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 Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine

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MessageSujet: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Dim 10 Fév - 12:56



Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?

J'avais rencontré, sur le paquebot, un homme. Un homme étrange, mais néanmoins sympathique. Un homme qui était plus âgé que moi aussi et avec qui je m'étais pourtant lié d'amitié. Cet homme se prénommait Marvin. Marvin Marshall de son nom complet. Et il était fou.
En réalité, Marvin n'était pas fou, mais il passait comme tel auprès des autres passagers. Il avait juste quelques problèmes ce qui, aux yeux du monde, le rendait gravement dérangé. Mais une fois qu'on le connaissait, Marvin était un être gentil, de compagnie agréable et qui n'aspirait qu'à passer un peu de temps avec d'autres personnes.
Je l'avais rencontré par hasard, il y avait bien peu de temps en réalité. Je l'avais longuement observé et son comportement, sortant de la normale, m'avait grandement intrigué. Finalement, je m'étais décidée à aller le voir, à établir un premier contact malgré toutes les horreurs que l'on disait sur lui.
Ce fut une bonne surprise, autant pour moi que pour lui je suppose, de nouer ce lien. En seulement quelques bribes de conversation échangées, j'avais su percevoir la certaine détresse de Marvin. Il se retrouvait seul et non seulement à cause de son état, tout comme moi et il n'en fallut pas davantage pour que naisse une amitié entre nous.
Personnellement, je le trouvais vraiment sympathique et nous nous revîmes plusieurs fois, bien que sporadiquement. A chacune d'entre elles, j'en apprenais davantage sur lui, le mal qui le rongeait et le faisait passer pour fou. Je n'avais pas de connaissances médicales prononcées et ne comprenais que bien difficilement ce qui lui arrivait, mais mon empathie envers cet homme me poussait à vouloir l'aider, au moins être à ses côtés.
Je voulais savoir d'où venait son état, comment le soulager aussi.
Je n'avais pas encore assisté à l'une de ses crises, mais le peu qu'il m'en avait dit me laissait imaginer certaines choses assez redoutables. Au fond je le plaignais car vraiment Marvin n'était pas des plus chanceux.

Ce jour-là j'avais décidé d'emmener mon ami dans une ballade sur l'un des ponts du bateau. J'avais, pour le prévenir, fait porter une missive jusqu'à sa cabine. Un petit mot lui disant de me rejoindre à telle heure en tel lieu.
Je pensais que cela lui ferait plaisir et constituerait une surprise qu'il, je l'espérais, trouverait bonne. Aussi étais-je donc partie l'attendre au point de rendez-vous convenu, impatiente de le revoir.
Et j'avais patienté et patienté encore en trépignant presque de ne pas le voir venir. Je me demandais ce qu'il pouvait bien faire, s'il avait reçu mon message aussi. C'était-il perdu en chemin ? Lui était-il arrivé quelque chose ? Je commençais à imaginer le pire mais hésitais à délaisser ma place, desfois qu'il arriverait.
Finalement, après avoir attendu quelques minutes supplémentaires et en vain, je me décidais à aller le chercher, en espérant qu'il soit resté, pour je ne savais quelle raison, dans sa cabine.
Je traversais les ponts et les coursives à grandes enjambées tout en me rongeant les sangs, bousculant à mon passage une ou deux personnes auprès de qui je me confondis en rapides excuses. Puis j'arrivais enfin à la porte de la cabine recherchée. Angoissée et soupirante, je frappais doucement contre le battant.
« Marvin ? Marvin êtes-vous là ? »
Me collant presque au panneau de bois, je tentais de percevoir les éventuels bruits venant de l'intérieur. Mes oreilles bourdonnaient légèrement de ma rapide marche et je n'entendais rien d'autre que le vacarme de fond ambiant qui régnait constamment sur le navire.
« Marvin ? », retentais-je d'appeler en renouvelant mes coups. Mais je n'obtins pas plus de réponse qu'à la première tentative. Alors je posais ma main sur la poignée qui, à ma grande surprise, tourna sans problème. Le battant s'entrouvrit dans un cliquetis.
« Marvin, vous-êtes là ? », demandais-je à mi-voix, consciente de mon intrusion, en passant ma tête à travers l'ouverture.
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Mer 13 Fév - 13:03


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?


On entrait dans cette suite, il l'entendait. Marvin était tranquillement installé dans ce sofa, il regardait devant lui sans penser à grand-chose, il trouvait cet instant de la journée plutôt reposant, cette phase de réveil où le monde semblait renaître encore et encore. Et lui qui avait pensé qu'un jour le monde finirait lui-même par mourir, mais à ce jour il avait une vision totalement différente de la vie et de la mort. L'homme tenait dans sa main une tasse bouillante de café sans la moindre intention de le boire, juste pour sentir cette douce chaleur sur sa peau, il se tenait mal, les pieds sur la table base mais il n'y avait plus personne pour lui dire à quel point ce n'était pas bien, il était libre. Il appréciait le silence, c'était reposant. Personne ne le menaçait et il se sentait plutôt bien. Il ne voulait pas sortir, les gens dehors lui faisaient peur, parfois il sortait. Il rencontrait certaines personnes qui étaient pour la plus part bien moqueuses à son égard et parfois certaines personnes se montraient aimable et... Amicale. Marvin n'avait jamais eu d'amis dans sa vie, sa femme le laissant à l'écart des autres, elle avait eut un contrôle total sur sa vie en maîtrisant le moindre de ses faits et gestes sans hésiter à le droguer. Elle croyait qu'il ne savait pas, qu'il ne comprenait pas le mal qu'elle lui faisait, mais il savait. Il n'était pas idiot. Alors qu'il était là, particulièrement calme et serein ; on entrait. La porte s'ouvrait il l'entendait, il retirait doucement ses pieds de la table pour se redresser peut-être n'était-ce dans la suite voisine ? Non, il entendait des pas... Marvin se tournait vers la porte, une silhouette se dressait devant lui. « Monsieur Marshall ? » demandait avec respect le coursier venu lui transmettre un message d'une amie : Madeleine. C'était une femme de la haute qui lui avait témoigné beaucoup de gentillesse à son égard, patiente et douce. Elle s'était montrée à son écoute bien qu'il n'était pas un homme très bavard. « Que voulez vous ? » demandait-il anxieux en reculant, c'était sur. Cet homme lui voulait du mal, sinon pourquoi n'aurait-il pas frappé ? Oui, cet homme lui en voulait. Mais il ne se laisserait pas faire ! « Monsieur Marshall, calmez vous. Tout va bien. » assurait le coursier en s'approchant du passager qui se sentait tout à coup agressé, et sa seule défense fut de jeter cette boisson brûlante au visage de cet homme qui hurlait de douleur. Un cri qui alertait notre homme qui reculait encore, l'employé du Titanic jurait et sortait de la pièce en fermant la porte dans un claquement violent « Il est fou ! » criait-il dans le couloir.

Non ! Il ne l’était pas ! C’était une pure calomnie ! Il lançait ses objets sur la porte, il renversait le salon avant d’en faire de même avec la chambre. Il était tellement en colère ! Puis il entendait frapper à la porte, ses cheveux bruns de chaque coté de son visage, il était si perdu et il avait tellement mal. Non ! Il n’était pas fou ! Il ne voulait pas accepter ce fait, il ne voulait plus en entendre parler. Plus jamais. On frappait à la porte, quoi ? Il voulait revenir ? Et pour faire quoi ? L’enfermer comme un animal ? Le droguer comme Meredith l’eut fait ? Marvin ne voulait pas se laisser faire, il se souvenait de sa vie et il ne voulait plus revivre cela dans la mort. On l’appelait, une voix féminine. Le bellâtre se figeait et son regard balayait la pièce quand la porte s’ouvrait, ses iris bleus se figeaient sur elle. Madeleine, mais à cet instant il ne semblait pas la reconnaître. Il était en plein délire, en pleine bouffée délirante plutot. Le calme Marvin se retrouvait dépersonnalisé, il n’était plus lui-même. Ce n’était pas lui, il ne contrôlait plus rien. « Qui êtes-vous ? » interrogeait-il en reculant contre le mur. Vous savez, des études ont prouvé qu’un patient doit avoir un espace entre lui et l’autre de la longueur de ses bras, mais en cas d’agitation le patient avait besoin de beaucoup plus d’espace. Il avait besoin d’espace pour fuir, parce que si l’on l’approchait de trop, il n’aurait pas d’autre solution pour fuir que de foncer dans le tas. C’était de la faute des autres s’il agissait de la sorte, on ne lui laissait aucune chance de s’enfuir... « N’entrez pas ! Vous n’avez pas le droit de me toucher ! Qui sont tous ces gens ! Je veux que vous sortiez tous ! Allez-vous-en ! » Ses poumons le brûlaient, c’était si douloureux. Il n’était plus dans ce monde, il créait un monde dans ce monde étrange de la mort, voila pourquoi il effrayait à ce point les passagers...


