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 Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth

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ADMIN SADIQUEThe body of a woman, but the heart of a lion.
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PROFIL♌ Double Compte : Esther Delmas, Mary-Ann Fleming & Scarlett Hamilton
♌ Prénom ou Pseudo : Mari-Jane
♌ Signaux de Détresse : 8567
♌ Points : 20
♌ Jour d'embarquement : 16/07/2011
♌ Age du Personnage : 23 ans
♌ Profession : Couturière & Danseuse à ses heures perdues
♌ Crédits : Mari-Jane
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Journal d'un fantôme
♌ Numéro de Cabine : E10
♌ Situation Amoureuse : Amoureuse de Joseph Earnshaw
♌ Présentation:
MessageSujet: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Ven 11 Jan - 20:11


Sombres rumeurs.


« La rumeur publique est plus forte que toutes les puissances de ce monde. »
de Gilles Vigneault


Salon de lecture et d'écriture ♦ avril 1913
Les choses avaient changé depuis ce jour où elle s’était enfin dévoilée au monde. Elle savait que les conséquences n’allaient pas être toutes des plus agréables, mais elle assumait ses choix, enfin elle se sentait vivante et elle était heureuse. Il y a un an jour pour jour, elle allait embarquer à bord du Titanic avec Arthur, depuis ce moment, elle avait vécu de nombreuses choses, elle était morte, elle avait souffert des mensonges de son fiancé, puis enfin après de longs mois elle revivait. L’amour lui avait redonné goût à la vie, ou bien à la mort dans cette situation. Depuis que Joseph et elle avait révélé leur relation aux yeux du monde, Georgiana sentait de plus en plus de regards se poser sur elle. Certains étaient méfiants, d’autres se posaient des questions, mais il y avait une certaine catégorie de personne, qui la regardait toujours comme un animal nuisible. Elle le savait le cercle fermé de la richesse ne s’ouvrirait pas aux personnes de basses conditions sociales et maintenant qu’elle avait entrouvert une porte, les plus riches tentaient par tous les moyens de lui refermer au nez. Ce qui perturbait le plus la jeune femme, c’était que depuis un moment, le Capitaine n’était plus à bord du Titanic et il semblerait qu’elle soit la dernière personne à l’avoir vu et en l’occurrence frapper. Ce fait avait fini par attirer un peu plus les regards et les conversations sur la jeune femme, qui ne supportait pas cela. Si un jour elle avait voulu être au centre de la lumière, cela n’aurait été que grâce à ses dons pour la danse, non pas pour une stupide rumeur. Pour mieux se préserver, elle avait évité volontairement le dernier évènement à la piscine, préférant passer un moment seule avec Joseph. Pour une fois, ils avaient pu tout deux être tranquille, sans personne pour les déranger. Cependant, depuis le début de leur relation, hormis le bal, la jeune femme n’avait jamais essayé de fréquenter les lieux des premières classes avec l’homme qu’elle aimait. Pas qu’elle craignait les plus riches, mais elle se méfiait, elle savait qu’elle serait épiée et que n’importe quels faux pas seraient bons pour des moqueries. Georgiana ne voulait surtout pas déplaire à Joseph, elle savait qu’il l’aimait comme elle était, mais ils venaient de deux mondes différents, presque incompatible, ce qui rendait leur relation plus compliqué. Au contraire, la jolie danseuse ne se gênait pas de se rendre dans certains salons, à la piscine ou encore au bain turc.

Aujourd’hui, au beau milieu de l’après-midi et après quelques heures de coutures, Georgiana se décida à quitter la salle commune des troisièmes classes pour monter un peu plus haut et se rendre dans le salon de lecture et d’écriture. Elle s’y était déjà rendue plusieurs fois et avait toujours remarqué que la bibliothèque était bien plus garnie que celle des secondes classes. La brune avait eu la chance d’avoir des parents soucieux de l’instruction de leurs enfants, elle savait donc lire et pour cela, elle ne les remercierait jamais assez de s’être tué à la tâche pour donner une éducation à leur progéniture. La danseuse savait qu’elle se risquait à voir des personnes désagréables, mais voulait tout de même se poser un peu et se plonger dans un bon roman. Il y en avait tellement qu’elle désirait lire que l’éternité ne suffirait peut-être pas à combler ses envies. Lire était un plaisir qu’elle n’avait jamais pu trop exploiter durant son ancienne vie et depuis qu’elle était morte, elle comptait bien en profiter.

Dès qu’elle franchit la porte, elle sentit les regards se poser sur elle et les premiers murmures. Elle vit même une femme la détailler de haut en bas, jaugeant sa robe, qu’elle avait réalisé elle-même. La jeune femme les salua de manière élégante, pour ne pas passer pour une rustre et elle alla chercher le livre qu’elle souhaitait lire et elle s’installa dans un bon fauteuil, dans un coin de la pièce. Georgiana tenta tant bien que mal de se plonger dans son roman, mais trop de regards étaient posés sur elle, ce qui était trop désagréable, elle détestait cela, surtout quand les regards s’accompagnaient de chuchotement. Mal à l’aise, elle résista et finit après un quart d’heure, à entrer dans son livre, oubliant les voix autour d’elle. Que ces harpies parlent, elle était heureuse dans sa vie et se moquait bien de leurs opinions.

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GEORGIANA O'HARA ϟ « La mort n'est que le commencement. » Le coeur brisé, d'une jeune femme de troisième classe.  



Dernière édition par L. Georgiana O'Hara le Jeu 25 Avr - 13:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Ven 11 Jan - 22:32

Georgiana & Ann-Elizabeth



Elle ne les supportait pas. Elle ne les supportait plus. En réalité, elle ne les avait jamais supportés, mais c'était devenu bien plus fort depuis cette nuit d'avril qui les avait tous vu mourir à bord du Titanic. A qui se vouait donc cette colère ? Aux premières classes, aux riches snobs qui se croyaient supérieurs à cause de la taille de leur porte-monnaie. Caste privilégiée, à laquelle Ann-Elizabeth Lockwood appartenait bien malgré elle et qu'elle ne cessait de dénigrer car par trop insupportable, fermée d'esprit et imbue d'elle même. Fort heureusement, tous n'étaient pas comme ça, mais la majorité l'était encore et cela, la brune anglaise ne savait le tolérer. Ils étaient morts, leur argent ne les avait pas secourus, pourquoi tout ce mépris, ces préjugés ridicules ? C'était intolérable. Depuis toujours, Ann s'était heurtée aux préjugés et à la prétendue moralité des grands de ce monde. Depuis toujours, elle se rebellait, faisant fi des interdits et provoquant le courroux de ses fortunés géniteurs. Une lady ne doit pas faire ça, une lady ne doit pas parler ainsi, ces propos sont inconvenants dans la bouche d'une lady, il y a des choses qu'une lady ne doit pas savoir, une lady doit se soumettre, une lady doit obéir, et ainsi de suite... Ann les connaissait par coeur, ces commandements, et avait toujours pris le contre-pied. Ses parents, ses frères (à l'exception de son cher Thomas), tous avaient maintes fois hurlé au scandale face à l'impétuosité et au caractère de la demoiselle, fort inhabituel chez une noble britannique, membre imminent d'une société corsetée jusqu'à l'étouffement. Le naufrage avait changé cela, en un sens : libérée de la tutelle de son père, elle était libre d'aller et venir à sa guise. Bien sûr, elle se doutait que son comportement engendrait tous les ragots possibles et imaginables, mais elle s'en fichait éperdument. Pour être honnête, déjà qu'elle n'y prêtait aucune attention avant sa mort, c'était encore pire après. Qu'avait-elle à perdre ? Ils étaient tous morts !

C'est passablement énervée par une de ses premières classes vêtue de soie et couverte de bijoux précieux, à laquelle elle venait de dire que son esprit était aussi vif que celui d'un escargot mort, que la noble britannique entra dans le salon de lecture et d'écriture. Elle s'y rendait régulièrement ; non pas pour écrire (les trois quarts du temps, elle préférait la solitude de son propre salon, dans ses appartements) mais bien pour lire. Le salon était densément fourni, et Ann aimait lire, depuis toujours. Au moins un point qu'elle partageait avec son père, le marquis Lockwood, bien qu'il désapprouvait fortement les lectures de sa fille rebelle. Le lieu n'était pas vide, quelques dames de sa classe sociale s'y trouvaient. En parfaite dame du monde -car en dépit de son caractère, elle demeurait polie quand on ne la titillait pas trop- Ann sourit aimablement, fit une révérence avant de sélectionner un livre, de s'installer et de l'ouvrir. Il s'agissait d'un recueil de poèmes hautement subversif : Les Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire. Voilà qui ne manquerait pas de choquer ses nobles dames. Tranquillement, Ann-Elizabeth commença sa lecture.

Plongée dans sa lecture, oublieuse du monde autour d'elle, l'anglaise n'entendit point la jeune femme de troisième classe entrer, les murmures courir. Toute à son ouvrage, une guerre pourrait commencer dans le couloir qu'elle ne s'en rendrait même pas compte, voguant dans un monde qui n'appartenait qu'à elle. Aucun doute : le français était un pur génie de la littérature, de la poésie. Un quart d'heure passa ainsi. C'est une remarque acerbe d'une des riches dames autour d'elle qui la ramena à la réalité, de façon plutôt désagréable.


"Ne pensez vous point, très chère, que les règles en vigueur avant le naufrage devraient continuer à être appliquées ? Cet endroit est réservé aux premières classes !"

