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 PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."

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MessageSujet: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Dim 14 Avr - 15:20



Un peu de galanterie.


Mise en situation ♣ Un peu de testostérone ne fait jamais de mal à personne, certainement pas à Charles et Peter. Voilà deux hommes, l'un qui a perdu sa femme et l'autre qui retrouve la sienne, deux mâles en mal de galanterie, cela est indéniable. Vous êtes là, tous les deux à bavarder, regarder les passagers qui passent devant vous et vous parlez d'eux. Chose qui n'a rien de galante, surtout quand une dame passe devant vous. Mais vous êtes là, sereins, tels deux amis.

PETER ♣ Tu étais seul à penser à ton épouse avant que Charles ne te rejoigne pour te redonner le sourire. Tu portes un élégant chapeau pour te protéger du soleil.
CHARLES ♣ Tu as vu Peter et tu l'as rejoins tout de suite. Tu es de très bonne humeur et tu cherches à lui remonter le moral, parfois même en te moquant de certaines personnes. Tu as dans ta poche ta bague porte bonheur.

Il n'y a pas d'ordre de passage pour ce tour et la Comtesse n'a toujours pas fait son apparition.


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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Mer 17 Avr - 17:50

La femme est l'avenir de l'homme , disait-on. En ce qui me concernait, elle représentait mon passé, une impression fugace de bonheur déjà envolé, alors que la simple vision de Juliet ne m'apparaissait plus avec autant de netteté. Sans doute, l'avais-je déjà revêtue d'une auréole de lumière et d'un voile de pureté . Sans doute, avait-elle été moins jolie que la perception que j'en avais gardée. Mais ce coeur qui avait touché le mien avec tant de violence , cette douce sensibilité qui avait percé la carapace du célibataire obstiné que j'étais alors, la flamboyance de sa chevelure rousse dans laquelle j'aimais y laisser traîner une main admirative, ce regard, oui, ce regard d'un vert intense qui plongeait au plus profond de moi-même ne pouvaient pas être le fruit de douces rêveries et d'une idéalisation de la femme, de ma femme . Je n'avais pas imaginé tout cela. Je n'avais pas inventé le quotidien merveilleux d'une vie à deux, main dans la main, coeur contre coeur. Il avait été réel, bref mais réel, et puis il m'avait échappé, me laissant seul avec mes amères désillusions.

Je frissonnai et je n'aurais su dire ce qui me manquait le plus et me causait ces réactions cutanées, Juliet ou le soleil étincelant et chaud de ce début d'après-midi. Je quittai l'ombre pour la chaleur et protégea mes yeux fragiles sous des lunettes de soleil fumées. Je me sentis ragaillardi par les éclats d'un soleil qui me fit chasser mes idées noires. Je m'allongeai lascivement sur un de ces fauteuils confortables qui ornaient le pont D ouvrant un espace pour les Troisièmes classes. Il ne me gênait pas d'y passer du temps, n'étant pas assez bégueule pour ignorer la lie du paquebot. On y trouvait de bien jolies personnes et des gaillards au grand coeur sachant se divertir.

Le temps est une luxueuse opportunité, un accessoire de bonheur pour celui qui n'éprouve plus le besoin de le quantifier pour en profiter. La langueur de ma pose, la bienheureuse évasion de mes pensées, la tendre morsure du soleil sur ma peau me donnèrent le sentiment d'être bien. Délicieusement bien. Il ne s'agissait pas d'une de ces certitudes qui vous fait avancer dans le dur apprentissage de la vie, juste la satisfaction éphémère de me laisser aller et d'observer les passagers déambuler sur le pont. Je n'étais plus acteur de ma destinée, j'étais devenu le spectateur de ces vies brisées, inutiles mais qui tentaient de se bercer de l'illusion d'être dévorés par une foule d'activités essentielles et follement passionnantes, comblant ainsi le vide de leurs coeurs et le silence de la mer qui les avaient ensevelis une première fois.

La peau de mon visage commença à me chatouiller et à la crainte de voir apparaître de vilaines rides au coin des yeux s'ajouta le souci de déplaire à Juliet . Un jour, elle me reviendrait. Un jour, nous serions réunis sur le paquebot qui nous avait séparés. D'autres revenants viendraient, une nouvelle romance, surprenante, légère et intemporelle cette fois nous réunirait jusqu'à ce que la mort reconnaisse avoir failli dans la tentative scandaleuse de nous désunir. Je devais prendre soin de mon physique, ne pas pervertir par un laisser-aller de désespoir mon capital beauté afin de le déposer aux pieds de Juliet comme le cadeau mérité d'un nouvel amour. Je me saisis alors d'un chapeau de paille à larges bords posé sur le fauteuil à côté de moi, m'allongeai en toute décontraction, allant jusqu'à croiser les jambes dans un geste de pure farniente . Des jeunes filles se promenaient en toute liberté, offerte en pâture au regard empreint d'une convoitise à peine dissimulée des jeunes hommes en mal d'occupation, délestées d'un chaperon qui aurait été sinon le bienvenu du moins imposé par les bonnes moeurs d'une époque où tout était possible, où le plus beau des paquebots insubmersibles pouvait encore faire illusion.

Hélas, cette cruelle désillusion avait brisé mon coeur et ruiné mes espérances de bonheur. Je poussai un affreux soupir avant de constater qu'un nouveau rayon de soleil venait d'illuminer ma journée. Il était là, avançant dans ma direction, le sourire aux lèvres. C'est du moins ce que je crus voir ou bien n'était-ce qu'un mirage. Ah si j'avais pu rencontrer un tel homme alors que j'étais encore vivant, empli de cette folle passion du jeu qui m'animait de jour comme de nuit ! N'allez pas croire que j'étais un adepte des casinos. Non, mon univers à moi se trouvait dans les salles de théâtre et les plateaux de cinéma. L'homme qui se dirigeait à grands pas vers moi incarnait le devenir d'un nouvel art de vivre. Un réalisateur. Un faiseur de rêves. Charles Wellington était un magicien.

