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 Please... Give me your mercy ❦

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MessageSujet: Please... Give me your mercy ❦   Jeu 3 Oct - 13:01

 

Please... Give me your mercy.


« Faites-la rentrer dans la cabine. » commanda le truand. « Dépêchez-vous avant que quelqu’un nous voit ! »

Les deux hommes de mains qui retenaient fermement Héloïse par les bras tandis qu’elle se débattait de toutes ses forces,  s’empressèrent de la faire pénétrer dans la chambre. Une fois la porte refermée, ils la relâchèrent. Libre de ses mouvements, la blonde tenta une évasion désespérée en s’élançant vers la sortie, mais on eut tôt fait d’intercepter son geste. L’une des deux gorilles intercepta son geste. Il lui agrippa brutalement le bras et l’expédia à l’autre bout de la cabine. Elle heurta le mur de la cabine et s’écroula par terre sous la violence de l’impact. Une grimace de douleur apparut sur son visage déjà rongé par la terreur et le désespoir. En l’espace de quelques heures, sa réelle identité avait été découverte, l’amour de Jack s’était transformé en haine et elle avait été vendue à ces hommes par l’homme qu’elle aimait le plus au monde, celui qui aurait dû être le père de l’enfant qu’elle portait. Songeait-il seulement qu’il l’avait condamnée à une mort certaine ? Une fois sur le sol anglais, elle serait amenée à la police, jugée et certainement amenée à la potence. Le malfrat aurait son argent et les Cooper auraient payé leur dette. Mais cela devait-il réellement être la fin de leurs quatre ans d’amour ?
La blonde était totalement anéantie, n’osant croire que Jack avait pu accepter aussi froidement que ces trois hommes l’emmènent avec eux. Son monde entier s’écroulait et la flamme féroce qui brûlait au creux de sa poitrine avait subitement cessé de briller. Ce voyage qui aurait dû sonner le début d’une nouvelle vie, d’un nouveau départ vers l’Amérique, le pays de la liberté avait tourné au cauchemar. Et dire que c’était au cours de leur ballade sur le pont où ils avaient rencontré les bandits qu’elle comptait lui apprendre qu’elle portait son enfant…

« Tu comptais donc nous fausser compagnie aussi rapidement ? » fit le truand en s’accroupissant devant la blonde et en lui saisissant le menton de sorte que leurs regards se croisent. « Mais sache que désormais tu es ma propriété exclusive et que je ferai de toi ce que je voudrais. Et si ses fils de pute ne m’ont pas menti, tu vas me rapporter plus d’argent qu’ils ne m’en devaient. Les Cooper payent leur dette, se débarrasse d’une meurtrière et moi j’empoche le magot. Tu vois ? Tout le monde y trouve son compte. Alors efface donc ses larmes. Après tout, tu n’as que ce que tu mérites. »

Un frisson glacé lui parcourut l’échine tandis que les prunelles menaçantes de l’homme étaient plongées dans les siennes. Elle essayait de ne pas pleurer mais les larmes coulaient d’elle-même sur ses joues. La main du truand glissa ensuite sur sa peau pour encercler son cou. La blonde fit un effort manifeste pour retenir un sanglot alors qu’il effectuait une légère pression sur sa gorge.

« Une corde autour d’un si joli cou, quel dommage… » ajouta-t-il pensivement en même temps que ses yeux parcouraient le corps de la jeune femme.
« Qu’est-ce qu’on en fait, m’sieur ? » demanda un des hommes de main posté devant la porte.
« Pour l’instant on y touche pas et on la laissa bien sagement attendre dans un coin de la cabine qu’on débarque. Dès demain, lorsqu’on aura posé le pied en Amérique, on prendra des billets pour l’Angleterre et à nous le pactole. » leur apprit-il en se relevant. « Je vais faire un tour. Occupez-vous en. »

Sur ses mots, il sortit de la cabine. Héloïse observa les deux hommes s’approcher avec appréhension mais elle ne voulait pas risquer que le moindre geste de défense à leur égard soit mal interprété et qu’ils la frappent. Elle devait penser au bébé avant tout. Ses entrailles se tordirent et elle ne put s’empêcher de se débattre instinctivement lorsqu’ils la bâillonnèrent et lui ligotèrent les mains derrière le dos. Puis ils la soulevèrent et la placèrent dans un placard par mesure de précaution.

« Et maintenant, tu vas être bien sage jusqu’à demain. » railla l’un en refermant la porte du placard.

Héloïse se retrouva alors dans l’obscurité, incapable de bouger ou de hurler pour qu’on vienne la secourir. C’était définitivement la fin. Elle songea alors à tout ce qu’elle avait perdu, à Peter qu’elle ne reverrait jamais, au fait que personne ne connaitrait jamais les raisons qui l’avaient poussées à tuer le Comte, à cet enfant qui risquait de ne jamais naître et à ce qui l’attendrait aussitôt qu’elle serait en Angleterre. La panique s’empara de tout son être et elle fut soumise à une violente crise d’angoisse. Certainement aurait-elle crié de douleur si elle n’était pas bâillonnée mais elle ne pouvait que pleurer toutes les larmes de son corps en silence. Ce cauchemar prendrait-il fin au jour ?
Après de longues heures, l’épuisement avait fini par prendre possession d’elle et elle ne fut réveillée que le fracas de la porte qu’on ouvrait avec force. Les têtes des trois hommes apparurent devant elle et l’un l’extirpa sans ménagement du placard. Une fois sur pieds, le truand s’approcha d’elle.

« Il est l’heure ma jolie. Alors je te préviens, si jamais lorsqu’on t’aura enlevé ce bâillon et tes liens, tu t’avises de fuir ou de prévenir quelqu’un, je peux te promettre que tu regretteras d’être née. » la menaça-t-il.

Tout d’abord tétanisée, la blonde finit par hocher la tête et ce ne fut qu’à ce moment-là qu’il décida à faire un signe à ses hommes de main pour qu’ils détachent. Libérée de ses entraves, elle se frictionna ses poignets endoloris.

« Allons ma chère. Vous me ferez bien l’honneur de marcher à mes côtés ? » fit le malfrat avec un petit sourire moqueur en tendant son bras.

La blonde eut un court moment d’hésitation avant de s’accrocher au sien. Il devait sûrement vouloir sauver les apparences et éloigner tous soupçons qui pourraient peser sur eux. Ils sortirent finalement de la cabine et gagnèrent les ponts supérieurs. Durant tout ce temps, elle ne pouvait s’empêcher de jeter des coups d’œil furtifs pour voir si elle ne pouvait pas trouver Peter, ou même Jack. Pourrait-il revenir sur sa décision ? Elle en doutait mais au fond d’elle, elle l’espérait de tout son cœur. Puis ils se trouvèrent bientôt sur la passerelle et Héloïse se mit à réfléchir très vite. Elle ne pouvait plus seulement penser à elle. En ne se démenant pas pour échapper à ses ravisseurs, ce n’était pas seulement elle qu’elle condamnait, mais aussi l’enfant qu’elle portait. Elle ne pouvait s’y résoudre. Ce don de Dieu devait vivre. Elle battrait avec la volonté et l’amour d’une mère, le même que celui qui animait sa propre mère. Peu importait si par la suite elle devait élever cet enfant seule, elle le ferait quoi qu’il lui en coûte.
Les deux hommes de main se trouvaient quelque peu en retrait derrière eux et il serait certainement facile de les distancer vu leur corpulence. Puis la blonde savait courir vite. Aussi rassemblant tout son courage, elle donna un puissant coup de coude au truand tandis qu’ils touchaient la terre ferme. Il se plia de douleur, étouffant un gémissement et il lâcha son bras. N’attendant pas une seconde de plus, elle prit ses jambes à son cou et s’élança à travers la foule de passagers attroupés sur le port de débarcation.

« RATTRAPEZ-LA ! » l’entendit-elle soudain s’époumoner.

La peur la tiraillait mais elle continuait de courir alors qu’elle voyait les deux hommes à ses trousses. Si jamais ils la rattrapaient, elle ne donnait pas cher de sa peau. Battant des coudes, elle parvenait à se faufiler au milieu des gens mais sa course était plus que ralentie. Le seul constat rassurant était qu’il en était de même pour ses poursuivants. Repérant un loin un amas de caisses et de casses, elle décida d’aller s’y dissimuler. Jetant un regard derrière son épaule, elle ne remarqua pas ses ravisseurs et partit se cacher au milieu des caisses empilées. Ainsi sauvée, elle en profita pour s’adosser contre un coffre et reprendre sa respiration. Elle ferma les yeux afin de retrouver son calme, mais à peine les eut-elle rouverts qu’elle tombait nez à nez avec le truand. Elle étouffa un cri horrifié avant de faire mine de s’enfuir, mais une des brutes lui barrait le passage. Elle courut dans l’autre sens mais la deuxième apparut aussitôt. Elle était encerclait… elle n’avait aucune échappatoire possible. Elle était perdue….

« Il me semblait pourtant avoir été clair. » fit le truand sur un ton étrangement bas. « Et on ne désobéit jamais à mes ordres, sale garce ! » rugit-il en assénant une claque magistrale à Héloïse.

Le coup envoya valser la blonde qui se cogna la tête contre une caisse dans sa chute. Sonnée, elle ne parvint que difficilement à reprendre ses esprits.

« Relevez-la Je vais lui faire passer l’envie de fuir. »

Les hommes s’exécutèrent et ils la soulevèrent tout d’abord par les cheveux, lui arrachant un gémissement. Puis ils emprisonnèrent chacun un bras entre leurs mains, l’immobilisant tandis que l’homme retroussait chez manches. Rapidement, elle se vit expédier au coup de poing au visage. La douleur l’empêchait de hurler, mais le sang jaillissait de son nez et sa bouche endoloris.

« Jack...» murmura-t-elle faiblement.

« Lâchez-la. »

Une fois de plus, ils obéirent et la laissèrent tomber au sol. Au bord de l’inconscience, elle ne parvint même pas à protester lorsqu’il se baissa et qu’il déchira le chemisier d’Héloïse. Emergeant avec difficulté, elle trouva la force de lever les bras pour tenter de le repousser, malheureusement ce ne fut pas suffisant.

« Tenez-la. » ordonna-t-il aux deux hommes alors qu’il commençait à retrousser ses jupons. « Je vais lui montrer moi ce que j’en fais des aristos. »
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Jeu 3 Oct - 23:50

Jack était immobile, allongé sur son lit de Troisième Classe. Il n'y croyait pas, c'était impossible tout simplement. Et pourtant, il en avait fallu peu pour que tout bascule, pour que sa vie devienne un enfer. Il avait tant voulu faire pour les deux femmes de sa vie, qu'il avait choisi de s'endetter et d'emprunter de l'argent à un homme fort peu recommandable. Il en avait payé le prix fort au moment ou il avait su que le remboursement de la dette ne pouvait se faire. Le blondinet avait alors choisi de s'exiler, de réunir ses économies et d'embarquer sur le paquebot de rêve pour une place en Troisième Classe. Mais qu'importe, cela avait suffi au jeune homme pour pouvoir être heureux, et s'offrir une nouvelle vie pour sa sœur et pour la femme qu'il aimait. De cette manière, il quittait cette Angleterre natale pour découvrir un nouveau pays : l'Amérique. Il avait tant de projet en tête. Il rêvait d'avoir un emploi stable, de s'acheter une maison, de fonder une famille, d'épouser la femme qu'il aimait. Et pourtant...

Tout venait de s'écrouler en une fraction de seconde. D'une part, parce que le truand les avait suivi sur le bateau et d'autre part, il venait découvrir la véritable identité d'Heloise. Durant quatre ans, elle lui avait fait croire une histoire inventée de toutes pièces. Elle n'était en aucun cas une orpheline ignorant son passé. Non, elle était une noble: la comtesse de Neuveille. En y repensant, le jeune homme était complètement abasourdi. Il ne réalisait toujours pas comme elle avait pu lui cacher ce secret, pourquoi elle n'avait jamais révéler son terrible péché: elle avait tué et était recherchée par la police. Face à un tel manque d'honnêteté, Jack avait tout remis en question jusqu'à la nature de ses sentiments envers lui. Pourquoi n'avoir rien dis? Voilà la question principale: elle l'usait à petit feu, lui dévorait les entrailles. Il aurait pourtant compris les raisons de son geste envers son père, après tout, il avait abandonné le sien. Et il l'aimait tant qu'il aurait pu tout accepter de sa part.

C'est alors que la voix de Lydia le tira de sa léthargie:

" Je le savais qu'elle n'était pas sincère... Des l'instant ou je l'ai vu, j'ai senti qu'elle cachait quelque chose. " disait-elle en posant sa main sur l'épaule de son frère. Au grand dam du jeune homme, elle s'assit à ses côtés afin de probablement lui parler. Sauf que Jack n'était vraiment pas d'humeur. Il avait à la fois tant de tristesse et de colère qu'il se sentait incapable de pouvoir parler de cette femme devenue bien vite une étrangère. Toutefois, sa sœur sembla ne pas s'apercevoir du mutisme de Jack et continua dans sa lancée : " Ce n'est pas grave, frangin. Tu trouveras quelqu'un d'autre en Amérique. Elle n'était pas faite pour toi. Elle n'était pas de ton monde et c'est... Mais Jack ne lui laissa le temps de parler qu'il se redressa et se mît à lui aboyer: " Tu vas la boucler!? Le jour ou tu comprendras ce qu'est le verbe "aimer quelqu'un d'autre", tu comprendras que tu as fais une lourde erreur! "
Ce fut au tour de Lydia de se redresser de tout son long, se levant et le fusillant du regard: " Une lourde erreur?! Cette fille t'a embobiné la tête Jack! Elle t'a lavé le cerveau! T'est devenu une loque et tu en étais encore une quand tu les a laissé l'emmener! "
Ce fut au tour de Jack de se lever du lit et de la toiser : " Je ne sais même pas ce qui m'a pris de la laisser partir ainsi! C'était tout confus dans ma tête. Je ne comprenais même pas encore ce qu'il venait de m'arriver. " disait Jack en se tenant la tête dans ses mains. Ses souvenirs en cet instant étaient atroces. Il aurait dû refuser, il aurait dû mourir lui et sauver la vie d'Heloise. Non, au lieu de cela, il l'avait abandonné par orgueil tant il était blessé de savoir ce mensonge.

Et pourtant il l'aimait, plus  que jamais. Cet amour était irrationnel, dépassait toute imagination. Et même s'il se savait un homme bafoué ce soir, il était fou amoureux d'elle. Il ne se voyait pas un seul instant refaire sa vie. C'était son âme sœur dans les bons comme dans les mauvais moments. En quatre ans d'amour sur un nuage, il était temps pour le jeune homme de faire face à sa première difficulté, sans doute la plus dure à vivre. Et ce n'était pas avec Lydia qu'il se sentirait soutenu. Non, au contraire, elle préféra ajouter: " Laisse la à son destin, laisse la assumer ses actes. " Cela eut le don d'énerver Jack qui se mît à hurler : " La ferme Lydia, ça suffit! Lâche moi maintenant! Il est temps que je vive un peu ma vie! " et sans crier gare, Jack prit son sac et quitta la chambre en claquant la porte. Il savait que Lydia ne viendrait pas lui courir derrière, sa sœur avait sa propre fierté. Il pouvait aller là ou il voulait. Marchant sans but, Jack apprécia la promenade nocturne. Le pont était désert, il devait être une heure avancée de la nuit. D'ailleurs, il entendit par un steward que New York pointerait le bout de son nez. Il restera donc là, sur le bastingage fixant l'extrémité avant du bateau. Le vent fouettait son visage et il regardait au loin vers un horizon inconnu. Le jeune homme ne savait que faire: son cœur lui conseillait d'aller chercher Heloise mais la raison lui rappelait le mensonge. Il songeait à toutes ces années, tous ces sourires, ces regards. Ou était la sincérité de ce premier soir, de ces instants heureux? Avaient-il été vrais? Le blondinet ne savait plus quoi penser, ce n'était que des illusions. Il essaya alors de tenir bon en se remémorant ces instants vécus à ces côtés et il resta ainsi jusqu'à temps que New York fut à porté de son visage, qu'il était sans doute temps de descendre. Prenant ses affaires, Jack sortit du bateau en s'engageant sur la passerelle. Il était tellement malheureux qu'il ne chercha même à retrouver Lydia ou Heloise. Non, il préférait s'exiler et passait à autre chose. C'était sans doute la meilleure des solutions. Jetant un dernier regard au Titanic, Jack contempla les vestiges de sa vie d'antan. Désormais, plus rien ne serait pareil. Et c'est ainsi que, seul, il tourna le dos à son passé et se dirigea vers la sortie du port. Ce fut compliqué dans la mesure ou le lieu était empli de passagers, d'américains curieux. Le jeune homme se frayait tant bien que mal un chemin mais il avait tout de même des difficultés à avancer. Repérant alors un lieu désert, il choisit de bifurquer et de sortir par ce chemin là. Entouré de ses immenses caisses, l'endroit était désert à quelques pas pourtant de son agitation. Ce fut alors qu'il entendit la voix du truand résonner. Il s'adressait à Heloise sans doute au vu du ton mauvais qui s'en résonnait. Le sang de Jack ne fit qu'un tour quand il entendit un coup suivi d'un gémissement de douleur. Il entendit son prénom murmuré par la jeune femme. Cherchant du regard un objet, il prit alors une lourde barre de fer qui servait à ouvrir les gigantesques caisses. Posant ses affaires, Jack la prit à deux mains et ce fut la dernière phrase de l'escroc qui le fit bondir prêt à venir en aide à la jeune femme.

" ESPÈCE D'ENFOIRÉ!!! " hurla t-il en se ruant sur le groupe. Deux hommes maintenaient la blonde tandis que le troisième s'apprêtait à la violer: il n'y avait qu'à voir les jupons relevés, le chemisier défait. Cela eut le don de mettre Jack hors de lui. Et avant que le minable ne puisse réagir, il avait abattu la lourde barre de fer sur l'arrière de la tête. C'est dans un craquement sinistre et un geyser de sang que Jack compris qu'il venait de fracturer la boîte crânienne.
Le truand s'effondra tandis que les deux gorilles se ruèrent sur Jack. Heureusement pour lui, il avait toujours avec lui la barre de fer et il abattit sur le visage de l'un. Il lui fit voler la moitié du dentier tandis que l'autre babouin s'était agrippé à son cou. Il s'écroula sur le sol avec l'homme sous lui. Ce dernier tenta de l'étrangler mais Jack était dans une telle rage folle que plus rien ne l'arrêtait. Il donna un violent coup de tête à l'arrière qui fit hurler de douleur le colosse. Profitant de sa liberté retrouvée, le blondinet se releva et d'un seul geste, il tordît le cou de son agresseur. Ensuite, il se jeta sur le second qui tentait vainement de se relever. Sous le choc, il ne vit arriver la furie qu'était le troisième classe et se peut en pleine poire, un coup de coude si violent qu'il s'effondra sur le sol. Jack prit le cou du colosse et sans aucune pitié, il lui brisa les cervicales.

L'un était mort, les autres également. Ses ennemis étaient hors d'état de nuire. Jack contempla un instant l'endroit devenu carmin. Sa chemise était rouge du sang de ses victimes par endroit. Ne réalisant toujours pas ce qui venait se produire. Jack se retourna vers Heloise qui semblait choquée, hébétée. Le jeune homme prit sa veste et la posa sur les épaules d'Heloise. Il ne dit mot bien que ses gestes furent doux envers sa compagne.
" Allons nous en..." disait-il sans regarder Heloise dans les yeux. Il lui prit la main et de son autre main libre, il s'empara de son sac. Et ils quittèrent le port avant que la police ne puisse rappliquer face à ces trois cadavres. Le jeune homme se mît à courir entraînant la jeune femme dans sa course. Il fallait qu'ils s'échappent, il venait de commettre un meurtre, trois précisément. Jack devait faire vite. Et ils avancèrent ainsi vers une destination inconnue. Au bout d'un moment, le jeune homme sentit qu'Heloise avait besoin de se reposer, elle semblait essoufflée et il avait remarqué qu'elle avait du mal à suivre sa cadence. Sans dire mot, il préféra chercher un endroit ou se reposer en toute sécurité. Il vit un hôtel au loin de la rue et s'avança dans sa direction, Heloise à ses talons.
Une fois entré dans le petit immeuble sinistre mais propre, Jack prit une chambre pour deux avec le peu d'argent qu'ils leur restaient. La chambre était petite, peu éclairée mais propre. C'était suffisant pour que la jeune femme puisse reprendre ses esprits et se reposer. Ils entrèrent ainsi et Jack ferma la porte, la verrouillant par simple mesure de sécurité. Il n'avait décroché la mâchoire depuis leur fuite. Il se sentait à bout de nerf, la tristesse et le souvenir du mensonge était si fort. Il ne savait que dire, il ne savait par quoi commencer car il y avait bien des choses à dire. Mais la colère l'empêchait de dire quoi que ce soit. Et puis, il y avait cette peine immense qu'il ressentait. Elle était vive, boursouflée. Comment allait-il pouvoir passer outre cela? Toutes ces questions enfermaient le jeune homme dans un mutisme profond. Aussi, pour s'occuper, il préféra aller dans la petite salle d'eau afin de nettoyer sa chemise imbibée de sang. Torse nu, les mains dans l'eau, il regardait l'eau devenir rouge et la chemise blanchir comme si ces péchés venaient soudain de s'évaporer
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Dim 6 Oct - 18:28

 

Please... Give me your mercy.


