillée par le monde qu’il te fait connaître et puis tu t’enrichies de l’enseignement qu’il te donne. Il est bien plus âgé que toi et il a une expérience de la vie qui te fait revenir sur certain jugement. Au fur et à mesure, ta relation avec Malik s’apaise et ta rancœur s’évanouit progressivement. Toutefois, tu te gardes de lui parler de cet homme que tu voies presque tous les jours. Ton frère serait jaloux, néanmoins, tu ne peux pas cacher bien longtemps toutes les sorties que tu fais et les cadeaux qu’il te fait. Puis ton frère n’est pas dupe et il se rend bien compte que quelque chose à changer dans ta vie. Tu es amoureuse. Au début, il ne dit rien, posant seulement quelques questions à son sujet, puis il tient ensuite à t’accompagner et te raccompagner à chaque fois que tu dois le voir. Cela ne semble pas vraiment plaire à ton prétendant mais voyant l’amour que tu portes à ta famille, il ne dit mot afin de ne pas te blesser. Tu apprécies toutes les petites attentions qu’il a pour toi. Celles d’un parfait gentleman. La différence d’âge ne te pose aucun problème et ce n’est nullement l’argent qui t’intéresse dans cette relation. Mais tu ne peux t’empêcher chaque jour de te demander pourquoi cet homme te porte autant d’intérêt alors que tu n’es pas très instruite. Mais tu te laisses penser que c’est parce que tu as une oreille attentive. C’est un homme avec ses plaies et ses blessures qui entretiennent une relation étrange avec son frère, et tu ressens ce besoin constant de le réconforter.
Votre relation dure ainsi pendant trois ans jusqu’à ce qu’il te demande en mariage. A ses côtés, tu as cette impression d’être une dame, d’autant qu’il ne recule jamais devant rien pour que tu aies les plus belles choses. Il te parle sans cesse de la vie merveilleuse que vous pourriez avoir ensembles et tu te laisses bercer par les rêves dont il t’enveloppe. Toutefois, vos fiançailles ne sont pas encore annoncées officiellement. Tu n’as pas de dot à lui offrir, mais lui t’offre un cadeau inestimable. En jouant de ses contacts et de ses relations, il promet d’essayer de retrouver la trace de Tristan et de Yasmine. Tu n’oses d’abord y croire, puis tu sautes de joie mais ton fiancé t’apprend que ce ne sera tout de même pas chose aisée. Toutefois, tu te consoles avec le fait que vous vous rapprochez un peu plus du but. Malik n’est pas d’accord pour cette idée de mariage, mais il se ravise en entendant qu’il va les aider à retrouver votre famille. Tu le soupçonnes de ne le tolérer que pour cela, mais tu comptes bien l’épouser quand même après que vous soyez réunis. Ta vie s’envisage alors sous un jour glorieux.
Tu es heureuse pour la première fois depuis longtemps

Ni la misère, ni la déchéance, ni la mort, ni aucune peine venue de Dieu ou de Satan n'auraient pu nous séparer... et vous, de votre plein gré, vous l'avez fait.