Elle s'était penchée vers sa voisine de droite dans un air de confidences, mais avait parlé suffisamment fort pour être entendue de toute la salle. Si Ann s'était calmée de sa colère de tout à l'heure, cette remarque eut le don de la faire surgir à nouveau. Levant les yeux, l'anglaise comprit rapidement à qui était adressée implicitement cette pique : Georgiana o'Hara, demoiselle de troisième classe ayant récemment annoncé son histoire d'amour avec Lord Joseph Earnshaw, bien connu par ailleurs de la lady. Proche ami de son père, Earnshaw connaissait bien le comportement et les manières d'Ann ; il les avait même désapprouvées pendant très longtemps. Lui qui trompait son épouse à tour de bras, comment aurait-il pu s'entendre avec la féministe Ann-Elizabeth, suffragette avant l'heure ? Néanmoins, cette dernière approuvait totalement la relation entre Georgiana et le Lord ; elle commençait même à apprécier l'homme. Quant à la jeune femme, c'était devenue une amie proche. Tout comme Ann, Georgiana était une battante un peu trop moderne pour l'époque.

Exaspérée par le comportement de la vénérable noble, Ann se leva d'un bon. Elle détestait les injustices et les inégalités, mais par ailleurs, il y avait une question de loyauté vis-à-vis de Georgiana.


"Les règles, madame, sont faites pour être brisées. A quoi bon établir une règle s'il nous faut obligatoirement la suivre ? Personnellement, je n'y vois aucun intérêt. Mais que je sache, le naufrage à changé bien des choses, non ? Pourquoi continuer à vouloir appliquer des règles stupides ?"

Plantant là la vieille dame, Ann s'approcha de sa brune amie. Elle s'assit dans le fauteuil juste à coté du sien et, exactement comme la noble l'avait fait cinq minutes plus tôt, se pencha vers elle.

"Comment allez-vous, Georgiana ? J'espère que vous n'avez prêté aucune attention à ses racontars stupides prétendant qu'il faudrait interdire aux classes inférieures l'accès aux ponts supérieurs. Pour ma part, je les trouve ridicules ; mais tout à fait significatifs. Ils reflètent l'esprit de ceux qui les font courir !"


Dernière édition par Ann-Elizabeth Lockwood le Mer 16 Jan - 19:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Mar 15 Jan - 0:28


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Salon de lecture et d'écriture ♦ avril 1913
"Ne pensez-vous point, très chère, que les règles en vigueur avant le naufrage devraient continuer à être appliquées ? Cet endroit est réservé aux premières classes !"
Quel manque certain de discrétion et cette phrase arriva à tirer la jeune femme de sa lecture, qui fusilla du regard ces vieilles biques, pour mieux retourner dans son histoire. L’étroitesse d’esprit était un mal courant chez les premières classes depuis toujours. Avant le naufrage, il y avait les grilles qui empêchaient les classes de se côtoyer, et cela pour une très bonne raison, les troisièmes classes étaient porteuses de maladies très contagieuses. Certes tout le monde n’était pas sain à l’époque, mais allait-on critiquer ces riches hommes qui attrapaient la syphilis dans les bordels pour mieux la donner à leurs femmes ? Non, cela était injuste, quand les préjugés allaient-ils disparaître ? Aujourd’hui on critiquait son histoire avec Joseph et demain cela serait quoi ? Si l’homme qu’elle aimait, voulait manger avec elle chez les premières classes, que se passerait-il ? Allait-on la jeter dehors et cribler son amour d’ignominie ? Non elle ne le supporterait pas. Par moment, Georgiana avait l’impression d’évoluer dans un monde trop vieux pour elle, trop traditionaliste. Elle se sentait moderne contrairement à toutes ces personnes. Sa pensée était trop porté sur l’avenir, elle qui espérait un meilleur monde pour la femme, à commencer par le droit de vote, elle devait rester pour l’éternité dans un univers qui n’était plus le sien. A bord du Titanic, tout était beau, les boiseries, la porcelaine, mais tout était fait pour attiser la séparation des classes sociales et l’asservissement des plus pauvres par les riches. Elle détestait cela et parfois elle imaginait que sans toutes ces belles choses, rien ne serait pareil, tout le monde serait logé à la même enseigne sans distinction. D’ailleurs, sans leur richesse et leurs beaux vêtements, ces personnes de première classe ne seraient rien. Dans un monde trop hostile, elles ne sauraient se débrouiller seules, alors qu’elle, la petite fille d’ouvriers, oui elle survivrait.

Plongée dans son roman, elle préféra oublier ses mégères, qui n’avaient que pour don les commérages. Cependant, Georgiana espérait bien que tout cela allait s’arrêter, elle craignait que ses histoires ne nuisent à sa relation avec Joseph. Enfin, elle ne le voulait surtout pas, mais cela pourrait très bien arriver, après tout l’homme qu’elle aimait, appartenait à la même classe de ces commères. Alors que la danseuse pensait affronter seule cette armée de pie, une jeune femme se leva et telle une grande avocate prit sa défense auprès de toutes ces mauvaises personnes. Georgiana la connaissait très bien, c’était Ann-Elizabeth, une véritable féministe qui comme elle vivait dans un monde trop vieux pour ses convictions. D’ailleurs, la brunette avait aussi le sentiment que son amie n’aimait pas vraiment Joseph ou plutôt qu’une animosité venant du passé avait brouillé ces deux-là. De toute façon, la jeune femme se moquait bien des actions passés de l’homme, elle n’était pas idiote, elle savait qu’il n’avait pas été tendre auparavant et que c’était elle-même qui l’avait changé. D’ailleurs, Georgiana ne s’était jamais prise pour un ange non plus. Son geste envers le Capitaine était bien une preuve, si elle savait se battre, c’était bien qu’elle ne sortait pas tout droit de l’antre de la Vierge Marie. Après une réplique bien cinglante envers une vieille femme, qui fit beaucoup rire la troisième classe, Ann-Elizabeth laissa dans son coin la femme pour rejoindre Georgiana qui l’accueillit avec un grand sourire rempli de gratitude. Avoir un tel soutient à bord réconforté beaucoup la danseuse, qui par moment se demandait bien si elle ne ferait pas mieux de se jeter dans l’océan. Surtout que les deux jeunes femmes, même si elles appartenaient à deux univers bien différents, se comprenaient.

« Je vais bien Ann-Elizabeth et vous ? Commença-t-elle. Je tiens à vous remercier pour votre intervention, je crois que si cette femme déclarait une réplique de plus, j’aurais fini par ne plus répondre de moi-même et Joseph aurait dû venir me rechercher dans le bureau du capitaine de garde. Continua-t-elle tout en souriant.

Ses origines irlandaises ne lui garantissaient pas toujours un grand self-control, l’exemple du capitaine était le plus parlant. Quand Georgiana était énervée, elle était capable de sortir les mots les plus cinglants, voir même de jurer comme une personne du peuple. Ce qu’on ne peut pas lui reprocher, puisqu’elle vient de ce monde d’en bas. En tout cas, la femme aurait fini par passer un sale quart d’heure et tout le Titanic aurait fini par entendre hurler, cette danseuse qui était pourtant si douce et gentille. On pourrait penser que le jour et la nuit se mélangeait en elle et pourtant, c’était vrai. Miss O’Hara pouvait être à un moment, la plus agréable des personnes et l’instant d’après, quand quelque chose ne lui convenait elle pouvait vous lancer des éclairs avec ses yeux et vous blesser avec tous les mots possibles et imaginables. Pourtant, il était bien rare de voir ce côté noir envahir la brunette et personne à bord du Titanic n’a encore pu le rencontrer et cela était bien une chance.

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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Jeu 24 Jan - 15:57

Georgiana & Ann-Elizabeth



Sa réplique cinglante et dénuée de toute finesse eut deux mérites : celui de faire taire la vieille harpie, mais surtout celui de faire rire Georgiana. Entendre le rire de son amie fit apparaître un sourire victorieux sur le visage de la lady, qui n'aimait rien tant que de rendre ses amis heureux. Quand à l'honorable vieille dame, elle était sans doute plus outrée par les propos d'Ann que par la présence de Georgiana : dans leur esprit étroit, elle, la lady d'Angleterre, était beaucoup moins excusable que la troisième classe d'origine irlandaise. Mentalement, Ann prépara une demi-douzaine de répliques cinglantes au cas où la riche et stupide mégère ouvrait à nouveau son clapet. Cette dernière dut sentir qu’Ann était prête à lui voler dans les plumes à la moindre incartade, aussi utilisa-t-elle le peu de jugeote qu’il lui restait, se tourna vers sa voisine –qui n’avait pipé mot depuis l’intervention d’Ann- et engagea la conversation sur un sujet sans importance et sans lien aucun avec les récentes paroles échangées. Soulagée, l’anglaise rendit à Georgiana son sourire.

« Je suis heureuse de savoir que vous allez bien. Pour ma part, je me porte à merveille, bien que certaines personnes (elle lança un regard aux deux dames qui ne leur prêtaient plus aucune attention) me portent de plus en plus sur les nerfs. Enfin, que voulez-vous, c’est ainsi. »

Ann-Elizabeth eut un rire quand la brune troisième classe évoqua Joseph, elle essaya d’imaginer la scène et la réaction de l’homme. Depuis le naufrage et sa rencontre avec Georgiana, il avait bien changé, et aurait sans doute bien ri lui aussi, s’il avait assisté à la scène imaginée par sa bien-aimée.

