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 C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]

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MessageSujet: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Sam 15 Déc - 14:31

C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie.

Cet endroit était un vrai labyrinthe dès lors que l'on s'aventurait en terrain inconnu, loin des quelques lieux habituellement et le plus souvent fréquentés.

Il était presque de renommée maintenant, que le Titanic avait embarqué à son bord de nombreux véhicules. Voitures personnelles des passagers les plus fortunés, il me tardait de voir ces engins désormais contraints de demeurer immobiles et inutilisés, silencieusement alignés quelque part dans les tréfonds du bateau. Mon riche oncle avait bien entendu les moyens d'acquérir une automobile, mais il se considérait comme trop âgé pour la conduire et préférait de loin demander d'être transporté plutôt que d'avoir une voiture personnelle. Quant à moi, il était pour lui hors de question que j'apprenne à conduire. Et quand bien même il se serait décidé à en acheter une en Angleterre, le connaissant il ne l'aurait sûrement pas fait transporter jusqu'en Amérique. Mais ma curiosité pour ces engins, que je trouvais remarquables en divers points, me menait donc à cette aventure hors des ponts supérieurs, vers le garage des automobiles, cette réserve peu fréquentée qui pouvait peut-être être désormais considérée comme une sorte de musée maintenant que le paquebot avait sombré.

Je me retrouvais sur le premier pont inférieur, à déambuler dans les couloirs entre les cabines des troisièmes classes, essayant de me repérer tant bien que mal, en vue de traverser le navire de part en part. L'on m'avait indiqué le garage comme étant bien plus bas et j'étais donc descendu dans les entrailles du navire, suivant les escaliers et les vagues indications des passagers qui avaient l'amabilité de m'indiquer le chemin à mon passage. J'étais finalement arrivée au pont Orlop dans lequel j'avais cherché ma destination, mais en vain. J'en avais vite conclu que le garage devait se trouver ailleurs bien que sur le même pont et selon toute vraisemblance de l'autre côté du navire. Les quelques rats dont j'avais entendu les couinements et le fait de me retrouver sous le niveau de la mer m'avaient rebuté de m'attarder plus longtemps. Peu rassurée, je n'avais pas envie de me perdre en de tels lieux. Aussi avais-je rebroussé chemin en remontant d'un niveau dans l'idée de traverser le bateau à un endroit un peu plus animé avant de redescendre pour trouver plus aisément les automobiles.

J'avançais parmi les quelques passagers de troisième classe qui déambulaient dans ces couloirs, pensant me trouver non loin de la piscine. A ce niveau, déjà bien plus bas que ceux que je connaissais mieux, les mouvements du bateau se faisaient davantage ressentir que sur les ponts supérieurs. Placée sous le niveau de l'eau je me sentais aussi peu rassurée que j'étais dévisagée. Certes, les différentes classes du navire se côtoyaient sans problème aucun, mais une jeune personne bien vêtue, tranchant ainsi avec le décors ambiant, se trouvait encore être regardée d'un mauvais œil par certains dès lors qu'elle s'approchait des quartiers des troisièmes classes.
Je souriais timidement sous ces regards, cherchant mon chemin en baissant pudiquement les yeux et avançant vers l'autre extrémité du paquebot en me tenant aux murs que je longeais. C'est à l'embranchement d'un couloir, alors que je me dirigeais vers la droite, qu'une personne dans mon dos en héla une seconde pour la saluer. Pensant un instant et à l'entente de cette voix que c'est moi que l'on appelait ainsi, je jetais un œil vers l'arrière sans voir que, devant moi et là où je m'engageais, une jeune femme arrivait. Je sentis nos deux corps se heurter avant de réaliser ma maladresse mais, par chance, nous n'avions pas chuté.

''Oh veuillez m'excuser, je ne regardais pas où j'allais et ne vous avais pas vue. Je vous ai fait mal ?''


La jeune femme ne semblait pas particulièrement sonnée et le choc n'avait pas été très violent. J’espérais que mes excuses seraient acceptées sans trop de mal et attendais sa réponse en la détaillant discrètement : une belle toilette et bien parée, elle n'était de toute évidence pas une troisième classe qui cherchait sa cabine mais venait des ponts supérieurs.

''Vous aussi vous cherchiez le garage des automobiles ?''
, demandais-je en rigolant doucement, amusée d'imaginer cette jeune femme dans la même situation que moi.
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mar 1 Jan - 22:07

Souvent, Ambre se trouvait dans sa cabine, et ne la quittait que rarement. Isolée et dans une obscurité désirée, elle se laissait happer alors par son terrible passé qui se rejouait derrière l'abîme de ses paupières closes. Dans un coin de la pièce, elle se recroquevillait sur elle-même et fredonnait pour tenter de masquer le son déchirant du coup de feu qui résonnait encore à ses oreilles et qui avait tué l'homme qu'elle aimait. Cependant, l'assassinat de Dimitri ne s'était produit que lors du naufrage du Titanic, il devait donc être aussi à bord du paquebot. Du moins, la chanteuse l'espérait-elle depuis qu'elle avait réalisé qu'elle était un fantôme. C'est pourquoi, dès qu'elle l'avait pu et qu'elle s'en était sentie le courage nécessaire, elle avait sillonné le paquebot à sa recherche. Elle ne comptait pas le perdre un fois de plus, une fois de trop.

Dimitri faisait parti de l'équipage du Titanic et c'est ainsi qu'ils avaient pu enfin se retrouver après avoir été séparés pendant plus de dix ans. Tandis qu'Ambre avait cru Dimitri tragiquement mort, elle s'était faite enlever par les frères Darcy qui l'avaient ainsi exploités durant des années, faisant d'elle la plus grande chanteuse d'Angleterre. Mais tandis qu'elle faisait un voyage pour gagner l'Amérique et faire une tournée là-bas, elle avait retrouvé le jeune garçon à bord. Ces retrouvailles avaient été autant inattendues et magiques. Enfin ils étaient réunis.

Après l'enlèvement de la jeune chanteuse, Dimitri avait tout fait pour la retrouver mais en vain. Finalement, il avait finalement appris qu'elle se trouvait en Angleterre, mais loin de penser qu'elle était cette grande célébrité qui se faisait appeler "Amy". Il avait donc embarqué sur le Titanic afin d'y travailler pour gagner suffisamment d'argent et alors permettre à Ambre et lui de subsister quelques temps lorsqu'il l'aurait retrouvé. Mais le destin en avait décidé autrement et il l'avait retrouvé sur le paquebot, seulement, il avait été tué par Edward Darcy qui comptait bien garder Ambre pour lui seul.

Dimitri avait donc fait parti de l'équipage durant le voyage et Ambre espérait alors le retrouver sur le paquebot de cette manière. En mourant, les passagers n'avaient pas changé de classe et les membres de l'équipage travaillaient toujours sur le navire. Dimitri devait certainement penser qu'Ambre avait été enlevée une nouvelle fois par Edward et qu'ainsi elle était en vie, donc hors du Titanic. Toutefois, les choses étaient toute autre. Après l'assassinat de jeune homme, Ambre avait refusé de suivre son manager et l'avait menacé de le dénoncer lorsqu'ils accosteraient en Amérique. Edward n'avait alors pas trouvé d'autre choix que de l'enfermer dans sa cabine. Elle était morte noyée, contre le corps sans vie de Dimitri et enlacée par la glaciale morsure de l'océan. Mais tout cela, le jeune homme ne le savait pas, c'est pourquoi c'était à Ambre de partir à sa recherche.

Cependant, après l'évènement du bal masqué, l'affliction d'Ambre avait été telle qu'elle n'était plus jamais sortie de sa cabine. Elle ne trouvait même plus la force de partir d'explorer le Titanic et de trouver Dimitri. Cette soirée l'avait anéantie.

Toutefois, ce matin fut tout autre que les autres. Certains matins étaient plus cléments que les autres à son esprit torturé et tout à coup elle se sentit le besoin d'être dans les bras du jeune homme. A force de tourner cela dans sa tête, elle était persuadée qu'il devait bien se trouver sur le Titanic, bien qu'elle en ait souvent douté. Elle se leva donc ce jour-là et se vêtit d'une élégante toilette de soie pastelle et coiffa ses boucles brunes en un chignon moins négligé que d'ordinaire.

Sa canne à la main, elle s'engagea hors de sa cabine et même du pont des premières classes. Il était évident qu'il ne pouvait se trouver parmi les premières classes, sinon ils se seraient déjà rencontrés. Il devait être sur un pont inférieur mais ce navire était un tel labyrinthe et si grand, qu'elle finit par se perdre.