« Tu nous donnes le papier sans rien dire et tu disparais de nos vies ! » grince-t-il entre ses dents.
« Malik… qu’est-ce qu’y te prends ? »
« Mère nous a enseigné que nous devions toujours rester ensembles. Tu t’éloignais de nous. »
« Tu es devenu fou ! »
Tu observes avec horreur le revolver que ton frère braque sur son fiancé. Les choses sont allées si vite que tu peines à comprendre comment vous en êtes arrivés là. Cela aurait dû être un jour merveilleux pourtant. Ton futur époux a enfin retrouvé la trace de ta famille et tu étais pleine d’espoir à l’idée de les retrouver et qu’ils assistent par la suite à ton mariage. Tout aurait pu s’arranger mais voilà qu’au moment où Malik et toi retrouvez ton fiancé, ton frère sort son arme. Comment a-t-il bien pu se la procurer ? Tu tentes de lui ôter des mains, de faire dévier la trajectoire du revolver mais Malik te repousse. Il somme une nouvelle fois l’homme de lui donner le papier où se trouvent les informations qu’il souhaite. Ton fiancé s’avance prudemment et tend le papier dont se saisit rapidement ton frère. Tu regardes la scène, médusée.
« Bien maintenant, tu disparais de nos vies. Je ne veux plus jamais entendre parler de toi. Tu n’épouseras pas ma sœur ! »  le prévint Malik, son arme toujours braqué sur l’homme.
Tu protestes alors contre ton frère. Pourquoi fait-il cela ? Pourquoi t’empêche-t-il d’être heureuse aux côtés de l’homme que tu aimes ? Tu sens les larmes qui commencent à couler sur tes joues tandis que tu tentes de lui faire entendre raison mais il campe sur ses positions. C’est ton fiancé qui t’arrête et qui te dit de venir près de lui. Tu lui obéis, les yeux larmoyants sous la grimace crispée de ton frère. Ton fiancé te prend la main et caresse tendrement ton visage.
« Ne pleure pas Aurore, je t’emporte avec moi, dans mon cœur et mon âme. Souris mon amour… c’est ce sourire dont je suis tombé amoureux que je veux emporter avec moi, pas tes larmes. Dis-moi adieu… »
« Non… » gémis-tu, refusant de le laisser partir mais il approche ses lèvres des tiennes et t’embrasse avec intensité. Tu lui rends ce premier baiser, sans doute le dernier… Puis il t’étreint et à ce moment-là, il glisse quelques mots à ton oreille que ton frère ne peut entendre.
« Je te retrouverai. Je te le promets. Il ne pourra pas nous séparer éternellement. »
« Bon ça suffit maintenant. On s’en va Aurore. » s’impatiente Malik en t’empoignant par le bras. Il te tire derrière lui et tu ne protestes pas, seulement ton regard reste tourné vers ton fiancé qui t’observe partir. Mais sa promesse se grave dans ton âme comme une marque au fer blanc.
Il te retrouvera.

Les retrouvailles ont toujours ce petit quelque chose de magique, d'impérissable.


De longues semaines s’écoulent sans que tu n’adresses une seule parole à ton frère. Tu vois qu’il regrette ce qu’il a fait mais tu lui tiens rancune de ce qu’il a fait et n’acceptes pas de t’avoir arrachée de la sorte à l’homme que tu aimais. Néanmoins, tu te raccroches à cette promesse qu’il t’a faite. Désargentés, vous mettez plusieurs mois à gagner la ville dans laquelle Tristan a été adopté. Les informations de ton fiancé vous ont appris qu’il avait été recueilli par une famille qui avait besoin de plus de mains d’œuvres aux champs. Cette nouvelle t’attriste car tu as toujours été convaincue du potentiel exceptionnel de Tristan et tu avais pensé que sa famille aurait pu avoir mis ses capacités en avant.
Lorsque vous parvenez enfin dans son village, vous le retrouvez en train de travailler dans les champs près d’une misérable maison de campagne. Après tant d’années, vous ne savez plus vraiment que dire, ni que faire. Vous restez plantés là jusque finalement, il relève les yeux et vous voient tous les deux. Ton cœur s’arrête et il semble que le temps fait de même. Tristan ne bouge plus et c’est toi qui sors de ton immobilité afin de t’approcher de lui. Tu ne reconnais pas ces traits rendus rudes par la vie à la ferme mais l’éclat dans ses prunelles bleues est le même. Emue, tu lui caresses le visage avant de le prendre dans tes bras et de fondre en pleures de bonheur. Il met quelques secondes avant de te rendre ton étreinte puis Malik se joint à vous. Vous êtes réunis à nouveau mais il manque encore votre sœur Yasmine. Toutefois, ses retrouvailles inespérées te redonnent plus que jamais espoir.
Le boîte à musique rechantera
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 21:53



Dernier Chapitre : La Fin.