«Il n’y a pas de quoi, c’était normal. Toute personne dotée d’un minimum d’esprit aurait réagi de la même façon. Le problème est que les personnes dotées d’un minimum d’esprit ne courent pas les couloirs de première classe ! Non, j’exagère, certains d’entre nous sont différents. Hélas, ce n’est pas la majorité. »

Ann eut une pensée pour ses connaissances, parmi les plus fortunés. De fait, certains étaient des gens vraiment bien : Lena Marlet, tout d’abord, Elisabeth Cavendish également, quoique ses sentiments à l’égard d’Ann étaient assez ambigus. Pour ce qui était de Joseph Earnshaw… Un an plus tôt, elle l’aurait rangé sans hésitations ni remords dans la catégorie des snobs et fermés d’esprit, hors il était en train de changer du tout au tout, ce qui n’était pas pour déplaire à Ann-Elizabeth, qui se souvenait fort bien de leurs disputes passées. Mais les trois quarts d’entre eux demeuraient de fieffés imbéciles incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. Avec une pincée de regret, elle songea à ses parents et à deux de ses aînés, qui n’échappaient pas à la règle. Dieu merci, ils avaient survécu : elle n’avait plus à supporter leurs remarques et leur incapacité à s’ouvrir au monde. Non qu’elle y accordait une quelconque importance : elle se fichait complètement de ce que les gens pensaient, fussent-ils ses propres parents ; mais leurs commentaires répétés à longueur de temps lui étaient devenus intolérables, ainsi que leurs prises de tête, régulières et pour le moins bruyantes. A la réflexion, Ann se dit qu’en dépit de la fortune de son père, elle n’avait jamais connu un environnement familial très apaisant. Preuve que l’argent ne fait pas le bonheur !

Tenant toujours son recueil de poèmes dans les mains, la lady vit les deux vieilles bourgeoises se lever et sortir de la pièce, non sans lui jeter un regard courroucé, auquel la brunette répondit par un éclatant sourire. Les mégères sortirent en maugréant en dépit de leur tête haute, et Ann entendit presque le rire de son frère dans sa tête. En voilà un qui aurait ri à n’en plus pouvoir s’arrêter ! Une pincée de nostalgie l’envahit, qu’elle refoula aussitôt. Thomas était vivant et heureux, elle était morte, mais heureuse elle aussi. Peut-être qu’ils ne se reverraient jamais, mais c’était un soulagement pour l’anglaise de savoir que son cher aîné avait survécu. Jetant un regard autour d’elle, elle vit quelques autres personnes, trop loin cependant pour les entendre. Elle se tourna alors vers Georgiana.


« Je n’ignore rien des rumeurs qui courent à travers le navire, surtout depuis que vous avez dévoilé à tous votre relation avec Lord Earnshaw. Je vous en prie, Georgiana, dites moi que vous ne les écoutez pas ! J’ai grandi avec le poids des remarques et commentaires, je sais ce que c’est. Hélas, je crois que la noyade n’a pas ouvert les esprits de tous ! »
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Sam 2 Fév - 21:44


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de Gilles Vigneault


Salon de lecture et d'écriture ♦ avril 1913
« Nous ne pourrons jamais empêcher les langues de vipère cracher leur venin. Heureusement que je m’y suis faite. » Déclara la jeune femme.

C’était même une chose impossible. Ces femmes avaient été élevé ainsi, à critiquer les autres et toujours se glorifier. Georgiana, même si cela lui tapait beaucoup sur les nerfs, ne pouvait pas leur en vouloir, elle était née dans un milieu pauvre où le respect était de coutume. Alors que dans les milieux riches, elle avait fini par découvrir que tout n’était qu’apparence. Ces personnes se devaient d’avoir les plus belles toilettes, pour toujours rivaliser et pour qu’on parle d’elle. Il fallait toujours qu’elles aient les plus beaux joyaux pour montrer aux yeux de tous qu’elles étaient riches. A trop vouloir rivaliser avec les autres et à critiquer ceux qu’elles jugeaient inférieurs, ces personnes avaient finis par avoir le cœur aigri par la vie. D’ailleurs, la troisième classe ne pouvait que confirmer tout cela, les dames présentes dans cette pièce portait toutes les tissus les plus nobles, et aussi les plus belles pierres, même les fillettes de bonne famille semblait avoir été vêtu pour ressembler à des poupées de porcelaine. Tout était à l’extérieur et rien à l’intérieur, dans les milieux pauvres on apprenait la solidarité, le fait que l’argent seul ne faisait pas le bonheur. Dans tous les cas, Georgiana avait de moins en moins envie d’entrer dans ce monde, mais pour Joseph, elle le ferait, elle supporterait tout par amour pour lui. En plus, la jeune femme n’était pas si mal lotie que cela, en première classe, il y avait Ann et surtout Elisabeth, de plus rien ne l’empêcherait d’aller dans l’entrepont voir ses amis.

« Je ne pense pas que toutes ces personnes manquent d’esprit, à force de côtoyer et d’observer tout ce beau monde, je me dis juste que l’éducation dans leur milieu est une véritable propagande. Mais après tout ce temps, je désespère un peu de voir certaines mœurs changer. » Réagit-elle face aux propos d’Ann-Elizabeth.

Pourtant, avec le temps, les personnes comme cela étaient beaucoup moins présentes à bord du Titanic, à force de côtoyer les pauvres, les riches commençaient à s’ouvrir. Joseph en était le parfait exemple. Avant de commencer une relation avec lui, elle avait découvert de nombreuses choses détestables à propos de lui, c’était un homme à femme, qui se souciait peu de son prochain et qui avait tout du riche snob, comme elle les détestait. Et pourtant, Georgiana, en découvrant le cœur de cet homme avait vu tout autre chose. Joseph était un homme aimant, tendre et surtout loin de la personne qu’il était avant le naufrage. La jeune femme aimait cet homme et elle espérait bien ne jamais être confrontée à son autre lui. La danseuse se méfiait aussi des femmes, tel que Margareth Harrington qui voulait lui prendre cet homme. Même après tout ce temps, la blonde était toujours une menace pour elle et cela, ce n’était pas près de changer, les regards noirs qu’elle lui envoyait, lui prouvait bien que la première classe n’en avait pas fini là. D’ailleurs, c’est à ce moment-là que les deux femmes qui avaient critiqué Georgiana quittèrent la pièce, non sans incendier du regard Ann-Elizabeth et elle-même. La jeune femme ne put s’empêcher d’éclater d’un doux rire en voyant toutes les manières de ces femmes, la tête haute qu’elles tentaient de garder, tout comme l’air pincé sur leurs lèvres. Que cela avait du bon de rire par moment, surtout quand on était mort.

« Ann, j’ai vécu dans un milieu bien différent du votre et les mots ne me font rien, je sais ce que je vaux, pas toutes ces personnes. Et mon père m’a toujours appris à ne pas écouter les critiques des autres, surtout quand on sait qu’ils ont tort. » Disait-elle tout en souriant à la jeune femme.

A ce moment-là, la jeune femme se doutait qu’Ann-Elizabeth n’avait pas eu une vie toute rose, elle se souvenait alors d’Elisabeth qui enfant était ignorée par sa mère. Non vraiment l’argent ne faisait pas le bonheur.

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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Mer 13 Fév - 20:13

Georgiana & Ann-Elizabeth



"Oh, oui ! On finit bien par s'habituer à tout, même à la bêtise et à la méchanceté", rit la Lady. "Remarquez, j'ai entendu ses remarques stupides toutes ma vie et je parviens encore à m'étonner ! Il faut reconnaître que certains dévoilent des trésors d'imagination pour déblatérer des choses aussi... Bêtes et méchantes."

Toute sa vie, et même après, quoique après sa mort, les choses avaient quelque peu changé, Dieu merci. Ann-Elizabeth se souvenait à merveille des réceptions organisées par ses parents dans l'un de leurs manoirs d'Angleterre. Aux yeux d'Ann, ces évènements étaient d'un ennui mortel, mais elle les appréciait malgré tout pour diverses raisons : déjà, elle aimait descendre en cachette de ses parents dans les quartiers des domestiques pour observait comment tout ce petit monde fonctionnait ; ensuite, les réceptions perdaient toute perspective d'ennui quand les Abbot et les De Neuveille étaient invités, car cela lui donnait l'occasion de retrouver Mary et Héloïse ; enfin, les âneries dont les nobles amis de ses parents avaient le secret la faisaient rire aux larmes et lui permettaient d'alimenter ses écrits. Importantes consolation ! Car ainsi, elle parvenait presque a apprécier ses soirées guindées et inintéressantes, en dépit des punitions qui lui tombaient invariablement dessus une fois les invités rentrés chez eux. Son comportement rebelle, moqueur et vindicatif ne passait pas franchement auprès de la haute noblesse. Ann eut un léger sourire en repensant à toutes ses fois où son caractère avait engendré de belles échauffourées verbales, au grand dam de ses parents.

Maintenant, elle n'avait pas changé d'un iota, mais le monde autour d'elle changeait, lui. Les premières classes commençaient à s'ouvrir aux autres, bien que certains continuent d'y voir un quelconque inconvénient. Au moins, la Lady n'avait plus ses parents sur le dos, à lui dire que dire ou que faire, à sans cesse la réprimander, la punir, alors qu'ils savaient très bien que s'était inutile puisque elle recommençait à la première occasion. Elle s'attristait de la disparition des deux personnes qui la comprenaient le mieux (Thomas et Marianne), désespérait de voir Victoria à ses côtés alors qu'elle aurait dû vivre heureuse en Amérique, mais au moins elle s'était libérée de la tyrannie parentale. Un mal pour un bien, en quelque sorte.


"Vous avez raison. L'éducation façonne nos vies et notre façon de voir le monde." Elle songea a ses parents avant d'ajouter : "je n'ai jamais connu mes grands parents, mais parois, je me dis que mes parents ne sont pas vraiment responsables de leur comportement." Elle s'interrompit quelques instants avant de déclarer : "c'est quelque chose que j'ai commencé à comprendre au contact des domestiques du manoir où je vivais, dans le temps, et que je réalise pleinement maintenant que je fréquente sans problèmes toutes les classes... Combien nos parents nous modèlent, nous façonnent, influent non seulement sur le fait que nous soyons riches ou pauvres, mais aussi sur nos valeurs. En tout cas, les miens ont un peu échoué avec moi !" Fit elle dans un grand éclat de rire. Puis elle retrouva son sérieux.

Ann eut un sourire en entendant Georgiana faire une remarque sur son père, qui lui avait enseigné à ne prêter aucune attention aux critiques. Dieu qu'elle aurait aimé que le sien en fasse autant !

