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 Un majordome dans son assiette ? || Roderick & Dorian

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MessageSujet: Un majordome dans son assiette ? || Roderick & Dorian   Mer 25 Déc - 2:06


Excuse me sir...
Un majordome dans son assiette ?

L’orchestre s’est tu. L’ultime note sur le piano à queue résonne longuement avant de s’éteindre brusquement comme on mouche une chandelle avant de s’endormir. On entend seulement le raclement des chaises sur le parquet ciré et les quelques pas débonnaires des clients qui ont trop bu. L’écho lointain de leurs rires sonores nous parvient, mais il est diffus, assourdi par le bourdonnement qui siffle dans nos oreilles usées par le brouhaha des heures précédentes. Le dernier service vient de s’achever, tout le monde s’en va. C’est le dernier acte.

Le majordome frotte des verres machinalement avec un chiffon. Il a le regard las de l’homme qui a déjà tout vu, que rien n’éprouve, que rien ne peut plus surprendre. Impossible de le faire ciller, même ce verre qui s'est brisé et qu’il ramasse avec une confusion trop démesurée pour paraître sincère. Il baisse les yeux, tente de ne pas croiser le regard de l’homme. Ce même homme qui le met mal à l’aise en restant dans la salle alors que tous les convives sont partis se réfugier dans leurs cabines…

Cayne s’enfonce dans la banalité d’un monde souterrain où lui seul a accès tandis que ses mains caressent le cristal afin de ranimer sa brillance d’antan. Il s’englue dans cette fange du quotidien polie, prévisible et agaçante. Impassible, il a fait son boulot comme tous les soirs. Probable qu’il ne quitte pas son rôle une fois seul…Dorian, c’est le serviteur figé au sourire crispé. Il ne se donne plus la peine d’apparaître aimable, sauf quand il désire obtenir quelque chose de ses maîtres. A ce moment-là, il peut faire montre d’efforts extraordinaires et de ressources insoupçonnées. Mais la plupart du temps, il passe telle une ombre entre les ombres, accomplissant son devoir mécaniquement.  

Rien de plus barbant qu’un dîner dans la salle des Premières. Ces mondains parlent à leurs egos, ils pratiquent l’auto-conversation et l’auto-panégyrique. Comment supporter deux heures de discours sur les beaux atours des dames (dont la garde-robe ne change point) ou l’épanouissement d’un pôle industriel ? Pourquoi font-ils comme s’ils étaient encore de chair et de sang ? Il faut les plaindre ces pauvres messieurs dames à la panse arrondie et ventrue, à la redingote bedonnante, ils ont la vie dure, chaque plaisir est donc un moyen de faire face.

Dorian les ignore en général. Il ne manifeste d’ailleurs aucun intérêt au client qui le hèle. Que veut-il ? Un autre verre de ce cognac ? Le majordome regarde la bouteille presque vide, excédé. Encore un ivrogne…Les autres membres du service ont presque terminé de ranger et ce voyou prend tout son temps, buvant gorgée par gorgée. Le jeune homme n’a qu’une envie : le foutre dehors. Et il se fera un plaisir ! Il relève ses manches, défait son nœud papillon pour se donner un air plus agressif et se dirige droit sur le monsieur nonchalant. S’il n’eût été prêtre, car en s’approchant, Dorian reconnaît le bonhomme qu’il avait dû apercevoir quelquefois, notre ami l’aurait certainement insulté sans scrupule. Or il tient sa langue pour une fois.

« Que désire monsieur… ? »

Champagne, fille de joie, hostie, prière, Bacchanale ? Il adopte une voix neutre, ni amicale, ni mauvaise, un peu irritée tout au plus. Il doit maîtriser ses intonations au risque de déraper ; c’est bien son genre de laisser entendre quelques vilénies bien senties. Dorian n’a pas l’intention de discuter avec un tel énergumène, pourtant, il n’aura certainement pas le choix. C’est pourquoi, pour couper court à un long débat, il ajoute avec précipitation :

« Nous sommes sur le point de fermer… »

...si vous n'aviez pas remarqué, sir. Ce n’est même plus de l’ordre du sous-entendu à ce stade. Une supplique non déguisée, une parole condamnée par les codes de bonne conduite, mais au diable les convenances.

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
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MessageSujet: Re: Un majordome dans son assiette ? || Roderick & Dorian   Mer 25 Déc - 21:32

Un majordome dans mon assiette

Le restaurant des premières classes est d'un luxe effronté, même après le naufrage du Titanic; musique délicate, mets de fin gourmet, pâtisseries parisiennes et compagnie riante bien qu'un brin snob. La mort ne change pas certaines choses, comme les classes sociales. Qui a parlé d'un paradis où tous seraient égaux sous le regard de Dieu ? Pas Roderick.