Le regard de l'autre nous menace et rend notre image du corps précaire. Le regard du mort en est d'autant plus saisissant et angoissant.


Tu la vois enfin. Elle est là. Elle est si belle, si grande, si raffinée. Yasmine
C’est une famille très fortunée qui l’a adoptée et elle a tout d’une vraie demoiselle de son temps, embarquant en première classe. Vous avez réussi à mettre suffisamment d’argent de côté pour vous payer ce voyage pour tous les trois et embarquer en seconde classe. Après avoir retrouvé Tristan, il n’a eu aucune hésitation à s’enfuir avec vous afin de partir à la recherche de votre sœur. Vous êtes arrivés jusqu’à sa grande demeure, malheureusement vous êtes tombés sur ses parents et ils ont catégoriquement refusés que vous la rencontriez. Aujourd’hui, elle s’appelle Margareth Flynagan et elle n’a plus rien à voir avec vous. Ils lui ont tout caché de sa réelle identité et elle ne sait rien de l’adoption. Tu es totalement effondrée mais Malik promet que vous trouverez un moyen. Apprenant qu’ils comptent partir vivre en Amérique, vous décidez de les suivre. Sur le Titanic, vous aurez sans doute l’occasion d’intercepter votre sœur afin de lui faire entendre raison. Après tout, elle doit encore porter la clef qui actionne la boîte à musique, et puis vous avez toutes les deux votre blessures au bras du jour de l’incendie. Vous avez trop d’éléments pour qu’elle vous rejette et ne croit pas à votre histoire.
Tu la contemples toujours de loin et des fois, tu crois voir ton père ou ta mère dans ses gestes ou dans ses expressions. Tu en es certaine : elle est votre sang et votre chair. Puis soudain, alors que tu l’observes sur le pont, tu vois un éclat doré dans son chemisier éclairé par les rayons du soleil. Tu fronces les sourcils et t’avances pour être sûre mais oui. C’est bien ça. La clef. Manifestement, la famille a accepté qu’elle garde ce bijou. Tu sens des larmes d’émotions qui te montent aux yeux et tu souris sans t’en rendre compte. Quand tout à coup, elle se tourne vers toi et vos regards se croisent. Ton cœur rate un battement tandis que ses prunelles se figent dans les tiennes. Tu voudrais lui dire quelque chose mais aucun son ne parvient à franchir la barrière de tes lèvres. Finalement, elle s’en va et te laisse immobile sur le pont. Tout à coup, tu as l’impression d’avoir vu un fantôme…
Elle a les yeux de ta mère.

Chaque choix est une note de musique dans la symphonie de nos vies.


