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 Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]

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MessageSujet: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mar 20 Aoû - 4:29


Paris, année 1897


La belle ville de Paris, de ses belles petites maisons coquettes aux grandes et majestueuses mansardes. Certes, il ne faut pas oublier les grandes usines, ces grandes manufactures que sans Paris ne pourrait pas exister dans ce monde industriel en plein essor. Comme toute ville, celle-ci ne serait rien sans ses baffons et sans son peuple voir le plus petit possible. Ayant survolé les faites de la ville, nous plongeons maintenant en plein cœur de celle-ci. Midi sonnait à une église non loin : n’était-ce pas Notre-Dame que nous entendions justement ? Les belles gens bien habillées passaient sans vraiment remarquer sur quoi ou sur qui elles tombaient. Les ponts enjambant la Seine étaient populeux à cette heure de la journée alors que le soleil tapait dru sur les chapeaux recouvrant toute tête.

C’était pour cette raison que les deux enfants nous intéressant actuellement ne devaient pas se retrouver sur les ponts actuellement. Dimitri Lefebvre se trouvait maintenant trop expérimenté pour ne pas savoir cela. Ce fut lui qui, chaque jour, sonnait la pause du midi et la fin de journée pour le petit duo musical souvent placé sur les ponts justement. Ce fut et ce sera toujours le plus bel endroit pour acquérir des milliers de pièces sonnantes et trébuchantes. Aujourd’hui n’échappa pas à la règle de toute cette petite routine. Rangés dans une ruelle coincée entre deux magasins dont l’un étant une joyeuse boulangerie, Ambre et Dimitri prenaient place. Ce n’était pas les lieux où dormait le garçon de 11 ans. Non car, il refusait de dire à sa nouvelle amie dormir dans la rue … Elle, elle dormait dans une maison au chaud … C’était honteux de dormir dans la rue avec les rats et les insectes. Donc, en bon petit bonhomme fier, Dimitri n’en dit rien.

Il était assis sur un tonneau contenant on ne savait pas réellement quoi : peut-être du vin, mais la logique allait plus pour de la farine. Nous étions près d’une boulangerie après tout. Le garçon enfonça lourdement sa casquette sur ses yeux le faisant passer pour le petit ouvrier qu’il aurait pu être. Dimitri n’était pas vraiment bien habillé : un pantalon malsain, de petites bottines ayant vu passer trop d’années et une chemise blanche. La jeune fille allait certainement se douter de quelque chose tôt ou tard : qu’il ne vivait pas aussi bien. Quoique le moment fût parfait … Si parfait qu’il en rêvait encore à 26 ans … Ces rêves se provoquant même au travers de la mort venant le titiller pour lui rappeler qui il était réellement. Mais qui ? Il ne saurait le dire aujourd’hui. À l’époque, ce jeune homme fut si énergique et aventureux qu’on aurait pu se méprendre aujourd’hui. Comme si l’amnésie ne vous grugeait pas seulement votre mémoire, mais aussi votre personnalité.

- Tiens ! Avec quelques pièces, je t’ai acheté un pain à la boulangerie à côté.

Tendit-il de son bras droit la miche de pain à Ambre. Un sourire fier trônait sur ses lèvres. Son cœur avait chaud. Il ne s’était jamais sentit aussi bien qu’en compagnie de cette fille. Ok, peut-être les séances de violon avec son grand-père équivalaient à ces moments passés avec Ambre. Quoique son violon s’accotait contre le tonneau et donc Dimitri avait tout pour être heureux : Non ? Bien, il en fallait toujours plus pour ce petit gaillard. Ne tenant jamais en place, il se mit à toquer de ses bottines sur le tonneau. Il s’ennuyait apparemment. Jamais, Dimitri ne pouvait rester sans rien faire. Il devait s’activer … Faire quelque chose … N’importe quoi !
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mar 20 Aoû - 19:36

 
Le monde était encore

si beau...


Très doucement, Ambre se releva du parquet sur lequel elle avait passé la nuit, guettant la moindre réaction sur le visage endormi de son père. Le bois grinçait cruellement sous son poids et pour rien au monde elle n’aurait voulu réveiller Arthur. Elle avait déjà subi son courroux hier soir alors qu’il était une fois plus rentré complètement ivre. Apparemment, la somme qu’elle avait ramené la veille n’avait pas été suffisante pou lui malgré le fait qu’elle gagnait des recettes bien pus considérables depuis qu’elle avait formé son petit duo avec Dimitri. Mais il n’avait pas été satisfait, et les bleus qui couvraient ce matin le corps de l’enfant le lui rappelaient. Heureusement ses ronflements couvraient le peu de bruits que la petite fille s’autorisait à faire et son sommeil n’en fut aucunement perturbé.

Enfin debout, elle s’aspergea le visage avec l’eau d’un baquet avant d’attraper le petit sac de toile rapiécé qui était posé sur la table et avec lequel elle transportait l’argent ou les courses qu’elles devaient faire, puis elle le fit passer par-dessus son épaule et s’empressa de se glisser hors de la misérable habitation qu’ils avaient. Certes, l’endroit où ils vivaient n’avait rien de ce que l’on pouvait appeler une habitation mais au moins, ils avaient un toit sur leur tête. Alors qu’Ambre allait bientôt retrouver Dimitri, elle prit soin de bien rabattre les manches de sa petite blouse sur ses bleus, elle ne voulait pas qu’il soit témoin du traitement que son père lui infligeait régulièrement. Et surtout, elle ne voulait pas penser à cela lorsqu’elle était en compagnie du petit garçon. Elle se sentait si bien en sa compagnie qu’elle ne voulait en rien gâcher ces instants parfaits avec lui.

Elle le retrouva bientôt sur l’un des ponts enjambant la Seine. Cela faisait maintenant quelques temps qu’ils s’établissaient toujours à cet endroit. En réalité Dimitri en savait bien plus long sur Paris que ce que la petite fille avait pu en découvrir et il lui avait appris qu’ils obtiendraient un bien plus large public s’ils exerçaient leur art sur les bords de Seine. Et en effet, le petit violoniste avait eu raison. Le passage était beaucoup plus fréquent à cet endroit et leur recette s’en faisait d’autant plus importante. Ambre était toujours admirative de tout ce que Dimitri savait. Il était si débrouillard dans cette grande, connaissant tous les secrets qu’elle pouvait receler, alors que la petite fille pouvait encore se perdre dans ses grandes avenues. Au moins, elle avait toujours la sensation d’être en sécurité auprès de lui.
En garçon fort expérimenté, Dimitri annonçait toujours le moment de leur pause déjeuner. Un instant qu’il fallait privilégier afin qu’ils puissent se restaurer et s’abriter du soleil à son zénith. Et aujourd’hui ce furent les cloches de Notre-Dame non loin de là qui sonnèrent la matinée, alors qu’ils venaient tout juste de finir leur dernier morceau. Suivant les directives de Dimitri, Ambre l’aida à ramasser leur généreux butin.
Le garçon les mena par la suite dans une des nombreuses rues commerçantes de Paris, se calant entre deux magasins. Dimitri s’était posé sur un tonneau de farine et Ambre fit de même avec un qui se trouvait juste à côté. Elle regardait les passants qui se pressaient dans les rues londoniennes, s’arrêtaient devant des boutiques où l’enfant n’espérait jamais pouvoir acheter quoi que ce soit un jour et discutaient entre eux. Toute cette agitation l’amusait. La capitale était une ville tellement vivante, tout comme le petit garçon qui se tenait à côté d’elle. Il attira soudain son attention en lui tendant une miche de pain qu’il avait acheté dans la boulangerie à côté de laquelle ils se trouvaient. Ambre accueillit le pain comme un bien des plus précieux et rendit un magnifique sourire à Dimitri.

« Merci. » dit-elle avant de rompre le pain en deux. « Partage-le avec moi, Dimitri. »

La petite fille lui tendit la moitié de la miche avec un regard encourageant. Elle voulait qu’il accepte, d’autant que c’était un garçon, plus âgé de deux ans qu’elle, il fallait qu’il mange pour être fort.
Elle mordit ensuite dans son maigre repas pour la journée, avant d’aviser l’agitation dont faisait preuve Dimitri. Elle le connaissait depuis peu mais elle pouvait se targuer d’être certaine qu’il s’ennuyait en cet instant. C’était un enfant fougueux et aventurier qui ne tenait pas en place et cela amusait beaucoup la petite fille. Il avait un tempérament de feu, à l’inverse de la nature douce et docile d’Ambre. D’une certaine manière, leurs caractères se complétaient. Elle sauta prestement de son tonneau, prenant soin de ne pas abîmer son pain et se mit en face de Dimitri. Se juchant sur la pointe des pieds, elle tendit sa main libre vers la casquette du garçon et la releva un peu de manière à pouvoir voir ses yeux. Son cœur s’emballa lorsque son regard s’accrocha à celui de l’enfant.

« On a gagné beaucoup d’argent ce matin. On peut se permettre de prendre une pause plus longue. » fit-elle avec un large sourire et les yeux pétillants. « Que dirais-tu d’aller explorer Paris ? Tu y connais des cachettes secrètes ? »


Dernière édition par Ambre Roux le Dim 15 Sep - 19:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Jeu 22 Aoû - 23:00

Il ne put pas refuser l’offre gastronomique que lui tendait Ambre. D’une manière souple, il s’avança sans même se lever pour s’emparer de la moitié de miche de pain tant convoitée. Entre deux morceaux, il avait remercié la jeune fille. Il est vrai, Dimitri ne réfléchit pas pour lui au premier abord. Son esprit pensa à la jeune fille en premier lieu et nullement à quiconque d’autre. Dans sa poche se cachait quelques raisins aussi … Petits et donc facilement dissimulables, le garçon les avait volé dans un étalage de fruits et légumes. La main dans sa poche, il hésitait à montrer ses prises néanmoins. Pour Dimitri, c’était devenu un réflexe de voler suite à son évadée de prison soit le magnifique pensionnat en pierre grise et morne.

Il continuait donc à mâchonner son bout de pain incapable de rester en place sur son tonneau. Un peu plus et il aurait certainement sauté au sol, faire trois tours des petits commerces et revenir … Mais il ne voulait pas laisser Ambre toute seule. Le garçon ne voulait pas qu’il arrive de mauvaises choses à son amie pendant son absence. Ce serait une stupide absence en plus. Dimitri observa vers le haut puis, son regard marron capta les gens dans la rue … Les jolies demoiselles bien coiffées justement. On jurerait qu’il en était hypnotisé tel ses yeux n’en démordaient plus.

Ce fut sur un petit sursaut qu’il sentit Ambre près de lui. Il tourna alors son corps en la direction de la jeune fille et ses yeux ne trompèrent point comme l’habitude le laissait entendre. Sans aucune manière, Dimitri avala le reste de la miche de pain pendant que la jeune fille se trouvait sur ses devants : aucune politesse ni rien à notre grand malheur.

- Tu fais quoi ?

S’intriguait-il quant au geste, étrange selon lui, d’Ambre. Ses yeux observèrent la jeune fille semblant statufiée pendant un moment. Peut-être fut-il les claquements des bottines du garçon sur le bois du tonneau qui ramena Ambre au pays de la réalité. Mine de rien, Dimitri avait toutefois ressentit agréablement ce geste. S’il n’avait pas eu déjà un égo aussi démesuré – soit imaginez ce dernier adulte maintenant – il aurait peut-être avancé se sentir bien comme il le fut avec son grand-père … Avant.

- Ok !

Fit-il en haussant machinalement les épaules. Certes, malgré tout, son sourire était sincère et joyeux. Il venait de voir Ambre pétillante de joie et ce serait amusant de jouer un peu aujourd’hui. Dimitri était un garçon sérieux au niveau de l’argent. Il désirait toujours plus, mais en même temps … Tout en sautant au-devant du tonneau par la seule force de ses bras, il replaça la casquette soit un simple réflexe de gamin ne désirant pas perdre ses choses.

