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 Une lueur dans les ténèbres.

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RPG
MessageSujet: Une lueur dans les ténèbres.   Lun 30 Sep - 19:24




Une lueur dans les ténèbres.



« Ne serre pas si fort ! » protesta Héloïse à l’encontre de sa gouvernante.

Cette dernière ajustait son corset avec tant de force qu’elle en avait le souffle coupé. Décidément, quelle empotée ! Les années n’avaient rien changé à sa maladresse et la blonde ne pouvait tout simplement pas la supporter. Comme beaucoup de personnes dans son entourage.

« Mais il faut bien que je serre pour que vous puissiez rentrer dans votre robe ! Votre père l’a fait venir exprès de Paris pour la fête de ce soir en l’honneur de votre anniversaire. »

La mâchoire d’Héloïse se crispa. Encore un cadeau de mauvais goût de la part du Comte de Neuveille. Que croyait-il en lui offrant des présents venant de France ? Que cela lui rappellerait de tendres souvenirs ? Alors que chaque nuit elle rêvait de la mort de sa mère et elle se réveillait en sursaut, le corps en sueur. Mais la torpeur glacée était bien vite chassée par une haine viscérale ! Une rage sans borne contre Henri. Elle le voulait mort ! Elle voulait voir son cadavre exhibé aux yeux de tous pour venger le meurtre de sa mère. Où était la justice si les assassins pouvaient continuer à vivre une existence de roi seulement parce qu’ils possédaient des titres ? Elle se devait de réparer cette erreur.
Mais pour l’heure, c’était contre une toute autre personne que sa colère était dirigée. Elle se tourna vers sa gouvernante et plongea son regard incandescent dans ses pâles prunelles.

« Si tu continues comme ça tu vas bientôt me briser les os ! » tempêta-t-elle.

La vieille femme laissa échapper un soupire lassé, habituée à la mauvaise humeur constante de cette enfant. Comme un mur de glace, elle n’avait jamais montré aucune tendresse, ni aucune intransigeance. Il n’y avait bien que lorsqu’elle évoquait la famille Abbot ou Lockwood qu’elle parvenait à apaiser la Comtesse et à l’amadouer.
Toutefois, aujourd’hui elle doutait d’arriver à quoi que ce soit avec elle. Chez n’importe quelle jeune fille, fêter son dix-huitième anniversaire était une source de joie et d’engouement. Mais pour Héloïse, c’était presque comme une torture.

« J’ose au moins espérer que vous vous montrerez un peu plus aimable ce soir. » grommela la gouvernante en se remettant à lasser son corsage avec moins de vigueur. « Avec une mine pareille, on pourrait croire qu’on vous emmène à la potence ! »

Quelle différence ? Il y avait bien de quoi se le demander. Elle ne répondit pas. Pour la jeune fille, la chose était bien similaire. Elle avait évolué des années dans un monde qui n’était pas le sien et elle était contrainte de se plier à une étiquette qui de toute évidence, l’ennuyait plus que de mesure. Que n’aurait-elle pas donné pour s’enfuir par la fenêtre et partir loin de toutes ces mondanités ! Car ce soir, tous les regards seraient tournés vers elle et le Comte, qui ne manquerait pas de produire son petit numéro pour amuser la galerie. Ce qu’il pouvait être pathétique !
Et tout à coup, quelqu’un toqua à la porte de la chambre et avant qu’elle n’ait pu demander de qui il s’agissait, le Comte pénétrait dans la pièce. Elle détourna la tête, résolue à ne pas regarder cet être abject sous peine de céder à sa fureur. Depuis quelques temps, elle s’était affermie en de prochaines représailles. L’homme s’avança dans la pièce.

