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 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]

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MessageSujet: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Mer 22 Mai - 19:00


Depuis que Charles John Wellington avait fui l’Amérique pour s’établir en Europe, fuyant ainsi sa vie et la femme qu’il aimait, l’homme vivait comme si chaque jour était le dernier. Dix longues années s’étaient écoulées pendant lesquels Charles collectionnait les amantes, buvait à en perdre la raison et jouait comme s’il la vie ne lui avait offert aucune leçon. Des années plus tôt, il avait cru qu’il retournerait auprès de sa belle Mary-Ann, mais elle avait donné vie à deux petits anges et les mensonges  dans lesquels il l’avait plongée toutes ces années étaient devenues trop lourds pour qu’il puisse revenir à ses côtés. Bien qu’il ait eu de nombreuses amantes, Mary-Ann demeurait la seule femme qui possédait les clés du cœur du quadragénaire. Quelques années plus tôt, Charles avait été le client d’une si jeune prostituée qu’elle aurait pu être sa fille et que si on avait découvert qu’un homme de son âge fréquentait une jeune femme de son âge, les choses auraient pu être très compliquées pour lui. Néanmoins, Violet avait quitté cet emploi disgracieux à 17 ans et Charles ne l’avait revu que des années plus tard, alors qu’elle travaillait au théâtre. La jeune femme caressait le rêve de devenir une grande actrice et un soir, Charles avait été à sa rencontre à la suite d’une des rares performances qu’elle avait fait sur scène en tant que remplaçante. Elle était très douée et le réalisateur en Charles avait vu en Violet une petite mine d’or. Elle était peut-être son ticket d’entrée pour son retour en Amérique? Quoi qu’il en soit, après plusieurs échanges, Charles avait convaincu Violet que l’Amérique pourrait lui offrir une meilleure vie. Économisant de l’argent chacun de leur côté pour ce voyage, Charles lui avait faire croire qu’il était riche, mais souhaitait faire le voyage incognito, les deux amants avaient réussis à se procurer des billets de troisième classe à bord du tout nouveau Titanic. Violet et Charles étaient arrivés à Southampton le 8 avril 1912. L’homme avait réservé une petite chambre d’un hôtel pour tous deux avant le départ tant attendu.

Se tournant sur lui-même, Charles avait ouvert les yeux sur la pénombre de la chambre. À ses côtés, la jeune Violet respirait doucement dans son sommeil. Se redressant tant bien que mal, les yeux plissés, l’homme regarda autour de lui. Il était beaucoup trop tôt. Se recouchant, enfouissant sa tête dans les oreillers, Charles tenta de se souvenir le rêve qu’il faisait un instant plus tôt. Dans quelques heures le soleil allait se lever sur Southampton et des centaines de gens allaient se bousculer dans les rues pour apercevoir le Titanic. La veille, l’homme avait eu l’estomac tout à l’envers en imaginant son retour en Amérique. Ses créanciers l’avaient-ils oublié? Reverrait-il Mary-Ann? Que devrait-il dire à Violet lorsqu’elle découvrirait qu’il n’avait pas d’argent et que ce n’était pas à ses côtés que ses rêves d’actrices allaient se réaliser? La jeune femme soupira aux côtés de Charles et se dernier tourna la tête vers elle pour la regarder. Malgré la pénombre, il pouvait apercevoir les courbes de ce corps si jeune. Se tournant une nouvelle fois, le quadragénaire s’approcha de Violet et la prit dans ses bras. Ses cheveux sentaient si bons et sa peau était si douce. Couvrant ses épaules nues de baisers, Charles ferma les yeux. Le jour viendrait assez rapidement. Violet avait marmonné quelque chose dans son sommeil alors que Charles l’embrassait et cela le fit sourire. Il n’éprouvait pas d’amour véritable pour cette beauté, mais il l’appréciait et aimait chacun des moments qu’ils partageaient ensemble.


Dernière édition par Charles John Wellington le Mer 16 Oct - 2:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Ven 21 Juin - 21:32

Tout cela me paraissait étrange.
Trop beau, peut-être. Comme si, enfin, ma vie allait changer. J'avais toujours rêvé, au fond de moi, d'aventures et d'une existence autre que la mienne. Une qui serait peuplée de rencontres, d'épopées, de découvertes et de nouveaux paysages. J'appréciais la brume et les nuages grisonnants couvrant l'Angleterre. L'air saturé de la pollution industrielle de Londres ne me dérangeait pas. J'aimais l'odeur de la mécanique et des ateliers. Combien d'hommes étaient-ils passés dans mon lit, leurs vêtements et leur peau suintant cette même odeur de cambouis et de rouille ? Plus que ceux sentant les parfums et les fragrances hors de prix, en tout cas.
Mais aujourd'hui, tout cela, c'était du passé. L'Amérique s'ouvrait à moi. Je pourrais tout recommencer à zéro. Être une Mademoiselle Tout-Le-Monde. Quitter cette étiquette plus que négative de prostituée qui me faisait passer pour une traînée arpentant les rues noircies et nauséabondes à la recherche d'un homme en mal d'amour. Cette chance, je la devais à Charles Wellington, un homme que j'avais connu lorsque je travaillais encore dans l'établissement de Madame Hawk. On me l'avait confiée alors qu'il était en pleine tourmente ou, comme je préfère le dire, au creux de la vague. Ses yeux clairs étaient si tristes et mélancoliques alors que je m'attardais à sa guérison qu'ils avaient laissé une empreinte indélébile sur ma petite personne. La trace d'un homme qui, je croyais, ne pourrait jamais être heureux. Je ne connaissais ni sa vie ni son histoire et, en général, les hommes déliaient leur langue vite lorsqu'ils avaient une épaule contre laquelle pleurer. Mais cela n'avait pas été le cas de Charles. Je ne lui avais donc rien demandé. Nous nous étions vus quelques fois avant qu'il disparaisse de la circulation et que je quitte mon emploi pour m'engager dans mon minuscule théâtre.
Mais, il y avait de cela une semaine, il était reparu devant moi, comme par magie. Il avait assisté à une de mes représentations sur ma scène de fortune et m'avait alors convaincu de prendre le Titanic avec lui en me promettant un avenir sur les planches du cinéma américain. Quelle n'avait pas été ma surprise lorsqu'il m'avait dévoilé l'étendue de sa fortune et son emploi sur le Jeune Continent ! Mon abasourdissement passé, je m'étais empressée d'accepter la proposition de Charles et, après avoir acheté les billets, nous étions partis pour Southhampton.