- Charles ! Par ici ! C'est Peter. Peter Somerset. L'acteur.
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Jeu 18 Avr - 5:06




"I'm the Sheik of Araby,
Your love belongs to me.
At night when you're asleep
Into your tent I'll creep.
The stars that shine above,
Will light our way to love.
You'll rule this land with me;
Well I'm the sheik of Araby."


Le Jazz. Le charleston. Joséphine Baker.

Alors que l’Amérique des années 1920 se laissait gagnée par un vent de folie, Charles John Wellington tentait de survivre, étouffé par les dettes qui s’alourdissaient chaque fois que le réalisateur déchu misait aux cartes. Alors qu’il n’avait que dans la cinquantaine, le corps de l’homme révélait avec chaque ride et courbature une vie de souffrance. Habillé proprement chaque fois qu’il sortait, Charles étant un homme fier, personne ne se doutaient que ce joueur compulsif n’avait pas le moindre sous à jouer. Il ressemblait à n’importe quel vieillard qui venait oublier les déboires d’un mariage malheureux dans la boisson et dans le jeu. Pour oublier ses problèmes, Charles se rendait souvent dans un cabaret et y restait jusqu’à ce qu’on lui montre poliment la porte de sortie. Le jazz, le charleston et Joséphine Baker. Il n’y avait que cela pour rendre l’homme joyeux. Bien que plus très jeune, Charles abusait des plaisirs que cette décennie pouvait lui offrir. Il était mort, malheureusement, très tôt. Le jazz, le charleston et Joséphine Baker, voilà ce qui manquait à Charles John Wellington depuis qu’il était de retour sur le Titanic. Seuls les revenants pouvaient le comprendre, et encore, fallait-ils qu’ils aient apprécié la folie des années 1920.

C’était un matin ensoleillé et la mer était calme. Charles avait ouvert les yeux sur le plafond terne de sa petite cabine de troisième classe de la même manière qu’il les ouvrait chaque matin depuis son retour sur le Titanic. Ce matin pourtant quelque chose était différent de tous ces autres matins. Le revenant avait rêvé qu’il dansait du charleston sur l’un de ses airs favori en compagnie de la délicieuse Joséphine Baker. Les orteils de Charles bougeaient dans tous le sens sous les couvertures, comme s’il pianotait le clavier d’un piano. L’homme s’était levé de son lit en imitant le son d’une trompette et en mimant la manipulation d’un tel instrument. C’était la première fois que Charles dansait depuis qu’il était mort et cela lui faisait un bien fou. Si le vieux Charles avait pu danser de cette manière…

Alors que la musique que le revenant avait dans sa tête envahissait chacun de ses membres, il entreprit de s’habiller convenablement afin d’aller prendre l’air. La journée était si belle et commençait si bien! Charles avait toujours eu le bon ton pour choisir ses vêtements et maitrisait l’art d’être élégant avec peu de choses. Ce matin, il choisit un pantalon de couleur noir, une chemise blanche et un gilet à carreaux noirs et blancs. Le veston que le revenant enfila par la suite était de la même couleur que ses pantalons. Dans la petite poche sur le devant de son veston, là où normalement, Charles aurait glissé un foulard, il y déposa la bague de fiançailles qu’il n’avait jamais offert à Mary-Ann et qui l’avait suivi toute sa vie. Là, dans cette petite poche, près de son cœur.

Après avoir regardé son reflet dans sa petite glace, Charles entreprit de se rendre sur le pont D. Il avait passé toute la matinée à chanter et danser et alors que l’après-midi était encore jeune, il était grand temps de sortir prendre l’air. L’homme était de si bonne humeur qu’il avait l’impression de contaminé chacune des personnes qu’il croisait sur son chemin. Une fois à l’extérieure, le revenant constata la chaleur des rayons de du soleil et emplit ses poumons de l’air salé de la mer. Une fraiche petite brise venait lui caresser le visage. L’homme avançait, le sourire aux lèvres lorsqu’il aperçut un jeune homme allongé dans un fauteuil, un ridicule chapeau de paille couvrant sa tête.

« Charles ! Par ici ! C'est Peter. Peter Somerset. L'acteur. »

Le revenant souris au jeune homme en continuant d’avancer dans sa direction. Les deux hommes ne se connaissaient pas depuis longtemps, mais Peter semblait apprécier Charles, ou du moins, apprécier sa position passé de réalisateur. Quoi qu’il en soit, Peter était le genre d’homme qui redorait l’égo de Charles, et cela, il aimait. Enfin quelqu’un avec qui partager sa joie de vivre en cette belle journée! Charles arriva à la hauteur de Peter et se laissa tomber sur le fauteuil à côté de lui.

- Peter! Je ne suis pas le seul à vouloir profiter de cette belle journée à ce que je vois! L’homme se laissa glisser dans le fauteuil afin d’être allongé lui aussi. Il croisa ensuite les bras derrières as tête et poussa un soupir de contentement. Ne pouvons-nous pas avoir plus belle journée! Le soleil, cette petite brise, les femmes…Charles tourna la tête vers Peter avec un sourire espiègle. Tu as vu ces deux jolies poupées qui passaient comme j’arrivais? Le revenant fit osciller ses sourcils en éclatant d’un rire léger.
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Dim 28 Avr - 13:22



Un peu de galanterie.


La Comtesse débarque ♣ La Comtesse profitait de cette belle après-midi ensoleillée pour se promener et découvrir l'espace ouvert des troisièmes classes. Elle n'était jamais venue en ce lieu et elle était très curieuse de voir à quoi il pouvait ressembler. Elle aimait voir les enfants courir, les gens se promener, cela était plaisant. Cependant, la Comtesse qui était une femme de bon sens et qui aimait la courtoisie fut choquée d'entendre un homme qualifier deux jeunes filles de poupée. Elle s'approcha de lui et lui dit:

"Poupée, n'avez-vous pas honte jeune homme de prendre ces jeunes femmes pour des objets?"