- Je connais toute la ville au complet ! … Il y a des trucs supers sous les ponts !

Stipula-t-il dans un air plus ou moins arrogant alors que de ses bras, il faisait de grands gestes pour illustrer ses propos. Il s’empara de son violon et se précipita dans la rue sans savoir si Ambre … Et paf ! Il dut avoir la frousse de sa vie lorsqu’une carriole à un cheval, ce dernier noir, s’arrêta à deux pouces de sa position. Sur le coup, Dimitri sentit son sang ne faire qu’un tour dans l’entièreté de son corps et perdit l’équilibre pour tomber sur les fesses le violon bien ancré dans ses petits bras.

- Hé ! Pousses-toi le gamin ! Oh ! … Tu me fais perdre mon temps !

Charria le cocher qui venait vers l’avant pour calmer l’étalon. Dimitri n’osa pas un geste de peur d’être frappé par un sabot.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Dim 25 Aoû - 20:55

 
Le monde était encore

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Ambre attendait avec impatience l’assentiment de Dimitri. Ce dernier semblait avoir été surpris par son geste, mais elle l’avait accompli avec une affection qui commençait à devenir naturelle chez la petite fille. Puis les jours s’écoulaient en sa compagnie, plus elle l’adorait et elle sentait qu’elle ne pourrait bientôt plus se passer de lui. Une alchimie étrange et inexplicable liait progressivement ces deux êtres. Était-ce à cause de leur don pour la musique qui faisait d’eux un duo spectaculaire ? Personne elle n’aurait su le dire. Elle savait seulement que Dimitri était comme un chaud rayon de soleil qui venait illuminer sa misérable existence.

Un sourire flamboyant éclaira le visage d’Ambre lorsque Dimitri accepta qu’ils aillent faire un tour avant de retourner travailler. Elle avait eu peur qu’il ne refuse, étant un enfant travailleur et avec énormément d’ambition. Seulement sa fougue sembla le gagner et motiva son assentiment. La petite fille était impatiente de jouer et d’explorer tout Paris. Plusieurs fois, elle avait voulu se lancer à la découverte de la capitale, mais le fait de faire ça seule la rebutait. Elle avait peur de l’inconnu et elle ne s’autorisait à s’aventurer plus loin que pour trouver de nouveaux endroits pour chanter. Il fallait constamment qu’elle cherche des endroits pour se produire et voir où elle gagnerait le plus d’argent possible pour satisfaire son père. Alcoolique, il fallait sans cesse qu’elle lui ramène un butin suffisant afin qu’il puisse acheter toutes les bouteilles nécessaires pour étancher sa soif. Lorsque ce ne pouvait être le cas, il rentrait dans des colères noires. Ambre était de nombreuses fois rentrée très tard le soir, chantant jusqu’à la dernière minute afin de collecter toujours plus de pièces. Elle préférait affronter le danger des rues de Paris la nuit, plutôt que le mécontentement de son père.

Mais aujourd’hui, elle n’avait pas à penser à tout ça. Elle était avec Dimitri et il était le seul en mesure de lui faire oublier la peur que lui inspirait son père. Avec fougue, le petit garçon ne tarda pas à s’expulser du tonneau sur lequel il était assis. Il renfonça un peu plus sa casquette sur sa tête. Ambre sourit en songeant qu’il ressemblait à un petit ouvrier, vêtu de la sorte.
Puis son sourire se transforma en rire lorsqu’il se targua de connaître toute la ville à renfort de grands gestes. Elle était réellement admirative devant le grand savoir que le garçon détenait. Elle ne voyait même pas la petite pointe d’arrogance qui perçait dans ses propos. Elle était bien trop émerveillée pour s’en rendre compte.

Ambre était déjà frétillante d’excitation à l’idée de partir à la découverte de Paris. Qu’allait-il lui faire voir ? Quels secrets recelaient les dessous des ponts de la Seine ? Pour cette jeune fille qui n’avait jamais été d’un naturel intrépide, ce léger vent d’aventure l’exaltait tout autant qu’il ne l’effrayait. Puis elle se rappelait qu’elle était aux côtés de Dimitri. Elle n’avait absolument rien à craindre. Il était là pour la protéger.
La petite brune n’eut pas le temps d’esquisser un geste, que le garçon s’apparait déjà de son violon et fendait la foule compacte de parisiens, s’élançant dans les rues de la capitale.

« Attends-moi ! » rit-elle, commençant tout juste à courir à sa suite.

Mais son allégresse s’évanouit bien vite lorsqu’elle vit Dimitri, manquant d’être renversé par une carriole et tombant à la renverse. Le sang d’Ambre se figea dans ses veines et la frayeur tordit ses entrailles.

« Dimitri ! » s’écria-t-elle, morte d’inquiétude.

Ambre brisa les derniers mètres qui la séparaient du violoniste et elle le tira maladroitement vers l’arrière pour l’arracher aux sabots menaçants du cheval que le cocher peinait à calmer. Puis elle se jeta à genoux aux côtés de Dimitri, toujours horriblement inquiète.

« Dimitri tu n’as rien ? Tu n’es pas blessé ? »


Dernière édition par Ambre Roux le Dim 15 Sep - 19:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Ven 30 Aoû - 3:39

Le rire cristallin, doux aux oreilles avait laissé de côté les dernières réticences de Dimitri Lefebvre. Seule la joie d’Ambre à ses pitreries lui procréait de la joie aussi. Seule cette joie pouvait pénétrer fort profondément son cœur pour le rendre innocent, prêt à explorer une ville tel l’enfant qu’il était réellement. Trop sérieux … Souvent trop sérieux, Dimitri faisait penser à un petit adulte responsable déjà. Peut-être, c’était par sa situation qu’il faisait des pitreries quand bon il lui semblait parfois, grimpant et sautant partout. Il pouvait même rigoler des gens bêtes – selon lui – marchant dans les rues. Ces derniers équivalaient très souvent en de riches bourgeois trop coincés.

On disait donc que ce fut sur ce rire qu’il s’élança puis, bouf ! Il faillit se faire renverser par une carriole passant par là. Un cri de peur retentissait son nom. Protégeant son plus précieux objet, Dimitri était incapable de faire autre chose qu’observer tel hypnotisé le cheval cabré. Il se fichait bien des paroles de l’homme … Subitement, il se sentit tiré vers l’arrière et donc, à ce moment, ses membres semblèrent reprendre vie. Le garçon termina de se tirer lui-même aidant, par le fait même, Ambre. La jeune fille le regardait l’air effaré, horrifié. Il avait peur, il était terrorisé et donc ses membres tremblaient un peu.

- Non ! Je suis bien meilleur que cela quand même.

Déclara-t-il tel le petit enfant arrogant et fier qu’il fût. Un rire sortit d’entre ses lèvres. Il rigola aux éclats tâchant de faire faire de même à Ambre. Il ne désirait pas qu’elle s’en fasse pour lui : il n’était pas faible ne l’ayant jamais été et ne le sera jamais ! Et donc, aucun tact ni remerciement de mise ne fusa autre qu’un rire semblant stipuler une bonne blague de la part d’Ambre. Toutefois, l’idiot avait failli se faire frapper et assommer par un cheval. Pour toute réponse, il tira la langue vers la carriole pour revenir vers la jeune fille toujours dans un rire. Pour tout avouer, le pauvre homme soupira désespérément et devait certainement se dire : « est-ce que je veux un autre enfant ? » Sur ces entrefaites, Dimitri se leva le violon toujours entre ses bras contre son torse. Oui, il ne voulait pas laisser croire trembler encore un peu de ses membres. Même – et c’était rare – il regarda au moins quatre fois avant de traverser la rue. Regardez bien, car cela ne se reproduira pas souvent.

- Désolé eh. Je ne l’ai vraiment pas vu … Il allait trop vite aussi ! Viens, pour voir la cachette que je connais il faut descendre là sous le pont.

Pointa-t-il devant lui après s’être engagé dans la rue. Étrangement, Dimitri la traversa très rapidement réussissant, au moins, à freiner avant d’arriver au muret de l’autre côté. Plus bas, on trouvait une espèce de quai : comme un chemin de terre longeant une partie de la Seine. On pouvait descendre soit un peu plus loin soit … Par la manière ardue. Une échelle de corde était cachée à l’angle du pont et du muret. Certes, Dimitri attendrait Ambre avant de bouger plus. Comment allait-il tenir son violon, son archet et descendre ? On était Dimitri ou on ne l’était pas : il pouvait descendre attaché d’une seule main et aucun problème. Il se tourna faisant face à la jeune fille.

- Parfois, je trouve juste de la nourriture, mais parfois il y aussi des trucs bizarres … Je crois que c’est des trucs pour la science.

Fronça-il le nez cherchant à quoi pouvait se rattacher les objets vus et revus. Certes, aujourd’hui on allait trouver quelque chose de nouveau. Oh oui ! Qui apportait cela là ? En tout cas, on savait qui les dérobait.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Sam 31 Aoû - 19:55

 
Le monde était encore

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La frayeur avait tordu si fortement les entrailles d’Ambre qu’elle se demandait encore comment elle était parvenue à sortir de son immobilité. Mais dans le feu de l’action, les choses s’étaient passées très vite. Ne prenant pas garde aux coups de sabots qui auraient très certainement pu l’atteindre, elle s’était jetée sur Dimitri afin de lui venir en aide tandis qu’il était resté pétrifié. Par chance, elle avait réussi à éviter les assauts furieux du cheval et elle était parvenue à tirer le garçon vers l’arrière. Le geste de la petite fille avait d’ailleurs eu pour effet de le sortir de son stoïcisme et il avait lui-même achevé de s’éloigner de la bête.

Ambre s’était alors immédiatement enquit de son état. Elle avait pourtant été témoin de la scène dans son intégralité mais elle désirait la réponse de Dimitri pour être assurée qu’il ne s’était pas blessé. Le garçon eut tôt fait de lui répondre en se targuant d’être trop bon se faire blesser de la sorte. Aussitôt le soulagement gagna l’enfant dont ses muscles se détendirent d’un seul. Et ce fut le rire s’échappant des lèvres de Dimitri qui acheva de la rassurer complètement. Son hilarité était d’ailleurs si communicative, qu’Ambre ne fut s’empêcher de souffrir même si la frayeur laissait toujours des traces en elle. Elle avait eu si peur qu’il puisse arriver malheur au garçon. Elle ne s’en serait jamais remise. Elle comprenait désormais à quel point il était devenu rapidement quelqu’un de très important pour elle.
Ambre rigola lorsque Dimitri tira la langue à l’adresse de la carriole et surtout du cheval. Il était si drôle. Mais comment faisait-il pour ne pas avoir peur et pour regagner aussi vite son calme ? Certainement cela faisait-il parti de son caractère bien trempé et elle en étai impressionnée. Que n’aurait-elle pas donné pour posséder la même bravoure que lui. Il semblait que rien ne pouvait l’ébranler et pourtant cet épisode aurait bien pu mal se terminer.

Dimitri se releva soudain, gardant précieusement son violon tout contre lui. Ambre suivit son mouvement et elle attendit qu’il se soit assuré que personne n’était sur la route afin de pouvoir s’engager. Ce ne fut que lorsqu’ils furent de l’autre côté que le garçon s’excusa de la frayeur qu’il avait causé à la petite fille, avant de bien vite tempêter contre la carriole. Décidément, il ne changerait jamais et cette réaction eut pour don de provoquer le rire d’Ambre. L’épisode était enfin passé et ils avaient heureusement évité une tragédie. Le temps du rire et de l’insouciance pouvait revenir les effleurer un peu. Après tout, ils n’étaient que des enfants. Ils devraient passer leurs journées à jouer plutôt qu’à travailler. Mais le monde n’était pas fait ainsi. Pourtant, ils parvenaient à trouver leur bonheur ailleurs et c’était en la compagnie de Dimitri qu’Ambre trouvait sa joie.