La nuit précédent notre départ, j'avais eu du mal à m'endormir. Je n'avais jamais pris le bateau et j'avais un peu peur de la traversé. Je ne m'étais jamais connue aussi timorée. Une vraie enfant ! Un si long trajet loin de la terre ferme m'angoissait. J'avais envoyé une lettre à ma famille quelques jours auparavant en leur promettant de leur écrire dès mon débarquement à New York. Ils me manqueraient mais c'était pour le meilleur. J'avais fini par sombrer dans les bras de Morphée mais mon cœur restait agité par la perspective de notre voyage, à Charles et moi.
Je fus réveillée par Charles qui ne cessait de se tourner et de se retourner entre les draps. Ensommeillée et les paupières lourdes, je me demandais s'il rêvait avant de me rendre compte qu'il était réveillé. Alors que j'allais ouvrir les yeux, je sentis ses bras encercler mes épaules dénudées et il m'attira contre lui. Je blottis mon visage contre son torse nu et enlaçais à mon tour son torse. Il laissa ses lèvres papillonner sur ma peau frissonnante.

_Ça chatouille, grognais-je d'une voix amusée.

On pouvait dire que j'avais connu pires réveils. Je m'écartais un peu de lui pour pouvoir considérer ses traits. Je laissais ma main droite courir sur ses pommettes et effleurer sa mâchoire carrée et sa barbe, mal rasée. Ses yeux avaient, encore et toujours, ce même éclat de triste mélancolie même si son visage semblait plus apaisé que lors de notre première rencontre. Il paraissait fatigué. Des cernes s'alourdissaient sous ses cils et son front était strié. D'angoisse ou d'épuisement ? Je n'aurais su le dire. Je n'aurais su dire si j'aimais cet homme. Je croyais pouvoir affirmer sans me tromper que je n'étais jamais tombée amoureuse. Comment cela aurait-il été possible avec un emploi comme le mien ? Je n'avais pourtant jamais détesté les hommes. J'avais aimé chacun de ceux qui étaient venus se blottir entre mes bras. Sincèrement. Mais jamais, ô grand jamais, je ne les avais vraiment aimés. Charles était un de ces hommes, intouchables. Comme venant d'un monde qui n'était et que ne serait jamais le mien.

_Tu as dormi ? lui demandais-je doucement en caressant ses cernes bleutées. Il est encore tôt, tu peux encore te recoucher.

Je mordillais mes lèvres et fronçais les sourcils, un peu inquiète. Je n'aimais pas le voir aussi tendu. Peut-être était-ce l'idée de prendre le bateau ?

_Je ne sais pas si c'est la traversée qui t'angoisse... Bien que cela m'étonnerait. Si cela peut te rassurer, moi, c'est la première fois que je prends la mer. Mais un paquebot comme le Titanic... On dit qu'il est insubmersible. Cela a de quoi rassurer, non ?

Je souris et étouffais un bâillement. Je sentais mon esprit se désembrumer, petit à petit et je sus que je ne me rendormirais pas avant notre départ pour l'Amérique. Dehors, le soleil n'était pas encore levé.

_Je ne sais pas si je l'ai déjà fait mais... Merci. Merci pour tout, chuchotais-je contre lui. Tu sais l'Amérique... c'est comme un rêve qui se réalise. Je ne pourrais jamais assez te remercier. Pour une fille comme moi, tu es un peu le preux chevalier libérant la princesse de sa tour d'ivoire. Drôle de tableau, avec une princesse comme moi, n'est ce pas ? Je ferais une drôle de noble dame.

Cette fois, je laissais s'échapper de mes lèvres un petit rire. M'imaginer vêtue d'une robe guindée, centrée et couverte de taffetas avait de quoi se tordre de rire. Bien que cela ne m'aurait pas tellement déplu en soi.

_Dis moi, Charles, l'Amérique, c'est comment ? Ça ressemble à Londres ? Parle moi des gens qui tu y connais...

C'était bien la première fois que j'osais lui poser une question sur sa vie. Je me sentais d'une nouvelle ardeur, ce matin là. Peut-être que l'air de New York m'avait déjà changée, finalement.


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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Lun 8 Juil - 22:59



« Ça chatouille » avait grogné d’une voix amusée la jeune femme sous les baisers de Charles. S’écartant de son étreinte, elle le regardait, caressant son visage. Les yeux fermés, l’homme profitait de ce petit moment de tendresse, se remémorant une époque reculée où une autre jeune femme effectuait le même geste. Ouvrant les yeux, Charles plongeait son regard dans les yeux magnifiques de Violet. Elle semblait détailler son visage et le quadragénaire ne savait ce que cette petite était en train de penser de ses traits d’homme mur. Il avait l’âge d’être son père…À cette pensée, Charles imagina quelques instants comment il aurait réagi s’il avait appris que sa petite fille avait fréquenté un homme de son âge à l’âge auquel lui-même avait fréquenté la si jeune Violet pour la première fois. Au moment où il pensa qu’il aurait coupé la tête à un tel homme, Charles décida de changer le cours de ses pensées.

« Tu as dormi ? Il est encore tôt, tu peux encore te recoucher. » Dit-elle d’une voix douce alors que l’homme étirait son corps dans tous les sens, s’éveillant un peu plus. « Je crois avoir dormi, mais pas très bien, j’ai beaucoup rêvé… » Lui avait-il répondu en lui adressant l’un de ses sourires les plus sincères. Violet était si mignonne! Elle avait mordillé ses lèvres en fronçant les sourcils d’un air inquiet en lui posant la question. Parfois, lorsqu’elle le regardait ainsi, Charles s’imaginait tomber amoureux d’elle et il se demandait que serait sa vie s’il décidait finalement de ne jamais retrouver Mary-Ann. Heureusement pour cette dernière, ces pensées s’envolaient rapidement de l’esprit du réalisateur déchu chaque fois où il repensait à cette femme merveilleuse, mère de ses enfants.  Bien entendu, rien n’était certain concernant son ancienne amie de cœur. Une telle femme ne devait pas être resté très longtemps sans mari suite à son présumé décès…

« Je ne sais pas si c'est la traversée qui t'angoisse... Bien que cela m'étonnerait. Si cela peut te rassurer, moi, c'est la première fois que je prends la mer. Mais un paquebot comme le Titanic... On dit qu'il est insubmersible. Cela a de quoi rassurer, non ? » Violet sourit, puis étouffa un bâillement. Ceci eu pour effet de faire bailler l’homme également. Riant doucement, Charles déposa un baiser sur le front de la beauté à ses côtés. « On dit également que c’est l’un des plus luxueux navires de notre époque! » Fronçant les sourcils, il poursuivit : « Je crois que c’est l’idée de revenir à la maison après dix longues années d’absences qui me préoccupent… » Les deux amants restèrent un instant silencieux, profitant du moment qu’ils passaient ensemble. Charles caressait les épaules de la jeune femme d’une main tout en fixant le plafond sombre de la chambre.