Elle était scandalisée et se retourna vers l'autre homme, un seconde classe du nom de Peter Somerset.

"Et vous, vous le laissez dire! Vous devriez avoir honte!"

Elle resta là, furieuse contre les deux jeunes hommes. Ah l'époque de la courtoisie était bien loin.

Peter & Charles ♣ Héhé! Comment allez-vous donc réagir face à la fureur de la Comtesse et surtout comment allez-vous justifier votre comportement, parce que la vieille dame n'est vraiment pas contente!

Pour ce tour, vous pouvez faire autant de réponse que vous voudrez, la Comtesse reviendra bientôt à vous.


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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Dim 28 Avr - 15:46

J'avais espéré du fond de mon coeur d'artiste approcher cet homme qui promettait tant de belles scènes orchestrées par un réalisateur, race inconnue et cruelle qui n'avait jamais voulu m'accorder une seule chance. J'avais espéré que Charles Wellington ne me rejetât pas délibérément, pas irrémédiablement, le mépris dans le regard, la parole acerbe me jetant au visage une fin de non-recevoir. Il s'était glissé au fond de son esprit créatif, en cette plaisante et prometteuse après-midi ensoleillée , une de ces lueurs d'amusement qui vous rend toute chose attrayante et divertissante. Nous étions dans l'effondrement de nos deux corps soutenus par ces deux fauteuils posés avec nonchalance sur le passage des troisièmes classes, comme ces directeurs de castings intransigeants et méchants, ironiques et mordants. Nous étions à l'affût, soucieux du détail qui gâche tout le reste, jaugeant la marchandise qui s'offrait à notre vue. Les femmes promenaient ce jour-là leur physique avec bonheur ou avec cette provocation typique des laides qui n'ayant plus rien à perdre, ont à gagner le respect dû à leur audacieuse mise. Charles et moi identifions la beauté, la grâce, l'élégance des coquettes, revêtant d'un familier commentaire nos impressions de mâles impitoyables, tandis que nous médisions sur les tristes mines qui ne soutenaient pas la comparaison. Puis, l'oeuil malicieux et le rire irrespectueux de l'enfant qui sommeillait en chacun de nous, nous nous amusions à nous présenter mutuellement à l'objet de nos tendres sarcasmes, offrant tantôt une promenade aux plus belles, tantôt trahissant notre envie généreuse de déposer sur les faces rougeaudes des plus disgracieuses un baiser qu'elles n'auraient jamais espéré obtenir. Puis, j'éclatai d'un rire inconséquent.

Juliet n'aurait pas été satisfaite de ma conduite mais enfin, elle n'était pas là. Sans doute, m'avait-elle remplacé pour quelque nigaud britannique qui ignorait que son véritable rival ne demandait pas mieux que de le botter hors de la chambre à coucher de ma femme. Charles venait de me faire remarquer que la jeune femme rousse qui venait de guider des pas inconscients devant nos yeux rieurs et potaches était aimable jusque dans ses mollets que je venais d'entrevoir, aidé par un léger vent coquin et complice. Une poupée. Voici ce qu'était la jolie rouquine. Charles venait de l'affubler de ce joli surnom quand un diable en jupons, décrépi et familier, se posa devant nos yeux, nous gâchant la vue. Le nouveau spectacle était incroyablement... grotesque et m'aurait poussé à quelque commentaire divertissant, m'esclaffant de son apparence ridée et disgracieuse, le corps sec et bientôt inutile enveloppé d'un tissu introuvable dans la modernité du nouveau siècle, teint d'une de ces couleurs mortifères qui donne envie de fuir ou d'éclater de rire. Je n'en eus pas le temps. Elle se mit à crier, tempêter, offusquée de notre attitude, révoltée par ce mot de poupée qui n'était guère autre chose qu'un avis éclairé sur la gent féminine.

La Comtesse, puisqu'il s'agissait bien de ce démon ambulatoire, s'adressa à Charles, le reprenant sur son éducation défaillante de galant. Je m'apprêtais à me moquer gentiment de Charles et de sa fâcheuse posture quand mon tour survint. Elle s'en prit à moi, comme à l'accoutumée, comme si je n'étais pas autre chose que sa chose, l'objet de ses perpétuelles récriminations, un souffre-douleur déprimé et consentant. Mais la journée était trop belle, j'approchais avec délices et intérêt de la proche intimité de Charles Wellington, réalisateur de cinéma. La Comtesse me toisa puis lâcha du haut de son orgueilleuse réprobation :

- Et vous, vous le laissez dire! Vous devriez avoir honte!

Je dissimulai mon envie de rire et affectai une mine sérieuse et grave.

- Oui, vous avez raison, Comtesse.

Puis, je me tournai lentement vers Charles et le regard lourd de reproches, je lui déclarai :

- Tu devrais avoir honte, Charles ! Cette charmante jeune femme, délicieuse et respectable n'est pas une... comment, déjà ? Ah oui, poupée.

Je retournai à la Comtesse, la récompensant d'un sourire plein de miel qui dissimulait tout le fiel que j'étais capable d'y mettre.

- Je m'excuse auprès de vous pour l'erreur d'appréciation de Charles. Cette personne n'est pas une poupée. C'est une bombe ! Un concentré aguichant et féminin d'explosifs prêt à fonctionner. Une vraie bombe !

Je riais sous cape puis conclus en lui adressant le plus timide des sourires :

- Je suppose qu'aucun homme ne vous a jamais approché sans craindre d'en garder un souvenir impérissable et horrifié . Vous ne sauriez donc pas réaliser que ces filles y trouvent quelque avantage, flattée de notre intérêt et de nos flatteurs commentaires .

Je posai la main sur l'épaule de Charles, attendant, espérant qu'il me soutienne dans ma confrontation avec le dragon des mers qui portait le titre envié de Comtesse et non pas d'exquise vielle dame.