« Je te suis alors ! » déclara la petite fille en emboîtant le pas au violoniste lorsqu’il voulut lui indiquer sa cachette.

Un grand sourire était peint sur ses lèvres et elle s’impatientait déjà de découvrir tous les trésors qui s’offriraient à eux lorsqu’ils descendraient sous les ponts. Elle suivit Dimitri, ne le lâchant pas des yeux et imprimant presque ses pas dans les siens. Il leur fit prendre de nombreux petits chemins et passages qu’Ambre n’avait jamais vu avant qu’ils n’arrivent vers un lieu qui ne semblait pas avoir de suite. Quand elle vit soudain une petite échelle de corde qui était accroché au muret. Dimitri comptait-il réellement les faire passer par là ?

« Dimitri, tu es certain que ce chemin est bien sûr ? » s’enquit timidement l’enfant en lorgnant un œil dubitatif sur l’échelle. « Il ne faudrait pas que nous nous rompions le cou en voulant descendre. »

Dimitri lui apprit ensuite qu’en contrebas, il trouvait régulièrement de la nourriture mais que parfois, les objets qui s’y trouvaient étaient bien plus étranges. Il parla même d’objets scientifiques et Ambre se demanda bien à quoi ça pouvait bien ressembler, elle qui n’avait jamais eu la chance d’en voir de toute sa vie. Intriguée, elle s’avança un peu plus vers le rapport, cherchant de son regard ce que le violoniste appelait « des trucs pour la science ».

« Des objets pour la science ? De quoi ça à l’air ? » demanda-t-elle. « Est-ce que c’est quelque chose de dangereux ? »


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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mer 4 Sep - 4:54

Que son rire soit présent, que ses sourires soient chatoyants, Dimitri Lefebvre recommencerait cent fois ses petites pitreries idiotes. Peut-être avait-il eu l’air du parfait imbécile pour l’homme à qui appartenait le cheval ou même pour une grande dame un peu trop pressée. Toutefois, en ce qui concernait Ambre, la jeune fille aimait. C’était tout ce qui comptait pour le garçon. Par le fait même, l’accident était bien loin derrière. À croire qu’il oublia sa frayeur tout juste après celle-ci. Non, évidemment il avait une bonne mémoire … Il se rappelait même de toutes les cachettes découvertes sous les ponts de la Seine.

Ainsi, il courut pour traverser le pont enjambant le fleuve. Le nom de ce pont ? Euh … Dimitri n’avait jamais été fervent d’histoire et de politique. Le garçon ne savait même pas cette possibilité de pouvoir donner des noms aux ponts bien malgré cette vérité concernant les rues apparemment. Sur ce, le chemin fut beaucoup moins long que pensé par Ambre. Peut-être fut-il difficile et lent à prendre et donc on songeait à sa longueur. En vérité, Dimitri ne fit qu’enjamber le petit muret de manière leste comme s’il faisait cela tous les jours – on n’aurait pas tort – et marcher le long d’un petit chemin de pierre pour se retrouver sous le tablier du pont.

À l’ombre du zénith et caché des yeux indiscrets, l’échelle de corde se trouvait devant enroulée sur elle-même. Énergique comme toujours et aussitôt arrivé Dimitri déposa ses objets précieux pour se mettre à genoux et faire dérouler peu à peu l’échelle jusqu’à en toucher le sol. Il y avait tout au plus 3 mètres séparant leur position actuelle du bas soit où se trouvait le petit chemin de terre et … Et ces trésors tant attendus. Un peu trop occupé à sa tâche, Dimitri en oublia un peu Ambre. Il releva la tête au questionnement et à aux ressentiments de la jeune fille.

- Non ! Je descends souvent ici et avec mon violon, je le fais d’une main … Mais je peux descendre en premier comme ça je suis en-dessous de toi si tu as peur.

Clama-t-il de son sourire fidèle et ce regard sans peur des étoiles aux yeux à sa curiosité de voir les nouvelles choses qui pourraient peut-être s’être rajoutées avec Ambre cette fois. Sur ce, le garçon reprit son violon et l’archet pour automatiquement se mettre à descendre quelques barreaux de bois. Du côté de sa main libre, il se tourna vers l’arrière et observa vers le bas regardant un peu le point d’arrivée. Son regard retourna vers le haut et il répondit à Ambre toujours dans son sourire un peu trop charmeur.

- Je ne sais pas. Je sais que c’est pour la science parce que c’est bizarre et mon grand-père m’avait montré des trucs comme ça une fois … Attends, je descends un peu pour te montrer comment et ...

Ne finissant pas sa phrase tout de suite, Dimitri descendit encore quelques barreaux. Finalement, il dut tenir à moitié l’échelle de son autre main – les objets tenus par les bouts moins larges - : merci, il avait l’air du parfait imbécile incapable de tenir son équilibre. Il avait eu un peu peur soit la raison pour laquelle sa voix cessa un instant.

- Enfin ! Ne fais pas comme moi eh ! C’est … C’est mieux de se tenir des deux mains !

Parla-t-il plus fort dorénavant pour se faire entendre d’Ambre. Il devait se battre contre le vent provenant du fleuve. Au moins, il n’en était plus qu’à quelques barreaux du sol maintenant. On devait avouer que son regard se fut fait sérieux. Ayant perdu un peu l’équilibre lui-même, il ne voulait pas que son amie se blesse. Oh ! Cela jamais ! Apparemment, Dimitri pensait plus à la jeune fille qu’à lui-même.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Ven 6 Sep - 17:20

 
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S’il y avait bien une chose de certaine, c’était qu’Ambre n’était pas des rassurée. Ils avaient déjà emprunté un chemin escarpé et sinueux dans des endroits où, semblait-il, personne ne devait avoir posé le pied, ou du moins, certainement pas la fine fleur de Paris. Elle craignait qu’il fasse une mauvaise rencontre, ou bien encore, qu’ils se blessent dans un accident. Après tout, lorsqu’ils étaient en ville, Dimitri avait bien failli se faire renverser par une carriole. Et cette fois-ci, maintenant qu’ils se trouvaient sur les abords de la Seine, la petite fille songeait qu’il ne faudrait peut-être pas tirer le diable par la queue. Il n’était pas dans l’endroit le plus sécurisé de Paris et même si le violoniste venait de dérouler une échelle pour qu’ils puissent descendre, elle ne la jugeait très peu solide. Et si l’un des deux venait à se blesser, elle se demandait bien qui viendrait les chercher ici. Ce n’était certainement pas Arthur qui partirait à la recherche d’Ambre. Quant à Dimitri, elle ne savait pas très bien. A vrai dire, elle ne savait pas grand-chose de lui mais elle aurait aimé en apprendre plus. Avait-il une famille ? Que faisait-il lorsqu’il n’était pas avec la jeune fille ? D’où lui venait ce talent pour le violon ? Elle avait toujours brûlé de lui poser ses questions mais la timidité l’en avait empêchée. Elle avait peur d’embêter le garçon avec ses questions et elle ne voulait pas se montrer indiscrète et qu’il se braque si elle voulait en apprendre plus. Elle attendait donc un moment plus propice pour se renseigner sur sa vie qui l’intéressait plus que tout. Toutefois, elle craignait que si elle posait des questions à Dimitri, il ne lui en pose à son tour, ce qui aurait été légitime. Sa vie n’avait rien d’un enchantement et elle avait quelque peu honte de son père. Elle ne voulait pas lui parler de sa vie misérable avec un père alcoolique et violent, ce qui la freinait aussi dans son désir d’obtenir des réponses.
Comme toujours, Dimitri parvint à apaiser les craintes d’Ambre. Il lui assura qu’il empruntait régulièrement ce passage et il offrit même de passer en premier pour qu’il puisse la rassurer. Un sourire se dessina sur les lèvres de la petite fille. La peur était en train de s’envoler tandis qu’elle observait les yeux pétillants du garçon.

« D’accord. Mais fais attention surtout ! » s’exclama-t-elle, déjà inquiète pour le violoniste.

Elle se mit à genoux, les mains appuyées contre le report du mur pour observer la descente de son ami alors qu’il ne s’aidait que d’une seule main. Il paraissait plutôt assuré dans ses mouvements. Effectivement, il devait souvent dans ce coin-là. Et Ambre était heureuse de constater qu’il partageait une partie de ses petites habitudes avec elle. Elle était d’autant plus contente qu’il lui parlait un peu de sa vie. Apparemment il avait un grand-père. Quelle chance ! Ambre n’avait jamais connu les siens et elle doutait fortement qu’elle puisse les rencontrer un jour. Elle ne connaissait rien des origines de sa mère et quant à son père, il avait été renié par sa famille toute entière.

« Ton grand-père était-il un scientifique pour avoir ces objets chez lui ? » demanda-t-elle, intriguée quand tout à coup, Dimitri perdit l’équilibre et manqua de tomber de l’échelle.

La petite fille poussa une exclamation de frayeur et plaqua ses mains contre sa bouche. Heureusement il parvint de justesse à se rattraper aux barreaux de bois. Pourtant le cœur d’Ambre battait toujours la chamade. Dimitri releva soudain la tête vers elle et lui conseilla de se tenir des deux mains, criant par-dessus le tapage que provoquait le fleuve. Elle hocha donc la tête en signe d’assentiment, une expression toujours apeurée sur le visage. Mais peut-être le garçon était-il trop loin pour la voir.
Elle poussa un soupire de soulagement lorsqu’elle fut certaine que Dimitri avait enfin touché la terre ferme. Elle ne se serait pas risquée à s’engager tant qu’il n’était pas hors de danger. Avec l’approbation de Dimitri, elle commença à descendre précautionneusement les barres de bois. Elle s’agrippait avec force à l’échelle, n’osant pas un regard vers le sol. Elle avait bien trop peur. Le vertige, visiblement elle l’avait.
Et ce fut lorsqu’elle arriva au milieu de son parcours qu’elle risqua un œil par terre. Son ventre se tordit d’un seul coup et elle s’immobilisa sur l’échelle, incapable de bouger un seul muscle. Elle ferma les yeux, ne pouvant supporter la vision du vide sous ses pas. Elle tenta de s’admonester au calme, puis elle songea soudain qu’elle ne voulait pas paraître faible aux yeux de ce garçon intrépide. Il risquait de la trouver ennuyante si elle était tétanisée par ses peurs. Elle se décida donc finalement à continuer sa descente.
Mais tandis qu’elle retirait une main pour agripper la barre d’en dessous, son pied se prit dans son jupon et elle s’embroncha dedans. Elle perdit l’équilibre et se sentit partir en arrière. Elle voulut se rattraper instinctivement à un barreau mais ses doigts ne parvinrent qu’à l’effleurer. Un cri s’échappa de ses lèvres en se sentant tomber dans le vide.

Spoiler:
 


Dernière édition par Ambre Roux le Dim 15 Sep - 19:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Sam 7 Sep - 4:21

Dimitri en était sûr maintenant. Il avait ricané joyeusement aux cris de frayeur exposés par Ambre. Oui, nous disions donc qu’il était sûr de la jeune fille étant une trouillarde. Notre garçon avait voulu démontrer, ainsi, l’inverse en descendant rapidement, un peu trop l’échelle. Il prouvait, hors de tout doute, ne pas être un trouillard et valoir bien mieux que cela. Pour démontrer qu’il était grand et fort ! Certes, on n’était jamais à l’abri d’un dérapage surtout avec ce petit téméraire de service. Encore lors de la reprise de sa descente, il en lâcha quelques-uns : des rires. L’idiot avait le fou rire à l’évidence et plus souvent il observait en hauteur vers Ambre pour s’assurer qu’elle … Qu’elle soit correcte. Elle était une trouillarde, mais Dimitri ne voulait pas la voir apeurée … Ok, voici le paradoxe de notre garçon. Idiot jusqu’au bout des ongles, mais gentil et tout doux envers ses amis : son amie. Il avait perdu les autres depuis un bon moment maintenant … Trop longtemps en fin de compte. Sa maladresse lui fit justement oublier les instruments scientifiques et le lien avec son grand-père. La question d’Ambre l’avait pris au dépourvu parce que c’était faux évidemment.