« Aurore ! Aurore ! Je t’en supplie, ne me quitte pas. »
La voix est lointaine et tu peines à l’entendre. Tu songes seulement à ce froid qui te transperce comme une multitude de lame plantée dans ta chair. Les hurlements, les lumières déclinantes du Titanic qui sombre, les gens autour de toi qui cherchent à remonter à la surface. Tu es dans les bras de ton frère Malik et tu ne parviens à rassembler tous tes souvenirs depuis tu es tombée dans l’océan. L’eau glaciale t’empêche de réfléchir. Le visage de ta sœur s’imprime dans ton esprit mais il s’échappe rapidement. Vous n’êtes pas parvenus à lui parler. Le naufrage vous a pris par surprise. Puis soudain, c’est l’image de ton fiancé qui s’affiche dans ta mémoire. Vous l’avez retrouvé sur le Titanic et tu es tombée sur lui tandis que tu courais avec tes frères afin de trouver un canot de sauvetage. Tu ne peux expliquer ce que tu as ressenti à ce moment-là mais tu t’es jetée dans ses bras sans réfléchir. C’est un première  classe, alors il te donne sa place dans une embarcation. Tu veux que tes frères et ton fiancé montent avec toi, mais ce sont des hommes. Ils ne pourront monter que dans un prochain canot. L’embarcation est en train de descendre et tu observes ces trois regards qui sont rivés sur toi quand tu réalises soudain que tu risques de ne jamais les revoir, qu’ils ne trouveront jamais de canot. Ils ne pourront être sauvés. S’ils doivent mourir, tu seras à leurs côtés. Aussitôt, tu te lèves et tu cherches à sauter afin de retourner sur le Titanic. Un Steward essaye de t’en empêcher mais il ne parvient qu’à te faire perdre l’équilibre et tu tombes du canot. Durant ta chute, tu entends un concert de voix qui hurlent ton nom mais tu ne ressens bientôt plus que l’étreinte brutale de l’océan.
Malik a sauté sans réfléchir du pont afin de te sauver. Il répète sans cesse ton nom en tentant de garder ta tête à la surface. Puis il nage vers un débris de meuble et te fait monter dessus pour échapper à la froideur de la mer qui tue déjà des gens autour de vous. Il semble que tu fais un cauchemar et que bientôt tu vas te réveiller.
« Je suis fatiguée de tout ça Malik… Nous ne pourrons jamais être réunis. » murmures-tu à travers tes lèvres gelées.
« Mon âme. Ne dis pas cela… » frissonne-t-il en caressant d’une main transie par le froid ta chevelure parsemée de glace. « Notre amour est bien plus fort. Tu dois y croire comme nous l’a enseigné. Notre promesse...je t’aime. »
Et puis il se penche sur le débris de meuble sur lequel tu te trouves et dépose un baiser sur tes lèvres, mais il fait si froid qu’il ne te communique aucune chaleur. Tu ne réfléchis même pas à cette preuve d’amour bien plus que fraternel qu’il t’offre. Le désespoir du moment, la fatalité de votre situation… tu ne sais même pas si tu as rêvé cet instant ou non. Les ténèbres t’engloutissent.

Ce que le cœur se refuse à comprendre, l'âme ne peut le supporter.


Enroulée dans une chaude couverture, tu observes de tes prunelles pâles le spectacle qui se déroule devant toi. Une pluie fine tombe sur toute cette foule qui pleure et qui jette des regards paniqués de tous côtés, à la recherche d’un être égaré pendant le naufrage. Mais pour beaucoup, leur recherche serait vaine. Ton regard est fixe, dénué d’éclat depuis que tu as repris conscience. Tu ne sais si c’est une bénédiction ou une malédiction, mais tu as survécu au naufrage d’une manière que tu ne t’expliques pas. Lorsque tu as sombré, tu étais persuadée que les bras de la mort étaient en train de se refermer autour de toi, mais voilà que tu te réveilles sur un autre navire venu à votre secours. Bien trop tard.
Qu’est devenu Malik ? Et Tristan ? Et qu’en est-il de ton fiancé ? Et ta chère Yasmine, a-t-elle pu être sauvée ? Tu aimerais pouvoir partir à leur recherche, te jeter dans la foule et parcourir les ponts, mais tu sens encore le froid qui gèle tes os et ta chair. Et puis tu sens tout le poids des événements qui pèsent sur tes épaules et tu ne sais si tu pourras le supporter. Tu es littéralement abattue, malheureuse, inconsolable. Mais cette fois-ci, nulle larme sur ton visage, elles se sont taries avec tes espoirs. Ce n’est plus que le vide de ton âme et ton silence qui règnent comme si toute ta volonté avait sombré avec le Titanic.
Tu sens soudain une pression sur ton bras et tu te tournes vers l’un des fantômes de tes pensées. C’est Malik. La tendre inquiétude que tu lis dans ses yeux manque de te faire fondre en larmes, mais au lieu de ça, tu te jettes dans ses bras. Il répond à ton étreinte et tu la sens encore plus intense que lorsque vous vous êtes retrouvés il y a quelques mois, comme si le malheur était plus puissant que le bonheur. Une nouvelle fois, vous vous retrouvez perdus et séparés du reste des vôtres.