Dernière édition par Peter Nicolas Somerset le Dim 12 Mai - 18:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Ven 3 Mai - 22:26

Le Titanic avait toujours été, de son vivant et maintenant qu’il y était de retour, un lieu où se concentrait les plus belles beautés. C’était comme si, lors de son voyage, l’un des critères pour y embarqué avait été la jeunesse et les jolies minois. Charles avait toujours su apprécier la beauté des femmes et étant plus jeune, avait pris également plaisir à posséder de telles beautés. Le soleil et la chaleur que ce dernier rependait sur le pont de troisième classe avait pour effet la possibilité de voir un peu plus de peau qu’à la normal et le revenant ne pouvait pas se permettre de ne pas regarder. Après tout, après le naufrage du Titanic, les femmes n’avaient plus été nombreuses à rappeler à Charles qu’il était un homme. Peter et lui-même étaient donc vautrés dans les fauteuils et jugeaient les gens qui passaient devant eux sans aucune gêne, s’émerveillant des jolies dames, se riant des plus laides. Leur comportement était enfantin, mais ils étaient morts et rien ne les empêchait d’être de grands gamins.

Une vieille femme s’approcha alors, Charles l’avait aperçu arrivé et s’apprêtait à en rire par un commentaire à l’attention de Peter, mais il fut surpris de voir que la femme s’approchait de lui et fut encore plus surpris lorsqu’il l’entendit qui s’adressait à lui.

« Poupée, n'avez-vous pas honte jeune homme de prendre ces jeunes femmes pour des objets? »

La vieille dame était scandalisée des paroles de Charles alors qui ne comprenait pas exactement pour quelle raison cette femme s’en prenait à lui. Le sourire du revenant s’était figé et avait disparu assez rapidement puis la femme se tourna vers Peter.

« Et vous, vous le laissez dire! Vous devriez avoir honte! »

Charles ne put retenir un éclat de rire en apercevant le visage de Peter qui ne s’attendait visiblement pas à être réprimander à son tour. Malgré tout, l’homme n’avait pas envie que cette vieille autruche vienne gâcher leur journée alors Charles avait ouvert la bouche afin de lui répondre gentiment et lui adresser de plates excuses auxquelles il n’aurait pas attaché de réels regrets mais dont il se serait efforcé de le faire croire, mais Peter fut plus rapide.

« Oui, vous avez raison, Comtesse. » Avait répondu mon compagnon à la dame que je ne connaissais pas comme étant la Comtesse. Peter se tourna ensuite vers moi, me regardant avec des yeux qui semblaient me lancer des poignards. « Tu devrais avoir honte, Charles ! Cette charmante jeune femme, délicieuse et respectable n'est pas une... comment, déjà ? Ah oui, poupée. » Le revenant avait compris le petit jeu de Peter et resta silencieux, baissa les yeux en signe de regrets et laissa son compagnon poursuivre. Ce dernier s’était à nouveau tourné vers La Comtesse. « Je m'excuse auprès de vous pour l'erreur d'appréciation de Charles. Cette personne n'est pas une poupée. C'est une bombe ! Un concentré aguichant et féminin d'explosifs prêt à fonctionner. Une vraie bombe ! » Le revenant releva la tête à la vitesse de l’éclair en entendant les paroles de Peter. Quoi? Décidément son jeune ami n’avait pas peur de contrarié cette femme et Charles ne savait pas s’il devait rire, approuver les paroles de Peter ou au contraire, se dépêcher de dire à cette femme qu’il n’approuvait pas l’audace du jeune acteur. L’homme commençait à se sentir gêné lorsque Peter décida qu’il n’en avait pas assez dit. « Je suppose qu'aucun homme ne vous a jamais approché sans craindre d'en garder un souvenir impérissable et horrifié. Vous ne sauriez donc pas réaliser que ces filles y trouvent quelque avantage, flattée de notre intérêt et de nos flatteurs commentaires. » Charles ouvrit les yeux horrifié par les paroles de Peter. Malgré le manque de respect que les deux hommes avaient adressé aux beautés du pont et aux moins jolies, jamais Charles n’aurait eu le courage de leur dire directement. Le revenant était un lâche pour ce genre de chose aussi.

Peter posa la main sur l’épaule de Charles qui compris ce geste comme étant une demande de soutient dans sa confrontation avec la vieille femme. Le revenant regarda La Comtesse avec un air d’incompréhension et en ayant la bouche grande ouverte. Comment allait-il bien pouvoir se sortir de cela? Il ne pouvait pas approuver les paroles de Peter, mais il ne pouvait pas non plus laisser son ami seul devant cette dame en furie. Malgré son âge avancé, Charles avait peur de cette femme et de la forte énergie qu’elle dégageait. Le revenant tourna la tête vers Peter avec un regard interrogateur puis regarda à nouveau La Comtesse.

« Je vous prie de pardonner mon ami, le soleil semble avoir frappé un peu trop sur son crâne…Ce n’est visiblement pas ce qu’il souhait dire. Je crois que Peter voulais vous demander pardon pour notre comportement déplacé et…et… »

Pourquoi avait-il fallu que cette vieille femme vienne leur adresser la parole…
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Dim 12 Mai - 12:54



Un peu de galanterie.


La Comtesse débarque ♣ Ne jamais énerver la Comtesse, c'est une très mauvaise idée. Cette dernière était vraiment scandalisée par le comportement des deux hommes, à son époque, on considérait encore les femmes avec galanterie. On leur offrait des fleurs, on les charmait avec de beaux compliments. Mais là, poupée? Bombe? Le monde avait-il changé à ce point? La Comtesse connaissait ces deux hommes, l'un avait perdu sa femme qui avait survécu au naufrage et l'autre était en conflit avec la mère de ses enfants. Maintenant, elle comprenait bien pourquoi ils étaient seuls, avec un tel comportement, qui voudrait bien d'eux.