Héloïse était prête à hurler mais aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche. Elle était bien trop sonnée et endolorie par les multiples coups qu’elle venait de recevoir. Le sang maculait son visage et ses vêtements déchirés. Son goût âcre et métallique emplissait sa bouche. Elle aurait voulu mourir que de devoir subir un tel sévie et bien trop honteuse de n’avoir pu sauver son enfant. C’était la fin et elle ne parvenait même à se défendre contre les deux bras qui la maintenaient fermement au sol ou encore contre l’homme prêt à la violer. Tout ce dont elle fut capable, ce fut de laisser une larme couler le long de sa joue.
Tout était fini…

« ESPECE D’ENFOIRE !!! » entendit-elle soudain hurler.

Cette voix, elle la reconnaitrait entre toutes. C’était celle de Jack. Durant un instant, elle crut bien l’avoir rêvé mais le cri avait été trop puissant pour qu’elle l’ait imaginé. Il rentra bientôt dans son champ de vision, une barre de fer à la main qu’il abattit sauvagement sur le crâne du truand. Héloïse ferma les yeux et détourna le visage alors qu’une giclée de sang l’éclaboussait. Le corps sans vie de l’homme s’écroula sur elle sans qu’elle ne puisse le retirer. Mais les deux hommes de main lâchèrent bientôt les bras de la blonde pour fondre sur le troisième classe. De ses maigres forces, elle repoussa son cadavre encore chaud, le sang ruisselant sur ses vêtements.
Elle se redressa difficilement sur ses genoux, se prenant la tête entre ses mains tant elle lui tournait. Puis ses entrailles se tordirent en voyant les deux gorilles se ruer sur le jeune homme.

« Jack ! » s’alarma-t-elle en pleure.

Mais pris dans une rage furieuse qu’elle ne lui connaissait pas, il envoya paître le premier malfrat qui s’écroula plus loin, la mâchoire disloquée. La jeune femme poussa un gémissement d’horreur et plaqua sa main devant sa bouche ensanglantée. Jack s’écroula soudain au sol, en proie à un combat acharné contre le truand. Son cœur s’arrêta de battre en voyant les mains du malfrat enserrer le cou de l’homme qu’elle aimait. Elle voulut se précipiter à son secours mais la fureur de Jack était bien trop grande. Il lui envoya un coup de tête si puissant qu’il fit rugir l’homme de douleur et le déstabilisa suffisamment pour reprendre le dessus sur lui. Un frisson glacé lui parcourut l’échine quand elle le vit torde d’un seul geste le cou du malfrat. Elle entendit dans un craquement atroce les vertèbres de l’homme se rompre.
Puis il se redressa et Héloïse prit peur en observant la folie meurtrière qui animait son regard. Avait-elle eu un tel regard lorsqu’elle avait assassiné le Comte cette nuit-là ? Mais il fondait déjà sur le deuxième truand qui n’était pas mort et qui tentait vainement de se relever. Il se vit rapidement réexpédié au sol d’un coup de coude au visage et reçut le même traitement sauvage.
Le silence plana durant de longues secondes où Héloïse fut incapable de bouger. Elle s’abîmait simplement dans la contemplation morbide des trois cadavres gisant dans une mare de sang. Elle avait la sensation que tout ça n’était pas réel, qu’elle allait bientôt s’éveiller d’un mauvais songe et se retrouver dans les bras de Jack. Alors il la consolerait de son cauchemar comme il avait toujours su si bien le faire et elle lui annoncerait qu’ils allaient devenir parents d’un magnifique bébé. Ils se plairaient ainsi à s’imaginer le petit minois qu’il aurait, le prénom qu’ils lui donneraient et cette vie qu’ils prévoyaient pour eux.
Mais la réalité en était tout autre et ce fut Jack qui l’y précipita. Il déposa sa veste sur les épaules d’Héloïse afin de couvrir sa semi-nudité. La jeune femme s’enveloppa alors dedans, choquée et éberluée tandis qu’elle avisait tout le sang qui recouvrait la chemise du jeune homme et en songeant qu’il était l’auteur de ce carnage. Ses gestes étaient doux, mais son regard était si fuyant qu’elle en eut le cœur brisé. Elle ne parvenait plus à penser ou à réfléchir. Son esprit était seulement gouverné par un flot de sentiments qui l’envahissaient dans un tourbillon confus. La frayeur se mêlait au soulagement, en même temps que la tristesse et l’angoisse, faisant couler des larmes chaudes sur ses joues poissées de sang.
Le jeune homme la prit soudain par la main et la releva, évitant de croiser son regard alors que cette dernière le cherchait désespérément, comme un marin s’accrochant à son phare lors d’une nuit d’encre. Sur ses talons, elle se laissa guider par lui à travers le port, baissant la tête pour que personne n’avise son visage recouvert de sang. Ses entrailles se tordaient à la seule idée qu’ils puissent être arrêtés. Entre un triple homicide et une jeune fille dont la tête était mise à prix depuis désormais quatre ans par la police anglaise, elle ne donnait pas cher de leur peau.
Ils quittèrent rapidement le port et ils s’engagèrent sur des terres inconnues, mais Jack évoluait avec une telle détermination qu’on aurait presque eu l’impression qu’il connaissait New York depuis toujours. Mais il ne voulait certainement que trouver un moyen de fuir avant que quelqu’un ne découvre la scène du crime et n’appelle la police. Héloïse comprenait l’enjeu et le besoin primordial de mettre le plus de distance entre le port et eux, néanmoins, elle ne parvint pas à tenir la cadence aussi aisément qu’elle l’aurait souhaité. Elle avait passé une nuit exécrable où elle avait pleuré toutes les larmes de son corps, bâillonnée et ligotée au fond d’un placard. Et depuis qu’elle était enceinte, elle se sentait considérablement affaiblie et encore sous le choc de ce qui venait de se dérouler devant ses yeux. Elle observait parfois les mains de Jack, ses mains devenues carmin, des mains qui avaient tué mais qui savait si bien aimer. L’aimerait-il à nouveau ? Arriverait-il à lui pardonner ? Etait-il réellement venu la chercher ou s’était-il retrouvé là par hasard ? Elle se souvenait de son terrible regard la nuit où les truands l’avaient enlevée et de sa décision sans appel. Elle avait lu toute la trahison et la déception qui assombrissaient son visage. Elle avait fait une erreur et elle ferait n’importe quoi pour obtenir sa clémence, pour retrouver l’homme qu’elle aimait et le père de son futur enfant.
Jack dut remarquer qu’elle peinait à suivre son rythme et qu’elle était essoufflée car il prit la direction d’un petit hôtel. Insalubre et sinistre, ils pénétrèrent tout de même dans l’immeuble où le jeune homme demanda aussitôt une chambre pour deux. Le régent les jaugea premièrement d’un œil suspicieux en voyant leur allure mais il leur céda finalement une chambre.
Héloïse poussa un léger soupir de soulagement lorsqu’ils furent seuls dans la chambre. Jack referma la porte derrière eux et même, il la verrouilla. Elle chercha une nouvelle fois son regard mais il se déroba à elle. Elle voyait ses traits alourdis de tristesse, de déception… cette même expression où elle lisait la trahison… Dieu qu’elle avait mal ! Elle sentait son cœur se serrer douloureusement dans sa poitrine et elle resserra ses bras autour d’elle comme pour étouffer la souffrance. Elle ne voulait pas infliger au jeune homme la vision de la femme qu’il devait détester en train de pleurer. Elle sentait la tension de Jack, sa frustration et même la gêne qui l’habitait. Bientôt il la quitta pour se rendre dans la salle de bain. Lorsqu’il fut hors de la pièce, elle fut prise d’un violent sanglot qu’elle étouffa en portant la main à sa bouche. Elle avait envie de s’effondrer, d’éclater en sanglots et de se jeter dans les bras de Jack. Elle voulait lui demander son pardon, lui parler de leur enfant, de la vie nouvelle qu’il pourrait avoir. Elle voulait lui expliquer pourquoi elle avait tué le Comte, pourquoi elle le lui avait caché et à quel point elle l’aimait. Elle ne voulait pas le perdre. Mais elle restait clouée sur place, tétanisée à la simple idée qu’il puisse la rejeter et qu’à partir de maintenant, elle n’ait plus droit qu’à des regards emplis de haine.
N’osant faire de bruits comme si cela aurait pu être une offense, elle s’avança silencieusement et s’engouffra dans la salle d’eau. La tête baissée, elle s’approcha lentement de Jack qui venait d’ôter sa chemise et s’évertuait à la laver.

« Merci de m’avoir sauvée… j’ai bien cru que…enfin qu’ils… » bredouilla-t-elle la gorge serrée.

Mais elle ne parvint à achever sa phrase, n’ayant pas la force d’imaginer comment cette histoire aurait pu se terminer. Elle avait certainement échappé au pire sévie qu’un homme pouvait infliger à une femme. Toutefois, la honte d’un tel acte résidait dans le ton de sa voix. Ses yeux redevinrent brillants de larmes mais elle fit un effort pour les retenir. Elle fit quelques pas, se mettant à côté du jeune homme. Puis elle attrapa un pan de sa chemise en lambeaux et en déchira un bout. Elle le trempa ensuite dans l’eau avant de relever les yeux vers Jack. Avec appréhension, elle tendit finalement la main vers la joue du jeune homme afin de tourner son visage vers elle. Son cœur rata un battement lorsqu’elle vit ses yeux azurs, ses yeux si malheureux… Les larmes reprirent possession de ses joues, se mêlant au sang sur son visage endolori, mais cette fois-ci elles furent silencieuses. Elle approcha ensuite délicatement le tissu mouillé vers le visage de Jack, dans le but d’essayer le reste de sang qui tâchait sa peau. Elle craignait plus que tout qu’il la rejette, qu’il se défasse de son contact.

« Je… je… je m’en veux tellement pour tout ce qu’il s’est passé. » finit-elle par éclater en sanglots. « Je t’en supplie ! Ne me haïs pas Jack. Tout ce que j’ai fait c’était pour nous, parce que je t’aime ! »

Ses prunelles suppliantes se relevèrent vers lui, implorant son pardon et sa clémence. Elle l’aimait ! Elle l’aimait plus que tout au monde et tout ce qu’elle cherchait c’était pouvoir vivre éternellement à ses côtés. Il ne pouvait y en avoir un autre que lui.

« Jack… je peux tout t’expl… »

Mais elle n’eut jamais l’opportunité de finir sa phrase. Un vertige fulgurant l’assaillit et le monde vacilla autour d’elle. Elle se sentit perdre pied et finalement, ses jambes se dérobèrent sous elle. Elle voulut se raccrocher à un meuble mais elle n’y parvint pas et elle s’écroula sur le parquet de la salle d’eau, au bord de l’inconscience.


Dernière édition par Héloïse V. De Neuveille le Jeu 10 Oct - 23:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Lun 7 Oct - 0:06

Les mains plongées dans de l'eau froide, Jack se démenait comme un beau diable à enlever le sang. La course contre la montre, la sueur, après avoir couru avaient séché par endroit le liquide carmin qui, de ce fait, s'était incrusté profondément dans le tissu. L'eau était devenu bien vite rouge, toutefois, la chemise n'était pas encore redevenu blanche. Il fallait bien des efforts supplémentaires pour y parvenir. En temps normal, le jeune homme l'aurait jeté à la poubelle, mais aujourd'hui, elle était le moyen de faire passer sa colère. Tous les sentiments mauvais qui l'envahissait , se plongeait dans ce lavement excessif. Cela lui permettait de ne pas rejeter sa colère sur Heloise. Il était toujours dans une fureur noire et le fait d'avoir tué ses bourreaux n'avait pas calmé sa colère. En si peu de temps, sa vie, ses rêves, tout s'était écroulé. Et bien qu'il avait choisi de renier son passé, Heloise s'était à nouveau trouvé sur son chemin en bien mauvaise posture. Son amour pour elle était tellement immense que ce sentiment incroyable l'avait poussé à aller au bout de ses limites bien plus grandes que ce qu'il s'était imaginé. Il se savait un homme libre de toute dette, personne ne penserait qu'il puisse être le meurtrier de ces trois hommes. Après tout, la scène s'était passée sans témoin et il y avait tant de passagers que ce serait chercher une aiguille dans une botte de foin. La chance lui avait souri à nouveau et il avait pu ainsi sauver la femme qu'il aimait d'un sort atroce. A l'idée que ce salaud ait pu envisager de la violer, la colère remontait à nouveau. Heureusement, il était arrivé à temps. Le jeune homme n'osait imaginer sa réaction s'il avait eu le malheur de savoir qu'il était allé plus loin, qu'il avait pu enfreindre l'intimité réservée à Jack. Ses poings se serrèrent jusqu'à ce qu'il en ait mal tant l'idée qu'Heloise ait pu être  violée lui était atroce. Cela ravivait également sa honte de l'avoir ainsi abandonné à ses truands. Quand il avait découvert la vérité, il n'avait pas réfléchi aux conséquences de son geste en la livrant. Il n'avait même pas imaginé qu'elle puisse être condamnée à mort pour le meurtre de son père. Il n'avait pas cherché à comprendre et pour cela, le blondinet en était honteux, bien que la colère accaparait tous les autres sentiments ressentis. Aussi, il s'évertuait encore et encore à nettoyer la chemise.
Heloise durant quelques minutes ne s'était pas manifestée, peut être avait-elle remarqué que Jack était inapprochable en ce moment. Peut être avait-elle peur de lui face à cette violence faite sous ses propres yeux. Mais à l'instant ou il pensait soudain à ce qu'elle pouvait ressentir en ce moment, la poupée blonde se manifesta, du moins, il entendit ses pas arriver discrètement, sans bruit. Mais Jack ne disait mot continuant sa besogne. Il prit un savon et entreprit de le faire mousser pour mieux appliquer sur le fin tissu.
Il tressaillît quand elle le remercia de l'avoir sauvé, d'avoir été là pour empêcher que ces truands puissent abuser d'elle. Mais elle n'alla pas au bout de sa phrase qui fit blanchir les jointures de Jack tant ses mains étaient serrées. Cela avait tellement du être traumatisant pour la jeune femme de sentir qu'un étranger allait entrer en vous et prendre possession de votre être entier. Pourtant, Jack et Heloise s'était donné l'un à l'autre bien des années auparavant, au début de leur rencontre. Cela avait été quelque chose de nouveau pour eux. Mais à l'inverse de ce qui avait  failli se produire, cela avait été un acte d'amour, la communion de deux êtres qui s'aimaient passionnément et ne formaient plus qu'un. Deux âmes jumelles formant une seule et même entité.

Jack savait que ses sentiments n'avaient jamais changé. Il était tellement déçu mais la déception n'entachait en rien son amour pour la jeune femme. Toutefois, il n'arrivait à parler, les mots ne sortaient de sa bouche. Il continuait à fixer la chemise en ayant pour seul réponse :

" C'est normal.." disait-il sans lever les yeux sentant les larmes lui monter aux yeux. Il avait tellement mal, il était désespéré, il avait tué des gens, il avait perdu sa sœur, il ne savait même pas ou elle se trouvait. De même, retourner au port serait également du suicide au risque de se faire repérer. Il était horrifié à l'idée que Lydia puisse croire qu'il l'ait abandonné pour Heloise, pour un mensonge. Mais l'amour était plus fort que tout et malgré la trahison, il aimait cette menteuse, sa menteuse à lui et à personne d'autre.
Soudain, il entendit un bruit de déchirement puis, il sentit la main d'Heloise se poser sur sa joue. Et lentement, elle lui tourna la tête afin qu'elle puisse essuyer le sang qui devait être encore présent sur le visage de Jack. De cette manière, elle pouvait voir enfin la tristesse apparente sur le visage du joueur de poker. Ce fut sans doute la goutte d'eau qui fit déborder le visage car sa belle éclata en sanglot en lui avouant qu'elle s'en voulait, qu'elle avait fait cela pour lui. Elle désirait qu'il ne la haïsse pas.

" Heloise..." Mais elle continua à lui expliquer qu'elle avait fait cela pour eux, qu'elle l'aimait. Elle s'apprêta à lui expliquer les raisons de son mensonge mais Heloise fut soudain prise d'un violent malaise. Chancelante et blanche comme un linge, elle s'écroula sur le sol. Jack cria son nom avant de la retenir juste à temps: Sa tête ne heurta pas le sol, bien heureusement. La jeune femme semblait à moitié inconsciente. Sans doute, la course, la peur, le soulagement. Elle devait être aussi malheureuse que Jack et il en éprouva de la compassion. Instinctivement, il la serra contre lui s'agenouillant et la posant sur lui. Elle était étendue sur un de ses bras et de cette manière, il pouvait la voir de très près.
Son visage était tachée du sang du truand, elle avait enlevé sa veste pour laisser apparaître les lambeaux de chemise derrière lequel se cachait son corset, de couleur carmin aussi. Il y avait du sang de partout sur l'ensemble de sa personne. Le jeune homme avec des gestes bien doux entreprit de lui nettoyer le visage et enlever le sang qui s'y était collé, il pût voir les coups qu'elle avait reçu. Il en fit de même avec ses cheveux qu'il lava du mieux qu'il pouvait avec une bassine posée à cet effet. Ensuite, il défit chacun des vêtements de sa compagne avec des gens extrêmement méthodiques sentant que de l'eau fraîche lui ferait le plus grand bien pour qu'elle puisse émerger de son malaise. Il ne savait ce qui s'était produit durant le laps de temps ou ils avaient été séparés mais ses mains étaient noires, ses genoux également. Jack entreprit alors de la laver afin qu'elle soir suffisamment propre. Et il l'enveloppe ensuite dans une grande serviette blanche couvrant son corps nu.

Puis, Il se leva la soulevant telle une princesse dans les bras de son prince et il la dirigea vers le lit ou il s'y allongea tout en la maintenant serrée contre lui. Jack pouvait entendre son cœur battre à l'unisson avec le sien. En l'instant même, tous les mauvais sentiments s'envolaient pour ne laisser que de l'amour, brut, sauvage. Il la serrait si fort, il ne voulait la lâcher de peur qu'elle lui échappe. Jack n'était pas un idiot, il n'était pas rancunier non plus. C'était sa force comme sa faiblesse. Lorsqu'il savait ce qu'il voulait, il était capable de beaucoup de compréhension. Heloise avait peut être tué son père mais il devait sans doute y avoir une raison et Jack était prêt à l'écouter. Certes, il allait falloir du temps pour que la blessure cicatrise. Mais en aucun cas, il ne la laisserait tomber. En aucun cas, il fléchirait, Heloise avait besoin de lui et vice versa. Cela devait être éprouvant pour la jeune femme de penser que Jack la haïssait. Il suffisait juste de voir comment elle était tombée à moitié inconsciente.
Il la berça comme s'il tenait son enfant dans ses bras. Elle était sienne, il devait la protéger, Jack était tout ce qu'il restait à la jeune femme et il ne pouvait l'abandonner. Jack se sentait mortifié lorsqu'il songeait qu'il avait été à deux doigts de tout plaquer. Heureusement, il avait su suivre sa bonne étoile et était tombé sur Heloise. Non, ce n'était pas fini, cela ne pouvait l'être, c'était écrit, c'était leur destin. Tracé uniquement pour eux sous le signe d'un amour surdimensionnel et fusionnel.
Jack sentait que la jeune femme remontait sur la terre ferme bien qu'elle semblait toujours aussi faible. Il caressait ses cheveux d'un geste doux et tendre. Il balayait les mèches rebelles qui se trouvaient devant les yeux azurs à demi clos. Il posa ses lèvres sur ce front tant de fois embrassé et la serra encore plus fort.

" Jamais, je ne te haïrais. C'est un sentiment qui m'ait totalement étranger vis à vis de toi, Heloise " disait-il tout en fermant ses yeux et en enfouissant son nez dans les cheveux blonds. Il ne pût s'empêcher d'ajouter : " Cela n'empêche pas que j'éprouve de la colère et de l'incompréhension... Mais, je désire également savoir pourquoi. Et j'ose espère que tes explications seront à la hauteur des mes attentes et justifierons un tel mensonge. "

Jack releva la tête pour observer le visage aimé. Son air était grave, il n'y avait trace de sourire ou de bonheur. Le jeune homme était meurtri jusqu'au plus profond de son être. Pourquoi leur vie américaine commençait-elle ainsi? Était ce donc ça leur rêve de toute une vie?