Toc ! Dès que ses chaussures touchèrent enfin le sol, Dimitri leva, une ou deux secondes tout au plus, son regard vers Ambre pour ensuite s’éloigner … Il trottina jusqu’au mur pour y adosser et le violon et l’archet. Ensuite, Dimitri revint vers l’échelle et eut la bonne idée de la tenir au mur de toute la force que ses bras pouvaient lui donner. Il voyait bien qu’Ambre prenait peur.

- Faux pas avoir peur ! Ce n’est pas aussi haut que cela en a l’air !

Affirma-t-il de son ton le plus positif et déterminé possible. Il remarqua qu’Ambre se fut arrêté … Sur ce, Dimitri s’éloigna légèrement vers l’arrière pour avoir un meilleur point de vue. Oh ! Mais il ne restait plus beaucoup de distance ! Sa bouche allait s’ouvrir à nouveau pour encourager son amie lorsque … Lorsque son cœur allait probablement s’entredéchirer à ce cri. En un réflexe, la peur à son paroxysme, Dimitri leva les bras pour recevoir Ambre coûte que coûte. Toutefois, le garçon n’était pas encore un homme et malgré la petite taille d’Ambre n’ayant que 9 ans, le coup projeta Dimitri sur le dos. Ce furent alors ses coudes qui accusèrent le choc en premier. Fort heureusement, ramassés sur eux-mêmes pour tenir Ambre serré contre ses bras, il n’aurait absolument rien de cassé. Mais le choc fut tout de même vif … Douloureux.

Sur le coup, Dimitri fut incapable de bouger ni de parler. Il aurait tant voulu dire quelque chose à Ambre, mais sa bouche tremblait de peur … De larmes. Ces larmes mêlaient douleur, peur et joie … Dimitri était heureux parce qu’il ressentait le corps chaud d’Ambre toujours entre ses bras serrés contre elle. Ils étaient extrêmement tendus comme si sa vie en dépendait. Il déglutit difficilement et un sanglot sortit d’entre ses lèvres le faisant paraître pitoyable et faible. Ses yeux étaient chauds et il sentait l’humidité. Bien vite, les larmes coulèrent le long de ses joues. Dimitri n’était jamais vraiment capable de retenir ses émotions peu importe lesquelles. Quand on parlait de la colère, il se sentait fier comme un bouc, mais avec la peine … C’était tout autre.

- Dé … Désolé … Ça v … Ça va ?

Articula-t-il difficilement entre deux sanglots tentant de paraître fier en vain. Il voulut se relever un peu, mais il avait mal aux fesses … Oh ! C’était tout engourdi et très douloureux. Non, rien de grave évidemment : juste désagréable pour l’égo de notre cher Dimitri.

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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Dim 8 Sep - 1:04

 
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Ambre s’était immobilisée sur l’échelle, incapable de faire un geste de plus. Elle était totalement pétrifiée, tétanisée par la peur du vide. Pourquoi avait-il fallu qu’elle regarde en bas ? Elle n’aurait jamais dû et la petite fille se maudissait déjà de l’avoir fait. Elle n’aurait pu avoir une aussi mauvaise idée. Ses muscles étaient donc crispés sur la barre de bois et ses doigts entrelaçaient si fort l’échelle que ses jointures en blanchirent. Elle avait fermé les yeux, se focalisant sur le vent jouant avec ses petites boucles brunes pour faire abstraction de l’endroit où elle était. Elle devait retrouver ses esprits et ne pas faire autant honte à Dimitri. De là où il était, il devait certainement avoir une bien piètre opinion d’elle. Lui qui était si intrépide, débrouillard et aventurier, que ferait-il d’une trouillard comme compagne de jeu ?
Elle eut soudain honte de son comportement et des larmes jaillirent de ses yeux, si bien que lorsqu’elle rouvrit ses paupières, sa vision était totalement floue. Mais elle ne pouvait empêcher cette peur de tordre ses entrailles. Elle risqua tout de même un nouveau coup d’œil en dessous et parvint à entrapercevoir le violoniste qui se trouvait en bas, tenant fermement l’échelle pour qu’au moins, elle ne vacille pas. Le moindre mouvement aurait certainement tôt fait d’attiser la frayeur de la petite chanteuse.

Finalement, elle entendit les paroles rassurantes et encourageantes de Dimitri, lui assurant que la hauteur qui la séparait du sol n’était pas aussi grande. Le doute envahit tout de même Ambre. De là où elle se trouvait, elle ne possédait tout à fait le même avis. Pourtant, elle avait choisi de faire confiance au garçon. Elle inspira un grand coup et souffla de manière à calmer son esprit paniqué. Elle décida de focaliser sa conscience sur la voix de Dimitri, pour la faire maîtresse de son apaisement. Elle se risqua enfin à retirer un pied de la barre, cherchant à atteindre celle d’en dessous. Mais elle était si fébrile et ses mains étaient si glissantes que lorsque ses doigts lâchèrent le bois, ils ne parvinrent à agripper la barre d’après.
Il y eut ce moment de stupeur où la petite fille ne put laisser échapper un seul son de sa gorge. Tout son être se démenait pour essayer de se rattraper à quelque chose mais ses pieds s’étaient empêtrés dans le jupon de sa robe et se fut une bien vaine entreprise. Un cri de terreur jaillit de ses lèvres alors qu’elle se sentait irrémédiablement attirée par le vide. La sensation de chute tordit ses entrailles avant qu’elle ne sente les bras de Dimitri se refermer sur elle. Malheureusement, les maigres forces de l’enfant ne furent pas suffisante et ils s’écroulèrent tous les deux à terre.
Le corps de la chanteuse était complètement écrasé contre celui du violoniste dont les bras l’entouraient toujours alors qu’il se trouvait sur le dos. Ambre aurait voulu s’enquérir de son état, savoir s’il n’était pas blessé et s’il ne lui en voulait pas de ne pas être aussi forte que lui, mais aucun son ne parvint à franchir la barrière de sa bouche. A vrai, même ses muscles endoloris ne lui répondaient plus. Elle avait seulement mal, totalement sonnée par la chute et surtout le choc de l’arrivée, mais peut-être aussi un peu par la frayeur qui l’avait envahie. Pourtant, le jeune garçon avait considérablement amorti son atterrissage.
Elle entendit la voix lointaine du violoniste mais elle ne cerna pas le sens de sa phrase. Elle ne parvint même pas à en saisir un mot, peinant à émerger de son esprit embrumé. Elle resta plusieurs minutes ainsi, incapable de bouger ou encore de prononcer un son. Jusqu’à ce qu’enfin elle reprenne un peu conscience. Elle ouvrit les yeux, cligna plusieurs fois des paupières pour s’assurer d’être bien réveillée. Etait-ce bien Dimitri qui se tenait là, à son côté, des larmes sur son visage ? S’était-il fait mal ? Souffrait-il ? A cette seule pensée, un flot incontrôlé de larmes envahies les yeux rougis d’Ambre, autant à cause de la douleur.

« Tu es blessé ? » s’effraya-t-elle en essayant de se redresser difficilement sur ses genoux. « C'est ma faute... Je suis tellement désolée Dimitri. J’avais peur, je me suis embronchée et… j’aimerai tant être aussi forte que toi. » acheva-t-elle dans un sanglot en enfouissant son visage dans ses mains.

Elle se sentait bien pitoyable et honteuse. Elle avait tourné à la catastrophe un moment heureux. Quelle sombre idiote elle faisait là ! De plus, dans sa chute, elle avait déchiré un peu sa robe et ses manches avaient été déchirées. Ses bras étaient très légèrement écorchés mais le plus embêtant était que désormais ses bleus étaient visibles. Toutefois, le visage dans ses mains, Ambre ne s’en rendit compte que bien tard et elle s’empressa avec maladresse de rabattre ses lambeaux de manches sur ses bras nus, de manière un peu paniquée.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mer 18 Sep - 0:26

Soudainement, il se fut précipité pour se relever. Cela ne lui seinait pas d’être couché malgré la douleur suintante embourbant ses membres. Ce fut cette même douleur qui empêcha le garçon de continuer dans son geste vif. Ayant levé le cou jusqu’à son menton, il jeta un coup d’œil rapide à Ambre … Mais son souffle était encore un peu trop vif, les tremblements dans sa bouche se faisaient un peu trop prononcés. Comme s’il avait peur. Il tremblait de peur. Il avait peur de ne plus être jamais capable de se relever, il avait peur d’avoir mal pour le reste de sa vie. Pire que tout, Dimitri avait peur d’avoir l’air du parfait imbécile aux yeux de son amie. Incapable de la protéger. Il devait se relever, mais ses fesses lui faisaient mal …

Lentement, très lentement même, le garçon desserra son étreinte autour du petit corps de la jeune fille. Ses bras de chaque côté au sol maintenant, il la sentait respirer. Les deux cœurs battaient à l’unisson collés côte à côte … Cela le rassurait cette chaleur, mais il laissa à nouveau partir un sanglot. S’en fut assez pour attirer Ambre à sa propre douleur. Il hocha négativement, frénétiquement de la tête lorsqu’elle lui posa la question. Dimitri ne désirait nullement que son amie s’en fasse pour lui. Il était fort ! Ok ! Il se sentait très nul pour ne pas avoir été capable de l’attraper convenablement tel un chevalier protégeant sa princesse : au fait, il n’a jamais lu de contes. Dimitri, dans ses gestes, voulait qu’Ambre soit heureuse et ne pleure plus. Il s’en voulait énormément. Qu’elle avoue sa faute … Non ! Et puis, il n’était pas SI fort que cela … Il était même nul.

- Ambre … Ce n’est pas ta faute.

Hasarda-t-il sa bouche encore un peu tremblotante. Difficilement, le garçon se releva sur les coudes. Il lâcha une grimace laissant alors passer plus aisément la douleur. Sous sa chemise, il devait être tout éraflé. Rien qui ne lui faisait peur, car il en vit bien d’autres dans ses sorties intrépides, trépidantes … Dans ses escalades où oh ! Subitement, il se cognait contre une grosse roche. Encore dans une douleur martelant son dos tels des clous, Dimitri continua à se relever.

Peut-être fut-il mu par une force invisible celle-ci commandée par Ambre. Peut-être était-ce sa fierté le tenaillant un peu trop. Il tâcha de sourire, mais … Mais son regard tangua vers le bras de la jeune fille. Elle voulait cacher coûte que coûte ses blessures. Dans une inspiration soudaine, il se mit sur les genoux et alla toucher les bras de son amie. Son attitude était horrifiée … Oh ! Elle était blessée ! Il avait tout fait, certes, pour ne pas que cela se produise. Dimitri avait tenu fermement Ambre contre lui, sécurisée dans ses bras. Il serrait son autre poing en proie à une colère. Une colère contre lui-même.

- Tu … Tu t’es fait mal. Je m’excuse Ambre. Je pensais t’avoir bien attrapé … Tu es tombée quand de mes bras ? Je m’excuse vraiment … Je, je suis nul.

Lâchait-il ces mots vivement dans une cacophonie spécifiant sa panique. Maintenant accroupie, Dimitri trouva on ne savait où la force pour pousser le sol et retourner debout. Il serrait fortement ses lèvres l’une contre l’autre très coupable de la situation croyant spécifiquement que c’était son erreur.

- Tu peux te lever ? On va aller voir quelqu’un ok ? Je connais des gens qui sont bons pour guérir les gens.

Articula-t-il plus clairement, mais très sérieusement ce qui changea du tout au tout le ton employé depuis un moment. Précédemment, Dimitri avait été si joyeux son entrain était contagieux. Tendant la main à Ambre, il semblait avoir retrouvé une certaine maturité celle que la rue amenait. Son regard se porta vers son violon, mais il n’irait pas le chercher tant qu’Ambre ne serait pas debout tout du moins.