"Je suis entièrement de l'avis de votre père... Ce qui ne réjouissait pas le mien, il faut l'avouer... C'est dur de parler ainsi de son propre père, mais il ressemble assez à ses riches à l'esprit à peu près aussi ouvert d'une huître. Et encore, je suis méchante avec les huîtres... Ma mère était comme ça aussi, deux de mes frères également, et ma belle soeur ne valait pas mieux... En fait, j'ai grandi dans un milieu d'huîtres !" Et à nouveau, elle éclata de rire.

Et pourtant... Elle en plaisantait, car Ann n'était pas du genre à passer son temps à se lamentait, mais elle avait raison, et c'était d'autant plus douloureux qu'il s'agissait de sa propre famille ! Elle aurait donné n'importe quoi pour parler de son père comme Georgiana parlait du sien. Bien sûr, son existence n'était pas comparable à celle de la jeune femme : elle n'avait rien à jalouser à son amie, c'était stupide, elle qui avait vécu toute sa vie dans le luxe et le confort ! Pourtant, la brune aux origines irlandaises semblait avoir grandi dans une famille unie, soudée et aimante... Dans ce que Ann considérait comme une vraie famille. La Lady pensa à Madeleine Neist, qu'elle appréciait... Elle se rendait bien compte que Madeleine enviait sa famille nombreuse. Ne comprenait-elle pas qu'elle n'avait pas eu une belle famille ? Ses parents s'étaient mariés pour l'argent et ne s'aimaient pas, ses frères Nicholas et William étaient comme eux ; quant à Marianne et Victoria, elles désapprouvaient en silence, sans pour autant ouvrir la bouche. Thomas en riait, mais c'était bien plus simple pour lui puisque c'était un garçon : il pouvait faire ce qu'il voulait. Mais elle, Ann-Elizabeth, qu'était-elle ? Elle ne servait qu'a être mariée à un beau parti, à avoir des enfants, à garantir une fortune supplémentaire à sa noble et ancienne famille. Elle se rebellait contre son milieu et en était marginalisée. Où était la justice, dans tout ceci ?

Dieu merci, le Titanic avait au moins amélioré une chose : la mixité sociale et la capacité de certains à s'ouvrir l'esprit. Avec le temps les choses s'amélioreraient, du moins il fallait l'espérer.
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Dim 17 Fév - 0:14


Sombres rumeurs.


« La rumeur publique est plus forte que toutes les puissances de ce monde. »
de Gilles Vigneault


Salon de lecture et d'écriture ♦ avril 1913
« Avec toutes les choses que l’on peut apprendre sur nous même de la part des autres, je suis sûr qu’on pourrait en écrire un livre. Une fois on m’a rapporté une rumeur qui disait que j’étais une prostituée qui cherchait par-dessus tout à épouser un homme riche. Je crois malheureusement qu’il faut laisser ses personnes dire ce qu’elles veulent et faire en sorte que cela nous touche le moins possible. » Disait la jeune femme tout en jetant un regard à d’autres personnes aisées se trouvant dans la pièce.

Parfois Georgiana se sentait triste en entendant toutes ses horreurs, après tout jamais elle n’avait eu au cours de sa vie de mœurs légères au point de devenir une prostituée. Bien sûr, elle avait eu des petits-amis, après tout en ville, c’était chose commune, tout comme le fait qu’elle n’était plus vierge. Cependant, la jeune femme n’a eu dans son existence qu’un seul amant : Arthur. Et encore, ce n’était pas le meilleur des exemples, elle avait toujours détesté faire l’amour avec lui, il était bien trop brutale, si bien qu’au final, elle essayait toujours d’éviter la chose, ce qui était aisé, comme elle vivait toujours chez ses parents. Avec Joseph, elle n’avait toujours pas sauté le pas, pour la simple et bonne raison, qu’elle ne voulait pas passer pour une fille facile. De plus, elle tenait bien trop à cette relation pour la gâcher trop vite. Alors le fait qu’on la prenne pour une prostituée qui ne cherche qu’une chose s’enrichir, c’était trop pour elle. L’argent ne l’avait jamais rendu heureuse, pour la simple et bonne raison que cela ne l’intéressait pas. La danseuse savait ce qu’était le vrai bonheur, comme l’amour de ses proches ou le simple fait de pouvoir s’exercer à quelques pas de danse. Elle n’avait besoin de rien d’autres. En tout cas, Joseph savait tout cela et c’était ce qui comptait vraiment pour elle. Même si elle trouvait les diamants jolis, elle ne tenait pas à les arborer autour de son cou.
A d’autres moments, les rumeurs la faisaient rire, surtout quand elle entendait dire qu’elle venait probablement d’une famille riche qui avait connu la faillite. Certaines personnes s’appuyaient sur le fait que ses pas de danses étaient bien trop parfait pour qu’elle soit qu’une simple pauvresse. Et pourtant, si ces personnes découvraient l’endroit dans lequel elle avait vécu, elles feraient grises mines.
Marianne confirma ses dires en ce qui concernait l’éducation qui forgeait l’esprit des gens. Après tout si la jeune femme n’avait pas grandi dans le respect d’autrui, jamais elle n’aurait été ce qu’elle était. C’était vraiment ses parents qui lui avaient permis d’être la femme qu’elle était aujourd’hui et même si sa bêtise l’avait tué, elle était heureuse d’avoir été éduqué par d’aussi bonnes personnes.

« Et je suis bien heureuse de vous savoir si ouverte d’esprit, sinon je crois que cette conversation n’aurait pas pu avoir lieu. » Ajouta la troisième classe, avec un sourire complice.

Ann-Elizabeth n’avait sûrement pas eu une enfance facile, il était parfois dur d’être le vilain petit canard dans une famille, celle qui voulait être différente. Georgiana avait eu droit à la même chose avec son rêve de devenir danseuse. Au début ses parents avaient pratiquement tout fait pour qu’elle ne se retire cette idée de la tête. Après tout, ce n’était pas normal qu’une fillette d’ouvrier souhaite devenir une danseuse classique, au mieux elle aurait terminé comme toutes ses femmes qui travaillaient dans les cabarets. Pour ce cas de figure, cela aurait été une chose honteuse pour la famille. La brune avait pendant longtemps bataillé pour réaliser son rêve, elle évoquait à certains moments, le fait que danser serait merveilleux, qu’elle rapporterait de l’argent à la famille. Puis vint le jour, où elle exécuta ses premiers pas de danse devant son père. Elle avait longtemps observé les danseuses de l’opéra avant de se lancer, puis elle l’avait fait et ce fut une évidence pour la famille, la petite Georgiana était faite pour danser et non pas tenir toute sa vie entre ses mains des aiguilles. Quelques jours plus tard, la jeune fille eut ses premières ballerines, c’était à la Noël et ses parents venaient de lui faire le plus beau cadeau de toute sa vie.

« Cela n’a pas dû être facile de vivre ainsi en étant si différente des siens. D’ailleurs en parlant d’huître, j’en ai jamais goûté, mais d’après certains troisièmes classes, c’est vraiment un met très bon. » S’amusa-t-elle à dire pour améliorer l’atmosphère.

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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Dim 24 Fév - 16:43

Georgiana & Ann-Elizabeth



Lady Ann fut consternée en entendant Georgiana : elle, une prostituée ? Décidément, ils ne savaient plus quoi inventer !

"C'est consternant ! Remarquez, cela ne m'étonne guère. Comme vous l'avez dit vous même, c'est un milieu de vipères. Souvent, mon frère m'a dit à ce sujet -elle sourit à ses souvenirs- que l'attaque était la meilleure des défenses, qu'il fallait mordre avant d'être mordu. Les prendre à leur propre jeu. Je vous conseillerez bien d'en faire autant, mais je crois que ce serait s'abaisser à leur niveau... Alors oui, dans un cas comme le vôtre, l'indifférence est la meilleure des défenses. Remarquez, d'ici peu, il y aura autre chose et ils iront répandre leur venin ailleurs. Le plus tôt serait le mieux !"

Les choses, dans son monde d'origine, allaient et venaient à une vitesse parfois ébouriffante. Une rumeur en chassait une autre, puis encore une autre, et ainsi de suite. C'était assez vertigineux, souvent mal fondé, toujours ridicule. Ann songea à aux amis de ses parents, à leurs enfants qui promettaient de devenir comme eux, aux Lords qu'elle-même avait envoyé balader. Elle eut un rire sec à ce souvenir : alors que la timide et calme Marianne était bien plus politiquement correcte qu'elle, c'était bien elle que ses parents cherchaient à marier, dans l'espoir justement de calmer son comportement rebelle. Ils en étaient restés pour leurs frais.

"Vous savez quoi ? Lança Ann-Elizabeth sur le ton de la plaisanterie, ceux qui font courir ses rumeurs stupides sont sans doute terriblement jaloux ! Ou jalouses, puisque hélas, les femmes sont souvent à l'origine de ses rumeurs, vu qu'elles n'ont que ça à faire. Je vous parie que ce sont des femmes comme les deux biques de tout à l'heure qui font courir ce genre d'absurdités sur votre compte. Elles sont aigries et jalouses parce-que vous, vous aimez un Lord et il vous aime en retour. Elles sont tellement aigries, tellement cloîtrées dans leur cocon de méchanceté qu'elles ne peuvent supporter que les gens autour d'elles soient heureux."