" Avec du recul, je me rends compte que j'ai commis la plus grande bêtise de ma vie.. " inspirant, il ajouta d'une voix entrecoupée par l'émotion : " J'aurais du t'écouter au lieu de te livrer à ses hommes là. "
Et parce qu'il était un homme au cœur énorme, Jack Cooper ne pût retenir ses larmes à l'idée qu'il ait failli la perdre.
" T'avoir livré sans pitié a été la plus grosse erreur de toute ma vie et je m'en voudrais éternellement... Pardonne moi... "
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Ven 18 Oct - 15:58


Please... Give me your mercy.


Cette froideur. Cette indifférence. Cette distance qu’il mettait entre eux meurtrissait le cœur d’Héloïse. Cela la rendait malade de douleur. Elle était incapable de retenir les larmes qui l’assaillaient, comme un fleuve intarissable de souffrance. Perdre l’amour de Jack lui paraissait l’une des choses les pires au monde. Elle aurait pu passer une éternité dans les reproches de Lydia, dans la rancune du jeune homme, sous les regards réprobateurs de la foule, mais jamais sans l’amour du père de son enfant. Cet enfant qu’elle avait tant désiré et qui avait été la source de son bonheur secret depuis plusieurs semaines. Elle allait faire éclater cette joie en l’annonçant à l’homme qu’elle adorait. Malheureusement, les fils noueux de l’histoire en avaient décidé autrement. Et voilà qu’elle se retrouvait dans cette chambre d’hôtel miteuse, couverte de sang et d’ecchymoses, les joues striées de larmes, courbaturée d’une nuit dans les enfers et pétrie de douleur. La douleur d’être rejetée et haïe par Jack.
La culpabilité l’écrasait d’autant plus qu’elle songeait qu’elle était fautive de la nouvelle condition du blond. Il était devenu un meurtrier, tout comme elle. Mais parviendrait-il à le supporter ? Elle le connaissait et elle savait qu’il était incapable de faire du mal à qui que ce soit. C’était un homme d’une grande bonté et elle craignait que cela ne le change, qu’il ne le supporte pas même si c’était pour un cas de légitime défense. Ces trois hommes avaient sans nul doute mérité leur sort mais qui serait prêt à accepter que ses mains soient souillées de sang ? Et justement, Héloïse était angoissée en observant la réaction de Jack. Certes, il devait être tout aussi déboussolé qu’elle. En un soir, son monde s’était effondré, il avait failli mourir aux mains de truands, avant que la réelle identité de la femme qu’il aimait ne soit découverte, conduisant au sentiment de trahison jusqu’à ce qu’il en vienne à tuer ces trois malfrats. Il y avait de quoi devenir fou et l’ancienne Comtesse, elle-même, se sentait devenir faible, fragile face à cette situation. Elle s’était toujours montrée forte, infaillible, parfois même froide afin de garder de la contenance. Toutes les épreuves de sa vie lui avaient forgé l’esprit, mais l’amour, le vrai amour pure et passionné, la rendait des plus vulnérables. Elle était dépourvue d’orgueil, de fierté, seulement animée par la seule volonté d’obtenir le pardon de Jack. Elle était prête à tout, juste pour retrouver ne serait-ce qu’un fugace regard de sa part, une simple caresse, une parole, un murmure…
Qu’il murmure son prénom avait été comme un coup au cœur mais elle avait continué à lui parler, à implorer sa clémence. Elle lui dirait tout désormais, elle ne voulait plus rien lui cacher Ce mensonge avait sûrement été la plus grosse erreur de sa vie. Elle s’en rendait compte aujourd’hui. Néanmoins, cette dissimulation n’avait jamais été animée de mauvaises intentions. Tout ce qu’elle désirait, c’était préserver leur amour, un amour si rare et inestimable. Les sentiments qu’ils partageaient étaient comme une magnifique rose, qu’il fallait protéger plus que tout au monde en l’enfermant dans un écrin précieux afin de l’éloigner de tout mal.
Elle n’en pouvait plus, elle étouffait de trop de douleur, de regrets, de culpabilité, de souffrance, de frayeur. Tout se mélangeait en elle dans un tourbillon confus et les mots se bousculaient, s’emmêlaient en même temps que la tête lui tournait. Elle se sentait défaillir, perdre pied et bientôt, le monde tourna autour d’elle. Elle chercha à reprendre l’équilibre et à repousser ses vertiges mais voilà trop longtemps qu’elle tirait sur la corde. Elle était épuisée. Elle se sentit chuter, son corps ne lui répondant plus et la dernière chose qu’elle entendit fut la voix de Jack qui criait son nom.
Tout ce qui suivit ne fut qu’un flot confus de sensations. Elle sentait la chaleur protectrice des bras de Jack. Mais elle n’était pas certaine qu’elle soit dans la réalité. Elle avait l’impression d’être comme dans un songe, comme si rien n’était réel. Elle sentit la douce caresse de l’eau sur sa peau éprouvée et poissée de sang. Les gestes étaient doux, délicats comme si c’était les mains d’un ange qui prenaient soin d’elle. Délirait-elle ? Allait-elle se réveiller dans sa cabine ? Ou encore même à Southampton, dans la petite maison qui était autrefois leur foyer ? Une maison si belle, si chaleureuse où ils avaient vécu leurs meilleurs moments. Elle espérait plus que tout que ce fusse le cas et que ce cauchemar soit à jamais loin d’elle. Tout ce qui venait de se dérouler en l’espace de quelques jours ne pouvait être vrai. De tels malheurs n’avaient pu se succéder.
Puis elle se sentit tout à coup soulever du sol et cela eut pour effet de la faire émerger légèrement de son inconscience. Elle entrouvrit les paupières, mais elle les referma bien vite tant elle était assaillie de vertiges. La pièce tournait autour d’elle et elle se recroquevilla un peu plus dans les bras de Jack, comme pour que le vacillement s’interrompe. Jamais elle ne s’était sentie aussi mal, aussi maladive. Etait-ce la grossesse qui l’affaiblissait autant ? Ou bien la nuit exécrable qu’elle avait passée ? Les coups qu’elle avait reçus ? Le traumatisme de tous les évènements qui s’étaient déroulés en si peu de temps ? Ou bien était-ce l’accumulation de toutes ces choses ?
Lorsque Jack s’allongea dans le lit, Héloïse eut cette agréable sensation de regagner la terre ferme, atténuant ses vertiges. Les bras du jeune homme fermement resserrés autour de son corps fiévreux accéléraient les battements de son cœur. Elle sentait cet amour qui ressurgissait dans ses actes, dans ses gestes et dans la passion qu’il offrait à cette étreinte. Des larmes, silencieuses, s’écoulèrent de ses paupières toujours fermées et brûlantes. Elle se laissa bercer par le jeune homme, s’abandonnant à ce réconfort. Elle se lova un peu plus contre lui tandis qu’il caressait ses cheveux et qu’il déposait tendrement un baiser sur son front. Elle en avait le cœur fendu, croyant avoir perdu cette affection à jamais. Ses yeux s’entrouvrirent légèrement, mais ses paupières étaient lourdes, pesantes.
Les paroles du jeune homme firent redoubler ses sanglots. Les tremblements agitaient son corps endolori. Elle avait ce soulagement de savoir qu’il ne la haïssait pas et que cela ne serait jamais le cas.

« Oh Jack, si tu avais vu ton regard hier... Il y avait tellement de haine, de douleur dans tes yeux… si glacés… » murmura-t-elle douloureusement, comme au supplice, enfouissant son visage baigné de larmes contre la poitrine de Jack. « J’aurai voulu mourir sur le champ plutôt que de devoir les affronter une seule seconde plus… mon cœur s’est déchiré… »

Elle se sentait légèrement essoufflée, malade de douleur et du trop plein d’émotions. Elle était prête à éclater. Puis le jeune homme releva son visage et contraint leurs deux regards d’azur à se croiser. Elle se mourrait de voir tant de chagrin dans les prunelles de son aimé, cette trahison qui y résidait encore et dans la meurtrissure de son âme.

« Je t’en prie, crois-moi, si j’ai menti c’était dans le seul but de nous protéger. » sanglota-t-elle. « Et pourtant j’ai essayé de nombreuses fois de te le dire. Plusieurs fois j’étais prête à t’en parler et puis… je n’ai jamais pu m’y résoudre… j’étais terrifiée à l’idée que tu me reprennes ton amour… Je ne voulais pas te perdre… Pas après tout ce que nous avons vécu. »

Et ce fut à son tour de parler, de voir les larmes emplir les yeux de Jack. La culpabilité l’étreignait à son tour. La honte l’écrasait. Sa voix était rauque d’émotions alors qu’elle le voyait se repentir. Jusqu’à ce que les mots sortent de sa bouche et frappe la poitrine d’Héloïse en plein cœur. « Pardonne-moi… ».

« Jack… non… Tout est de ma faute. » pleura-t-elle, conservant son regard dans le sien. La terreur s’y lit bientôt. « J’ai eu si peur ! J’ai cru que j’allais mourir… je vivais un enfer de te savoir aussi loin de moi, que tu ne m’aimais plus et puis… »

Héloïse voulut parler de l’enfant, de ce petit être qui grandissait progressivement au creux de ses entrailles. Mais elle ne sentait pas que c’était le moment propice. Elle ne voulait pas écraser Jack encore plus sous le poids de la culpabilité en lui révélant qu’il avait failli condamner à mort leur enfant.

« Si je ne t’ai jamais parlé de ma vie d’avant, c’est que je n’aimais pas ce que j’étais… Tu ne m’aurais jamais aimée si tu avais su ce que j’étais… ce que le Comte a fait de moi… » fit-elle d’une voix tremblante, cachant honteusement son visage une fois encore en se serrant contre la poitrine de Jack. « J’ai tellement changé à tes côtés. Tu étais mon nouveau rêve… »
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Mer 23 Oct - 23:20

D'une arrivée flamboyante sur la terre américaine, il ne restait qu'un pâle vestige de ce qu'avait pu être leur rêve. Ils avaient pourtant pris les billets à la dernière minute au moment ou leur maison avait brûlé, causé par ce truand désireux de régler ses dettes avec Jack. En une fraction de seconde, leurs vies s'étaient écroulées et il avait fallu rebondir très rapidement s'ils ne voulaient pas dormir sous les ponts. Le jeune homme soucieux de l'avenir de sa compagne et de sa sœur avait alors pris la meilleure des solutions, enfin du moins, il pensait faire au mieux. C'est pourquoi, il avait pris trois billets de troisième classe rassemblant ses dernières économies et ils avaient embarqué. Durant les deux premiers jours suivant leur départ de leur Angleterre natale, Jack avait été si heureux de planifier leur vie future avec Héloise. Ils savaient déjà qu'ils se construiraient une maison éloignée de la ville pour n'être que cette famille qu'ils formaient tous les trois. Jack projetait de lui demander sa main une fois installé dans leur future ville, ils n'avaient pas encore décidé ou. De même, il rêvait d'avoir des enfants avec elle: des petits anges aux yeux bleus. Qu'il avait été bon de se projeter ainsi dans l'avenir avec la femme qu'il aimait plus que tout au monde. Dans leur malheur, il y avait eu cette infime source d'espoir.
Malheureusement, tout s'était encore écroulé pour le jeune homme. A croire que tout ce qu'il entreprenait se vouer à l'échec. Et pourtant, même dans les plus noirs ténèbres, il y avait toujours une petite lumière et au moment ou il avait choisi de renier sa vie d'antan, il était tombé sur Héloise, il l'avait sauvé et maintenant, voilà qu'elle était dans ses bras, évanouie d'épuisement, à bout de forces. Et alors qu'il avait choisi de l'oublier, il était en train de lui avouer que jamais il n'aurait pu la haïr, même cesser de l'aimer aurait été insurmontable: Jack n'y serait jamais arrivé. Il l'aimait tellement. Il ne pouvait oublier ce moment ou son cœur s'était  déchiré, quand il avait su la véritable identité de sa bien aimée: le regard qu'il avait du lui couler l'avait traumatisée. Rien qu'en l'écoutant, Jack voyait très bien l'expression de son visage: il comprenait qu'elle puisse avoir eu si mal.

" Tu aurais dû me le dire dès le moment ou je t'avais demandé de rester avec moi... " disais Jack d'une voix bien douloureuse. Ce par quoi, la jeune femme lui répondit avoir essayé un bon nombre de fois mais qu'à chaque fois, la peur d'être rejetée l'avait envahie et lui avait soutirée cette vérité. Elle avait eu si peur que tout puisse se terminer. A cette pensée, Jack se rappela qu'il avait failli tout plaquer, Héloise était sa destinée et pourtant, il lui avait tourné le dos en la condamnant ainsi d'une mort assurée. Cela en fut trop pour le jeune homme qui se confondit en excuses, sentant des larmes brûlantes de honte rouler le long de ses joues. Il aurait aimé enfouir alors son visage dans la chevelure blonde de la jeune femme pour cacher sa tristesse mais elle s'écria, le contemplant, qu'il n'avait pas à s'excuser car tout était de sa faute. Tout partait d'elle, de ce mensonge. L'ancienne danseuse semblait réaliser l'ampleur de sa trahison et les conséquences désastreuses qui auraient pu prendre une tournure dramatique si Jack ne l'avait pas croisé sur son chemin. La pauvre semblait tellement traumatisée de ce qu'elle avait vécu et le blondinet ne pût que la serrer encore plus fort, comme s'il s'assurait qu'elle ne partirait pas, qu'elle était bien réelle. Il pouvait sentir son cœur battre si fort, sentir cette odeur tant de fois désirée et humée. Elle enfouit son visage à nouveau dans le torse du jeune homme tandis qu'elle lui avouait avoir choisi de cacher cette Heloise du passé, celle qu'elle n'aimait pas, la meurtrière de son propre père, ce Comte qu'elle évoquait:. Cela ne pouvait être que lui. Jack était d'ailleurs désireux de connaître  les raisons qui avait pu la pousser à commettre l'irréparable. Il n'en serait pas dégouté de la jeune femme. Après tout, quatre ans de vie commune avait permis de connaître sa personnalité et Heloise n'agissait jamais de manière irréfléchie, bien au contraire, tout ce qu'elle entreprenait ne se faisait jamais dans l'impulsivité. Il y avait une raison valable, Jack en était sur. Et puis, il y avait certainement leur rencontre, elle avait sans doute beaucoup joué sur le fait de dévoiler son secret ou non. Le soir ou leurs regards s'étaient croisés avaient chamboulés leur vie à jamais. Certainement que la jeune femme avait eu une peur intense de le perdre à tout jamais. Était-elle terrifiée à l'idée qu'il ait pu la rejeter par son meurtre envers son père? C'était fort possible, le blondinet le comprenait maintenant avec un peu plus de recul, chose qu'il n'avait eu le loisir d'y penser sur le pont du bateau au moment même ou son monde s'écroulait. La voix d'Heloise s'éleva alors, tremblante et entrecoupée par les sanglots: " J’ai tellement changé à tes côtés. Tu étais mon nouveau rêve..."

Ces paroles firent battre le cœur du jeune homme encore plus vite. La véracité des propos l'émut du plus profond de son être. Il était sien, il le serait à jamais. Jack comprenait trop bien ce qu'elle ressentait sur cet amour qui les unissait. Leur rencontre avait été merveilleusement magique et si forte. Et encore aujourd'hui, quand  le jeune homme rencontrait le regard azur de sa belle, ce courant électrique, cette intensité émotionnelle le traversait encore et toujours. La routine n'avait jamais pris le dessus sur la passion qui les unissait. Leur couple était spécial. Il ne ressemblait à aucun autre: il était unique. C'était étrange mais quand il se souvenait de ce soir là dans le White Palace, il lui semblait que c'était encore hier que cela se produisait. Cet amour fusionnel les avait frappé au moment ou ils s'y attendaient le moins. Et la suite de leur histoire avait été si belle, si heureuse avec ces lots de bon et mauvais moments. Il ne pouvait renoncer à cette histoire, pas aujourd'hui. Et puis maintenant, il y avait un pressentiment, cet infime espoir soudain que quelque chose d'heureux allait leur arriver. Sans doute que leur vie américaine allait devenir plus belle. Jack n'aurait su dire en quoi mais son instinct lui dictait de ne plus la quitter. Il avait fait une erreur sur le pont, le destin l'avait rencontré à nouveau la jeune femme sur sa route, c'était un signe. Il était temps qu'il en tienne compte. Et puis, il était ce rêve réel pour la jeune femme. Non, il pouvait l'abandonner, c'était désormais impossible.

Jack ne pût alors qu'enfouir son visage dans la chevelure de la blonde et lui murmura : " Heloise... Tu étais mon rêve aussi... Et maintenant, et depuis quatre ans, tu es devenu ma réalité quotidienne. La personne que j'ai rencontré dans le bar était la Heloise du passé qui m'a permis de l'aimer et qui me l'a fait transformer en cette Heloise du présent auquel je suis toujours aussi amoureux.  " disait-il respirant l'odeur de sa peau. Il releva la tête afin de rencontrer le regard azuré de celle qu'il aimait tant : " Maintenant, je pense que je te donnerais le temps qu'il te faudra pour un jour tout me révéler sur ton passé. Il faudra nous laisser le temps nécessaire pour que nous puissions passer au delà de ce qu'il vient de se produire. Me laisser le temps de digérer tout ça, de savoir pardonner nos erreurs... " disait-il en la regardant dans les yeux, savourant cette proximité soudainement retrouvée tout en étant inquiet de sa réaction face à ses propos. " Avec bien du recul, je me doute que ton geste n'a pas été fait de manière irréfléchie, ce n'est pas dans ta nature. Tu me l'expliqueras quand tu le voudras, la seule chose désormais que je veux que tu t'obliges à faire, c'est de me dire la vérité, à chaque fois que tu devras le faire. " ajouta t-il d'un ton doux et à la fois ferme

" Ne me laisse pas dans l'ignorance quand je m'ouvre à toi, quand je te dévoiles tout sur ma personne. " disait-il d'une voix tendre et suppliante, puis, il inspira avant d'ajouter : " Je désire passer le restant de mes jours à tes côtés simplement je veux que tu me promettes de ne plus jamais me cacher quoi que ce soit, surtout quand il s'agit d'une chose importante. " disait-il tout en essuyant les larmes perlant sur les joues de la jeune femme. Ces yeux étaient si rouges et le jeune homme se sentait honteux d'avoir pu autant la faire pleurer. Il distinguait chaque cernes ornant ces yeux si beaux mais si tristes en ce moment même. Il caressa ces joues si rebondies, toujours prêtes à se mouvoir par un rire, aujourd'hui, recouvertes de bleus nouveaux. Et puis, il y avait cette plaie sur sa lèvre de ce coup de poing reçu par le malfrat. Comment avait-il pu posé la main sur elle? Quoi qu'il en soit, il l'avait payé très cher car il venait de rejoindre les enfers sans avoir eu le temps de comprendre ce qu'il venait de lui arriver. Ce salaud l'avait bien amoché et Jack sentait presque les prémices de la colère ressurgir en lui. Pourtant, la présence d'Heloise suffisait amplement pour le calmer. Et délicatement, il se pencha et posa ses lèvres sur celles de la blonde, si doucement qu'il ne pouvait lui faire mal de cette manière. C'était un peu comme s'il s'agissait d'un baiser guérisseur, capable de vaincre tous les maux de la terre.
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Ven 1 Nov - 4:37


Please... Give me your mercy.