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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Dim 22 Sep - 21:08


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Ambre avait mis quelques minutes avant de reprendre connaissance, éveillée par la voix alarmée de Dimitri. Et finalement, elle avait émergée, alerte et soucieuse de l’état du garçon. Elle n’avait pas pris la peine de répondre au violoniste pour le rassurer sur son état. Pour l’instant, seul lui comptait. Après tout, tout ce qui venait de se dérouler était de sa faute et elle s’en voulait terriblement. Il lui fallait juste descendre une simple échelle, et elle avait tout de même était suffisamment stupide pour transformer tout cela en catastrophe. Comme elle s’en voulait ! Et désormais, elle se maudissait plus que jamais, pleurant tant à cause de la peur de la chute qu’à l’idée d’avoir pu décevoir Dimitri. Elle était si faible comparée à lui qui était si intrépide et débrouillard pour son âge. Certes il avait deux ans de plus qu’elle, mais il était bien plus malin que n’importe quel enfant de son âge, Ambre en avait l’intime conviction. Alors pourquoi allait-il s’encombrer d’une fillette aussi maladroite et peu dégourdie ? Et en plus elle pleurait. Quelle idiote !
Elle ne songeait même plus à la douleur de la chute, seulement à la honte qui écrasait son être. Elle avait atteint un tel paroxysme que s’il lui refusait de la revoir, elle le comprendrait très certainement. Toutefois, il semblait qu’elle ait vraiment le don de dramatiser les choses car Dimitri n’allait certainement pas la laisser à son sort. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’envisager cette terrible éventualité.
Cependant, la proximité du corps du garçon la rassurait autant que sa réaction. Il hocha négativement la tête, indiquant à la petite fille qu’il n’avait nullement souffert, ou du moins qu’il n’était pas blessé. Ce constat la rassura quelque peu, car elle ne se serait jamais pardonnée de lui avoir causé du mal. Elle tenait trop à lui.
Ses paroles furent presque comme un baume lorsqu’il lui annonça que ce n’était pas de sa faute. Il ne lui en voulait visiblement pas et elle n’aurait pu espérer mieux. Elle aurait été anéantie si sa colère avait été dirigée contre elle et elle esquissa un demi-sourire, soulagée. Mais ce soulagement fut de courte durée lorsqu’elle vit une grimace de douleur déformer ses traits lorsqu’il se releva sur ses coudes.

« Tu as mal quelque part ? Où est-ce que tu t’es blessé ? Dimitri, dis-moi. » s’enquit-elle, la mine soucieuse.

Il allait certainement lui répondre quand elle vit le regard du garçon se poser sur les bras d’Ambre. Elle fronça un instant les sourcils avant de se rendre compte que ses avant-bras étaient totalement découverts, laissant entrevoir ses bleus. Elle s’empressa alors de rabattre les lambeaux de sa chemise sur sa peau, mais ce fut un geste bien inutile puisque Dimitri avait déjà tout vu. Il se dressa immédiatement sur ses genoux et prit l’un des bras de la petite fille pour inspecter ses blessures. Certes elle avait quelques égratignures, mais elles ne saignaient même pas. C’était sans nul doute ses bleus qui le laissaient horrifié. Elle sentait la colère monter en lui, certainement devait-il penser que c’était de sa faute si elle était blessée. Pourtant ses marques étaient dû à son père et elle refusait que Dimitri s’incombe cette faute.

« Non Dimitri ce n’est pas de ta faute ! Tu n’es pas nul ! » s’empressa-t-elle de le rassurer. « Je… je me suis fait ça hier. Je suis…tombée en rentrant chez moi. » mentit-elle avec un sourire peu convaincu.

Dimitri se releva soudain et sa colère était palpable, une colère qu’il rejetait contre lui-même. Il lui proposa d’aller voir une personne qui pourrait la soigner et lui tendit la main. Ambre s’en saisit et il l’aida à se redresser.

« Non ce n’est vraiment pas la peine ! Je n’ai rien Dimitri ! » essaya-t-elle de le convaincre en conservant sa main dans la sienne pour qu’il reste là.

Elle ne désirait aucunement aller voir un médecin. Elle avait bien trop peur qu’il vienne à dévoiler que ses bleus étaient dus à des coups et elle ne voulait pas que le violoniste soit au courant.

« Allons plutôt continuer à nous promener ? » proposa-t-elle, en ancrant son regard dans le sien. « Je me sens bien et je veux voir toutes ses choses dont tu m’as parlé. » Elle tenait toujours la main du garçon dans la sienne, et elle resserra un peu plus son étreinte. « S’il te plaît. »
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mer 25 Sep - 4:32

Tombée ? Il cherchait encore à comprendre si c’était vraiment la vérité dans les yeux d’Ambre. Elle semblait plutôt réticente à avouer sa faute. Peut-être fut-elle gênée et intimidée. Après tout, ne venait-elle pas de tomber à nouveau ce qui faisait une deuxième chute en moins de 24 heures. Le garçon téméraire ne put pas réprimer un sourire certes, il tâcha énormément de ne pas éclater de rire. Elle était vraiment maladroite songea-t-il observant inlassablement ces bleus … Son instinct, mais plutôt son expérience en la matière lui firent plisser le nez comme s’il n’était point d’accord avec les dires d’Ambre finalement. Ces bleus lui rappelaient mieux ses propres blessures à la suite d’un combat … Ses blessures de guerre comme Dimitri aimait les appeler.

Il était donc déjà loin de sa propre douleur. Peut-être fut-il alors réticent à se moquer d’elle, mais aussi déblatérer ses interrogations quant à les blessures portées sur les bras de la jeune fille. En plus, elle avouait n’avoir rien. Enfin, non. Bien vite, notre jeune garçon se reprit et aller répliquer. Non ! Elle avait quelque chose ! C’était clair à son esprit … Ces bleus reflétaient un combat … Plusieurs ! Il allait presque crier en colère. Si un idiot dans la rue avait fait mal à son amie, il allait le payer. Dimitri savait se battre. Une moue se fut faite subitement au visage du gamin. Elle rétorqua malgré tout … Elle changea de sujet … Mais Dimitri ne voulait pas changer de sujet lui et donc la moue continua d’exister.

Il acquiesça néanmoins du chef son regard inexorablement pointé vers les bras d’Ambre. Elle s’était faite attaqué. Donc, il se sentait le devoir de mieux la protéger dorénavant. Il sentit un agacement. Un soupir remplit de toute sa frustration sortit d’entre ses lèvres en laissant aller ses bras ballants vers le bas. Lentement, Dimitri alla rechercher le violon et l’archet pour les caler entre son corps et son bras droit. Il ne manqua pas d’interpeller Ambre. Il n’y tenait plus. Il devait savoir.

- Mais les bleus que tu as, je sais qu’ils sont dus à un combat. Tu t’é battu Ambre ?

Lança-t-il de manière assez subite dans l’air ambiant ramenant alors un sujet dépassé à l’avant-plan. Certes, si son amie vivait de terribles choses Dimitri devait le savoir. Il avait parlé franchement malgré que son ton de voix tâche de se faire gentil. Il faisait tel un petit chevalier son corps droit sans peur ni rien et il s’avançait toujours pour revenir vers la jeune fille. Son sourire parut donc. Un sourire affectueux en lequel on pouvait avoir confiance. Après tout, l’enfant ne savait absolument pas mentir.

- Je sais c’est quoi ces bleus. Je me suis déjà battu … Si … Si quelqu’un te veut du mal Ambre, tu me le dis eh !

Reprit-il plus abruptement ayant baissé la tête. Il savait alors avoir parlé trop vite. Il n’aurait pas dû révélé avoir combattu. Pour lui, c’était des victoires le rendant plus fort. Mais Dimitri refusait de faire peur à Ambre déjà, elle avait eu bien peur aujourd’hui. Alors, il passa au petit chevalier le menton haut serrant le poing en l’air avec fierté stipulant protéger la jeune fille.

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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Dim 29 Sep - 22:31

 
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Ambre s’était mise dans une situation bien embarrassante. Si quelques minutes plus tôt, son angoisse était due à la peur que Dimitri soit en colère contre elle, désormais la raison en était tout autre. Elle était totalement tétanisée à l’idée que le jeune violoniste ne vienne à savoir le terrible traitement qu’Arthur lui faisait subir presque tous les jours. Elle avait cherché à masquer ses blessures du mieux qu’elle ne pouvait mais le garçon avait l’œil acéré et l’esprit vif. Il avait tout de suite remarqué les bleus et il avait d’abord cru qu’ils étaient là par sa faute. Mais elle avait démenti, prétextant qu’elle s’était blessée en tombant la vieille. Elle n’appréciait pas lui mentir, mais elle aimait encore moins qu’il s’en veuille pour une chose qu’il n’avait pas commise. Il était hors de question qu’il s’accuse d’un mal dont il n’était pas l’auteur. Surtout qu’elle commençait à connaître le jeune garçon. Il aurait pu culpabiliser très longtemps alors que pourtant, c’était de sa faute si elle était tombée.
Elle espérait donc que son mensonge avait porté ses fruits et que Dimitri croirait ce qu’elle venait de dire. Après tout, elle était plutôt maladroite, il n’était pas aberrant de croire qu’elle aurait pu faire une mauvaise chute, mais le violoniste ne parut pas totalement convaincu. Son expression était suffisamment significative pour le comprendre. La fillette se mordit la lèvre avant d’essayer de détourner son attention en lui proposant de continuer leur exploration. Après tout, n’étaient-ils pas venus ici pour s’amuser et jouer aux aventuriers. Puis Dimitri lui avait promis de lui montrer tellement de choses !
Mais la moue dubitative du garçon ne s’effaçait toujours pas de son visage. De toute manière, lorsque Dimitri avait une idée dans la tête, il était bien difficile de l’en détourner. Que pouvait-il bien s’imaginer à cet instant ? Pensait-il qu’elle se faisait battre ? Ou qu’elle s’était battue contre quelqu’un ? En tout cas, il ne détournait pas son regard des bras d’Ambre tandis qu’elle essayait de masquer du mieux qu’elle le pouvait ses blessures. Une tentative bien naïve pour essayer de lui faire oublier qu’elle portait de marques de coups. Elle l’entendit soudain soupirer de frustration et il partit chercher son violon qu’il avait laissé de côté un peu plus tôt. Elle pensait enfin que la discussion était close mais l’enfant reprit la parole. Il lui avoua qu’il était certain que ces bleus ne pouvaient être dus qu’à un combat. Son mensonge n’avait donc pas pris et elle se sentit honteuse d’avoir été découverte. Ses joues rosirent immédiatement.

« Non. Je ne me suis pas battue… » répondit-elle timidement en évitant le regard de Dimitri.

D’une certaine manière, elle ne lui mentait pas car jamais elle n’avait tenté de s’opposer à son père. Elle aurait eu tôt de le regretter si elle avait montré le moindre signe de rébellion. Mais il ne comptait pas en rester là. Il s’approcha d’elle et lui offrit un sourire rassurant auquel elle se raccrocha. Il poursuivit en lui disant qu’il connaissait bien ces bleus car manifestement il en avait arboré des pareils lui-même lors de combat. Ambre en resta estomaquée.

« Tu te bats ?! » s’effraya-t-elle tout à coup.

Puis il ajouta que si quelqu’un lui faisait du mal, elle devrait lui avouer. Il ressemblait à un sorte de chevalier prêt à la défendre contre tous, mais il était sans doute bien loin de se douter de la vérité. Ambre se tordit négligemment les doigts. Elle ne savait plus que faire. Lui mentir encore ou bien lui dire toute la vérité, au risque de devoir contrôler sa colère. Car cette révélation ne le laisserait certainement pas de glace. Elle prit une grande inspiration et parla d’une petite voix.