C'est le visage de la marquise Lockwood qui s'imposa aux pensées d'Ann. Sa mère. Elle la connaissait bien peu en réalité ; elle n'avait jamais été très présente ni affectueuse, plutôt engoncée dans la rigidité et ses prétendues conventions. La seule personne qui lui laissait entrevoir ce qu'était une véritable relation mère-fille était Mrs David-Néel, une des Revenantes qu'Ann appréciait énormément. D'ici sans doute quelques années, la marquise Lockwood ressemblerait à ces deux vieilles harpies qu'elles avaient croisées un quart d'heure plus tôt, guère différentes des riches vieilles dames de première classe. Pauvre Marianne, songea Ann. Que n'aura t'elle pas a supporter ! La seule chose que la Lady pouvait espérer pour sa jumelle était que celle-ci épouse un homme qu'elle aimait sincèrement, peu importe ses origines. Qu'elle connaisse une vie meilleure que celle que lui proposaient leurs parents ; c'est à dire une vie heureuse.

La Lady se sentit heureuse lorsque son amie reconnut son ouverture d'esprit.


"J'essaye de l'être au maximum, avoua Ann. Longtemps, c'était uniquement pour casser les pieds de mes parents que je m’intéressais à ce qu'ils appelaient le "monde d'en bas", vous savez, les domestiques. Mes parents les appelaient ainsi parce-que les étages les plus bas du manoir leur étaient réservés. Rapidement, je les ai appréciés vraiment, et vice-versa, je crois bien. Je m'entendais très bien avec le cuisinier, il me laissait toujours finir les restes de ses gâteaux ! Mais je crois qu'il est nécessaire d'avoir de l'ouverture d'esprit, sans ça, il n'y a pas moyen de changer quoi que ce soit à l'ordre du monde qui il faut l'avouer, n'est pas toujours juste. En fait... Il l'est même rarement."

D'où le fait que les nobles ouverts d'esprit ne couraient pas les rues : eux, l'ordre du monde leur convenait bien, puisqu'ils étaient privilégiés ! Pour eux, tout était parfait, ils ne voyaient rien de répréhensible à la façon dont étaient traités les autres, le "peuple", comme ils disaient avec tant de mépris. Ann repensa à une pièce de théâtre française que lui avait lu Thomas, une pièce qui aurait fortement déplu à leur père : Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, et sa célébrissime réplique "vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus". C'était tellement vrai !

"Non, je vous l'accorde, ce n'est jamais facile d'être différent. Mais c'est une force, selon moi." Sourit Ann avant de se mettre vraiment à rire en entendant la remarque de Georgiana sur les huîtres. "Vous allez rire... Mais je n'ai jamais aimé ça ! La première fois que j'en ai mangé, j'ai trouvé cela tellement infect que j'ai tout recraché dans l'assiette de mon frère William... Sa tête était mémorable ! Thomas en riait tellement qu'il a bien failli s'étrangler avec la sienne. Moi aussi j'ai ri, jusqu'au moment ou mon père m'a administré une claque monumentale. Et j'ai encore eu droit au sempiternel "c'est indigne d'une Lady !" de ma mère. Mais j'avoue avoir bien ri ! Ceci dit, si un jour il vous prends l'envie de goûter aux huitres, je me ferais un plaisir de vous inviter au restaurant... Il paraît qu'ils en servent de très bonnes. Mais ne comptez pas sur moi pour en manger ! Quoique, si les deux mégères de tout à l'heure y sont, j'en prendrais une rien que pour le plaisir de voir leurs têtes quand je la recracherais !"
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Mer 27 Fév - 0:17


Sombres rumeurs.


« La rumeur publique est plus forte que toutes les puissances de ce monde. »
de Gilles Vigneault


Salon de lecture et d'écriture ♦ avril 1913
Ann-Elizabeth fut indignée de voir jusqu’où les langues de vipères pouvaient aller. De toute évidence, il était difficile de stopper un sujet de ragot, à moins qu’un nouveau apparaisse et pour cela la première classe avait raison. Bientôt une autre personne viendra indigner les bonnes mœurs du Titanic, comme une jeune fille de bonne famille ivre ou encore le retour du Capitaine. Cela serait bien que celui-là revienne d’ailleurs, au moins Georgiana n’entendrait plus des rumeurs sur le fait qu’elle l’avait séquestré ou mieux, assassiné. Tout cela devenait de plus en plus consternant et une bonne douche froide ne ferait de mal à personne. La première classe lui évoqua l’adage de son frère, il était vrai que rendre tous les coups pouvaient servir, mais depuis longtemps, la jeune femme n’agissait plus comme cela. Quand elle était enfant à la rigueur, quand on lui tirait les cheveux elle faisait de même. Mais là, elle était adulte et elle se comportait comme tel, en réfléchissant et surtout en restant comme elle avait toujours été.

« Je préfère rester moi-même en toute circonstance. Ces gens ne me changeront pas et si je leur déplais, tant pis pour eux, ils devront s’habituer. » S’exclama d’un ton déterminé.

Jalouse ? Georgiana détourna son regard pour le poser vers les différentes personnes qui se trouvaient dans la pièce. Pourquoi donc seraient-elles jalouses d’elle ? Elle n’était qu’une fille de rien, qui avait que pour talent la couture et la danse. Ces personnes avaient probablement tout l’argent qu’elles désiraient, les robes, les bijoux, l’attention et les compliments. En quoi pourraient-elles l’envier ? Certainement pas pour avoir conquis le cœur du très riche Lord Earnshaw. Non la danseuse ne pensait pas que c’était cela qui les dérangeait. Toutes ces femmes lui en voulaient plus pour tenter de s’immiscer dans leur cercle, voilà ce qui leur déplaisait. Le brune pensait bien que seule les femmes étaient en colère, pour les hommes soit ils suivaient leurs biens aimés, ou sinon ils voyaient en elle une autre jolie plante à regarder.

« Je ne pense pas que cela soit de la jalousie Ann-Elizabeth, j’ai plus l’impression que l’on m’en veut de vouloir entrer dans le cercle des premières classes. Le problème doit venir de là, pas du fait que je sois aimé d’un lord. De toute manière, je me moque de la première classe, de l’argent et de tout ce qui va avec. Je suis très bien dans ma propre classe. Nous n’avons peut-être pas de boiseries luxueuses dans nos cabines, mais nous sommes heureux comme nous sommes. Sans argent, sans vanité. » Continua-t-elle pour mieux expliquer son point de vu à son amie.

Par la suite, Ann-Elizabeth lui évoqua son enfance, du fait qu’elle s’était toujours intéressé au monde d’en bas et aux domestiques de sa demeure. Georgiana ne put s’empêcher de sourire face à cela. Elle imaginait bien la première classe se lier d’amitié avec toutes les personnes qui déplaisaient à ses parents. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle avait connu le monde d’en bas. Les domestiques avaient la chance d’avoir un repas, un lit sur lequel dormir, pas les ouvriers. La jeune femme avait déjà vu des appartements complètement délabrés dans lesquels s’entassaient des familles. Ces personnes s’étaient bien souvent celles qui ne savaient pas de quoi le lendemain serait fait, ni ce qui se trouverait dans leurs assiettes. Contrairement à toutes ces personnes, la jeune danseuse avait eu bien de la chance d’avoir tous les jours de quoi manger, même si cela était maigre, elle pouvait manger, se renforcer, mais aussi lutter contre les maladies. Ce qui n’était pas le cas des personnes qui ne pouvaient manger à leur faim.

« Venez un peu plus souvent en troisième classe, vous découvrirez de nombreuses personnes provenant de différents pays, mais aussi qui sont bien différentes des domestiques. Sans vous offenser, vos domestiques devaient être bien plus nourris que nous, mais aussi avoir un bon endroit pour dormir au chaud. Je ne sais pas si vous avez découvert le bas Londres. Mais l’endroit est sordide, il y règne la misère et les enfants passent leur temps dans la rue. Beaucoup meurent parce qu’ils n’ont pas de quoi manger. Il est là-bas le vrai peuple anglais, pas dans les riches demeures à boire du champagne et à manger du canard laqué. Mais étrangement, le vrai peuple on ne l’écoute jamais. Si j’avais pu et si je ne risquais pas de condamner ma famille, j’aurais levé une estrade et parler pour toutes ces personnes, mais hélas, je ne suis pas née du bon côté. Les pauvres on ne les écoute pas. » Ajouta la jeune femme avec un sentiment d’injustice qui prenait au fond d’elle-même.

Georgiana ne put s’empêcher de rire à l’entente des mésaventures de son amie face aux huîtres, cela devait être amusant de voir une mère de famille s’indigner face au mauvais comportement de sa fille, surtout si la demoiselle était Ann-Elizabeth. Cette dernière lui proposa d’ailleurs de l’inviter au restaurant pour lui faire goûter ce met très spécial.

« Le jour où je m’y rendrais avec Joseph, je serais ravis de vous accueillir à mes côtés, par contre, je vais être obligé de décliner l’offre pour les huîtres, l’aspect de ces choses ne donne pas spécialement envie de les déguster. » Répondit-elle tout en riant.

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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Mer 27 Fév - 16:46

Georgiana & Ann-Elizabeth



"Ne changez jamais, Georgiana. Pour rien au monde. Vous leur feriez plaisir." Murmura la Lady d'Angleterre. "Dieu merci, ce n'est pas dans vos intentions de courber l'échine, mais je tiens à le dire quand même : changer leur montrerait que leurs opinions comptent pour vous."

On ne change que face aux autres, songea Ann-Elizabeth. La preuve avec Lord Earnshaw : pendant vingt-cinq ans, elle l'avait trouvé insupportable, mais il avait changé au contact de Georgiana. Elle eut une pensée pour Jonathan, lui aussi avait changé au contact des ouvriers de Manchester. Seulement dans un cas comme dans l'autre, le changement était positif aux yeux d'Ann. Ce qui n'était pas le cas de celui évoqué par son amie ; qui était de se plier aux exigences de la haute société. Fort heureusement, elle n'en avait pas l'intention... D'ailleurs, depuis le naufrage, bien peu de gens en avaient encore l'intention, ce qui n'était pas plus mal. En dépit de tout, les esprits s'ouvraient.