Lovée dans les bras forts de Jack, Héloïse se sentait doucement reprendre des forces. Sa respiration était toujours saccadée, son cœur était toujours faible et elle savait que son état éveillé ne tenait qu’à un fil. Elle était épuisée, autant physiquement que mentalement, surtout que son corps était totalement endolori pour les coups reçus. Mais l’amour retrouvé de Jack n’aurait pu lui offrir une plus grande source d’espoir, une plus grande motivation à rester consciente et à ses côtés. Elle avait peur qu’en fermant les yeux, il ne disparaisse soudain, s’effaçant comme un songe. Et si jamais tout cela n’était qu’un rêve ? Et si elle se retrouvait dans ce placard affreux, pieds et poings liés et prisonnière de ces malfrats ? Que ferait-elle pour son enfant ? Laisserait-elle le scénario se rejouer une fois de plus ?
Ses entrailles se tordirent à la seule pensée que tout ce qui venait de se passer ne soit pas réel et que l’amour de Jack ne soit que le fruit de son imagination. Elle l’aimait. Elle l’aimait plus que tout et elle était prête à faire n’importe quoi pour reconquérir sa confiance. Certes, elle ne la méritait pas, mais toutes ces années de mensonge étaient dans le seul but de les préserver. Nulle mauvaise raison ne s’était glissée dans ses intentions lorsqu’elle avait décidé de lui dissimuler la vérité. Elle désirait seulement qu’ils soient heureux et démarrer une nouvelle vie à ses côtés. Elle n’aspirait qu’au bonheur et l’Amérique leur aurait offert. Elle avait vu ce continent comme une terre promise. Non seulement, ils s’éloignaient des créanciers de Jack, mais aussi des personnes qui étaient susceptibles de reconnaître la Comtesse de Neuveille et l’affaire sanglante qu’elle recelait. Beaucoup pensaient qu’elle était morte depuis bien longtemps, mais elle n’était pas à l’abri d’une possible découverte de son identité. Il n’y avait qu’à voir ce qu’il s’était passé à bord du Titanic. Il lui semblait presque même incroyable de retrouver autant de personnes qui composaient autrefois sa vie de bourgeoise. Peter, Mary et toute la famille Lockwood qui n’étaient pas des moindres.
Mais l’Amérique ne représentait pas seulement un asile pour les deux fautifs. Ce pays était aussi l’endroit où Héloïse espérait fonder une famille. Elle voyait ses enfants grandir à ses côtés et Jack avec elle. Elle était même prête à supporter Lydia s’il le fallait. Et elle saurait prouver à cette peste la pureté réelle des sentiments de la blonde pour le joueur de poker. Et justement, la venue de cet enfant qui grandissait au creux de ses entrailles consoliderait leur amour. Puis, Héloïse espérait aussi secrètement qu’elle puisse devenir la femme de Jack. Elle n’attendait plus qu’il le lui demande. Une fois en Amérique, elle ne craindrait plus d’avoir des problèmes avec son identité, elle pourrait aisément en inventer une autre. Et puis s’il le fallait, elle trouverait peut-être le courage de tout dire à Jack.
Malheureusement, les choses ne s’étaient pas déroulées ainsi et tout avait tourné à la catastrophe. Ce qui aurait dû être le début du rêve américain n’avait été qu’un horrible cauchemar dont ils ne semblaient pouvoir se réveiller. Tous les actes de cette pièce de théâtre ne s’étaient déroulés que dans le sang, les larmes, le drame et la trahison, tout cela digne d’une grande tragédie grecque dont ils étaient les tristes et impuissants acteurs. Néanmoins, l’amour qui les liait semblait être à l’épreuve de tout et même des pires événements.

« Tu aurais dû me le dire dès le moment où je t'avais demandé de rester avec moi... » déclara Jack d’une voix douloureuse.

La honte déjà présente de la blonde grandissait un peu plus dans son esprit. Elle n’osait croiser son regard, comme si elle n’en était pas digne. Elle était accablée par le poids de la culpabilité et en même temps, elle ressentait ce soulagement d’être proche du pardon du jeune homme. Puis elle se mit à lui dire toutes ces choses qu’elle n’avait jamais pu lui expliquer et cette fois-ci, elle ne mentait pas. Elle était criante d’honnêteté car elle avait réellement essayé de lui dire qui elle était. Elle avait même tenté de le faire le soir de leur rencontre, toutefois, la blonde se souvenait encore très clairement avoir songé qu’il s’enfuirait en courant à cette révélation, et certainement aurait-il eu raison. Après tout, tout était de sa faute. Peut-être que si Jack n’avait pas rencontré Héloïse, il n’aurait jamais eu la folie des grandeurs à s’endetter pour elle. Jamais la blonde n’avait demandé une telle chose et bien entendu, elle n’avait jamais été au courant de sa malchance aux jeux et de ses alliances avec des truands, sinon, elle l’en aurait vite dissuadé. Mais le jeune homme était resté très discret et il avait toujours assuré à la blonde que tout allait bien et qu’ils n’avaient aucun souci d’argents. Elle lui faisait confiance et elle n’avait jamais douté de sa parole, jusqu’au jour où elle avait tout découvert, mais elle était bien la dernière à pouvoir lui jeter la pierre et elle avait préféré l’épauler avec Lydia dans leur misère. Après tout, il était son nouveau rêve.
Et lorsque ses mots sortirent sa bouche, Héloïse sentit le cœur du jeune homme battre intensément plus fort. Leur amour l’un pour l’autre n’avait pas changé, cette passion qui animait chacun d’eux et faisait d’eux un être unique. Jamais au cours des années leur amour n’avait dépéri hormis hier soir. Ce moment lui semblait si loin, et pourtant, elle se souvenait de chaque phrase, de chaque regard, de chaque mot prononcé… elle en était encore malade de douleur. Incapable de soutenir les images qui se rejouaient dans son esprit meurtri. Elle allait craquer à nouveau.
Et ce fut alors que Jack enfouit son visage dans les cheveux de la blonde et murmura au creux de son oreille. Aussitôt, des frissons parcoururent chaque parcelle de sa peau. Et chaque mot prononcé accentuait un peu plus son trouble mais réchauffait son cœur lacéré. Il l’aimait encore, tout autant que ce soir où ils s’étaient rencontrés à Southampton. Ces paroles étaient presque providentielles, tel un baume sur son âme. Puis ses yeux rencontrèrent ses prunelles d’azur et elle se perdit dans son regard comme elle s’y était perdue quatre ans auparavant. Elle était prisonnière de lui, elle lui appartenait, et ce, à tout jamais car elle n’avait désormais plus que lui.
Il lui demandait du temps et il lui en offrait en retour, pour qu’ils puissent se relever de cette situation, pour qu’elle lui révèle enfin si ce qui l’avait poussé à ce geste affreux qu’était le meurtre. Il prenait du recul sur tout ce qui s’était passé entre eux. Héloïse hocha la tête en signe d’obéissance, buvant chacune de ses paroles comme un croyant écoutant le sermon du dimanche.
Puis sa voix se fit presque suppliante lorsqu’il lui demanda de ne plus rien lui cacher, qu’il ne voulait plus jamais rester dans l’ignorance. La blonde voyait bien quelle blessure cela avait laissé dans son cœur et ses yeux s’emplirent de larmes. Une fois encore, elle acquiesça à ses mots, lui promettant du regard que plus jamais elle ne lui mentirait, comme s’ils passaient un accord tacite.

« Je te jure que plus jamais ça n’arrivera… » fit-elle d’une voix tremblante. « Et je te promets que ce … ce meurtre que j’ai commis n’était qu’un acte de justice. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait parce qu’il méritait son châtiment… »

Les prunelles de la blonde brillaient d’une vieille détermination, celle de voir le Comte mort. Mais ce désir était désormais assouvi, comme si elle avait soudain été délivrée de ses entraves et qu’elle pouvait s’envoler à nouveau, s’envoler vers l’avenir, et cet avenir était Jack. Elle ne regrettait pas son geste. Jamais elle ne ressentirait de culpabilité pour avoir assassiné le Comte de Neuveille, néanmoins, elle était honteuse que le jeune homme ait appris la vérité de cette manière. Tout aurait pu être si simple…
Puis les sentiments si forts qui embrouillaient son esprit s’apaisèrent soudainement lorsque Jack essuya les larmes qui perlaient sur les joues de la blonde. Héloïse esquissa une brève grimace, ses bleus la faisant souffrir. Cependant, elle se raccrochait toujours au regard de Jack, à ses yeux d’azur qui avaient vu passer la mort. Elle se sentait tellement en union avec lui à cet instant, contemplant son si beau visage. La gravité lui offrait une beauté inédite, presque ensorcelante. Jamais elle ne l’avait vu ainsi. Mais lorsqu’il posa ses lèvres sur les siennes, elle se rendit compte que ses baisers étaient toujours les mêmes qu’autrefois. Toujours cette même tendresse, cette même douceur, ce même amour dont chacun de ces gestes étaient empreints… Héloïse sentit des larmes chaudes rouler sur ses joues tant elle était submergée par l’émotion par le soulagement. Elle tendit l’une de ses mains et caressa le visage de Jack. Détachant délicatement ses lèvres des siennes, elle l’admira à nouveau, plongeant son regard dans le sien. Ses doigts tracèrent le contour de ses lèvres tant désirées. Un pâle sourire s’afficha sur son visage.

« Je t’aim… » commença-t-elle.

Mais elle ne put achever sa phrase. Une douleur fulgurante la prit au ventre, comme si quelqu’un était en train de lui lacérer les entrailles. Une grimace de douleur déforma ses traits et elle se mit à gémir. Posant sa main sur son bas-ventre, elle se recroquevilla sur elle-même, comme pour étouffer la souffrance. Que lui arrivait-il ? Pourquoi une telle douleur ? Etait-ce le bébé ? Aussitôt, la frayeur commença à la gagner.

« Non…non… » haleta-t-elle au comble de la douleur. « Jack, je t’en supplie… un médecin. Je crois que c’est le … » mais sa phrase s’évanouit dans un nouveau gémissement.
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Mar 5 Nov - 14:38

Il était étrange de constater qu’il fallait énormément d’énergie et de temps pour pouvoir être heureux, pour accéder à une félicité suprême qui ne viendrait jamais car après tout, le bonheur parfait n’existait pas, non c'était une succession de petits bonheurs. A l’inverse, il suffisait parfois d’un rien pour que tout bascule du jour au lendemain et que l’on touche le fond. Pourtant, dès lors que toute pensée suffisait à se dire que l’on ne pouvait plus remonter la pente et sourire à nouveau, un infime espoir s’immisçait en nous, nous donnant l’envie d’avancer, d’être de nouveau en harmonie avec la vie, de devenir plus fort pour affronter la vie. Il suffisait parfois d’une étreinte, d’un mot, d’un sourire..

 D’un baiser.

           
Pourtant, la bulle de bonheur dans laquelle Jack avait vécu  n’était plus. Tout avait volé en éclat et cela avait commencé par ce deal avec ce malfrat. Il avait eu besoin d'énormément d'argent, beaucoup trop même. Et pourtant, il rêvait d'offrir un toit à sa sœur et Héloise. Il imaginait cette maison ou il vivrait tous les trois et formerait ensemble une famille. Le jeune homme croyait à ce rêve. Certes, sa chance n'était plus la même depuis sa rencontre avec la danseuse, l'argent ne rentrait plus comme auparavant mais il avait quand même conclu ce marché sans se douter qu'il n'arriverait jamais à rembourser. La faute d'un homme amoureux incroyablement naïf. Jack n'avait pu solder ses dettes et il en avait payé le prix fort, leur toit avait été supprimé et sa tête, ainsi que celle de sa famille, mise à prix par ce truand désireux de récupérer son du ainsi que ses intérêts. Ils avaient fui et maintenant voilà qu'il avait touché le fond comme jamais surtout quand à son lot de malheur s'était ajouté ce mensonge, si horrible soit-il, l'ayant fait souffrir comme jamais. Et pourtant même dans cet instant de profonde détresse, il y avait eu cette lueur d'espoir, elle était apparue devant lui au moment ou il ne s'y était pas attendu. Et voilà que désormais cette espérance se trouvait dans ses bras, les yeux rougies de larmes, culpabilisant comme jamais. Elle lui jura de ne plus jamais lui mentir, de lui dire la vérité sur tout. Comme Jack s'en était douté, son geste avait été prémédité et il y avait une raison apparente et la jeune femme était prête à lui raconter. Peut être pas de suite, mais viendrait un jour ou il connaîtrait la véritable identité de la femme qu'il aimait ainsi que son passé, il lui laissait le temps qu'il fallait car lui seul était le plus grand des remèdes pour toutes ces blessures.

De même, elle semblait tellement bouleversée qu'il n'était peut être plus le moment de l'accaparer encore plus, de refaire ressurgir ses larmes venant de s'arrêter à l'instant ou il lui avait essuyé ses yeux. Jack l'avait regardé tendrement avant de l'embrasser dans un geste d'amour, dans un besoin de lui faire comprendre qu'il ne partirait plus, qu'il resterait à ses côtés pour toujours. La blonde aux yeux d'azur lui rendit son baiser avec une tendresse équivalente à la sienne, un amour aussi pur et aussi fort que le sien. Elle lui caressa son visage tandis qu'il la serrait dans ses bras savourant cette étreinte qu'il pensait avoir perdu à tout jamais. Relevant la tête, Jack la regarda dans les yeux, la sondant, cherchant à essayer de comprendre ce qu'elle pouvait ressentir. Elle même le couvait des yeux sans jamais enlever sa fine main blanche de sa joue qu'elle caressait tendrement. Elle toucha du bout des doigts ses lèvres ayant tant de fois trouvées les siennes: Jack les connaissait par cœur et ne se lassait jamais de les découvrir et redécouvrir encore et encore. La jeune femme lui fit un sourire avant d'ouvrir la bouche pour lui dire qu'elle l'aimait.

C'est là que tout se corsa.

Héloise n'eut le temps de finir sa phrase qu'elle fut pliée en deux et gémissait de douleur se tenant le ventre de ses deux mains.
" Héloise.. Qu'est ce qu'il y a? " s'alerta Jack inquiet de la voir se tordre ainsi. Il avait terriblement peur qu'elle puisse avoir subi d'autres sévices des truands. Peut être lui avaient-ils donné un mauvais coup au ventre? Elle était si fragile qu'ils auraient très bien lui causer des dégâts irréversibles. La jeune femme ne pût que supplier le blondinet de faire venir un médecin, ce qui eut le don de l'inquiéter encore plus. La dernière fois qu'il en avait vu un, c'était quand sa mère était bien malade. Sa visite d'ailleurs n'avait rien donné de bien concluant. Il était sorti de la chambre et avait regardé le père de Jack, la mine défaite. Le regard avait tout dit et il était parti sans dire mot, sans même réclamé sa notes d'honoraires. Le jeune homme encore petit était resté dans les bras de sa sœur et jamais il n'avait oublié le regard du docteur et cette impuissance, cette résignation de cette mort imminente qui surviendrait quelques semaines après sa visite. Cette fois ci, il ne voulait que ce même scénario se produise: il fallait agir vite. Agile et alerte, Jack déposa la jeune femme sur le lit avant de se relever. Il prit une chemise propre et la mît aussi vite qu'il pouvait tout en rassurant la jeune femme:
" Je vais en chercher un. Je fais au plus vite. " disait-il précipitamment avant d'ouvrir la porte, la déverrouillant, et de sortir de la chambre. La fermant, il se mît à courir au plus vite afin d'arriver dans le hall d'entrée de l'hôtel. Le même réceptionniste, qui était en réalité le gérant de l'hôtel, s'y trouvait et Jack se rua vers lui.
" Aidez moi, s'il vous plait! " cria t-il complètement paniqué à l'idée de laisser Héloise seule dans sa chambre. " Dites moi ou je peux trouver un bon médecin, ma compagne ne se sent pas bien!! " ajouta t-il, la détresse pouvant se lire dans ses yeux. Elle sembla suffisante pour que le visage soupçonneux du réceptionniste laissa place à une fébrilité. Il prit un calepin se situant dans une armoire et en prit une feuille.
" Je vous conseille le docteur Roomers. Il saura vous aider. " disait-il en se mettant à rédiger des tracés sur la feuille blanche: " Quand vous sortirez de l'hôtel, vous prendrez votre droite, puis, vous remonterez le boulevard et ensuite, vous tournerez sur votre gauche avant de tourner à nouveau à droite. "

Le réceptionniste lui tendit la feuille en ajoutant: " Ceci vous aidera si jamais vous vous perdez. New York est une grand ville.. " ajouta t-il en esquissant un demi sourire. " Peut être, souhaitez vous que je reste auprès de votre dame en attendant votre retour? " disait-il d'un air soucieux.
" Je pense que ce sera bon, je vais faire vite. " lui répondit Jack en se dirigeant vers la sortie de l'hôtel. " Si dans cinq minutes, vous ne me voyez pas arrivé, allez la voir.
Et le joueur de poker sortit de l'hôtel comme un fou furieux, courant tel un dératé. Son cœur battait la chamade, il avait si peur qu'elle puisse être malade ou pire, mourir. Que lui resterait-il si jamais elle venait à quitter son monde? Il y avait encore quelques heures, il était prêt à la renier de sa vie mais avec bien du recul, Jack se rendait compte que tout ceci était impossible : on ne pouvait oublier son âme sœur. Une fois que l'on tombait dessus, ce lien invisible vous liait à jamais. Et Jack, de par sa détermination sans faille, en était le parfait exemple. Il courait à en perdre haleine comme s'il n'avait jamais fait de nuit blanche, comme s'il ne s'était jamais battu contre trois hommes, comme s'il n'avait jamais souffert autant qu'il avait pu avoir mal ces derniers jours. Le jeune homme grâce aux indications du patron de l'hôtel arriva à destination ou il fut accueilli par un homme d'une cinquantaine d'année, vêtu d'un costume de tweed et les cheveux bien grisonnants. Le docteur fut surpris de voir cet homme en sueur, arriver dans son cabinet lui hurlant qu'une jeune femme se sentait mal et qu'elle se trouvait dans un hôtel ou il connaissait bien le gérant. Devant le désarroi et l'inquiétude de Jack, le vieil homme ne se fit prier et se rendit à l'hôtel ou Heloise se trouvait. Face au ton presque agressif du blondinet, il se mît à courir également afin de faire taire le plus vite possible l'angoisse grimpante du jeune homme. Arrivé à destination, le docteur Roomers salua brièvement le réceptionniste en montant à l'étage ou se trouvait Heloise.
Ce fut dans une angoisse horrifiante que Jack le vit entrer dans la chambre et refermait la porte derrière lui sans proposer au jeune homme de venir. C'était comme avec sa mère: son père n'avait eu le droit d'entrer qu'après visite du médecin. Durant la consultation, il avait attendu dehors comme le blondinet le faisait en ce moment même. L'attente parut interminable, Jack faisait les cent pas devant la chambre, l'adrénaline s'insufflant dans ses veines, il sentait l'énervement l'envahir, la fatigue d'une nuit blanche également. Il aurait aimé pouvoir fermer les yeux mais il y avait Heloise, il voulait savoir ce qu'il n'allait pas. Des brouhahas indistincts résonnaient dans la chambre et le jeune homme était bien tenté d'y coller son oreille afin d'écouter et ce, afin de savoir ce qui se passait. Seul le profond respect qu'il vouait à sa compagne l'empêchait de commettre cette indiscrétion. Aussi, il préféra s'asseoir par terre, appuyé contre le mur, en face de la porte de leur chambre. Il tenta de fermer les yeux afin de récupérer un peu. La position, inconfortable certes, le fit sombrer dans le sommeil petit à petit jusqu'à temps qu'il entende la porte s'ouvrir.
Agile, Jack se leva d'un bond tandis que le docteur refermait la porte. Son visage était indéchiffrable lorsqu'il rencontra le regard bleu du jeune homme. Puis, un sourire bienveillant apparut sur son visage:
" Elle va bien. " disait-il, tandis que Jack avait poussé un soupir de soulagement. Il reprit alors: " Elle a simplement eu un gros coup de fatigue du à un manque flagrant de sommeil et elle semblait à bout de nerfs et en grand état de stress. J'ai rarement vu une personne aussi mal en point moralement. " ajoutant-il d'un air grave. " De même, quels sont ces blessures? D'où proviennent-ils? " murmura t-il, l'air inquiet et le regard accusateur comme si Jack en était l'auteur.
" Elle est tombée dans des escaliers sur le Titanic. " Mentit Jack en prenant un air sérieux. " Et puis, elle avait très peur du bateau et surtout de l'eau, c'était la première fois qu'elle prenait le large ainsi. Elle n'arrivait pas à dormir. Et ce malgré le fait que je lui disais tout le temps de se reposer. Mais elle était têtue comme une mule. " disait Jack, secouant la tête en signe de dénégation. Ce fut suffisant pour effacer tous doutes liés à d'éventuelles violences conjugales ayant traverse l'esprit du médecin. Et puis, son visage s'étira en un sourire quand il répondit au jeune homme:
" Vous avez raison, surtout quand cet état de fatigue n'est jamais bon pour.... Enfin, n'est jamais bon pour une jeune femme aussi frêle que la votre. "
" Oui, vous avez certainement raison " lui répondit Jack en fronçant les sourcils. Le docteur eut un petit rire : " Enfin, un bon repos et elle devrait être rapidement sur pied. Ah j'oubliais! " disait-il sortant un carnet de sa sacoche continuant d'ailleurs dans sa lancée : " Pour la facture, j'ai besoin de votre nom et prénom s'il vous plait. " auquel Jack lui répondit: " Jack Cooper. " disait-il machinalement pensant toujours l'état de santé précaire de sa compagnie. Il faillit d'ailleurs ne pas entendre la nouvelle question du docteur Roomers: " Merci. Et le nom et prénom de votre compagne? '
Sa dernière demande ramena Jack à la réalité. Oui, quel nom d'ailleurs? Il avait toujours connu la jeune femme comme Héloise Favier mais était ce bien le cas? Et si c'était un mensonge encore? Jack n'était toujours pas au courant de la vérité et il était hors de question de donner ce nom "de Neuveille". Non mais quelle horreur! Un nom juste bon à s'engraisser de caviar sur un lit de billets! Hors de question! C'est pourquoi Jack, déterminé, répondit le plus naturellement possible comme si cela avait toujours été ainsi: " Héloise Cooper. "

" Entendu, c'est noté Monsieur Cooper. Vous viendrez me régler au bureau avec cette facture. " Lui répondit-il, lui tendant la facture que Jack prit en le remerciant. Vu le prix demandé, il n'avait même pas les moyens de le payer, ni même l'argent nécessaire pour payer l'hôtel. Jack était en train de se mettre dans un pétrin sans nom. Il allait devoir agir vite. Mais pour l'instant, il était encore avec ce médecin qui mît sa main sur son épaule d'un air malicieux et lui fit un sourire: " Allez la voir, elle vous a réclamé plusieurs fois.. " puis, il commença à ranger ses affaires et partit après avoir salué Jack qui, de ce fait, se retrouva tout seul dans le couloir de l'hôtel.

