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 L'essentiel est invisible pour les yeux. [Alfred & Madeleine]

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MessageSujet: L'essentiel est invisible pour les yeux. [Alfred & Madeleine]   Sam 26 Jan - 16:23



L'essentiel est invisible pour les yeux.
Alfred James Manred & Madeleine Neist

Je me trouvais seule dans ce couloir du pont D, celui dans lequel s'échelonnaient les cabines des deuxièmes classes. J'y étais déjà passée quelques fois par cette coursive, si ce n'était dans une autre toute aussi ressemblante. Mais il était fort probable que mes pas aient auparavant franchi l'espace réduit devant cette cabine, celle-ci en particulier, sans que j'y fasse spécialement attention.,
Je me trouvais esseulée devant cette porte donc, que la plaque D13 numérotait. Et j'hésitais à frapper.
Mes mains réajustaient sans cesse ma tenue et ce depuis plusieurs minutes maintenant, tandis que mes pensées se chahutaient dans mon esprit au rythme chancelant du navire. Je n'étais pas venue par hasard et savais qui logeait dans cette chambre, mais je ne voulais déranger. D'autant que je n'avais pas averti de ma présence. En y réfléchissant, je ne savais pas plus si la personne que je n'osais perturber se trouvait en ce moment même dans sa cabine ou non. Ce serait un peu la surprise une fois que j'aurais frappé. Si seulement je le faisais...
En soupirant, je fermais les paupières quelques instants.

Le Titanic m'intriguais par sa conception, sa richesse, son décor, mais aussi pour son naufrage. Le paquebot avait coulé et la plupart de ses passagers avec lui, entraînés au fond de l'eau comme autant de poids chutant dans un gouffre sans fond. Et pourtant, par le plus grand des mystères, le navire voguait encore et résonnait des souffles de ses vivants habitants. Du moins semblaient-ils tout aussi en vie que moi, ce qui me troublait fortement. Étions-nous morts ? Était-ce le Paradis ? Cet Éden ne ressemblait guère à l'idée que je m'en faisais.
Au-delà des baies du bateau, l'océan s'étendait à perte de vue, en un paysage infini que la terre tant attendue ne venait jamais interrompre. De ce voyage éternel j'en avais presque perdu la notion du temps. Mais, au contraire, doutes et interrogations se faisaient plus présents. Je me posais de très nombreuses questions sur cette inhabituelle situation, sur ce qui nous attendait et sur ce que j'avais vécu. Elles demeuraient sans réponses et mon passé venait me hanter comme nous hantions ce bateau fantôme, en laissant dans son sillage une farandole de souvenirs ponctuée parfois de pleurs. J'avais laissé derrière moi un être cher et le fait de ne peut-être jamais le revoir me peinait. Pourtant, c'était moi qui l'avais quitté en l'invitant à m'oublier. En y repensant, je m'en sentais coupable.
Toutes ces pensées me tourmentaient suffisamment pour que je ressente le besoin de les exprimer. Je souhaitais en parler à quelqu'un, presque à n'importe quel inconnu qui serait prêt à m'écouter. J'avais bien envisagé d'en dire mots à mon vieil Oncle, mais il ne me semblait pas enclin à tenir ce type de discussion. Tout comme je ne cherchais à déranger les connaissances et amis que je fréquentais sur le navire. Aussi avais-je pour le moment tout garder en moi. Et cela me rongeait maintenant les sangs.

Sur le paquebot, entre les coursives, un souffle, comme une rumeur, avait depuis longtemps laissé sa trace parmi les passagers. On disait qu'un homme de Foi avait embarqué et se trouvais toujours sur le navire. Un prêtre, qui écoutait, comprenait et rassurait ses pairs et les agneaux égarés. A force d'entendre les murmures sur ce serviteur de Dieu je finis par découvrir son nom -Père Manred- et son numéro de cabine.
Cette annonce fut comme une porte de sortie, derrière laquelle je pouvais peut-être trouver quelques réponses. Pourtant, je redoutais de la franchir. Je n'étais pas une croyante très dévouée et ne fréquentais pas autant l’Église que j'aurais sans doute dû, mais c'était là une opportunité d'éclaircir un peu ma conscience, même si j'appréhendais de rencontrer ce Prêtre. J'en avais pourtant entendu le plus grand bien de cet homme et j'étais à peu près certaine qu'il ne rejetterait pas ma demande. Aussi un jour, je me résolus à le voir.