Parfois, la solution est là depuis toujours, il suffit juste d’accepter de la voir.


Cela sonne comme une évidence : vous devez mourir. L'Amérique n'est plus votre rêve. De longs mois se sont écoulés depuis le naufrage du Titanic. Vous avez cherché Tristan sans relâche mais vous n’avez plus une seule nouvelle de lui depuis que Malik s’est jeté à l’eau pour te sauver. Cela vous rend malade de songer que vous avez perdu votre frère après tous les efforts que vous avez fait pour être enfin réunis tous les quatre. Quant à votre sœur, vous avez perdu sa trace à cause du naufrage et vous avez perdu tout espoir de la retrouver un jour. Même Malik n’a plus espoir. Vous êtes totalement abattus, morts de chagrin de ne pouvoir exaucer la promesse de votre mère. Vous n’avez toujours vécu que pour ce seul but. Cette promesse c’est votre vie. Tu as toujours pardonné à ton frère car il devait faire partie de votre rêve avec Tristan et Yasmine. Tu as toujours cru en lui parce qu’il est ta famille, ta chair et ton sang. Vous deviez vous retrouver. La musique devait résonner à nouveau.
Tu relèves tes prunelles d’un bleu profond vers ton frère. Face à face, vous vous dévisagez tandis que la pluie dégouline sur vos visages, ankylose vos vêtements de pluie, et vous trempe jusqu’aux os. Vous vous êtes déterminés à exaucer la promesse faite à votre mère. Si vous ne pouvez être réunis de votre vivant, vous le serez forcément dans la mort.
« On retrouva nos parents et Tristan. » te murmure Malik à travers le rideau de pluie diluvienne.
Tu hoches la tête, les entrailles nouées, la gorge sèche. La fin est proche mais tu n’as pas peur. Puis tu sors de ta poche la boîte à mesure que tu déposes sur les rails de la voie ferrée. Là où vous allez, elle pourra enfin jouer de nouveau. Vous entendez soudain le son du train en approche.
« Tu es prête mon âme ? »
Les vibrations de la voie ferrée sont de plus intenses alors que le train se rapproche. Bientôt, vous êtes éblouis par la lumière aveuglante des phares dans la nuit d’encre. Vous vous accrochez soudain l’un à l’autre dans une ultime étreinte tremblante, attendant de retrouver votre famille ailleurs. Mais avant, tu as le temps de murmurer un dernier mot à ton frère.
« Ensembles… »





 









Dernière édition par Aurore L.Fitzwalter le Jeu 9 Jan - 2:16, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 22:20

SCHIZOPHRENIIIIIIE !  What a Face   

En tout cas, re-re-bienvenue avec ce nouveau personnage ! Tu vas encore nous envoyer du pâtééééé !    
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 22:26

Mon double d'amour de ma Life, mon duo,mon chamallow, ma chouuquette en chcocolat                                    
Je ne te souhaite pas la bienvenue parce que tu es vilaine avec Jack tu connais la baraque mieux que personne!!!

Courage pour ta fiche, j'ai hâte découvrir cette horreur Aurore dont tu m'as tant parlé!

Je t'aime !!!!!!

1234:                                    1234:                                    1234:                                    
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 22:33

Je suis sure que ton nouveau compte va envoyer du bon, du lourd, qu'il va nous filer une grosse claque, qu'il va envoyer la patate !

Bonne chance!
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♌ Jour d'embarquement : 16/07/2011
♌ Age du Personnage : 23 ans
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♌ Situation Amoureuse : Amoureuse de Joseph Earnshaw
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 22:48

Re Bienvenue avec ce nouveau perso   

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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 22:59

Re-Bienvenue !!!!!

Oh, une revenante. Ça me des idées pour Edwige.  Very Happy 
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Lun 30 Déc - 23:46

Re-re-bienvenue alors   et bonne chance pour ta fiche   
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 0:27

Violet : Oui ! La schizophrénie c'est boooow !! Je te remercie !!