« Je ne sais pas si je l'ai déjà fait mais... Merci. Merci pour tout. » Chuchota Violet, brisant ainsi le silence. « Pourquoi exactement ma belle?... » Lui avait alors demandé Charles, l’esprit encore endormi malgré l’absence de sommeil. « Tu sais l'Amérique... c'est comme un rêve qui se réalise. Je ne pourrais jamais assez te remercier. Pour une fille comme moi, tu es un peu le preux chevalier libérant la princesse de sa tour d'ivoire. Drôle de tableau, avec une princesse comme moi, n'est-ce pas ? Je ferais une drôle de noble dame. » La jeune femme éclata de rire, ce qui fit sourire l’homme. Il était vrai qu’il l’avait sauvé de la vie qu’elle avait menée trop longtemps malgré son jeune âge, mais lui offrait-il mieux? Charles n’avait rien, pas un sous. Bien entendu, il pourrait peut-être demander de l’aider à ses frères et sœurs, comme il l’avait souvent fait par le passé, mais en Amérique, il n’existait plus. C’était une nouvelle vie qu’il devait se reconstruire là-bas. Violet était son trésor, la perle qui allait lui redonner sa gloire d’antan, mais les premiers mois, voir les premières années ne seraient pas faciles. Allait-elle le soutenir et le comprendre? Sentant son estomac se contracter, Charles tourna le regard. Il n’était pas un homme mauvais, mais afin de sauver sa peau, il avait souvent menti, tentant de profiter de la naïveté de jeunes femmes rêveuses. Comme il s’en voulait pour tout cela…

« Dis-moi, Charles, l'Amérique, c'est comment ? Ça ressemble à Londres ? Parle-moi des gens qui tu y connais... » Violet n’avait jamais posé de questions sur la vie de Charles avant l’Europe et le quadragénaire lui en avait été grandement reconnaissant. Il lui avait parlé de sa fortune, de son métier de réalisateur, mais n’était jamais entré dans les détails afin de limité ses mensonges. Que devait-il répondre à cette beauté curieuse? Prenant une grande inspiration, l’homme tourna les yeux vers Violet et la rapprocha de lui par une étreinte. « L’Amérique, c’est très différent de l’Europe et en même temps si semblable. En tant qu’Américain, je te dirais qu’il y a une fierté à être natif de ce continent en lien avec l’histoire des États-Unis. Il y a aussi ce qu’on appelle le rêve Américain…Chaque américain croit fermement que n’importe qui peut, à partir de rien, par son courage et sa détermination, devenir prospère. C’est pour cela que pour les Européens, l’Amérique est la terre promise des rêves…Enfin, c’est mon humble point de vue… » Évitant volontairement de parler des gens qu’il connaissait en Amérique, Charles sourit à la jeune Violet et déposa un doux baisé sur ses lèvres puis entreprit de se redresser dans le lit. « Je suis content de faire ce voyage avec toi Violet, tu le sais n’est-ce pas? »
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Mer 10 Juil - 22:57

Charles m'imita et bâilla avant d'embrasser mon front. Je m'étais rarement sentie en sécurité depuis mon arrivée à Londres. Les hommes qui partageaient ma compagnie n'étaient, en général, pas ce qu'il y avait de plus rassurant. Pourtant, blottie dans les bras du réalisateur, la joue appuyé contre son torse brûlant, je pouvais me sentir bien. C'était presque une autorisation que je me donnais. Les matins, dans l'établissement de Madame Hawk, j'étais toujours sur le qui-vive. Le soir aussi, d'ailleurs. Maintenant que j'y pensais, je n'avais jamais été en paix. Plusieurs fois, il y avait eu des cas d'effraction. Un ou plusieurs hommes arrivaient toujours à se glisser et à terroriser les filles. J'avais été surprise, une ou deux fois, alors que le soleil se levait et que nous pouvions nous reposer. Par chance, la police avait déboulé dans ma minuscule chambre de bonne avant que l'homme ait eu le temps de s'approcher. Certaines de mes compagnes d'infortune n'avaient pas eu cette chance. Je réprimais un frisson et me collai, si cela fut encore possible, encore plus à Charles. Je ne voulais plus penser à la maison close. C'était un temps révolu. Je me devais de vivre dans le présent, maintenant. Une nouvelle vie s'offrait à moi.

Lorsque Charles aborda son appréhension à rentrer en Amérique, je sourcillais. Il parlait rarement de sa vie aux États-Uniset je tendais l'oreille à chaque fois qu'il daignait m'en parler. Souvent, ce n'était qu'une allusion. Une simple bribe de phrase lâchée sans grande attention. La plupart du temps, je ne pouvais rien en tirer. Non pas que je cherchais à le faire. Mon protecteur m'en parlerait quand il le souhaiterait. Je n'étais pas le genre de fille dont la curiosité la démangeait et prête à mettre un couteau sous la gorge à chaque homme cachant un secret. Sinon, bien des gorges auraient été tranchées. Mais, de quoi Charles avait-il peur ? Que craignait-il ? Il était un réalisateur de renom. Et riche qui plus est ! Il n'avait rien à craindre. A moins qu'il ait peur que les journaux s'emballent à son retour ? Il ne voulait surement pas être harcelé par les journalistes... C'était compréhensible.

Mon amant détourna les yeux et je sentis son corps se tendre. A qui pensait-il ? Dans un sourire j'embrassais son menton. Je réprimais une grimace. Il ne s'était pas rasé depuis quelques temps. Sa barbe ne me gênait pas vraiment mais c'était toujours une drôle de sensation.
Il se mit à me parler de l'Amérique. De sa fierté à se sentir américain. Un peu plus et je sentirais son torse se bomber ! Je souris, ravie à l'idée qu'il s'ouvre à moi. Il énonça une chose que je ne connaissais pas. Le rêve américain. Peut-être que moi aussi, j'en ferais partie ?

_Je suis content de faire ce voyage avec toi Violet, tu le sais n’est-ce pas ?

Surprise qu'il me dise cela, tout de go, sans préambule, je ne pus contenir ma gêne. Je sentis un violent rougissement me bruler les joues. Comme une enfant, je tâchais de cacher mon visage sous le drap.

_Oh, arrête Charles, tu me fais rougir ! Je me sens bête maintenant... Et de nous deux, crois moi, c'est moi qui suit la plus heureuse de faire ce voyage avec toi. Tu ne sais pas... Tu ne peux pas savoir ce que cela représente pour moi. La main que tu me tends... C'est inestimable.