Dès qu'elle avisait des escaliers, elle les descendait, elle faisait son possible pour se trouver dans les endroits les plus improbables. Elle pensait alors augmenter ses chances dans cette quête. Mais pendant qu'elle déambulait dans ce qui semblait être un couloir, elle sentait peser sur elle de nombreux regards dont elle ne tenait pas compte. Cependant, elle comprenait bien que la présence d'une première classe dans les ponts inférieurs devait être plus que déroutant.

Elle poursuivait son chemin quand tout à coup, au détour d'un couloir, elle heurta de plein fouet une personne. Sonnée, un bref instant, elle reprit rapidement l'équilibre grâce à sa canne. A l'odeur du parfum qu'elle dégageait, ce passager était sans nul doute une femme et une femme riche, une première classe très certainement.

Cette dernière s'excusa immédiatement, décrétant qu'elle ne l'avait pas vue. Lorsqu'elle s'enquit de son état, Ambre la rassura tout de suite avec un sourire :

" Nous vous en faites pas mademoiselle. Tout va bien."

En riant, la passagère de première classe demanda alors si Ambre cherchait elle aussi le garage des automobiles. La chanteuse sourit à cette question. Elle n'avait pas vraiment dans les intentions de se rendre au garage pour trouver Dimitri.

" A vrai dire, je ne sais même pas où je suis pour tout vous avouer. Mais apparemment cela est votre cas. Les automobiles vous intéressent donc ? demanda Ambre, vivement intriguée."
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mar 8 Jan - 14:18

J'étais rassurée de la réponse que la jeune femme que j'avais maladroitement heurtée venait de me fournir. Elle allait bien selon ses dires, moi de même et l'incident allait vite être clos. Je me demandais cependant ce qu'une demoiselle descendant des ponts des premières classes pouvait bien venir faire aussi bas dans le navire, en de tels lieux où les plus riches n'étant pas tant les bienvenus que dévisagés. D'où la question que je lui avais posée. Pour ma part, je cherchais le garage, comme je venais d’expliquer à ma paire qui sembla se montrer curieuse de ma personne. Elle étira ses lèvres en un magnifique sourire pour me répondre que, dans ce dédale de ponts, couloirs et embranchements, elle ne savait pas où elle se trouvait et m'interrogea sur mon périple.

M'appuyant vaguement d'une main au mur le plus proche sur lequel je m'étais rattrapée, je tournais la tête de part et d'autre dans le but de voir, dans la coursive, un indice sur l'endroit où nous nous tenions. Je trouvais depuis longtemps que tous les couloirs finissaient par se ressembler et les traversais bien souvent en me fiant plus à mon instinct et mon sens de l'orientation qu'au décors alentour. Mais dès que je m'arrêtais et détournais mon attention du but que je m'étais fixé -telle ou telle salle par exemple-, j'avais tendance à m'égarer et perdre mes quelques points de repère.
Alors que mon interlocutrice attendait ma réponse, je me retrouvais dans ce cas de figure.

''Oui, je vous avoue aussi que je suis un peu perdue. Je descendais vers le garage, mais suis remontée au pont supérieur pour le traverser et emprunter l'escalier situé de l'autre côté de ce niveau. Je voulais voir les automobiles. Non pas qu'elles me passionnent vraiment, mais je suis curieuse de me balader entre ses véhicules immobiles qui prennent la poussière. Ce sont des engins assez fascinants je trouve. Du moins est-ce là-bas que je me rendais avant de tomber sur vous, souriais-je en retour du sens littéral que ma dernière phrase pouvait presque prendre. Hum... à bien y regarder, je crois que nous sommes entre les cabines des troisièmes classes. L'escalier le plus proche doit se trouver de ce côté-ci, tout comme la piscine si vous y allez parfois.''

Je pointais du doigt la direction appropriée, en suivant des yeux le long couloir, avant de reporter mon regard vers la jeune femme en face de moi. Je trouvais sa toilette vraiment splendide et sa coiffure bien travaillée, davantage d'ailleurs que la mienne. Cependant, je n'avais pas encore remarqué la canne qu'elle tenait à la main. Aussi en fus-je légèrement surprise lorsque mes yeux s'arrêtèrent dessus. Je compris bien vite que la demoiselle devait souffrir de troubles de la vue et me sentais désormais gênée de ne pas l'avoir constaté plus tôt. Je rougissais de la maladresse verbale dont j'avais dû faire preuve mais ne savais comment m'en excuser. La présence de cette jeune femme dans ces niveaux, que je comprenais bien aisément perdue, me paraissait tout de suite bien moins évidente que la mienne.

''Et vous, lui demandais-je en retour, que cherchiez-vous dans ce labyrinthe des mers ? Si je peux me permettre de vous poser la question...''
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mer 16 Jan - 13:15

Ambre était partie dans une grande exploration du paquebot, plus déterminée que jamais à trouver Dimitri. Elle se sentait plus à même de traverser une nouvelle déception si jamais elle venait à ne pas le trouver aujourd'hui. Mais peu importait, elle était résolue et pleine de détermination. Une chose si rare que sa poitrine se gonflait d'espoir. Elle essayait d'en profiter au mieux et de mettre cela à profit dans sa douloureuse quête. Cependant, alors qu'elle se trouvait un couloir des troisièmes classes, la jeune aveugle se heurta à une jeune femme qu'elle avait reconnu comme étant de première classe. Cette dernière semblait chercher le garage des voitures. Une idée bien étrange qui surprit quelque peu l'aveugle.

Tout en lui expliquant qu'elle était tout aussi perdue que la chanteuse, sa paire lui expliqua qu'elle cherchait le garage car elle se trouvait curieuse de déambuler entre ses automobiles immobiles qui dormiraient à jamais dans les bas-fonds du bateau. Elle ajouta aussitôt que cela n'était en aucune manière une passion de sa part, mais seulement un grand intérêt pour ses engins qui semblaient la fasciner. Car en effet, les automobiles étaient une chose toute nouvelle pour les occidentaux. Il n'y en avait encore peu à cette époque et son prix élevé en faisant un véhicule réservé exclusivement aux riches qui pouvaient se la payer. Ambre ne s'y était cependant que très peu intérêt, même si elle trouvait l'invention admirable. Combien de fois n'avait-elle pas été dans une voiture pour qu'on la conduise à ses nombreuses représentations. Même Edward et Swan Darcy en avait acheté une avec l'argent que leur rapportait la chanteuse exploitée. Ainsi, ils l'avaient menée eux-mêmes à beaucoup d'endroits et cela leur avait permis de se déplacer avec plus de commodités, s'enfonçant un peu plus dans la vie luxueuse qu'ils s'étaient érigés. Les frères Darcy n'avaient jamais reculé devant aucune dépense car ils savaient Ambre toujours là pour renflouer les caisses. Elle était leur petite mine d'or, une source inépuisable d'argent qui n'avait son mot à dire sur rien. Leur captive en réalité mais elle avait cependant toujours profité de tout ce faste car ils la gardaient jalousement à leur côté quoi qu'il arrive.

Après avoir observé un bref silence, la jeune femme lui apprit qu'elles se trouvaient dans les couloirs des cabines des troisièmes classes. Ce qui expliquait pourquoi on les fixait avec autant d'insistance, surtout que certains devaient peut-être reconnaître la célébrité. Elle ne pouvait les voir mais elle sentait très bien leur regard, grâce à une sorte de sixième sens qu'elle avait développé au cours de ses longues années de cécité. La première classe ajouta aussi qu'elles devaient certainement être proches de la piscine. Ambre entendit le froissement de sa robe, ce qui lui indiqua que sa paire devait lui montrer la direction du doigt. Apparemment, elle ne semblait pas avoir remarquée qu'elle était aveugle, ce qui amusa la chanteuse. La jeune femme paraissait fraîche et naturelle, cette rencontre inattendue était pour l'instant très appréciée. Elle n'était pas comme toutes les autres premières classes, elle le sentait.

La question qu'avait posé Ambre à la jeune femme lui fut retournée. Après tout, cela était bien naturel. Puis sa présence sur les ponts inférieurs devait être encore plus étonnante que celle de cette première classe.

" Je suis à la recherche d'un ami, répondit Ambre, qui pour la première fois parlait de sa quête à quelqu'un. J'espérai le trouver sur les ponts inférieurs. Il fait parti des membres de l'équipage. L'auriez-vous croisé ? demanda-t-elle avec espoir. C'est aussi un violoniste qui se prénomme Dimitri."