"Monsieur Wellington, je ne pense pas qu'avec un tel comportement Mademoiselle Fleming voudra vous reprendre, je crois même que j'irai lui parler un peu de vous, au moins, elle évitera à nouveau de faire une erreur de plus dans sa vie! Quant à vous monsieur Somerset, je vous prierai de respecter vos ainés et aussi de cesser de vous comporter comme une bande de babouin braillard et empotés ! (NDA: désolé, j'ai pas pu m'empêcher, Harry Potter c'est trop bien!). Une femme se doit d'être traitée avec respect, jeunes hommes.

Elle les toisa alors du regard, attendant une réponse et serrant un peu plus sa main sur sa canne. ²

Peter & Charles ♣ Héhé avez-vous réellement besoin d'instructions? Comment allez-vous réagir face à la colère de la Comtesse?

Pour ce deuxième tour, vous pouvez faire autant de réponse que vous voudrez, la Comtesse reviendra bientôt à vous.


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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Dim 12 Mai - 16:51

Spoiler:
 
Mes parents fort honorables avaient pris soin de me donner la meilleure éducation qui soit. Fort de cette certitude, je restai ébahi quand la vielle rombière incarnée par une Comtesse en phase terminale de décrépitude me rappela que je lui devais une certaine forme de respect et davantage de retenue quant à mes rapports avec les femmes en général.

- Vous parlez sans doute de cette période où la femme attendait son époux qui rentrait chaque soir de son dur labeur, muni d'un lourd gourdin, réintégrant sa petite grotte, soulagé et en sécurité loin de ces mammouths qui cherchaient pitance où qu'elle puisse se trouver.

J'éclatai d'un rire satisfait et condescendant, jetant au passage un regard complice à Charles. Suivrait-il mon délire et se moquerait-il à son tour de ce fossile ambulant qui revendiquait le titre de femme ? Aurait-il le souci des convenances, le respect de l'âge et cette fallacieuse impression que la vieille femme, amère et impuissante face au temps qui s'écoulait, la rejetait, la méprisait, se moquait d'elle comme d'une chose désormais inutile, pouvait tout se permettre ?

- Une bombe est une explosion de matières vivantes, pleines, vibrantes et complaisantes qui n'accepteraient de se laisser abattre que par des pains de dynamite qui, bien que de genre féminin, n'en serait pas moins aussi virile que ma force et celle de mon ami.

Je décochai à la Comtesse un clin d'oeuil grivois et provocateur. Je repris mon aventureuse démarche, ma quête de ce nouveau Graal, à savoir la destruction complète et définitive de la causticité mordante de la vieille Comtesse. Je continuais sur ma lancée, exalté, rendu fou par les termes qu'elle venait d'employer nous traitant moi et Charles d'une bande de babouins braillards et empotés !

- Vous n'avez jamais eu de poupée quand vous étiez enfant, si jamais vous l'avez été un jour ? Sachez, madame la Comtesse, qu'une poupée est un ensemble de plaisantes courbes et de jolis dénivelés aux lignes pures et bien rembourrées où nous prenons grand plaisir, nous les hommes à y apposer des mains expertes. N'est-ce pas Charles ?

Je regardais mon nouvel ami, espérant, priant pour qu'il me rejoigne dans ma tentative désespérée de blesser cette vieille rombière desséchée et acariâtre. Je souhaitais qu'il me rejoigne pour cautionner par cet intermède divertissant notre nouvelle relation. J'avais besoin d'un réalisateur qui me prenne sous son aile protectrice et admirative. J'avais besoin qu'il daigne jeter ses yeux sur moi et finisse par me donner son coeur, son amitié toute fraîche et son expérience de faiseur de miracles. Accepterait-il de le faire ? Daignerait-il abaisser son regard critique sur le spectacle que je lui offrais ? Un numéro d'acteur sincère et cabotin, un affrontement terrible avec mon ennemie jurée et enfin déclarée où je ne craignais pas de m'y perdre en trahissant les pensées les plus intenses et douloureuses. Comme un acteur se doit de conforter ses émotions par une présence physique indéniable et charismatique, je me levai puis fit le tour rapide de la maigre Comtesse en criant :

- Sac d'os, sac d'os, sac d'os, sac d'os....

Je dansai autour de son absence de rondeurs et son affligeante silhouette. Puis, comme si ce n'était pas assez d'attirer l'attention sur nous, je fis un détaillé et minutieux examen de ses cruelles défaillances en la touchant du bout de mon doigt vengeur et accusateur.

- La Comtesse est toute rêche, la Comtesse est toute rêche..... La Comtesse est toute rêche......

Je riais comme un enfant, affreux et vilain petit garnement inconséquent et moqueur, peu respectueux mais follement gai. Je lui touchais alors la clavicule qu'elle avait fort osseuse à travers le tissu froid de sa robe.

- Toute rêche.

Je continuai ma danse démente et fort réjouissante, m'esclaffant et me moquant d'elle, faisant fi de la politesse que mes parents m'avaient inculqué et poursuivis, pivotant légèrement sur moi-même, m'attaquant cette fois à la face honteuse de son genou délabré.

- Toute rêche.

Je tournai autour de ce qui aurait pu être un festin de roi mais qui n'était qu'un postérieur triste à mourir, désespérément plat et peu goûteux. J'appliquais alors un léger contact sur l'arrière de son coude.

- Toute rêche.

Je fis alors un tour complet sur la cible déconfite et asséchée par de longues années de puritanisme forcené puis effleurai de mon doigt écoeuré sa joue blafarde et annonça la fatale et macabre découverte.

- Toute rêche.