Debout dans le couloir devant la cabine D13, je rouvris les yeux. La porte était toujours close et son numéro n'avait pas bougé. Je tirais une ultime fois sur les plis de ma robe et réajusta d'une main ma coiffure des plus simples. Je pris une bonne inspiration, comme pour me donner un peu de courage et avança enfin ma main repliée vers le battant de bois.
Un temps resta en suspend ; mon regard fixant la plaque numérotée qui m'angoissait tant. Finalement je frappais, trois fois, calmement.

« Monsieur ?, appelais-je doucement à travers le battant clos. Euh... Père Manred ? J'aimerais parler avec vous s'il-vous-plaît. »
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MessageSujet: Re: L'essentiel est invisible pour les yeux. [Alfred & Madeleine]   Lun 18 Fév - 19:21

    Alfred passait de plus en plus de temps enfermé, renfermé, dans sa cabine. Il n'avait été particulièrement sociable, même avant son embarquement sur le Titanic. Ouvert, oui, mais du genre à aller vers les autres pour des conversations sur le beau temps ou la nouvelle robe de mademoiselle ? Non pas vraiment.
    Auparavant, il passait de nombreuses heures dans la solitude de son logement, de la nature ou de son Eglise. Maintenant, il passait du temps à être, comme à présent, allongé sur son lit, ou assis sur sa chaise, à penser, méditer et prier. Alfred fuyait le monde de leur au-delà. Les mêmes visages, anonymes, mais toujours les mêmes, les mêmes discussions, stériles et vaines, désespérées. C'était ses brebis égarées, et il n'hésitait pas à faire de son mieux... mais il était las. Le même paysage, ma même absence d'horizon, interminable. Alfred préférait les murs étriqués de sa petite cabine, et son sobre décor. Les ponts, les coursives, l'océan...une part de lui ne voulait plus les voir, leur tourner le dos et les ignorer, se reposer et méditer.

    Il était allongé sur son lit, les mains croisées sur son torse; les pensées tourbillonnaient dans son esprit : Dieu, le Capitaine, Sacha, la femme qu'il avait aimé, son Eglise, leur condition de damnés, sa foi, cet univers qu'était devenu le paquebot... Le repos et la sérénité ne revenaient en lui que lorsqu'il priait. Dieu lui accordait au moins cela, à défaut du Paradis, ou même de l'Enfer. Alfred n'était pas persuadé que les portes du Paradis lui étaient grandes ouvertes, mais depuis quelques temps, tout ce qu'il demandait c'était un au-delà de bas, un au-delà valable et honorable, correspondant aux dogmes, pas plus.

    Trois coups frappés contre le bois de sa porte.
    Ils le tirèrent de ses pensées.« Monsieur ? Euh... Père Manred ? J'aimerais parler avec vous s'il-vous-plaît. » Alfred reprit contact avec le monde réel, et se redressa. Il réajusta la veste qu'il portait, tira sur son col, reprenant son rôle de prêtre et son sacerdoce, alors qu'il tentait d'éloigner toute pensée parasite: on voulait lui parler, et il se devait d'être prêt à écouter. Il ouvrit la porte, pour tomber sur une jeune fille à qui il n'avait encore jamais parlé et qui se tenait là, visiblement hésitante. Alfred s'écarta pour la laisser entrer, acquiesçant avec un sourire doux.

     « -Bien sûr, je suis là pour ça, entrez, mademoiselle. »

    Il eut presque envie d'ajouter : n'ayez pas peur. Il y avait deux types d'inconnus qui franchissaient sa porte: d'un côté, ceux qui lui en voulaient et, à travers lui en voulaient à Dieu et à son clergé, et qui n'avaient nul besoin d'encouragement pour parler et ouvrir leur coeur, de l'autre, il y avait les âmes égarées, qui n'osaient pas entrer et n'était pas tout à sûres de devoir le déranger et d'avoir raison d'être là. Alfred s'agita, le temps de lui libérer un espace où s'asseoir :

     « - Asseyez-vous, je vous en prie. Que puis-je faire pour vous ?»
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MessageSujet: Re: L'essentiel est invisible pour les yeux. [Alfred & Madeleine]   Mer 27 Fév - 18:27