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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Mer 20 Fév - 13:00

La porte entrouverte, les bruits de l'intérieur de la suite me parvenaient enfin. Et ils n'avaient rien de commun et encore moins de rassurant. Ce n'était pas de la musique comme il pouvait s'en échapper de certaines chambres lorsque l'on passait devant, ni même le son diffus d'une conversation. Non, rien de tout cela qui, en comparaison, semblait bien banal et normal. Dans la cabine de Marvin, c'était la symphonie des objets valsant à travers la pièce qui se jouait. Mais j'arrivais à la fin du concert et m'en estimais bien heureuse.
Je n'avais fait que quelques pas à l'intérieur de la suite, la porte tout juste refermée dans mon dos, que déjà mes soupçons se confirmèrent. Le vacarme n'avait été que l'écho du drame qui s'était déroulé : la pièce se retrouvait sans dessus-dessous. La vision de cette cabine dévastée me faisait penser à un champ de bataille désert, à une maison délaissée après le passage d'une tornade. Et c'est en prenant garde de ne pas piétiner les bibelots gisant sur le sol que je m'avançais prudemment dans ce capharnaüm.
Qu'avait-il bien pu se passer pour que cette suite, que l'on devinait si belle au-delà du désordre régnant, se retrouve dans un tel état ? Je craignais alors pour mon ami. Son absence au lieu de rendez-vous était déjà des plus étranges, mais je songeais désormais qu'elle n'était que le reflet d'une chose bien plus grave encore. Marvin avait quelques problèmes, je le savais depuis un moment. Avait-il fait une de ces crises dont il m'avait esquissé la violence ?
Sa voix me fit légèrement sursauter. Il se tenait dans un coin de la pièce, collé dos au mur comme l'eut fait un animal apeuré et prit au piège. Je n'avais pas tout de suite remarqué sa présence, mais maintenant que c'était fait, j'avais la sensation qu''elle était déplacée. Comme si cet homme ne devait pas se trouver là. Ou plutôt comme si ce n'était pas réellement le Marvin que je connaissais. Ces yeux bleus, me fixant avec appréhension, paraissaient différents. Ils ne semblaient pas me reconnaître.
« Je... euh..., balbutiais-je un instant ; la peine dans mon cœur me faisant chercher mes mots. Marvin, c'est moi. Madeleine. Votre amie... »
Il tenait des propos incohérents en plus de diffuser sa peur panique tout autour de lui. Moi j'étais là, debout devant cet homme, à me tordre les mains en le regardant avec affliction et me demandant ce que je devais faire. Je fis un pas, puis reculais de deux à l'injection de mon ami, la bouche s'ouvrant et se fermant en quête de mots. Les larmes me montaient presque aux yeux tandis que je fixais ceux qui me dévisageaient. J'avais envie de m'avancer pour le rassurer et le réconforter, mais il me faisait également très peur. Je redoutais qu'il ne s'en prenne à moi et me gardais bien à quelques distances pour le moment.
« Marvin, calmez-vous, lui dis-je finalement de la voix la plus douce que je pus ramener des tréfonds de ma gorge sèche. Je euh.. je suis toute seule vous voyez. Il n'y a que moi. Madeleine... »
Je fis de nouveau quelques pas dans sa direction, la main en avant autant pour lui témoigner un signe amical que pour me protéger, malgré sa demande de ne pas le toucher. J'avais bien conscience que mon ami devait faire une crise dont la nature véritable m'échappait totalement, mais je me trouvais surtout très troublée et prise au dépourvu. Je ne pouvait ne serait-ce qu'entrevoir ce que lui voyait. Alors quelle réaction adopter face à un être qui, par terreur, vous repousse, mais que vous ne souhaitez qu'aider ? Je n'allais tout de même pas le laisser seul...
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Lun 25 Fév - 17:48


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?



Que se passait-il dans sa tête ? Tellement de choses que vous ne pourriez jamais comprendre ! C’était un brouillard si épais qu’on ne n’en voyait pas même de tel sur nos terres anglaises, ses pupilles s’agitaient nerveusement pour observer ce qu’il se passait autour de lui. Qui sont ces gens ? Que veulent-ils ? Non, il n’était pas fou ! Il savait qui il était. Ethan Marvin Marshall, prénommé Marvin par la plus part des individus peuplant cette terre ; 38 ans ; anglais ; marié à Meredith Marshall, père d’une petite fille nommée... Madeleine ? Non ! Ce n’était pas cela ! Que racontait donc cette bonne femme ? Ils essayaient tous de le faire tourner en bourrique ! Il le savait ! Les gens n’avaient vraisemblablement comme seule distraction que de le malmener, de tester ses limites et de le pousser à bout ! Ah oui, il le savait ! Et alors ?! S’il était vraiment fou saurait-il vraiment toutes ces choses ? Non ! Il ne l’était pas ! Et il ne laisserait personne le droguer à nouveau, l’emmener à bords d’un bateau pour voir un soit disant médecin, pourquoi faire ? Il n’avait nul besoin de ce genre de service, il allait bien ! Il voulait qu’on le laisse en paix. Ce sont les gens qui se trompaient, ils se trompaient tous ! Lui, elle, eux ! Personne ne savait ! Ils étaient juste des ignorants ! Alors Marvin voulait qu’ils s’en aille tous, qu’on le laisse respirer et détruire ce qu’il voulait, il n’avait aucunement conscience des gestes qu’il enchainait, collé au mur comme une bête prise au piège, ses pupilles nerveuses n’arrivaient à rester fixées sur cette femme, comme s’il guettait que d’autres personnes allaient surgir de la chambre ou de la salle de bain, perdant tout logique et notion plus que jamais. « M... Mon... Mon... Amie ? » bredouillait-il en faisant des petites pas de droite et gauche pour finalement ne jamais changer de place, la mâchoire un peu crispée et les poings légèrement serrée ; n’importe qui aurait sentit le danger face à lui mais elle restait là. Inconsciente ou trop naïve... Peu importe, c’était une menteuse ! Non, il n’avait pas d’amis ! Elle mentait... Personne ne voulait de lui.

Se calmer ? Mais il était calme voyons ! Voulait-elle qu’il s’énerve ? Ah oui ! C’était cela qu’elle voulait ! Mais il ne lui donnerait pas ce qu’elle voulait ! Elle voulait le faire passer pour un fou ! Seule ? Vraiment ? Et combien étaient-ils derrière la porte ? Oui, il était sur que s’il ouvrait la porte, ils seraient tous là près à lui bondir dessus ! Doucement elle s’approchait de lui... Madeleine... Quoi ! Encore cette Madeleine ? Il ne connaissait pas de Madeleine ! « Elle ne s’appelle pas Madeleine ! Elle s’appelle... Elle s’appelle... » Il ne savait plus... Marvin ne se rappelait pas même du nom de son enfant, il saisissait le cadre qui était tombé à terre et s’était brisé, cette photo de famille qu’il jetait sur Madeleine en criant alors comme un possédé « ARRETEZ ! N’APPROCHEZ PAS ! » Il fit quelque pas sur le coté pour frapper la vitre des poings comme s’il voulait s’échapper par celle-ci en se jetant vraisemblablement de haut, avant de se tourner à nouveau vers Madeleine. Non ! Il ne fallait surtout pas lui tourner le dos ! Elle en profiterait pour le poignarder. Oui... En fait elle voulait le tuer... Tout s’expliquait... Elle et les autres le trouvaient bien trop dérangeant et avaient préféré ne manière radicale de se débarrasser de lui ! Il avait comprit ! Les salauds ! Oui, il l’avait dit ! Ou pensé, il ne savait plus vraiment... Marvin collé au mur respirait assez mal, cette peur le rongeait. Cette paranoïa délirante mélangé à de l’agitation. Il se sentait mal, persécuté et seul au monde. Son monde à lui malheureusement le rendait seul. Il était difficile de raisonner ce genre de personne en pleine crise d’agitation délirante, Marvin suspectait tous les monde de lui vouloir du mal, il ne contrôlait plus vraiment le mouvement de ses pupilles, il enchainait les pas qui ne le menaient vraisemblablement nulle part et il ne semblait plus vraiment quoi faire de ses bras. Ils allaient le rendre fou ! C’était eux ! C’était de leur faute ! « Qu’est-ce que vous voulez ? » Demandait-il comme s’il n’avait cessé de poser cette question depuis des heures, il ne la quittait pas du regard, bien trop méfiant, tout son corps était en alerte.