Je me sentis rougir de plus belle mais j'osais sortir de sous les couettes pour me redresser et m'asseoir. Je posais mes yeux sur ses traits, encore soucieux.

_Comment penses-tu que cela sera, à bord ? J'imagine qu'il y aura des personnes du grand monde, n'est ce pas ? Ne t'inquiètes pas pour ça, j'ai pris les plus jolies toilettes que l'on m'a... hum, offertes, pour ne pas te faire honte. Je ne laisserais jamais quelqu'un comme toi te promener avec une gueuse à son bras.

Je ne voulais pas aborder avec lui les cadeaux qui m'avaient été donné par certains de mes clients. C'était terriblement embarrassant. Même pour une fille comme moi.

_Oh, m'exclamais-je, et que fera-t-on une fois arrivés à New-York ? J'imagine que nous prendrons le train jusqu'en Californie ? Je me suis un peu renseignée, tu as vu ? C'est bien là que se trouvent les studios d'enregistrement, je me trompe ? Oh, excuses moi, je m'emballe un peu, ces derniers temps.

Je lui souris en caressant ses cheveux éclairés par le soleil qui pointait à l'horizon.
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Mar 16 Juil - 21:41


Malgré l’aide financière que Charles pourrait demander à ses frères et sœurs afin de récupérer un semblant de richesse et ainsi ne pas faire fuir Violet trop rapidement, une ombre se dessinait au tableau magnifique qu’il tentait de vendre à la jeune femme et il n’était pas question que de Mary-Ann. En effet, Charles était mort pour cette femme, mais il était mort avant tout pour ses créanciers. Que se passerait-il lorsqu’on découvrirait que le réalisateur n’était pas mort et que tout ceci n’avait été qu’une mise ne scène?  Sa couverture s’était montré infaillible en Europe, allez savoir pourquoi, mais en territoire américain, les choses seraient différentes. Il était un imposteur et une honte à la fierté américaine, cela ne resterait pas impuni. Ensuite, il y avait bien entendu, la réaction de Mary-Ann. Si son retour ne se faisait connaitre que d’elle, cette dernière devrait alors le prendre en charge puisqu’il ne pourrait pas redevenir celui qu’il était…Si elle ne voulait plus rien savoir de lui, soit il faisait face à la justice ou à la furie de Violet en tentant de devenir quelqu’un grâce à elle. Dans tous ces scénario, Charles John Wellington était perdant et mieux aurait fallu pour lui qu’il meurt réellement ou reste caché définitivement en Europe. Pourquoi son amour pour Mary-Ann, malgré toutes les belles amantes qu’il avait eu, ne s’était pas dissipé? Pourquoi, malgré l’affection que la quadragénaire éprouvait pour cette petite Violet, n’avait-il pas oublié la mère de ses enfants et n’avait pas refait sa vie avec elle, ici, en Europe? Les problèmes étaient si nombreux et lourds qu’ils auraient empêché n’importe qui de dormir…

« Oh, arrête Charles, tu me fais rougir ! Je me sens bête maintenant... Et de nous deux, crois-moi, c'est moi qui suis la plus heureuse de faire ce voyage avec toi. Tu ne sais pas... Tu ne peux pas savoir ce que cela représente pour moi. La main que tu me tends... C'est inestimable. » Se redressant à la suite de ses paroles, la jolie Violet était bien loin de se douter que ces paroles avaient eu l’effet d’un poignard de plus dans le cœur du réalisateur déchu. Charles n’était pas un mauvais homme, mais il avait fait des choses horribles par lâcheté. Tendant de diminuer l’impact de ces paroles sur lui, l’homme avait tourné les yeux, ne pouvant plus soutenir le regard de Violet.

« Comment penses-tu que cela sera, à bord ? J'imagine qu'il y aura des personnes du grand monde, n'est-ce pas ? Ne t'inquiètes pas pour ça, j'ai pris les plus jolies toilettes que l'on m'a... hum, offertes, pour ne pas te faire honte. Je ne laisserais jamais quelqu'un comme toi te promener avec une gueuse à son bras. » La pauvre enfant croyait donc réellement qu’on le reconnaitrait à bord? Que le célèbre Charles Wellington attirerait les regards et qu’on se soucierait de la jeune femme accrochée à son bras? Les deux amants allaient voyager en troisième classe…Là, il n’y aurait pas de réception mondaine et ils ne goûteraient pas au luxe…Avant que Charles n’ouvre la bouche pour rassurer la jeune femme, cette dernière s’exclama : « Oh et que fera-t-on une fois arrivés à New-York ? J'imagine que nous prendrons le train jusqu'en Californie ? Je me suis un peu renseignée, tu as vu ? C'est bien là que se trouvent les studios d'enregistrement, je me trompe ? Oh, excuses moi, je m'emballe un peu, ces derniers temps. » Ne pouvant s’empêcher de sourire à l’enthousiasme rafraichissant de Violet, Charles posa les yeux à nouveau sur elle alors que cette dernière caressait doucement ses cheveux. « Moi qui souhaitais te faire la surprise sur notre destination une fois en Amérique… » Avait-il dit d’un ton faussement triste qui s’inspirait néanmoins de ses réels sentiments de tristesses. Se redressant à son tour, Charles examina le visage de la jeune femme quelques instants, en accrochant un petit sourire espiègle à ses lèvres. « J’aimerais beaucoup avoir un petit aperçut de ces belles tenues…Que dirais-tu d’en enfiler une, que je puisse admirer le résultat? » Charles avait parlé en parcourant le corps de Violet des yeux. « Si elle ne me plait pas, je pourrai toujours te la retirer rapidement… » N’y avait-il rien de mieux pour se détendre que ce à quoi le quadragénaire pensait?
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Jeu 18 Juil - 19:08

L'air renfrogné et mélancolique de Charles disparu devant mon excitation qui, ma foi, devait être palpable. Peut-être bien qu'elle était aussi communicante. Je préférais de loin voir mon amant avec son petit sourire espiègle et narquois qui lui allait si bien. Je ne connaissais que trop bien son visage penseur et lointain. Lorsqu'il me regardait comme ça, j'avais l'impression d'être si loin. Et pourtant, j'étais si proche. Physiquement, je pouvais le toucher, l'embrasser et me pelotonner contre son corps tiède. Mais mentalement, c'était une autre histoire. J'avais parfois le sentiment qu'il était absent et que j'étais serrée contre une enveloppe charnelle vide de toute âme. Comme si son esprit était parti vagabonder loin, si loin de moi. Je ne lui posais aucune question. Je ne voulais pas aborder ce sujet avec lui. Ce n'était pas mon genre. A moins qu'il veuille m'en parler. Dans ce cas, je saurais me montrer attentive et compréhensive. C'était une chose que je savais faire. J'en étais même l'experte, sans paraître trop orgueilleuse. Je mordis ma lèvre inférieure pour ravaler le sourire qui menaçais de poindre sur mes lèvres.