La question pouvait paraître stupide. Il y avait en effet peu d'espoir que la première classe ait eu connaissance d'un membre de l'équipage, et surtout qu'elle connaisse son nom. Peu de gens s'intéressaient à eux. Mais elle se devait de tout tenter pour le retrouver. Il avait passé dix ans à la rechercher et il était même mort pour la sauver. Une éternité de recherche lui semblait même presque insuffisante pour payer sa dette.
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mer 30 Jan - 18:06

Non, cela ne me disait vraiment rien. J'avais beau tourner et retourner le prénom dans ma tête et fouiller les tréfonds de ma mémoire, aucun Dimitri n'en surgissait. Je n'avais pas une excellente mémoire, ni pour les noms, ni pour les visages et il m'arrivait bien souvent de chercher soit l'un, soit l'autre, lorsque je pensais à une personne, que l'on m'évoquait ou non. Généralement je retrouvais, au prix d'un grand effort de concentration, des bribes de souvenirs liés à ces paires et me sentais soulagée de ne pas encore avoir tout oublié. Mais le prénom de Dimitri ne me disait réellement rien et je doutais même d'avoir un jour rencontré ne serait-ce qu'un jeune homme du même nom. Quant à l'indication que mon interlocutrice m'avait fourni, à savoir qu'il s'agissait d'un violoniste faisant partie des membres de l'équipage, elle ne m'aidait pas davantage.
Je ne côtoyais pas beaucoup le personnel du navire, autrement que dans des rapports de purs rangs j'entends. Et même si un violoniste m'avait un jour interpellé, ce qui n'était pas le cas, je doute m'être souvenue d'autant de détails à son sujet sans l'avoir abordé. Autrement dit, aucun Dimitri ne se trouvait parmi mes connaissances

Je me disais, dans mon fort intérieur, que cette jeune demoiselle avait bien du courage de partir seule à travers le dédale des ponts pour rechercher un seul homme. Sa quête me paraissait encore plus extraordinaire, si ce n'était invraisemblable, par le fait que cette jeune femme était en plus non-voyante. A mes yeux, son courage et sa volonté dans ses recherches n'en étaient que démultipliés. Il devait vraiment être spécial, ce Dimitri, pour qu'elle aille jusqu'à s'égarer pour lui. Il devait être des plus importants dans sa vie pour qu'elle s'aventure sans aide aucune dans le paquebot.
Et je me demandais quel lien pouvait bien les unir, au-delà de la simple amitié évoquée par ma paire. Mais ses propos semblaient contenir des éléments de réponses. Elle avait précisé que le jeune homme était un violoniste lui aussi. Serait-elle donc musicienne, cette jeune et belle aveugle qui parcourait, de sa canne et de ses pas, ce labyrinthe fantôme ? Serait-ce là, à travers leur passion commune, le lien qui les liait ?
La quête personnelle de la jeune femme devenait presque une devinette pour moi.

« Vous étiez violoniste ? », ne pus-je m'empêcher de demander. L'emploi d'un temps du passé dans ma question n'était peut-être pas des plus judicieux, mais je ne me risquais pas à avancer que la demoiselle jouait encore. Après tout, j'étais bien loin de me douter qu'elle était plutôt connue dans le milieu musical et ne connaissais pas son histoire personnelle pour savoir depuis combien de temps durait sa cécité.
« Je suis navrée, continuais-je en toute sincérité, mais malheureusement je ne pense pas avoir vu l'homme que vous recherchez. Avez-vous été demander auprès des membres de l'équipage ? Même s'ils ne se connaissent pas tous, il doit exister des registres, je suppose. Ou il faudrait aller voir dans les endroits où se tiennent régulièrement des concerts. »

Sûrement y avait-elle déjà songé et ma suggestion allait paraître bien inutile. Mais je la trouvais à la fois sympathique et intrigante, cette jeune femme descendue des premières classes et j'avais bien envie de l'aider. Il était nettement plus exaltant de partir à la recherche d'un inconnu que de slalomer entre des voitures poussiéreuses.

« Voulez-vous que je vous y accompagne ? », interrogeais-je poliment, mais pleine d'espoir de la voir accepter. Je ne voulais pas m'imposer, loin de là.
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mar 5 Fév - 20:42

Ambre ne pouvait s'empêcher à chaque fois qu'elle partait à sa cherche ou bien quand elle menait l'enquête auprès des passagers pour savoir où pouvait bien se trouver Dimitri, d'être gonflée par un vain et futile espoir que la réponse se montre positive. Elle avait pourtant échouée de nombreux échecs qui la laissaient toujours abattus mais l'attente était toujours la même et elle ne semblait pas se lasser d'espérer. Elle entendait toujours cette triste pointe de volonté émoussée dans sa voix quand elle demandait si quelqu'un le connaissait. Au plus profond d'elle-même, elle espérait qu'on lui réponde enfin oui. Que cette réponse la conduise à l'élu de son coeur. Elle avait pourtant vécu une vie difficile et Dimitri était son seul rayon de lumière. Pourquoi voulait-on l'en priver ? La mort semblait encore plus injuste que la vie. Le bonheur et l'apaisement lui étaient donc inaccessible ?

La chanteuse retenait son souffle en attendant la réponse. Tout son corps se tendait à la simple idée que la jeune femme en face d'elle connaisse le violoniste. Son silence de réflexion s'étirait, interminable. Ambre aurait tout voulu voir les expressions de son interlocutrice. Certainement auraient-elles pu lui donner une indication sur sa réponse prochaine. Mais au lieu d'une affirmation, la femme lui répondit par une question, allongeant son calvaire. Elle lui demanda si elle était violoniste. Elle devait très certainement penser que c'était ainsi qu'ils s'étaient connus, mais bien entendu, leur histoire était bien plus compliqué que cela.

" Non, répondit doucement Ambre. Je suis chanteuse."

Ambre aurait pu lui préciser qu'elle était la célèbre chanteuse anglaise connue sous le pseudonyme de "Amy", mais elle préférait ne pas s'étendre plus en détails. Pour l'heure, seule lui importait sa réponse, quand enfin elle vint.

A peine la jeune femme eut-elle prononcé ses premiers mots que le coeur de l'aveugle sombra dans sa poitrine. Encore une fois, sa recherche était vaine. Encore une fois, elle revenait à son point de départ. Elle ne le trouverait décidément jamais. Ses yeux s'embrumèrent de larmes.

Puis elle lui suggéra aussitôt qu'elle trouverait peut-être plus d'informations auprès des membres d'équipage et dans les registres qu'ils devaient tenir, malheureusement, Ambre y avait déjà songé mais aucune trace du jeune homme, même après un an. Quant à l'idée des concerts, c'était une autre affaire.

" Malheureusement, je ne l'ai pas vu figurer dans les registres, fit-elle avec tristesse. Mais il n'est qu'un employé de l'équipage, le violon n'était qu'une profession extérieur au navire."

Ambre baissa la tête en resserrant plus fort ses mains sur sa canne, si bien que ses jointures en blanchirent. Elle tentait de réprimer ses sanglots car elle ne désirait pas mettre la première classe mal à l'aise et l'importuner de ses pleures. Elle était totalement abattue. Cette quête en solitaire l'épuisait. Puis sans qu'elle ne s'y attende, son interlocutrice lui proposa de l'accompagner dans ses recherches. Ambre leva vivement la tête, surprise, et même si ses yeux ne voyaient pas, ils exprimaient l'hébétude. Personne jusqu'ici ne lui avait proposé de l'épauler dans cette tâche. Cette idée lui donnait un tel baume au coeur qu'elle dut se contenir pour ne pas fondre en larmes dans les bras de la femme aux allures si naturelles et sympathiques.

" Ce sera avec grand plaisir, fit-elle d'une voix tremblante mais sincèrement reconnaissante."
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mer 13 Fév - 11:51