Il prit une inspiration et entra doucement dans la chambre: la jeune femme était allongée sur son lit et semblait n'attendre que sa venue. Il lui fit un sourire encourageant et s'approcha du lit ou il s'allongea également sur le dos. Mettant une main sous nuque, il regarda le plafond soulagé de savoir que sa compagne n'avait besoin que de repos et non pas une opération ou autre. Tournant la tête, le jeune homme fixa alors Héloise l'air soucieux et lui murmura: " Tu es certaine que ça va mieux...? " la couvant d'un regard inquiet. " Depuis que je te connais, tu n'es jamais tombée malade, tu as toujours été plus solide que moi! Je suis surpris que tu me demandes un médecin pour un mal de ventre. " Ajouta t-il une lueur amusée apparaissant dans ses yeux songeant soudain au début de leur histoire ou Jack avait été terrassé par une grippe phénoménale. Toutefois, l'amusement disparut bien vite lorsqu'il ajouta la mine sérieuse, la sincérité faisant vibrer sa voix: " Si ces imbéciles t'ont fait du mal plus que je ne me l'imagine, tu dois me le dire. "
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Mer 27 Nov - 21:01

 

Please... Give me your mercy.


En un instant, la douleur devint intense, intolérable, arrachant des plaintes terribles à Héloïse. Son corps tout entier était tordu et crispé par la souffrance. Jamais elle ne se souvenait avoir ressenti une pareille douleur, même lorsqu’elle avait reçu des coups. D’où pouvait-elle bien provenir ? L’esprit de la blonde s’affola soudain en songeant que ses maux se localisaient à son bas ventre. Se pouvait-il qu’il s’agisse de… La panique prit possession d’elle en réalisant qu’elle était peut-être en train de perdre le bébé. Elle pouvait encaisser beaucoup de choses, elle pourrait se relever de ce séjour des enfers à bord du Titanic, mais pas de la perte de son enfant. C’était son nouveau trésor, son nouveau rêve, sa nouvelle raison de vivre. Et puis, elle ne voulait infliger cette douleur à Jack, celle de la culpabilité… Parviendrait-il à se pardonner d’avoir causé la mort de son bébé parce que durant un instant d’égarement, il va vendu Héloïse à ces malfrats qui lui avaient fait subir un mauvais traitement.
Face à cette douleur soudaine, Jack paniqua à son tour. Elle sentait la frayeur monter en lui, s’imaginant très certainement les pires scénarios concernant son mal. Elle le supplia alors d’aller chercher un médecin. Immédiatement, il se retira du lit et enfila une chemise à toute vitesse, s’envolant de la chambre en quête d’un docteur, la laissant seule dans la chambre.
De toutes ses forces, elle se raccrochait à cette petite vie discrète et silencieuse qui se logeait dans son bas-ventre. Tout bas, elle le priait pour qu’il ne la quitte pas, pour qu’il reste à ses côtés. Elle lui parlait comme si il pouvait l’entendre. Elle lui expliquait à quel point elle l’aimait, à quel point elle le désirait… Elle lui parlait de cette future vie qu’ils auraient ensembles, de leur prochain foyer, du bonheur qu’ils allaient vivre mais que pour cela, il devait exister…

« Ne me quitte pas… » gémit-elle en se tenant le ventre.

Ce ne fut qu’après un temps qui lui parut infini qu’un homme entra dans la chambre. Il ne lui fut pas bien compliqué de comprendre qu’il s’agissait du médecin. Il en avait toutes les caractéristiques. Un nez surmonté d’une paire de lunettes, une barbe soigneusement peignée, un costume propre et une sacoche à la main. Il s’assit immédiatement sur le lit et extirpa le visage de la blonde à moitié enfoui dans les draps.

« Allons, tout va bien aller mademoiselle. » la rassura-t-il doucement.

« C’est le bébé ! J’en suis sûre. » haleta-t-elle, tremblante de douleur.

La main du médecin passa sur le visage d’Héloïse, s’arrêtant un instant sur son front, puis elle agrippa son poignet et prit son pouls. Ce ne fut qu’après qu’il attrapa sa sacoche et en extirpa un stéthoscope qu’il porta à ses oreilles. Il appliqua ensuite la partie froide de l’instrument sur le ventre de la blonde après avoir au préalable retiré les mains de cette dernière.

« Ecoutez ma voix mademoiselle. Tout va bien aller. Vous devez vous calmer pour le moment. »

Le calme inébranlable du médecin et sa voix grave, rassurante apaisa progressivement son esprit. Elle se focalisait seulement sur sa respiration, tentant d’atténuer la douleur qui déchirait ses entrailles.

« Jack ? Où-t-il ? Jack ? » demanda-t-elle soudain.

Elle chercha à se redresser sur le lit, mais le docteur posa une main sur son épaule et la força doucement à rester allonger.

« Ne vous inquiétez pas. Il est à côté. Il viendra après. » la rassura-t-il.

Héloïse hocha la tête, faisant face à une nouvelle vague de douleur. Elle tenta tout de même de se contenir. Elle avait toujours été forte. Elle ne s’était jamais allée à la faiblesse et toute sa vie, son seul mot d’ordre avait été de faire face à tout. Mais peut-être était-ce trop que ce qu’elle pouvait supporter ? Elle était arrivée à la limite de ce qu’elle pouvait encaisser malgré tout le sang-froid dont elle pouvait faire preuve.
Le docteur retira bientôt le stéthoscope de ventre de la jeune et l’observa soucieux.

« Que se passe-t-il ? » s’enquit-elle, alarmée par sa mine.

« Le bébé est en parfaite santé. Ne vous faites pas de soucis. » annonça-t-il confiant.

Héloïse ne put retenir un soupir de soulagement à cette nouvelle. Elle avait tant craint pour la vie de ce petit être si précieux, que l’apaisement atténua même sa douleur. Néanmoins, elle persistait encore un peu. Le médecin reprit :

« Toutefois, je ne vous cache pas que je suis quelque peu surpris… Votre douleur ne semble avoir aucun rapport avec le reste de vos blessures ou votre grossesse… »

« Certainement le stress. » mentit la blonde avec un sourire. « Sans doute que je redoute la maternité. »

« Eh bien ne vous en faites pas pour cela. Les femmes ont un don naturel pour cela. Dès qu’il sera, vous saurez que vous saviez déjà tout. »

Le médecin lui adressa un sourire encourageant qu’Héloïse lui rendit. Enfin rassuré, l’homme fit prendre des médicaments à la jeune femme pour calmer ses douleurs et s’employa à panser ses blessures, nettoyant les plaies qui saignaient encore.

« Un bête accident. » lui apprit Héloïse avant qu’il ne vienne à poser la question qui semblait lui brûler les lèvres.

Il se contenta d’hocher la tête, un peu suspicieux tout de même. Néanmoins, il ne chercha pas à en connaître plus et cela soulagea la blonde. L’effet du médicament commençait à faire ses effets et la souffrance s’apaisait, devenant désormais tolérable.
Lorsque le médecin acheva son travail, il posa une main réconfortante sur celle d’Héloïse.

« Surtout reposez-vous. Il vous faut du calme et un cadre sain. Si vous restez à New York dans les mois qui suivent, je serai très heureux de prendre en charge votre grossesse et votre accouchement. »

« Merci pour tout. » souffla-t-elle, reconnaissante.

Toutefois, elle ne jugea pas utile de préciser qu’ils n’allaient très certainement pas rester à New York. Avec trois meurtres sur le dos, elle doutait que Jack veuille rester dans cette ville et elle le comprenait très bien. Elle-même avait quitté Londres sitôt que le Comte était mort. Plus que de devoir échapper à la police qui avait fait d’elle leur suspect principal, elle ne souhaitait pas rester dans une ville où elle avait fait couler du sang, même si la mort d’Henri de Neuveille était une chose planifiée depuis des années. Une nouvelle ville pour une nouvelle vie.
Une vie dont Jack faisait partie et qui continuait encore aujourd’hui avec un bébé, un petit miracle qu’elle voulait partager avec lui.
Juste avant que le médecin ne prenne congé, elle l’interpella.

« Vous pourrez dire à Jack de venir ? »

« Bien sûr. »

Sur ces mots, il referma la porte et elle se retrouva seule dans la chambre. La douleur était presque passée et elle s’assit plus confortablement sur le lit. Quelques minutes s’écoulèrent durant lesquelles elle entendit le son étouffé de la voix des deux hommes. Puis ils se turent et la porte de la chambre s’ouvrit. Héloïse offrit un sourire rassurant à Jack afin d’apaiser ses craintes. Elle se demanda soudain si le médecin avait évoqué l’enfant en présence du joueur de Poker, mais en observant son comportement, elle comprit bien vite qu’il n’en avait soufflé mot. Elle en était d’ailleurs satisfaite. C’était une nouvelle qu’elle préférait annoncer elle-même.
Le jeune homme pénétra dans la chambre et s’allongea à côté d’elle dans le lit. Héloïse s’allongea alors à son tour, se tournant vers lui pour l’observer. Il était si beau… Il resta sans rien dire un moment, et elle respecta son silence. Elle attendait qu’il ouvre la bouche en premier pour enfin parler. Finalement, il détourna le regard vers elle et la fixa d’un air soucieux. Il ne semblait pas certain qu’elle allait mieux. Elle aurait voulu en rire, néanmoins, les soupçons du jeune homme était fondé. Il était vrai qu’en quatre ans de vie commune, Héloïse n’avait jamais été malade une seule fois. C’était une chose toute nouvelle pour Jack. Pourtant, lorsqu’elle était enfant, elle était tombée gravement malade. Juste après la mort de sa mère, le Comte avait emmené l’enfant avec lui en Angleterre. Le voyage et le chagrin lui avait provoqué une fièvre dont elle avait miraculeusement échappé. Depuis, elle n’était plus jamais tombée malade. Sa santé semblait être aussi aiguisée que sa volonté.
Alors bien entendu, les doutes et l’étonnement de Jack étaient justifiés, surtout qu’elle avait immédiatement demandé un médecin. Face à ses interrogations, Héloïse se contenta de baisser les yeux et de se mordiller la lèvre inférieure comme une enfant qui aurait quelque chose à cacher, encouragée par le ton plaisantin de Jack.
Toutefois, elle releva bien vite ses prunelles d’azur sur le visage soucieux du jeune homme quand elle entendit son ton se transformer.

«  Si ces imbéciles t'ont fait du mal plus que je ne me l'imagine, tu dois me le dire. »

Héloïse se redressa promptement sur ses coudes et posa sa main sur la poitrine de Jack dans un geste d’apaisement. Elle s’empressa de répondre.

« Non. Je te l’ai dit, Jack ! Ils ne m’ont pas touchée. Du moins… pas comme tu le penses… » fit-elle toute penaude.

Elle savait que c’était le genre de détail qu’elle ne devait pas révéler à Jack car il risquait de se mettre en colère, néanmoins, elle se souvenait de la promesse qu’elle lui avait fait : celle de ne plus lui mentir. Elle ne pouvait se résoudre à dissimuler la vérité encore une fois.
Puis soudain, un sourire naquit sur ses lèvres et son regard se mit à briller de larmes. Son regard se porta sur Jack et sa main remonta jusqu’à son visage pour caresser sa joue tendrement.

« En réalité… ce n’est pas pour ça que je t’ai demandé d’appeler un docteur. J’ai quelque chose à te dire… Je comptais t’en parler sur le Titanic car je l'avais appris récemment, mais je n’en ai pas eu l’occasion. » débuta Héloïse, puis elle se tut, déglutit difficilement avant de reprendre. « Jack. Je suis enceinte. »
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Sam 7 Déc - 20:49

Il était allongé sur le lit à côté à d'elle, son regard azur était soucieux et fixait le visage de l'ancienne danseuse. Ce n'était vraiment pas dans les habitudes d'Heloise d'avoir mal ainsi, de demander le médecin: c'était surtout ça le plus troublant. Sa compagne n'avait jamais été malade, elle était solide comme un roc. Et pourtant, aujourd'hui, elle semblait vraiment mal en point. Suffisamment pour que le docteur vint malgré le tarif de ses honoraires exorbitants pour Jack. Il songeait à cette facture enfouie dans la poche de son pantalon: comment la payerait-il? Il n'avait pratiquement plus rien, il n'avait même pas les moyens de payer cette chambre d'hôtel. Ils allaient devoir certainement partir sans payer, autrement dit, prendre la fuite, mais Jack ne pouvait le faire tant qu'Heloise n'irait pas mieux. Son visage était moins crispé par le douleur, certes, depuis la visite du docteur Roomers, elle semblait même plus apaisée. Lui avait-il donné des cachets? Avait-elle été gravement blessée? N'y tenant plus, le joueur de poker l'avait questionné au sujet de ce laps de temps ou elle avait été à la merci des truands. L'avait-il touché? Ou bien cette horrible scène sur le port n'avait jamais eu lieu sur le Titanic. Son estomac se tordait à l'idée qu'ils aient pu profiter de cette intimité qui n'était réservée rien qu'à lui. Jack jugeait le viol comme la plus détestable des choses sur terre et méritait une mort des plus douloureuses: de ce côté là, il avait éradiqué ces malfrats de cette terre. Et alors que son esprit s'échauffait tout seul, Héloise posa sa main sur son torse se redressant sur ses coudes et le regarda. Elle le rassura en ajoutant qu'il ne l'avait pas touché comme Jack le craignait: autrement dit: seuls les bleus sur son visage avaient atteint sa personne. Ces paroles le soulagèrent surtout pour sa bien aimée: vivre avec ce viol dans votre esprit n'était jamais bon: il suffisait de voir Lydia. Elle avait bafoué sa virginité pour nourrir son petit frère. Quelque part, sa vision de l'amour avait été effrité à jamais. Et Jack ne souhaitait pas qu'Heloise puisse vivre la même chose. Cela l'aurait détruite à tout jamais.
Le jeune homme poussa un soupir de soulagement et prit la main de sa compagne posée sur son torse. Elle était chaude, vivante: il posa sa paume contre ses lèvres et puis, il embrassa chacun de ses doigt de sa fine main, savourant ce court instant de répit, cet apaisement. Il l'aimait d'une telle force. Continuant ces baisers, il la regarda et sourit : " Tu ne peux pas savoir comment je suis soulagé... " avait-il murmuré en continuant â tenir cette main, des frissons parcouraient son corps: frisson de plaisir, frisson d'amour. Il aurait voulu rester ainsi jusqu'à la nuit des temps. La danseuse était à lui, rien qu'à lui, personne ne pourrait le lui enlever, personne ne l'empêcherait de l'aimer. Jusqu'à ce qu'Heloise prit à nouveau la parole. Le ton sérieux qu'elle employa le fit arrêter ses baisers et il posa alors la main de la jeune femme sur son torse comme initialement et il l'écouta avec attention. Que voulait-elle dire? Ses paroles énigmatiques effacèrent même ce sourire de son visage, l'air interrogateur, Jack la vit soudain lui sourire tandis que les larmes lui montèrent aux yeux. Elle posa sa main sur sa joue et prononça ces paroles qui allaient changer sa vie à jamais:
" Jack, je suis enceinte. "

Le joueur de poker resta impassible quand elle lui annonça cela, sans doute ne réalisant pas de suite ce qu'elle venait de révéler. Ou sans doute n'avait-il pas vraiment compris? A vrai dire, comment pouvait-on le comprendre après tout ce qu'ils venaient de traverser? Après avoir vu la mort d'aussi près, comment pouvait-on penser que la vie pouvait naître à nouveau?
Elle était enceinte, elle portait la vie en elle. Cet enfant venait de lui également et le joueur de poker réalisa soudain la véracité des propos de sa compagne. Le cœur de Jack se mît à battre plus vite, il eut l'impression que son corps entier venait de plonger dans un océan glacé. Jack ne dit mot se redressant légèrement pour se retrouver assis sur le lit regardant Héloise avec une soudaine gravité. D'une voix grave, il lui répondit:
" Helo... T'es sérieuse? " il la regardait d'un air anxieux comme s'il s'attendait à ce qu'elle lui dise : "je t'ai eu!" en éclatant de rire. Mais ses yeux bleus trahissaient une vérité pure et simple. Elle était enceinte, il allait devenir père, et cela impliquait des responsabilités qu'il lui fallait assumer dès à présent. Le problème était de savoir comment? Pour une fois, Jack se retrouvait seul à prendre une décision qui n'appartenait qu'à lui et à Héloise. Cette fois ci, sa grande sœur n'était pas là pour l'aider à faire le bon choix. Cette fois ci, Jack devait protéger sa famille, son enfant. Mais comment pouvait-il avoir confiance en lui quand la seule fois ou il avait entrepris une tâche important, il avait tout échoué, la maison offerte à ses yeux avait été un geste de générosité pour les femmes de sa vie mais le prix à payer avait été lourd de conséquence puisque désormais il se retrouvait à New York sans rien, sans un sou, sans un toit, sans sa sœur, sa compagne mal en point et de surcroît ... Enceinte. Cela fut peut être les paroles de trop pour un homme dont les épaules venaient de considérablement s'alourdir ces derniers jours. Entre la révélation de l'identité d'Heloise, la perte de leur maison. Sans oublier ces trois hommes morts: Jack était devenu un meurtrier et il avait constamment ces images dans sa tête de ces cadavres: sa colère avait été aveugle, il s'était acharné sur ces malfrats dans une rage qu'il n'avait jamais connu auparavant,
Et voilà que ses mains par lesquelles le sang avait coulé, allaient sans doute tenir un jour un enfant.

Jack se leva tel un zombie, il avait soudain une énorme fatigue en lui, un poids immense sur ses épaules. L'euphorie, d'il y a quelques instants passés, s'était évaporée. Il passa sa main sur son visage se frottant les yeux. Puis, il se retourna, regardant Héloise, il ajouta:
" Un enfant... " murmura t-il, réalisant de plus en plus ce qu'il lui arrivait. Il sonda le regard de sa compagne dont le sourire semblait avoir laissé place à un autre sentiment tout à fait explicable face à l'absence de joie du blondinet. Réalisant qu'il lui faisait sans doute de la peine, Jack ajouta précipitamment avec véhémence: " Ne pense pas que je ne suis pas heureux de cette nouvelle! Bien au contraire, avoir un enfant de toi... C'est vraiment la plus belle chose qui puisse m'arriver. " Il s'exclama à la suite de ces premières paroles: " Je ne m'y attendais tellement pas, à une telle nouvelle... Après tout ce que nous venons de traverser ces derniers jours... Un bébé... " Il s'imaginait déjà le visage de son bambin, son rire, ses yeux bleus, tout ce qui ferait de lui un mini-Jack ou une mini-Héloise. Mais derrière ce paysage idyllique se cachait la réalité. Un enfant avait besoin d'une maison, de nourriture, de bons soins et Jack ne possédait rien de cela. La disparition de leur toit avait sérieusement entaché sa confiance en lui. Il était réellement perdu.