"Il y a de ça aussi, c'est certain", réagit la Lady aux propos de son amie. "C'est sans doute un combiné de tout. Mais -elle se redressa dans son fauteuil et sourit- vous avez toutes les raisons d'être bien dans votre classe. Je n'ai jamais vu de fêtes aussi joyeuses !" Rit elle. Puis elle reprit son sérieux. "Je vais vous paraître stupide, mais... J'aurais aimé que mes proches soient comme ceux que vous évoquez. Sans vanité. Mes frères étaient la vanité incarnée. Enfin, deux sur les trois. Vous allez me dire que c'est ridicule, parce-que j'ai vécu dans le luxe toute ma vie mais... Je persiste a croire que je ne suis pas née à la bonne place, a la bonne époque. La notre se caractérise par deux choses : injustice et vanité."

Ann écouta avec une très grande attention les paroles de Georgiana sur les bas-fonds anglais, dans lesquels elle semblait avoir passé quasiment toute sa vie. Elle garda le silence un instant, avant de prendre calmement la parole.

"Depuis le naufrage, je descends fréquemment en troisième classe. De fait, j'y ai rencontré pas mal de gens (ou retrouvé, dans le cas d'Héloïse de Neuveille, songea Ann) et ait entendu bien des histoires. J'ai employé l'expression "monde d'en bas" car c'était celle qu'employait mon père, j'espère ne pas vous avoir vexée. Je me doute bien que le véritable monde d'en bas n'était pas dans mon manoir. Mais certains parmi nos domestiques en étaient issus. Je n'ai jamais vraiment découvert le bas-Londres. Une fois, j'ai essayé de fuguer pour m'y rendre mais mon idiot de frère m'a rattrapée. Du coup, je me suis contentée des romans de Dickens et des récits des domestiques qui y étaient nés. Et j'ai un ami -le mot était-il approprié pour parler de Jonathan ?- qui a passé cinq ans à Manchester, en tant qu'architecte. Il a aidé la construction de pas mal de manufactures, là bas, et s'est trouvé au contacts de familles d'ouvriers, qui vivaient dans des conditions que vous évoquez. Puis, je lisais les journaux. En somme -elle eut un sourire tranquille- non, je ne connais pas directement les bas-fonds de Londres, de mon vivant je n'ai jamais connu de vrai pauvre d'ailleurs, mais j'en connais certaines choses. Sans doute pas autant que vous, mais plus que bon nombre de passagers de première classe." A nouveau, elle se tourna vers Georgiana. "J'ai assisté à ce genre d'évènements, une fois ! Père m'avait interdit de m'y rendre, mais j'ai dit que j'allais passer la journée chez mon frère Thomas et lui, il m'y a emmenée. C'était assez extraordinaire ! C'était une femme qui parlait, à propos du droit de vote. Elle a défrayé la chronique, par la suite. Il faut avoir un certain courage pour élever ainsi la voix... On n'écoute pas grand monde, de nos jours. Les pauvres, les femmes... Il faut naître riche et de sexe masculin pour avoir une chance d'être entendu. Ce qui restreint une bonne part de la population."

La brune aux origines irlandaises rit en entendant les mésaventures d'Ann-Elizabeth avec les huîtres. Ce fut, par la suite, au tour de l'anglaise de rire lorsque son amie évoqua l'aspect de ce met si précieux, coûteux et infect aux yeux de la Lady.

"Et croyez-moi, il y a pire que leur aspect : leur odeur ! Une véritable abomination ! Et dire que ces choses coûtent les yeux de la tête... C'est assez inouï. Mais pour en revenir a nos histoires de restaurant, ils servent pas mal de bonnes choses, là haut... Un jour, nous pourrions dîner tous ensemble !"

Elle fut prise d'un fou rire nerveux en songeant à ce qu'elle venait de proposer : un dîner avec Georgiana, c'était normal, mais un dîner avec Lord Earnshaw, voilà qui relevait du surnaturel au vu des vingt-cinq années de mésententes qu'ils traînaient derrière eux. Si le marquis Lockwood avait entendu les dernières paroles de sa fille indisciplinée, il aurait fait un arrêt cardiaque.
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Jeu 28 Fév - 22:46


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La jeune femme ne put s’empêcher de sourire, ravie de voir qu’une riche lady approuvait son comportement, mais aussi sa présence chez les premières classes. Le fait de voir Ann-Elisabeth approuver tout cela, c’était comme une victoire pour Georgiana, une grande victoire qui pouvait avoir de bonnes conséquences. En effet, si une lady l’acceptait, cela pouvait entraîner d’autres à aller dans ce sens. La vie sur le Titanic serait tellement bien si tout le monde s’acceptait. Mais cela était une vraie utopie, un rêve presque irréalisable tellement que certains passagers étaient ancrés dans leurs mœurs passés. De toute façon, jamais Georgiana ne courberait l’échine devant une personne plus riche. Autrefois, elle s’était peut-être mise à genoux devant eux pour faire des ourler, mais cela c’était seulement professionnel de toute façon, quand on travaillait pour un riche, il fallait toujours se rabaisser. La troisième classe le voyait bien avec les domestiques, ils devaient toujours répondre aux ordres qu’ils recevaient à la pelle. C’était toujours des « Oui madame », il fallait toujours nettoyer, les dégâts qu’ils faisaient… Par contre, la jeune femme ne mettait pas tout le monde dans le même panier, il y avait bien des riches qui appréciaient leurs domestiques et les respectaient. Ce qui dans certains cas donnait un vrai esprit de famille. Ann-Elisabeth aurait voulu avoir des amis sans vanités, comme Georgiana avait pu en avoir tout au long de sa vie.

« Maintenant, vous avez toutes les cartes entre vos mains pour vous faire ce genre d’amis et j’espère bien devenir un jour la vôtre. » Avoua-t-elle avec beaucoup de sincérité. « De toute façon, il y a des mauvaises personnes partout, cela va dans les deux sens. En troisième classe, il y a aussi des personnes qui n’hésitent pas à dédaigner les premières classes. Mais dans ce cas-là, c’est simplement de la jalousie. Même si l’on est bien dans nos cabines, certains trouvent injuste le luxe dans lequel vivent les premières classes, alors que nous sommes désormais tous égaux. »

Par la suite, Ann-Elisabeth lui parla un peu plus d’elle-même, de ses lectures des romans de Dickens, du fait que son frère a aidé à construire de nombreuses manufactures à Manchester. Ce dernier devait être probablement avec la jeune femme le plus tolérant de la famille. Quand on connaissait la misère on n’était plus pareil après. Ann évoqua par la suite qu’elle descendait souvent en troisième classe pour découvrir d’autres cultures et faire de nouvelles rencontres. Puis, après elle lui parlait qu’elle avait assisté à des discours clamaient par des femmes, choses étonnantes pour cette époque et qui réclamait le droit de vote. Georgiana avait souvent entendu parler des droits que les femmes réclamaient, selon son père, à moins d’une révolution ou d’une guerre, les choses ne changeront pas. La jeune femme pensait la même chose, les mœurs étaient bien trop ancrées dans les esprits et seul un grand chambardement pourrait faire changer les choses.

« Cela devait être passionnant, je suis sûr que votre frère a dû vous évoquer la condition ouvrière, quand on la découvre, on ne l’oublie jamais. » Commença-t-elle avant de continuer après une légère pause. « Vous avez eu beaucoup de chances d’assister à ce genre de discours, mais je ne pense pas que les choses vont changer tout de suite, à moins d’une révolution ou d’une guerre. C’est toujours dans le malheur que les mondes évoluent. Mais un jour, je le sens les femmes s’affirmeront face aux hommes, déjà avant notre mort, j’ai pu remarquer des changements, comme les discours auxquels vous avez assistés. »

La conversation des deux jeunes femmes repris après sur le sujet comique des huîtres. Georgiana aurait été amusé de voir la petite Ann-Elisabeth recracher son huître face à un grand public. Puis elle approuva à propos du diner. Cela serait tellement bien et pour la première fois la jeune femme irait diner chez les premières classes, ce qu’elle n’avait encore jamais fait.

« Cela serait bien, je n’ai encore jamais osé venir manger dans votre classe. Je crains de m’y sentir trop décalé avec tous vos codes. D’après une amie vous avez au moins une quinzaine de couverts différents, ce qui est aberrant pour nous qui mangeons qu’avec une fourchette, un couteau et une cuillère. » Disait-elle un peu gênée.

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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Sam 23 Mar - 22:03

Georgiana & Ann-Elizabeth



"Enfin, Georgiana, fit Ann d'un ton faussement outré et contredit par son large sourire, vous êtes déjà mon amie ! Ainsi que Bridget Carey, que vous connaissez bien, si je ne m'abuse."

Elle eut par la suite un froncement de sourcils inquisiteur quand Georgiana lui apprit que certains troisièmes classes dédaignaient les premières. C'était humain, pourtant jamais la Lady n'y avait songé : pour elle, c'était les riches qui snobaient les pauvres ! Mais les récentes paroles échangées avec son amie à propos des bas-quartiers de Londres prouvaient à nouveau qu'Ann-Elizabeth, aussi ouverte d'esprit qu'elle soit, ne connaissait véritablement qu'un seul côté de la pièce.

"C'est dommage, pourtant je ne peux que compatir. J'imagine que la plupart d'entre vous ont connu les vies que vous m'évoquiez tout à l'heure, il me semble normal qu'ils voient notre situation comme une injustice à leur égard... D'ailleurs, c'en est une."

