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 Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}

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MessageSujet: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   Mer 24 Juil - 17:27

Lydia avait ressenti au cours de cette après midi là, une envie soudaine tout autant que vitale de prendre l'air et de se couper du monde. En fin de matinée, elle avait croisé Héloïse et bien d'autres de ses amies d'ailleurs et elle n'avait pas supporté une fois de plus, d'être mise en contact ne serait-ce que quelques secondes avec elle. Si elle n'était jamais d'un naturel très aimable, la jeune Cooper savait ne pas se montrer tout à fait infecte. Elle s'en prendrait pour le restant de la journée à des personnes innocentes qui allaient souper de sa très mauvaise humeur, alors autant se mettre à l'écart. Et quoi de mieux, lorsqu'on ne peut pas rester dans sa cabine que de grimper au nid de pie ? Peu de personnes depuis le naufrage se nichait là. Peut-être aurait-elle cette chance aujourd'hui encore. Ce fut le cas, et c'est en expirant un long soupir de soulagement que Lydia monta l'échelle qui y conduisait. En contrebas, elle put apercevoir plusieurs personnes se promenant, les dames tenant le bras de leurs époux ou qui sait de leurs amants. Cependant, elle n'y prêta pas plus attention que cela, car tout à coup, son cœur manqua un battement. Un peu plus loin sur l'un des ponts, son frère Jack qu'elle aurait reconnu entre mille se promenait en compagnie ... d'Héloïse. Ayant pris dans ses mains, la longue lunette pour en avoir le cœur net, elle plongea son oeil à l'intérieur tout en fermant l'autre. L'objet lui apprit qu'elle ne s'était pas trompée. Elle enragea sans plus attendre et des petits cris aigus sortirent de sa bouche.

- La garce ! Et toi Jack, pauvre idiot ! Crétin qui se laisse embobiner !
- C'est moi que tu traites d'idiot et de crétin, ma jolie ?

Lydia n'était pas d'un naturel très impressionnable, mais étant seule jusqu'à présent, elle ne s'était pas attendue à une visite inopportune. Elle se retourna brusquement donc  et se retrouva face à face avec un matelot, pardon avec même quatre ou cinq matelots qui montaient les marches du nid de pie. Elle aurait dû s'excuser et prétendre la vérité, c'est à dire qu'en aucun cas, l'insulte n'était pour lui, mais son caractère étant ce qu'il est, elle n'en fit rien. Elle fit même tout ce qui ne fallait pas faire, elle les provoqua. C'était plus fort qu'elle, ils étaient hommes et elle ne se rabaisserait pas à montrer qu'ils pouvaient l'intimider un seul instant par leur nombre ou leurs biceps.

- Et pourquoi pas ? Avec ta tête d'ahuri, tu m'as tout l'air d'être un vrai cas en la matière et tes amis aussi d'ailleurs !

La brunette jouait véritablement avec le feu. Lorsque l'intéressé s'approcha un peu plus d'elle, permettant à un second compagnon de grimper à son tour sur le nid de pie, elle sentit tout à coup une odeur nauséabonde de rhum. Ces hommes avaient bu, peut-être était-ce le moment de quitter les lieux ? Mais ça aurait été s'estimer vaincue, n'était-elle pas arrivée en premier ici ? Pourquoi aurait-elle dû partir à cause de quelques ivrognes ?

- Tu dépasses les bornes,  mignonne !
- Figure toi que je n'utilise les bornes que pour monter à cheval, dit-elle en chassant ses cheveux avec un air hautain et insolent.

Lydia aimait parfois se donner des allures de dame de première classe, snob et prétentieuse comme jamais. Peut-être s'y laisseraient-ils prendre ? On pouvait toujours l'espérer, après tout. Ce ne fut pourtant absolument pas le cas, puisque le matelot la prenant par le col de sa chemise la colla littéralement contre l'un des coins du nid de pie, la moitié de son corps était à présent presque dans le vide. Lydia tenta de lutter contre l'emprise du marin et le mordit alors jusqu'au sang. Plus les minutes passaient, plus la jeune Cooper par son entêtement aggravait son cas. Lydia réalisa véritablement la proportion que cela prenait, lorsque l'autre lui saisit violemment les cheveux, pendant que ses comparses lui tenaient bras et jambes.

- On va bien te forcer à être gentille avec nous, on te laissera partir ... après !

Quelle horreur ! Allaient-ils vraiment tenter d'abuser d'elle ? Vraiment, les membres de l'équipage étaient non seulement des incapables mais aussi des hommes dégoûtants, mais il ne serait pas dit qu'elle ne lutterait pas avec l'énergie du désespoir pour se tirer de ce pétrin.
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MessageSujet: Re: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   Jeu 25 Juil - 13:56

Lorsque la mort frappe une personne, celle-ci devrait voir son esprit gommé de la réalité toute entière, son corps ne devenant rien de plus qu'une coquille vide, désormais destinée à remplir la panse de toute créature susceptible d'y trouver goût. Charognards, vers de terres, poissons, cannibales... Pas la liste des individus les plus agréables à côtoyer, bien entendu, mais il fallait bien admettre que chacun d'eux y gagnait une utilité au sein du fonctionnement de l'existence même. Une utilité que beaucoup auraient pu remettre en question sans ces particularités nécrophages.
Je n'avais rien contre cette idée.
Au contraire, elle m'apparaissait même comme bien plus judicieuse que l'image d'un grand barbu nous ouvrant les bras sitôt que que nous refermions les yeux, pour nous accueillir dans un univers fait d'anges et de nuages, et observant la fourmilière nous servant de monde depuis les hauteurs, se gaussant de nos erreurs et de nos morts les plus ridicules.
Car croyez-moi, des morts qu'on aurait voulu recommencer, j'en ai vu un paquet.
C'est bien beau, de se dire que tout le monde meurt.
Mais quitte à ce que ça arrive, on préfèrerait que ce ne soit pas en s'étouffant dans les excréments d'un autre.
L'ennui, c'est que je me trompais.
Après un naufrage mortel, qui causa le décès de plusieurs centaines – si ce n'était plusieurs milliers – de personnes, dont le mien, nous revînmes tous à la vie. Avec un estomac réclamant de la nourriture, un cerveau quémandant du sommeil (et pas mal de réponses pour le mien) et des sensations toujours intactes... Voilà qui remettait en question un très grand nombre de croyances et de certitudes pour la majeure partie des personnes à bord.

Alors que j'errai sur le pont, mains dans les poches et cervelle frémissant à vive allure, mon esprit tournoyant en boucle autour des multiples détails incohérent que je remarquai sans cesse depuis notre "retour à la vie". Pas de houle. La nourriture qui réapparaissait en boucle, l'incapacité de se débarrasser de certains objets, l'immortalité récurrente de la majeure partie des passagers.
Pour ce dernier point, pas de doute, je m'étais débarrassé à de nombreuses reprises de plusieurs personnes, en les balançant par-dessus bord. Mais ils revenaient toujours.
Mais vu qu'ils appartenaient à la pire racaille qu'on puisse trouver sur le paquebot fantôme, peu d'entre eux osèrent rapporter mes meurtres aux autorités. Qui de toute manière ne s'intéressaient que peu aux préoccupations du petit peuple.
Croisant Jack, au bras d'une charmante blonde, je ne lui adressai pas un mot, et il en fit autant. Si monsieur trouvait du temps à se pavaner avec une aristocrate, ce ne serait sûrement pas pour le gaspiller en engageant une conversation avec moi. De toute manière, je ne lui aurais pas répondu.
Il me fallut encore un long moment de marche solitaire, avant de me décider à lever le nez vers les hauteurs.
En fait de décision spontanée, il s'agissait davantage là d'un réflexe, trouvant son origine dans le cri un peu plus aigu que la moyenne d'une jeune femme dans les hauteurs.
Je ne la vis que de dos, là-haut, dans le nid-de-pie, encerclée par quelques marins visiblement d'assez mauvaise humeur.
Après un instant d'hésitation, que je passais à observer les alentours, je soupirai, comprenant que personne d'autre n'aurait l'intention d'intervenir pour m'épargner cette action. Aussi, agacé, je pris la direction des marches conduisant au sommet de la vigie, un acte que je me serais bien passé d'accomplir.
Mais après quelques minutes d'escalade, je débouchai aux côtés des marins. Je reconnus instantanément la damoiselle.
Lydia.
Ou du moins, c'était ainsi qu'on la nommait.
Un visage sublime, une peau de nacre et de grands yeux palpitant de fierté. Ainsi qu'un caractère de chien et une habitude à envoyer promener toute personne lui adressant la parole ou tentant de se montrer agréable envers elle.
Les matelots ne perdirent pas de temps, durant mon escalade, puisqu'ils se saisirent de la jeune femme d'une manière on ne peut plus équivoque. Pire encore, l'un d'eux déchira le haut de sa robe, laissant apparaître une grande partie de la chair du torse de Lydia. Elle eut beau se débattre, ses muscles demeuraient bien trop peu développés pour rivaliser avec ceux des marins, dont les biceps devait faire trois fois la taille de mes propres cuisses.
Un sourire naquit sur mes lèvres.
Je mis alors ma bouche en cul-de-poule, rayonnant de satisfaction par rapport à mon idée que je qualifierai sans hésiter de "géniale", et sifflai.
Un sifflement long, aigu, mélodique et triste.
Qui eut pour effet de stopper tous les marins d'eau douce dans leur entreprise malsaine.
Je recommençai.