Cette pauvre jeune femme, pensais-je en voyant son visage se fermer et ses yeux se remplir de larmes. Elle était bien malheureuse, en plus de son triste sort, que d'avoir perdu cet homme cher à son cœur. Je sentais aussi que ma réponse la faisait davantage sombrer dans les affres de la souffrance. Cette négation qu'elle avait du tant de fois déjà entendre. Mais je n'avais pu faire autrement que de lui exposer la vérité : ce jeune homme m'était inconnu et ce n'aurait été que méchanceté et pires horreurs que lui annoncer le contraire. J'en étais toutefois profondément désolée et navrée pour elle que d'avoir du prononcer ces tristes mots et ses yeux embués me serrèrent le cœur. Je me sentais en partie responsable de son malheur.
Aussi m'expliqua-t-elle, en retenant ses sanglots, que les registres du navire avaient déjà reçu l'objet de son attention. En vain. C'était à prévoir, sinon elle serait en ce moment même au bras de son compagnon si le nom de ce-dernier avait été inscrit avec ceux des membres de l'équipage. Et si la musique n'était qu'une passion supplémentaire, je commençais à douter qu'elle ne le retrouve un jour, son Dimitri. Toutefois je ne voulais l'abattre plus qu'elle ne l'était déjà et cachais mes doutes à la non-voyante.
J'observais les réactions de la jeune femme, mais ne savais trop comment y faire face. Son désespoir ressortait à la vue de tous malgré les efforts qu'elle faisait pour le contenir. J'en étais vraiment touchée et lorsqu'elle répondit que ce serait avec plaisir que je pourrais l'accompagner, je la sentis vouloir fondre en pleurs.
J'abandonnais alors toutes convenances pour tenter de la consoler. Je sortis ainsi un mouchoir finement brodé que je gardais toujours sur moi et m'approchais de la larmoyante pour le lui donner. Je pris doucement sa main, pour ne pas l'effrayer, et plaça le morceau de tissus dans sa paume.
« Voyons, séchez ces larmes, lui dis-je d'une voix rassurante tout en la serrant maladroitement contre moi, comme deux vieilles amies se faisant la bise. Il ne faut pas désespérer. Nous allons le retrouver... »
Je la libérais ensuite de ma courte mais chaleureuse étreinte pour lui laisser le temps de se remettre. De voir cette si gentille jeune femme dans un pareil état m'avait également fait monter quelques pleurs au coin de l’œil que j'essuyais du bout des doigts. Puis, avec un grand sourire que j’espérais amical et réconfortant, je pris le bras de ma paire que je plaçais autour du mien pour l'entrainer à son rythme vers nos premières recherches.
« Faites un sourire ! Vous ne voudriez pas que Dimitri vous voit triste, n'est-ce pas ? D'autant que vous avez un si beau visage ! Bien, peut-être pourrions-nous aller demander... de ce côté. Nous trouverons bien une personne capable de nous renseigner », annonçais-je sans trop savoir où me diriger. Le côté labyrinthique du navire ressurgissait de nouveau, mais ce n'était qu'une mince épreuve en comparaison de celle de ma compagne. D'ailleurs je me rendis compte que je lui avais proposé mon aide avant même de connaître son prénom.
« Ma chère, repris-je alors d'un ton enjoué qui, j'espérais, lui remonterait un peu le moral. Peut-être devrions nous échanger quelques bribes de présentation durant notre trajet, qu'en dîtes-vous ? Alors je commence ! Je suis Madeleine et je suis très heureuse de pouvoir vous aider ! »
J'eus un léger rire alors que nous nous dirigions au bon vouloir du réseau de coursives. Je priais vivement et malgré mes doutes, pour que nous retrouvions le jeune homme. J'imaginais presque déjà leurs réunion et cela me mettait en joie. Un espoir que je voulais communicatif, pour sortir mon amie de ses tourments...
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Sam 16 Fév - 18:39

Ambre était réellement touchée par cette marque d'affection que lui témoignait la jeune femme. Elles venaient tout juste de se rencontrer mais la bonté de la dame qu'elle avait heurté brillait tel un phare dans le nuit de ses yeux. Un bonté sincère, franche et honnête. Ambre n'avait vu que peu de personnes aussi gentilles au cours de sa vie et la présence de cette première classe était un réel baume pour le coeur saignant de l'aveugle. Mais Ambre n'avait pas encore eu le total témoignage de sa bonté.
Tout à coup, la jeune femme s'approcha de la chanteuse et glissa un mouchoir finement brodé dans sa main. Puis de manière inattendue, elle la prit dans ses bras avec douceur, tout en lui disant de séchez ses larmes et elle l'encouragea, en lui annonçant qu'elle finirait bien par le retrouver. Jamais on ne lui avait de choses aussi rassurantes. Personne ne s'était encore préoccupé de sa quête désespérée pour retrouver Dimitri. Leur chaleureuse étreinte se brisa ensuite, et Ambre porta le mouchoir à ses yeux pour sécher ses larmes.


" Merci, vous êtes si gentille."

Puis soudain, la première classe prit le bras d'Ambre sous le sien pour l'entraîner avec elle. D'un ton plus enjoué pour lui redonner courage, elle dit à l'aveugle de faire un sourire car Dimitri ne voudrait certainement pas la voir aussi triste.
A travers ses sanglots, elle eut sourire qui se transforma en un petit rire de réconfort. Les paroles de la jeune femme amenèrent de nouvelles larmes à ses yeux, mais suivant ses conseils, elle ravala bravement ses larmes.


" Non, Dimitri n'aimerait pas ça non plus."

Elle lui proposa ensuite de s'orienter d'un certain côté du couloir. Ne pouvant se repérer, Ambre accepta de la suivre sans rien dire. Elle ne savait par où aller, mais sa compagne eut la bonne idée de proposer de trouver quelqu'un capable de les renseigner. Ambre hocha timidement de la tête.

"Vous avez raison. Nous trouverons certainement quelqu'un capable de nous aider."

Grâce à la jeune femme et à son naturelle, elle parvenait peu à peu à reprendre espoir. Elle n'était plus seule dans cette terrible tâche qui l'astreignait à chercher une personne qui n'était peut-être même pas à bord du navire. Elle sentait une chaude flamme renaître au fond de sa poitrine, au fond de son coeur et sa chaleur était bienfaisante, rassurante. Elle voulait que cette dernière ne la quitte plus jamais.
La première classe reprit tout à coup la parole d'une voix encore plus enjouée que précédemment. Elle suggéra qu'elles fassent les présentations en chemin, puisqu'en effet, elles n'avaient pas été faites. La jeune lady portait le doux prénom de Madeleine. Ambre se montra alors confuse.


" Il est vrai pardonnez-moi, c'est très indélicat. Je m'appelle Ambre Roux, mais généralement, les gens me connaissent sous le pseudonyme d'Amy. Je suis aussi très heureuse de vous rencontrer. Vous ne savez pas comme cette rencontre compte pour moi et votre présence à cet instant."

La douce voix de la célébrité s'était à nouveau faite tremblante, mais cette fois-ci, elle parvint à retenir ses larmes. Un élan nouveau l'étreignait et elle ne voulait pas faiblir. Cette femme lui donnait la force d'avancer, de se battre. Elle la voulait comme compagne, comme guide et surtout, comme amie.
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Ven 22 Fév - 17:44

Oh non, quoi que puisse en dire la jeune femme à mon bras, je n'étais pas si gentille. Du moins ne me considérais-je pas comme telle, mais plutôt comme oisive, trop curieuse et tout juste aidante. Quant à l'indélicatesse, j'avais du en faire bien plus preuve que la jeune non-voyante, en ne me rendant pas tout de suite compte de sa cécité ou par les paroles que j'avais pu dire. Aussi sa manière de s'excuser me fit-elle sourire et je balayais du revers de la main son inutile demande de pardon. Geste que, bien entendu, ma nouvelle amie ne pouvait voir. Sans doute avait-elle ressenti le léger déplacement d'air, tout au plus.
« Ne vous excusez pas, il n'y a pas de mal !, la rassurais-je. Vous avez un très joli prénom et je suis heureuse de vous rencontrer, Mademoiselle Ambre ! »
Il était vrai que la demoiselle portait là un prénom aussi original que doux à l'oreille. Il lui allait bien, d'ailleurs, dégageant une certaine douceur qui se retrouvait dans les traits fins et harmonieux de son visage et dans son attitude également. L'on sentait, en la voyant, que la jeune femme était une de ces personnes douce, posée et de compagnie plaisante. Quant à son pseudonyme, qu'elle m'annonça de sa voix encore emplie des quelques émotions qu'elle peinait à dissimuler, il était tout autant agréable que le reste de sa personne.
Toutefois je ne pouvais m'empêcher de m'interroger sur le bien fondé d'un tel surnom. Ambre n'était pas un homonyme très long et l'emploi d'un diminutif, aussi charmant soit-il, relevait selon moi de la fantaisie. Puis j'en vins rapidement à faire le lien avec les précédents propos de ma compagne : elle m'avait spécifié être chanteuse et, raccordant avec ces dernières paroles, tout commençait à s'expliquer de soit-même.
« Oh, veuillez excuser mon ignorance, mais seriez-vous connue ? En tant que chanteuse, je veux dire. »
Ni son visage ni son surnom ne me disaient réellement quelque chose, mais j'avais bien mauvaise mémoire des noms et étais assez peu physionomiste. Il était cependant fort possible, voir même plus que probable, que j'avais déjà entendu parlé de la célèbre Amy ou même écouté ne serait-ce qu'un extrait de ses œuvres. J'avais seulement parfois du mal à faire de suite le rapprochement entre deux éléments liés. Tout comme certaines évidences pouvaient totalement échapper à mon esprit, tel que le fait que nous avions déjà passé ce couloir ; j'en reconnaissais les numéros de cabines.
Je cachais ma honte rougissante de faire tourner Ambre en rond en bifurquant sur la droite, dans un nouveau long passage que j'étais certaine de ne pas nous avoir fait emprunter plus tôt.
Après plusieurs mètres, nous arrivâmes d'ailleurs à un croisement desservant entre autres, la piscine et le court de squash, non loin d'un escalier remontant au pont supérieur.
« Par où souhaitez-vous aller ? », demandais-je à Ambre avant de lui énumérer les différentes possibilités qui s'offraient à nos recherches.
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mer 27 Fév - 13:25