" Vraiment... Je suis heureux... Mais... " Il prit une hésitation avant d'ajouter: " Mais...J'ai peur... Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne pas être un bon père. Peur d'échouer encore une fois. La dernière fois que j'ai voulu vous offrir un toit à toutes les deux, tout est parti en fumée et j'ai peur de ressentir un tel échec, encore une fois..." Il regarda Heloise, le regard empli de douleur. La détresse se lisait dans son regard et sans doute cherchait il dans le regard de la blonde, les réponses à ses questions. C'était une telle nouvelle. Jack se dirigea vers la fenêtre et regarda le paysage offert devant ses yeux: New York était en train de se réveiller, ils étaient arrivés tôt du port. Il observait les passants, hébété, ses pensées aliénant toutes autres réactions possibles.
" Comment vais-je le nourrir? " murmura t-il plus pour lui même qu'à l'attention d'Heloise. Ses yeux bleus dont les cernes accentuaient leur couleur azur s'attardèrent sur la ruelle un instant jusqu'à ce que son regard dévia vers l'ancienne Comtesse. Il la regarda, l'air grave, sans dire un seul mot. Seule la peur trahissait son visage presque impassible. Jack avait besoin de réponses. Il avait besoin de savoir comment il devait faire.
" Dis moi ce que je dois faire... Dis moi... Car je veux être à la hauteur, je ne veux pas faire n'importe quoi au risque de te perdre à nouveau.  " Jack s'approcha d'Heloise et il s'assit à côté d'elle. Son regard azur sonda les yeux bleus aimés de la jeune femme, il espérait tant d'elle, il avait tellement envie de bien faire. Pour son enfant, il était prêt à tout, comme il était capable du pire pour Heloise. Cette nouvelle lui faisait peur mais au fond de lui même, il savait. Il savait que dès l'instant ou elle lui avait révélé être enceinte, un sentiment d'amour nouveau s'était emparé de Jack. Sans qu'il le comprenne encore, l'amour d'un père pour son enfant venait de s'enraciner en lui.
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Ven 27 Déc - 4:16

 

Please... Give me your mercy.



Cette nouvelle aurait dû être la plus belle qu’Héloïse aurait pu lui annoncer. Elle avait d’ailleurs tout prévu depuis longtemps. L’ancienne Comtesse avait ressenti des fatigues fréquentes lorsqu’elle était encore en Angleterre, des nausées et une sensibilité sensorielle qui lui mit bientôt la puce à l’oreille. Elle s’était donc décidée à aller voir un docteur qui lui avait confirmé ce dont elle se doutait déjà : elle était enceinte.
Sur le chemin du retour, la blonde avait pensé à toutes les manières dont elle pourrait annoncer cette nouvelle à Jack. Elle avait d’abord songé à lui en parler directement dès qu’il serait de retour à la maison. Sa décision était prise, mais elle ne sut pourquoi, lorsqu’il rentra dans leur nouvelle demeure, elle ne parvint à s’y résoudre. Elle cherchait le moment idéal, le moment le plus magique qui pourrait glorifier encore plus cet événement. Elle avait donc décidé de prendre son mal en patience avant de lui dire. Et puis, plus les semaines passaient, plus elle était assurée que son enfant était bien vivant au creux de son ventre.
Mais les choses s’étaient soudain corsées. Jack était devenu plus sombre, plus torturé. Quelque chose n’allait pas mais Héloïse n’avait pas osé trop le questionner. Elle lui faisait confiance, et s’il avait quelque chose d’important à lui dire, elle savait qu’il le ferait. Toutefois, cela la dissuada d’évoquer sa grossesse. Elle attendait que les jours deviennent plus cléments, mais ce ne fut jamais le cas. La situation empira jusqu’à temps que ces hommes débarquèrent soudain dans leur maison et détruisent tout sur leur passage. Leur logis parti en fumée, des dettes de jeu et une sœur plus que jamais remontée contre elle. Rien n’était propice à une annonce heureuse.
Puis Jack avait parlé de ce voyage en Amérique lorsqu’ils s’étaient réfugiés chez James Parker. Il était tellement plein d’espoir. Il voyait le nouveau monde comme un nouveau départ, une naissance qui leur permettrait à tous les trois de repartir à zéro. Héloïse avait voulu y croire et elle avait vu l’éclat dans les yeux du joueur de poker lorsqu’il évoquait les Amériques. Elle s’était finalement résolue à lui en parler à bord du Titanic. Dès qu’ils seraient loin de l’Angleterre, des créanciers de Jack et du crime de l’ancienne Comtesse, dans un paquebot de rêve, elle était certaine que l’annonce de sa grossesse allait susciter l’effet escompté.
Et c’était lors d’une balade sur le pont que la blonde s’était décidée à lui en parler. Elle était prête à lui dire, sa phrase était déjà toute faite dans sa tête, quand soudain, les truands s’étaient imposés à eux. Et puis la suite de l’histoire, inutile de la raconter. Autant dire qu’elle n’avait guère plus eu l’occasion d’aborder le sujet avec Jack.
Quelle douleur cela aurait été de mourir sans que personne ne sache jamais qu’une vie grandissait en elle. Celle de Jack et Héloïse.
Ayant frôlé la mort, elle s’était finalement rendue compte qu’elle ne devait pas tarder les choses et elle se décidait à en parler maintenant. Quelques semaines plus tôt, si on lui avait appris qu’elle annoncerait cette nouvelle dans une chambre d’hôtel miséreuse, recouverte de coups et de contusions, ayant risqué un peu plus tôt la potence et le viol, elle n’y aurait pas cru. Puis elle n’aurait jamais souhaité une situation pareille. Malheureusement, elle n’avait plus guère le choix.
Elle ne s’attendait pas forcément à un éclat de joie de la part du jeune homme, ni l’expression d’un bonheur démesuré en apprenant la nouvelle, mais sa réaction la renvoya à sa frayeur. Immédiatement, le timide sourire qui était peint sur ses lèvres s’effaça au profit d’une expression plus grave. Elle avait envie de saisir ses mots au vol et de les garder contre soi, comme si elle pouvait effacer ce qu’elle venait de dire de cette manière.
L’anxiété croissante et palpable de Jack tordait les entrailles de la blonde et lorsqu’il lui demanda si elle était sérieuse, son cœur rata un battement. Son visage entier était en train de se décomposer et elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Ce bébé. Ce cadeau du ciel. Il n’en voulait pas. Du moins, pas avec elle.
Son cœur se fendit en réalisant qu’elle avait tout brisé. Tout était de sa faute et cet enfant risquait de connaître un destin funeste. La situation n’aurait pu être pire. Pourquoi la punissait-on ainsi ? C’était pourtant elle qui avait rétabli la justice autrefois.
Jack arborait une expression impassible, indéchiffrable. Héloïse aurait tout donné pour lire dans son esprit, comprendre les émotions qui se disputaient dans le creux de sa poitrine, saisir ne serait-ce qu’une infime bribe de ses pensées. A quoi songeait-il ? Comptait-il prendre la fuite ? Cherchait-il le meilleur moyen pour échapper à tout cela ?
Lorsqu’il se leva, la Comtesse crut bien qu’il allait prendre la porte et partir en courant. Elle se redressa vivement et eut un mouvement bête, tendant la main en avant comme pour le retenir mais s’il s’échappait à son contact. Ses prunelles empreintes de détresse l’observaient marcher dans la petite chambre.

« Jack… s’il te plaît…. » supplia-t-elle d’une voix tremblante, étreinte des larmes retenues.

Quelque chose dans son regard avait changé. Il ne possédait plus ce même éclat. Il semblait juste que tout le poids du monde était tombé sur ses épaules maintenant qu’il savait qu’il allait devenir père. Il se détourna d’elle et la femme vécut ce geste comme une déchirure, une séparation. Elle s’attendait à ce qu’à tout moment, il lui dise qu’il allait partir, que tout cela ne pourrait arriver.
Puis il se retourna soudain et un frisson parcourut son corps lorsque leurs regards se croisèrent. Il murmura quelques paroles, avant de saisir l’expression sans nul doute terrifiée d’Héloïse. Il s’empressa aussitôt de la rassurer par des paroles qui apaisèrent les craintes de la blonde. Néanmoins, cette angoisse résidait toujours dans son esprit. Il était seulement écrasé sous le poids de la nouvelle.

« Je sais. Ça doit te sembler à peine croyable… » murmura d’une voix sombre.

Jack l’assurait qu’il était heureux, que cette nouvelle le réjouissant mais elle n’était pas dupe. Pour avoir vécu quatre ans à ses côtés, elle savait que quelque chose n’allait pas. C’est alors qu’il avoua finalement ce qui le minait de la sorte. Le jeune homme avait peur. Incroyablement peur de tout. Ses paroles émurent profondément Héloïse qui resta totalement muette à sa détresse, l’écoutant seulement se livrer de tout son soule. Elle aurait aimé le prendre contre lui, lui murmurer des mots rassurants, l’apaiser mais elle restait complètement tétanisée. Pas un seul de ses muscles ne bougeait comme si au moindre mouvement, tout pouvait s’écrouler d’un seul coup.
Le regard empli de douleur et d’angoisse qui lui jeta lacéra son cœur et la mit au supplice. Il avait besoin d’elle et elle ne parvenait à réagir. Bon sang ! Pourquoi ne parvenait-elle pas à effectuer le moindre geste ?
Il se détourna une fois encore et s’éloigna vers la fenêtre, perdu dans la contemplation de ce qui se passait au-dehors. Ses pensées semblaient le mener loin dans les recoins de son esprit. Héloïse aurait donné cher pour suivre le cours de ses réflexions. Jamais elle ne l’avait vu dans un état pareil. Elle ne parvenait même plus à saisir ses murmures.
Luttant contre la douleur que lui imposait son corps blessé, elle fit l’effort de se redresser plus encore. Elle avait rabattu ses draps, ne conservant que sa serviette de bain pour préserver sa pudeur. Elle voulait aller jusqu’à lui. Tous ses instincts la poussaient à se jeter dans ses bras mais elle avait peur. Une peur viscérale, comme elle n’en avait jamais ressenti une auparavant.
Le pâle regard d’azur de Jack retourna tout à coup vers Héloïse et la transperça de centaines de lame meurtrières. Toute cette souffrance, ce désespoir…

« Dis-moi ce que je dois faire... Dis-moi... Car je veux être à la hauteur, je ne veux pas faire n'importe quoi au risque de te perdre à nouveau. »

Un appel de détresse. Une détresse qui faisait saigner son âme. La blonde lui rendit un regard désespéré. Puis il brisa la distance entre eux et vint s’asseoir à côté d’elle. Une larme roula sur la joue d’Héloïse. Tout reposait sur ses épaules. Tout reposait sur les mots qu’elle allait prononcer à cet instant. Leur destin était entre leurs mains.

« Jack… » souffla-t-elle dans un murmure douloureux, caressant tendrement sa joue dans un geste salvateur face à sa douleur. « Si seulement tu pouvais te rendre compte à quel point tu es un homme exceptionnel. Ne doute jamais de toi parce que je n’ai jamais vu d’homme aussi généreux, aussi courageux et aussi fort que toi. Tu es unique. Tu es l’exception. Tu es mon exception. Je n’ai jamais su aimer. Mon cœur était de glace, mais c’est toi qui m’as appris à aimer. Tu m’as appris le sens du sacrifice. Tu m’as appris à être généreuse. Tu m’as rendu meilleure. Et aujourd’hui, tu doutes d’être un bon père ? Tu es le meilleur modèle que cet enfant ne pourrait jamais rêver avoir. J’ai foi en toi et je crois en cet homme courageux qui sommeille en toi et qui trouvera la force nécessaire pour nous faire vivre. Tout cela est au fond de toi, de ton cœur. »

Et sa main se plaça délicatement sur sa poitrine. Sous ses doigts tremblants, elle sentit son cœur battre intensément. Les larmes envahirent ses joues.

« Tu n’es pas seul Jack. Je suis là avec toi et je ne te quitterai jamais. Tu es celui que j’ai choisi et je t’aime de tout mon cœur. Nous trouverons un travail, un endroit où dormir, et de quoi manger. J’ai déjà vécu cette situation lorsque je suis arrivée à Southampton sans le sou. Cet enfant ne manquera jamais de rien, et encore moins d’amour. Nous construirons un avenir merveilleux, et ce, parce que nous sommes ensembles. L’Amérique est notre seconde chance. Saisissons-là, Jack. Je veux faire ce chemin avec toi parce que je ne pourrai jamais en aimer un autre comme je t’aime toi. »

Elle baissa la tête, tentant de ravaler les larmes qui brûlaient ses yeux et embrasaient ses joues. Ses mains se joignirent à celles de Jack qu’elle porta à ses lèvres. Elle les embrassa avec dévotion et tendresse, imprégnant son geste de toute l’intensité dont elle était capable. Mettant un terme à son baiser, elle reposa sa joue humide de larmes contre les mains de Jack afin de conserver à jamais ce contact.

« Je t’en supplie. Le ciel nous envoie un magnifique présent. Ne doute pas de nous… Pas encore… » murmura-t-elle douloureusement. « Je n’y survivrai pas… »
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Mer 1 Jan - 21:01

La vie n'était qu'un fragile château de cartes ou tout pouvait s'écrouler du jour au lendemain sans que l'on puisse faire quoi que ce soit. Cette sensation là, le joueur de poker la ressentait depuis bien avant l'embarquement sur le bateau. Depuis ce moment ou il avait décidé, un beau matin, d'offrir une maison digne de ce nom à Heloise et Lydia. Ils avaient toujours vécus dans cet appartement tous les trois. C'était un minuscule trois pièces avec deux chambres, un salon, une cuisine tout ce qu'il y avait de plus simple. Et pourtant, Jack souhaitait plus que tout rendre heureuses ces femmes qui partageaient sa vies. Malheureusement, acheter une maison avait un prix et le jeune homme croyait dur comme fer qu'il arriverait à trouver l'argent nécessaire grâce au poker. La chance, toutefois, n'était pas avec lui et il fut contraint de chercher un moyen de financement autre que son "salaire". D'autant plus qu'il en avait besoin, en cherchant un toit, Jack était tombé sur une maison de campagne avec un joli jardin. Il avait eu un coup de foudre pour cette bâtisse. Lorsqu'il trouva le créancier, le jeune homme était loin de se douter qu'il se lançait alors dans une affaire peu recommandable. Pourtant, il y avait eu de bons moments et Jack se souvenait encore trop bien de ce jour là ou il banda les yeux d'Heloise et Lydia et les emmena vers leur nouvelle maison. Il ne fut que plus heureux quand elles découvrirent cette surprise. Ce fut le début d'une vie ensemble emplie de joie. Cela dura six mois jusqu'au délai imposé à Jack concernant le remboursement. Il n'arrivait plus à jouer comme avant, le succès ne frappait plus à sa porte: le jeune homme fut forcé d'admettre qu'il ne pourrait jamais rembourser sa dette. La suite de l'histoire avait été suffisamment dite pour être raconté à nouveau. Mais elle rappelait au blondinet que les échecs semblaient n'être que la solution à tout ce qu'il entreprenait. Et là, il était tout simplement mort de peur à l'idée de faire des erreurs, surtout qu'il s'agissait d'un bébé, d'un être humain.
Il n'avait plus le droit à l'erreur surtout quand la vie d'un nourrisson était en jeu, toutefois, il avait besoin d'en faire part à Heloise: il fallait que la blonde sache. Cette nouvelle était belle mais elle l'effrayait. La peur le tétanisait sur place, il avait peur de perdre la femme de sa vie. Heloise était immobile et ne disait mot tandis qu'il se révélait encore plus. Le jeune homme finit par rompre la distance entre eux et la jeune femme murmura son prénom tandis qu'elle caressait sa joue. Les paroles qui s'ensuivirent, retinrent son attention. Jack buvait ses paroles cherchant un réel réconfort dans ce qu'elle lui révélait. La magnificence de ses mots émurent le joueur de poker qui resta immobile. Jamais, son regard n'avait brillé avec autant d'intensité, jamais ses yeux n'avaient fixé Heloise tel qu'il la fixait en cet instant même. Jamais, l'amour n'avait autant brûlé dans sa poitrine. L'amour, c'était de n'avoir jamais à dire que l'on était désolé, non, c'était de trouver une solution. Et Heloise certifia qu'elle l'aiderait dans ses repères. Ensemble, ils formeront une famille unie et emplie d'amour. Et puis, ils étaient un couple. Elle l'avait choisi pour passer le restant de ses jours à ses côtés. Leur coup de foudre témoignait de l'intensité de leurs sentiments. Depuis le début de leur histoire, le jeune homme avait toujours été convaincu qu'il avait trouvé sa moitié, son âme sœur. Jamais auparavant, son cœur n'avait autant battu que depuis qu'il l'avait rencontré. Héloise avait été à la fois tant de choses pour lui. Son premier et véritable amour dans sa vie d'adulte, ses premiers baisers, sa première fois, sa première vie commune et voilà que désormais elle était enceinte et portait son enfant, le sien. Rien n'était plus beau que cette révélation et elle rendait cet instant presque irréel. Cette ferveur avec laquelle elle prit ses mains et les embrassa avec dévotion, avec  tendresse. Cette émotion avec laquelle elle les posa contre sa joue humide de larmes. Encore une fois, elle lui quémanda de ne pas l'abandonner. Comment pouvait-il après une telle révélation? Après une telle déclaration d'amour? Elle le connaissait par coeur, qui pourrait un jour la remplacer ? La réponse était pourtant simple.

Personne.

Sa gorge était nouée, il se sentait encore ému de ces si belles paroles. Il ne savait quoi répondre tant cet instant était magique. Quel homme ne pourrait mourir d'amour pour une femme aussi belle qu'héloise? Qui pouvait ne pas être ému face à une telle preuve d'amour?
" C'est magnifique ce que tu viens de me dire. Si tu savais à quel point je t'aime, à quel point je suis fou amoureux de toi. " lui répondit-il tandis que ses mains s'étaient détachées de celles de la blonde. Ces dernières se posèrent alors sur ce visage tant aimé et délicatement, il essuya les larmes perlant sur ses joues. Elle avait trop pleuré, désormais, il voulait retrouver la flamme brillant dans ses yeux quand elle était heureuse, ce rire communicatif quand elle riait, ce sourire quand elle se sentait bien.
Ses yeux rencontrèrent ceux de la jeune femme. Un frisson parcourut son échine tandis qu'il lui sourit avec adoration, la tendresse irradiant son visage.

" Jamais, je ne t'abandonnerais. C'est quelque chose qui m'est tout bonnement impossible. Désormais, je sais que la mort est bien plus préférable qu'à une vie vécue sans toi à mes côtés. " Une soupçon de souffrance voila ses yeux bleus tandis qu'il ajouta : " J'ai fait une terrible erreur sur le Titanic mais désormais que je t'ai retrouvé, je sais que je ne peux vivre sans toi. Et j'en suis encore plus convaincu, maintenant que tu portes mon petit. Tes paroles m'ont réconforté, elles m'ont rappelé que nous sommes deux et qu'ensemble, nous pourrons y arriver. Tu m'as redonné foi en moi et je sais que si j'ai besoin d'aide, tu seras là pour me soutenir. " Ses yeux se mirent à pétiller tandis qu'il ajouta, une lueur de défi dans les yeux : " Je ferais tout pour que vous soyez fiers de moi.
Ses mains qui étaient toujours posées sur les joues rebondies de la blonde, attirèrent son visage vers le sien. Ses lèvres se posèrent sur celles de sa compagne. Ce fut un doux baiser empli d'un amour sincère et véritable. La vie de Jack avait changé depuis l'arrivée de la jeune femme, elle lui avait apporté tant de choses, tant de joies, tant de bonheur partagé. Il l'embrassait avec une passion amoureuse, savourant cette proximité retrouvée. Ses lèvres se détachèrent des siennes afin de lui murmurer un sourire apparaissant sur son visage : " Je t'aime pour toujours Gueule d'Ange. "

Puis, avec prudence, sa main descendit de sa jour et se posa délicatement sur le ventre de sa compagne. Il était encore plat mais à l'intérieur, un second souffle de vie était en train de naître. Un sourire apparut sur son visage tandis qu'il ajouta, les yeux brillant d'un éclat de bonheur : " On va avoir un bébé! "
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Lun 20 Jan - 17:14

 

Please... Give me your mercy.