"Eh ! Arrêtes ça, gamin !
– Pourquoi donc ? Ah oui ! M'exclamai-je, jouant l'idiot. Je me souviens, maintenant ! Siffler, ça fait venir les tempêtes, c'est ça ?"

Quels imbéciles. Les marins, tout aussi grands et costauds qu'ils le pouvaient, infiniment plus costauds et violents que moi, demeuraient paralysés par leur terreur de la malchance marine.

"Au fait, continuai-je. Je sais pas si ça vous intéressera, mais en me promenant sur le pont, j'ai vu un LAPIN. Il ne risque pas d'aller ronger les CORDES ?"

Les loups de mer, les uns après les autres, lâchèrent Lydia, la plupart blancs comme des linges. Il y a toujours des mots à ne jamais prononcer sur un rafiot. Même si celui-ci avait coulé depuis belle lurette et que tous ses occupants demeuraient coincés dans une sorte d'éternel Purgatoire.

"Mais fermes-la, crétin !
– Bon, d'accord, je me tais !"

Plongeant ma main dans ma poche, j'en extirpai un paquet de cartes, que je me mis à tripoter devant les hommes, qui cette fois-ci, sombrèrent dans une véritable panique.
Trois me contournèrent comme si j'avais été un chat noir, dévalèrent les escaliers et quittèrent le Nid-de-Pie et s'enfuirent, comme si le Diable lui-même leur courrait après.
Les deux derniers, pas plus rassurés par mes cartes, me fixaient avec tout autant d'inquiétude.


"Oh, d'ailleurs, c'est pas censé porter malheur, de ne pas régler ce qu'on doit à une dame de petite vertu ?"

Les deux derniers hommes se figèrent. Ils lâchèrent aussitôt Lydia, comme celle-ci venait de montrer des symptômes de Peste Noire. Ou de Lèpre. Mais je doutai que la différence ait eu une quelconque différence à leurs yeux.

"C'est une pute !"

L'un d'eux cracha par terre, aux pieds de la jeune fille.
Sitôt cette tentative désespérée de ramener la chance sur eux effectuée, les marins prirent à leur tour le chemin de leurs collègues, non sans m'adresser un ultime regard de reproche, auquel je répondis par un sourire niais.
Sitôt la voie enfin libre, je soupirai.


"Bande de crétins superstitieux..."

Je rangeai mon paquet de cartes là où je l'avais pris, puis ôtai ma veste. Il me restait encore ma chemise en-dessous, et là où nous nous trouvions, les vents battaient fort et froid. Je tendis le vêtement vers Lydia.

"Tiens, enfile ça. Et pas la peine de jouer les mijaurées, je te signale que t'as un sein à l'air libre. Alors mets-le, que ça te plaise ou non."
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MessageSujet: Re: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   Mar 6 Aoû - 16:10

Ce que Lydia trouvait tout bonnement insupportable, hormis Héloïse de Neuveille ? Que l'on mette son nez dans ce qui la concernait, ses affaires en somme ! Soit, elle n'aurait certainement pas eu le contrôle sur les marins, sa force étant limitée et qui plus est, elle était seule contre cinq. Néanmoins, la façon dont elle se débattait de leur emprise avec l'énergie du désespoir ne leur laissait en aucun cas, la partie facile. Elle mordait, leur tordait les bras dès qu'elle pouvait les agripper, leur écrasait les orteils, les griffait au visage ou leur tirait violemment les cheveux. Une véritable lionne était rentrée dans l'arène et encerclée ou non par cinq gladiateurs - ils en avaient les muscles - elle ne se rendrait à qu'à la dernière extrémité, lorsqu'elle n'aurait plus une seule once d'énergie la poussant à se libérer d'eux. Pourtant, voilà qu'un blanc-bec donc venait d'intervenir ... en sifflant. Que voulait-il ? Prendre sa défense ou se mêler aux violeurs, ça ne ferait jamais qu'un sixième lâche répugnant ... Dans les deux cas, ce dernier l'irritait d'avance tout autant que les autres.  Il faut dire qu'aux oreilles de la jeune sauvageonne, ce bruit était particulièrement suraigu et désagréable.

"Eh ! Arrêtes ça, gamin !
– Pourquoi donc ? Ah oui !  Je me souviens, maintenant ! Siffler, ça fait venir les tempêtes, c'est ça ?"

La démarche, il fallait bien le reconnaître n'était pas stupide. La superstition des marins régit si bien leur vie, que peut-être cela allait les faire fuir. Elle l'espérait. Lydia sourit malgré elle.  L'inconnu qu'elle ne pouvait encore apercevoir toujours adossée au nid de pie,  semblait avoir de la suite dans les idées. Allait-il cependant leur obéir et passer son chemin pour continuer sa promenade ?

"Au fait, continuai-je. Je sais pas si ça vous intéressera, mais en me promenant sur le pont, j'ai vu un LAPIN. Il ne risque pas d'aller ronger les CORDES ?"

Il persistait. Lydia sut alors véritablement que c'est pour elle qu'il intercédait avec une très belle ruse ma foi ! Les idiots relâchèrent bientôt leur emprise, alors qu'ils s'en prenaient quelques instants plus tôt au corsage de sa robe. Tous scrutaient le pont à la recherche du dit animal, la mine très apeurée et pâle comme jamais... Pour cette fois, Lydia resta muette, elle était toujours provocatrice mais n'était pas suicidaire. Il valait mieux laisser le jeune homme faire. Jeune homme grand et brun d'ailleurs. Elle venait enfin de le voir, puisqu'il grimpait lui même au nid de pie.

"Mais fermes-la, crétin !
– Bon, d'accord, je me tais !"

Et son " sauveur " sortit un paquet de cartes. Les autres allaient-ils enfin quitter les lieux et la laisser en paix ? Elle retint un ricanement, voilà un épisode dont ils se souviendraient encore longtemps  en tout  cas ... Si seulement cette mésaventure pouvait leur couper définitivement certaines ardeurs, peut-être que d'autres demoiselles seraient épargnées de leur comportement abject.  Malgré son intervention indésirable, Lydia savait remercier comme il se doit et n'attendait plus que le départ des rustres pour lui serrer la main, comme l'aurait fait un homme. N'était-elle pas un garçon manqué après tout ? Pourtant, Elliott Smith manqua cette démonstration de gratitude par ses derniers propos.

"Oh, d'ailleurs, c'est pas censé porter malheur, de ne pas régler ce qu'on doit à une dame de petite vertu ?"

