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 Rencontre improbable [Pv Elliott]

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MessageSujet: Rencontre improbable [Pv Elliott]   Jeu 11 Avr - 20:38




Rencontre improbable


Le soleil, éblouissant faisceau lumineux, m'éclairait de sa chaude lumière, caressant avec sympathie ma peau pâle tel la mort. Mon cœur tambourinait en moi sans un arrêt, ne cessant de croître sa vitesse. Quant à ma peau, elle transpirait à n'en point finir dans ma magnifique robe blanche qui embrassait mon corps frêle. Mes yeux balayaient avec inquiétude cette foule d'inconnu qui me fixait tous avec un charmant sourire, dont je rêvais de retirer tant la haine envers ces personnes insouciantes grandissaient en moi au fil de mes pas vers la mort. Muni de talons hauts, je me sentais encore moins à mon aise, rêvant de gambader dans le chemin inverse, ignorant celui qui appartiendrait dans une ou deux minutes à ma vie, maintenant, jusqu'à ma fin. Cet homme dont je ne voyais rien, caché sous un magnifique chapeau ayant certainement coûté une réelle petite fortune. Il ne me regardait pas, se contentant de fixer un point qui m'était inconnu. La peur de cet avenir me rongeait la moindre parcelle de mon être, s'embrasant derrière son passage pour ne laisser demeurer qu'un monde dévasté. Rien en moi n'avait plus rien de concret. Mes émotions s'entremêlaient, perdu dans un océan de peur, quant à mes pensées, c'est à peine si je pouvais les discerner. Au premier rang se trouvaient mes parents, d'un franc sourire, me contemplant, songeant certainement à leur prochaine fortune. Eux plus que quiconque, je mourrais d'une envie sans nom de leur retirer ce sourire, plus ironique qu'il n'était censé l'être. Et ce bouquet dans mes mains blafardes, que j'aurais aimé le jeter dans les airs, et m'envoler avec lui, voyageant au gré du vent tel un oiseau empli d'une liberté sans fin. Voler de mes propres ailes, choisir une vie dont je voulais... Pourquoi mon destin ne pouvait-il pas être ainsi ? Pourquoi n'avais-je donc pas la force de partir, seule, oubliant ceux qui furent autrefois des parents et cet homme inconnu qui devrait être mon mari ? J'étais bien trop lâche pour défier la fureur de ceux qui me conduisait vers cet enfer. Aussi, j'avançais vers ce destin, tremblante. Je gravis les quelques marches qui me séparaient de cet être intrigant, ignorant les murmures enthousiasmes de la foule. Mes cheveux volant au gré du vent, porteur de liberté, me permettait de soutenir le regard sur cet homme, dont je ne voyais seulement le corps, la tête cachait dans l'ombre de son fantastique chapeau. Il leva les yeux vers moi. Mon sang ne fit qu'un tour et...
Je sombrais dans un néant sans fin, une eau glacée s'infiltrant dans mes poumons, me coupant le souffle, me condamnant à la mort. À cette mort si douce et glaciale, que j’accueillis les bras ouverts, ravie d'être enfin libre de mon destin...