La condition ouvrière, oui, son frère Thomas et l'ami de celui-ci, Jonathan, lui en avaient beaucoup parlé, la décrivant avec vivacité et aplomb ! Ann eut un sourire empreint de nostalgie en y repensant...
Thomas et elle, confortablement installés dans un chaleureux salon comme Georgiana et elle-même en ce moment précis, ou à cheval, cavalant à toute vitesse à travers l'une des propriétés familiales... Ils parlaient à bâtons rompus alors, comme jamais ils ne parlaient aux autres. Aussi loin que remonte sa mémoire, Ann n'avait jamais parlé ainsi avec Marianne, encore moins avec Victoria. Ces moments là n'appartenaient qu'à Thomas et elle ; et il lui semblait entrevoir, dans les récits détaillés de son frère, un monde qui lui demeurait inconnu et pour lequel elle avait une fascination quasi-innée. Leur père aurait hurlé au scandale s'il avait su, mais jamais cela n'était arrivé, Dieu merci.
Quand par la suite elle avait retrouvé Jonathan, lui avait raconté sa propre expérience du monde ouvrier. Il n'avait plus rien à voir avec l'être intolérant et narcissique qu'elle avait fréquenté jusqu'à cette soirée de septembre où elle avait sèchement repoussé son offre de mariage. Maintenant, il se ralliait à sa cause !


"Ça l'était. De fait, il a survécu au naufrage, mais je doute fort qu'il l'ait jamais oubliée, lui qui en parlait avec un aplomb indéniable ! Père devenait fou ! Il l'aurait été encore plus si il avait su qu'il m'en parlait en aparté, sans rien masquer."

Une révolution, une guerre... Ann-Elizabeth repensa soudainement aux récits d'Alexandra David-Néel. Elle se tourna vivement vers Georgiana.

"Vous ne pouvez savoir combien vous avez raison. Vous n'êtes pas sans ignorer la présence parmi nous de personnes ayant survécu au naufrage et revenues ici pour Dieu sait quelle raison... Les Revenants, dit-on, je crois. Je suis très amie avec certains d'entre eux. Trois pour l'instant, en fait. Peut-être voyez vous qui est Madame David-Néel ? Elle voyageait en seconde classe. Une femme remarquable, d'ailleurs, qui m'a raconté avec force détails ce qui s'était passé dans le monde depuis notre mort. Figurez vous qu'ils ont traversé deux guerres mondiales d'une violence inouïe. L'ami dont je vous parlez tout à l'heure est mort dans le premier de ces deux conflits... C'est d'ailleurs à l'issue de ce premier conflit que les femmes ont obtenu le droit de vote en Angleterre ! Ces récits étaient terrifiants, je n'imaginais pas que l'on puisse arriver à un tel degré d'atrocités. Mais tout ceci va bien dans le sens de ce que vous disiez, à savoir que le monde évolue dans le malheur."

Cette discussion pour le moins grave regagna sa légèreté avec l'histoire des huîtres. Ann-Elizabeth eut un grand rire quand Georgiana évoqua les couverts, et surtout leur nombre, conséquent lors des dîners de première classe.

"Oui, une bonne quinzaine, mais rassurez vous, ce n'est pas si difficile... Partez des côtés vers le centre, changez entre chaque plat. C'est idiot, j'ignore qui a pu inventer des règles aussi imbéciles, mais cette personne devait s'ennuyer à périr pour n'avoir que ça à faire ! Ceci dit, l'avantage est qu'on peut catapulter sa nourriture à l'autre bout de la table sans problème... Testé et approuvé !"

HJ : désolée du temps de réponse ! silent
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Ven 29 Mar - 20:13


Sombres rumeurs.


« La rumeur publique est plus forte que toutes les puissances de ce monde. »
de Gilles Vigneault


Salon de lecture et d'écriture ♦ avril 1913
« Oui Bridget et moi nous partageons la même cabine depuis notre embarquement à bord du Titanic, nous sommes même de très bonnes amies et je suis ravis de vous compter parmi les miens. » Evoqua la jeune femme tout en accordant un agréable sourire à la première classe.

Quand Georgiana évoqua le fait que la colère entre les troisièmes et premières classes allaient dans les deux sens, elle ne put s’empêcher de remarquer le regard intrigué d’Ann-Elizabeth, elle ne devait probablement pas être au courant de ce fait et pourtant il était réel. De toute évidence, comment pouvait-on en vouloir aux troisièmes classes, eux qu’on ordonnait de rester à leur place dans l’entrepont alors que les plus riches dormaient dans des draps de soie et mangeaient de la bonne cuisine. Même si tous avaient fait un pas à bord de ce navire, il y avait toujours un large fossé entre les conditions de vie des premières et des troisièmes classes. Ce qui était profondément anormal alors que tous étaient morts. L’égalité devrait être de mise, on devrait tous dormir dans les même draps, manger les mêmes choses, mais il semblerait que les mœurs restaient tout de même figé sur elles même, les premières classes avaient fait des concessions et il semblerait qu’ils ne soient pas prêt pour en faire d’autres. La jeune femme ne chercha pas à lui en dire plus, pour ne pas désillusionner un peu plus Ann-Elizabeth, peut-être qu’un jour leur univers changerait, mais ces changements n’étaient pas pour maintenant, même après un an d’errance sur les abysses d’un océan sans fin. La troisième classe écouta alors son amie évoquer à nouveau son frère qui était passionné par la condition ouvrière, d’ailleurs cet homme qui deviendrait sans doute un grand homme avait survécu au Titanic, voilà au moins une chose que le Titanic n’avait pas arrachée au monde.
Ann-Elizabeth conduisit la conversation sur les revenants. Bien sûr, Georgiana ne pouvait pas ignorer leur présence, puisqu’Arthur se trouvait parmi eux, mais elle ne préférait pas y penser pour le moment. La première classe lui raconta qu’elle avait rencontré une femme qui avait vécu de nombreuses choses dans sa vie et qui avait vu l’évolution du monde. Elle lui parla de deux guerres mondiales et c’était avec effroi que la jeune femme accueillit la nouvelle, ses frères avaient probablement dû être réquisitionnés, ils étaient jeunes et utiles pour l’Angleterre, pour ce genre d’évènement. Comment le monde avait pu être ébranlé par deux fois. Par contre, elle accueillit avec plus de joie, la nouvelle à propos des femmes qui avaient enfin obtenues le droit de vote. Voilà une excellente nouvelle qui annonçait que les femmes avaient enfin pu s’affirmer. Alors qu’eux étaient coincés dans un univers mystérieux, le monde de dehors avait évolué et en bien.

« C’est une incroyable nouvelle que vous m’annoncez Ann, cela devait être vraiment beau d’assister à tout cela, il faudra vraiment que je rencontre cette dame, elle doit tant en savoir sur le monde et notre pays. » Disait-elle les yeux brillants de joie.

Après, c’était avec légèreté que la première classe lui expliqua quelques rudiments de la table, en ce qui concernait les couverts, il fallait partir de l’extérieur par revenir vers le centre. La jeune femme enregistra dans sa mémoire ce précieux conseil qui allait pouvoir lui servir plus tard. Au moins, elle lierait les langues de tous ceux qui voudront la voir chuter lors d’un soupé. Peut-être devrait-elle demander à Joseph de lui expliquer un peu plus toutes ces règles qui régissaient la vie des plus riches. Cela ne devait pas être compliqué après tout et Georgiana ne rechignait jamais à apprendre de nouvelles choses, d’ailleurs, elle avait toujours été avides de connaissances, même alors qu’elle avait été contrainte d’abandonner l’école pour le bien être de sa famille. D’ailleurs, Ann ne semblait pas apprécier toutes ces règles, quoi de plus normal pour une femme qui ne rêvait que de liberté et d’égalité.

« Je vous imagine très bien envoyer de la nourriture sur les convives de vos parents. Mais il est vrai que ça doit être vraiment contraignant de manger avec toutes ces règles de bienséances, cela a de quoi vous enlever le plaisir de manger. » Continua la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Mer 17 Avr - 17:01

Georgiana & Ann-Elizabeth



"Oui Bridget et moi nous partageons la même cabine depuis notre embarquement à bord du Titanic, nous sommes même de très bonnes amies et je suis ravie de vous compter parmi les miens.
- C'est une personne admirable, tout comme vous d'ailleurs. Tout le plaisir est pour moi."

Aimable autant que sincère, Ann-Elizabeth adressa à Georgiana un sourire radieux.

Évidemment, les troisièmes classes ne pouvaient disposer de cabines individuelles. Elle non plus ne dormait pas seule, a ceci près qu'elle partageait la cabine avec ses soeurs et qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une cabine, mais plutôt d'une suite dont le luxe était proportionnel à la fortune de leur père.

Leur père... Ses soeurs... Elle n'avait plus qu'une seule soeur désormais, plus que Victoria. Son père et sa mère, Marianne et leurs trois aînés, Nicholas, Thomas et William, tous avaient survécu à la catastrophe. Evoquer les revenants lui fit panser à tous ceux qu'elle et Victoria avaient perdu. Peut-être étaient-ils parmi eux ? Ann ne l'avait guère envisagé jusqu'à présent. Sa famille appartenait désormais à un autre monde que le sien. En écoutant les récits d'Alexandra David-Néel, elle avait pensé à eux, ses parents, ses frères, sa soeur. Comment avaient ils réagi face aux évènements ? Comment les avaient-ils vécus ? Leurs opinions avaient elles changé ? Le marquis Lockwood avait toujours jugé ridicules les revendications des suffragettes : avait il retourné sa veste avec le temps ? Depuis l'arrivée à bord de ses mystérieuses personnes, Ann se demandait ce que cela lui ferait de se retrouver nez à nez avec son paternel. Une explication ne serait pas de trop, songeait-elle. Mais en réalité, elle ignorait si elle avait vraiment envie de revoir son père : si il n'avait pas changé, il y avait peu de chances qu'ils parviennent à s'entendre.

Visiblement, Georgiana ne connaissait pas Alexandra. Elle accueillit la nouvelle des deux guerres avec frayeur, et Ann se souvint avoir entendu dire qu'elle avait des frères. Sans doute pensait-elle à eux. Les aînés Lockwood avaient été réquisitionnés, eux aussi. Peut-être leur père avec, d'ailleurs, vu qu'il était en pleine santé.