Il n'était pas très naturel pour Lydia de rougir, mais à cette minute le pourpre lui monta malgré tout aux joues. Elle était humiliée que son passé ressurgisse ainsi ... Surtout sur les lèvres d'un inconnu - peut-être pas si inconnu que ça , l'avait-elle déjà vu ? - Ses sourcils se froncèrent simultanément et la rage lui serra le coeur.

"C'est une pute !"

Et voilà le mot était lâché  ! Elle était à présent considérée comme une pestiférée.  Le dernier matelot qui retenait encore fermement ses poignets les lâcha brusquement et ses yeux inquisiteurs lui fit clairement deviner ses pensées. Il avait honte de s'être sali en la touchant ... Ils partirent comme s'ils avaient eu la mort aux trousses ! Et à présent que devait-elle faire ? Bénir son sauveur si maladroit, si imbécile et qui l'avait mise si mal à l'aise ?

"Tiens, enfile ça. Et pas la peine de jouer les mijaurées, je te signale que t'as un sein à l'air libre. Alors mets-le, que ça te plaise ou non."

Et encore il osait lui tendre sa veste ! Son sein était à l'air ? Soit ! Elle préférait qu'il reste découvert plutôt que d'accepter le vêtement de cet imbécile ! Elle prit pourtant la veste puis lentement mais fermement, sa colère ayant quintuplé ses forces malgré l'effort physique, elle déchira un peu la dite veste avant de la piétiner sous ses souliers. Puis elle l'envoya valser derrière elle... à la mer. Son regard planté dans le sien, ne laissait aucun doute sur le fait qu'elle aurait voulut l'étrangler de ses propres mains.

- Voilà ce que j'en fais de ton truc miteux ! Une dame de petite vertu ne s'habille pas, tu le sais pas encore ? Dire que j'aurai pu te remercier, mais tu es aussi crétin que les autres ! Je voudrais bien savoir comment tu as su que j'étais une putain, mais ça ne m'intéresse même plus !  La prochaine fois, tu t'occuperas de tes affaires, ça ira bien mieux comme ça ! Et puis pourquoi tu m'as pas laissé avec ces sales types, une putain qui se fait violer, ça existe pas, elle est toujours consentante voyons ! Tu vois pas que tu m'as gênée en plein boulot ? Fiche le camp de mon chemin !

Elle voulait en effet descendre du nid de pie mais Elliot Smith se trouvait devant elle et lui barrait l'accès à l'échelle. Pour essayer de se frayer un passage, elle lui administra  une gifle cinglante puis un coup de coude dans les côtes. Puis elle retint sa chemise coincée entre ses doigts pour ne plus laisser apparaître son sein nu.

- Tu vois moi aussi, je sais siffler, je fais siffler mes doigts sur ta joue ! Le vent est au nord aujourd'hui, ça tombait bien ! J'espère que l'air salé t'a écorché d'autant plus ! Allez laisse passer la putain, elle a du travail sur la planche !  Encore deux ou trois clients à voir et à satisfaire ! Faut bien regagner le pain que tu m'as fait perdre !

C'était bien entendu archi faux, mais encore une fois elle était blessée dans sa fierté comme jamais et sa langue se déliait sous un cynisme terrible !
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MessageSujet: Re: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   Mar 6 Aoû - 19:43

Je sais d'avance que je n'ai rien d'un saint. Si je d'avance me décrire à l'aide de critère en relation avec l'opium du peuple qu'est la religion, sans doute me serais-je imaginé avec des cornes sur le crâne et une queue fourchue. Au bas du dos, la queue, j'insiste. Une apparence maléfique intégralement due à mon insubordination face aux canons de la Bible, à mon scepticisme permanent, mais qui, pourtant, ne faisait nullement partie des Sept Péchés Capitaux dont elle dénonçait le Mal les composant.
Étrangement, l'Hérésie, un ennemi que l’Église se mit à pourchasser à tort et à travers des siècles durant, ne s'inscrivait dans aucun de ces péchés. Étais-je un incroyant par colère ? Paresse ? Luxure ? Gourmandise ? Avarice ? Envie ? Orgueil ?
Mmh... Peut-être l'orgueil, en fait. D'une certaine façon, la religion me verrait comme me croyant supérieur à ses préceptes, ce qui ne serait pas faux. Mais venant d'une religion se considérant comme LA seule vraie religion... J'estimai mon propre orgueil bien faible par rapport à celui-ci.
Mais en réalité, je ne me trouvais pas face à un pasteur, ou un quelconque prêcheur de bonne parole venu se perdre dans les plus hautes sphères du Titanic – Au sens propre – puisque je partageai ma compagnie avec une prostituée. Une fille de joie que je venais de tirer des griffes d'une bande de matelots pressés d'obtenir une avance sur leur salaire que, de toute évidence, on oubliait de leur payer sous prétexte qu'ils avaient coulé avec leur navire. Un comble, tout de même !
N'importe quelle damoiselle m'aurait remercié de lui avoir sauvé sa vertu – et dans le cas d'une travailleuse du sexe, le peu qui lui restait – voire m'aurait même sauté au cou.
Mais Jack m'avait parlé de sa sœur si imbuvable. Et si elle s'était montrée aussi ordinaire, sans doute n'aurais-je pas pris la peine de m'attarder à ses côtés après avoir sauvé ses fesses.
Aussi, la voir agripper ma veste, la déchirer, la piétiner et, au final, la jeter à la mer, me surprit agréablement. Enfin, quelqu'un qui sort du rang. Enfin quelqu'un qui se décide à ne pas obéir à des centaines de codes régissant notre vie toute entière malgré notre décès prématuré...


- Voilà ce que j'en fais de ton truc miteux ! Une dame de petite vertu ne s'habille pas, tu le sais pas encore ? Dire que j'aurai pu te remercier, mais tu es aussi crétin que les autres ! Je voudrais bien savoir comment tu as su que j'étais une putain, mais ça ne m'intéresse même plus !  La prochaine fois, tu t'occuperas de tes affaires, ça ira bien mieux comme ça ! Et puis pourquoi tu m'as pas laissé avec ces sales types, une putain qui se fait violer, ça existe pas, elle est toujours consentante voyons ! Tu vois pas que tu m'as gênée en plein boulot ? Fiche le camp de mon chemin !

Cette série d'exclamations haut perché, que beaucoup auraient pu confondre avec des hurlements, firent naître un léger sourire moqueur sur mes lèvres. Un rictus qui disparut une seconde après, alors qu'elle me giflait violemment, avant d'achever son agression caractérisée sur ma personne à l'aide d'un violent coup dans les côtes, qui me coupa le souffle.
Dire que je n'avais rien senti aurait été un sérieux mensonge. Mais, d'une certaine manière, la douleur me plut davantage que si elle m'avait été procurée par un des violeurs du dimanche chassés quelques minutes plus tôt.


- Tu vois moi aussi, je sais siffler, je fais siffler mes doigts sur ta joue ! Le vent est au nord aujourd'hui, ça tombait bien ! J'espère que l'air salé t'a écorché d'autant plus ! Allez laisse passer la putain, elle a du travail sur la planche !  Encore deux ou trois clients à voir et à satisfaire ! Faut bien regagner le pain que tu m'as fait perdre !

C'en fut trop. J'éclatais de rire devant ses remarques.
Coupé en deux, à la fois par la douleur et l'hilarité, il me fallut un moment pour me reprendre, et parvenir à la regarder à nouveau droit dans les yeux. Pourquoi n'insista-t-elle pas sur les coups ? Peut-être parce que mes sursauts de rire l'inquiétèrent trop pour qu'elle parvienne à trouver le courage d'assumer les conséquences d'un geste supplémentaire.
Ou peut-être parce qu'elle tenait véritablement à partir, et que je persistai à lui verrouiller l'accès à l'escalier conduisant en bas.


"Décidément, ton frère n'a pas exagéré le portrait."