_Oh, je suis désolée, ironisais-je, joueuse. J'aime les surprises, mais tout de même... Je me devais de savoir où j'allais me rendre, n'est ce pas ? ! Je sais avec qui je m'y rend mais j'aime avoir des informations complémentaires, des petits détails sur la destination. Comme la ville, par exemple.

Cette fois, je m'esclaffais doucement. L'air faussement déçu de Charles m'amusait réellement. Je déposais un baiser malicieux sur son front.

_Très cher, vous souhaitez voir mes nouvelles toilettes ? Lui demandais-je en imitant la voix d'une de ces cocottes trop riches et sophistiquées. Je me plie à vos exigences. Attendez, que je révérence.

Je bondis hors du lit, pas le moins du monde inquiétée par ma quasi-nudité. Je me pliai devant lui en faisant des moulinets avec mes poignets, exagérant les gestes ridicules des bourgeoises.

_Méfiez-vous, je vais me prendre à espérer qu'elles ne m'aillent pas, lui dis-je en lui lançant un clin d'œil. Et attention, monsieur, jeu de mains, jeux de vilains.

Je me retire dans la petite salle de bain humide qui est séparée de notre chambre de fortune pour une vieille porte de bois branlante après avoir récupéré quelques robes. Je passe ma tête dans l'entrebâillement, histoire de vérifier que Charles est toujours enfoui dans les couvertures.

_Et on ne regarde pas ! Lui ordonnais-je d'un air faussement courroucé.

Ce n'était pas comme si son regard posé sur mon corps nu allait me déranger. D'ailleurs, je n'étais qu'en sous-vêtement alors, un peu plus un peu moins...
La sensation de mes pieds contre le carrelage glacé me fit frissonner. Je me pris à regretter l'agréable tiédeur des draps. Je me dépêchais à enfiler mes bas et malgré ma maladresse à me retrouver dans les tissus, j'arrivais à m'habiller en quatrième vitesse. J'osais affronter mon reflet dans le vieille glace fêlée. Malgré mon joli ensemble, les traces d'oreiller sur mes joues et mes cheveux décoiffés témoignaient de mon manque d'attention. Mais je n'avais pas envie de passer trois heures dans un pièce exiguë à tenter de rattraper le carnage et à faire attendre Charles. En regardant cette robe d'un rose poudré, j'essayais de me souvenir du nom de celui qui me l'avait offerte. Malheureusement, seul son visage me revenait à l'esprit. Je haussais les épaules. C'était déjà ça. J'ouvris timidement la porte, soudain un peu intimidée par le regard de mon amant. Je ravalais ma salive et secouai mes boucles brunes.

_Alors, vous déplaît-elle, cette tenue ? Lui demandais-je en sortant doucement dans le chambre. Je n'ai l'ai pas choisie alors, soyez honnête. Si elle n'est pas à votre goût, vous savez ce qu'il vous reste à faire, n'est ce pas ?

Je lui souris aguicheuse en relevant la jupe au-dessus de mes chevilles.  

_Pour vous ôtez d'un doute et vous donnez une piste, my lord : ce n'est pas m'en acheter une autre.
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Ven 2 Aoû - 3:40


Violet, douce petite créature. La première fois que le regard de l’homme s’était posé sur cette jeune fleur, elle était encore une enfant, mais une enfant qui en sait plus long sur la vie que n’importe quelle femme accomplie. En réalité, Violet n’était plus une enfant, mais elle était si jeune qu’aux yeux de Charles, elle l’était. À l’époque, ce dernier fréquentait les prostituées et avait même sa petite préférée, une certaine Lydia Cooper. Le réalisateur déchu croyait peut-être qu’il serait pardonné d’être un homme dans les bras d’une prostituée plutôt que dans les bras d’une véritable dame telle que sa Mary-Ann l’était. Quoi qu’il en soit, la très (trop) jeune Violet était également une prostituée et Charles était devenu l’un de ses clients. Combien d’hommes de son espèce partageait la couche de la jeune fille sans se soucier de l’âge de cette dernière alors que lui se sentait mal après chaque visite? Délaissant sa nouvelle petite préférée, leur chemin ne s’était plus croisé jusqu’à ce soir dans le théâtre et Violet étant maintenant une femme, Charles avait souhaité reprendre là où il l’avait laissé quelques années plus tôt.  Alors que la relation qu’il avait avec Lydia Cooper était explosive et pas très saine, celle qu’il entretenait avec Violet était tendre et rafraichissante. À sa manière, Charles aimait cette jeune femme qu’il trainait partout avec lui comme si elle avait été sa femme. Était-ce parce que son amour pour le cinéma et son rêve de devenir actrice lui rappelait la jeune femme qu’il avait aimé en Amérique et qu’il aimait toujours ou était-ce simplement parce qu’il avait besoin de se sentir aimer pour vivre? Quoi qu’il en soit, en Europe, personne ne pouvait le juger d’être avec cette jeune femme. Bien entendu, une ombre se dessiner au tableau; Charles avait l’intention d’utiliser la jeune femme afin de reconquérir le monde du cinéma. Aux yeux du regretté réalisateur, il ne faisait rien de mal. Il aidait une jeune femme à réaliser son rêve alors qu’elle l’aidait à retrouver le-sien. Néanmoins, ce plan était semé d’embuches en commençant par le fait que Charles n’avait rien dit à Violet de sa véritable condition et qu’il ne comptait pas le faire avant d’être devant les faits accomplis. S’il avait avoué à la jeune femme qu’il avait fuie l’Amérique, qu’il était pauvre et qu’on le croyait mort, jamais cette dernière ne l’aurait accompagné et encore moins qu’elle aurait accepté d’être son amante officielle.

L’esprit du quadragénaire était troublé de toutes ces pensées alors que l’objet de sa passion se mouvait devant lui, souriante et qu’elle se dirigeait vers la salle de bain afin de revêtir une robe. S’installant confortablement assis dans le lit, Charles attendait avec impatience de voir la jeune femme revenir auprès de lui. Après avoir lancé quelques plaisanteries en direction de l’homme, Violet était devenu silencieuse et la porte de la salle de bain s’était ouverte doucement. La pauvre semblait intimité d’être subitement observer par le regard de Charles qui ne pouvait s’empêcher de sourire. Peu importe comment la belle s’était procuré cette tenue, elle était si jolie que Charles n’avait aucun mal à s’imaginer, se pavanant au bras de cette reine de beauté sur le pont du Titanic.