Jack : Ouwwaaaaaa !! Que d'amour !! *o*
Je t'aime tant moi aussi mon Jackounet d'amour !! Mon double !!!    
Bientôt tu auras enfin la REVELATION sur ce personnage !! Et ce n'est pas elle qui est horrible !!! Very Happy

Mary : Ouhla ! Vous allez finir par me mettre la pression là ! J'espère être à la hauteur Razz
Merci !!

Georgie: Merci encore de m'avoir acceptée Very Happy

Dimitri : Ooooh ! Du coup, je languis de voir l'idée que tu auras eu !!

Nora: Merci beaucoup !!!    <1 
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 0:50

Ouaaaaah et de trois ! Ça c'est de la schizophrénie Laughing 
Bref, re-re-re-bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche ! <1 
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 1:36

Oh merci Natasha !! t'es trop adorable   
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 2:13

Re-Bienvenue Smile
Tu sais où nous trouver en cas de problème Smile
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 3:43

Oui, merci beaucoup Smile
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 4:14

Bah, je sais pas. Je vais voir quand tu auras écrit l'histoire quoi. Mais deux revenantes : faut un lien.    Faut se serrer les coudes les autres ne nous aiment paaaaaaassssss. Michants.

Et la fille qui dit ça avec Dimitri en plus ... Faites comme si c'était Edwige.  What a Face Je sais c'est dur.  drunken
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 11:10

Re-Re-Bienvenue avec cet autre compte & Bon courage pour l'écriture de ta fiche   
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 12:01

Bienvenue, jeune fille ! ^^
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mar 31 Déc - 16:22

Rebienvenue   
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mer 1 Jan - 15:30

YAAATTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!  
Et te revoilà parmi nous  J'ai bien hâte de lire ce que tu nous prépares (même si j'ai déjà peur)   Bon courage pour ton roman Razz
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Mer 1 Jan - 16:50

Dimdim : Ouiiii ! On va se serrer les coudes comme jamais ! Et j'ai peut-être même une idée d'ailleurs Very Happy

Merci à vous trois Victoria, Elliott et Briget ! Vous êtes adorables   

Ann : Oooooh ma choupette d'amour !!
Merci et ne t'inquiète pas, je justifierai ta peur  Twisted Evil 
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Jeu 9 Jan - 7:36

Rhoooo ton histoire est trop ma chouquette au nutella
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Jeu 9 Jan - 17:19


 

   
Félicitation!

   
 
Présentation conséquente, tu rentres dans le détail, c'est génial, j'ai l'impression de bien connaître Aurore maintenant xd. Bon, tu connais la maison, mais je te donne quand même le petit formulaire Smile

Et voilà, tu es validée et pour toi une longue aventure commence, pour commencer à faire la fête parmi nous, il va falloir travailler un peu et faire votre fiche de lien (ICI), comme ça tu auras le grand bonheur de te faire harceler par les membres du forum Pour RP aussi, rien ne vaut une fiche de RP, cela sera beaucoup plus simple pour les membres de venir t'en réclamer (ICI). Par (LA), tu peux aussi faire une demande de rang et de cabine, bah oui être SDF, c'est pas toujours drôle
  Si tu veux, tu peux créer un ou des scénarii, pour faire une famille, des amis, un compagnon ou une compagne, ça se passe par (LA)!

   Après tout pour bien commencer sur le forum, tu peux tout aussi bien passer par le flood et les jeux, c'est la meilleure porte à prendre pour une meilleure intégration  (ICI)

   Et voilà, maintenant tu sais tout sur tout et ton aventure à bord peut parfaitement commencer

 

 
 
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   Jeu 9 Jan - 17:46

Merciiiiiiiiiii !!!
J'suis trop contente !!   
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MessageSujet: Re: Aurore L.Fitzwalter ஓ La vie n'est que lambeaux   

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