Transpirante, je me levais en un sursaut tout en hurlant sans avoir le courage de m'arrêter. Ce cri sans fin résonnant à mes oreilles. Quel était donc ce rêve ? Ce rêve qui chaque nuit, venait me hanter sans me laisser le temps d'un répit. Ce rêve qui contrastait avec cette mort si heureuse que je menais depuis maintenant une longue année. Aurais-je un jour des réponses ou étais-je condamner pour l'éternité à vivre encore et encore ce mariage qui avait causé ma mort, et cette ladite mort qui avait engendré ma liberté? J’espérais qu'un jour ou l'autre, je le serais. En attendant, je devais me contenter de reprendre mes esprits, de calmer mon cœur meurtri par la peur et de chasser la vision de mon mari. Cet homme que je n'avais jamais rencontré, sur lequel je ne pouvais jamais mettre un visage. Dès qu'il levait les yeux vers moi, je ne voyais plus que néant. Il n'était plus là. Poussant un long soupir, je sortais de mes couvertures et remarquais qu'il était encore très tôt. Peu importe, je ne voulais courir le risque de revivre ce cauchemar. Filant sous la douche, je me détendais enfin, laissant l'eau ruisselait sur mon corps encore tout tremblant. Finalement, je la quittais à contre cœur ne voulant abuser de cette eau bénite, dont tant de personnes avaient besoin bien avant moi. M'habillant d'une légère robe blanche, ni trop couverte, ni dénudée, je coiffais mes cheveux rapidement, ne passant pas autant de temps que je le devais de mon vivant sur mon esthétique. À présent, la seule chose qui m'importait, c'était de vivre un maximum cette nouvelle chance qui s'offrait à moi. Positivant les choses comme à mon habitude, je saisis mon journal intime, et filais avec discrétion dans les couloirs endormis du Titanic, enchanté de me dégourdir les jambes bien qu'une heure de sommeil en plus ne m'aurait causé le moindre mal. Personne ne se trouvait en dehors de sa cabine. Avec rapidité, tel une ombre, je me glissais sur le pont le plus proche, laissant le vent secouer ma longue chevelure rousse, ravie de cette fraicheur que ne possédait pas ma cabine, ni même mon lit pourtant si confortable. Rien ne pouvait remplacer la caresse du vent sur ma peau. Et encore moins cet océan d'un bleu lassant, qui ne m'inspirait plus que dégoût. Le voir une semaine me suffisait amplement. L'éternité, c'était bien trop long et douloureux pour mes pauvres yeux qui avait grand besoin de nature et de sérénité. Cette nature dans laquelle j'avais grandi, qui avait toujours constitué mon havre de paix, me permettant d'échapper à la vie malheureuse et solitaire que je menais. Le soleil n'allait pas tarder à se lever, chassant la lune de sa lumière éblouissante. Aveuglé par tant de clarté, je ne pourrais rester très longtemps sur le pont à savourer la caresse du vent. Aussi, je décidais de me rendre dans mon lieu fétiche à bord du Titanic : le jardin exotique. Cet endroit me permettait de m'évader de cet océan, qui me retiendrait pour l'éternité. Un doux sourire aux lèvres à l'idée de m'engouffrer dans ce jardin de rêve, je me glissais dans les couloirs qui me venaient et après quelques minutes, m'engouffrait finalement par la porte du jardin. Il semblait désert, aussi je me permis de respirer avec plaisir les parfums des fleurs et des plantes m'entourant. Quelle douceur à mes narines, me permettant d'oublier la violence de ma nuit. D'un œil vif, je jetais un coup d’œil aux alentours. On aurait pu entendre une mouche volée, aussi avec un rire, je m'engageais dans l'herbe menue, ravie, m'adossant finalement à une plante. Si ma mère avait été là, elle aurait réprimandé un tel comportement. Mais, elle ne l'était pas. Et ne le serait plus jamais. Cela n'était pas pour me déplaire. Mes parents ne me manquaient en rien, car comment pouvons-nous regretter des personnes qui n'avaient jamais fait partie de vos proches ? Ils n'avaient jamais eu le mérite d'avoir le poste de parents, destiné par leur fille qu'ils n'aimaient et n'aimeraient jamais autant que leur précieux argent.
Je secouais la tête pour me sortir de l'esprit la vision de ceux qui furent autrefois ma seule et unique famille, et m'emparais de mon magnifique stylo plume qui en l'espace d'un instant, commença à gambader sur les pages de mon journal intime, comme inspirait par la chaleur de la nature m'entourant. Aussi, je ne remarquais pas l'ombre qui s'était glissée dans le jardin exotique, mes yeux et mes pensées rivaient sur ce que ma plume écrivait...
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MessageSujet: Re: Rencontre improbable [Pv Elliott]   Ven 12 Avr - 12:40

"Reviens ici ! Hurlai-je."