© Belzébuth

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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Jeu 28 Fév - 18:26

Il m'était terrible, presque insoutenable, de voir Marvin dans un tel état. Il gesticulait comme un possédé, s'agitait en tout sens, se blessait lui-même, était plus que nerveux et me rendait nerveuse également. Il bafouillait aussi, ou du moins se perdait dans ses propres pensées que seules les quelques bribes qu'il laissait s'échapper permettaient d'entrevoir. Difficile de le comprendre toutefois, de sentir où il voulait en venir. J'avais l'impression qu'il saisissait mes paroles mais aussitôt les engloutissait dans les tourbillons de son esprit pour ne les ressortir que transformées et modelées en tout autre chose. Avait-il comprit qui j'étais et que je ne lui voulais aucun mal ? J'en doutais tandis qu'il s'interrogeait sur mon amitié et hésitait sur mon prénom.
« Si, c'est bien moi, Madeleine... », tentais-je avant de me faire repousser de ses cris et du cadre photo qu'il jeta dans ma direction.
Alors je reculais, abandonnant définitivement l'idée de m'approcher pour secourir de mes bras mon ami. Fugacement je me demandais s'il s'agissait bien de moi dont il parlait. Cette ''Elle'' dont il avait en vain cherché le prénom dans ses souvenirs apparemment confus...
Mon regard se baissa sur la photo de famille qui gisait sur le sol derrière sa vitre éclatée. Une famille qui semblait unie dans son cadre et dont Marvin ne m'avait jamais parlé. Ou si peu. Peut-être était-ce le nom de sa femme ou de le jeune fille qui souriait sur le cliché qu'il essayait de se remémorer. Malheureusement je ne pouvais l'aider dans cette tâche et me gardais également de toucher à la photographie, de peur de renforcer sa colère.

A bonne distance je le fixais, obéissant à son ordre de ne pas approcher. C'est debout, tremblante et les mains crispées l'une contre l'autre, que je plongeais mes yeux dans les pupilles sans cesse mouvantes du dément. Un instant, c'est moi qui me perdis dans mes pensées.
Les yeux bleus de Marvin me rappelaient ceux de l'homme qui m'avait aimé. La même couleur, dans le même regard à la fois doux et puissant ; un regard de ceux qui vous transportent dans son ciel sans nuages. L'avais-je aimé en retour ? Peut-être, je ne sais pas. Mais une chose était certaine, j'avais bassement refusé sa demande en mariage, je l'avais lâchement abandonné au prétexte de repartir en Amérique. Et, le pire de tout sans doute, du moins était-ce le pire pour moi, je lui avais dit, non sans larmes car je n'étais pas si insensible que ça, de m'oublier. L'avait-il fait ? Cela n'avait plus guère d'importance désormais. Mais ce qui en gardait, c'était ce faux conseil que je lui avais donné : de m'oublier. Sur le moment, cela m'avait parut la chose la mieux à faire pour lui, pour qu'il ne garde pas son cœur en peine. M'oublier. Sur le moment, oui, mais maintenant que je me retrouvais face à l'oubli, l'oubli d'un aitre, l'oubli d'un homme qui avait les mêmes yeux bleus... c'est moi qui aurait voulu oublier. Ou revenir en arrière plutôt et dire à mon beau prétendant d'autres mots. Car je voyais désormais à quel point l'oubli pouvait être terrible. J'avais mal, mal au cœur déjà serré, de voir Marvin ne pas me reconnaître. Et si lui non plus, mon galant, ne me reconnaissait plus, malgré ma demande ? Qu'il me pardonne d'avoir été si sotte, si cruelle, si stupide. Pour tout rachat de mes pêchés, je m'occuperais de Marvin ! J'en faisais la muette promesse. C'était une bien mince consolation ; que pouvais-je faire d'autre...

La question posée me ramena subitement dans la cabine et je fus troublée, quelques secondes, comme si je revenais sans transition d'un long voyage. Ce que je voulais ? Et bien que tout s'arrête, devienne simple et normal car j'agissais bêtement trop souvent et blessais les personnes qui m'étaient chères sans même m'en rendre compte. De toute évidence, il allait en être de même pour mon pauvre ami souffrant de ce mal bien étrange que je ne savais soulager. Mais peut-être n'était-ce pas à moi de le faire...
Cette pensée me traversa l'esprit : et si, pour une fois, je ne songeais pas seulement à ma personne et à mes propres intérêts pour me mettre à l'écoute des autres ? La question n'était alors pas tant ce que moi je voulais, mais ce que mon ami désirait. Après tout, je n'étais qu'une intruse dans sa cabine, dans sa crise de démence aussi. C'est moi qui dérangeais.
« Marvin, repris-je doucement pour explications, je suis Madeleine, votre amie. J'étais venue vous chercher pour faire une balade. Mais si vous voulez que je parte, je partirai. Si vous souhaitez que j'apporte quelque chose, j'irai le chercher. Tout ce que vous voulez, Marvin. Tout ce que vous voulez pour votre bien. Dites-moi quoi faire, je vous en prie...»
C'était une nouvelle approche à essayer de toute manière et ça ne pouvait être pire. Du moins l'espérais-je...
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Mar 5 Mar - 22:56


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?


Marvin se sentait oppressé, comme s'il y avait une foule dans sa suite, mais ils n'étaient que deux. La jeune femme insistait, mais elle mentait ! Il n'y avait pas de Madeleine, c'était un mensonge odieux ! Il perdait le contrôle. Fragile et instable, l'homme sentait qu'il devenait fou, oui c'était ce qu'elle cherchait. Elle voulait le faire passer pour un fou, mais il avait compris son petit jeu ! Finalement il avait réussi à la faire reculer, il se sentait respirer un peu mieux. C'était un rien, mais pour lui c'était beaucoup. Il sentait son espace s'agrandir, ses yeux azurés observaient chaque coin de la pièce en même temps. Elle le fixait, il sentait le poids de son regard sur lui, elle voulait le déstabiliser. Il le sentait. Cette intruse c'était introduite chez lui sans lui en avoir demandé la permission. Qu'allait-il faire ? Devait-il la chasser ? La tuer ? Non, il ne saurait faire une chose pareille n'est-ce pas ? Peut être était-ce qu'elle voulait après tout... Peut-être voulait-elle le pousser à bout, être la victime de ce qu'ils appelaient tous la « folie », mais il n'était pas fou. Pourquoi ne comprenaient-ils pas cela ? C'était comme le son strident du violon sur une mélodie inquiétante et cauchemardesque, l'intensité grimpant en crescendo violent et sans pitié. Les idées se bousculaient dans sa tête, il se sentait tellement mal. La jeune femme restait silencieuse quelques instants tout en continuant de le fixer comme un animal. Son sang venait bourdonner dans ses oreilles, il se sentait de plus en plus fragile et donc par ce biais instable. Que voulait-elle ? Une question qui lui brulait les lèvres. Que voulait-elle ? Il ne demandait qu'à le savoir, qu'à comprendre pourquoi tout le monde le persécutait. Pourquoi voulait-on le faire passer pour fou ? Pourquoi s'en prenait-on à lui sans relâche ? Il ne comprenait pas ce qu'il avait fait de mal, ce qu'il avait fait pour mériter une telle punition de leur part. Il voulait qu'on le regarde et qu'on lui dise pourquoi. Il voulait qu'un jour on puisse le regarder et lui dire avec sincérité : « non, vous n'êtes pas fou. ». Sa respiration était assez décalée, il fit quelques pas à droite puis finalement revenait sur ses pas avant d'enfin atteindre la porte de la salle de bain, il touchait celle-ci du bout des doigts avant de reculer sans oser l'ouvrir.