Les présentations avaient en effet mis beaucoup de temps à arriver et Ambre n'avait eu la présence d'esprit de les amener par elle-même, mais cette charmante jeune femme ne semblait pas en prendre ombrage. Ambre trouvait en elle la douceur même, une réelle gentillesse dont même Madeleine ne semblait pas se rendre compte. Elle se trouvait humble en plus de cela.
La jeune fille continua en la complimentant sur son prénom qu'elle trouvait tout à fait charmant. Ambre sourit. C'était les femmes de joie dans laquelle elle était née qui avaient décidé de la prénommer ainsi. Sa mère était morte en couche et cette tâche avait donc incombé aux prostituées de la Maison close. Elle avait donc choisi le prénom d'Ambre car c'était la pierre préférée d'Adeline Roux et qu'elle en portait une autour du cou, dernier témoignage de l'amour d'Arthur Roseveille, le père d'Ambre. Mais pouvait-on réellement parler d''amour ? Aussitôt qu'il lui avait offert ce bijou, comme une promesse futur de son retour prochain, il s'était évaporé dans la nature et il avait laissé Adeline, seule et enceinte. Il s'était conduit lâchement et il n'était réapparu que quatre ans plus tard pour récupérer sa fille dans l'espoir qu'elle lui serait utile. Heureusement pour elle, elle avait eu sa voix qui lui avait permis de survivre et de gagner de l'argent pour l'ivrogne qu'était son père. Sinon, il l'aurait bien laissée mourir de froid et de faim si elle avait dû lui coûter plus qu'elle ne lui rapportait. D'ailleurs, tout au cours de sa vie, c'était seulement sa voix, son don qui était parvenu à la sauver et à lui faire franchir toutes les épreuves de son existence. Elle savait très bien que si elle n'avait eu de voix, elle serait déjà morte depuis bien longtemps et elle n'aurait jamais connu cette existence de fantôme sur le Titanic. Peut-être que cela aurait été mieux après tout, pourtant elle ne pouvait se résoudre à penser complètement cela. Elle n'aurait pu connaître Dimitri dans ce cas-là et il était son plus beau cadeau. Sa seule raison d'être sur terre et de ne pas sombrer.

Madeleine s'interrogea soudain sur l'identité de la jeune aveugle. Un peu plus tôt dans la conversation, elle avait laissé entendre qu'elle était une chanteuse et maintenant, elle parlait d'un pseudonyme. Elle était donc intriguée et se demandait si elle était connue. Visiblement, la jeune première classe ne connaissait pas cette grande célébrité qu'était Ambre, mais cela lui fit presque plaisir. Elle n'était plus vue comme cette mystérieuse aveugle à la voix de velours mais comme une personne presque normale.


"Je suis en effet plutôt connue, sourit Ambre. Du moins, mes agents n'ont cessé de me le répéter. Je devais d'ailleurs faire une tournée en Amérique. C'est pour cela que j'ai embarqué sur le Titanic avec Edward."

Et aussi pour échapper au terrible fratricide d'Edward mais cet aspect-là de l'histoire, elle comptait bien le taire. Il y avait certaines choses qu'il valait mieux cacher à jamais et ne jamais déterrer. Après tout, ce meurtre était bien loin d'elle aujourd'hui, même s'il lui arrivait parfois d'en faire des cauchemars. Elle avait tenté de sauver Swan mais la force d'Edward avait eu raison d'elle et elle n'avait pu empêcher l'inévitable de se produire. C'était une chose vraiment affreuse que de tuer son propre frère. C'était d'ailleurs certainement pour cela que la santé mentale d'Edward s'en était soudainement trouvée fragilisée et qu'il avait tué aussi arbitrairement Dimitri. Il avait aussi laissé mourir Ambre en l'enfermant dans sa cabine le soir du naufrage parce qu'elle menaçait de tout dire à la police. Un tel monstre aurait dû payer pour ses crimes. Maintenant qu'il avait survécu, avait-il été arrêté par la police pour avoir tué son frère ? Quel avait été son destin ?

Ambre pensait à tout cela en continuant de se faire conduire par Madeleine quand tout à coup celle-ci s'arrêta et questionna Ambre sur leur destination. Soit la piscine ou le court de Squash. L'aveugle resta muette quelques instants, ne sachant que répondre. Elle n'avait la moindre idée du meilleur endroit où elle pourrait trouver Dimitri. Où était l'endroit où elles avaient le plus de chance de le rencontrer ? Ambre se mordilla la lèvre inférieure. Finalement, elle choisit de prendre une décision au hasard qui, l'espérait-elle, serait la plus judicieuse.


"Commençons tout d'abord par le court de Squash. Certainement qu'à cette heure, il ne devrait pas y avoir trop de monde et nous ne dérangerons personne dans nos recherches."
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Sam 9 Mar - 12:16

Dimitri, Edward, cela faisait plus de prénoms masculins dans l'entourage de la jeune aveugle que je ne pouvais en citer pour moi-même. Bon d'accord, n’exagérons rien ! J'avais aussi eu quelques gentlemen autour de moi et tout autres que mon vieil Oncle. Mais ces amis, ces amours, ces connaissances et anciens compagnons de chasses, lectures, visites, soirées et autres activités aussi intéressantes qu'agréables, appartenaient à un temps révolu. Un passé auquel je songeais, parfois ; une autre vie irrémédiablement perdue. Ô, grand désespoir !
Il en était de même pour Ambre d'ailleurs : le Titanic était notre dernière demeure et seuls ses habitants faisaient encore partie de nos vies. Elle, elle avait Dimitri ; moi, je n'avais personne à chercher. Exception faite de mon parent, bien évidemment, qui avait le don de se perdre entre les ponts et dans de farfelues et infructueuses recherches de trésors oubliés. Mais ce n'était là rien de comparable. Toutefois il n'y avait de quoi me plaindre. Après tout, j'avais fait de nouvelles rencontres sur le paquebot, d'autres amis, connaissances et nouveaux compagnons. Comme cette jeune femme à mon bras, que j'entrainais et guidais maladroitement sans même reconnaitre la célébrité qu'elle était.
« Oh si si, vous êtes connue, rassurez-vous ! C'est simplement moi qui ne suis pas tant au fait de certaines choses », lui expliquais-je avec cet affreux sentiment de m'enfoncer dans les eaux sombres d'une excuse mal choisie. Bien que mes propos ne fussent que pure vérité. « Mais qui est Edward ? »
Je n'avais pu m'empêcher de poser la question, du ton tout à fait normal de la conversation, comme s'il ne s'agissait que de sa suite logique. La bienséance aurait plutôt voulu que je ne me montre pas aussi curieuse et intrusive dans ce qui relevait de la vie privée de la demoiselle, mais la question m'avait échappée, presque par mégarde. Il est vrai que j'étais curieuse d'en savoir un peu plus sur la chanteuse et je reconstituais sa biographie en rassemblant les sporadiques éléments qu'elle me donnait. La chose était assez amusante d'ailleurs, comme de résoudre un puzzle dont les pièces n'apparaitraient que petit à petit. Et tandis que l'image mentale de sa vie prenait forme dans ma tête, nous arrivâmes devant le court de squash.

C'était là une idée, de commencer par ce lieu. Comme l'avait fait remarquer ma compagne, nous ne dérangerions pas grand monde à cette heure en allant y poser quelques questions. Aussi poussais-je la lourde porte qui nous barrait le passage tout en lâchant le bras d'Ambre que j'incitais à entrer.
« Par ici, lui indiquais-je en la poussant doucement dans la bonne direction. La tâche doit vous sembler répétitive que de poser toujours les mêmes questions... »
La pauvre jeune femme devait surtout désespérer d'entendre sans cesse de semblables réponses. J'espérais, au fond de moi, qu'ici elle trouverait enfin une réponse positive. Ou au moins un indice, une indication quelconque sur son Dimitri.