Peine perdue. L'ombre, preste et agile comme un félin, bondissait d'un bastingage à un canot, sautait et s'aggripait au poulies, se balançait aux cordages, le tout sans ralentir. A bout de souffle et de nerfs, je pressai le pas, augmentant la célérité de ma course, mais malheureusement, l'homme demeurait toujours hors de portée. La faute en incombait certainement à mon manque de pratique sportive : Je n'avais jamais été très bon coureur. Là où mes frères de guilde se révélaient être des acrobates et des sprinteurs de talent, je me démarquai par mon sang-froid à toute épreuve, mon intelligence hors-normes, et mes talents d'improvisation.
Quand mes acolytes devaient se mouvoir dans l'ombre et esquiver les gardes, moi, je passais sous leur nez sans même éveiller leur attention. Déguisé en noble ou en serviteur, aucun soupçon ne pointait vers moi, même après que le larçin fut effectué.
Et quelle jouissance, aussi, que de parvenir à vider un coffre sans que qui que ce soit ne se rende compte de rien avant plusieurs heures, me laissant ainsi m'exfiltrer les mains dans les poches, sans que personne n'ait identifié mon visage. Oh, bien sûr, il existait toujours des imprévus, du genre qui faisaient monter le stress en flèche, m'imposant de revoir mes plans à la va-vite. Mais ces moments-là se révélaient même plus grisants que les autres.
A quoi bon exercer son talent, si celui-ci ne rencontre jamais aucune difficulté ?
Mais ce soir-là, à bord du Titanic, où nous errions depuis plus d'un an, je poursuivais cette homme. Insaisissable et aux mouvements de chat, je ne pus voir son visage que lorsqu'il mit un terme à sa course, accroupi en équilibre sur le bastingage de la poupe du bâtiment, au-dessus des remous engendrés par les gigantesques hélices.
Armé de ma fidèle matraque, qui ne quittait d'habitude jamais le fond de ma poche, je fis face à l'individu. Grand, aux cheveux d'un noir de jais, le visage enjolivé par des traits durs, il me transperça de son regard. Son regard aux yeux rouges.
Il me fallut quelques secondes pour imaginer une raison à une telle coloration des yeux. Le temps que mon esprit entame la partie surnaturelle de la réflexion, des serpents, surgissant de nulle part, m'encerclèrent les pieds et s'enroulèrent autour de mes jambes. L'un d'entre eux, plus long et énorme encore que ses congénères, enserra mon corps tout entier dans ses anneaux, sa gueule béante et ses deux crochets luisants de venin à deux doigts à peine de ma tête.
L'homme se redressa. Il m'observa un instant, secoua la tête, étendit les bras en croix, puis se laissa tomber en arrière. Puis le cobra géant passa à l'attaque.