« Ce n’est rien… c’est parfois mon père quand mon père est énervé et qu’il a trop bu… il ne sait pas se contrôler et enfin… il… » bredouilla-t-elle en baissant les yeux.  « Et puis hier je n’ai pas ramené suffisamment d’argent. Il était pas content alors… »

Ambre laissa sa phrase en suspend mais la suite était aisément compréhensible. Désormais les dés étaient lancés et tout ce qu’elle espérait c’était que Dimitri ne se mettrait pas trop en colère et qu’il ne lui en voudrait pas de lui avoir menti au début.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Sam 5 Oct - 23:53



Quand on est téméraire ...

Elle avait murmuré, peut-être chuchotée, ne pas s’être battu. Dimitri se vit avancer un peu le torse. Il avait eu une forte difficulté à entendre la voix d’Ambre au travers d’autres bruits telle les clapotis des eaux de la Seine non loin derrière, mais aussi des bruits de sabots spécifiant que la vie continuait en haut ne se souciant absolument pas des deux enfants. Ceux-ci pourraient songer à voler un des plus beaux biens de Paris et on ne s’en offusquerait pas, on ne les verrait pas. Là était tout le bonheur d’être un enfant … Tout le malheur aussi, car des âmes malintentionnées pouvaient toujours s’emparer de cette innocence.

Les dires d’Ambre furent clairs. Par la seule gestuelle approchant la timidité de la jeune fille, Dimitri sut parfaitement qu’elle spécifiait ne pas s’être battu. Il avait alors relevé le torse, soupirant pour rétorquer ses propres dires tout haut. Il hocha un peu négativement de la tête alors ne croyant pas vraiment la jeune fille … Ou si ? Pour sa part, « s’être battu » équivalait en l’offensive et à la défensive. Pour lui, Ambre ne devrait même pas connaître le combat, elle ne devrait même pas avoir ces bleus sur ses avant-bras. Cela mettait le garçon dans une rage folle. Son regard se fut alors déplacé vers le haut, vers le muret d’où on pouvait observer la Seine de la rue. Deux garçons les observaient Ambre et lui. Ils rigolaient et semblaient bien s’amuser dans leurs beaux atours. Ils riaient certainement des pauvres vêtements que portaient Dimitri. Ce dernier avait sourcillé, tout ceci s’étant passé pendant quelques secondes uniquement. Il s’attendait qu’Ambre prenne peur par la témérité de notre garçon ayant avoué se battre. Certes, il sursauta quand même plus de surprise.

- Juste un peu …

Murmura-t-il à son tour se sentant bête. Il n’arrivait pas à trouver, pour le moment tout du moins, une idée soit un avantage à ses combats. Ils lui avaient permis de protéger son amie aujourd’hui ! Dimitri joua avec ses lèvres alors que son petit cœur battait un peu plus fort à la peur, la tristesse s’étant subitement emparée d’Ambre. Oh ! Mais il ne pouvait pas s’en empêcher … C’étaient toujours les autres qui commençaient aussi ! Jamais lui ! Mais rien ne lui venait jusqu’à ce qu’Ambre avoua la vérité sur son compte. Ce fut comme un « bang » dans sa poitrine. Il était sous le choc. Le père d’Ambre la battait ! Il lui faisait mal ! Dimitri n’avait jamais connu son père, mais son grand-père était super gentil. Discipliné certes, mais il lui apprit tant. Pendant moult secondes, le garçon observa Ambre puis, les bras écorchés et pensait à ces coups … Non ! Il ne voulait rien imaginer. Il secoua la tête comme pour forcer ces affreuses images à le quitter sur le champ !

- Alors, je vais te donner tout l’argent ramassée aujourd’hui ! … Tout !

Clama-t-il dans un sérieux le faisant paraître trop mignon en même temps. Il se fut avancé vers Ambre et … Et il ouvrit la bouche pour la refermer aussi vite. Il avait voulu qu’Ambre reste avec lui, qu’elle ne retourne plus jamais vers son père. Mais … Il reste dans la rue. Il ne pouvait pas proposer cela à la jeune fille malgré tout. Non ? Fronçant les sourcils semblant soudainement déterminé, Dimitri sourie et prit Ambre dans ses bras. Il la serra contre lui enfouissant son visage au creux de l’épaule de cette dernière.

- Je peux me battre et je n’ai pas peur de ton père. Je peux faire quelque chose. Ok !

Tenta-t-il malgré que la bouche contre l’épaule de la jeune fille empêche les paroles d’être totalement compréhensibles. Néanmoins, il était déterminé, courageux. Certes, il ne calculait pas le danger. Pour lui, c’était quelque chose de grave, mais cet homme était aussi beaucoup plus fort par rapport à son corps de jeune adolescent. Il se ferait écraser en moins de deux … Non. Il ne voyait pas ces faits. Il voyait uniquement la protection d’Ambre.

Ce fut alors qu’il s’élança le violon et l’archet d’une main tenant Ambre de l’autre, Dimitri se mit à courir. Pourquoi ? Parce qu’il voulait lui présenter finalement ses trésors et qu’il était bien temps de le faire avant de remonter et donner une bonne leçon à papounet. Il voulait rendre le sourire à Ambre !

- Viens !

Cria-t-il joyeux. Ils coururent sur quelques mètres avant de s’arrêter face au …  Mur de pierre, celui-là même qui longeait la Seine.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mar 15 Oct - 18:06

 
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Le cœur d’Ambre se serra. Même si Dimitri semblait vouloir atténuer ses propos en baissant la voix et en mesurant ses paroles, le résultat restait toujours le même : le petit garçon se battait. Comment était-ce possible ? Et puis avec qui et pourquoi ? La petite fille n’aimait pas du tout ça. Elle avait peur pour lui et si aujourd’hui il semblait que cela ne lui avait pas porté grands préjudices, il pouvait très mal s’en sortir par la suite. Elle savait qu’il était téméraire et qu’il n’était pas du genre à se laisser faire. C’était une tête brûlée et il agissait très souvent sans réfléchir, mais de là à se battre. Tout cela causait la peur de la jeune chanteuse.

« Dimitri, je veux pas que tu te battes… » fit Ambre sur un ton inquiet. « Imagine qu’il t’arrive quoi que ce soit… »

Même si elle savait que le violoniste avait sa fierté et que ses paroles étaient vaines, elle ne pouvait s’empêcher de se faire du soucis et de se dire que peut-être, il prendrait en compte ses paroles, au moins pour qu’elle ne s’inquiète plus. Elle se doutait qu’il trouverait constamment des raisons de justifier ses écarts de conduite. C’était souvent le reste du monde contre lui. Mais si cette attitude chez lui n’avait jamais dérangé Ambre, il en était tout autre si cela devait conduire à des altercations. Et si jamais ils étaient plusieurs contre lui ? Et si il ne parvenait pas à se sortir d’une de ses bagarres ? La fillette était effrayée à la seule idée de devoir un jour ne pas retrouver Dimitri à l’un de leur point de rendez-vous habituel. Qu’arriverait-il si elle le perdait à jamais parce qu’il s’était montré trop téméraire ? Elle n’y survivrait pas.
Mais si le fait de savoir que le garçon se battait ne plaisait pas à Ambre, c’était une toute autre vérité qui dérangeait Dimitri au sujet de la fillette. Elle aurait aimé lui cacher que son père la frappait régulièrement mais elle ne se voyait pas lui mentir plus longtemps. Elle n’aimait pas lui cacher des choses. Elle le vit observer ses bras écorchés et couverts de bleus avec tant d’intensité qu’elle en fut gênée et chercha à les cacher. A quoi pouvait-il bien songer tout à coup ? Puis elle le vit secouer plusieurs fois la tête et lui annoncer qu’il allait lui donner tout l’argent qu’ils gagneraient aujourd’hui.

« Non, je ne veux pas que… »

Mais elle n’eut pas le loisir de finir sa phrase que Dimitri l’emprisonnait fermement dans ses bras. Même si ses paroles étaient quelque peu étouffées, elle parvint à comprendre ce qu’il dit et cela la fit frémir. Néanmoins, elle se sentait protégée dans ses bras chauds et rassurants.

« Je veux pas que tu te battes avec mon père. Il est dangereux. J’accepterai l’argent que si tu me promets que tu n’iras jamais le voir ! Et je veux que tu en garde une part aussi pour pouvoir manger ! Il est hors de question que je te vole l’argent que nous avons récolté tous les deux. »

Le ton d’Ambre était ferme pour une fois. Elle se refusait à ce que Dimitri subisse ce qu’elle endurait ou bien qu’il meure de faim. Elle y mettait un point d’honneur.
Soudain, le garçon brisa leur étreinte mais prit la main de la chanteuse dans la sienne. Il s’élança vers son archet et son violon avant de se tourner vers Ambre et de lui sourire. Un sourire si communicatif et joyeux qu’elle le lui rendit.

« D’accord ! » s’exclama-t-elle gaiement.

Ils coururent sur plusieurs mètres avant de se retrouver au pied d’un mur.  Ambre l’observa d’un regard sceptique avant d’éclater de rire et de se tourner vers le garçon.

« C’est un mur que tu voulais me montrer ? » s’amusa-t-elle. « Ou bien vas-tu faire apparaître une autre échelle comme par magie ? »
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Dim 3 Nov - 0:02

Il se fut alors soudainement mis à courir. Il ne voulait clairement rien entendre de plus. Dimitri n’y pouvait rien de se battre. Il se fut senti mal à l’aise et coupable par rapport aux peurs et à la négative d’Ambre. Certes, le garçon n’y pouvait absolument rien. La rue était dure … Des gens souhaitaient vous voler votre butin de la journée. En fait, il n’y avait pas que la rue de dure en ce monde. Le voisinage l’était tout autant … Les enfants d’ouvriers étaient tous des petits durs tout comme lui. Il l’avait appris bien des années auparavant. Il était comme cela. Il ne pouvait pas promettre à Ambre ne plus se battre d’où ce malaise de culpabilité. Celle-ci redoubla un peu surprenant nettement Dimitri lorsque la jeune fille stipula très sérieusement de ne pas lui donner tout l’argent … Elle refusa aussi qu’il se batte avec son père.

Alors qu’il perdait bêtement la joute, Dimitri changea complètement de sujet. Il n’avait pas pour habitude de se laisser dicter sa conduite, mais en compagnie d’Ambre c’était clairement difficile. Il avait de la difficulté à dire non à la jeune fille d’où cette colère montant constamment en lui coincé entre deux fronts de son esprit téméraire.

Heureusement, elle se laissa porter par l’idée et très vite nos deux garnements traversèrent sous le pont descendu précédemment pour le dépasser de quelques mètres s’arrêtant devant le mur. Dimitri haleta un moment. Son excitation fut aussi grande que sa course. Il se tourna vers Ambre qui rigola au fait du « mur ».

- Tu ne le savais pas ? Je suis le plus grand magicien au monde qui peut faire apparaître tout ce qu’il désire.

Se vanta-t-il alors peut-être retournant un peu trop vers le sujet précédent. Oui, il pourrait faire apparaître ses désirs : des pièces, des armes, de la nourriture … Ainsi, pour laisser passer ce manque de tact, Dimitri détourna le regard et entreprit d’extirper une petite brique du mur. Le garçon tirait de ses deux mains pour faire bouger le tout … C’était dur. Le propriétaire a du repasser après lui.

- C’est une cachette … dans le mur … Il y a un … trésor caché dedans.

Articula-il plus ou moins bien du à l’effort déployé pour sortir le dit trésor. Poussant finalement une dernière fois, le contrecoup l’envoya vers l’arrière la brique entre les mains. Sans plus attendre, le garçon la déposa au sol et alla chercher l’objet de ses désirs. C’était en réalité un petit coffre voir plusieurs petits coffres et quelques objets épars dont un sextant. Le garçon entreprit alors de parcourir l’objet sous toutes les coutures intrigué par celui-ci.

- Ça c’était pas là la dernière fois … Je me demande à quoi cela peut servir.