« Nous y voilà », l'informais-je en m'arrêtant devant un petit guichet désert qui servait aux réservations des courts et de l'équipement.
Au-delà et derrière de nouvelles lourdes portes, parvenaient les échos des terrains occupés.
Comme le guichet était vide, je fis retentir la petite cloche qui en ornait le comptoir, servant à signaler la présence des sportifs et autres visiteurs. D'une main dans mon dos, je croisais les doigts pour Ambre.
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mer 20 Mar - 23:44

Ambre ressentit presque du contentement en pensant que la jeune personne ne la connaissait pas. Elle n'était plus Amy, elle n'était plus la chanteuse aveugle à la voix de velours, elle n'était plus cet être mystérieux et inaccessible que les gens se plaisaient à décrire. Elle était simplement Ambre. Ce prénom qu'elle avait perdu et oublié de ça une dizaine d'années. Ce ne fut qu'à bord du Titanic qu'elle réapprit à connaître ce nom et qu'elle avait essayé de le faire sien. Pourtant elle n'avait plus rien à voir avec Ambre. Cette dernière était autrefois une petite enfant innocente, pleine d'espoir, qui se voyait gagner les scènes avec son ami Dimitri. Rien ne semblait difficile et tout devenait un jeu.
Puis elle avait été enlevée, elle était devenue cette Amy qu'elle avait été forcée de connaître et de devenir. Elle était finalement parvenue à se confondre dans ce personnage. La douce et mystérieuse Amy qui ne parlait que pour chanter. Dont les yeux sans vie et sans regard fascinaient les spectateurs. Elle était cette célèbre personne qui dans une vibration de voix devait porter toute la misère du monde sur ses épaules. Elle était devenue cette pauvre fille, faible et sans défense qui avait été mutilée pour la gloire. Presque une ombre, un pantin que les frères Darcy manipulaient à leur guise. Jamais elle ne leur avait apposé de résistance. Elle n'était rien de plus qu'un fantôme qui s'était lentement laissée engloutir dans les ténèbres.

Mais aujourd’hui, qui était-elle ? Elle n'était plus Ambre, elle n'était même plus Amy. Elle n'était rien. Elle ne se reconnaissait plus. Une étrangère à elle-même qui se raccrochait vainement à une chimère. Elle se voilait la face en pensant qu'elle pourrait un jour le retrouver. Elle aurait beau l'occulter, mais au fur et à mesure, elle sentait qu'elle ne retrouverait plus jamais Dimitri car il était parti pour toujours. Il était un fantôme qu'elle devait laisser partir pour être en paix. Mais elle s'y raccrochait encore comme si c'était sa dernière chance de salut.

Ambre énonçait beaucoup de noms mais il était évident que Madeleine finirait par s'en retrouver perdue. Comment pouvait-elle deviner sa vie ? Les personnes qui en avaient été les acteurs ? Ceux qu'elle avait aimé et ceux qu'elle avait haï. Ceux qui lui avaient fait du mal ou encore ceux qui auraient donné leur vie pour elle ?


"Edward était l'un des deux hommes qui orchestraient ma carrière. Ils ne me quittaient jamais et Edward avait embarqué avec moi sur le Titanic."

Arrivant devant le cour de Squash, Madeleine lâcha le bras de l'aveugle pour ouvrir la porte puis elles entrèrent toutes les deux. Elle la guida encore un peu avant de rappeler. La jeune femme avait raison. Les questions étaient toujours les mêmes mais elles n'étaient pas lassantes. Elles étaient juste douloureuses. A chaque fois c'était un échec précédait d'une insupportable attente. Des espoirs déçus qui la jetaient un peu plus dans les affres de la souffrance. Elle avait toujours l'impression que son coeur allait se feindre et saigner sans s'arrêter quand sa quête était à nouveau vaine.

"Oui mais elles sont essentielles. Je ne retrouverai jamais Dimitri sans elles," fit l'aveugle la voix tenaillée par l'émotion.

Sa gorge était si nouée qu'elle en était douloureuse. Elle sentait les larmes menacer de franchir la lisière de ses paupières mais elle les ravala bravement. Elle ne voulait pas faire supporter pareil spectacle à cette jeune femme déjà suffisamment généreuse pour s'être proposée de l'aider.
Cette dernière l'arrêta devant un petit guichet. Certainement devait-il être vide car elle fit sonner la petite clochette. Le corps d'Ambre était fébrile. Elle en supportait plus ses refus, ses explorations qui ne menaient à rien. Comment était-ce possible ? Le paquebot était certes grand mais voilà une année qu'elle était à sa recherche. Elle aurait dû le trouver ! Tout cela n'avait pas de sens et émousser ses espoirs devenus dérisoires.
Enfin quelqu'un se présenta. Ambre prit une grande inspiration, sachant que c'était désormais à elle de parler.


"Bonjour monsieur. Je cherche un jeune homme dans l'équipage qui s'appelle Dimitri. J'aurais voulu savoir s'il se trouvait à bord..."

Le membre d'équipage acquiesça et leur proposa aimablement de patienter sur les chaises qui se trouvaient un peu plus loin le temps qu'il aille vérifier dans les registres les informations nécessaires. Ambre le remercia puis elle se tourna vers Madeleine.

"Voulez-vous que nous allions nous asseoir ?"
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Dim 7 Avr - 15:08

Ce fut courageusement que la jeune aveugle prit la parole, posant l'éternelle, mais essentielle comme elle l'avait fait remarquer quelques instants plus tôt, question. Je la trouvais si déterminée dans sa quête, cette jeune femme à qui la vie n'avait pas entièrement sourit, qu'elle recevait toute mon admiration. Oh Ambre avait du, par la passé et en tant que chanteuse, ravir son public et susciter le plus vif intérêt. Je l'imaginais plutôt aisément d'ailleurs, sous les applaudissements de ses adorateurs, elle qui était si charmante. Mais ce n'était en rien comparable à l'admiration que je ressentais. Retrouver Dimitri était une toute épreuve que monter sur une scène ; bien plus éprouvant mentalement que de se produire en spectacle. Là était toute la beauté de la recherche et toute la difficulté de la tâche. Elle méritait, cette jeune femme, de revoir le garçon, ou ne serait-ce que d'avoir, enfin, un indice, un mot, un signe le concernant, elle qui peinait tant et depuis si longtemps. C'en était triste, bien que couchée sur le papier et sublimée par un écrivain talentueux l'histoire serait magnifique. Pourtant ce vécu était bien réel et d'autant plus terrible. Et il me touchait. Profondément.
« Oui, allons nous asseoir en attendant », répondis-je à la proposition de ma compagne alors que l'homme qui tenait le guichet s'était absenté pour consulter les registres.
J’amenais Ambre jusqu'aux chaises libres situées un peu plus loin et m'installais aux côtés de la jeune femme. Les mains sagement posées à plat sur les cuisses je ne savais que faire pour tuer le temps. Pour l'aveugle, cette attente devait sûrement paraître interminable, tout comme l'espoir devait chez elle avoir des hauts et des bas à la manière d'un navire pris au milieu d'une tempête. Dans mon fort intérieur, je priais pour que l'homme du guichet revienne avec une bonne nouvelle, bien qu'une partie de moi, que je faisais taire en la chassant de mes psalmodies, fût grandement défaitiste quant au dénouement de la demande. De nouveau, mes doigts se croisèrent en faveur d'Ambre.
Quelle chance j'ai de n'avoir personne à chercher ainsi..., soupirais-je sans le dire alors que résonnaient les coups des balles de squash dans le pesant silence qui s'installait. Je regardais anxieusement le guichet désert, guettant le retour de l'homme que je sommais mentalement d'être providentiel, ne sachant que dire pour meubler l'attente.
« Qu'il soit si long est peut-être bon signe !, finis-je par déclarer en me tournant vers ma camarade. Mais je me demandais : allez-vous de nouveau vous produire en tant qu'artiste ? Sur le bateau je veux dire. »
Sans doute un peu de conversation saurait-elle rendre moins pesante l'attente. Mais derrière le guichet un bruit se fit entendre. Peut-être l'homme avait-il trouvé la réponse tant espérée...
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mer 17 Avr - 19:23

Les deux jeunes femmes allèrent finalement s'asseoir sur les chaises qui leur avait indiqué le guichetier. Guidée par sa compagne de fortune, Ambre se posa lentement sur le confortable fauteuil, entendant autour d'elle le son répétitif des raquettes frappant violemment dans les balles de squash. Manifestement, il avait beaucoup de personnes qui se trouvaient là à cette heure de la matinée, bien que désormais elle devait être bien avancée. Mais cela, elle ne pouvait s'en assurer.