Des quatre courtes années qu’Héloïse avait vécu auprès de Jack, il n’en était ressorti que du bonheur et de la joie. Même l’ombre de Lydia n’aurait su gâter le bien-être dans lequel elle était lovée. Après de longues années de haine et de rancune, consumée par sa rage, ses instants de vengeance, par un chagrin qui lui rongeait, il lui avait semblé qu’un jour nouveau s’offrait à elle. Jack avait su éloigner la tempête de sa rage, abattre sa muraille de glace par un seul regard, un seul sourire et une bienveillance qu’elle n’avait connu chez personne d’autres. Il avait écarté les nuages pour faire apparaître les rayons du soleil, si chauds et caressants, faisant d’elle un être nouveau, un être autre. Si elle était sortie des profondeurs abyssales dans lesquelles elle s’était terrée depuis la mort de sa mère, Héloïse pouvait affirmer sans hésitation que c’était bien grâce au jeune homme. Il lui avait appris le mot partage, le mot courage, le mot confiance et le mot amour. Il avait embrasé son cœur et elle n’avait plus vécu qu’à travers l’amour inconditionnel que lui offrait Jack. Alors lorsque son monde s’écroula sur le Titanic, elle se sentit happée par les ombres de son passé, par les démons de son mensonge. Elle était punie pour son meurtre, pour ses pulsions de vengeance qu’elle avait finalement accomplies. La justice céleste semblait faire son œuvre, elle ne pouvait y échapper bien longtemps alors elle s’était résolue à accepter son châtiment. Privée de l’amour de Jack, elle n’avait plus la volonté de se battre. Que pouvait-elle espérer loin de l’homme qui lui permettait d’être enfin celle qu’elle était réellement ? Sans doute n’aurait-elle pas choisi de se défendre s’il n’y avait pas eu une autre vie en jeu. Son enfant. Ce petit être vulnérable et fragile qui se nichait au creux de son ventre. Comment lui faire subir la mort ? Héloïse n’avait pu supporter de penser qu’elle ne pourrait jamais le tenir dans ses bras, qu’elle ne pourrait jamais admirer l’un de ses sourires, ni le voir grandir. Sa chair et son sang. Une part d’elle et de Jack. Elle n’avait pu s’y résoudre, c’était bien trop dur pour elle. Mais contre toutes attentes, elle n’avait pas été seule à se battre pour survivre. Jack avait été là. Il l’avait sauvée et il était passé au-dessus de ce sentiment de trahison et d’amertume. Alors d’entendre le joueur de poker totalement perdu, écrasé par le poids de cette nouvelle, elle ne pouvait le supporter. C’était un homme merveilleux et courageux qui ne devait pas perdre confiance en lui. Il devait avoir foi en l’avenir qu’il avait eu autrefois foi en Héloïse. Elle songeait presque qu’elle ne le méritait pas, il était si bon, mais la petite vie qui grandissait en elle méritait de vivre à ses côtés. Cet être, cet enfant, ce cadeau aurait besoin d’un père comme Jack car elle-même avait peur de ne pas être à la hauteur. Le monde lui avait autrefois offert une mère exceptionnelle mais elle lui avait été enlevée alors quel exemple pourrait-elle donner à cet enfant ? Elle, qui n’avait jamais vécu que dans la douleur et la rage… Mais elle comptait sur Jack et elle puisait son espoir en lui, dans son regard, dans ses paroles. Ensembles, ils reconstruiraient ce qui avait été détruit, ils colmateraient les fissures et ils panseraient les plaies pour un avenir radieux. Elle avait juste besoin de lui, de sa présence et de son soutient. Elle ne pourrait survivre s’il l’abandonnait. Jamais Héloïse n’avait été aussi sincère dans ses propos, brûlant d’émotions.
Un long silence ému lui répondit jusqu’à ce que la voix de Jack ne s’élève et elle s’y raccrocha comme à un dernier rayon de soleil avant les ténèbres. De ses mains se posant sur son visage baigné de larmes, il releva ses prunelles vers lui. Elle rencontra ses profonds iris, cet amour qu’elle lisait dans ses yeux et dans ses sourires. Il la rassura alors, lui disant combien il l’aimait et qu’il serait impossible pour lui de l’abandonner. Tant de regrets, de chagrin et de remords qu’elle souhaitait balayer d’un mouvement de bras. Puis le pétillement, la détermination qui faisait de lui un homme qu’Héloïse admirait plus que tout. Il avait retrouvé la foi et il allait bâtir leur avenir ensembles. Elle voyait dans le reflet de ses prunelles cette promesse d’un futur glorieux. Elle ne put alors s’empêcher de sourire de bonheur, portée par le courage qui l’animait tandis qu’il était si effrayé et perdu quelques instants plus tôt. Puis il déposa un doux baiser sur ses lèvres et elle le reçut avec une intensité qu’elle ne se connaissait pas. Il irradia dans tout son être, consumant chaque fibre de son être, soignant la douleur et les plaies dont son cœur et son âme étaient éprouvées. « Je t’aime pour toujours Gueule d’Ange. » Un petit rire s’échappa des lèvres de la blonde en entendant ce surnom qui la ramenait à son travail d’autrefois et qui lui avait permis de rencontrer le jeune homme, son âme sœur. Le jour où son être avait été enfin complet. Elle avait trouvé sa lumière dans l’obscurité. « Je t’aime aussi mon joueur de poker favoris », s’amusa-t-elle à son tour, conservant toujours cette proximité qu’elle aimait tant et dont elle avait si besoin. Elle observa la main de son compagnon descendre délicatement et se poser sur le ventre d’Héloïse. La chaleur de ce contact lui réchauffa le cœur, puis il s’embrasa quand Jack sourit de bonheur, relevant des yeux d’enfant sur elle « On va avoir un bébé ! ». Héloïse partagea son sourire et prit le visage de Jack entre ses mains pour y déposer un nouveau baiser de bonheur. « Nous allons former une vraie famille Jack. Loin de l’Angleterre, loin de la douleur et du mensonge. Je te promets que je te raconterai tout de monde passé car il doit t’appartenir. Il te revient aujourd’hui de droit et j’espère que tu sauras l’accepter. » Héloïse se lova un peu plus dans ses bras, déposant sa tête contre ses épaules. « Je veux que nous construisions quelques choses de beau. Nous reprendrons tout à zéro et nous bâtirons notre avenir en Amérique. » Elle releva ensuite ses prunelles vers Jack et se mit à rire. « Notre enfant sera un parfait petit américain, la tête emplie de rêves et ciel rempli d’étoiles comme nous aujourd’hui. »
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Jeu 30 Jan - 23:38

S'il devait décrire Héloise, Jack pourrait en parler des heures sans jamais s'arrêter. Ses qualités comme ses défauts faisaient d'elle un être exceptionnel. Un être capable de tant de compréhension, d'empathie, de gentillesse à son égard mais il y avait bien une chose qu'elle avait en plus en comparaison à d'autres femmes: c'est qu'elle était tout simplement faite pour lui, juste unique et parfaite pour correspondre au jeune homme, comme si elle n'avait été créé que pour lui spécialement par un acte divin: elle était un cadeau du ciel dont le destin lui avait permis de croiser son chemin, un jour dans cet établissement miteux. Des que leurs regards s'étaient croisés, dès l'instant ou le joueur de poker l'avait remarqué, la magie avait opéré et le monde avait changé, était devenu plus beau, tout cela parce que désormais, il se perdait constamment dans ce regard empli d'amour que la jeune femme lui renvoyait. C'était son âme sœur, cette âme jumelle qui le complétait bien plus que quiconque. C'était presque irréel, il y avait dans cette fusion quelque chose de mystique, d'irrationnel. Parfois, il avait l'impression de rêver, de se dire que cette rencontre n'était qu'un songe, qu'un beau jour, il se réveillerait pour s'apercevoir que ce n'était que pure fiction. Et pourtant, elle était là, si proche de lui, il sentait sa peau frémir, son cœur battre, sa respiration était paisible. C'était comme si elle était en lui, qu'ils ne formaient plus qu'un seul être réuni par cet amour surdimensionné. Ils étaient à la fois un tout et une unique entité, complémentaires et indéniablement faits  l'un pour l'autre. L'épreuve qu'il venait de subir témoignait de l'intensité de leurs sentiments. Tout avait failli voler en éclat, leurs routes avaient manqué de se séparer et pourtant, l'essentiel était là: Héloise était à côté de lui et venait de lui annoncer le plus beau cadeau.: elle était enceinte, elle portait un enfant, le sien. Le jeune homme avait l'impression que leur couple en était ressorti plus fort, plus soudé car désormais, ils savaient qu'ils ne pouvaient vivre l'un sans l'autre, qu'une existence ne serait que moins belle sans l'être aimé à ses côtés. Il avait failli la perdre à jamais, et la sensation éprouvée avait été tellement douloureuse, si éprouvante: Jack ne pouvait pas vivre sans elle, c'était impossible. Heureusement qu'il l'avait retrouvé dans le port, avant qu'il ne lui arrive un malheur. Dieu sait ce qu'il serait devenu sans la blonde près de lui. Qui d'autre que la jeune femme pouvait mieux le comprendre? Personne. Et rien n'était plus beau que son sourire, ses regards. Par les mots, elle avait su le convaincre qu'il serait un bon père, le rassurer du mieux qu'elle pouvait. Ses paroles emplies de sincérité avait su le toucher au plus profond de son être, lui rappelant cette famille qu'il avait bien failli perdre. Alors, encore une fois, Jack lui avait encore répété qu'il l'aimait et petit à petit, le sourire était apparu sur le visage de sa bien aimée. Elle irradiait de bonheur comme le soleil, le réchauffant, rendant soudain le monde un peu plus beau, lui rappelant que rien n'était plus magnifique qu'un sourire sur le visage de la blondinette. Sa main était toujours posée sur son ventre, elle était chaude, emplie de vie et d'amour. Il l'aimait déjà son enfant d'un amour infini: il l'imaginait déjà blond aux yeux comme le père et la mère. C'était presque trop beau pour être vrai après ce qu'ils venaient de vivre. Mais c'était pourtant bien réel, la vie grandissait dans le ventre d'Heloise et un jour prochain, il finirait par tenir son fils ou sa fille dans ses bras. Quelle délicate sensation que de savoir qu'on allait devenir parent, qu'on allait transmettre un savoir et des sentiments. Héloise l'avait déjà compris car ses paroles furent presque magique. Une famille.
C'était une évidence: elle allait devenir mère, c'était comme si la jeune femme portait ça dans ses gènes depuis toujours. Jack ne l'avait jamais vraiment vu sous cet aspect là, parce qu'elle avait toujours agi comme une femme attentionnée pour celui qu'elle aimait mais cet enfant rendait la réalité toute aussi différente que magnifique. Le joueur de poker lui souriait avec tendresse buvant presque ses paroles, elle était prête à tout lui révéler sur ce qu'il devait savoir parce qu'elle avait compris que l'honnêteté les sauverait et leur permettrait d'être plus fort que jamais.

Son cœur s'affola quand elle saisit son visage de ses fines mains et qu'elle y déposa un baiser avant de se mettre à rire en évoquait le devenir de leur bébé. Jack ne pût s'empêcher de pouffer de rire et lui répondit : " Avec un père aussi beau que moi, c'est obligé qu'il soit un américain beau garçon ou une magnifique petite fille aussi belle que sa mère. " Ajouta t-il en affichant une mine satisfaite, il finit par se mettre à rire face à ses paroles dites à l'instant. La tristesse avait disparue pour laisser place à la joie de cette nouvelle, du bonheur qu'il éprouvait quand la jeune femme était près de lui. Venue se réfugier contre lui, Jack l'avait entouré de ses bras caressant son dos, ses épaules nues. Il se sentait plus serein, il était heureux comme si l'épisode du Titanic était désormais une page de leur histoire enfin terminée.

" Le destin en avait décidé ainsi: rien ne peut nous séparer. J'ai jamais douté une seule fois sur le fait que tu es celle qu'il me fallait, celle qui me correspond. " Murmura t-il d'une voix tendre. " Toi et moi, on se complète... " ajouta t-il en la serrant plus fort.
Désormais, un nouveau chapitre de leur vie s'ouvrirait pour une nouvelle vie répondant au doux prénom de Amérique. En attendant, une énorme fatigue pesait désormais sur ses épaules, il n'était que le matin et pourtant, Jack se sentait épuisé d'une nuit blanche durant laquelle la colère et l'angoisse avaient primé. Le stress l'avait stimulé, rendu plus actif, plus nerveux mais désormais que tout s'était "arrangé", ses paupières se faisaient lourdes, il avait terriblement envie de dormir. Se mettant à bailler, il s'écroula sur le lit à l'exact opposé d'Heloise, inclinant simplement son dos en arrière de l'endroit ou il s'était assis. La jeune femme toujours enlacée dans ses bras fut entraîner dans sa chute. Elle sembla surprise ce qui déclencha le rire de Jack.

" Je crois que j'ai besoin de dormir juste un peu. " se justifia t-il. " Juste un peu de repos... Avec toi à mes côtés.. " Un sourire s'afficha sur son visage.
Puis, il bailla à nouveau se masquant la bouche avec sa main. Il regardait le plafond sentant ses paupières devenir de plus en plus lourdes. " Je crois que je pourrais dormir pendant des jours. "
Et il ferma les yeux. Et s'endormit dans un paisible sommeil, rassuré et serein. Ses rêves furent sans intérêt et il ne s'en rappèlerait plus à son réveil. À vrai dire, quand ses yeux s'ouvrirent à nouveau, ce fut en sursaut. Ses yeux s'ouvrirent brusquement. Il savait ce qu'il devait faire, tout était devenu plus clair. Se redressant vivement sans tenir compte d'Heloise à côté de lui, il regarda l'horloge affiché au dessus de la porte d'entrée de la chambre, il était onze heures, il n'avait dormi que quelques heures tout au plus. Et pourtant, il se tenait en alerte, comme s'il n'avait jamais traversé tant d'émotions, tant de souffrances, de révélations et de joies. Il avait oublié un élément fondamentale à sa vie tant ses propres problèmes l'avaient accaparé. Brusquement, la panique l'avait même envahi, il devait s'en aller au plus vite d'ici, de toute manière, il n'avait pas l'argent nécessaire pour payer cette chambre d'hôtel, tout comme pour régler la note d'honoraires du médecin. Le blondinet ne pouvait rester ici, ni dans cet endroit, ni dans cette ville. C'était évident dans la mesure ou trois hommes avaient été tués et il ne tenait à avoir la police à ses trousses. Car alors, il trouverait Héloise et Jack ne souhaitait plus qu'elle soit en danger, d'autant plus qu'elle était enceinte, ils devaient se poser quelque part et envisageait sérieusement leur avenir. Il y avait également des projets qu'il souhaitait faire en sa présence parce que la peur de la perdre lui avait fait réalisé plein de choses dont il n'avait jamais pris compte dans sa manière de faire ou de penser. Mais attendant, il devait partir au plus vite. Se frottant les yeux pour chasser le sommeil, Jack ne prononça qu'un seul mot témoignant de cette envie, ce besoin vital.
" Lydia... " dit-il en se tournant vers Héloise. " Nous devons la retrouver... "
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Sam 15 Fév - 21:40

 

Please... Give me your mercy.


Le chemin de la vie était semé d’embûches et d’épreuves qu’il fallait affronter avec bravoure et panache. C’était la conception que s’en faisait Héloïse depuis la mort de sa mère. Il avait des malheurs qui nous affectaient plus que d’autres, qui nous blessaient. La route de la vie était plus dure à entreprendre, ralenti par des cicatrices et des stigmates d’un passé douloureux. Puis un beau jour, il fallait relever la tête et poursuivre son existence d’un front volontaire. La détermination qui pétillait dans ses prunelles, ne souhaitait pas interrompre la lutte. Et parfois, il y avait des épreuves dont on ne s’en relevait que grandis et plus fort. Héloïse avait vécu chacun des instants de sa vie de cette manière, faisant de la maxime « Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » le crédo de son existence, le fondement même de son état d’esprit. Elle s’astreignait à songer à chaque instant à ce dogme même dans les situations les plus désespérées. Même lorsqu’elle s’était retrouvée seule à Southampton, crevant de froid et de faim. Elle avait toujours su que ça ne la rendrait que plus forte et qu’elle s’en sortirait. Et effectivement, cela avait été le cas. Une jeune femme du pur prénom d’Eve était venue à elle, lui avait tendu la main dans sa grande bonté. Elle lui avait trouvé un travail, l’avait nourrie et logée le temps qu’elle ait suffisamment d’argent pour se payer elle-même sa nourriture et un toit pour dormir. Elle n’avait pas perdu espoir, se débrouillant seule par la suite. Elle avait même insisté pour rembourser Eve, car dans son orgueilleuse fierté, elle ne souhaitait rien devoir à personne. Elle avait énormément pris sur elle-même quand elle avait accepté ce travail qu’Eve lui offrait au White Palace. S’exhiber et danser devant des hommes avides de corps presque nus… tout cela la dégoûtait. Toutefois, elle n’avait pu s’empêcher de songer à sa mère qui exerçait autrefois la profession de courtisane. Elle ne pouvait se permettre de cracher sur une telle profession alors que sa mère avait vécu bien pire. Elle se refusait à souiller la mémoire de celle qui lui avait donné la vie et qui l’avait protégée chaque jour que Dieu avait eu la grâce de lui donner, jusqu’à ce qu’elle soit assassinée par le Comte. Les premiers jours de services avaient été très durs. Elle recevait constamment des remontrances de Pierre, son patron, car elle se montrait bien trop farouche avec les clients. Son attitude n’était pas celle qui convenait et il ne suffisait pas seulement d’être belle, mais de savoir aguicher la clientèle afin qu’elle revienne. Elle s’était pliée à cet exercice pour ne pas perdre son travail. Cependant, elle s’était toujours catégoriquement refusée à vendre son corps. Plutôt mourir que s’abaisser à une telle chose. Car elle n’était pas sans savoir que certaines danseuses ne refusaient pas quelques billets de plus en couchant avec des hommes du White Palace. Beaucoup de ses camarades l’avaient incitée à faire de même lorsqu’elles voyaient qu’elle manquait d’argent, mais la détermination d’Héloïse était bien trop grande pour qu’elle ne s’émousse. Et fort heureusement, elle n’avait jamais cédé car elle avait ensuite rencontré Jack. Elle n’avait pas regretté d’avoir préservé sa vertu pour lui. Sans doute ne l’aurait-il pas rejetée dans le cas contraire, mais cela aurait sans conteste gâté leur relation, créant doute et crainte. Non, tout avait merveilleusement bien commencé entre eux et les quatre ans qui avaient suivi étaient comme un doux rêve. Jusqu’au Titanic, mais quand Héloïse plongeait ses prunelles dans celles de Jack, elle pouvait voir la promesse d’un futur, d’une rédemption et surtout, du pardon. Il lui avait offert sa clémence et elle l’avait reçue comme un enfant de Dieu reçoit la grâce du Seigneur. Un avenir radieux se dessinait devant eux, parsemé d’embûches que l’amour leur parviendrait à affronter et vaincre. Héloïse n’avait plus aucun doute sur leur futur maintenant que l’amour du joueur de poker était toujours sien. Dieu était témoin qu’elle l’aimait de l’amour le plus pur qui pouvait animer un être fait de chair et de sang. La blonde ne put s’empêcher de rire lorsque Jack plaisanta sur la beauté certaine de leur enfant avec les parents qu’ils avaient. Même si cela était dit sur le ton de l’humour, il était vrai que si leur fils ressemblait à son père, il pourrait se targuer d’être l’enfant le plus beau de tout l’univers. Les larmes s’étaient définitivement effacées pour laisser place à la bonne humeur, au soulagement d’un calme retrouvé. Seuls les stigmates d’un passé plus tragique résidaient sur le corps d’Héloïse, mais d’ici quelques jours, ses blessures auraient cicatrisé comme les fêlures de son cœur maintenant qu’elle avait retrouvé la chaleur des bras de Jack. Lovée tout contre son cœur, elle se sentait apaisée, dans une bulle de réconfort qu’elle ne désirait jamais quitter. « Le destin en avait décidé ainsi: rien ne peut nous séparer. J'ai jamais douté une seule fois sur le fait que tu es celle qu'il me fallait, celle qui me correspond. Toi et moi, on se complète...» lui dit Jack avec tendresse. Ces paroles lui réchauffèrent le cœur, elle qui avait eu si peur de le perdre à jamais. C’était soudain comme si le ciel qui envoyait un signe. Celui qu’elle méritait finalement de vivre, qu’elle pourrait se repentir de tous ses péchés en bannissant le mensonge de son existence et en devenant une femme et une mère parfaite. Elle voulait le meilleur pour l’enfant qui grandissait en elle et elle ferait tout ce qui était dans ses moyens. Puis elle voulait revoir le bonheur illuminer le visage de Jack. La tristesse ne lui allait guère et elle l’aiderait à se reconstruire malgré les trois meurtres dont ses mains étaient entachées. Désormais, ils ne seraient plus qu’un seul être et ils prendraient le chemin de la vie, main dans la main et ensembles. Héloïse étouffa un léger hoquet de surprise quand elle se sentit tout à coup partir vers l’arrière. Jack s’étala dans le lit et emporta la blonde dans son mouvement. Ils se retrouvèrent tous les deux allongés l’un contre l’autre, sa réaction ayant provoqué l’hilarité du jeune homme. Il expliqua vouloir se reposer à ses côtés. Héloïse lui rendit son tendre sourire. « Tu as raison. Moi aussi je suis morte de fatigue. » Elle se colla un peu plus contre lui, souhaitant être bercée par les battements de son cœur. Fermant ses paupières, il ne fallut pas plus de quelques secondes pour que la blonde s’abandonne au sommeil. Elle n’entendit même pas les dernières paroles du joueur de Poker. Ce fut d’un sommeil paisible qu’elle dormit. Mais quelques heures plus tard, il fut troublé par un brusque sursaut de Jack. Elle se réveilla immédiatement, les sens encore embrumés par le sommeil. Elle se redressa lentement, observant le jeune homme faire les cent pas dans la pièce. « Jack ? » interrogea-t-elle, incertaine. Que lui arrivait-il tout à coup ? Avait-il fait un cauchemar ? Les cadavres de ces trois hommes le hantaient-ils déjà ? Au son de sa voix, il se tourna vers elle. « Lydia… Nous devons la retrouver… » Le silence accueillit tout d’abord les paroles de Jack. Lydia. Héloïse savait parfaitement que si Jack revenait dans sa vie, il en était de même pour sa sœur. Elle n’avait guère envie de revoir celle qui l’avait vendue aux truands, ne souhaitant que sa mort. Toutefois, elle recherchait avant tout le bonheur de Jack, et il ne pouvait se faire sans Lydia. La blonde soupira avant de se redresser. Fouillant dans le sac de voyage, elle trouva une chemise à Jack qu’elle enfila, couvrant sa nudité tant elle était grande pour elle. Puis elle s’approcha de lui et prit son visage entre ses mains. Ses prunelles étaient une fois de plus paniquées et il fallait qu’elle les apaise. « Ecoute-moi Jack. Tout va aller bien. Ça va aller... » dit-elle sereinement. « Elle n’a pas pu aller bien loin. Cela ne fait que quelques heures que nous avons débarqué. Elle est sans doute encore à New-York. » Prenant une grande inspiration, son regard se déroba un instant à celui de Jack. Elle souhaitait le satisfaire, néanmoins, elle devait aussi se montrer vigilante et ne pas oublier la menace qui pesait sur eux. « Mais… ça serait sans doute un peu dangereux de nous montrer sur le port… je veux dire. Les corps ont dû être découverts et notre passage n’est pas passé inaperçu. Peut-être devrions-nous… » La blonde n’acheva pas sa phrase, craignant la réaction de son homme. Elle ne voulait pas le froisser en prétendant qu’il serait malvenu de la chercher dans de pareilles circonstances. Mais il fallait qu’ils se rendent à l’évidence : ils étaient tous les deux des meurtriers et des fugitifs.
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Mar 25 Fév - 22:24