La porte s'était ouverte sur un homme. L'homme de Dieu que j'étais venu quérir. Et quelle surprise de voir qu'il ne ressemblait pas du tout à l'image que je m'en était faite. Moi qui avait imaginé un homme mûr, certes, mais loin de ressembler à n'importe quel autre passager du navire. Je ne dis pas là qu'il s'agissait d'un simple passager, oh non !, mais seulement que, dans la foule grouillante du navire, sans signe distinctif de son rôle de prêtre, je ne l'aurais pas spécialement reconnu comme tel. Peut-être m'étais-je faite une vision fantasmée et irréaliste de ce que devait être pour moi un homme de Foi. Sûrement cette image faussée était-elle d'ailleurs nourrie des Prêtres et autres Monseigneur que j'avais fugacement put croiser, parfois, il y a longtemps.
Quoi qu'il en soit et mon premier étonnement vite dissipé, j'entrais à l'invitation cordiale de celui que je ne semblais pas déranger outre mesure. Timidement je m'avançais dans sa cabine, un lieu sobre et dépourvu d'ornement ostentatoire, bien dans l'idée que je me faisais du logement d'un serviteur de Dieu cette fois.
La voix du Père Manred avait quelque chose de rassurant et son invite à prendre place me rasséréna. J'avançais donc vers l'un des sièges, les yeux baissés et n'osant trop détailler le maigre décors ambiant, sur lequel je pris place en prenant bien gare de ne pas froisser ma robe.
Les mains croisées sur mes genoux et les jambes bien serrées l'une contre l'autre, telle une bonne et attentive élève qui suivrait une de ses leçons, j'attendis que le Père prenne place à son tour, dans un silence sépulcral et tout en gardant un regard bas.
En réalité, je savais bien peu par où commencer. J'avais certes un but, une idée en tête en venant ici, mais maintenant que je me retrouvais entre ces quatre murs, j'avais la sensation d'être face à un sage dont la seule présence réglerait tous mes conflits intérieurs. Mais de toute évidence, cet homme, aussi sage fut-il, avait besoin d'un minimum de mots pour répandre sa bonne parole. C'est d'ailleurs la question qu'il avait posé à mon entrée : que pouvait-il faire pour moi ? M'aider. Oui, mais je devais pour cela lui exposer mon problème.
J'ouvris alors la bouche que je refermais aussitôt en me pinçant les lèvres. Ce que je me sentais sotte de laisser passer tant de silence ! Un peu de courage voyons, Madeleine ! tu ne vas pas hésiter encore ainsi toute la journée et faire perdre son temps au bon Père!
« Eh bien mon Père, me lançais-je enfin d'une petite voix, je doute beaucoup et je pensais que, peut-être, vous auriez quelques réponses pour apaiser mes tourments. »
De nouveau un silence. Plus court cette fois, durant lequel je relevais les yeux pour enfin porter mon regard sur le visage amical du Prêtre. Il me parut lasse, d'ailleurs, comme si le poids de toutes les questions des fidèles qui venaient le consulter, le poids des maux des autres, lui pesait. Peut-être n'était-ce là qu'une simple impression, mais je m'en voulus presque de venir lui ajouter de la fatigue.
« J'en ai tant que je ne sais par où commencer, enchainais-je donc, me disant que, une fois lancée, autant avancer d'un trait. Et j'espère que vous ne m'en voudrez pas de venir vous embêter avec tout cela. Vous devez avoir tellement de personnes qui viennent avec tant de questions... Mais peut-être faut-il revenir vers le début et sur notre situation pour aller à l'essentiel. Sommes-nous réellement... enfin, la mer à l'horizon est-elle vraiment infinie ? »
Je n'osais parler de la mort, encore moins prononcer son nom, tout comme je ne pouvais croire que notre voyage serait éternel et sans but. Toutefois, si cet homme d’Église confirmait la tragédie, je serais sans doute bien obligée de repenser tout cela.
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MessageSujet: Re: L'essentiel est invisible pour les yeux. [Alfred & Madeleine]   Ven 29 Mar - 20:27



Elle s'avança, timide et polie dans la cabine du Père Manred. La jeune visiteuse du prêtre s'assit sur le siège qu'il lui proposait, tandis qu'il faisait de même sur une chaise proche. Si elle semblait quelque peu plus rassérénée et moins hésitante qu'à l'instant où il l'avait trouvé sur le seuil de sa porte, elle n'avait l'air à sa place dans ce lieu. Elle semblait presque intimidée par les lieux et la personen du prêtre, alors que celui-ci n'avait rien d'un sage : la majorité du temps il doutait même d'avoir la qualité d'un envoyé du Seigneur. Quant à la pièce, sa sobriété et sa simplicité n'avaient rien en commun avec la majesté d'une église.