L'aveugle se tordait négligemment les doigts sur sa robe pastelle. L'angoisse montait à nouveau en elle, en même temps que cet espoir qui devenait aujourd'hui horrible, presque un objet de torture et qu'elle s'efforçait d'étouffer pour ne pas trop souffrir en cas de réponses déplaisantes, ce qui arrivait malheureusement souvent. Sa respiration devenait douloureuse tant sa gorge était nouée, et l'appel d'air ne se faisait jusqu'à ses poumons que grâce à de longues aspirations. Son regard était encore une fois perdu dans les ténèbres. Elle aurait tant aimé avoir la vue. Elle aurait pu chercher Dimitri avec plus de facilité. Parvenir à le voir avant qu'il ne la voit, car en réalité elle ne le cherchait pas vraiment, elle essayait de se rapprocher de lui pour que ce soit lui qui parvienne à la retrouver, la plaçant d'autant plus dans un rôle de frustrante impuissance. Elle devait aussi compter sur les autres et ajouter son fardeau à ceux qui détenaient suffisamment de compassion pour l'aider dans son éprouvante tâche.

Ambre allait briser le silence pour dire à Madeleine ce qu'elle avait sur le cœur, mais cette dernière fut plus rapide. Elle tentait de la rassurer et affirmant qu'une telle attente était bon signe et l'aveugle voulait bien la croire de toute son âme si cela était en effet le signe du retour du jeune homme. Puis elle écarta un peu le sujet pour se concentrer sur sa carrière d'artiste.


"Depuis le naufrage, je ne me suis plus produite. Cependant, je commence à avoir beaucoup de demandes. Les gens veulent m'entendre chanter semble-t-il,
expliqua Ambre en forçant un sourire. Toutefois, je dois avouer que je n'ai pas vraiment le cœur à cela. Il m'est arrivé de chanter pour des passagers qui me le demandaient, mais remonter sur scène, je ne suis pas sûre d'être encore prête."

Puis Ambre voulut tout de même exprimer le fond de sa pensée et ses sentiments vis-à-vis de cette situation à la jeune femme si douce qui se trouvait avec elle.

"Vous savez, je suis vraiment navrée de vous entraîner dans mes problèmes. Vous portez un fardeau qui n'est pas le vôtre et je ne voudrais pas que cela vous affecte d'une manière ou d'une autre. Vous êtes une personne bien. Certainement l'une des plus gentilles que j'ai pu rencontrer depuis cette affreuse nuit du naufrage."
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mar 14 Mai - 12:37

Ainsi donc la jeune et jolie Ambre avait continué à chanter. Pour une assemblée réduite, seulement quelques demandes de particuliers, certes, mais elle n'avait pas abandonné sa passion malgré tous les malheurs qui semblaient l'accabler. Je sentis néanmoins dans sa voix, ses propos, une sorte de tristesse, de mélancolie peut-être, du moins un ton qui laissait parfaitement entendre que la jeune femme ne mettait plus autant de cœur à l'ouvrage. Et elle le confirmait de ses mots : Ambre chantait, oui, mais sans véritable envie. Je comprenais en un sens que remonter sur une scène, de nouveau faire face au public, devait être à la fois exaltant mais terrible. Il faudrait bien du courage à cette demoiselle qui se montrait déjà plus que téméraire dans une quête qui occupait sûrement tout son esprit, lui prenait ses forces, son envie.
D'un autre côté il était quelque peu dommage que la chanteuse ne remonte pas sur les planches, car je ne doutais pas que sa voix soit merveilleuse. J'envisageais par ailleurs, dans un futur plus ou moins lointain, de lui demandait de chanter pour moi. Mais je comprenais un peu son point de vue et Ambre avait tout son temps pour reprendre les prestations. Je sentais bien que la recherche de Dimitri lui pesait au point de l'empêcher de se consacrer pleinement à sa passion. L'artiste elle-même parlait d'ailleurs de fardeau, s'excusant de me le faire porter à mon tour.
« Ne vous en fait pas ma chère. Vous avez du assumer seule tous vos maux et courbez maintenant sous leur poids. Laissez-moi vous aider sans vous faire davantage de soucis : mes épaules sont solides. »
Je ne pus que sourire pour la réconforter, sachant pertinemment qu'elle ne verrait pas mon regard compatissant. Ses paroles m'avaient sincèrement touchées. Je sentais la jeune femme bien seule au fond et ne souhaitait que m'en faire une amie. Ambre était si gentille elle aussi et agréable, que je m'étonnais quelque peu que personne d'autre ne l'ait aidé auparavant.

Sur quoi reparut le guichetier. Silhouette lointaine émergeant d'abord derrière le comptoir, il contourna celui-ci pour s'avancer jusqu'aux sièges. Son visage était fermé, son regard allait des yeux d'Ambre aux miens tandis qu'il approchait. En silence, sans mot dire, il me fixa un instant sans cligner avant d'hocher la tête à la négative et de tourner les talons. Il n'avait trouver aucune trace d'un quelconque Dimitri dans les registres consultés.
Je fus instantanément désolée pour la jeune aveugle qui siégeait à mes côtés. C'était un nouvel échec, un gouffre de plus. Sans parler je vins poser ma main sur la sienne dont les doigts se tordaient nerveusement sur le tissus de sa robe. M'excuser de la réponse du guichetier ne servirait sûrement à rien ; je ne pouvais que tenter de réconforter mon amie. Je n'étais pas très douée pour ce faire.
« Ne vous arrêtez pas à cela. Il y a d'autres endroits où chercher et je suis certaine que vous finirez par retrouver votre jeune homme. Le navire n'est pas si vaste et il y a toujours de l'espoir ! »
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Ven 17 Mai - 21:39

Tant de bonté chez une personne qu'elle venait tout juste de connaître émut Ambre au plus haut point. Elle lui offrait son épaule, son soutien et son aide. Elle n'était pas seule cette fois-ci dans cette lourde quête qu'était celle de trouver Dimitri, car après un an de recherches, il semblait presque impossible qu'elle le retrouve. Et si chaque refus était un chute encore plus dure pour l'aveugle, elle était heureuse de compter une alliée à ses côtés. S'il lui avait resté des larmes, certainement aurait-elle pleuré. Elle se contenta seulement de sourire à Madeleine avec la douceur qui caractérisait la chanteuse. Si l'aveugle ne pouvait pleinement recevoir de sourire, elle pouvait au moins en donner. Et puis cette première classe lui inspirait tellement de sympathie. Elle la voulait comme amie et c'était dans ce moment de détresse qu'elle parvenait à retrouver du réconfort en elle et elle en était rassurée.
Certainement dans sa vie d'autrefois, elle devait aussi être d'une grande gentillesse et d'une grande bonté. Beaucoup de gens devaient l'aimer et elle devait sans nul doute avoir un mari. Elle ne savait pas si elle était jolie mais la beauté du cœur faisait bien plus que la beauté physique.

Puis tout à coup, le sourire d'Ambre s'évanouit. Elle entendit des pas se rapprocher et elle reconnut la démarche lente du guichetier. Il avait la réponse et le destin de la jeune aveugle entre ses mains. Il pouvait faire d'elle une femme pleine d'espoir et de bonheur, ou une âme torturée et en peine sur ce bateau de l'enfer. Elle avait arrêté de jouer avec les plis de sa robe. Tous ses mouvements étaient bloqués, elle ne pouvait plus bouger un muscle tant elle était angoissée, impatiente et apeurée. Mais le silence s'étirait, interminable. Pourquoi ne parlait-il pas ?
Elle entendit soudain les pas du guichetier repartir. Pourquoi ? Qu'avait-il bien pu dire à Madeleine ? Manifestement, ils avaient communiqué silencieusement car c'est la jeune femme qui lui annonça la triste nouvelle.
Aucun Dimitri sur les registres de bord.
Encore.