En l'espace de quelques heures, Jack avait traversé tant d'émotions, tant de nouvelles, tant de révélations, tant de remise en question et tout cela avait su le changer au fond de lui sans qu'il s'en aperçoive. Il avait mûri parce qu'il n'avait pas eu le choix, les événements de sa propre vie l'avait forcé à prendre des décisions, et surtout à les assumer. Pourtant, avant son arrivée en Amérique, rien n'aurait pu présager un tel changement dans sa personnalité, dans ses agissements. Face au mensonge, il avait préféré fuir, il avait fait le choix de nier ses responsabilités vis a vis d'Heloise : il l'avait rejeté, choisi de la supprimer de sa vie, avait même délaissé sa sœur parce qu'elle était aussi une source de ce conflit devenu trop dur à supporter. Et les disputes, il n'en voulait pas. Parce qu'au travers des paroles et des actes de chacun, le jeune homme s'était aperçu de la haine farouche qui opposait Lydia à Héloise. Jusqu'à aujourd'hui, il ne s'en était pas vraiment rendu compte de cette guerre silencieuse que menaient les deux femmes de sa vie et pourtant, leur trophée n'était que l'amour du blondinet. Ainsi, était ce cela leur animosité réciproque? Elles se battaient contre l'amour? L'une pour l'amour du frère et l'autre pour l'amour d'un amant, d'un compagnon? Non... Il n'avait jamais voulu cela et c'était d'autant plus dur que, naïf, Jack venait à peine de s'en apercevoir. Alors forcément, il avait choisi de fuir ses responsabilités, face à la douleur du mensonge, il avait préféré s'échapper d'une souffrance qui lui lacérait la poitrine. Fuir un amour fusionnel avec sa sœur, fuir une personne chère à ses yeux qui, quelque part, l'avait sauvé d'une vie plus que jamais misérable auprès d'un père alcoolique et violent. Fuir la femme qu'il aimait d'un amour passionnel depuis quatre ans, oublier ce coup de foudre mutuel ou leurs regards avaient accroché pour ne plus se quitter, fuir un quotidien rythmé par le doux son de l'amour, de la tendresse.
Mais il ne pouvait nier ce sentiment ainsi. Quoi qu'il puisse arriver, l'amour revenait toujours vers lui. On ne pouvait le quitter ainsi, non ce serait trop facile. Alors il était réapparu devant ses yeux lorsqu'il était tombé nez à nez avec Héloise aux prises avec ses truands. Parce qu'il l'aimait, parce qu'en la voyant en si mauvaise posture, il avait réalisé beaucoup de choses... Être amoureux ne suffisait pas à dire un simple "je t'aime", être amoureux signifiait de rester près de son conjoint dans les instants heureux comme malheureux, être amoureux, c'était affronter les difficultés à deux, savoir surmonter les épreuves de la vie. Et la véritable identité de la danseuse avait été son propre combat, sa propre remise en question. Et quand il l'avait découvert, les bras maintenus par deux êtres malveillants tandis que l'autre remontait ses jupons, Jack avait vraiment réalisé ce qu'il n'avait jamais vraiment compris auparavant...
Une vie sans Héloise lui était tout bonnement impossible. Une vie sans voir son sourire, sans entendre son rire, sans écouter ses déclarations enflammées, une vie sans elle n'en aurait été plus une... Il aurait alors passé toute sa vie à chercher son alter ego et certainement, un beau jour, alors qu'il  ne serait plus qu'un vieil homme courbaturé et usé par l'âge, il s'apercevrait qu'il était passé à côté de la femme spécialement faite pour lui, il s'apercevrait qu'il avait alors gâché sa vie à attendre son âme sœur alors qu'il l'avait perdu depuis tant d'années déjà...
Alors, il n'avait pas réfléchi, l'amour avait embrasé sa poitrine et par ses mains autrefois innocentes, il avait tué, il avait détruit trois vies en échange d'un sentiment profond et pur : l'amour d'Heloise. Ces truands ne méritaient pas de détruire sa vie, de bannir de sa vie son si joli sourire. Pour la jeune femme, il avait tué, il avait changé: meurtrier, il devrait répondre de ses actes. Que se passerait-il par la suite? Jack n'en savait rien et personne n'était là pour le guider, il n'y avait pas Lydia pour le guider et Héloise semblait perdue et de surcroît, enceinte: elle ne pouvait dans cet état, s'accaparer les responsabilités qui n'était plus les siennes. Parfois, avec du recul, le jeune homme songeait que son existence aurait pu être bien plus simple. Mais il ne pouvait pas changer le temps et désormais, il devait composer avec ce qu'il lui restait, ce qu'il avait de plus cher à ses yeux et ce bien était dans ses bras, endormi dans un sommeil serein et heureux, la promesse d'un avenir meilleur se lisant sur son visage. Une telle sérénité aurait pu suffit n'importe quel homme à se satisfaire de ce qu'il possédait déjà. Mais en l'occurrence, pour Jack, sa sœur restait le second pilier de sa vie. Elle était tant de choses pour lui, elle avait été la meilleure des sœurs, la plus incroyable des substituts de mère, la meilleure des amies et sa confidente. Bien avant de connaître Héloise, et plus précisément, le jour ou ensembles, le frère et la sœur avaient fui le domicile familial en quête d'une vie meilleure. Ils s'était alors jurés de ne jamais se quitter, d'être toujours là l'un pour l'autre. Sa promesse, Jack l'avait tenu jusqu'à aujourd'hui. Y compris quand Héloise était arrivée dans sa vie. Y compris quand il avait acheté leur maison: c'était pour eux trois, jamais le jeune homme n'avait exclu sa sœur de sa vie. C'était tout bonnement impossible: c'était sa chair, son sang, c'était une Cooper pure et dure et de surcroît, elle était devenue le portrait craché de leur mère. Abandonner Lydia à son triste soir l'horrifiait et glaçait toutes ses entrailles. Il fallait la retrouver, il devait.. Il n'avait pas le choix... Il le lui avait promis...

Soucieux, le jeune homme s'était levé de son lit sans tenir compte d'Heloise enlacée dans ses bras. Il lui avait alors avoué ce qu'il souhaitait faire, à savoir retrouver Lydia. Puis, il s'était remis à faire les cent pas, essayant de trouver une solution. Devait-il y aller tout seul? Devait-il laisser Héloise? Et si le propriétaire de l'hôtel lui demander de payer? Comment sortir d'ici? Tant de questions qui l'accaparaient tant qu'il ne vit arriver la jeune femme. Levée du lit et vêtue d'une unique chemise, elle posa ses mains sur ses joues et le regarda cherchant à le réconforter. Soucieux, Jack l'écouta et ne pût s'empêcher d'être d'accord avec elle: sa sœur chérie ne devait pas être bien loin, cela fait peu de temps qu'ils étaient arrivés. Raison de plus, d'agir vite plutôt que d'attendre que Lydia ne quitté la ville. Toutefois, Héloise n'avait pas fini et continua à parler d'une voix hésitante, un peu comme si elle redoutait sa réaction. Fronçant les sourcils, Jack lui répondit d'une voix calme :

" Tu crois que je ne me rends pas compte de la situation? Tu crois que je ne réalises pas l'ampleur du bordel que je viens de créer? J'ai conscience qu'il vaudrait mieux partir d'ici, qu'il vaudrait mieux quitter la ville avant qu'il ne découvre les trois corps. " Il poussa un soupir, ferma les yeux durant une fraction de seconde avant de regarder à nouveau la jeune femme : " Mais je dois retrouver ma sœur. Il y a des choses que tu ne peux comprendre pour n'avoir jamais vécu un tel lien entre elle et moi. " Il avait peut être d'autres choses en tête, une course contre la montre qui se préparait. Mais malgré cela, le joueur de poker tenta d'expliquer ce qu'il ressentait : " Le jour ou nous avons quitté la maison de mon père, nous nous sommes jurés de ne jamais nous quitter quoi qu'il puisse arriver. Alors, je ne peux pas la laisser tomber. Si je devais partir d'ici sans avoir tenté de la retrouver, je ne pourrais jamais me le pardonner. "
" Je suis conscient que je te demande beaucoup.. Parce que je réalise que vous ne vous entendiez pas vraiment. Mais je pense que vous avez jamais pris d'apprendre à bien vous connaître réellement.. " Il lui fit alors un sourire et caressa sa joue: " Et puis, il faut qu'elle soit une tante parfaite pour son futur neveu ou sa future nièce! "

Sa mine redevint sérieuse, ses yeux bleus sondèrent le visage de la jeune femme. Un silence s'installa dans lequel il cherchait une réponse dans son regard. Il voulait avoir son aval, il voulait être certain d'avoir son approbation et il ajouta d'une voix presque suppliante : " S'il te plait... Nous devons la retrouver... "
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MessageSujet: Re: Please... Give me your mercy ❦   Sam 3 Mai - 8:00

Come what may
Jack ∞ Héloïse

On pense trop souvent que le plus dur dans l’amour, c’est d’arriver à passer le restant de ses jours avec la même personne. Mais dans le cœur d’Héloïse, les gens se trompaient cruellement. Le plus douloureux était d’être loin de l’être aimé, même durant une journée. C’était d’avoir eu pour dernier vestige de son visage, un regard méprisant et haineux. C’était pour avoir eu en dernier souvenir, une trahison cuisante. Le plus dur avait été l’absence, ainsi la colère et la déception qu’elle avait pu lire dans les yeux de Jack, dans les yeux de cet homme pour qui elle aurait donné sa vie et sans qui l’existence n’avait plus de sens. Dans ce monde qui n’était régi que par la violence et la souffrance, il avait été l’être qui lui avait permis de trouver la lumière dans les ténèbres, l’espoir dans la pénombre. Il avait fait de son corps un bouclier contre les maux du monde, il avait fait de sa voix un baume contre la colère, et de son cœur, il avait créé une nouvelle Héloïse pure et dénuée de toute la rage qui la consumait. Dans la chaleur de ses bras, elle avait trouvé la voie du bonheur, si bien que lorsqu’elle les avait perdus, elle ne voyait plus d’avenir pour elle. Le futur s’éteignait dans l’anéantissement de l’amour que Jack nourrissait pour la belle blonde. Si cet amour mourrait, Héloïse périssait. Il n’y avait guère eu que cet enfant qu’elle portait en son ventre qui avait su lui donner l’espoir quand la nuit s’était posée sur son existence. Cette vie, si petite et vulnérable, était le triste reliquat d’un amour déchu, d’une confiance réduite à néant dans l’enfer des secrets et de la trahison.
Alors blottie tout contre le corps de Jack, c’était comme si elle avait soudain retrouvé la raison exacte qui faisait qu’elle était sur cette terre aujourd’hui. Le joueur de poker était de ces hommes qui méritent qu’on se batte pour eux. Et cela, la blonde le comprenait encore mieux depuis qu’elle avait failli le perdre durant les deux terribles jours qui s’étaient écoulés. Elle n’aurait pu vivre pire sentence que de se savoir désaimée de cet être qu’elle aimait tant et qui était le père de son enfant. Son futur, elle l’avait toujours imaginé à ses côtés, et non aux mains de crapules qui n’auraient aucun scrupule à l’envoyer sur la potence pour obtenir l’argent qu’ils désiraient. C’était comme si le ciel lui avait envoyé un message pour lui donner une leçon. Il ne suffisait pas seulement de changer et de devenir une nouvelle Héloïse. Il fallait surtout qu’elle accepte ses péchés et qu’elle fasse preuve d’honnêteté vis-à-vis des êtres qu’elle aimait et qui requéraient la vérité. Mais désormais, elle avait compris ce dur enseignement et elle se promettait de parler de toute son histoire à Jack quand le temps serait venu. Maintenant qu’elle l’avait retrouvé, elle ne comptait pas le perdre une fois encore. Malgré les épreuves, elle ferait tout pour le garder à son côté et affronter le chemin de la vie avec lui. Il était l’homme qu’elle avait choisi. Il était son âme-sœur pour cette vie et pour toutes celles qu’elle avait eues et pour toutes celles qu’elle aurait. Leur amour transcenderait le temps et l’espace, résonnant jusqu’à la fin des temps dans l’infini de l’univers. Tout était bien trop beau, bien trop pour que ce ne soit qu’un simple amour d’une vie. Ils étaient chacun la partie de l’autre et il n’y avait qu’ensembles qu’ils parvenaient à devenir complet. Avec lui, elle était prête à toute affronter. Même Lydia dont les rapports avaient toujours été houleux avec elle, mais comme durant ses quatre années, elle était prête à l’inclure dans sa vie si c’était la condition pour garder Jack.
Loin de ses bras, Jack s’était levé du lit et il s’était perdu dans la contemplation soucieuse de la rue. Héloïse savait pertinemment que cette angoisse n’était due qu’à un seul être : Lydia. Il n’y avait qu’elle ou la blonde pour le mettre dans des états pareils. En évoquant le nom de sa sœur, le joueur de poker confirma ce que la jeune femme savait déjà. A cet instant, elle aurait tout donné pour voir à nouveau un sourire paraître sur le visage de Jack, pour qu’il cesse d’arborer cette mine soucieuse qui lui fendait le cœur. Elle était prête à prendre des risques pour retrouver Lydia si c’était là le seul moyen de le rendre heureux, malheureusement, elle ne pouvait éluder l’existence de son enfant. Si elle était en danger, il en pâtirait en même temps qu’elle. Néanmoins, elle savait qu’elle ne pouvait se permettre de demander à Jack de laisser sa sœur de côté, et elle ne le ferait pas. Mais il ne lui semblait pas inopportun de lui rappeler qu’ils ne devaient pas se mettre dans une situation fâcheuse, surtout depuis qu’ils avaient tous les deux des morts sur la conscience. Ensembles dans le péché mais aussi plus fort. Le visage de son aimé entre les mains, elle contemplait ce visage rendu si grave par les épreuves et par la vie. Toutes ses rides d’inquiétude, elle aurait souhaité les effacer en les effleurant de ses doigts. Elle ne craignait qu’il ne se révolte contre les mises en garde qu’elle lui soumettait, mais la voix de Jack était calme.

« Tu crois que je ne me rends pas compte de la situation? Tu crois que je ne réalises pas l'ampleur du bordel que je viens de créer ? J'ai conscience qu'il vaudrait mieux partir d'ici, qu'il vaudrait mieux quitter la ville avant qu'il ne découvre les trois corps. »

Les entrailles de l’ancienne Comtesse se nouèrent en l’entendant parler ainsi. Elle savait pertinemment que ce qu’il s’était passé ce matin sur le port ne le laisserait pas indemne et qu’il faudrait qu’il apprenne à vivre malgré le sang qui souillait ses mains. Pourtant, quand elle le regardait, elle les voyait encore pures et vierges de tout crime. Elles étaient les mains qui allaient porter leur enfant, qui le tiendraient par la main pour lui apprendre à marcher et pour l’aider à ses relever quand il tomberait. Elles étaient des mains tendues vers l’avenir, non vers les ténèbres et le sang.

« Mais je dois retrouver ma sœur. Il y a des choses que tu ne peux comprendre pour n'avoir jamais vécu un tel lien entre elle et moi. Le jour où nous avons quitté la maison de mon père, nous nous sommes jurés de ne jamais nous quitter quoi qu'il puisse arriver. Alors, je ne peux pas la laisser tomber. Si je devais partir d'ici sans avoir tenté de la retrouver, je ne pourrais jamais me le pardonner. »  

S’il avait bien une chose que la blonde n’avait jamais compris, c’était le lien qui unissait Lydia et Jack. Sans doute aurait-elle pu comprendre si elle avait eu un frère ou une sœur, mais le destin l’avait faite fille unique. Mais de ce lien, il en ressortait surtout de l’envie de la part de la Comtesse qui n’avait jamais connu une telle relation avec personne. La jeune femme détourna la tête. Même si elle comprenait ce qui motivait le jeune homme, elle devait avouer qu’elle n’appréciait pas ce discours.

« Je suis conscient que je te demande beaucoup… Parce que je réalise que vous ne vous entendiez pas vraiment. Mais je pense que vous avez jamais pris d'apprendre à bien vous connaître réellement… Et puis, il faut qu'elle soit une tante parfaite pour son futur neveu ou sa future nièce ! »

Effectivement, les deux jeunes femmes avaient été bien trop affairées à s’envoyer des piques pour apprendre à se connaître. Si Héloïse avait souhaité une relation sereine avec la sœur de l’être aimé, Lydia avait annoncé tout de suite la couleur en faisant d’elle une ennemie et une rivale. Pourtant, les paroles de Jack parvinrent finalement à arracher un sourire à la blonde qui releva un regard tendre vers lui. Sa main rencontra la sienne.

« Tu as raison. » souffle-t-elle avec tendresse.

Mais le sourire s’effaça bien vite des traits de Jack. Ses yeux d’un blanc perçant scrutaient la jeune femme à la recherche de réponse et surtout, d’une approbation plus sérieuse. Les intonations de supplique qui parvinrent dans la dernière phrase du joueur du poker achevèrent de la convaincre.

« S'il te plait... Nous devons la retrouver... »

L’expression de la blonde se fit douce et compatissante. D’une main, elle caressa son visage tandis que l’autre se perdit dans les cheveux blonds du jeune homme. Tout ce qu’elle aurait souhaité, c’est que Lydia apparaisse comme par enchantement dans cette chambre d’hôtel et qu’ils puissent s’enfuir le plus rapidement possible tous les trois. Mais au cours de son existence, la Comtesse avait appris que la magie n’existait pas.

« Jack, nous ferons ce que tu voudras. Si Lydia est aussi importante pour toi, alors nous la chercherons ensembles. » Elle déposa un doux baiser sur ses lèvres et poursuivit, front contre front. « Tout ce que je veux c’est ton bonheur et retrouver ton confiance. Je suis prête à tout faire pour regagner ton amour et te prouver que la femme qui était à tes côtés durant quatre ans, c’est toujours moi. Je t’aime et nous allons avoir un enfant. Tu me fais le plus beau présent dont je n’aurai jamais pu rêver, alors aujourd’hui, laisse-moi t’offrir un cadeau en retour : mon aide et mon soutien, car tu le mérites plus que nulle autre personne. Quoi qu’il advienne, je t’aimerai jusqu’à la fin des temps. »


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