Comme il est prêtre, malgré tout, et que tout le monde est mort, les richars le tolérent parmi eux, sans trop tordre le nez à sa vue. Officiellement, il n'est qu'un seconde classe, mais son costume trois pièces est soigné, même si ce soir là il n'a pas mis son col blanc – malgré son dégoût de la religion catholique et ses blasphèmes continuels, l'accessoire a une certaine prestance et force les regards à se baisser respectueusement. Cependant, il est clair que s'ils étaient toujours en vie, même le nom du Tout-Puissant lui-même ne lui aurait suffit comme laisser-passer dans ce saint des saints. De toute manière, sans le vol de chandeliers d'or pur, il ne serait même pas à bord....et serait peut-être en vie, détail qu'il refuse de considérer pour conserver son sang-froid.

Un prêtre, un ancien moine et un homme dévoué à Dieu, aurait du maudire une telle vie luxueuse, et aller se flageller pour avoir oser entendre une note, humer un met ou siroter l'un de ses alcools de grands prix. Roderick a subit assez de coups pour son existence et une éternité de damnation et il est confortablement installé au fond d'un siège royal. En face de lui, une assiette vide, et ses doigts effleurent le pied de son verre où subsiste un fond de cognac, le tout entre cristal et argenterie somptueuse. Mais l'homme s'en moque, son regard est captivé par autre chose, de bien plus précieux à son sens, même s'il doit être le seul de l'assemblé à faire peser son regard dessus. Quel dommage. Le privilège du démon est de ne craindre nul murmure, nul éraflure à sa réputation. Le privilège du prêtre est d'être vu comme un saint et de voir les soupçons écarter de son front. Le privilège de Roderick est de passer une agréable soirée dans le restaurant des premières classes, de savourer un verre de cognac et de laisser son regard dériver rêveusement sur la silhouette délicate du serveur.

Le verre se brise, le majordome le ramasse d'un air empressé, gauche de cette soumission qu'il incarne si bien. On pourrait avoir pitié de ses geste d'automates, de cet air las et blasé imprimé sur un visage si jeune et si beau, de cette impassibilité qui semble creuser un désespoir profond. Mais Roderick ignore tout de la pitié et de la compassion. S'il aime parfois son prochain c'est d'un tout autre genre d'amour que celui du berger réconfortant une brebis galeuse et égarée. Ou plûtôt, si mais sa pitié aurait une toute autre forme...Ne serait-ce pas de la pitié que d'effacer ce sourire faux et crispé d'un baiser ?

Il vide d'un trait le fond de son verre et hèle le jeune homme qui l'ignore autant qu'il le fixe. Oh que l'ange est de mauvaise foi, sourit en coin Roderick en le regardant détourner le regard.  Son regard doit être pesant sur le jeune homme, puisque celui-ci refuse catégoriquement de le remarquer, de le regarder. Enfin, il lui fait grâce d'une visite. La présence du prêtre lui porte sur les nerfs et pour se grandir, se rendre redoutable et redouté il a retrouvé ses manches et détaché son noeud papillon. Pauvre de lui, s'il savait que l'effet est tout le contraire de celui désiré alors que Roderick le suit de son regard pétillant. « Que désire monsieur… ? »

« Vous. » répondu du tac au tac Roderick, en levant les yeux vers le jeune homme.

Les traits sont purs, le visage impassible, ne dévoilant en rien les pensées obscènes qui peuvent traverser le prêtre, mais le regard qu'il darde sur Dorian est insolent, fripon même. Du genre à scruter votre âme ou à vous déshabiller du regard. Vous, nu sur le comptoir du restaurant, vous dans ma cabine, au moins votre compagnie et un sourire. Quoique ces manches retroussées et ce noeud papillon ouvert sont déjà un avant-goût satisfaisant. Mon dieu, voilà un signal alarmant de jusqu'où était descendu Roderick.

« Nous sommes sur le point de fermer… »
Le ton autoritaire de Dorian le chasse avant qu'il ait le temps de dire ce qu'il désire. Quoiqu'il veuille, c'est non. Où est donc passer l'hymne du client est roi ? La politesse se perds donc dans la mort. Roderick sourit pourtant nonchalamment, sans le lâcher du regard. Ce qu'il a déjà bu doit influer sur son comportement, ou alors il faut accuser la lassitude, la frustration aussi. Pour les damnés dans son genre, une éternité en vase clos représente une prison. Il faut bien se récréer son paradis artificiel, à force d'imagination ou de menaces, puisqu'on ne peut s'envoyer par le fond pour de bon.

« -Pourquoi donc croyez-vous que je vous hèle depuis tout à l'heure ? Un autre cognac, s'il vous plaît. A moins que vous soyez vraiment si pressé... Qu'avez-vous donc, à être si pressé et débraillé, une bien-aimée à rejoindre ? »

Le regard du prêtre s'attarde de manière significative sur le noeud papillon, les manches qui dévoilent les avant-bras du jeune homme.

Fiche bye Ethna
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MessageSujet: Re: Un majordome dans son assiette ? || Roderick & Dorian   Mer 8 Jan - 0:10


I beg your pardon...?
Un majordome dans son assiette ?