Son nom, il l'entendait mourir sans echo dans la pièce, il tournait son regard azuré vers la jeune femme l'air assez absent. L'homme l'écoutait cependant. Madeleine ? Encore ! Son amie ? Il n'avait pas d'amis ! Pourquoi voulait-elle tourner le couteau dans la plaie ? Il restait immobile, paralysé. Son regard sur la jeune femme restait figé. Que voulait-il ? Il se perdait. Que racontait cette femme ? Il retournait sur ses pas avant de reculer encore une fois, ses jambes tremblante et fine ne semblaient tenir d'un rien. Marvin pointait alors la jeune femme du doigt et tentait une réponse « Vous.... V... Vous mentez ! Vous vous fichez de ce que je veux ! » Il ramassait à nouveau un objet pour le jeter sur la jeune femme, mais ces feuilles de papier se mirent à tourbillonner avant de retomber aux pieds de Marvin, il relevait doucement ses iris bleus vers elle « Je n'ai pas d'amis ! A... Alors arrêtez ! Arrêtez de dire cela ! Je ne vous crois pas ! » Que voulait-il ? Oui, il voulait qu'elle s'en aille. Mais allait-elle sortir pour prévenir les autres d'entrer ? Comment être sur ? Il se dirigeait vers la porte en longeant les murs puis enfin appuyait sur la cliche pour entrouvrir la porte. Un couple qui se promenait là apparue dans son champ de vision et il claquait la porte terrifié. « Combien êtes vous ? Pourquoi me voulez-vous du mal ? Je n’ai rien fait ! Je ne suis pas fou ! » A ces mots il glissait le long de la porte jusqu’à être au sol, les yeux noyés de larmes. Il n’était pas fou ! Pourquoi le regardait-elle comme ça ?! Son cœur battait comme un fou dans son torse, il se sentait fébrile et vulnérable. Marvin relevait doucement le regard vers la jeune femme, il entendait des pas dans le couloir, des rires même...


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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Jeu 14 Mar - 15:24

Mais que faire ! Ô grand dieu, que faire ! Comment agir, comment réagir même, face à un être aussi complexe, dont la torture mentale se répandait dans la cabine à la manière d'un serpent, se dissimulant d'abord pour mieux s'enrouler autour de vous, lentement ? Je n'en savais rien. La situation, aussi nouvelle qu'indomptable, me dépassait et menaçait de me faire sombrer avec elle. Je me sentais de plus en plus ne devenir que le reflet de l'homme que j'observais tant sa souffrance emplissait la chambre. Son mal m'imprégnait peu à peu : Marvin avait peur, la peur me gagnait ; Marvin voulait s'enfuir et je ne souhaitais que partir moi-même ; Marvin aspirait sans doute à crier, hurler son malaise pour mieux l'exulter, je l'aurais voulu également. Mais je ne devais me laisser saisir par cette vision terrible que m'offrait mon ami. Tout comme elle ne devait m'emporter dans ses affres. Non, je me devais de rester forte. Pour lui. Pour nous.

L'échappatoire ne se trouvait pas dans la porte de la pièce adjacente, que je pensais être la salle de bain au regard des dispositions de la cabine. Les doigts de mon pair en touchèrent la poignée et un instant je crus à la délivrance que cette nouvelle pièce apporterait. Un îlot encore intact au milieu du désordre de la chambre ; un peu d'eau fraîche sur le visage pour mieux retrouver ses esprits. Mais non, la porte resta close. Si Marvin avait voulu y aller, il n'avait pu le faire. Pourquoi ? Les raisons me resteraient inconnues. Mais je fis presque un geste pour l'aider, tourner à sa place la poignée ou venir le soutenir, lui qui chancelait sur ses jambes tremblantes. Mais son regard, si bleu, si fixe, me gardait sur place tout autant que son doigt accusateur. Non je ne me fichais pas de ce qu'il voulait ! Bien sûr que non ! Mais comment lui faire comprendre, alors même que je restais plantée là, à le regarder avec peine, à le réconforter maladroitement d'une voix faible.
« Non, je veux juste que... », soufflais-je tandis qu'il ramassait une liasse de feuilles.
La libération ne vint pas davantage de la tempête blanche que l'esprit tourmenté créa. Les feuillets, jetés par Marvin sûrement dans le but de m'éloigner comme l'avait en partie réussi la photo de famille, ne furent ni mur ni rempart. Et si cette neige de papier ne me tint à distance que sous le coup de la surprise, elle fondit bien rapidement sur le sol, en emportant avec elle son semblant de protection et mon cœur blessé des paroles du jeune homme.
« Oh mais si je suis votre... », commençais-je. Les paroles moururent sur mes lèvres dans les échos de ma voix nouée. Je désespérais de cette situation, des mots si durs que Marvin portait sur moi en mettant en doute mes propos et de le voir si gravement atteint par cette sorte de folie. Je restais pantoise, les mains crispées, me mordant les lèvres tandis que le monde autour tanguait légèrement.
Alors la rédemption viendrait peut-être de l'entrée. Sa porte en était désormais devenue celle de la sortie, seule barrière nous isolant du monde extérieur qui semblait tant effrayer mon ami. Marvin essaya de la franchir. J'avais reculé dans la suite, seul véritable geste depuis de longues minutes, pour lui laisser libres mouvements, redoutant au fond de moi les événements une fois dans le couloir. Cette suite, dans le monde si actif, lumineux et différent du couloir, n'eut pas lieu. Marvin referma subitement la porte qu'il n'avait que tout juste entrouverte, l'espace d'un court instant durant lequel le monde extérieur se joignit au nôtre.
Nous étions de nouveau seuls avec sa terreur. Marvin exprimait ses craintes, comme une sempiternelle chanson. Les autres lui faisaient peur, il angoissait du mal qu'il pourrait subir, lui, cette pauvre âme trop souvent stigmatisée par ces pairs et injustement estampillé du mot  « fou ». Se glissant le long de la porte il éclata en sanglots.
« Oh Marvin ! », m'écriais-je en voyant ses pupilles bleues se voiler de pleurs. Je ne pus m'empêcher de m'élancer doucement vers lui pour venir m'agenouiller à ses côtés. Les larmes, jusqu'ici contenues, roulèrent sur mes joues sans que je puisse les retenir tandis que je frôlais de ma paume bienveillante le bras du pleureur. J'aurais tant souhaité le prendre dans mes bras, le serrer fort contre ma poitrine pour le réconforter, lui faire comprendre qu'il n'avait rien à craindre. Mais peut-être mon rapprochement était-il déjà de trop. Aussi, avant d'en subir pleinement toutes les conséquences, je tirais du revers de mon vêtement, le mouchoir brodé que je conservais toujours sur moi. Je le tendis à Marvin, en apposant un instant ma main sur la sienne.
« Je sais bien que vous n'avais rien fait et voyez comme je suis seule. Mais essuyez vos larmes... Prenez ce mouchoirs et soyez sûr que je ne vous veux aucun mal, l'incitais-je en agitant le bout de tissu. Je sais que tout cela doit vous être très difficile mais c'est bientôt terminé. Je l'espère. Car vous n'êtes pas fou, Marvin. Alors cessez de pleurer... »
Basculant sur mes jambes, je vins m’asseoir à même le sol, dans les nombreux plis de ma robe, à un mètre tout au plus de mon ami. Du bout des doigts je chassais les pleurs de mes yeux qui ne cessaient de fixer cet homme qui me semblait redevenir petit garçon, assis dos à la porte, le mouchoir blanc laissé sur son genou, les yeux rougissants...
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Ven 22 Mar - 22:28


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?


Oui c'était sur, on voulait lui faire du mal. Le bellâtre ne savait pas vraiment pourquoi, il s'imaginait des raisons diverses à cette violence que l'on exerçait sur lui, cette violence invisible qui semblait pourtant faire bien des dégâts. Il se sentait seul, terriblement seul. Ils étaient tous contre lui, Marvin ne savait pas comment lutter contre ces gens, il savait juste qu'on lui voulait du mal. Persécuté, il sentait que l'on tournait autour de lui tels des vautours ils attendaient qu'il baisse la garde pour fondre sur lui et le torturer. Le dément s'agitait tout particulièrement, il n'en pouvait plus de tous ces bruits, de ces ombres, de cette femme qui venait le hanter. Il ne l'avait jamais vu avant, pourquoi venait-elle lui faire du mal ? Marvin ne comprenait pas, il aurait voulu qu'on le laisse ici, seul pour toujours. Suite à l'angoisse et agitation, venait l'angoisse et l'effondrement. Au sol, il pleurait. N'importe quel homme aurait honte de pleurer de la sorte devant une femme mais pas Marvin, il se fichait de ce que l'on pensait de ce fait, s'il avait besoin de pleurer, pourquoi ne pourrait-il pas le faire ? Il pleurait, il avait tellement mal, tellement peur. Il se sentait à la merci de tous, il entrait dans la phase ou tout semblait vain. Pourquoi se battre ? C'était perdu d'avance... Un cri l'appelait, à cet instant l'angoisse l'envahissait de toute part et il éclatait en larmes. Elle s'approchait de lui, c'était là une intrusion imposante à ses yeux. Il sentait la main de la jeune femme sur son bras, il manifestait un léger geste de recul avant de se faire finalement docile envers la jeune femme. Posant son regard azuré empli de larmes sur leurs mains jointes, il relevait les yeux vers cette étrange jeune femme qui lui adressait des mots d'une voix tellement douce. C'était si doux qu'il se laisserait volontiers bercé par celle-ci, Marvin était sensible aux bruits et la musique avait beaucoup d'effets sur lui. Seule ? Il balayait nerveusement la pièce de regard, se crispant de peur d'y découvrir de nombreux visage, serrant avec force le poing autour de la main de la jeune femme. Il n'y avait personne. Non, il ne voulait pas pleurer, mais une larme coulait déjà sur son visage. Pourquoi pleurait-elle ? Il ne comprenait plus rien... Marvin avait envie d'hurler, de tout casser ; mais ses forces semblaient l'avoir abandonné. « Je ne vous ai rien fait... Je ne vous connais pas... » lançait-il en regardant ce mouchoir s'agiter sous ses yeux. Bientôt terminé ? Allait-elle l'achever ? Les larmes se mirent à couler de plus bel sur son visage d'ange. Pas fou ? Ses yeux bleus observaient cette magnifique femme assise à ses cotés, il posait doucement sa main sur son abdomen, les lèvres entrouverte comme s'il voulait dire quelque chose sans que le moindre son ne puisse sortir de sa bouche.