« Alors, vous déplaît-elle, cette tenue ? Je n'ai l'ai pas choisie alors, soyez honnête. Si elle n'est pas à votre goût, vous savez ce qu'il vous reste à faire, n'est-ce pas ? »  Soulevant légèrement sa robe, Violet poursuivit : « Pour vous ôtez d'un doute et vous donnez une piste, my lord : ce n'est pas m'en acheter une autre. »

Cette petite savait rendre un homme fou, il n’y avait aucun doute là-dessus! Bien que Charles ait vu la jeune femme légèrement vêtu quelques instants plus tôt, il avait envie de lui retirer sa robe et découvrir ce que ce tissu rose dissimulait. Tout doucement, le regard brillant d’excitation, Charles repoussa les couvertures qui l’avaient jusqu’à maintenant gardé au chaud. Pausant les paume contre le matelas du lit, devant lui, Charles se donna un petit élan et, mettant tout son poids sur ses avant-bras, déplaça ses jambes sous lui, les genoux contre le matelas. Dans cette position, il fixait Violet et entreprit de se déplacer à quatre pattes vers elle, toujours sur le lit. À la manière d’un animal, l’homme entreprit de bondir au sol et lorsque ce fut chose faite, il attaqua les chevilles de la jeune femme. Alors qu’il tentait de les mordre, Charles ne put garder son sérieux plus longtemps, la position dans laquelle il venait de se mettre étant très loufoque et leva les yeux vers le visage de Violet, pleurant de rire. Il n’était plus très jeune pour faire tout ça, mais c’était ce qu’il aimait de cette petite, elle le faisait se sentir jeune à nouveau.

« Violet, que m’as-tu fais sorcière? » Avait-il dit dès qu’il est retrouvé un semblant de sérieux. Décollant ses paumes du sol, Charles posa ses mains sur les chevilles de la jeune femme, rapportant ses yeux sur ses mouvements, puis tout doucement, il monta les mains sur les mollets de Violet, la caressant par le fait même, ce qui soulevait également sa robe.
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Ven 2 Aoû - 22:27

Je me pavanais devant mon amant comme une grosse dinde enturbannée l'aurait fait, inconsciente, sous les yeux d'un loup affamé. C'était amusant, de se sentir désirée. C'était excitant. Je ne me lassais jamais des jeux de séduction, trop peu nombreux à mon goût. Les hommes venaient exécuter leurs sales besognes, ne nous voyant comme de simples objets de plaisir, sans jamais chercher à pimenter la chose. Certains se prêtaient au jeu. Mais ils étaient peu nombreux. Madame Hawks avait envoyé des éclaireuses -comme nous aimions les appeler- dans les rues, passé un temps. Elles allaient et venaient, se trémoussant dans les quartiers mal famés comme des appâts au bout d'une canne à pêche. Puis, les hommes, attirés par leurs formes voluptueuses, leurs regards aguicheurs et leurs bouches pulpeuses, se pressaient à leur suite comme des bêtes affamées jusqu'à la maison de joie. J'y avais même participé, une ou deux fois. Cependant, les choses s'étaient rapidement gâtées et notre maquerelle avait dû stopper l'expérience. Des détails sordides m'étaient venus aux oreilles et je remerciais le Seigneur de ne pas avoir été une des filles ayant subi cela. Quand nos clients venaient, ils ne venaient pas vraiment pour faire le chat et nous, la souris. Ils étaient plutôt les lions et nous représentions les quartiers de viandes hachés menus. Se sentir passive, voir dans le regard de l'autre -quand il daignait poser les yeux sur nous- que nous n'étions même pas considérées comme des êtres humains... C'était terrible. Mais tout cela, je l'avais bien vite accepté. Je ne vivais que pour l'homme et son moment. Essayer de le rendre heureux. De lui faire oublier ses malheurs. Malgré tout ce que l'on pouvait dire sur nous, les prostituées, nous n'étions pas des moins que rien. Je n'avais pas honte de ce que j'avais fait, tout au long de ma vie. Cependant, j'avais eu soif d'autre chose. De reconnaissance. De lumière. De public. De séduction. Une actrice ne doit-elle pas charmer ses spectateurs, après tout ?

Charles me regardait. C'était ce que toutes les femmes désiraient. Être regardées. Être vues. Les prunelles de mon amant brûlaient de malice. Je lui décochais un sourire en coin. D'un large geste, il envoya valser les couvertures et entreprit de lentement se déplacer jusqu'au pied du lit, à la manière d'un fauve chassant son gibier. Mais cette fois, je n'étais pas la viande hachée. Non, cette fois, j'étais la souris. Je n'étais pas l'objet. J'étais la femme désirée. Je retins un gloussement lorsqu'il se lança au sol pour me picorer les chevilles. Dans un rire tonitruant, il jeta sa tête en arrière pour me toiser, les yeux pleins de larmes, ses lèvres dévoilant ses dents blanches.

Alors qu'il laissait courir ses mains baladeuses sur mes jambes, il m'accusa de sorcellerie. Me prenant au jeu, je me baissais pour embrasser son front et sortis de son étreinte, faussement courroucée. Le nez en l'air, prenant un air de grande dame, je m'approchais du lit.

_Oh, ce n'est pas très aimable de traiter une dame telle que moi de sorcière, le grondais-je gentiment en fronçant les sourcils. Ne serais-je pas plus une fée ?

Me laissant tomber sur le matelas, je remontais mes talons sur mes fesses. Le tissus glissant jusqu'au creux de mes genoux, je laissais échapper un sourire avant de rouler dans les couvertures jusqu'à l'extrémité du lit.

_Oh, Charles ! Regardez-vous donc ! Riais-je en le voyant au milieu de la pièce à quatre pattes. Vous avez l'air si... si...

Mais un nouveau regard vers lui et j'étais perdue. J'enfouis mon visage dans les draps pour étouffer mes éclats de voix. Je finis par me rasseoir. Desserrant mes mâchoires crispées par mon fou rire, je repris mon sérieux.

_Il est un peu tard pour se genre de divertissement, ne pensez-vous pas ? Ne devrions pas nous mettre en quête de thé et de quoi nous rassasier avant d'embarquer ?

Je m'étirais en défroissant ma robe. Bon, après tout cela, je devais être dans un plus piètre état que je ne l'avais été en face du miroir de la salle de bain. Je devrais être présentable, si je veux descendre de notre chambre sans avoir l'air de sortir du lit (ce que je faisais, par ailleurs).