Je la fixai, sans plus ricaner désormais. Je me contentai de mon sourire moqueur, celui que j'arborai toujours lors de mes séances de déduction – véritable séance de torture pour ceux en bénéficiant – et repris :

"Tu sais maintenant comment je suis au courant de ton boulot, même si tu n'en as à présent plus rien à foutre. Par ailleurs, je te signale que si une putain ne s'habillait pas, comme tu le prétends, tu ne montrerais pas autant d'ardeur à te saisir de ma chemise pour te couvrir la poitrine malgré tout. Tes lèvres disent une chose, ton corps affirme le contraire."

Mes mains se saisirent de la rambarde du nid-de-pie.

"Ensuite, une putain n'est pas toujours consentante. Sinon, je suppose que ma mère m'aurait gardé à ses côtés. "

Je levai la tête, puis esquissai un nouveau sourire :

"Non, trop mélodramatique. En fait, je ne sais même pas si ma mère était prostituée. Et si c'était le cas, peut-être qu'elle ne voulait juste pas de môme."

Mon regard revint se perdre dans le sien.

"Mais si tu es si choquée que j'ai dévoilé à une bande de marins violeurs ton ancienne profession, histoire de m'assurer qu'il ne mettront plus jamais la main sur toi sans jamais te payer... "

Je poussai un nouveau soupir.

"Par ailleurs, si sucer des queues se trouvait encore être ton gagne-pain, tu saurais, comme la majeure partie des prostituées à bord, qu'il n'y a plus besoin de vendre son corps, puisque tout le monde a de la nourriture en profusion, et gratuitement. Donc, tu aurais arrêté. Mais tu es peut-être juste stupide. Ou juste une perverse obsédée."

Je passai ma main sur mon menton, dissimulant ainsi le rictus malveillant et brillant de manipulation qui étira mes lèvres l'espace d'une fraction de seconde.

"Tu vois, je me contrefiche que tu me remercies. Je n'en ai rien à foutre de la gratitude, et discuter avec de jolies idiotes ne fait pas davantage partie de mes passe-temps favoris. Mais je dois bien avouer que le portrait que ton frère m'a tiré de toi m'a grandement intéressé. Effrontée qui n'a pas sa langue dans sa poche, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds... Et surtout, qui sait réfléchir par elle-même pour se sortir de la merde."

Je lâchai les garde-fou, et fis un pas qui me rapprocha de Lydia, ne nous séparant plus que d'un frêle courant d'air.

"Tu m'intéresse. Je ne te le cache pas. J'en ai ma claque de côtoyer des gens qui persistent à suivre les règles de leur ancienne vie. On est morts, pas mourants, ni condamnés, et encore moins vivants. Juste morts. Et je suis prêt à parier que tu n'apprécies pas plus que moi ce genre de personnes."

Je désignai le bord du nid-de-pie.

"Après, tu as toujours la possibilité de m'ignorer et de te jeter par-dessus bord. J'ai déjà essayé. C'est désagréable, surtout la noyade. Mais au final, on finit par sombrer dans l'inconscience, pour se réveiller dans l'infirmerie du paquebot."

Je laissai retomber mon bras.

"Et tu seras libre de retrouver le reste des passagers de ce navire. Ceux que tu dois... Comment tu disais, déjà ? Ah oui : "Satisfaire pour gagner le pain que je t'ai fait perdre"."

Je m'écartai alors d'elle, reprenant ma position en face d'elle, tout en continuant à lui bloquer le passage aux escaliers.
Tout allait se jouer maintenant. Soit elle laissait tomber le masque de dureté pour devenir une gamine suppliante, perdant alors son intérêt d'un seul coup, soit elle choisissait une des deux autres possibilités. Soit elle relevait le menton et acceptait de se battre – moralement parlant – avec moi, prête à tout pour défendre son opinion. Soit elle sautait. Par désir de m'échapper plus que par véritable volonté de retrouver les imbéciles sans intérêt peuplant le Titanic en masse.
Bien entendu, le fait de jouer des poings pour emprunter les escaliers se rangerait aussi dans cette catégorie, mais je me tenais prêt, désormais.
Prêt à lui rendre cette si agréable gifle qui m'offrit trois jolies égratignures sur la joue. De minuscules estafilades, malmenées et torturées à chaque seconde par l'air salé de la mer infinie.
Et je me trouvais là, face à elle, souriant, les yeux gorgés d'impatience, fixant l'ancienne prostituée comme un loup observant un renard, n'attendant que de voir s'il pouvait jouer avec, ou au contraire lui trancher la gorge d'un coup de croc.
Vas-y, Lydia. Montres-moi tes réactions. Amuses-moi.
Danses, petit pantin, danses.
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MessageSujet: Re: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   Mar 13 Aoû - 18:34

A vrai dire, Lydia s'attendait au minimum à recevoir de plates excuses de la part de l'inconnu. Mais elle comprit bien vite, qu'elle pouvait malheureusement s'y asseoir dessus. Non seulement, cet imbécile l'avait humiliée devant ces matelots en exposant tout ce qu'elle s'efforçait d'oublier : son passé de prostituée, mais qui plus est, il semblait la défier. Une véritable tête à claques se tenait devant elle et lui barrait le chemin. Ce sourire goguenard, elle aurait giflé à n'en plus finir cet homme pour qu'il le perde tout à fait. Quant à ce rire, ah s'il lui avait été permis de l'étrangler. Ils étaient morts soi disant, mais qui sait peut-être qu'un tour de plus joué par ce damné paquebot pouvait le faire disparaître. Mais elle ne voulait pas perdre son temps, elle voulait fuir ce nid de pie au plus vite pour se réfugier dans sa cabine. Elle voulait oublier cette honte qui était remontée à la surface avec tant de désinvolture de la part de son pseudo-sauveur. Savait-il ce qu'était une vie de misère ce blanc bec au moins ? Savait-il ce que signifiait vouloir oublier ? De toute évidence, absolument pas !

"Décidément, ton frère n'a pas exagéré le portrait."

Le corps de la sauvageonne se figea en haut de l'échelle qu'elle voulait descendre, au point de se statufier. Son regard pétillant se planta dans celui de son interlocuteur. Si l'autre riait, il n'en était rien de son côté. Peut-être le comprit-il d'ailleurs puisque lui même sembla retrouver tout à coup tout son sérieux. Son cœur battait à tout rompre à la seule pensée que ... Jack avait-il osé dire que ... qu'elle avait pu un jour faire le trottoir ? Elle ne pouvait le croire ! Elle se refusait de  le croire ! Comme aurait-il pu dire ça à qui que ce soit, ce métier qui avait été sa croix, sa déchéance, la perte totale de son innocence.

"Tu sais maintenant comment je suis au courant de ton boulot, même si tu n'en as à présent plus rien à foutre. "

Le reste des paroles d'Elliott Smith se perdit. L'attention de Lydia était dirigée toute entière sur ce qu'elle prenait pour une trahison de la part de son frère. Elle devait le retrouver pour en avoir le cœur net. Mais dès que cela concernait Jack, les colères de Lydia ne duraient jamais trop longtemps ... A bien y réfléchir la jeune fille se mit à penser plus volontiers que l'inconnu avait appris ça de cette peste d'Héloîse et qu'il était de mèche avec elle afin de séparer le frère et la sœur. Une querelle fraternelle, celle de trop et ainsi la blonde aurait la voie libre et pourrait en faire à sa guise. Elle n'allait sans doute pas tomber dans ce piège pour le moins sournois. et grossier, on la connaissait bien mal. Elle n'irait donc faire aucun reproche à son bien aimé frère.

"Ensuite, une putain n'est pas toujours consentante. Sinon, je suppose que ma mère m'aurait gardé à ses côtés. "

Est-ce qu'elle rêvait ou est-ce que cet individu lui contait par le menu l'histoire de sa vie et même celle de sa mère ? Qu'en avait-elle à faire ? Et pourquoi se permettait-il de lui couper le chemin ? De quel droit ? Pour qui se prenait-il ? Qui était-il pour elle sinon rien ?

"Non, trop mélodramatique. En fait, je ne sais même pas si ma mère était prostituée. Et si c'était le cas, peut-être qu'elle ne voulait juste pas de môme."

Lydia se mit à ricaner bruyamment au point sans doute de faire se retourner quelques ladies sur le pont.