Ne pouvant exprimer ses douleurs internes, ses angoisses et ses peurs ; l'homme passait à cette étape dangereuse où sa folie le conduisait. Se repliant sur lui-même, Marvin se mit à gémir de douleur avant de se mettre à hurler. Il avait si mal ! Pourquoi ne faisait-on rien pour le sauver ou juste pour l'aider ? ! « Non ! Non !! NON ! » Se pressant de ses mains son abdomen en se laissant tomber de coté opposé à la jeune femme, sa tête claquait contre le sol mais il ne semblait pas en réagir. Il n'avait plus vraiment notion de sa douleur réelle ou imaginé, il avait mal en lui. Il transformait cette douleur psychique en douleur physique imaginaire. « J'ai mal ! » criait-il en se tournant face contre le sol, se tortillant de douleur, cette douleur qu'il n'arrivait pas à gérer. Cette douleur née de cette détresse. Il voulait juste que l'on puisse le voir, que l'on puisse comprendre. Le dément hurlait encore, de profonds cris de déchirement comme s'il était en train d'agoniser. Sa respiration se fit difficile, il suffoquait tandis qu'il pouvait sentir la douceur de la soie qui composait cette robe somptueuse que portait son amie qu'il ne savait reconnaitre. Il était à moitié appuyé contre elle dans ce nouveau mouvement, le contact avec le corps de cette femme le paniquait ; et finalement c'était tellement doux qu'il ne cherchait pas à s'éloigner. Transpirant à grosse gouttes il se mit à pleurer à chaudes larmes en poussant de longs gémissements de douleur. Les yeux clos, ses yeux embrumés le faisaient souffrir, quelle douleur était vraie, quelle douleur était fausse ? Il ne savait plus. « Aidez moi... Aidez-moi... J'ai tellement mal... Aidez-moi... » soufflait-il en donnant des coups dans l'air pour se battre avec ses fantômes. L'homme versait à nouveau des larmes sur son visage, se tournant encore un peu plus contre elle, il s'agrippait au tissu de sa robe, il agissait comme s'il avait une blessure grave, comme s'il venait de se briser une côte ou comme si on venait de le poignarder. C'était d'ailleurs cette dernière option qui présentait le mieux ce qu'il ressentait. Sa main plaqué sur son coeur, lieu d'une hémorragie qui lui faisait tellement mal; il se vidait de son sang et cette fille allait-elle rester là à le regarder souffrir comme un bête ? Dieu qu'il la détestait à cet instant, mais paradoxalement il lui offrait un peu de sa confiance en se laissant approcher par celle ci, cette création angoissante de contact qui était au fond rassurante dans la mort qu'il se croyait vivre.



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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Lun 8 Avr - 11:36

J'avais eu le sentiment que le pire était passé, comme une tempête désormais derrière nous et dont seule la pluie salutaire annonce la fin. Les larmes de Marvin, qui coulaient en abondance sur ses joues pâles, étaient comme cette eau tombée du ciel. Je me disais qu'il devait réussir à se calmer, à lutter contre ses démons intérieurs, là où j'avais échoué avec la bien substantielle aide apportée. Nous sommes toujours esseulés dans l'ultime bataille menée contre nous-même. Marvin combattait encore et j'avais cru sentir la proche issue de cette guerre. Malheureusement et pauvre ignorante que j'étais, je ne savais que cet apparent calme n'était qu'une pause dans la crise, une brise fugace au milieu de la tornade ; le cœur du cyclone n'était pas encore atteint.
Son geste, cette main posée sur sa poitrine, aurait sûrement du m'alerter. Il était déjà trop tard quand mon ami s'effondra sur le sol, courbé sur lui-même, gémissant et criant sa douleur. D'enfant il redevint subitement presque fœtus à gesticuler ainsi comme celui qui vient de naître. Mais ça avait été si soudain que je n'avais eu le temps de faire le moindre mouvement. Et voilà maintenant qu'il hurlait de plus belle ! Oh mon pauvre Marvin, mais que vous arrive-t-il donc ! Vous avez mal, est-ce votre tête qui vous cause tant de souffrances ? Elle a violemment rencontré le sol, dur et froid, en un bruit effroyable ! Quelle vision terrible de vous voir ainsi !
Pourtant, de mes lèvres ne s'échappaient aucun sons, ni plus de paroles alors que mon visage baignait encore dans les pleurs que je ne retenais plus. J'en oubliais même le léger picotement au coin de mes paupières. Je restais là, encore une fois interdite et saisie par la vision de ce mal invisible qui emportait mon ami. Mes oreilles tintaient des ses cris ; mon corps soutenait en partie le sien. Impuissante, immobile, je ne savais que faire, que dire... J'eus-été un lit que mon rôle n'aurait pas été pire. Ma robe était le drap, mes jambes repliées le traversin. Et Marvin s'y agrippait tel un malade alité qui se réveille en proie au plus horrible des cauchemars.

Je me réveillais à mon tour, les tympans saturés des hurlements insoutenables. Il me demandait de l'aider, exprimait à voix haute sa souffrance. Depuis combien de temps ? Pourquoi n'agissais-je point ? Marvin était mon ami, je ne pouvais le laisser dans un tel état. Mais qu'avait-il ? Quel était la nature de son mal ?
« Marvin je suis là », lui dis-je de cette voix douce mais chevrotante d'émotion qui ne m'avait pas totalement quittée.
Je serrais davantage contre moi l'être sanglotant, le redressant du mieux que je pouvais pour que sa position ne soit pas inconfortable. Son corps était chaud et je sentais presque les à-coups de la circulation du sang si ce n'étaient mes propres battement de cœurs qui affluaient au bout de mes doigts. Avec précaution, mais mue par une sorte d'instinct maternel, je vins entourer de mes mains la tête de Marvin, en les passant gentiment dans ses cheveux à la manière d'une caresse.
« Avez-vous mal ici ? », demandais-je tout m'assurant au toucher qu'il n'y avait pas de trace de blessure. Mais c'était de sa poitrine qu'il semblait souffrir le plus. Alors je me laissais glisser vers son torse, posant ma paume sur la main qui s'accrochait au cœur, ne sentant rien d'autre que la chaleur qu'elle dégageait.
« C'est ici que vous avez mal, mais je ne sais que faire, Marvin... », lui expliquais-je. Loin de moi l'idée de le paniquer davantage. « Mais là, là. Je suis là, je vais rester auprès de vous. Tout va bien se passer. Voulez-vous vous allonger ? »
A ma question se joignit une étreinte : je serrais ce frêle individu pour le rassurer, le consoler, prendre ses maux aussi peut-être. De ma main restée dans ses cheveux sombres, j'allais essuyer du pouce les larmes sous ses yeux, prenant son visage dans ma paume pour mieux le cajoler.
« Ça va aller, Marvin. Je suis là. Je suis Madeleine, votre amie, et je suis là, n'ayez pas peur », répétais-je penchée au-dessus de lui, le berçant un peu...
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Sam 13 Avr - 20:59


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?