_Où pourrait-on déjeuner ? Ah, et le plus important ! A quelle est programmé le départ du Titanic ? Je ne voudrais pas que nous manquions le départ à cause de quelques... frivolités.

Ne pas embarquer sur le paquebot insubmersible et vivre sa première traversée aurait été bien stupide. Après tout, ne me permettait-il pas d'accéder à la lumière ?
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Dim 25 Aoû - 3:03


Violet était de ces femmes à qui les hommes peuvent rarement résister. S’il était possible d’aimer plusieurs femmes d’un amour équivalent à la fois, Violet était probablement celle qui arrivait exæquo avec l’ancienne amoureuse de Charles et mère de ses enfants. Néanmoins, c’était vers cette dernière que l’homme espérait revenir. Cela n’enlevait rien à la si jolie Violet, mais Mary-Ann n’avait toujours pas laissé sa place dans le cœur du quadragénaire et elle ne la laisserait probablement jamais. L’avantage qu’avait cette jeune femme sur l’actrice était qu’elle était jeune et ne connaissait rien du passé de Charles. Celui-ci avait donc l’impression d’être jeune à nouveau et lavé de tout péché lorsqu’il se trouvait en compagnie de Violet.

Alors que les mains de l’homme parcouraient les jambes délicates et douces de la jeune femme, cette dernière se baissa afin de baiser et se dirigea vers le lit. Charles la regarda bouger avec envie et se mit à la suivre, toujours à quatre pattes, croyant qu’il s’agissait là d’une invitation, mais la jeune femme se tourna vers lui et d’un air faussement fâché, lui dit : « Oh, ce n'est pas très aimable de traiter une dame telle que moi de sorcière. Ne serais-je pas plus une fée ? » À la suite de ses mots, elle se laissa tomber sur le lit puis son rire cristallin résonna dans la pièce alors qu’elle le regardait toujours au sol tel un animal. « Oh, Charles ! Regardez-vous donc ! Vous avez l'air si... si... » Ne pouvant garder son sérieux, l’homme se mit à rire lui aussi tout en demandant : « De quoi ai-je donc l’air? », mais il n’eut point de réponse puisque la belle venait de se cacher derrière les couvertures afin de laisser libre cours à ses éclats de rire. La vie était si belle en ce moment pour l’homme. Si cela rien ne pouvait jamais changer.

Reprenant son sérieux, Charles se remit sur pied et Violet sorti des couvertures et s’assit sur le lit. Tous deux échangèrent un regard. « Alors, ou en étions-nous? » avait dit l’homme en s’agenouillant sur le lit, près de Violet, alors que l’une de ses mains se remit en quête d’un peu de peau à caresser. « Il est un peu tard pour ce genre de divertissement, ne pensez-vous pas ? » Avait alors dit la belle en s’éloignant de Charles. « Ne devrions pas nous mettre en quête de thé et de quoi nous rassasier avant d'embarquer ? » Elle avait raison, Violet avait toujours raison! Le quadragénaire se laissant tomber sur le dos, déçu de ne pas avoir ce qu’il désirait tant, mais sans en vouloir à la jeune femme. Alors que cette dernière tentait de se refaire une beauté, l’homme se leva du lit et se dirigea vers une petite chaise sur laquelle il avait laissé ses vêtements la veille. « Je suis américain ma chérie, le thé c’est très peu pour moi. Par contre, je donnerais tout pour un café et des œufs! » Il n’avait pas relevé les yeux vers Violet tout en parlant puisque Charles était en train de s’habiller. « Où pourrait-on déjeuner ? Ah, et le plus important ! A quelle heure est programmé le départ du Titanic ? Je ne voudrais pas que nous manquions le départ à cause de quelques... frivolités. »

L’homme ne répondit pas tout de suite après les paroles de Violet, il était concentré à tenter de faire le nœud de sa cravate. Voyant qu’il n’y arrivait pas, il s’était dirigé vers la jeune femme qui avait tout de suite compris la demande silencieuse et s’y attaqua. « Je crois avoir vu un petit restaurant sur le quai. Nous irons là. Il y aura probablement beaucoup de gens, mais nous allons être tout près pour embarquer. Le départ est prévu pour 12h si je ne me trompe pas, mais ne t’inquiète pas, si nous ne sommes pas à bord, ils retarderont le voyage et viendront nous chercher eux-mêmes. » Charles conclu sa phrase par un clin d’œil en direction de Violet alors que celle-ci terminait de faire son nœud de cravate. « Merci ma belle… » Dit-il avant d’approche ses lèvres de celles de la jeune femme afin d’y déposer un baiser.
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Lun 2 Sep - 9:56

Charles semblait visiblement déçu. Je m'en voulus un peu. Je n'aimais pas faire de la peine. Au fond de moi, la prostituée me disait que je ne faisais pas bien mon travail. N'était-ce pas mon devoir de combler les hommes ? De les faire accéder au désir et au plaisir ? Cette idée était toujours là, quelque part, dans un coin de ma tête. Je devrais m'y faire. Après tant d'années passées au service de Madame Hawk et de sa maison close, je ne pouvais pas en ressortir indemne. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'étais marquée au fer rouge, mais enfin. Peut-être que cette idée ne me quitterait jamais. Peut-être que ma confiance en moi s'était quelque peu évaporée comme l'eau de la Tamise, en été. Mais j'étais loin d'en faire tout un plat. Après tout, ne remontais-je pas toujours la pente ? Si j'étais bien sûre d'une chose, c'était que les choses finissaient toujours pas s'arranger. Peu importe la situation. Le vent tourne, disait ma mère. Elle avait raison. J'avais été élevée dans cette optique là, après tout. Certains aiment se repaitre dans leurs malheurs et leurs angoisses. Ils semblent même s'en délecter et aiment à le crier sur les toits. Quand je dis certains, je parle en général des riches et de ces bourgeois narcissiques et égocentriques. Les petites gens, comme moi, n'ont pas le temps de se plaindre. Il faut se salir les mains. Il faut vivre.

Mon amant enfila ses vêtements en me parlant de son petit-déjeuner idéal. Du café ? Je réprimais une grimace. Ce liquide noir comme de la suie et qui avait une odeur à décoller la tapisserie ? Erk. Je n'en avais jamais goûté, Dieu m'en garde. Le parfum de cette mélasse sombre me répugnait tellement que je n'osais en imaginer la saveur. Surement quelques chose d'amère qui empesterait votre haleine pour les heures à venir.