"Oh, c'est une femme absolument passionnante ! Elle a voyagé dans toute l'Asie et m'a appris de choses extraordinaires... Je vous la présenterait avec joie, je puis vous assurer qu'on ne s'ennuie pas une seconde avec elle ! Elle m'a avoué être morte en 1968, vous imaginez ? Tout ce qu'elle a pu voir de notre monde ? Je crois que même ses récits ne parviennent pas à illustrer le changements qu'a connu notre pays. Ici, on est coupés de tout, mais là bas... Je ne sais pas vous, mais j'ai eu quand même beaucoup de mal à réaliser qu'autour de nous, l'univers évolue. Sans doute que nous serions tous perdus si nous débarquions un jour dans le monde que nous avons quittés !"

Et puis... Aaaaah, les réceptions de ses parents ! Mon Dieu, voilà au moins une chose qu'elle n'avait jamais regretté depuis le naufrage !

"Moi, ça me faisait bien rire, mais eux beaucoup moins ! Et j'avoue que je riais moins quand la punition paternelle me tombait dessus à la fin de repas. La seule personne qui riait avec moi, c'était Thomas !... Mais oui, manger devient plus une corvée qu'autre chose, je vous l'accorde. Le plus drôle, c'est que je me souvient de tous ces convives plus snobs les uns que les autres, qui s'exclamaient devant des plats ridiculement petits, au centre d'assiettes totalement disproportionnées... Ils mangeait un gâteau de la taille de mon ongle et semblaient tous arriver au septième ciel, non mais je vous jure ! Et le pire, c'est que ces choses là coutaient un bras ! Dans le genre ridicule, c'était pas mal !"

Mais Ann-Elizabeth avait vu un certain nombre de choses ridicules tout au long de sa courte vie. A croire que les grands de ce monde organisaient un véritable concours.
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Dim 21 Avr - 16:02


Sombres rumeurs.


« La rumeur publique est plus forte que toutes les puissances de ce monde. »
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Salon de lecture et d'écriture ♦ avril 1913
Ann-Elizabeth semblait bien connaître Bridget puisqu’elle lui retrouva toutes les qualités de cette dernière, qui avait plu à Georgiana. Sa compagne de cabine était une femme remarquable, mais qui avait aussi son petit bout de sale caractère, elle était très voir trop méfiante envers les hommes, et elle s’opposait à Joseph depuis le début de leur histoire. La brune espérait vraiment qu’un jour elle pourrait concilier les êtres qu’elle aimait le plus au monde, puisqu’elle le savait, elle ne pourrait pas vivre sans eux et jamais elle ne pourrait faire un choix entre ses amis de toujours et l’homme qu’elle aimait. Si seulement Bridget voyait Joseph comme elle, elle le voyait, elle comprendrait sûrement ses choix, mais pour le moment, on était loin d’en arriver là. En tout cas, cela lui faisait plaisir de voir qu’Ann-Elizabeth était aussi amie avec elle. Puis par la suite, la première classe continua de lui parler de cette femme exceptionnelle qu’elle avait rencontrée, Alexandra David-Néel. Georgiana ne put s’empêcher d’ouvrir grand les yeux quand elle apprit que cette femme était morte en 1968, mon Dieu que cela lui semblait si loin, quel âge aurait-elle eut à cette date ? Soixante-dix-huit ans, qu’est-ce qu’elle serait vieille. A quoi le monde pouvait-il bien ressembler en 1968, déjà qu’il y avait eu la guerre, que les femmes ont eu le droit de vote, le monde avait beaucoup changé et il y avait d’autres choses qui avaient dû se passer. Ici, ils étaient tous coupés du monde, sans possibilité de connaître ce qui se passait à l’extérieur, il n’y avait que les revenants qui avaient le pouvoir de leur expliquer à tous ce qu’est devenu le monde. La jeune femme se prit alors à rêver, d’un monde juste, beau, où les femmes étaient considérées comme égales à l’homme, mais c’était une utopie, même dans le meilleur des mondes ces choses étaient impossible et cela n’allait pas se faire en 53 ans. Jamais le monde et les Hommes ne seraient prêts à faire évoluer à ce point leur moralité. La tradition avait une trop grande emprise sur les Hommes et cela perdurait dans le temps.

« Dire que quelques passagers ont la connaissance de notre futur, je trouve ça effrayant quand même, même si c’est enrichissant. Je n’ose imaginer le monde en 1968, cela doit devrait être troublant si nous nous réveillons un jour dans cet univers qui n’est plus le nôtre. »

Georgiana ne put s’empêcher d’éclater de rire à l’entente des paroles et du récit d’Ann-Elizabeth. Son rire était si fort, qu’elle reçut quelques regards noirs de la part des personnes se trouvant dans le salon de lecture et d’écriture. Mais au diable les convenances, cela faisait du bien de rire et surtout de converser avec une femme aussi enrichissante qu’Ann-Elizabeth. De toute façon, la jeune femme se moquait bien des on dit et si cela revient jusqu’aux oreilles de Joseph, elle s’en moquait, elle était ce qu’elle était et elle ne changerait pas pour plaire à quelques vieilles biques. Si le lord l’avait pris ainsi, c’était qu’il aimait sa spontanéité. Son regard tomba sur l’horloge qui trônait sur le cadre d’une cheminée, l’heure avait bien avancé depuis le début de sa conversation avec la première classe et elle avait donné rendez-vous à Mark et Bridget pour leur parler d’une chose très importante. Elle avait un peu peur de leur annoncer cette nouvelle et craignait de les perdre, mais il fallait qu’elle le fasse, sinon, elle se le reprocherait et ne pourrait plus les regarder en face.

« Ann-Elizabeth, j’ai passé un moment fort distrayant avec vous et je vous remercie encore pour votre soutient et votre aide. Je m’excuse de devoir vous abandonner, mais je dois retrouver des amis en troisième classe. Passez une bonne journée. » Disait-elle tout en se levant et en accordant un charmant sourire à la jeune femme.

C’était d’un pas assuré qu’elle quitta la pièce, non sans envoyer un regard sombre à quelques personnes qui la dévisageait. Elle ne craignait pas ces personnes, mais bien plus ces amis qu’elle allait retrouver.

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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    Jeu 25 Avr - 13:41

Georgiana & Ann-Elizabeth



"- Dire que quelques passagers ont la connaissance de notre futur, je trouve ça effrayant quand même, même si c’est enrichissant. Je n’ose imaginer le monde en 1968, cela doit devrait être troublant si nous nous réveillons un jour dans cet univers qui n’est plus le nôtre.
- Alors là, je vous suis entièrement. Entendre ces récits, c'est une chose... Les vivre, c'en est une autre, surtout pour nous qui sommes hors du temps et de l'espace, ici. Mais quelque chose me dit qu'il serait bien que certains sur ce paquebot aient connaissance de ce qui s'est passé dans le vrai monde. Est-ce que ça ferait changer les choses ? Pas dans l'immédiat, mais ça y contribuerait sans doute... Je pense."

Alexandra David-Néel était morte en 1968 ; à une date où Ann-Elizabeth Lockwood aurait fêté ses quatre-vingt un ans. Date que ses frères, sa soeur et peut-être même ses parents avaient connus. Son père et sa mère, si fermés d'esprit aux yeux de leur fille aînée, en savaient bien plus qu'elle même sur le monde, à présent. Une sensation désagréable pour la jeune femme, qui avait toujours eu dans l'idée qu'elle était en avance sur les siens, sur son époque.

Mais le droit de vote n'était qu'un premier pas. Un grand pas, mais un simple pas : l'égalité entre hommes et femmes ne serait pas réglée avec le simple problème du droit de vote. Ann se souvint des récits de son frère et de Jonathan sur les quartiers pauvres de Manchester. Ils y avaient vu des filles de treize ans jetées à la rue pour être tombées enceintes, d'autres, guère plus âgées, contraintes de se prostituer pour survivre. Non, le droit de vote ne résoudrait absolument pas ces problèmes là. Mais il constituait un progrès certain, pour la condition féminine et pour d'humanité dans son ensemble.

Les histoires d'Ann-Elizabeth sur les réceptions mondaines eurent le mérite de faire rie Georgiana, si fort que certains premières classes levèrent vers elles des regards désapprobateurs. Ils n'échappèrent à aucune des deux demoiselles, et Ann leur retourna un immense sourire allant d'une oreille à l'autre, bien provocateur. Ce n'était pas là une attitude très mature, mais c'était bien une chose dont se fichait la Lady. Qu'ils viennent et répandent leur venin, elle le leur ferait ravaler vite fait bien fait.


"Ann-Elizabeth, j’ai passé un moment fort distrayant avec vous et je vous remercie encore pour votre soutient et votre aide. Je m’excuse de devoir vous abandonner, mais je dois retrouver des amis en troisième classe. Passez une bonne journée."

A son tour, l'Anglaise leva les yeux vers la pendule murale.

"Oh mon Dieu, le temps a filé à une allure ! Je ne vous retiens pas plus longtemps, j'ai promis à ma soeur de passer l'après-midi avec elle, et elle risque de râler si j'arrive avec plus de retard... Mais ce fut un vrai plaisir, Georgiana, faites-moi savoir quand la prochaine vieille bique vous casse les pieds, vous savez que rabattre leur caquet est mon plus grand plaisir dans la vie !"

Elle ponctua sa remarque d'un clin d'oeil assorti d'un grand sourire, puis laissa Georgiana passer devant. Avant de quitter la pièce, elle pivota sur ses talons et fit une révérence a l'intention de ceux qui se trouvaient là, agrémentée d'un second sourire, plus provoquant encore que l'avait été le premier. Enfin, elle referma la porte derrière elle et se dirigea vers sa cabine pour y retrouver Victoria.
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MessageSujet: Re: Dans l'Enfer de la rumeur ♦ avec Ann-Elizabeth    

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