- Et quand je te vois, je comprends pourquoi elle en a pas voulu la pauvre ! Tu es une plaie, un pot de colle et un gars insupportable. Il devait te manquer un grain dès l'enfance !  Si on était pas morts, tu nous donnerais presque envie de nous suicider ... Et sinon ta vie a l'air passionnante mais à vrai dire ... je m'en fous comme de ma première chemise. Et tiens en parlant de chemise, la voilà !

Et elle la lui lança en pleine face. Que lui importait d'avoir la poitrine complètement dénudée même devant lui. Elle plaça ses mains sur ses seins et voilà tout, ça serait la meilleure protection qui soit. Elle se mettrait à courir vers sa cabine dès qu'elle en aurait fini avec ce rustre, pour croiser le peu de personnes possible. Néanmoins si on la voyait dans cette tenue, tant pis au fond , n'était-elle pas la George Sand de ce navire ? Elle voulut se frayer à nouveau un chemin pour descendre du nid de pie, mais l'autre se trouvait toujours sur son passage. Lydia souffla alors sans aucune grâce  pour bien montrer son exaspération grandissante.

"Mais si tu es si choquée que j'ai dévoilé à une bande de marins violeurs ton ancienne profession, histoire de m'assurer qu'il ne mettront plus jamais la main sur toi sans jamais te payer... "

Lydia le toisa une nouvelle fois en redressant la tête. Elle n'avait absolument pas besoin d'un chevalier blanc à l'armure étincelante et qui en plus se glorifiait devant elle de l'avoir aidée !

- Qui a dit que je ne voulais pas qu'ils mettent la main sur moi ? Tu es arrivé comme un cheveu sur la soupe, mais qu'est ce que tu en sais ? Ils venaient de me dire qu'ils aimaient être battus, tu connais comme moi ce genre de tordus, alors j'obéissais et par ta faute, j'ai perdu ma paye !

Elle mentait comme un arracheur de dents mais elle s'en moquait, plutôt mourir une seconde  fois à présent, plutôt que de remercier cet individu.

" Mais tu es peut-être juste stupide. Ou juste une perverse obsédée."

Un sourire provocateur se dessina sur les lèvres de la belle répondant au rictus malveillant d'Elliott.

- C'est ça, je suis une perverse obsédée, une nymphomane ! Dis moi tu as l'air bien plus intelligent que tu n'y parais au final, bravo Sherlock !
"Tu vois, je me contrefiche que tu me remercies."
- Ça tombe très bien ! Allez salut !

Elle allait à nouveau essayer de passer mais il était toujours là et ne voulait décidément pas s'écarter. Quelle plaie ! Enervée mais ne voulant pas lui donner l'impression de l'emporter, tant la manipulation s'instaurait ce avait bien ressenti, elle croisa les bras avec un calme relatif, pour qu'il finisse enfin de débiter son moulin à paroles. Mais tout à coup, tandis qu'elle n'avait plus bougé depuis quelques instants, il s'approcha d'elle ...

"Tu m'intéresses. Je ne te le cache pas. "

Elle avait bien entendu ? Dans quel sens devait-elle prendre cette phrase ? Voulait-il lui faire comprendre malgré toutes ces réflexions philosophiques sur la vie et la mort, sur les gens qui ne suivent que les règles, qu'il ne désirait qu'une seule chose ? Coucher avec elle ? N'était-il pas un homme après tout ?

"Après, tu as toujours la possibilité de m'ignorer et de te jeter par-dessus bord. "
- Tu me tenterais presque dis donc ...

Et puisqu'il se trouvait toujours face à elle, ses yeux pétillant de ruse et de défi, plutôt que d'avancer, elle recula vers le fond du nid de pie. Si Elliott Smith était intelligent, elle n'avait rien à lui envier.  Elle voulait descendre et quelque soit la façon d'y parvenir, et quelque soit l'obstacle donc, elle le contournerait. Elle se détourna un instant afin de scruter l'horizon, puis lorsqu'elle vit des personnes s'approcher, elle songea que c'était le bon moment. Avec  la souplesse et l'agilité qui étaient les siennes, en un bond elle monta sur le bord du nid de pie comme il le lui avait suggéré . Le pont inférieur se trouvait sous ses pieds à quelques mètres plus bas, et si elle prenait de l'élan, elle se retrouverait à la mer.  Ce qu'elle avait prévu, se réalisa. Les deux hommes qui se promenaient levèrent tout à coup leur tête très angoissés par cette jeune fille, qui ne laissait aucun doute sur ses projets. Il  n'était pas rare sur ce navire suintant la mort, de voir ce genre de comportement chez les autres passagers. Au moins la croirait-on folle ou désespérée et on s'offusquerait moins de sa tenue très négligée.

- Mademoiselle, ne faites pas ça ! Je sais que notre cas à tous  est désespéré mais ne faites pas ça !

Déjà l'un levait ses bras pour la rattraper et l'autre arrachait la toile d'un canot de sauvetage pour lui faire une sorte de drap sous elle. Alors pivotant légèrement la tête en direction d'Eliott pour lui faire un clin d'œil provocateur, elle sauta dans le vide sans hésiter. La toile la rattrapa sans le moindre mal. Pas d'infirmerie pour elle et elle était bel et bien descendue. Les hommes qui l'avaient secourus tremblaient ayant son corps fragile contre le leur, tandis qu'elle, restait stoïque, un sourire carnassier aux lèvres. Elle n'en avait pas fini avec Elliott. Elle voulait se venger de son humiliation et lui en infliger une à lui aussi.

- Pourquoi avoir fait ça ?

Elle se mit à sangloter comme une vraie tragédienne, tandis que l'un des hommes l'encerclait de sa veste. Veste qu'elle ne jeta pas contrairement à l'autre à la mer.  

- Cet homme là haut m'a volée et n'a pas hésité à me mettre dans cet état ! Peut-être même voulait-il ... Oh quelle horreur !  

Elle désignait Elliott de son doigt accusateur que l'on devinait de loin sur le nid de pie. Elle  se blottit plus encore contre le torse de son nouveau sauveur jouant à merveille, le rôle de la petite dinde cherchant à être protégée. Les hommes sont si sensibles à cela ...

- Arrêtez le ! Quelle honte !  Rentrez dans votre cabine mademoiselle, nous nous en occupons ...

D'autres gens alertés par ce qui se passait, s'étaient regroupés autour d'eux et tous se mirent tout à coup à courir en direction du prétendu voleur, afin de le mettre hors d'état de nuire. Lydia était de nouveau seule, la veste qu'elle serrait sur ses épaules. Alors avec une dernière provocation, elle se mit à hurler en direction d'Elliott :

- A présent, c'est toi le lapin ! Cours avant de recevoir du plomb dans les fesses !

Et un rire à la fois bien moqueur et diabolique s'échappa de sa gorge. Elle était enfin débarrassée de cet énergumène dont elle ne connaissait pas même le nom, mais peut-être n'était-ce pas encore fini, qui sait ?  C'est pour cela, qu'elle ne rentra pas tout de suite dans sa cabine, voulant profiter du spectacle. jusqu'au bout . Elle resta donc en bas du nid de pie. A ses risques et périls, mais après tout n'avait-elle pas peur de rien ?


Dernière édition par Lydia Cooper le Jeu 26 Sep - 2:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   Mer 14 Aoû - 14:40

- Qui a dit que je ne voulais pas qu'ils mettent la main sur moi ? Tu es arrivé comme un cheveu sur la soupe, mais qu'est ce que tu en sais ? Ils venaient de me dire qu'ils aimaient être battus, tu connais comme moi ce genre de tordus, alors j'obéissais et par ta faute, j'ai perdu ma paye !

Je grimaçai. Lydia s'emmêlait dans ses propres mensonges à un rythme effarant.

"Non, non, non, non et NON ! S'ils avaient voulu se faire battre, ils n'auraient pas tenté de te faire du mal, et encore moins de t'empêcher de faire un seul mouvement. Si tu veux attirer l'apitoiement ou détourner l'attention, tu dois prendre garde à ce que tes mensonges soient TOUJOURS crédibles ! Là, tu me donnes l'impression d'avoir affaire à un gamin de quatre ans qui accuse son chien d'avoir mangé son devoir !"