Mes yeux s'ouvrirent sur mon oreiller crasseux.
Je me redressai, étourdi et à demi-vaincu par la sueur et le manque de sommeil. Passant ma main sur mon visage, j'en récoltai à peu près un demi-litre, que j'essuyai sur les couvertures de mon lit.
Je me frottai la nuque, tentant de rassembler mes pensées, de les relier par un quelconque fil conducteur, qui fut la pâle lueur lunaire glissant à travers le hublot de ma cabine. A n'en pas douter, nous n'étions pas très loin de l'aube.
Encore un cauchemar. Un de plus. Jamais le même.
Si encore, il s'agissait du même songe se répétant en boucle, au moins aurais-je pu m'y habituer. Mais celui-ci... non. Je sentais encore sur ma peau nue le contact râpeux des écailles du reptile géant. Je sentais sur mes lèvres le goût acide de son venin, l'haleine puante de son dernier repas.
Je secouai la tête, histoire de chasser les mauvais souvenirs de cette nuit, et me redressai d'un bond.
Pas moyen de dormir davantage, je le savais d'avance. Si je me réveillai, je ne pourrais pas me rendormir avant la nuit suivante, alors autant se bouger et se réchauffer.
Avec la nuit venue, la température baissa, bien entendu. Et se balader torse nu sur le pont ne pourrait pas être de très bon augure. Non pas que je risquai d'en tomber malade – si cela était seulement possible, je ne repérai aucun cas ne serait-ce que de rhume à bord – mais le froid conservait son impact sur mon corps. Même si je supposais que celui-ci n'était rien d'autre qu'une forme adoptée par mon esprit.
Mon véritable corps, lui, reposait à plusieurs kilomètres sous la surface, congelé jusqu'aux os, avec un trou dans le crâne. Et selon les dires de Nayah, qui prétendait avoir vécu plus d'un siècle, notre année se montrait bien plus longue que nous ne l'avions pensé.
Ouvrant un lavabo, je me fis un lavage sommaire du corps et du visage, histoire d'évacuer la crasse et la sueur de ma mauvaise nuit, et enfilai des vêtements propres, puis recouvris mes cheveux encore humides d'une casquette.
Si mes habits n'avaient rien de luxueux, au moins me tiendraient-ils chaud, pensai-je en quittant ma cabine pour aller faire un tour sur le pont, comme à mon habitude. Mais après quelques pas, je ralentis, pour finalement m'arrêter.
Aller sur le pont, très bien. Et ensuite ?
Le coup de chaud passé, les bourrasques que j'aimais tant ne me seraient plus d'aucune utilité. Quant à observer la mer avec passion... Disons que cette passion-là me quitta bien vite à la suite du naufrage. Je n'avais jamais été un loup de mer, et je ne le serais probablement jamais. Et mourir noyé n'améliora en aucune façon ma relation avec l'océan.
Je jetai un oeil hagard dans les longues coursives, qui tomba sur un des panneaux dorés incrustés dans les murs. Un de ceux censé indiquer la direction de tel ou tel endroit. Et celui-ci me guidait vers le Pont A, autrefois réservé aux Premières Classes.
Je n'y mettais pas souvent les pieds, mais je me rappelai soudain avoir entendu Charles me le décrire : Là-bas se trouvait un petit jardin exotique, contenant nombre de fleurs et de plantes en tout genre, et même un petit carré d'herbes.
L'idéal pour des personnes ayant par trop le mal de la terre ferme.
Il se révélait souvent bondé, de jour. Mais la nuit, alors que tout le monde dormait paisiblement...
Un sourire se dessina sur mon visage, et je pivotai pour prendre cette direction. Je m'égarai à quelques reprises, mais au final, finit par déboucher dans cette pièce spéciale, envahi par les enfants de la nature, et refermai les portes derrière moi. Par chance, les clefs se trouvaient dans un tableau à l'extérieur, et je m'arrangeai pour les subtiliser et verrouiller la porte dans mon dos. Et j'abandonnai l'objet dans sa serrure.
Voilà. Désormais, je serais tranquille. Pour quelques heures, du moins.
Les agréables senteurs environnantes vinrent chatouiller mes narines, caressant ma nuque avec douceur et vivifiant mes souvenirs de la terre ferme. Jamais, de mon vivant, je ne fus en présence d'autant de verdure, Southampton étant trop envahie par la révolution industrielle, les bâtiments, le fer, le charbon et l'acier pour prêter encore attention aux élans de Mère Nature.
J'avançai d'un pas discret, sans véritable but dans ma marche. Quoique si, je devais me chercher un coin tranquille pour me poser, à l'abri des gens et d'autres emmerdeurs potentiels.
Peine perdue, je fis à peine cinq mètres que je tombai sur ravissant petit dos, envahi par une cascade de cheveux roux.
La jeune fille propriétaire de cette chevelure, à l'attention trop accaparée par son manuscrit, ne me remarqua même pas.
Je ne voulais pas vraiment me retrouver en compagnie de qui que ce soit. Pourtant, la demoiselle était jeune. A la regarder, ses mains ne comportaient pas les marques d'une vie de travail, aussi en déduisis-je qu'elle faisait partie des Secondes Classes. Voire même des Premières. Mais le soin hâtif accordé à son apparence me poussa à ne pas la juger trop rapidement. Si les aristocrates pompeux ne méritaient aucun respect de ma part, ceux qui s'amusaient à briser les codes, en revanche, me plaisaient d'avance.
Passant à côté de la damoiselle, je ne pus m'empêcher de lancer sur un ton moqueur :


"Naufrage ne prend qu'un seul "f", miss"

Peut-être même n'avait-elle jamais écrit ce mot, et encore moins fait cette faute. Mais il serait amusant de voir sa réaction.
Je contournai l'adolescente, qui devait avoir plus ou moins sept ou huit ans de moins que moi, et me laissai glisser contre un mur, sur le tapis d'herbes où reposait déjà la damoiselle. Je croisai les bras, puis fermai les yeux, laissant mon cerveau se remettre à jour après son réveil brutal.
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MessageSujet: Re: Rencontre improbable [Pv Elliott]   Ven 12 Avr - 22:53


C’est une bonne chose d’avoir peur, ça prouve au moins qu’on a encore quelque chose à perdre.