Cette douleur était devenue à ses yeux insoutenable ! Marvin ne savait que faire de ce corps dans lequel il se sentait si mal, ce corps qui ne savait plus le soutenir, un corps faible qui ne savait plus lutter contre ses démons qui le persécutaient. Qu'il aurait voulu changer de peau, devenir l'un de ces hommes si forts qui ne devaient pas savoir ce que la souffrance voulait dire, ces hommes qui revendiquaient leur courage et leur absence de peur. Pourquoi n'était-il pas ainsi ? Il était cette petite chose frêle que la moindre perturbation faisait basculer. On le trouvait adorable, plaisant, sensible... Mais n'était-il pas trop sensible justement ? Était-ce vraiment une qualité ? Les gens avaient tort, ils ne voulaient pas comprendre à quel point cela était pénible au quotidien. Ses yeux continuaient à regarder autour de lui sans trop savoir sur quoi se figer, il avait si mal. Que faire de ce corps ? Que faire de ses yeux ? Une voix lui parvenait enfin en réponse à ses hurlements qu'il cessait tant bien que mal pour entendre sans pour autant cesser de pleurer. Une étreinte se serrait autour de lui, le dément laissait son corps se faire mobiliser par cette inconnue comme une poupée de chiffon qui faisait son poids. Installé de la sorte il lui semblait avoir moins mal, bien que cette proximité avec cette femme l’inquiétait vraiment, que lui voulait-elle ? Les mains si douces de la jeune femme sur son visage, il fermait les yeux pour quelques secondes de repos avant de se mettre à gémir au passage de cette main sur le sommet de son crane quelque peu oedèmié sans grande importance. Se tenant la poitrine en présentant des difficultés respiratoire, il reprit ses sanglots quand elle posait sa main sur cette zone si douloureuse. Elle ne savait pas quoi faire ? Doucement il acceptait de regarder cette blessure, ses yeux glissants lentement avec une forte anxiété... Il saignait. Il allait mourir. Elle ne le voyait même pas. Marvin relevait ses yeux vers la jeune femme tout en laissant tomber sa main de sa poitrine, abandonnant ainsi la compression sur sa plaie. Allait-elle voir qu'il saignait ? Où devait-il mourir ainsi pour l'énième fois ? L'inconnue lui assurait rester auprès de lui, mais pourquoi ne l'aidait-elle pas ? Était-il un homme si horrible pour que l'on refuse de lui porter secours ? Il se sentait davantage serré contre cette femme, ses yeux azurés se figeaient enfin sur elle tandis qu'ils avaient cessé de pleurer. Il ne comprenait pas, il n'arrivait à comprendre pourquoi on le laissait souffrir de la sorte.

Son visage séché, il se laissait faire comme un pantin entre les mains de cette dite Madeleine. C'est alors qu'elle le rassurait tant bien que mal, mais ce sang coulait et lui faisait si mal. Il avait mal. « Je voudrais mourir tout de suite... » soufflait-il, la parole était devenue un exercice douloureux. Mais il ne voulait pas rester là à attendre que la mort l'emporte. Il voulait mourir sans souffrir. Marshall voulait juste être un lâche et fuir la douleur. « Si vous ne voulez pas m'aider, je vous en prie ne me laissez pas comme ça... » Prit d'un léger sursaut de douleur, il venait se lover contre elle tout en se laissant bercer comme un enfant fragile ; mais il était un homme fragile. Bien trop fragile pour ce monde qui considérait la démence comme une punition de dieu ne pouvant être soignée par leur médecine. Un mouvement de bascule antalgique qui faisait doucement son effet à moins que cela soit la perte de sang ? Il ne savait plus. « Je ne suis pas fou... Je ne suis pas fou... » sanglotait-il en attrapant doucement la robe de la jeune femme du bout des doigts avant d'exercer sur celle-ci une poigne douloureuse. Combien de temps cette torture saurait-elle durer ? « Je saigne... J'ai froid... Aidez-moi.... » Au contraire, le fiévreux psychotique fermait lentement les yeux après avoir contemplé ce visage bienveillant, il se sentait juste coincé dans cet état. Peut-être devait-il en finir seul. Sa respiration sifflante et douloureuse se fit un peu plus calme tandis qu'il tournait lentement la tête de coté pour trouver un objet avec lequel s'achever. Tendant doucement la main vers un débris de verre qui était trop loin, retenue par les bras de la jeune femme il ne savait tendre son corps pour le saisir « Laissez moi mourir... Je ne peux supporter tout cela plus longtemps. C'est trop difficile. » suppliait-il en la regardant à nouveau, ses yeux magnifiques bordés de larmes, le dément était épuisé et sa seule issu semblait se dessiner comme la mort.


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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Jeu 18 Avr - 15:23

Ses mots furent tranchants, ses paroles coupantes. Comment pouvait-il dire cela ?, annoncer sans prévenir qu'il souhait voir sa vie s'achever ? Mon ami souffrait, mais c'était tout autant un coup au cœur qu'il me portait en prononçant ces mots. A mon cœur, déjà peiné et tiraillé de l'état de Marvin.
Comme il devait souffrir, comme il devait avoir mal pour avoir de telles pensées ! Et pourtant je ne voyais rien. Pas de blessures apparentes, tout juste une bosse que mes mains avait décelées dans sa chevelure. Son mal était plus que jamais intérieur. S'il se traduisait par des effets physiques, comme cette crise délirante, véritable cauchemar éveillé, ceux-ci demeuraient difficilement décelables au-delà des mots du jeune homme. Rien en apparence n'aurait laissé penser à une quelconque douleur si Marvin ne l'avait pas criée, n'avait eu le visage inondé de larmes, s'il n'était en train de souhaiter la mort.
« Oh non, ne dites pas de telle choses, je vous en prie... » J'étais bien moins forte que mon ami : lui avait séché ses pleurs ; les miens continuaient de se déverser en torrents sur mes joues pâles. Ils redoublèrent en cascades humides alors que mon malheureux ami m'invitait à mettre fin à ses peines. Comment ? Je ne le pouvais ! j'en étais incapable ! et bien sûr que je voulais l'aider, il n'en pouvait être autrement !
Je le berçais encore un moment, ce pauvre petit ange qui répétait qu'il n'était pas fou, presque comme une comptine. J'en avais longtemps chanté la chanson avant qu'il ne l'entende enfin. Cela me fit sourire.
« Non, vous n'êtes pas fou. Jamais, jamais vous ne l'avez été... », lui répondis-je en le serrant encore un peu plus. Lui s'agrippait à ma robe, fermement, gémissant ses maux, le suppliant de l'aider. Oui !, oui je t'aiderai mon ami ! Ne serait-ce qu'en retenant cette main qui cherche à s'emparer de l'arme de la détresse. Oh non, ce tesson de verre ne te prendra pas la vie qui semble t'échapper ! Elle m'échappe aussi, glisse entre mes doigts dont je ne sais que faire. Encore. Je veux t'aider, Marvin. Pardonne-moi de n'y arriver...
« Vous êtes fort voyons ! » Je retenais le bras d'une main, serrais le frêle corps de l'autre et fixais les intenses yeux bleus qui me regardaient.  « Ce n'est pas la solution. Cela ne vous apportera rien. Regardez tout ce que vous avez fait ! Vous ne pouvez pas finir ainsi. Soyez courageux, Marvin. Vous avez mal, mais je suis là. Je vous aide. » J'essaye..., pensais-je sans le dire. « Venez. Doucement. Je vais vous conduire à votre lit, ça va aller. Là, doucement. »
Je tentais de redresser le jeune homme en même temps que de me lever, continuant à le serrer à la manière d'un enfant endolori et sans quitter les deux pupilles claires dont je n'arrivais à me détacher. Un sourire perça sur mon visage. Peut-être fut-il davantage un rictus tant j'étais crispée, apeurée et tendue en essayant de nous relever moi, Marvin et sa lourde souffrance...
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Sam 20 Avr - 22:07


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?


Mourir était devenue sa nouvelle obsession. De toute façon, comment aurait-il pu continuer à vivre ainsi ? A vivre dans cette souffrance ? Dans cette incompréhension du monde qui le prenait pour un fou à lier ? Il n'était pas fou ! Pourquoi voulait-on l'accabler d'être un peu différent ? Il voyait ses choses, ce n'était pas imaginaire, il ne pouvait pas les avoir imaginés ! Il pouvait les voir, les entendre, les sentir... Pourquoi les gens se permettaient-ils de dire que cela était de choses fausses puisque lui ses sens pouvaient les ressentir ? Personne ne voulait le croire, on se contentait de le plaindre comme s'il n'attendait que ça. Mais Marvin voulait juste qu'on le croie, que l'on voit ce qu'il voyait, que l'on puisse comprendre son monde à lui sans douter de son existence. Allait-il y arriver un jour ? Il se demandait parfois ce qui était normal ou non aux yeux des gens. Pourquoi le fait qu'il voit certaines choses leur paraissaient abracadabrantes, tandis qu'ils acceptaient le fait de voguer sur l'eau pour l'éternité ? C'était injuste. C'était ce sentiment d'injustice qui le faisait souffrir, on l'accusait de folie alors qu'il ne l'était pas. Epuisé, il réclamait la mort. Mais cette femme refusait, pourquoi diable lui infligeait-elle cela ? Qu'avait-il fait de si horrible pour qu'on le punisse de la sorte ? Elle pleurait, son magnifique visage était arqué de larme d'une tristesse insoutenable, pourquoi pleurait-elle ? C'était idiot, si elle avait vraiment de la peine pour lui, elle exaucerait sa prière de le laisser partir.