La suite de la conversation, sans être tout aussi navrant que ce passage là, prit une tournure que j'aurais apprécié de pouvoir qualifier de "dramatique". Montant sur le garde-fou du nid-de-pie, Lydia se campa sur ses deux jambes, sa maigre poitrine à peine dissimulée par ses mains.
Je ne craignais pas pour sa vie. J'avais moi-même bien trop souvent tenté le saut de l'ange pour comprendre qu'une fois de plus ou de moins ne changerait strictement rien à l'affaire. Nous étions condamnés à demeurer pour l'éternité sur ce rafiot, que cela nous plaise ou non.
Aussi, l'insistance de la jeune femme, qui demeura stoïque durant de longues minutes au lieu de se jeter dans le vide, me mit la puce à l'oreille. Quand j'entendis les premières clameurs des passagers, l'incitant à ne surtout pas accomplir de geste irréfléchi, je ne pus retenir un ricanement satisfait.
Se servir de la compassion des autres pour se tirer d'affaire... Je n'y aurais pas songé sur le coup, moi-même.
La prostituée avait des ressources. Elle savait se servir de son cerveau, de la matière grisâtre pendouillant mollement au fond de son crâne. Et lorsqu'elle se jeta dans le vie, je me penchai à la rambarde, observant avec satisfaction le spectacle de la jolie damoiselle s'échouant avec délicatesse dans une toile arrachée à l'un des canots de sauvetage par la majeure partie des spectateurs involontaires de cette pseudo-tentative de suicide.
Mais ça ne s'arrêterait pas là.
Non, son petit clin d'œil espiègle, qu'elle me fit avant de se laisser porter par la gravité, m'assura qu'elle ne se contenterait pas de fuir. Elle allait contre-attaquer. Non.
Elle DEVAIT contre-attaquer.
Et je tenais à voir de quelle manière elle s'y prendrait.


"Allez, petit pantin, marmonnai-je dans ma barbe de trois jours. Montres-moi ce que tu me réserves. Prouves-moi que tu mérites l'intérêt que je te porte. Allez. Allez."

Et ça ne rata pas. Mais d'une manière à laquelle je ne m'attendais pas tant que ça.
Usant de talents de comédienne d'une rare qualité, la damoiselle se pressa contre le torse de l'homme qui lui passa sa veste autour des épaules, qu'elle accepta sans rechigner. Fondant en larmes, elle désigna le nid-de-pie du doigt, et l'instant d'après, tous les regards convergèrent dans ma direction.
Mû par un irrépressible instinct de survie, je me penchai à toute allure, disparaissant derrière l'épaisse cloison de la vigie du paquebot. Ce fut alors que Lydia cria ses mensonges, affirmant que je venais de la dépouiller, et que si elle n'avait pas sauté, je lui aurais sans doute fait bien pire.
Bien entendu, un homme honnête ne se serait pas caché aux yeux d'une foule en colère. Il serait demeuré stoïque, aurait clamé son innocence et quémandé un procès équitable.
Mais j'étais bien trop intelligent pour être honnête. Sans quoi, je ne serais pas ici. J'aurais fini la corde au cou ou derrière des barreaux d'acier. Et je savais aussi à quel point les humains moyens, notamment lorsqu'on les réunissaient en bande, se montraient plus idiots encore qu'une fois esseulés. A cause de tels attroupements, on en arrivait parfois à des lynchages, des meurtres ou des viols collectifs, effectués par des personnes qui, en solitaire, n'auraient pourtant jamais agi de cette manière.
J'inspirai à fond, puis fermai les yeux, entendant alors les passagers entourant la jeune fille, poussés par la colère et le désir de souffrance, le tout encensé par leur damnation éternelle, se lancer à ma poursuite.
Tendant l'oreille, je discernai, avec une chance hallucinante, que l'un des assaillants venait de distancer ses compères, vraisemblablement déterminé à me mettre le grappin dessus bien avant les autres. Pas de souci, mon grand. Tu seras le premier à avoir droit aux réjouissances.
Je me glissai, aussi vite que je le pouvais tout en demeurant accroupi, jusqu'à l'ouverture du nid-de-pie, conduisant aux escaliers.
L'homme qui en jaillit en premier, un grand blond doté d'une casquette plongeant sur ses yeux, ne me remarqua que trop tard. Lorsqu'il me détailla du coin de l'œil, ma fidèle matraque s'écrasait déjà sur sa nuque, l'expédiant dans les bras de Morphée avant qu'il ait pu pousser un seul cri d'alerte.
Je me jetai alors sur sa chemise, que j'ouvris d'un coup sec, sans me soucier des boutons qui sautèrent dans tous les sens, et l'arrachai à ma victime.
Mon cœur battait la chamade, mon souffle ne cessait de s'accélérer alors que j'enfilai à mon tour cette chemise. J'eus à peine le temps de m'emparer de la casquette et de la poser sur mon crâne que, déjà, trois autres hommes débarquaient dans les hauteurs, dont l'un rouge d'avoir couru trop vite.
Mon pied vola, et heurta la mâchoire de l'homme assommé, ce qui le réveilla et lui fit pousser un gémissement de douleur.


"Connard de violeur de merde ! Hurlai-je, persistant dans mes coups de pieds sur le pauvre innocent."

Et ce qui devait arriver arriva. Ses propres compagnons, n'ayant pu identifier avec certitude "l'agresseur" de Lydia, ne voyant qu'un crâne dépourvu de couvre-chef et une chemise de corps sans manches, tirèrent les conclusions qui s'imposèrent en voyant un homme correspondre à cette frêle description se faire tabasser par un autre, portant les vêtements du premier à s'être précipité vers le nid-de-pie.
Et ils se joignirent à moi, faisant pleuvoir un nombre incalculable de coups sur le pauvre homme, qui, en quelques secondes, eut le visage si ensanglanté que même sa mère n'aurait pu le reconnaître. De toute manière, je doutais qu'il fut encore capable de prononcer le mot "maman" sans laisser échapper quelques dents.
Abandonnant ma proie, je reculai peu à peu, laissant l'innocent être roué d'attaques insensées par la foule qui se pressait désormais dans le nid-de-pie, et profitait d'un manque d'attention général pour, à mon tour, emprunter les escaliers, que je descendis en toute impunité, sans la moindre inquiétude.
Lydia, qui se fit un véritable plaisir de me huer depuis le plancher des vaches – bien que je doutais que la moindre vache ait parcouru le paquebot – dut perdre son air victorieux en me voyant descendre, sans même une goutte de sueur au front.
J'ôtai avec négligence la casquette, souriant comme un dément, et heurtai maladroitement un couple de Première Classe, qui passait entre moi et la jeune prostituée. Je m'excusai avec toute la déférence nécessaire, mais récoltai quand même une paire de regards hautains, avant que les deux ne mettent les voiles à leur rythme.


"Ma pauvre, pauvre Lydia... Je faisais déjà ce genre de coups tordus alors que tu apprenais encore à te faire fourrer par tous les orifices. Alors si tu veux me surprendre, il faudra faire mieux."

La casquette tournoya autour de mon index. Après quelques tours, je la posai, moqueur, sur le crâne de la jeune femme, affrontant avec plaisir son regard assassin.

"Mais je dois reconnaître que tu t'es bien débrouillée. Ressentir le danger arriver à toute allure, la nécessité de prendre la bonne décision pour s'en tirer avec le moins de conséquences possibles, le frisson qui te parcourt la colonne vertébrale... Mhmmm... C'est une véritable drogue, à laquelle je n'avais pas goûté depuis le départ de ce fichu paquebot !"

Je tournai autour d'elle depuis le début de mon discours. Quand je me stoppai, sur sa droite, et plaçai ma main sur son épaule, amical.