Haussa-t-il les épaules tout en donnant le sextant entre les mains d’Ambre et entreprit de sortir le premier coffre pour le poser ensuite au sol. À genoux, Dimitri ouvrit le coffre déjà poussiéreux qui révéla enfin ses secrets : des pierres précieuses surtout, mais aussi quelques objets utilitaires dont une montre à gousset et des papiers écris.

- Les pierres précieuses sont là depuis longtemps.

Expliqua-t-il sérieusement comme s’il venait ici depuis longtemps lui-même. Il prit une pierre entre ses mains : une ambre justement.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Lun 2 Déc - 0:45

 
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La frayeur et la gravité s’étaient envolées pour laisser place à la candeur et l’amusement dans le cœur d’Ambre. Dimitri avait ce don pour faire passer la petite des larmes aux rire un en instant, comme s’il avait usé de pouvoirs surnaturels pour parvenir à un tel phénomène. Dès qu’elle l’avait rencontré, il avait été le soleil qui avait éclairé ses journées, l’ami dont elle avait toujours rêvé et le partenaire de musique providentiel, comme deux âmes sœurs.
Ce fut une fois de plus grâce au jeune violoniste que le rire d’Ambre résonna sous les ponts de la Seine à Paris. Emportés dans la course, ils avaient été forcés de s’arrêter subitement, faisant dorénavant front à un imposant mur de pierre. La chanteuse des rues affirma un peu plus son hypothèse quant aux dons extraordinaires qu’elle conférait au garçon, en lui demandant s’il comptait faire apparaître une échelle. Bien entendu, tout était sur le ton d’une plaisanterie légère et enfantine. Dimitri répondit sur le même ton, se désignant comme étant un grand magicien et s’octroyant même de puissants pouvoirs.
Ambre éclata alors d’un rire franc et joyeux.
Mais bien vite, le jeune garçon retrouva les traits sérieux qu’il se plaisait à arborer pour se donner plus de maturité et d’importance. Il s’avança jusqu’au mur et tenta d’extirper un brique de l’édifice. Intriguée, Ambre s’approcha de Dimitri et observa son curieux manège jusqu’à ce qu’il vienne à évoquer une cachette secrète qui recelait des trésors. Aussitôt, les yeux de l’enfant s’illuminèrent d’étoiles scintillantes.

« Un trésor ? » reprit-elle comme pour mieux en saisir le sens.

Mais elle s’interrompit un instant dans sa rêverie, constatant que le violoniste avait tout le mal du monde à retirer la roche du mur. Aussitôt, elle lui proposa son aide.

« Tu veux que je force avec toi ? » lui demanda-t-elle. « Ce n’est peut-être pas la bonne pierre… »

Non pas qu’Ambre voulait douter du garçon, mais il fallait tout de même avouer que toutes ces pierres se ressemblaient. Dimitri n’était pas à l’abri d’une confusion fortuite. Même si elle passait son temps à la placer sur un pied d’estale, il lui arrivait parfois de commettre de petites erreurs. Mais elle s’en voulut bien vite d’avoir évoqué l’idée d’une confusion car la brique finit par céder sous l’insistance inlassable de Dimitri. Il déposa rapidement la pierre et plongea sa main dans la cavité qui s’était ouverte à eux. Il en tira bientôt un instrument bien étrange que la petite fille ne connaissait pas. L’étudiant sous toutes les coutures, le violoniste ne paraissait pas en savoir plus et informa la petite fille qu’il ne l’avait encore jamais vu dans la cachette. Certainement le propriétaire avait dû l’y déposer très récemment.
Dimitri fit passer l’objet à Ambre qui le reçut comme un trésor précieux. L’étrangeté et l’ésotérisme de ses formes le rendait d’autant plus inestimable à ses yeux, surtout qu’il avait le couleur de l’or. Elle scruta l’objet à son tour, essayant de trouver un quelconque mécanisme qui aurait pu lui conférer une utilité mais rien ne se manifesta à elle.
Son attention se reporta alors sur Dimitri qui tirait désormais un coffre du trou et le déposait au sol. Ambre s’agenouilla aussitôt à côté du garçon, posant précautionneusement le sextant près d’elle. Curieuse, elle trépignait d’impatience en songeant au trésor que cette boîte pourrait leur révéler. Le violoniste ouvrit enfin le coffre et la chanteuse ne put retenir une discrète exclamation d’émerveillement en observant tous ces trésors. Elle ne se souvenait pas avoir vu quelque chose de plus beaux dans toute sa vie. Il y avait beaucoup de pierres précieuses, quelques objets hétéroclites et quelques gribouillis sur du papier. Ambre n’accorda que peu d’importance à ces dernières, ne sachant pas lire. Néanmoins, elle était toute émerveillée devant la montre à gousset. Elle n’avait jamais compris pourquoi l’aiguille tournait et il lui avait toujours semblé que c’était dû à un sortilège. Jamais l’idée d’un mécanisme au cœur de l’objet ne l’avait effleurée.
La main de Dimitri se mit à fouiller dans le coffre, s’enfonçant au milieu des pierres précieuses, avant qu’il n’en tire une du lot. Son regard se porta sur celle qu’il tenait au creux de sa paume et son visage s’illumina d’un coup.

« Oh Dimitri ! Regarde ! C’est un ambre. » s’exclama-t-elle soudain.

Elle porta les mains à son cou et retira le collier qui ornait son cou et qui s’était perdu dans le col de sa robe. Elle retira le bijou et tendit le pendentif au violoniste. C’était aussi un ambre.

« C’est la même pierre que mon pendentif. » fit-elle remarquer avant de poursuivre dans ses explications. « On m’a dit qu’elle appartenait à ma mère et que c’était pour ça qu’on m’avait appelé Ambre. »

La petite fille était contente de partager un peu bout de son passé avec Dimitri. Si lui parlait peu de son enfance, elle évoquait parfois la sienne, songeant qu’avec le temps, il s’ouvrirait un peu plus. Une idée germa soudain dans son esprit.

« Et si tu gardais cette pierre Dimitri ? Comme ça nous en aurions chacun une et grâce à elles, nous ne serons jamais séparés. Tant qu’on aura ces pierres avec nous, il ne pourra jamais rien nous arriver et nous resterons toujours ensembles. » fit-elle confiante, rougissant quelque peu de son idée, et espérant que le violoniste accepterait.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Lun 30 Déc - 20:40


Il aimait entendre son rire ce qui l’amenait toujours à continuer ses pitreries. Son propre rire fit écho à celui d’Ambre montant jusqu’aux abords des murs de pierre entourant la Seine. Dimitri n’était pas près d’arrêter de faire l’idiot … Il faisait l’idiot parce que cela faisait rire Ambre. Ok, parfois il lui faisait peur, mais … Mais notre téméraire et idiot de garçon n’en faisait qu’à sa tête. Il ne mourrait jamais étant bien trop fort pour ce faire. Personne n’arriverait à le vaincre. Puis, il avait Ambre avec lui. Il ne pouvait pas mourir et laisser son amie toute seule : cela ne se faisait pas quand même.

Un instant sur les termes de cette dernière, Dimitri essaya une autre pierre à déloger. Peut-être ce fut-il effectivement trompé. Son excitation était grande pour démontrer la surprise cachée au fond du coffre. Une ambre … C’était à l’orphelinat qu’il apprit d’un enfant le véritable terme de cette pierre jaune. Donc l’impatience le gagnait peu à peu et la colère fit son œuvre quand il revint à la première pierre. Il n’allait quand même pas se démontrer tel un garçon chétif devant son amie incapable de tirer une simple pierre amovible de son socle ? Quand même ! Il allait réussir pour impressionner Ambre. Ce fut donc pour cette stupide raison de petit garçon orgueilleux que Dimitri se fit repousser vers l’arrière. Aïe ! Malgré l’énième ecchymose de la journée, il avait rapidement ouvert le coffre pour se rendre compte …

- Ah … Tu connais cette pierre ?

Dit-il d’une petite voix surprise. Il était pris au dépourvu. Il baissa la tête piteusement croyant avoir été le seul à connaître la pierre pour l’offrir à son amie tout fier et content de sa découverte. Ses mains jouaient nerveusement sur les bords du coffre observant machinalement les autres trésors que le petit coffre contenait. Plus Ambre en disait long sur cette pierre et sur un certain pendentif de sa mère qu’elle possédait déjà, plus Dimitri se renfrognait un peu désespéré de la tournure des événements. Il se sentait un idiot maintenant. La belle et l’idiot serait un bon titre probablement.

Et maintenant, elle désirait la lui offrir. Quoi faire ? Que dire ? Devait-il avouer la vérité ou bien jouer les innocents et accepter le cadeau de son amie. Dimitri joua un peu avec ses lèvres cherchant le pour et le contre de sa future décision. Il ne voulait pas faire de mal à son amie, mais il était aussi un petit garçon remplit de fierté.

- Ok … Je … Je savais que c’était une ambre comme ton nom ! Je ne suis pas idiot ! … Je voulais plutôt te l’offrir à toi, mais …

Il bégaya un peu et dans l’instant ne remonta pas son regard marron sur la jeune fille. Il se fut légèrement irrité de surcroît alors que son cadeau, sa surprise de la journée, tombait à l’eau. Cela prit un courage de plus pour finalement relever la tête vers le regard de son amie.

- Désolé …

Dit-il son petit nez se fronça dès lors que le mot fut prononcé. Dimitri se sentit coupable maintenant. Elle voulait lui faire un cadeau et … Lui aussi, mais évidemment le sien tomba à l’eau. Dans un geste franc, il prit l’ambre des mains de la jeune fille.

- Merci … Attends, il y a d’autres trucs dans le coffre.

Continua notre petit orgueilleux changeant de sujet, car il ne voulait pas mettre en colère son amie pour un simple cadeau raté. Donc, il accepta l’ambre pour qu’ils restent ensemble pour l’éternité. Souriant, le garçon fouilla à nouveau dans le coffre. Certes, il ne remarqua absolument pas une présence non loin d’eux.

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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mar 7 Jan - 20:05

 
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Même si tout ne s’était passé comme prévu sur tous les points, Ambre était totalement enchantée par cette journée. Tant qu’elle se trouvait aux côtés de Dimitri, elle était heureuse, entière. C’était un sentiment inédit et agréable qu’elle ressentait lorsque le violoniste était près d’elle. Ils ne se connaissaient que depuis quelques mois, mais elle pressentait qu’ils ne se quitteraient jamais. Ils étaient faits pour entreprendre le dur chemin de la vie ensembles, main dans la main. Et justement, c’était dans l’intention de prouver qu’ils seraient inséparables que la fillette avait tendu la pierre à Dimitri en guise d’offrande. Elle ne croyait pas spécialement en le pouvoir des minéraux mais elle voulait bien prêter quelques propriétés magiques à celle-ci tant qu’elle pourrait leur permettre de ne jamais se séparer. Il lui fallait quelque chose de matériel pour prouver l’intensité de leur relation. Une promesse et une pierre qu’elle pourrait serrer tout contre son cœur en pensant à lui lorsque le soir viendrait qu’elle devrait retourner chez elle.
Ambre était totalement enchantée par cette idée mais quand elle vit la mine renfrognée du violoniste, son sourire s’évanouit d’un seul coup. Avait-elle dit quelque chose de mal ? Aussitôt, une boule se forma dans son ventre et un étrange froid l’habitat. Pour rien au monde elle n’aurait voulu provoquer son mécontentement, malheureusement, ça semblait bien être le cas. Elle ne le connaissait depuis guère longtemps, mais elle savait déchiffrer ses expressions. Elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. De toute manière, il était si impulsif que cela n’était pas bien compliqué. S’il y avait bien un don qu’Ambre ne lui prêtait pas, c’était celui de mentir. Les paroles jetées abruptement par le garçon amenèrent des larmes à la lisière de ses yeux. Elle se sentit soudain idiote d’avoir parlé aussi vite. Elle avait détruit les plans qu’il avait conçus secrètement et elle s’en voulait énormément.

« Je suis désolée… je ne voulais pas… » bredouilla-t-elle, la gorge serrée.