Se laissant tendrement bercer comme un enfant, les yeux clos dans un murmure gémissait ne pas être fou, elle lui répondait encore. Il ouvrait les yeux intrigué, disait-elle vrai ? Le pensait-elle vraiment ? Alors pourquoi tout cela ?! Pourquoi lui ? Il s'agrippait à elle, en signe qu'il avait compris ce qu'elle venait dire, en signe que cela comptait atrocement à ses yeux. Fort ? N'était-il pas la créature la plus minable qu'il soit au monde ? Elle ne voulait pas qu'il s'achève, elle ne voulait pas... Prisonnier de bras si tendre, il gémissait encore avant d'abandonner cette lutte pathétique. « Je ne puis être courageux... Je ne suis que cette chose faible... » soufflait-il sans la quitter des yeux, il aurait voulu avoir la force qu'il n'avait pas, qu'il n'aurait jamais... Venez ? Pour aller où ? Si mince qu'il sentait son corps se remuer comme une vulgaire poupée désarticulée sous les gestes de la jeune femme. Posant lentement la plante de son pied au sol, il glissait lamentablement fort heureusement soutenue par la jeune femme qui ne cessait de le fixer. Pourquoi la regardait-elle de la sorte ? Doucement redressé, il se retrouver sur ses jambes sans trop savoir comment celle-ci le soutenaient, les bras de la jeune femme lui offrait un appuie auquel il accordait sa confiance sans trop savoir pourquoi. « Laissez moi mourir... » suppliait-il en laissant sa tête tomber vers le sol, caché derrière sa chevelure brune, ses yeux azurés fixaient le sol et les endroits où ses pieds se posaient. Le dément ne savait pas vraiment où il allait, il se laissait guider par cette femme qui n'écoutait pas ses supplications.

Arrivant devant le lit défait, il se mit à geindre pour témoigner qu'il ne souhaitait pas y aller, mais elle l'invitait à s'asseoir, vide de force il tombait écroulé sur le plan mou et confortable. Les yeux clos il venait de mettre en position foetale tandis qu'une main tremblante semblait chercher à tatons cette femme à ses cotés qu'il ne trouvait pas. Qu'il avait froid... Devait-il ouvrir les yeux ? Que verrait-il ? Un lit plein de sang ? Il ne voulait pas... Tremblant de tout son être il suppliait « Ne me laissez pas là.... Je ne sais pas où je suis... Aidez moi ! » Criant cet appel au secours auquel personne ne semblait vouloir répondre, il se mit à pleurer de plus belle. Il se sentait complètement perdu, pétrifié de froid ; Marvin se mit à crier car c'était devenu la seule chose qu'il semblait capable de faire correctement pour que l'on puisse l'entendre ou plutot pour faire vivre l'espoir que quelqu'un l'entende un jour dans sa détresse...



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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Jeu 9 Mai - 11:39

Marvin semblait revenir peu à peu à la raison. Ou plutôt sa crise se calmait, car la raison il ne l'avait jamais totalement abandonnée. Ses phrases, plus construites, davantage sensées, ou tout du moins plus calmes, le suggéraient. Je ne croyais pas à la folie pure. Il existe de nombreuses manières de voir et appréhender le monde qui nous entoure. En choisir une plutôt que l'autre, une qui n'est pas celle de la majorité, ne fait pas de vous un aliéné. Et encore moins une personne qui doit se voir rejetée, accablée ou persécutée. Après tout, n'y a t-il pas nombre d'artistes de tous horizons considérés comme fous par leurs pairs, mais reconnus pour leur talent ? Il n'y a de véritable folie que dans le fait de ne pas accepter les différences des autres.
J'avais aidé mon ami du mieux que j'avais pu. Il était nettement plus lourd que moi et j'avais peiné à le soutenir. Pourtant, entre mes bras minces, Marvin semblait si frêle... Il se laissait faire en gémissant, petit animal affaiblis. Il avait beaucoup pleuré, devait s'être vidé d'une grande partie de ses forces. Sa fatigue physique se ressentait dans son corps ballant ; celle intérieure, il l'exprimait de ses suppliques. Mes traits s'étaient froncés sous l'effort et ces mots, si durs, d'un être souffrant qui voyait la mort comme une douce délivrance. Mais non, non !, ce n'était pas une solution, je ne voulais pas que cela le soit ! Comment pourrais-je me résoudre à voir un ami si cher délaisser sa vie ? Je ne le pourrais simplement pas.

Le lit fut le bienvenue et j'étais soulagée de laisser ce poids s'affaler dans les couvertures. Aussitôt je vis le jeune homme reprendre cette positon protectrice, se courber en deux au milieu du lit. Il ferma les yeux, des larmes émergeant à nouveau de sous ses paupières et se mit à trembler.
« Là, là, calmez-vous... », le rassurais-je en prenant la main qui fouillait les draps.
Je la serrais entre mes doigts, amicale et rassurante, tout en tirant de ma main libre la couverture sur le corps tremblotant. Je le bordais comme je pus, cherchant à l'emmailloter à la manière d'un enfant, avant qu'un cri, strident terrible, ne vienne troubler l'apparent calme de la chambre. A y regarder de plus près, c'était un vrai chaos qui régnait dans la cabine.
Ce nouveau hurlement me fit grimacer tant il avait été soudain. Et pour y mettre fin, je me penchais sur mon ami, me serrant contre lui sans pour autant lui lâcher sa main.
« Calmez-vous, calmez-vous... Je suis là, Marvin. Vous êtes dans votre cabine et vous n'avez rien à craindre », lui soufflais-je à l'oreille en câlinant cette silhouette à demi-dissimulée sous les draps. De la paume, je frottais doucement le dos du jeune homme pour mieux le réchauffer ; mes doigts vinrent se perdre dans la tignasse brune, glissèrent aimablement sur la joue humide. J'essuyais les pleurs dont le flot ne cessait tout en cajolant mon ami.
« Tout va bien, tout va bien... Vous n'avez pas envie de... de mourir, Marvin, hésitais-je un instant, refusant presque de parler de telles choses. Ce n'est qu'une petite crise passagère qui va se terminer. Tout ira mieux ensuite, vous verrez. Et nous pourrons faire une ballade, ou manger quelque chose. Ou ce que vous voudrez, d'accord ? Là, mon ami, là... ne pleurez plus... »
Un doux baiser déposé sur le front du jeune homme vint conclure mes quelques mots...
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Mar 14 Mai - 9:13


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?


Il était là dans le lit ; pétrifié de froid et de peur. Il cherchait du bout des doigts un repère, juste un détail qui lui signifierait que tout irait bien à présent, qu’il avait atterrit dans ce lit sans qu’on ne cherche à lui faire de mal. Tout était décousu dans sa tête, tel un puzzle où il manquait des pièces assez importante du tableau. Il avait beau chercher les pièces manquantes, il ne les trouvait pas, c’était emmêlé, c’était perdu, c’était effrayant. Il sentait quelque chose sur ses doigts, c’était tiède... Une couverture glissait sur lui, Marvin se sentait perdu, comment son monde pouvait-il être chamboulé à ce point ? En pleine bouffée délirante, il semblait que tout était désordonné, et si parfois ses crises duraient un temps relativement long, elle apaisait ses maux et il se sentait déjà quelque peu rassuré. Pris dans les bras de la jeune femme, il fit taire ses cris de douleur, laissant quelques larmes couler sur ses joues sans chercher à les retenir. Il semblait redevenir un enfant terrifié par un cauchemar, sauf que ses cauchemars avaient l’air plus que réel, c’était là, autour de lui. Les ombres, les gens, les regards. Il sentait tout cela et refusait de croire qu’il avait tout rêvé, c’était impossible, il n’était pas fou. Il le voyait, là... Mais doucement les objets de ses craintes se taisaient, disparaissaient de sa vue, du moins s’éloignaient petit à petit. Mais il avait peur, tellement peur... Ouvrant doucement les yeux en sentant cette main lui frotter le dos, il balbutiait une fois de plus « M...Ma Cabine ? » Balayant l’endroit du regard pour enfin le reconnaitre, il venait doucement se blottir contre son amie en la laissant essuyer son visage marqué de larmes. « Pas... Pas envie... De mourir... » répétait-il tremblant de tout son être, est-ce que ça allait vraiment se terminer ? Est-ce qu’on allait enfin le laisser tranquille ? Est-ce qu’on cessera un jour de lui souhaiter toute cette douleur avec une telle violence ? Il voulait la croire, mais il avait peur, c’était si dur de faire confiance à quelqu’un dans un monde où tous voulaient vous faire du mal. Comment croire qu’il puisse encore y avoir quelqu’un d’aimable en ce bas monde si cruel, froid et morbide ? Mon ami... Faire une ballade ? Il avait tellement peur pour sortir... Manger... Cette idée le rebutait quelque peu. Il fermait doucement les yeux en sentant les lèvres de la jeune femme sur sa peau, il frissonnait avant de poser sa tête contre l’épaule de la jeune femme répétant doucement d’une voix à peine audible « Tout va bien... Tout va bien... Tout va bien... » Pourquoi était-ce si dur à croire ? Il avait besoin d’évacuer se stress, ou plutôt cette angoisse car c’était pour ainsi dire un terme plus approprié. Doucement il fermait les yeux pour rester là, blotti contre la jeune femme. C’était tellement devenu dur de faire comme si rien n’était, comme s’il n’avait pas peur alors qu’il se sentait dévoré par l’anxiété.