Je rejoignis alors Charles Wellington, leva la main dans sa direction et lui demanda d'un sourire espiègle, attendant, espérant son approbation. :

- Tope là, mon ami.
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Lun 13 Mai - 20:39

« Monsieur Wellington, je ne pense pas qu'avec un tel comportement Mademoiselle Fleming voudra vous reprendre, je crois même que j'irai lui parler un peu de vous, au moins, elle évitera à nouveau de faire une erreur de plus dans sa vie! »

Charles senti son estomac se nouer aux paroles de la Comtesse. Si le revenant était ici c’était forcément pour réparer les erreurs de sa vie misérable et non pour qu’une quelconque Comtesse vienne réduire à néant tous ses efforts. Peter et lui-même n’avaient pas été très galants avec les jeunes dames sur le pont et Peter avait poussé un peu fort en s’adressant à la Comtesse, mais Mary-Ann n’avait rien à voir avec tout ça. Si par malheur la Comtesse mettait à exécution sa diabolique menace, Charles espérait de tout cœur que Mary-Ann n’y prêterait pas foi.

« Quant à vous monsieur Somerset, je vous prierai de respecter vos ainés et aussi de cesser de vous comporter comme une bande de babouin braillard et empotés ! Une femme se doit d'être traitée avec respect, jeunes hommes. » Avait poursuit cette terrifiante femme.

Elle avait raison, Peter lui avait manqué de respect et même Charles n’aurait pas osé le faire. Toutefois, l’homme ne pensait pas avoir réellement manqué de respect à une femme aujourd’hui. Indirectement, bien entendu, mais pas afin de blesser quelqu’un. S’il voulait se débarrasser de cette femme, il devait lui offrir ses plus plates excuses, mais l’homme devait avant tout lui parler de Mary-Ann.

« Madame, laissez ma femme en dehors de cela je vous prie… » Bien que Mary-Ann n’avait jamais été la femme de Charles, ce dernier en parlait toujours comme s’il en avait été ainsi. Elle était la seule qui aurait mérité ce titre et qui avait possédé le cœur du revenant. Alors que Charles n’avait pas terminé de parler à la Comtesse, son jeune ami et acteur de Peter avait décidé, encore une fois, de prendre la parole. Charles espérait de tout cœur que ce n’était pas pour envenimer la situation. Si Mary-Ann avait vent de tout ceci…

« Vous parlez sans doute de cette période où la femme attendait son époux qui rentrait chaque soir de son dur labeur, muni d'un lourd gourdin, réintégrant sa petite grotte, soulagé et en sécurité loin de ces mammouths qui cherchaient pitance où qu'elle puisse se trouver. » Avait déclaré Peter avant d’éclater de rire et de jeter un regard complice au revenant. Charles lui retourna son sourire et même un léger rire puisque l’allusion à cette période de la vie humaine était très loufoque.

« Une bombe est une explosion de matières vivantes, pleines, vibrantes et complaisantes qui n'accepteraient de se laisser abattre que par des pains de dynamite qui, bien que de genre féminin, n'en serait pas moins aussi virile que ma force et celle de mon ami. » Offrant un clin d’œil à la Comtesse, Peter avait poursuivi. « Vous n'avez jamais eu de poupée quand vous étiez enfant, si jamais vous l'avez été un jour ? Sachez, madame la Comtesse, qu'une poupée est un ensemble de plaisantes courbes et de jolis dénivelés aux lignes pures et bien rembourrées où nous prenons grand plaisir, nous les hommes à y apposer des mains expertes. N'est-ce pas Charles ? »

Ça y était de nouveau, Peter provoquait la Comtesse et demandait l’appui de Charles. Alors que tantôt la plaisanterie avait plus au revenant, il sentait que les choses allaient débordées s’il laissait son ami poursuivre, mais Charles ne savait comment l’interrompre.

« J’imagine que oui cher ami… » Avait répondu le revenant, la situation commençant à le mettre royalement mal à l’aise. Bien entendu, Charles évitait de croiser le regard de la Comtesse. Tout à coup, le jeune acteur s’était mis à crier : « Sac d'os, sac d'os, sac d'os, sac d'os… » en tournant autour d’elle tel un fou. Charles n’en croyait pas ses yeux et ses oreilles. Que se passait-il avec Peter? Il est vrai qu’il n’avait plus rien à perdre, ayant déjà perdu sa femme et que tout ceci ne devait être qu’une manière d’évacuer sa peine, du moins, c’est ce que Charles croyait.

« La Comtesse est toute rêche, la Comtesse est toute rêche... La Comtesse est toute rêche…Toute rêche…Toute rêche…Toute rêche…Toute rêche… »

À chaque nouveau mot prononcé par son jeune ami, l’homme imaginait la Comtesse raconter tout cela à Mary-Ann et cette dernière croyant que les mots était sorties de la bouche de Charles ne voulait plus le revoir ni le laisser connaitre ses enfants. Pendant un moment qui avait duré, aux yeux de Charles, comme une éternité, le jeune acteur s’était approché du revenant, un sourire espiègle aux lèvres et avait levé la main afin que Charles y tape la-sienne en signe d’approbation. « Tope là, mon ami. » avait dit Peter et Charles s’était levé du fauteuil duquel il n’avait pas bougé depuis l’apparition de la Comtesse. N’osant un regard vers la Comtesse, le revenant avait levé une main pour aller rejoindre celle de son ami, mais tout doucement. Dès que leur paume se toucha, Charles agrippa la main de Peter qu’il rabaissa d’un geste brusque en tirant l’acteur vers lui afin de le regarder droit dans les yeux. Leurs visages étaient assez près l’un de l’autre.

« Peter, à quel jeu joues-tu nom de Dieu!? Cette femme a le pouvoir de me séparer à jamais de la seule femme que j’aime et toi, continuant de l’insulter, tu oses me demander de te soutenir là-dedans? » avait sifflé entre ses dents le revenant. Il n’avait pas voulu être brusque avec Peter et il ne voulait pas être fâché après lui. Si la Comtesse n’avait pas menacé Charles de tout raconter à Mary-Ann, il aurait probablement trouvé la comédie de Peter plus drôle et y aurait peut-être mis du sien, mais il était question de l’amour de sa vie et cette vieille femme lui faisait peur.
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Mer 15 Mai - 17:01

J'avais voulu par des facéties enfantines et innocentes amuser Charles Wellington afin de m'en faire un compagnon de jeu consensuel et le réalisateur de mes aspirations d'acteur. J'avais, dans un constant et inusable désir de m'étourdir de fallacieuses sensations m'aidant à oublier les affres du pire des veuvages, oublié que le coeur a ses propres limites et que mon nouvel ami venait de me vendre contre une poignée de ce fol espoir qui l'aiderait à reconquérir une femme. Sa femme. La mère de ses enfants. J'avais cru un instant que la folle excitation qui s'était saisie de mon esprit en goguette aurait des effets contagieux sur un homme en proie au doute et soumis à de tristes contingences familiales. J'avais hélas lourdement présumé de l'affection que Charles me portait, brisant là un rêve d'amitié idéalisé et revigorant.