Elle avait l'impression qu'on venait de la précipiter tout droit du haut d'une falaise sur laquelle elle se trouvait, guettant l'instant crucial de sa délivrance. Mais elle essuyait un nouvel échec, un désespoir qui ne s'arrêtait jamais et un coup de poignard de plus dans son cœur meurtri. Les yeux de l'aveugle s'embrumèrent de larmes tandis que Madeleine tentait de la réconforter en liant ses mains aux siennes, l'empêchant de continuer à faire mauvais parti de sa robe. La jeune femme tenait dans la réconforter mais toutes ses paroles étaient vaines. Savait-elle au moins depuis combien de temps elle le cherchait ? Combien d'échec elle avait dû supporter ? Certainement trop pour le cœur de la pauvre aveugle. Sa voix était enrouée tandis que les larmes assaillaient ses joues :


"Non. Mon espoir s'amenuise de jour en jour. Je le cherche depuis maintenant un an sans relâche. Croyez-vous que ce paquebot soit aussi grand pour que je ne le retrouve pas après une année ? hoqueta-t-elle en enfonçant son visage dans ses mains. Ses dernières paroles s'étranglèrent dans un sanglot désespéré. Il a disparu pour toujours. Ils me l’ont enlevé à jamais."
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Lun 20 Mai - 16:39

J'avais une belle voix et l'on me trouvait facilement aimable, mais parmi les dons que la nature m'avait donné, je n'avais pas reçu celui de réconforter les autres. Et s'il m'était facile de dire quelques belles paroles, j'étais souvent bien loin de pourvoir à tout le soutient attendu. J'essayais quand même, à chaque fois que nécessaire, en faisant du mieux que je le pouvais. Ambre avait définitivement fondu en larmes. Pauvre jeune femme qui essuyait un nouveau coup dur. Que dire pour la réconforter ? Car, au fond, je savais pertinemment qu'elle avait raison. Le navire n'était pas si vaste et, à moins de se cacher dans un recoin sombre, les chances restantes de retrouver son compagnon étaient plus que minces. Pour ne pas dire inexistantes. C'est qu'elle cherchait son Dimitri depuis un an. Une année entière à aller de salle en salle, à parcourir galeries et coursives du navire avec sa canne pour seule compagne, à répéter toujours la même question et voir tout aussi inexorablement l'espoir s'amenuiser au fil des réponses. Pauvre Ambre, elle ne méritait pas un tel sort. Et je doutais que sa vie passée fut à ce point si peu vertueuse pour qu'elle subisse maintenant un tel châtiment. « Gardez espoir de le revoir un jour, dis-je doucement entre deux de ses sanglots tout en entourant ses épaules de mon bras pour la rassurer de ma présence. Si ce n'est sur ce navire, ce sera ailleurs... » Je ne savais trop que dire à celle dont la quête sans fin s'avérait être un échec. De plus je ne voulais croire à une histoire si triste. La jeune femme avait-elle cherché dans les niveaux les plus bas ? Et les salles des machines ? S'était-elle renseignée auprès des infirmeries ? Avait-elle songé que, peut-être, le fameux Dimitri avait pu changer de nom ? Pour sûr en une année, l'aveugle avait du épuiser de nombreuses options, mais je demeurais persuadée qu'il y en avait d'autres, qu'il restait encore une touche d'espoir. Peut-être ressassais-je ces quelques pensées plus pour me convaincre moi que mon amie d'ailleurs, qui semblait inconsolable. « Allons calmez-vous. Je comprends votre peine, mais elle ne doit pas vous empêcher d'avancer. » Je ne savais vraiment que dire et ne trouvais pas davantage les mots justes que le mouchoir que j'avais prêté à la jeune femme. En de telles circonstances, les deux auraient pourtant été bien utiles. « Je suis certaine que vous finirez par vous revoir. Un jour. Ne pleurez plus mon amie et consolez-vous pour aujourd'hui avec cette pensée. Comment vous sentez-vous ? Toutes ses émotions... peut-être souhaitez-vous aller prendre un peu l'air ? Ou que je vous raccompagne à votre cabine ? » Brisant la bienséance, j'enlaçais la jeune femme, la prenant un instant dans mes bras en lui frottant le dos du plat de la main. Un peu de chaleur humaine ne pouvait pas lui faire de mal, à défaut de la réconforter de mes mots...
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Mar 21 Mai - 23:06

Ambre était anéantie. Un nouvel échec, une nouvelle quête vaine, une nouvelle douleur. Elle ne supportait plus ses refus constants qu'elle rencontrait et qui la jetaient dans un terrible chagrin depuis maintenant un an. Elle allait abandonner. Elle n'en pouvait plus et elle n'en avait plus la force. A quoi bon puisqu'elle ne le trouverait jamais ? Il avait disparu, et c'était une chose devenue inéluctable. Il ne reviendrait jamais au bord du bateau car il avait gagné le monde par-delà les limbes. Il avait eu la chance de découvrir le Paradis. Il n'était plus enfermé entre la mort et la vie. Il n'était pas entre deux. Il était complet, complet dans la mort.
Les larmes de l'aveugle étaient intarissables. Le visage enfouit dans ses mains, elle affrontait la souffrance avec beaucoup de faiblesse. Plus vulnérable de jour en jour, elle était une petite chose fragile que se meurtrissait de l'absence de son âme-sœur.

Mais aujourd'hui elle avait une amie, une alliée qui serait là pour la soutenir dans cette difficile épreuve. Madeleine était présente pour elle alors qu'elles venaient tout juste de se rencontrer. Pourtant, elle avait fait preuve d'une bonté indéniable envers la jeune aveugle.
La première classe l'entoura chaleureusement de ses bras afin de la réconforter tandis qu'Ambre pleurait encore à chaudes larmes. Ses paroles se voulaient rassurantes. Ambre sentait une réelle volonté d'adoucir sa détresse malheureusement aucun mot ne serait vraiment suffisant. La plaie de l'aveugle était bien trop grande pour qu'elle puisse cicatriser totalement. Elle sentait que sa souffrance serait toujours la même quoi qu'il advienne. Seul Dimitri pourrait un jour mettre un terme à son terrible calvaire.


"Je crois que je ne me sens pas très bien Madeleine. Je ne veux pas vous ennuyer plus longtemps. Je pense que je vais regagner ma cabine moi-même."


Ambre avait prononcé ces mots au travers d'un sanglot. Elle ne désirait maintenant plus que regagner sa cabine. Elle voulait se retrouver seule et au calme dans un lieu où personne ne viendrait la chercher. Elle comptait donc partir dans ses appartements.

"Je vous remercie pour votre soutien Madeleine, fit l'aveugle en saisissant à tâtons les mains de la première classe. Vous avez été une précieuse alliée. Je n'oublierai jamais tout ce que vous avez fait pour moi."

Elle accompagna ses mots d'un doux sourire naissant sur son visage rougis par les larmes. En effet, la jeune femme resterait à jamais dans son cœur et son geste resterait gravé dans sa mémoire. Puis enfin elle détacha délicatement ses mains de celle de Madeleine et se releva. Elle prit sa canne fermement entre ses doigts et commença à s'engager vers la sortie du court de squash. Déambulant pendant un long moment dans les couloirs du paquebot, elle finit par retrouver son chemin et rentrer dans sa cabine. Une fois rentrée, elle s'avança jusqu'à son lit, et s'assit sur sa couchette. Elle voulut retenir ses pleures mais elle n'en eut pas la force de réprimer ses sanglots.

[Désolée pour la qualité, mais j'ai essayé de faire vite ^^. Voilà, maintenant tu n'as qu'à plus clôturer le sujet. Je suis contente d'avoir fait ce rp avec toi et bonne continuation pour la suite Smile]
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   Sam 25 Mai - 17:05

Ambre ne se sentait pas très bien et c'était tout à fait compréhensible. Tant d'émotions, tant de sentiments se contredisant et chahutant en si peu de temps devait être plus que perturbant. Et j'étais bien loin de savoir tout ce que la jeune aveugle devait ressentir. Je n'en voyais que ce qu'elle laissait paraître à travers ses larmes. Et c'était déjà beaucoup pour exprimer son désespoir.
J'aurais voulu la raccompagner jusqu’à sa cabine, ne pas la laisser errer seule et désemparée entre les coursives du paquebot, mais c'était là son souhait et je n'allais la contredire. Au fond, je comprenais qu'elle ait besoin de se retrouver avec elle-même. Aussi la laissais-je partir sans argumenter. Un peu à contre-cœur.
« C'était tout naturel de vous aider, lui dis-je avant cette séparation qui achevait la vaine recherche de ce jour. Et je suis vraiment navrée pour vous. J'espère vivement et sincèrement que votre histoire connaitra un dénouement heureux. En attendant, si vous avez besoin de quoi que ce soit, converser, vous changer les idées ou simplement de compagnie, n'hésitez pas à me le faire savoir. Ce sera un plaisir de vous revoir ! »
Après une dernière brève étreinte et en lui soufflant le numéro de ma cabine, je me décidai moi aussi à remonter vers les ponts supérieurs. J'attendis qu'Ambre soit hors de vue et, afin que nos chemins ne se croisent pas de peur de la retrouver plus anéantie que je ne l'avais vue, ce que je supporterai assurément très mal en ce jour, je partis dans la direction opposée.
Sur le trajet, je ne recroisa pas la jeune femme. Son histoire, sa quête, sa déception, m'avaient fortement émue et ce fut le visage fermé, le cœur triste de son sort, que je rejoignis mes appartements.
Sans doute la reverrais-je. Assurément Ambre ferait une bonne amie. En tant que chanteuse et par curiosité d'entendre sa voix, peut-être lui demanderais-je de m'offrir une de ses prestations. Un jour. Lorsqu'elle aurait retrouver le sourire. Si elle le retrouve...
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MessageSujet: Re: C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]   

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C'est un labyrinthe dans lequel il n'y a pas de sortie. [Ambre & Madeleine]

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