Cette atmosphère naturelle éveillait en moi des émotions diverses qui ne cessaient de d’entremêler dans mon esprit, me permettant d'y trouver une inspiration soudaine qui me poussai à rédiger à toute vitesse les pensées qui me parvenaient. Ma plume bondissait d'un mot à l'autre, commandé par mon être qui lui dictait de rédiger les moindres détails insignifiants de ma mort éternel. Plus d'une fois, ce journal m'avait permis de me retrouver dans ma vie, et également dans le néant de la mort. J'y couchais ce qui me passait par la tête, me permettant de ne pas garder seulement les informations qui en valaient la peine, mettant de côté toutes celles que mon esprit me fournissait sans se lasser de ce petit jeu. Depuis ma naissance, je ne cessais de me poser une bonne dizaine de questions inintéressantes par seconde, que je retranscrivais sur mon journal depuis mes sept ans. Autant dire que je n'étais pas prête de mettre fin à mes petites habitudes qui m'avaient grandement aidé dans les malheurs de ma vie. M'accrochant avec désespoir à mon journal, je décrivais ce rêve si lassant qui ne cessait d'agiter mes nuits. Pourquoi ne rêvais-je donc pas de cette nature, de la vie, de l'amour... de toutes ces émotions positives auxquelles avaient droit les humains. Je mourrais d'une envie sans limite d'être heureuse dans tous les points de ma mort. Mais, si la vie n'était pas parfaite, alors qu'était cette mort qui t'agrippait à l'instant où tu t'y attendais le moins ? Qui te jouait des tours en te laissant la vie éternelle à bord du Titanic, en compagnie de charmantes personnes ? J'avais beau être heureuse, je savais qu'au tréfond de ce miracle ne se trouvait rien de bon. Rien n'avait été placé au hasard dans les mystères du monde. Et, après les malheurs survenaient les bonheurs qui bien vite s’éclipsaient pour laisser place à la misère et à la peur. Si ces simples rêves n'étaient que mon destin pour l'éternité à venir, je pouvais encore le supporter. Mais, qui me prédisait que l'avenir serait toujours aussi calme et serein ? Personne et encore moins les passagers à bord du navire. Notre présent, et notre futur se trouvait dans une brume des plus épaisses. Ces conclusions sinistres hantaient mon esprit depuis si longtemps que les voir surgir à nouveau ne m'intriguait aucunement. Moi, qui connaissais enfin le bonheur dont à l'époque, je n'aurais jamais osé rêver, je demeurais tout de même dans cette brume me paraissant sans fin, aussi éternelle que je ne l'étais. Ma plume comme excitée par ces nouvelles pensées ne gambadait que plus vite sur le papier usé qui avait connu des vertes et des pas mûrs en ma compagnie. Le fait de transcrire mes peurs me soulageait d'un poids que je ne serais décrire. M'accrochant désespérément à cet élément qui me permettait de survivre dans ce monde cruel et sans pitié, je volais sur un petit nuage où les sensations que me procurait la nature me comblait d'une joie sans fin. Cette solitude ne me déplaisait pas. Autrefois ma si bonne compagne, je l’accueillais toujours les bras ouverts ne pouvant me séparer si facilement de cette bonne vieille amie. En cet instant, si mon saule avait été là, j'aurais été la plus heureuse des femmes morte sur ce navire. Mais, il n'était pas présent. Au contraire de mon journal, je ne pouvais le transporter à ma guise bien que cette idée ne me déplaise en aucun cas.
Ainsi perdu dans mes pensées, je sursautais lorsqu'un ton moqueur résonna dans la pièce :

"Naufrage ne prend qu'un seul "f", miss"

Me prenant de court, je levais les yeux vers la personne qui avait déclaré cela, découvrant un homme âgé de plus de sept ou huit ans. Étourdi par cette soudaine apparition, j'eus bien du mal à recouvraient mes esprits. Emporté dans un élan d'imagination, j'en avais presque oublié où je me trouvais. J'étais loin d'être seule sur cet étrange navire, et j'aurais dû me douter que je ne sois pas la seule personne à me lever aux aurores. Dans tous les cas, je tentais de demeuré impassible face à cet inconnu qui s'adossa au mur, à mes côtés. Il ferma les yeux, les bras croisés et sembla tenter de se remettre d'une épreuve passé. Je connaissais particulièrement bien cette expression, la pratiquant chaque matin après ce rêve devenu comme un rituel de nuit, toujours aussi effrayant au fil des jours. Le seul point positif demeurait qu'à présent, cela n'était plus une surprise. Je savais à quoi m'attendre lorsque mes paupières se fermaient. D'un œil curieux, je contemplais l'homme installé à mes côtés qui ne semblait pas hostile à mon égard, pour le moment. Pas une seule seconde, je ne pris le soin de vérifier si naufrage était inscrit sur mon journal, sachant pertinemment que je ne l'avais pas cité. Je fus tenté de répondre sur un ton ironique, mais je me retins. Ce n'était pas réellement le moment d'attiser les foudres de cet inconnu, dont je ne connaissais absolument rien hormis la nuit agitée qu'il avait certainement dû passer.