Pourtant la jeune femme gardait le regard baissé et une attitude sage, réservée. Un assez long moment passa, alors qu'elle semblait hésiter à parler. Alfred la laissa faire. Il attendait patiemment, sans montrer le moindre signe d'impatience ou d'irritation. Qu'elle parle lorsqu'elle le désire, lorsqu'elle se sentait prête. L'homme avait ses doigts croisés, posés sur ses cuisses et regardait avec franchise et douceur la jeune fille qui lui faisait face, jusqu'à ce qu'elle prenne la parole.

« Eh bien mon Père, je doute beaucoup et je pensais que, peut-être, vous auriez quelques réponses pour apaiser mes tourments. » … Et moi donc, ne put s'empêcher de penser Alfred. Des doutes, il en avait en bien plus grand nombre que des réponses... Il n'avait pas de réponses, il en cherchait désespérément, mais en vain, ses doutes venaient toujours le tourmenter, l'empêcher de dormir et de trouver la sérénité dans la prière. Pourtant, ses ouailles qui, depuis le naufrage, n'avait plus que lui comme membre du clergé débordaient de questions, et étaient tenaillées par le besoin de réponses. Il fallait croire qu'un naufrage suivit d'une navigation sans fin conduit à se poser quelques questions métaphysiques et à regarder ses pêchés d'un autre oeil.

Malheureusement, les seules réponses étaient celles, tout faites, que lui proposaient le dogme et la Bible: c'était certes des réponses, mais leur inadaptation à leur cas était criante.
Il s'efforça cependant d'adresser un sourire à sa visiteuse lorsqu'elle releva les yeux vers lui. Alfred espérait que la difficulté qu'il avait mettre ce sourire sur ses lèvres ne serait pas mal pris par la jeune fille : ce n'était pas contre elle, il serait ravi de l'aide. C'était simplement que le mot doute ravivait ceux d'Alfred, et la douleur qu'ils transportaient avec eux. Il était fatigué. Cette navigation usait ses nerfs, il dormait peu et pensait trop.

« J'en ai tant que je ne sais par où commencer, »Alfred n'oserait jamais dire « par le début »: le début était rarement une bonne idée, si tant était que l'on sache où ce début était. Il se contenta donc de regarder la jeune fille d'un air encourageant, tandis qu'elle semblait prendre un peu d'assurance, malgré sa voix qui restait petite et timide. « j'espère que vous ne m'en voudrez pas de venir vous embêter avec tout cela. Vous devez avoir tellement de personnes qui viennent avec tant de questions... Mais peut-être faut-il revenir vers le début et sur notre situation pour aller à l'essentiel. Sommes-nous réellement... enfin, la mer à l'horizon est-elle vraiment infinie ? » Alfred acquiesça, à l'écoute de la jeune femme qui abordait le sujet de sa venue. Leur situation, cette mer... Que Dieu leur vienne en aide.

« - Vous ne m'embêtez pas, tout au contraire, vous êtes la bienvenue. » Alfred, presque malgré lui et sans s'en rendre compte, passa une main sur son visage, cherchant à mettre ses idées au clair pour offrir réponses et réconfort. Il sourit, ne voulant pas se montrer alarmiste : « - Le fait est que notre situation est toute particulière, vous le comprenez... Cette mer... » Alfred prit une inspiration, calant son dos contre le dossier de son siège :« Rien n'est infini en-dehors de la Miséricorde et de l'Amour du Seigneur : l'enfer et le ciel ont bien une fin eux-mêmes dans le Jugement Dernier. Je reste persuadé que... cette mer qui nous entoure depuis tant de mois, doit avoir une fin, de la même manière que nous ne restons pas à bord pour rien. Il y a une raison à tout cela même si elle nous échappe, il nous faut simplement avoir foi.»

Voulait-il la rassurer et la persuader, ou bien se réconforter lui-même ?
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