"En fait, c'est moi qui doit te remercier. Tu m'as fait ressentir des sensations auxquelles je ne pensais même plus avoir droit depuis le début de cette damnation qui nous frappe tous. Mais..."

Mes doigts glissèrent, puis se crispèrent sur le biceps nu de Lydia.

"Malheureusement, il se trouve que la Nature m'a doté d'une rancune extrêmement tenace."

A ces mots, je bondis en arrière, m'écartant d'elle de quelques mètres, tournai la tête et hurlai :

"Monsieur !"

Les deux rupins, que je heurtai un peu plus tôt, se retournèrent dans notre direction. Avec un air aussi sérieux qu'affolé, digne de la prestation que nous offrit Lydia quelques minutes plus tôt, je pointai la prostituée du doigt, et criai à l'homme :

"Cette femme ! Elle vient de vous voler votre montre à gousset !"

Pendant un instant, rien ne se passa. Puis, les deux aristocrates remarquèrent, avec une certaine condescendance, la chaîne d'or dépassant de la poche de la veste que Lydia serrait sur ses épaules.
Si un éclair lubrique passa dans le regard du mari, lui et sa femme hurlèrent, presque à l'unisson, une série de "au voleur !", tout en désignant la damoiselle en guenilles.
Quelques secondes plus tard, trois matelots débarquèrent sur le pont, et localisèrent Lydia avec un regard ne présageant rien de bon pour la jeune femme, et marchèrent dans sa direction, tels une bande d'ours affamés, avec la ferme intention de lui faire passer le goût du larcin.
Malheureusement pour elle, même avec toute la bonne volonté du monde et ses yeux de biche, m'accuser à sa place n'aurait servi à rien. Elle venait de pousser une foule au lynchage d'un homme, auquel elle venait de hurler des menaces de mort avant d'éclater d'un rire démoniaque, à portée d'oreille de tous les autres passagers n'ayant pas foncé pour sauver ce qui restait de sa pudeur.
Avec la montre dans sa poche, son air débraillé et les rupins qui réclamaient désormais sa tête, je doutais qu'elle parvienne à s'en sortir... A moins que...
J'arrêtai un des marins du bras.


"Monsieur, cette femme est fourbe. Elle serait capable d'accuser le propriétaire de cette veste. Un pauvre homme qui vient de partir mettre en pièces un autre qu'elle a accusé d'avoir tenté de la violer. OH ! Mais j'y pense !"

Je me retournai vers eux, l'air choqué.

"Vous pensez que celui qu'ils sont en train de tabasser était peut-être innocent ? Elle aurait poussé des gens au meurtre ?"

Dans l'instant, les regards de toutes les personnes présentes se concentrèrent sur la péripatéticienne, avec au fond des pupilles une rage et un écœurement que je ne vis que rarement. Sauf chez Edward, quand l'un des siens commettait un meurtre.
Aurait-il été fier de me voir accomplir un tel massacre de réputation ?
Sans doute.

Pauvre Lydia.
On ne joue JAMAIS au jeu du plus intelligent avec moi.
Parce je ne joue pas.
Pour moi, c'est un duel à mort, et je mets toute ma force dans chacun de mes coups.
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MessageSujet: Re: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   Mer 25 Sep - 18:52

Lydia était certaine d'en avoir terminé avec ce rustre de première catégorie. Elle espérait que ce qu'elle lui avait fait, lui servirait de leçon et que si le malheur faisait qu'ils se rencontraient de nouveau, il puisse baisser les yeux devant elle. De cela, elle se trompait amèrement ! Sans doute cet inconnu était aussi indomptable, aussi rebelle et aussi acharné qu'elle dans ses actes. Au fond, peut-être se ressemblaient-ils ? Mais à cette minute, il était hors de question que la jeune femme se rende compte d'un seul point commun avec cette tête à claques. Elle préférait rire à gorge déployée en le voyant poursuivi par une foule de passagers.  Rire qu'elle allait bientôt ravaler malheureusement. Le blanc bec était rusé. Venant d'assommer un grand blond à coup d'une matraque sortie d'on ne sait où, il lui arrachait les vêtements un à un afin de prendre sa place. Lydia aurait pu s'enfuir à cet instant mais elle n'en fit rien, observant la malice d'un adversaire, ma foi à sa mesure. Elle voulait voir jusqu'où il irait afin de se sortir du mauvais pétrin dans lequel elle venait de le mettre. C'était fascinant d'avoir sous les yeux, ce que la peur peut exciter dans l'esprit humain après tout ! Après avoir revêtu la chemise et la casquette du malheureux gisant à terre, l'homme le réveilla pour l'assommer de nouveau et donner l'alerte. Les crétins qui étaient venus à son secours fondirent sur cette victime, comme un aigle sur une proie. Elliott était libre. De ce fait, descendant les escaliers quatre à quatre, l'inconnu malgré une bousculade avec des premières classes, lui fit bientôt face. Elle se mit alors à l'applaudir avec une ironie sans pareille et un sourire en coin.

"Ma pauvre, pauvre Lydia... Je faisais déjà ce genre de coups tordus alors que tu apprenais encore à te faire fourrer par tous les orifices. Alors si tu veux me surprendre, il faudra faire mieux."

Est-ce que cette réplique gracieuse, méritait seulement qu'elle y réponde ? C'était si bas ...  Elle n'en fit  donc rien, plantant simplement son regard brun et hautain avant de laisser échapper un ricanement.  Que croyait-il ce dément ? Qu'elle n'avait que ce genre de coups tordus en réserve pour lui faire du tort ? Oubliait-il qu'en matière de sournoiserie, un homme n'a jamais rien eu à apprendre à une femme et que dans cet art, ces dernières sont  maîtresses !  Elle n'hésiterait pas à le lui rappeler si les choses n'en restaient pas là immédiatement. Mais l'autre n'était pas prêt à la laisser s'en tirer à si bon compte pourtant elle ne broncha pas lorsqu'il mit cette casquette sur sa tête. Pourtant, Dieu sait que son sang bouillait dans ses veines et que l'envie de lui écraser la figure ne lui manquait pas.

"Mais je dois reconnaître que tu t'es bien débrouillée. Ressentir le danger arriver à toute allure, la nécessité de prendre la bonne décision pour s'en tirer avec le moins de conséquences possibles, le frisson qui te parcourt la colonne vertébrale... Mhmmm... C'est une véritable drogue, à laquelle je n'avais pas goûté depuis le départ de ce fichu paquebot !"

Prenant les pans de sa jupe entre ses doigts, elle lui fit une petite révérence tout à fait dédaigneuse.

- A ton service mon grand, c'est quand tu veux que je remets ça !

Pourquoi cet imbécile se mettait à graviter autour d'elle, aussi bien que les satellites le font autour des planètes ? Sa cervelle devait concocter une petite vengeance sans doute. Elle n'était absolument pas dupe. Ce type depuis le début, était non seulement un pot de colle mais il avait tout du bouledogue enragé, pour s'en convaincre il fallait simplement  regarder dans quel état avait été mis l'homme à la casquette.

"En fait, c'est moi qui doit te remercier. Tu m'as fait ressentir des sensations auxquelles je ne pensais même plus avoir droit depuis le début de cette damnation qui nous frappe tous. Mais..."
- Arrête ton cinéma, tu vas me faire rougir à force de me remer...

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase, puisque son bras fut tout à coup empoigné par Elliott.  Surprise, Lydia l'entendit clairement la menacer avant qu'il ne fasse un bond en arrière et qu'il n'interpelle un passant.  Qu'allait-il donc faire ?

"Monsieur ! Cette femme ! Elle vient de vous voler votre montre à gousset !"