Pourquoi servir ces nobles à la face rougeaude alors qu’on est tous égaux dans la mort ? Sapristi. Que fait Dorian dans son bel et immuable uniforme à flatter les demoiselles, à se courber, esclave de son propre masque de parade ? Il n’aura aucune récompense (ni morale ni pécuniaire) pour ses bons et loyaux services rendus à bord. Ne rêvons pas, l’argent n’est plus qu’un vulgaire chiffon et quelques nombres imprimés dessus pour faire joli. Plus d’utilité, le néant économique. Alors pourquoi diviser les castes sociales ? Un élan révolutionnaire semble traverser l’esprit conquérant du jeune homme.

Que fait-il de son tue-le-temps sinon se faire agréablement recevoir par ses bourreaux fats qui vous parlent aussi poliment qu’ils interpellent leurs chiens ? Cirer les chaussures, repasser chemises et vestons, nettoyer les incartades malheureuses, ne rien dire à madame surtout, être muet comme une tombe, leur offrir les chaînes qu’ils nous accrochent aux chevilles. Voilà ce que Dorian accomplit, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il grêle, été, hiver, il n’y a plus d’heure ni de jour, on se perd dans un temps désespérément inexistant… Notre homme est mort et toujours si peu de respect pour sa personne. C’est ce qu’il déplore le plus. Il aurait déjà dû se rebeller, car à quoi bon être mort si on finit dans un Enfer de servitude ?

A-t-il seulement le choix ? Il faut bien « continuer », même si on ne voit pas d’objectif, même si on stagne dans un je-ne-sais-quoi immarcescible. C’est une non-vie inlassable dans laquelle on en bave. Heureusement, il reste de minuscules joies dans ce monde grisonnant. Les Revenants apportent des visages neufs et le vague espoir de revoir certains êtres qu’on a connus ; de vieux camarades, des amants poussiéreux…
Cayne s’en méfie. Il n'apprécie pas ce changement dans son petit havre d’éternité. Néanmoins, cela le distrait et Dieu sait qu’il a besoin de divertissement. Le prêtre ne pouvait pas mieux tomber. Alors amusons-nous, tous les deux.

Les serveurs partent et les laissent en tête-à-tête, quelle délicate attention. Un pli soucieux se forme sur le haut du front du majordome qui se sent comme piégé, à la merci du grand méchant loup. Le regard trop appuyé que lui lance le bonhomme le ferait presque rougir d’embarras. « Que me veut-il, bon sang ? » Chercherait-on à le pervertir ? Mais Dorian ne va quand même pas se démonter pour un seul et si petit regard tendancieux, n’est-ce pas ? Car oui, il devine quelques viles intentions sous la carapace de sagesse qu’affiche un homme d’un tel statut. Et ce qui suit le conforte dans son opinion.

« Vous. » D’une clarté insouciante qui n’a pas peur des qu’en dira-t-on. Personne n’écoute, seul Dorian est le témoin doublé de la victime. Un rôle qu’il n’a pas choisi de bon gré. Il fait mine de ne pas avoir entendu, mais ses sourcils le trahissent et prouvent une surprise inédite, un soupçon de gêne voire…ne serait-ce pas une forme bénigne de…plaisir refoulé ?

C’est bien l’œuvre du démon. La flatterie fait son effet. Il demeure stoïque malgré tout. Il se force au silence. Mais le gentilhomme enchaîne avec l’arrogance de ces bourgeois qui se croient absolument tout permis. Alors notre cher majordome répond mécaniquement, ne laissant transparaître aucune colère :

« C’est-à-dire que...qu’il se fait tard, mais Monsieur peut rester s’il le souhaite. Je vous apporte votre boisson tout de suite. »

D’un pas nonchalant, Dorian repart dans la direction opposée, s’empare du fameux Cognac et le rapporte à Monsieur. Il y en a assez pour un verre. Il le sert tranquillement en s’appliquant à regarder ses pieds, puis se permet d’ajouter :

« Navré de ne pas être à la hauteur des attentes de Monsieur. Je ne suis pas pressé, j’ai tout mon temps, au contraire, …une éternité. »

Enfin, il relève les yeux. Il jauge le client farouche pour la première fois depuis leur légère altercation. Il enregistre les détails du visage avec rapidité : la mâchoire bien dessinée, le regard transperçant, le sourire de mauvais garçon…
Décidément, Dorian ne s’attendait pas à une telle jeunesse et un tel charisme réunis dans un être aussi discourtois. Le jeune homme n’est pas un habitué des hommes d’Église, mais il s’était façonné une idée glauque et absurde du prêtre coincé dans son uniforme noir et récitant des prières toute la sainte journée. Et là, surprise, c’est tout le contraire : un bellâtre lovelace. Par un effort de volonté, notre jeune ami détache son regard ébaudi et pose l’ultime question qui le taraude, à la vie à la mort.

« Pourquoi pensiez-vous qu’une bien-aimée m’attendait quelque part ? »

Le serveur s’extraie peu à peu de ses fonctions et commence à prendre ses aises. Il met les mains dans les poches, attendant le verdict du drôle de personnage qui le détourne de ses pensées moroses.  

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