Brusquement, l'amère blessure de mon amour-propre me plongea dans un abîme sans fin, bien plus vaste que l'océan qui avait englouti le Titanic un an auparavant. J'étais seul, sans amis, sans objectifs, sans rêves . Seul, subsistait au fond de mon âme meurtrie la troublante révélation de mon peu d'importance. Pire, je sentais soudain que mon corps se clouait au sol, lourd et inutile poids mort pour moi et les autres. Soudain, ma lèvre inférieure revendiqua une liberté salvatrice et je ne pus en réprimer le violent tremblement. Je craignais de ne pas pouvoir contrôler le besoin de pleurer, atterré, brisé par cette nouvelle trahison de l'espèce humaine. Seul le désir de faire plaisir à Charles Wellington avait rythmé mes pas allègres, me jetant dans une farandole de danse endiablée autour de la Comtesse. Ma bouche avait cherché, énoncé et offert des mots réjouissants, des mots anodins, des mots de pur divertissement.

Charles n'avait pas apprécié mon cadeau. Pire, il me le reprochait avec au creux de ses mots acides, un léger sifflement de cobra prêt à me mordre pour me faire taire. Je lui avais offert ma main afin de solliciter de la sienne un signe de connivence, de ralliement à ma soif de plaisir sans conséquence. Sans incidence. Sans arrogance. Charles l'avait saisi sans précaution ni prévenance, approchant son visage du mien. J'y cherchai la manifestation joyeuse d'une complicité partagée. Hélas, je n'y reconnus que la marque de la contrariété et de la désapprobation. Charles me parla dans un langage que je ne compris pas. Il semblait fâché contre moi quand je n'avais voulu que l'inviter à mes distractions.

- Peter, à quel jeu joues-tu nom de Dieu ? Cette femme a le pouvoir de me séparer à jamais de la seule femme que j'aime et toi, continuant de l'insulter, tu oses me demander de te soutenir là-dedans ?

Je le regardai bouche bée.

- Je.... Je voulais juste.... m'm... m'am.... m'amuser avec t...... avec toi.

Les sanglots de ma voix hésitante, touchée par une émotion incontrôlable et violente, se déversèrent en vrac sur l'épaule de mon ami méchant.

- Je voulais juste un ami. C'est tout ! Qu'y a-t-il de mal à ça ? Pourquoi tu es méchant avec moi, Charles ? Pourquoi tu ne m'..... ? Pourquoi tu ne m'aimes pas ?

Je me dégageai de sa poigne fratricide et me jetai sur le fauteuil, désespéré. Je fondis en larmes , me cachant derrière des mains honteuses. Puis au bout de quelques secondes qui durèrent plus qu'une vie de souffrances, j'écartai les mains de mon visage baigné de larmes puis je me mis à dévisager la Comtesse avec une de ces haines inextinguibles dont j'étais le seul maître. Je me levai lentement, fort décidé à lui dire ma vérité.

- Vous.... Vous..... je vous hais, espèce de...de vielle bi... bique pu.... pupu... puritaine . Vous avez peut-être réussi à détourner mon ami de mes... de mon …

J'étais si désemparé que je ne savais plus comment l'atteindre. Pourtant, je ne pouvais la laisser gagner. Elle aurait perverti le peu de joie qui me restait à déambuler dans ce paquebot de l'enfer. Je rejoignis mon fauteuil et m'y laissai tomber. J'avais tourné la tête, boudeur et vexé. J'avais tourné la tête afin de ne plus voir les effets manifestes du dégoût que je pouvais inspirer à tous. J'avais choisi de ne pas offrir à Charles toute la peine que j'éprouvais, consternante et paralysante. J'aurais tué pour ne pas voir sur le visage desséché de la vielle rombière un sourire de satisfaction et de cruelle victoire. Mes épaules se secouaient de ces épisodiques et brusques tremblements qui trahissaient mon état déprimé.

Puis, aussi brusquement qu'un ravissant et inattendu arc-en-ciel émergeant d'un ciel maussade, je me redressai et me levai, possédé par un de ces éclairs de génie qui vous rend la vie épuisante. Je courus vers mon ami et visiblement excité par la clairvoyance de mon idée, je souris à Charles, retrouvant aussitôt ma bonne humeur et lui confia à mi-voix afin de ne pas être entendue de la vieille Comtesse :

- Oh je sais, Charles, si tu disais un mot sur la Comtesse ? Je m'en contenterais, tu sais. Tu ne serais pas obligé de défier la Comtesse comme moi. Petit poltron....

J'appuyai un doigt tendrement accusateur sur la poitrine de Charles comme je l'avais fait auparavant avec la Comtesse. Puis je repris, certain de mon succès :

- Tu sais, un mot discret, un mot secret, un mot divertissant. Tu n'as pas besoin de le dire tout haut. Tu peux me le chuchoter à l'oreille. Tiens, j'ai une idée. Répète après moi. La Comtesse T.Rex …. la comtesse T.Rex.....

Ma face lunaire d'enfant turbulent et contrarié se détendit. Je me penchai et déclarai à Charles comme si j'allais lui confier la chose la plus importante au monde :

- Un vieux fossile qui a su s'effacer de la surface de la terre pour le bonheur de tous. Madame T. Rex.... Madame T.Rex.....