Elle chercha le regard de Dimitri mais il se dérobait au sien, faisant trembler son cœur d’angoisse. Elle ne savait plus que dire, ni comment réagir à la déception qu’elle avait créé chez son ami. Elle avait tout gâché.
Finalement, il releva ses prunelles noires sur elle. Son cœur rata un battement en même temps qu’il s’excusait d’un air tout penaud. Ses paroles la consolèrent quelque peu et elle se permit d’esquisser un pâle sourire. Il prit finalement la pierre des mains d’Ambre et le cœur de la jeune fille se fit immédiatement plus léger. Ses lèvres s’ourlèrent en un franc sourire. Pendant de temps, Dimitri s’était remis à la recherche des autres mystères que recelait cette boîte aux trésors. Les prunelles de la fillette observèrent consciencieusement les mains du garçon fouiller dans le petit écrin de bois, avide de trouver une nouvelle merveille.
Mais ce problème de cadeau lui venait toujours en tête. Elle y songeait sans réfléchir vraiment, quand tout à coup, une idée lui vint comme si quelqu’un venait d’allumer la lumière dans son esprit. Elle porta les mains derrières son cou et défit son collier.

« Tu sais, on peut trouver une autre solution. » dit-elle tout en détachant le loquet de sa chaîne. « Si tu tiens à m’offrir la pierre, nous pouvons échanger. Je te donne mon pendentif, et je prends la pierre. Après tout, qu’est-ce que cela change puisque nous serons toujours ensembles ? »

Et tout en tendant le bijou à Dimitri, elle lui offrit un sourire empli d’espoir, priant secrètement pour que cette fois-ci, elle n’ait pas dit de bêtise. Puis ses joues rougissant soudain, elle ajouta :

« Et puis, je serai contente d’avoir cette pierre comme cadeau de ta part. »

Elle sentit son cœur battre plus intensément dans sa poitrine, pourtant, elle ne décolla pas son regard du visage de Dimitri, attendant impatiemment mais avec appréhension sa réaction. Mais au même moment, elle remarqua la présence d’une personne qui se tenait tout près d’eux. Elle ne put retenir une exclamation de stupeur, s’accrochant à la main du violoniste.

« Dimitri, derrière toi ! »

// Du coup, si Dimitri accepte le médaillon. On peut dire qu'il l'a toujours gardé avec lui ? \\
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Mar 14 Jan - 21:18



Pourquoi manquait-il toujours de mots ? Pourquoi rendait-il triste son amie ? Ok, cela ne le dérangeait jamais quand c’était ses frères et sœurs ou un voisin agaçant qui se mettait en colère. Ambre c’était son amie. Cela faisait mal à son petit cœur de lui faire d’aussi horribles choses.

Il avait donc accepté la pierre parce que … Pour revoir le sourire trôner sur le petit visage encore bébé de la jeune fille. L’ambre était une belle pierre de surcroît. Le poing fermé serré fermement sur celle-ci, Dimitri semblait prendre une véritable responsabilité de la protéger. L’ambre était comme son amie … C’était son cadeau. Le garçon chérissait ce bien, car il valait beaucoup dans le cœur d’Ambre. Son poing droit fermé sur cette magnifique pierre précieuse, le garçon le laissait au bord du coffre.

En aucun cas, son poing – ni la pierre – ne retourna dans le coffre. Elle était en sécurité avec lui. De sa main gauche, il fouilla et y dénicha d’autres pierres précieuses. Il y avait aussi quelques instruments cette fois en biologie. Une éprouvette attira, ainsi, son attention pendant un moment. Il n’entendait plus son amie parler, mais Dimitri la ressentait près de lui. Il n’était pas seul. Si longtemps seul … Deux ans étaient bien une éternité pour un enfant : surtout un enfant tel que lui. Cette sécurité d’être près d’une personne, de ressentir sa chaleur. Il n’en dira jamais rien à Ambre, car il devait la protéger. Certes, Dimitri se sentait aussi protégé par cette dernière. Il releva finalement la tête aux paroles d’Ambre.

- Quoi ? … Ah … Il est beau … Tu es sûr que …

Non sûr de sa personne comme s’il volerait son amie en s’emparant d’un bien aussi précieux, Dimitri avait subitement arrêté tout mouvement. Son regard marron tanguait inlassablement vers le pendentif tenu dans la paume de main d’Ambre. Il y avait des traditions comme cela et son grand-père lui en avait parfois compté. Des gens s’échangent des cadeaux et ils grandissent en sagesse comme cela. Ambre était sage donc.

- Heh !

Se laissa-t-il surprendre par le cri soudain de son amie. Son cœur bondit dans sa poitrine et il trébucha sur les fesses en faisant volteface en direction de l’ennemi. Sur les devants des enfants se trouvait un homme. On avait l’impression de voir là une version plus âgée de Dimitri. Pantalons, chaussures, chemise et vestes un peu trop vieillis et une casquette descendant presque sur les yeux couvrant une chevelure en bataille. Le poing droit toujours serré sur son trésor, le garçon balbutia on ne savait quoi avant de faire un geste de protection vers Ambre.

- Vous ne la toucherez pas ! Ok !

- Bien sûr que non. Je ne suis pas un mangeur d’Homme voyons. Je voulais, tout simplement vous informez que tout ceci m’appartient.

Expliqua le jeune homme tout en pointant un index juste derrière nos deux protagonistes soit le coffre. Il n’était pas en colère ni rien. Il semblait plutôt affable même. Sans doute pensait-il que deux enfants ne feraient pas le poids contre lui. Dimitri devint incrédule toutefois. Il pointa vers le sextant.

- C’est à vous ? Je … Désolé … Mais vous savez donc ce que c’est ça ?

- Pas vraiment … Cela semble appartenir aux bateaux toutefois. Enfin … J’ai trouvé tous ces objets par moi-même. J’aimerais bien que vous ne me les volez pas.

- Ouais, mais si vous vous les avez volés !

Rétorqua notre cher Dimitri en guise de défense qui pointa à son tour un index vers le jeune homme. Ce dernier soupira un instant son regard se dirigea alors vers la fillette. Il redevint affable et sourie gentiment à Ambre.

- Petite, tu savais que tu as là un véritable chevalier des temps modernes près à tout pour toi.

Cet homme était un aventurier aimant la liberté par-dessus tout. Comme l’avenir de ce petit chevalier sans l’être réellement.
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MessageSujet: Re: Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]   Dim 26 Jan - 21:44

 
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Fière de ce nouveau compromis qu’elle lui proposait, Ambre espérait que Dimitri accepterait son présent. Le pendentif était entrelacé entre ses doigts petits fins, le bras tendu vers le violoniste. Sans doute ne se rendait-il pas compte de la valeur inestimable du présent qu’elle lui faisait. Ce collier était le dernier vestige qui lui restait de sa mère, du potentiel amour qu’il y aurait pu y avoir entre ses deux parents. Elle avait toujours chéri ce bijou, le tenant entre ses doigts lorsqu’elle s’endormait le soir, le serrant contre son cœur lorsqu’elle avait du chagrin. Il était son seul trésor, et aujourd’hui, elle était prête à le lui céder sans hésitation car désormais, c’était Dimitri son réel trésor. Plus rien ne comptait hormis lui, puis elle partait de ce principe simple et enfantin qu’ils ne seraient jamais séparés. Le destin ne pourrait être assez cruel pour les arracher l’un à l’autre alors qu’il était son unique rayon de soleil dans sa piètre existence. Elle ne s’était jamais sentie aussi heureuse et épanouie que depuis qu’elle le connaissait. Ils s’étaient envoûtés, ensorcelés par la musique et par la mélodie de leurs âmes. Aujourd’hui, il lui était devenu indispensable et elle ne se voyait pas vivre sans lui. Elle était donc convaincue qu’ils ne se quitteraient jamais, mais elle se plaisait tout de même à formuler une sorte de serment matériel grâce à ces deux objets pour se le prouver. Elle voulait un objet de Dimitri à chérir jour et nuit, une pierre à serrer contre son cœur pour se sentir proche de lui, un ambre à contempler en s’imaginant voir le reflet du violoniste sur sa surface reluisante. Le garçon se montra quelque hésitant, ne sachant s’il était digne d’un tel présent. Ambre sourit et prit la main de son ami pour y enfouir le pendentif. « Oui je suis sûre. Ça me ferait extrêmement plaisir que tu acceptes, Dimitri. » lui affirma-t-elle, le cœur exalté de bonheur. Rien ne pouvait être aussi parfait que cet instant qu’il partageait ensembles. C’était le premier présent qu’ils se faisaient mutuellement. Bien entendu, ce n’était là pas le seul cadeau que le violoniste lui avait fait. A vrai, il lui en avait fait un le jour même de leur rencontre. Elle avait été fortement étonnée lorsqu’il lui avait tendu l’argent qu’ils avaient récolté grâce à leur duo pour leur première représentation. Il avait affiché un tel sourire qu’elle n’avait pas eu le cœur à lui dire non même si cette démarche la gênait considérablement. Ce jour-là, son cadeau était d’autant plus inestimable, qu’il avait permis à la jeune fille ne de ne pas se faire battre par son père le soir venu. Chacun de ses présents étaient donc quelques choses de précieux et elle irradiait d’un pur bonheur, mais il fut rapidement balayé par une expression de stupeur sans nom. Une silhouette grande et imposante se dressait derrière la violoniste. Ambre le prévint dans un cri alarmé, de peur qu’il ne leur fasse mauvais partie. Elle se laissa légèrement distraite par l’allure plutôt atypique de l’homme qui donnait l’illusion d’une réplique de Dimitri en adulte. C’était une chose assez singulière à voir.et qui fit momentanément oublier sa frayeur à la petite chanteuse, puis la présence protectrice du violoniste l’apaisait considérablement. Immédiatement, il se posta entre elle et l’homme, faisant barrière de son corps. Elle resta timidement cachée derrière lui, risquant seulement un regard par-dessus son épaule pour observer l’inconnu. « Bien sûr que non. Je ne suis pas un mangeur d’Homme voyons. Je voulais, tout simplement vous informer que tout ceci m’appartient. » Une boule se forma dans l’estomac de la fillette. Allait-il les punir pour ce qu’ils avaient fait ? Les traiterait-il de voleurs ? Si jamais son père avait vent de tout cela, elle était définitivement morte. Ses poings se serrèrent d’angoisse, attendant fébrilement la suite des événements. Néanmoins, l’attitude nonchalante de l’homme n’avait rien pour leur laisser présager un futur tragique. « Nous sommes désolés... » murmura timidement Ambre. Puis Dimitri poursuivit, sûr de lui. Elle admirait son courage et le fait qu’il ne se laissait pas démonter par plus grand que lui. Il était même curieux et l’homme leur apprit qu’il avait trouvé tout cela sur un paquebot, bien qu’il ne connaisse pas leur utilité. Il acheva en disant qu’il ne souhaitait pas être volé, ce à quoi Dimitri rétorqua vivement « Ouais, mais si vous vous les avez volés ! ». Cette exclamation eut pour don d’effrayer la chanteuse qui craignait que l’adulte ne change ton. « Dimitri ! » murmura-t-elle faiblement en posant sa main sur son bras afin qu’il abaisse son doigt accusateur. Elle était prête à décamper avec lui au moindre geste hostile de sa part, mais l’inconnu se contenta de soupirer. Puis il se tourna vers elle, la prenant à partie en souriant. Ces paroles eurent pour don de déteindre un peu les muscles d’Ambre et de la faire sourire. Un chevalier. Oui c’était le terme exact. Dimitri était un chevalier. Il était son chevalier et elle espérait qu’il en serait toujours ainsi. Poussée par une hardiesse qu’elle ne se connaissait pas, il fit timidement : « Vous savez, nous ne voulions pas vous voler. Nous jouions seulement aux aventuriers à la recherche de trésor… C’est tout. »
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Ces beaux jours: tu te rappelles ? [PV Ambre]

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