« Allons Héloïse tu n’es toujours pas prête ? Les invités ne vont pas tarder à arriver et tu te dois d’être présente pour les saluer ! » lui signifia son père mais la gouvernante répliquait déjà en rouspétant.
« Si cette demoiselle voulait bien se tenir tranquille elle serait déjà prête depuis bien longtemps ! »
« C’est mon anniversaire, n’est-ce pas ? Il s’agit donc de ma journée et je la passerai comme je l’entends. Et si les invités doivent m’attendre, ils m’attendront ! De toute manière, ils ne sont là que pour les petits fours ! Ils n’en que faire de souhaiter l’anniversaire d’une Comtesse qui vient tout juste d’avoir dix-huit ans. » trancha froidement Héloïse en les jaugeant tous les deux d’un air glacial sitôt que la gouvernante eut achevé de nouer ses lacets. « Vous n’aurez qu’à les accueillir pendant que je finis de me préparer. »

Et sur ces mots, elle partit s’asseoir à sa coiffeuse, congédiant par cette attitude le Comte. Dans un soupire frustré, il se dirigea et glissa un bref « dépêche-toi » avant de disparaître complètement. La servante n’osa dire mots et se contenta de coiffer la Comtesse et de la maquiller. Héloïse se para elle-même de bijoux, prenant consciencieusement tout son temps, causant l’exaspération de la gouvernante. Et finalement, elle se releva et elle enfila sa robe. Faite d’un tissu précieux et richement décorée, cette toilette avait dû lui coûter une fortune. Mais cela lui importait peu. Comme tout le reste de ses possessions d’ailleurs.

« Vous êtes parfaite ! » s’extasia la vieille femme.

Mais Héloïse ne partageait pas cet avis. Plantée devant son miroir, elle ne voyait devant elle que le reflet d’une jeune femme à l’enfance détruite, au présent tombant en miette et au futur incertain. Elle souffla de lassitude et rejoignit finalement le couloir. Du haut des escaliers, elle put voir que bons nombres d’invités étaient déjà arrivés. Le Comte devait bouillir de rage en secret et cette simple idée fit sourire la blonde. Apercevant au loin un quatuor composé de deux tignasses brunes, d’une chevelure blonde et d’une autre rousse, Héloïse reconnut immédiatement ses amies. Les jumelles étaient là ! Ainsi que Victoria et Mary !
Un sourire sincère ourla ses lèvres et elle s’apprêtait à rejoindre ses sœurs de cœur quand le Comte intercepta son mouvement et fit barrière de son corps, l’empêchant d’aller plus loin.

« Je voulais aller voir mes amies ! » protesta Héloïse en le foudroyant du regard.
« Ce jour a beau être ton anniversaire, cette fois-ci c’est moi qui décide. Suis-moi. »

Ne lui laissant pas l’occasion de répliquer, il entoura son bras autour du sien et la força à le suivre. Le visage de la blonde se fit de marbre. Que complotait-il encore ? Ce ne fut que lorsqu’elle aperçut au loin un père et son fils que la blonde crut comprendre ce qu’il était en train de se passer. Comptait-il la marier ? Allait-il se servir d’elle comme d’une monnaie d’échange pour acquérir de la puissance ? Ces spéculations ne firent qu’attiser un peu plus sa haine grandissante. Le feu dévorant de la colère dévorait sa poitrine mais elle ne laissait rien transparaître, comme toujours.

« Héloïse, je te présente Lord Southston. Tu l’as déjà rencontré par le passé. Te souviens-tu ? » déclara le Comte en gratifiant l’homme d’une chaleureuse salutation.

Oui cette rencontre elle ne s’en souvenait que trop. Henri l’avait une fois de plus soustraite à la compagnie de ses amies pour lui présenter une foule de gens dont elle n’avait que faire mais surtout monsieur Southston. Aujourd’hui, la lumière se faisait dans son esprit. Ils avaient donc tous les deux projetés depuis des années d’unir leurs familles respectives. Un monstrueux stratagème dont Héloïse comptait chèrement lui faire payer le prix. Voilà donc pourquoi il lui avait paru si guilleret aujourd'hui !

« Et voici son fils, Peter. »

La comtesse détourna son attention sur le jeune homme et l’observa avec froideur. Etait-il au courant des desseins de son père ? Et qu’en pensait-il ? Rha puis après tout c’était un homme ! Il ne devait pas en penser grand-chose de bien constructif !

« Allons Héloïse, ne sois pas timide. Serre-lui la main ! »

Faisant un effort manifeste sur elle-même, elle parvint à se forcer à tendre sa main vers le jeune homme, ne lâchant toutefois aucun mot. Son visage ne se départait pas de son air glacial et pourtant, au fond d’elle, elle bouillait de rage.

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