_Charles, quelques fois, j'oublie que vous êtes américain... riais-je en levant les yeux au ciel. Vous ne manquez jamais une bonne occasion de me le rappeler... Je ne sais comment vous faîtes pour supporter la simple vue de cette maudite boisson. Sa simple apparence est contre nature, pour les anglais. Et je n'exagère pas !

Un grondement au creux de mon estomac me fit rougir. Je mourrais de faim et mon corps n'oublia pas de me le rappeler. Par chance, le réalisateur ne m'entendit pas, trop concentré à se battre avec sa cravate. On aurait dit un enfant mécontente, découvrant que son nouveau jouet ne marchait pas. Je le regardais, amusée, à batailler avec son nœud. Abandonnant la partie, il s'approcha de moi, vaincu. Alors que je m'attelais à la tâche, rompue à l'exercice (combien d'hommes avais-je rhabillés ? Je n'avais jamais pris le temps de compter), il me parla d'un restaurant qui conviendrait à nos attentes. Charles avait dû venir plusieurs fois à Southampton. La première fois lorsqu'il avait débarquer du Nouveau Continent. Y était-il retourné après notre première rencontre ? Il avait disparu durant quelques temps. Peut-être avait-il visité notre belle Angleterre. Enfin, il semblait qu'il n'ait pourtant pas adopté notre régime alimentaire, préférant les mets barbares comme le café.

_Vous vous jouez de moi, Charles, souris-je. Si jamais nous manquons l'embarquement, je vous hurlerais dessus jusqu'à l'extinction de voix et je vous pousserais à la mer. Peut-être même grimperais-je sur votre dos et vous forcerais à nager pour que l'on rattrape le paquebot. C'est un plan infaillible, n'est ce pas ?

En finissant cette phrase, je terminais aussi le nœud de sa cravate et la tapotais affectueusement contre sa poitrine. Il me tendit ses lèvres que je m'empressais de capturer. Elles étaient devenues familières. Bien que mes bras auraient voulu s'enrouler autour de sa nuque et que mon corps désirait combler le vide en l'attirant contre lui, je pris soin de ne pas prolonger le baiser. Maintenant que j'étais prête à sortir, je ne voulais pas retourner sous les draps pour une durée indéterminée. Nous avions un voyage à préparer ! Je le repoussais gentiment du bout des doigts.

_Mais de rien, Monsieur Wellington, lui répondis-je, charmeuse.

Je me laissais glisser à terre en m'étirant. D'un geste un peu brusque mais confiant, je glissais mon bras sous celui de Charles et refoulait un bâillement.

_Que diriez-vous de nous mettre à la recherche de votre petit restaurant ? J'ai une faim de loup !

Je l'attirais hors de la chambre et nous sortîmes du petit hôtel. Déjà, les rues grouillaient de monde. Des hommes et des femmes nous filaient sous le nez, chargés de valises toutes plus lourdes les unes que les autres. Des enfants riaient et des bambins pleuraient, agrippant les doigts de leur mère pour ne pas se perdre. J'avais toujours adoré la foule. L'ambiance en devenait électrique.

_Seigneur, quelle heure se fait-il ? Me demandais-je plus à moi-même qu'à mon compagnon. Nous ferrions mieux de nous dépêcher, sinon nous n'aurons plus de table où nous asseoir. Toute l'Angleterre semble s'être rassemblée ici !

Je me rapprochais de Charles et raffermis ma prise sur son bras. Ma dernière des envies était d'être emportée par le flot de personnes. Ne connaissant pas la ville, je risquerais bien de me perdre. Enfin, je n'aurais qu'à suivre la meute pour me retrouver au port, mais enfin... Je ne voulais pas d'une dose d'angoisse supplémentaire.

_Vous êtes le guide ! A partir d'ici, je vous laisse le position de chef. Guidez nous donc jusqu'à votre ignoble café et ma tasse de thé, mon cher gentleman.
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MessageSujet: Re: 10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]   Mer 16 Oct - 2:39

Spoiler:
 

Accompagné de sa jeune et jolie amante, Charles Wellington avait mis en marche les engranges maléfiques de la destinée qui demandait le prix du sang. Pour un avenir imaginé par le réalisateur apparemment mort dans un accident de la route dix ans plus tôt, la vie de la jeune Violet allait s’interrompre de manière tragique alors que le Titanic allait couler aux larges de Terre-Neuve au Canada, dans les eaux glacées de l’Atlantique alors que lui, le pantin allait survivre encore quelques années. Si seulement la jeune femme avait décidé de succomber aux avances du quadragénaire, les deux amants seraient arrivés en retard sur le quai, maudissant l’argent perdue dans l’achat de billets qui ne serviraient pas. Violet et Charles se seraient disputés, chacun accusant l’autre pour leur malheur, mais se serait retrouvé, quelques jours plus tard, en s’apercevant que l’amour des corps les avait sauvés de la mort certaine. Oh bien sûr, si pour la jeune femme, la vie aurait été un cadeau, Charles, en apprenant la mort de la célèbre actrice Mary-Ann Fleming et de celle de ses deux enfants auraient eu le même impact sur sa vie et il aurait probablement fini ses jours de la même manière, mais avec au moins une mort de moins sur la conscience.

Indirectement, Charles était un meurtrier, mais il ne le savait pas encore au moment où, en compagnie de la pétillante Violet, il commandait des œufs et tout autre aliment entrant dans la composition d’un petit-déjeuner type américain. Devant l’air de dégout de la jeune femme, le réalisateur bu ensuite un café noir et paya la facture avant de s’empresser de rejoindre le quai. Ensemble, bras-dessus bras-dessous, les deux amants tendirent leur billet au steward et pénétrèrent dans le ventre du Titanic. Quelques mètres plus loin, au-dessus d’eux, sur les ponts de première classe, une femme d’une grande beauté découvrait le navire des rêves en compagnie de ses deux petits anges, nostalgique probablement de retourner en territoire américain, lieu où le père de ses enfants reposait apparemment dans un cercueil payé par elle-même.

Et si Violet et Charles n’avaient jamais posé le pied sur le Titanic, ce dernier aurait-il tout de même coulé? Et si le destin n’avait voulu que faire souffrir le réalisateur déchu pour tous ses péchés? Si cette pensée était égocentrique, c’est tout de même celle qui allait habiter l’esprit de l’homme pendant quelques années avant qu’il soit sauvagement abattu dans la ruelle en dessous de son appartement miteux à New-York. Après tout, le corps de Charles Wellington reposait maintenant véritablement en Amérique, loin des sépultures de sa femme et de ses enfants…

FIN...
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10 avril 1912 - [Violet A. Grantham]

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