« - Je tâcherais d'y songer à l'avenir, s'il me prends l'envie d'écrire ce mot. »

Une multitude de phrases me venaient à l'esprit, mais j'avais sélectionné celle qui me semblait la plus correcte à adresser à un inconnu. Il semblait lui aussi apprécier cette nature qui nous entourait, aussi je restais assise dans l'herbe fraîche, tournant dans mes mains pâles la plume qui m'avait été offerte par une des servantes que j'appréciais grandement par le passé. Pour engager une conversation, autre que l'orthographe, je demandais en un sourire :

"- Mauvaise nuit?"
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MessageSujet: Re: Rencontre improbable [Pv Elliott]   Jeu 18 Avr - 10:09

Hrp : Désolé pour le temps de réponse, une méchante crève m'a empêché d'écrire correctement... :hrP

« - Je tâcherais d'y songer à l'avenir, s'il me prends l'envie d'écrire ce mot. »

Malgré mes yeux fermés, je ne pus réprimer un sourire satisfait. Au moins la jeune fille, si aristocratique semblait-elle, en dépit de sa tenue légère, ne manquait pas d'humour. Une version plus âgée et plus coincée d'elle m'aurait sans doute expédiée sur les roses en m'accusant ouvertement d'avoir tenté de lui faire du mal. Et encore, cela aurait été dans le cas d'une personne très peu gâtée en termes d'intelligence.
Par chance, l'adolescente disposait, du moins en apparence, de quelques neurones de plus que la moyenne des personnes à bord. Aussi, sans doute ce plissement de mes lèvres dut-il la rassurer sur mes intentions, lui faisant ainsi comprendre que je ne considérai pas sa remarque déplacée, mais aussi qu'elle pouvait entamer un autre dialogue sans craindre un hypothétique rejet de ma part.
Et avec courage, ce fut ce qu'elle tenta.


"- Mauvaise nuit?"

Je soupirai.

"Je ne suis même pas sûr de me souvenir de ce qu'est une "bonne" nuit. Alors comment en définir une mauvaise ?"

Mes paupières se soulevèrent, discernant avec intérêt le visage de la demoiselle, particulièrement joli et délicat, à présent qu'il se trouvait en face de moi. Sa peau diaphane et ses yeux, de chatoyantes émeraudes, sublimaient sa chevelure enflammée. Si ses deux iris n'avaient pas été aussi cernés par des dizaines de veinules sanguines, sans doute l'aurait-on considérée comme la beauté incarnée.
Je remuai légèrement, histoire de me positionner d'une autre manière. A la fois pour y gagner une certaine quantité de charisme et pour m'empêcher de glisser et de m'écrouler sur le sol comme une bouse à peine sortie du ventre de son créateur.


"Ceci dit, vu l'état de vos yeux, je suppose que vous ne devez pas dormir beaucoup plus souvent que moi, n'est-ce pas ?"

Même si elle ne répondit pas encore, je pus supposer que ce fut en effet le cas. Au moins pour cette nuit, en tout cas. S'agissait-il d'un horrible cauchemar qui la tira hors de son lit, luisante de sueur et tremblante de terreur ? Ou bien souffrait-elle de simples insomnies ?
Je n'avais pas rencontré de personne gênée par ces derniers symptômes sur le navire, mais Charles m'affirma que certaines premières classes échouaient à fermer l'œil pendant la nuit. La pauvre fille pouvait donc tout aussi bien se trouver dans ce cas.
Je la fixai quelques instants sans rien dire, avant de plonger ma main au fond de ma poche. Elle y demeura quelques secondes, fouillant au hasard, puis en ressortit un petit sac en papier, que j'ouvris avec délicatesse. Mes doigts libres s'y faufilèrent à leur tour, et extirpèrent une minuscule petite chose gélatineuse, toute jaune, que j'expédiai dans ma bouche.
Je tendis le paquet vers la damoiselle.


"Un bonbon, miss ?"
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