Doucement l’homme semblait se calmer malgré que son corps soit toujours secoué de quelques spasmes musculaires qui le faisaient trembler de tout son être. Ouvrant avec lenteur des paupières, il avait cessé de pleurer, donnant un léger coup dans le vide la main ouverte comme s’il essayait de chasser quelque chose qui l’approchait. Les hallucinations étaient difficilement supportable à la longue, mais il n’avait jamais eut d’autre choix car aussi loin qu’il se souvienne il avait toujours souffert de ce mélange entre la réalité et le rêve. Il restait toujours sur l’idée qu’en état de crise l’on venait lui faire du mal pour une raison qu’il ne savait comprendre. Il n’avait rien fait, mais persécuté depuis toujours la vie ne savait vraiment être différente à ses yeux. Posant doucement ses doigts sur l’épaule de la jeune femme, il essayait de capter son regard mais le sien se faisait assez fuyant « Ma... Madeleine... » soufflait-il en laissant sa tête basculer en avant sous le poids de celle-ci avant de pencher sur l’épaule de son amie. « Je me sens mal. Restez avec moi, Mon amie... Je ne veux plus me battre seul... » soufflait-il douloureux, secoué d’un violent frissons ; l’homme de la quarantaine avait peur, mais au fond il se sentait rassuré par la présence de la première classe, doucement il semblait que le calme allait revenir pour laisser un chantier dans la tête du pauvre dément qu’il était.



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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Lun 20 Mai - 14:09

Ce fut une joie indicible. Comme la vue d'un lambeau de terre, à l'horizon, après une longue errance en mer ; comme les nuages noirs qui s'écartent pour laisser passer les chauds rayons solaires à la fin d'une tempête. C'était un véritable soulagement de voir Marvin se calmer, de le sentir de plus en plus serein. Son corps demeurait en proie à de légers tressaillements, mais ce n'était là que broutilles, rien de comparable avec toute l'agitation précédente. Et ce calme nouveau, il se traduisait par des mots. Des phrases sensées et d'autant plus porteuses de sens qu'elles reprenaient, comme un écho, mes propres mots. Oui, c'était bien sa cabine. Non, il n'allait pas mourir. Oui, oh oui ! Tout allait bien ! C'était comme si mon ami s'éveillait, émergeait d'un mauvais rêve et reprenait pied dans la réalité. Il semblait comprendre parfaitement ce que je lui disais, n'avait plus cette crainte oppressante qui lui avait faussé vision du monde et déformé les propos. Il revenait. Il était là, bien conscient du monde qui l'entourait. Et j'en étais si heureuse !
Mais la plus grande joie vint de mon nom. Madeleine. Oui, c'était bien moi ! Oh Marvin, vous me reconnaissez enfin ! Je ne pus que serrez davantage mon ami, en prenant tout de même bien gare de ne point l'étouffer sous les doux baisers sur son front tiède que je ne retins pas. Il m’appelait « son amie », il me reconnaissait, me demandait de rester auprès de lui : de dément, le jeune homme était redevenu lui même. Du moins cette personne douce et charmante que je connaissais. Car, bien que je ne le lui avouerais sûrement jamais, le Marvin que j'avais vu, celui se débattant contre un invisible et terrible mal, m'avait fait frissonner. Que dis-je ! trembler de peur ! J'avais eu peur pour lui, qu'il ne se fasse du mal, qu'il ne mette fin à son existence comme il avait plusieurs fois suggérer de le faire, mais aussi peur pour moi. Je n'avais eu aucun réflexes, ne possédais pas les compétences pour gérer une telle crise. La chance sans doute et peut-être un ou deux mots bien placés avaient été mon seul recours. Heureusement que tout cela se terminait...
« Je reste là, avec vous. N'ayez crainte mon ami, je ne vous abandonne pas. Votre crise est bientôt terminée. Apaisez-vous et n'ayez craintes. Voulez-vous quelque chose ? Un verre d'eau ? Dormir peut-être ? »
Je cherchais ce qui pourrait apporter encore un peu plus de réconfort à mon ami sans réellement trouver ce dont il pourrait avoir besoin. J'avais moi-même la gorge sèche et rêvait d'un peu d'eau. Je n'osais cependant quitter, ne serait-ce que des yeux ou un court instant, le doux homme alité. Le repos semblait être un bon remède pour mettre un terme à ses maux.
« Oui, reposez-vous, cela vous fera du bien. Je reste à vos côtés... »
Je rompis enfin mon étreinte, laissant Marvin à ses couvertures sans pour autant quitter ma place auprès de lui. Du bout des doigts je vins repousser les mèches gisant sur son front avec sur les lèvres le sourire d'un mère qui constate que la fièvre de son petit est enfin tombée.
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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   Jeu 23 Mai - 21:46


Au fond du gouffre, qu'est-ce que la folie..?


Marvin se sentait au plus mal, particulièrement fragile, notre homme n’était pas des plus résistant. Il restait dans les bras de son amie, doucement les idées s’ordonnaient dans sa tête, l’homme fermait lentement ses magnifiques yeux azurés, il avait tellement peur, mais il revenait à lui et il se sentait tellement brutalisé qu’il avait juste envie d’en finir, mais il savait qu’il reviendrait ici pour l’éternité telle une cruelle punition. Elle lui avait alors promis de rester auprès de lui suite à sa demande. Doucement il ouvre les yeux pour la regarde, non il n’avait pas soif... Enfin peut-être pas, mais il ne voulait pas qu’elle s’en aille, qu’elle l’abandonne là ne serait ce que quelques minutes. L’homme était fatigué, mais il avait si peur de dormir. Son regard se perdait dans le vague alors qu’il répétait encore une fois après elle « Terminé ? » Il se mit à trembler, qu’est-ce qui était terminé ? Sa douleur ? Etait-ce vraiment fini ? Pourquoi combien de temps ? Il ne voulait plus avoir mal, il voulait que ça se finisse pour toujours... « Dormir ? Madeleine ? » Pleurant doucement, il laissait sa tête tomber sur l’épaule de la jeune femme, il ne voulait pas que ça change, il ne voulait plus faire face à ce monde, il voulait restait là, dans les bras de cette femme. Et ça, même si l’on dirait que cela n’était pas convenable, que l’on ne fait pas ce genre de chose à notre époque et dans cette classe distinguée du monde auquel ils appartenaient. Mais voila, il ne voulait rien entendre, il voulait juste être dans les bras de cette fille parce qu’elle était son seul repère dans cet endroit qui était à ses yeux bien trop hostile. Se reposer ? Il le voulait bien... Elle lui fit la promesse de rester à ses cotés, l’homme se mit à trembler lorsqu’elle se retirait, bien sur elle était toujours là. Remuant légèrement à la recherche des bras de son amie. Il fondait en larme en les trouvant, se collant à elle après qu’elle l’eut coiffé. Il est emmitouflé dans ses couvertures pétrifié de froid.

« Froid... » soufflait-il, réclamant par ce biais plus d’attention de la part de la jeune femme, il la monopolisait mais il se sentait juste mal. La faim justifie les moyens à ce qu’il parait. « Restez avec moi Madeleine... Ne m’abandonnez jamais je vous en prie... » lui demandait-il, il ne supporterait pas de la perdre, il ne supporterait pas de ne plus la voir. Pourquoi pArtirait-elle n’est-ce pas ? Il l’ignorait, mais la crainte de l’abandon était là... Il caressait la soie de sa robe du bout des doigts avant de s’endormir paisiblement contre le cœur mort de la belle ;




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MessageSujet: Re: Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine   

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Il n'y a de véritable folie que chez celui qui refuse à admettre la sienne. ~ Marvin & Madeleine

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