Lydia était estomaquée, qu'avait-elle fait pour mériter un tel ennemi ? Cinq minutes plus tôt, il lui prêtait secours contre ses agresseurs, puis l'instant d'après  l'insultait en lui rappelant sa vie de débauche, pour en venir à la défier de se jeter par dessus bord !  Quelle délicatesse ! Qu'avait-elle demandé, si ce n'est de rejoindre tranquillement sa cabine ? Pourquoi n'avait-il pas voulu la laisser passer quand elle l'avait tenté plusieurs fois ? N'était-ce pas normal qu'elle ait voulu lui faire récolter ce qu'il avait semé, c'est à dire sa colère et ses fruits ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas en rester là ? A 1 contre 1 ! Que cherchait -il ? Cet homme était malsain et incompréhensible ! A croire qu'il aimait la voir sortie de ses gonds ! Quel pervers mais elle ne lui donnerait pas ce plaisir, car c'est bien également avec malice qu'elle agirait et avec un calme olympien. Un coup sûr, un coup de maître. Mais lequel ? Une idée devait lui venir vite à l'esprit car déjà des " Au voleur ! " retentissaient sur tout le pont.  Elliott se réjouissait par avance, mais elle ne voulut pas le voir se délecter par crainte de l'étrangler à l'instant même. Néanmoins, son supplice n'était pas fini ... L'accusation de vol ne suffisait apparemment pas.

"Monsieur, cette femme est fourbe. Elle serait capable d'accuser le propriétaire de cette veste. Un pauvre homme qui vient de partir mettre en pièces un autre qu'elle a accusé d'avoir tenté de la violer. OH ! Mais j'y pense !"

Meurtre et puis quoi encore ? Lydia n'avait ressenti que rarement une envie viscérale de vomir face à un être humain ou plutôt à cause d'un être humain ! Cet homme la dégoûtait. Mais il n'était pas encore temps de régler définitivement ses comptes avec lui, il fallait d'abord qu'elle sauve sa tête de la vindicte populaire. Fort heureusement, au cours du voyage avant que tous ne fassent naufrage, elle s'était parfois octroyée le plaisir d'avoir un amant parmi ces hommes bien nés et surtout mariés sans toutefois être payée. N'était-elle pas une femme libre se moquant bien des convenances ? Elle n' avait  pas toujours fait l'amour avec écœurement  et contre rétribution et aujourd'hui c'est elle qui choisissait ses amants et non le contraire!  Elle reconnut donc parmi eux deux aventures d'une nuit, dont le fameux propriétaire de la montre. Elle s'approcha alors à pas lents de lui, et tous ceux qui étaient aux alentours s'écartèrent comme si elle avait été porteuse de la lèpre. Sa femme y compris, ce qui était tant mieux. Prenant la montre entre ses doigts, elle la fit tournoyer sous le nez du propriétaire.

- Mais cette montre ne vous appartient pas, n'est ce pas monsieur ? Voyez  donc, les initiales L.C au dos. Ce sont les miennes.  Il aurait fallu que je sois bien agile pour vous voler une montre alors que vous vous trouviez encore à vingt pas de moi monsieur.  Car toutes ces personnes peuvent en témoigner, une jeune femme débrayée comme je le suis,  vêtue simplement d'une veste d'homme pour cacher sa poitrine nue, vous l'auriez sans doute remarqué depuis le début de votre promenade, je n'en doute pas messieurs dames.

Et elle poussa un petit rire. Et le doute se fit dans les esprits face à la pertinence de ses propos. Pourtant les yeux de Lydia se firent pétillants de menaces où le chantage était sous-jacent, lorsqu'elle s'adressa de nouveau à son ancien amant qui vu sa fébrilité, l'avait à présent reconnue.  

- Ou bien, aurait-il fallu que je me glisse dans votre chambre monsieur !  Mais je ne doute pas du tout que de jour comme de nuit les cabines des premières classes sont très surveillées par l'équipage et que rien n'aurait été laissé au hasard.

Les choses étaient dites et l'épouse du monsieur à seulement deux pas de lui. Le front de l'homme se mit à perler de sueurs froides. Il venait de comprendre à n'en pas douter où était son soudain intérêt. Sans doute tenait-il trop à la bourse de sa femme pour se permettre de la perdre pour une simple montre ? Il ne tenait pas à ce que l'allusion qu'elle venait de faire, dérape en sa défaveur et crée un vrai scandale ! Il se racla alors la gorge.

- Oui ... parfaitement ... mademoiselle a absolument raison jeune homme ! Cette montre ne m'appartient pas, je me souviens maintenant l'avoir laissée dans notre chambre.  ça ne peut pas être la même. Rien n'est gravée sur la mienne. Vous vous serez trompé. Venez donc chère amie, rentrons !

Lydia ne douta plus alors que cette affaire allait être classée sans suite, car de son côté le marin pris à parti par Elliott, membre de l'équipage lui même, pouvait-il mettre en cause un manque de professionnalisme ? Mais comme une dernière bravade , surtout envers Elliott qu'à présent elle fixait avec défi, elle laissa chuter la veste qu'elle portait. Tout le monde laissa échapper un petit cri de stupéfaction.

- Quant à la veste, puisqu'elle appartient effectivement à un homme très charitable coupable en rien puisqu'il n'y a pas eu vol, je vais la lui remettre de ce pas et sous vos yeux pour qu'aucun doute ne soit fait de ma bonne foi. Sait-on jamais après tout. A moins que je puisse faire cela plus tard, pour ne pas être accusée auparavant d'attaque aux bonnes mœurs ? C'est à votre préférence.

Elle savait qu'elle allait faire mouche par cette attitude. Ayant fait quelques pas en direction du paquebot, deux femmes offusquées se ruèrent alors vers la veste pour la lui remettre elles-mêmes sur les épaules.

- Oui faites ça plus tard mademoiselle, vous ne pouvez pas traverser le pont comme ça voyons ! Nous vous croyons !
- Vraiment ?
- Mais oui !
- Non attendez, il faudrait peut-être s'assurer du témoignage de l'homme battu à mort et qui a tenté de me violer ! Qu'en pensez-vous ? Peut-être avouera t-il son crime !
- Il ne serait pas assez fou pour ça, mademoiselle, il peut la clamer encore et toujours son innocence, qui le croirait ? Personne ne se dénoncerait de lui-même après avoir tenté de faire ça !  Bien sûr qu'il va hurler qu'il est innocent mais personne ne sera là pour l'entendre.  C'est votre parole contre la sienne et maintenant qu'on sait du duc de Wellington que vous n'êtes pas une voleuse.

Et c'est ainsi que tout s'arrangea pour Lydia, satisfaite comme jamais et pour une fois dans sa vie d'avoir couché avec  un homme ! C'est ce qui venait de lui sauver la peau ! Les badauds reprirent  peu à peu leurs activités. L'œil brillant de cette victoire, elle refit face à Elliott la tête haute avant de cracher à ses pieds.

- Tu avais raison un jeu dangereux donne pas mal de frissons, mais en tout cas si je me suis faite fourrée par tous les orifices comme tu le dis si bien, pour cette fois c'est toi qui l'as bien profond !
 
Jouant à son tour de la casquette qui était toujours sur sa tête, Lydia la retira pour la poser de nouveau sur celle d'Elliott.

- Comme ça, ça te donne l'air qui te va le mieux : celui du gamin tout juste bon à jouer dans les bacs à sable et pas dans la cour des grands ou encore moins dans le bordel où j'étais ! Tu devais être trop morveux pour être avec une femme comme moi, même si tu avais l'argent en poche !  C'est sans doute pour ça que je ne t'ai jamais vu là bas et pourtant il parait que tu habitais à Southampton toi aussi, je t'ai reconnu maintenant, j'ai dû te croiser au jardin à enfants.

La jeune femme le détaillait de haut en bas avec mépris.

- Mon pauvre, tu te contentes de peu de choses pour faire vibrer ce qui reste de ta vie ... Tu dois t'ennuyer beaucoup ! Mais faire tomber toutes les dents de ce type, ne fera pas de toi un homme et moi je suis habituée à être avec des hommes , des vrais qui me font pas des coups de pute comme les tiens ... Oh pardon pour ce jeu de mots.

Mettant la main devant sa bouche pour masquer un faux repentir, Lydia finit par faire demi tour afin de regagner sa cabine.  Est-ce que ça allait prendre fin ce cauchemar ?
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MessageSujet: Re: Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}   

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Quand la foudre frappe ! {Lydia & Elliott}

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