Je ponctuai ma demande d'un rire cristallin, joyeux et enfantin.


Dernière édition par Peter Nicolas Somerset le Dim 19 Mai - 19:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Ven 17 Mai - 23:00

Charles n’avait pas voulu être brusque avec Peter, mais il l’avait été. La Comtesse pouvait mettre fin à tous les efforts que l’homme faisait pour reconquérir sa Mary-Ann et se rapprocher de ses enfants. Bien que l’homme ait un respect pour les personnes âgées que Peter ne semblait pas avoir, en d’autres circonstances il aurait pris un malin plaisir à rire avec son ami et peut-être même à ajouter certains éléments, mais tout ça si la personne concernée ne se trouvait pas face à lui bien entendu.

« Je.... Je voulais juste.... m'm... m'am.... m'amuser avec t...... avec toi. Je voulais juste un ami. C'est tout ! Qu'y a-t-il de mal à ça ? Pourquoi tu es méchant avec moi, Charles ? Pourquoi tu ne m'..... ? Pourquoi tu ne m'aimes pas ? »

L’homme avait été brusque avec son jeune ami, mais pas à ce point non? Peter pleurait, se laissant submerger par un chagrin incontrôlable. Ne comprenant pas ce qui arrivait au jeune homme, Charles se sentait si mal d’avoir été fâché après Peter. Ce petit était sensible et imaginait maintenant que le revenant ne l’aimait pas. Se dégagent de Charles, Peter s’était éloigné vers un fauteuil dans lequel il s’était jeté, pleurant à chaudes larmes derrière ses mains. L’homme, qui n’avait pas bougé, leva les yeux vers la Comtesse avec un regard interrogateur. Allait-elle le réprimander pour cela aussi? Haussant les épaules, Charles se retourna vers Peter qui venait d’arrêter de pleurer subitement. Se levant, il se dirigea vers la Comtesse.

« Vous.... Vous..... je vous hais, espèce de...de vielle bi... bique pu.... pupu... puritaine. Vous avez peut-être réussi à détourner mon ami de mes... de mon … »

Sans un mot de plus, Peter était retourné dans son fauteuil, tournant le dos à la Comtesse et à Charles. Tel un enfant, il boudait et se laissait aller à son chagrin. Le revenant se demandait si cela n’était pas une comédie, après tout, Peter était un acteur et un très bon aux yeux du revenant. Pouvait-il réellement verser toutes ces larmes sur commande? Le revenant en doutait et c’était ce qui le poussait à croire que Peter avait réellement de la peine. Tout à coup, le jeune acteur s’était levé, accourant vers Charles, un sourire aux lèvres. C’était comme si aucune larme n’avait été versé plus tôt et Charles reconnaissait son petit Peter enjoué alors que ce dernier, baissant la voix, lui adressa quelques mots.

« Oh je sais, Charles, si tu disais un mot sur la Comtesse ? Je m'en contenterais, tu sais. Tu ne serais pas obligé de défier la Comtesse comme moi. Petit poltron.... » Avait-il dit en enfonçant l’un de ses doigts accusateur sur le poitrail de l’homme. « Tu sais, un mot discret, un mot secret, un mot divertissant. Tu n'as pas besoin de le dire tout haut. Tu peux me le chuchoter à l'oreille. Tiens, j'ai une idée. Répète après moi. La Comtesse T.Rex …. la comtesse T.Rex..... » Se penchant plus près de Charles, Peter poursuivit. « Un vieux fossile qui a su s'effacer de la surface de la terre pour le bonheur de tous. Madame T. Rex.... Madame T.Rex..... » À la fin de sa phrase, le jeune homme éclata de rire qui se voulait enfantin et joyeux.

Le pauvre homme ne comprenait pas ce qui se passait avec Peter, et il arrivait presque à comprendre la raison pour laquelle personne n’avait voulu laissé sa chance à Peter en tant qu’acteur, mais il ne pouvait penser plus longtemps à cela. Peter était son ami et dans cette mort pénible qu’était celle à bord du Titanic pour l’éternité, Charles tenait à chacun des amis qu’il pouvait se faire. Le revenant pris une très grande inspiration qu’il laissa ressortir en un long soupir, puis jeta un regard à la Comtesse en se penchant vers Peter afin qu’il soit le seul à l’entendre. Charles voulait faire plaisir à son ami, mais il était hors de question qu’il se mette encore plus la Comtesse à dos!

« La Comtesse T.Rex… »

Prononcé ces simples mots donnaient l’impression à l’homme se signer son arrête de mort, mais il devait le faire s’il ne voulait pas subir plus longtemps les pleurs de Peter et avec un peu de chance, la Comtesse partirait, épuisée face à de tels enfants…
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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    Dim 26 Mai - 13:17



Un peu de galanterie.


La Comtesse débarque ♣ La scène commença par devenir improbable, Peter Somerset finit par avoir une sorte de crise de folie. Choquée, la Comtesse le regarda de haut en bas, le détaillant. Cet homme l'insultait outrageusement et la vieille femme irait probablement se plaindre auprès du commissaire de bord. C'était une honte! Cet homme avait vraiment un soucis psychologique. Elle se tourna alors vers l'autre homme Charles Wellington.

"Votre amie est-il fou?" Disait-elle en détaillant Peter comme un animal étrange. "Croyez-moi, ce n'est pas en restant avec de tels énergumènes qui insultes les femmes que vous arriverez à donner confiance à ma chère Mary-Ann."

Volontairement, elle ne s'adressa pas à Peter, il lui manquait de respect, donc elle ne le regarderait pas.

Peter & Charles ♣ Héhé, vous connaissez la suite, comment allez-vous réagir?

Pour ce deuxième tour, vous pouvez faire autant de réponse que vous voudrez, la Comtesse reviendra bientôt à vous.


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MessageSujet: Re: PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."    

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PETER & CHARLES ♣ "Un peu de galanterie."

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